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18 octobre 2019 5 18 /10 /octobre /2019 23:00

19 OCTOBRE

 

-IX.

S Joel, prophète de l'Ancien Testament.

II.

SS Ptolemæus et Lucius, martyrs à Rome.

III.

S Asterius, martyr près d'Ostie.

SS Sabinianus et Potentianus, premiers évêques à Sens, martyrs.

S Varus, soldat martyr en Egypte. 

VI.

S Ethbin, abbé à Necth-hermitage.

S Loup, évêque à Soissons, neveu de s. Remi.

S Grat, premier évêque à Oloron.

S Véran, évêque à Cavaillon, dont il est patron. 

VII.

S Aquilin, évêque à Evreux ; lui et sa femme s'étaient voués à la continence.

VIII.

S Didier, moine et ermite à Ruiriacus.

Ste Frideswide, abbesse à Thornbury, patronne de la ville et de l'université d'Oxford.

IX.

Ste Laure, martyre à Cordoue, mais non attestée.

XI.

S Eadnot, évêque et martyr à Dorchester.

XIII.

B Thomas Hélye, prêtre à Biville ; l'évêque l'obligea à mitiger ses mortifications.

XVII.

S Philipp Howard, comte anglais et époux infidèle, puis devenu fervent catholique avec son épouse ; il fut dix ans prisonnier et martyrisé à trente-huit ans.

SS Lucas-Alonso Gorda (du Saint-Esprit), prêtre, et Matthæus Kohioye, jeune novice de dix-huit ans, dominicains martyrs au Japon, béatifiés en 1981 et canonisés en 1987, fêtés avec s. Lorenzo Ruiz le 28 septembre.

Bse Agnès Galand de Jésus, dominicaine à Langeac et mystique ; elle orientera M. Olier vers la fondation des prêtres de Saint-Sulpice, béatifiée en 1994.

S Jean de La Lande, frère jésuite, martyr au Canada, fêté en ce jour avec sept autres Compagnons.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2017 :
Clarétains : les prêtres Manuel Font y Font, Benjamín Ortega Aranguren, Josep Ribé Coma et Julio Leache Labiano (*1878, 1885, 1893, 1908) ; les clercs Francesc Solá Peix (*1912), Constantino Miguel Moncalvillo et Eusebio de las Heras Izquierdo (*1913), Antonio Elizalde Garbisu et Emiliano Pascual Abad (*1914) et Francisco Simón Pérez (*1916) ; les convers Francisco Milagro Mesa, Pere Vives Coll et Josep Ferrer Escolà (*1869, 1874, 1878), Narcís Simón Sala (*1908), Dionisio Arizaleta Salvador et Juan Senosiaín Zugasti (*1911), Ferran Castán Messeguer et Francisco Marco Martínez (*1915, 1917), Nicolás Campo Giménez (*1920), à Mas Claret (Cervera).

Joel, prophète
9e siècle avant Jésus-Christ ?

Le prophète Joël est très mal connu et situé dans le temps.
Joël signifie «L’Eternel est Dieu». 
Sa prophétie est l’une des plus brèves de l’Ecriture : quelques pages seulement. Joël est donc compté parmi les douze «petits prophètes».
D’après le contenu de sa prophétie, on pourrait le situer vers le 9e siècle avant Jésus-Christ, car il ne nomme comme «ennemis» que les Egyptiens, les Edomites, les Philistins, les Phéniciens, et jamais les Assyriens ou les Babyloniens.
Fils de Pétuel (ou Phatuel, ou Péthel, cf. Jl 1:1), il appartient sans doute à la tribu de Juda, car il se réfère au Temple de David, à la ville de Jérusalem.
Certaines expressions semblent reprises dans la prophétie d’Amos.
La prophétie de Joël s’ouvre par la description d’une invasion catastrophique : de sauterelles dévastatrices, instrument de la colère divine.
A cette vision apocalyptique en suit une autre, eschatologique, qui annonce une restauration : si l’on se convertit, Dieu punira les ennemis de son peuple, leur fera subir le même sort qu’ils ont fait subir à son peuple, et en revanche bénira le peuple juif. Ce sera le Jour du Seigneur, qu’on retrouvera dans le livre de l’Apocalypse (Ap 21:3,6 et 22:20).
Saint Pierre (Ac 2:17-21) se réfère à Joël dans son discours de la Pentecôte, quand il invite les Juifs présents à Jérusalem à se convertir.
Le saint Prophète Joël est fêté le 19 octobre, avec les Grecs.


Ptolemæus et Lucius de Rome
† 160

Ptolemæus, un Romain chrétien, convertit à la foi chrétienne l’épouse d’un païen. Ce dernier, pas très content, dénonça Ptolemæus au préfet Urbicus, qui le fit arrêter.
Pendant longtemps, le centurion chargé de surveiller Ptolemæus, le fit torturer dans son cachot. Ptolemæus se montra fidèle au Christ. Convoqué devant le préfet, il confessa encore sa foi, et fut condamné à mort.
En route vers le lieu de la décapitation, on croisa un certain Lucius, chrétien lui aussi. Peut-être connaissait-il Ptolemæus ? Apprenant la condamnation de ce dernier, Lucius se mit à interpeller Urbicus : Ptolemæus n’était ni voleur, ni brigand, ni assassin, ni adultère, et on le condamnait ?
Urbicus s’enquit de la foi de Lucius, et l’emmena avec Ptolemæus.
Il y eut bientôt un troisième homme. Tous les trois furent décapités.
C’était très vraisemblablement sous Antonin le Pieux, et donc vers 160.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Ptolemæus et Lucius de Rome, et leur Compagnon, au 19 octobre.


Asterius d’Ostie
3. siècle

Asterius aurait été le prêtre romain qui enterra le pape Calliste (v. 14 octobre).
Six jours plus tard, l’empereur Alexandre le fit arrêter et jeter dans le Tibre.
Le corps du prêtre fut retrouvé à Ostie, par des Chrétiens qui lui donnèrent une sépulture honorable.
D’après un autre texte, Asterius aurait été conduit hors des murs d’Ostie avec d’autres Chrétiens ; les uns furent décapités, les autres lapidés, et le 18 janvier.
Il est difficile de se retrouver dans ce labyrinthe. Il est certain qu’Asterius fut honoré comme martyr à une époque fort ancienne.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Asterius d’Ostie au 19 octobre.


Sabinianus et Potentianus de Sens
1er ou 3e siècle

L’histoire qui va être résumée comportera sans doute plus d’un mystère pour certains, peut-être même quelque invraisemblance. Laissons là les discussions.
Sabinianus et Potentianus auraient été deux des soixante-douze (ou soixante-dix) disciples du Christ (cf. Lc 10:1), qui suivirent s.Pierre à Rome et furent envoyés par lui en Gaule.
Ils parvinrent près de Sens, et convertirent beaucoup de gens, parmi lesquels Serotinus, Eoaldus, Altinus et Victorinus, qui étaient mentionnés autrefois avec eux dans le Martyrologe.
Serotinus et Eoaldus furent ordonnés diacres ; Victorinus fut leur hôte. Sabinianus consacra une première église proche de Sens, puis envoya Altinus et Eoaldus prêcher à Orléans et Chartres, où ils furent arrêtés et battus, mais les convertis de Chartres réussirent à libérer les missionnaires, qui purent aller à Créteil. Là encore, la Providence leur permit de repartir avant d’être massacrés. 
Quant à Potentianus, avec Serotinus, ils partirent vers Troyes, d’où on les contraignit simplement à repartir pour Sens.
Sabinianus et Victorinus furent arrêtés à Sens ; ils reçurent sur les tempes des coups de verges plombées ; on leur enchaîna les mains, on leur serra le cou dans un collier de fer et on les jeta en prison. Le Christ vint guérir leurs plaies. Ils furent condamnés à mort.
Juste avant de mourir, Sabinianus eut la permission de célébrer la Messe une dernière fois, assisté de Potentianus, Altinus, Eoaldus, Serotinus. Il désigna alors Potentianus pour lui succéder. Victorinus était dans l’assistance, avec son jeune fils.
Alors les païens vinrent tuer Sabinianus d’un coup d’épée et d’un coup de hache ; Victorinus et son fils furent décapités, un 31 décembre ; mais Potentianus et les trois autres réussirent (?) à poursuivre leur prédication.
Serotinus fut bientôt arrêté et mourut flagellé par les soldats.
Les trois qui restaient, Potentianus, Eoaldus et Altinus, furent à leur tour arrêtés. Ils furent longuement et durement battus de verges ; Potentianus eut le bras droit coupé ; on les étendit sur des chevalets ; on devait les faire brûler lentement et leur arracher tous les ongles, mais un violent coup de foudre - un ange du ciel ? - vint mettre fin à ces tortures. On décapita les Héros du Christ, un 31 décembre, comme Sabinianus. Leurs corps furent abandonnés aux bêtes et aux oiseaux, mais restèrent intacts et furent dignement ensevelis par les Chrétiens.
Que nous dit-on aujourd’hui ?
Sabinianus et Potentianus furent sans doute envoyés en Gaule par un pape, mais au troisième siècle ; ce n’était pas s.Pierre en personne, mais très souvent on parle de «Pierre» pour désigner le pape de l’Eglise catholique.
Ils sont considérés comme les deux premiers évêques de la ville de Sens.
On invoquait particulièrement Potentianus pour les maladies oculaires et les rhumatismes.
Le Martyrologe Romain mentionne, seuls, saints Sabinianus et Potentianus de Sens au 19 octobre.


Varus d’Egypte
4. siècle

Au temps de l’empereur Galère Maximien († 311), sept ermites d’Egypte furent mis en prison. On ne nous dit pas les précédents de cet épisode : pourquoi ces sept-là particulièrement, alors qu’il y en avait des milliers dans le désert de Scété et jusqu’en Palestine.
L’un d’eux mourut en prison (ou durant le trajet du désert à la prison). 
Varus, un soldat, était originaire de Tyane (proche de l’actuelle Kemerhisar, Turquie CS)). Courageux et chrétien, il vint visiter les prisonniers, leur déclarant son grand désir de mourir avec eux. Il agissait en toute liberté, au vu et au su de ses camarades.
Ces derniers le dénoncèrent. Varus réitéra sa foi ; il fut cruellement, longuement flagellé et mourut sous les coups. Rappelons que les fouets romains étaient faits de lanières de cuir très coupantes, et garnies de petits plombs, de sorte que les victimes étaient littéralement coupées et déchirées par ce supplice ; c’est ce supplice qu’endura Notre Seigneur (cf. Mt 27:26 ; Mc 15:15 ; Lc 23:16).
Le lendemain, les six ermites furent à leur tour battus, flagellés pendant plusieurs heures, puis décapités. 
Une pieuse femme nommée Cléopâtre recueillit en cachette le corps de Varus, l’ensevelit chez elle et le rapporta près du Mont Thabor, quand elle put revenir chez elle après la persécution. Elle y ensevelit aussi son fils et y fut enterrée elle aussi.
C’est là une fort belle histoire, qui malheureusement manque de documents authentiques anciens.
L’épisode a pu avoir lieu dans les premières années du quatrième siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne, seul, saint Varus d’Egypte au 19 octobre.

Ethbin de Necth-hermitage

5e -6e siècles

 

Il est assez difficile de situer précisément la chronologie de Ethbin.

Son nom a connu beaucoup de variantes : Yben ou Iben, Iboan, Diboan ou Diboen, Ibe, Abibon, Languis ou Langui, Idunet ou Ivinec, et d’autres encore ! Le problème se complique par le fait que tous ne sont pas d’accord pour assimiler tous ces noms à un seul ou à deux personnages. Nous allons admettre qu’il soit possible de les confondre.

 Ses parents s’appelaient Eutius et Eula. Quand il eut quinze ans, le papa décéda et la maman prit le voile sous la direction de s.Samson (v. 28 juillet) ; Ethbin alors entra au monastère de Taurac (localité inconnue), où il connut s.Guénolé.

Guénolé fonda le monastère de Landevennec ; Ethbin celui de Châteaulin.

Ethbin aurait guéri un lépreux en aspirant de sa bouche le pus qui bouchait le nez du malheureux ; il en sortit une perle merveilleuse, en même temps qu’une croix lumineuse apparaissait au-dessus de lui.

Les Francs détruisirent le monastère de Taurac. Après avoir vécu dans la solitude pendant trente ans, Ethbin passa en Irlande et vécut pendant vingt ans encore dans une forêt nommée Silva nectansis (ou noctensis). 

C’est de l’ancien Martyrologe français que nous avons repris le nom de la localité de Necth-hermitage, où il mourut un 19 octobre, âgé de quatre-vingt-trois ans.

Dans la commune de Port-Mort (Eure) avait lieu un pèlerinage en l’honneur de s.Ethbin ; les rhumatisants, en particulier, s’efforçaient de passer trois fois sous une sorte de table établie là, dans le but d’obtenir quelque soulagement à leur(s) rhumatisme(s).

Saint Ethbin de Necth-hermitage est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Grat d’Oloron

† 510

 

Gratus naquit au 5e siècle à Lichos (Pyrénées-Atlantiques).

Le chef wisigoth s’étant montré plus tolérant envers les Chrétiens, l’évêché d’Oloron put être créé, et Grat en fut le premier titulaire, au début du 6e siècle.

En 506, il siégea au concile d’Agde, présidé par s.Césaire d’Arles et réunissant trente-quatre évêques.

En 507, malgré leur défaite à Poitiers, les Wisigoths restent présents dans la région ; Grat se réfugie à Jaca (actuelle province de Huesca en Espagne).

C’est là qu’il serait mort, vers 510, et d’où on aurait rapporté son corps à Oloron. 

En 1710, on retrouva ses reliques derrière le maître-autel de la cathédrale Sainte-Marie.

Saint Grat d’Oloron est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Véran de Cavaillon

515-589

 

Véran (Wrain, latin Veranus) vit le jour à Barjac ou Lanuéjols (Gévaudan), dans le début du 6e siècle, vers 515.

Vers 540 il fut ordonné prêtre et se retira dans un ermitage.

Il entreprit le pèlerinage à Rome et, en chemin, accomplit des miracles, ressuscitant une jeune fille, rendant la vue à un aveugle.

En 568, il fut préconisé par le roi Sigebert 1er, pour être évêque de Cavaillon ; c’était le sixième sur ce siège.

En 585, il participa au 2e concile de Mâcon.

En 586, après l’assassinat de s.Prétextat (v. 24 février) sur l’ordre de Frédégonde, il fait partie de la commission royale d’enquête.

En 587, il est le parrain de Thierry II, fils de Childebert II, baptisé à Orléans.

En 589, il fait partie de la commission épiscopale chargée de reporter la paix dans le monastère Sainte-Croix de Poitiers.

C’est en Arles qu’il mourut de la peste, le 19 octobre 589.

On signale deux «miracles» éclatants attribués à la prière ou à l’intercession de s.Véran.

L’un aurait été l’éloignement et la mort d’une horrible bête qui infestait la région. L’autre miracle, au 12e siècle, aurait concerné le comte Raymond IV de Toulouse qui, s’étant emporté contre l’évêque de Cavaillon, osa le frapper indécemment d’un coup de pied ; ce membre s’étant aussitôt desséché, le comte alla implorer sa guérison sur la tombe de s.Véran et l’obtint après avoir promis plusieurs privilèges en faveur de l’évêque.

Après Véran, le siège de Cavaillon semble avoir été vacant pendant deux siècles. Il fut supprimé à la Révolution.

Saint Véran de Cavaillon est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Aquilin d’Evreux

620-690

 

Aquilin serait né vers 620 à Bayeux et, s’étant marié, eut des enfants.

Il fut enrôlé dans l’armée de Clovis II ; sa femme, pour obtenir son retour, aurait fait le vœu de continence pour un an.

Finie la guerre, l’épouse alla au-devant de son mari, et le rencontra à Chartres, où elle lui fit part de sa décision. Loin de protester, Aquilin en fut très heureux, et lui demanda même de faire avec lui le vœu de continence perpétuelle.

Rentrés chez eux, ils se dépouillèrent de leurs biens au profit des pauvres et vécurent une sorte de vie monacale, s’occupant des malades.

Quand mourut l’évêque d’Evreux (vers 673), Aquilin fut acclamé par le peuple pour en prendre la succession ; il fut ainsi le quinzième évêque d’Evreux.

Aquilinus était marié, mais il n’était l’époux que d’une femme (cf. 1Tim 3:2), et vivait désormais dans la continence depuis bien des années. Il reçut les ordres sacrés et prit les rênes du diocèse.

Sa préférence était cependant pour le recueillement, la prière solitaire, et il se retirait volontiers dans une grotte. On raconte qu’il dormait directement sur le sol.

Il mourut vers 690.

L’oratoire qu’il s’était construit fut choisi pour être son sépulcre, et devint la chapelle du Petit, puis du Grand  Séminaire.

Saint Aquilin d’Evreux est commémoré le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Frideswide d’Oxford

650-727

 

Comme beaucoup de noms de ce pays, celui de Frideswide a connu quelques variantes : Frithuswith, Frideswith ; en France, Frevisse. Les récits de sa vie présentent aussi des variantes singulières.

Elle naquit vers 650, fille unique d’un roitelet du nord de la Tamise, nommé Didan de Eynsham, et de Safrida.

Pour cette princesse, Didan construisit un monastère à l’actuel emplacement d’Oxford (ou proche de là, à Thornbury). Elle en devint l’abbesse.

Le successeur de Didan s’était épris de Frideswide et chercha à l’attirer. Quand il s’approcha, non seulement Frideswide s’était échappée, mais l’homme fit une chute de cheval et se brisa le cou. Un récit précise que, fuyant le prétendant importun, Frideswide trouva un providentiel bateau qui l’emmena jusqu’à Bampton, tandis que le poursuivant devenait aveugle.

Revenue à son abbaye, Frideswide fit un jour jaillir une source d’eau, évitant ainsi aux moniales d’aller jusqu’à la Tamise pour en puiser. La source, miraculeuse, coule toujours, près de l’église Sainte-Marguerite de Binsey, un peu en amont d’Oxford. 

Frideswide resta abbesse de son monastère jusqu’à sa mort, qui arriva vers 727.

La Christ Church d’Oxford aurait été construite sur l’emplacement de l’abbaye de Frideswide, qui fut détruite en 1002.

Au 16e siècle, le calviniste James Calfhill voulut supprimer le culte qu’on rendait à Frideswide, en mélangeant ses reliques aux ossements d’une religieuse apostate, Catherine Dammartin, épouse d’un religieux italien défroqué, Pietro Martire Vermigli.

Sainte Frideswide d’Oxford, patronne de cette ville et de l’université, est commémorée le 19 octobre dans le Martyrologe Romain.

Thomas Hélye

1180-1257

 

Thomas naquit vers 1180 à Saint-Pierre-de-Biville (Manche), de Hélye et Mathilde, gens simples qui eurent un autre fils, Guillaume. Il ne serait pas invraisemblable que le patronyme de Thomas fût le prénom même de son père

Après ses études, il fut professeur, très attentif au bien et à la culture de ses élèves et dirigea une école à Cherbourg (1225). 

Déjà, il s’imposait de longs temps de prière. Guéri après une grave maladie, il adopta un régime franchement austère : bure de toile grossière, cilice ; dans un tel acoutrement, ses cheveux en bataille, il montrait assez quel dédain il avait du monde.

Après la mort de ses parents, il laissa à son frère tout son héritage, se contentant seulement de ce qu’il en recevait pour vivre. Et même, Guillaume le «grondait» de ne pas manger le pain de froment qu’il lui servait.

Thomas veillait, prenait la discipline, jeûnait. La nuit, il restait en prière à l’église, où il se flagellait, rentrait à la maison juste pour un bref repos et repartait à l’église pour l’office du matin. Trois fois par semaine, il jeûnait au pain et à l’eau ; les autres jours, il prenait un peu de soupe avec du pain d’orge, très rarement de la viande ou du poisson.

Tout cela ne pouvait manquer d’arriver aux oreilles de l’évêque, qui appela Thomas ; il lui rappela que la pauvreté n’empêchait pas la propreté, puis l’envoya étudier à Paris en vue du sacerdoce ; Thomas fit d’abord le pèlerinage de Rome puis de Compostelle, étudia et fut ordonné prêtre.

Aux mortifications précédentes, le nouveau prêtre ajouta maintenant la prédication, les missions, dans les deux diocèses de Coutances et d’Avranches. L’évêque l’obligea à prendre, même en carême, des légumes quatre jours par semaine, parfois un peu de poisson. Quand il se déplaçait, il ne voulait être à charge de personne, prenant ce qu’on lui offrait, simplement pour ne pas mourir de faim, et repartait sans attendre.

La nuit, il priait l’office des défunts à l’église, puis les sept psaumes de la pénitence, les quinze psaumes graduels avec les litanies, puis sept petits psaumes (comme il les appelait) et encore quelques prières. Puis il envoyait son clerc dormir ; il le rappelait vers minuit pour prier l’office des lectures (matines, comme on l’appelait).

Il prêchait jusqu’à trois fois le dimanche et les fêtes. Pratiquement tout le diocèse l’entendit prêcher. Après la prédication et la messe, il confessait, jusqu’à minuit parfois, toujours à jeun. On l’attendait avec impatience ; une des âmes qui s’attacha à lui fut une certaine Alice, femme du baron de Bricquebec.

Jeune, il se flagellait avec des verges ou une courroie ; prêtre, il le fit avec des ajoncs ou du houx ; parfois il s’enfonçait dans un buisson épineux qu’il rencontrait sur son passage ; quand il éprouvait quelque tentation charnelle, il se piquait jusqu’au sang, qu’on voyait couler sur ses pieds. A l’office, il était debout ou agenouillé ; à la messe, il pleurait longuement après la consécration ; un jour, confia-t-il à Alice, une goutte de sang coula avec ses larmes.

A un ami qui l’invitait, il fit remarquer : Tu manges trop ! Donne aux pauvres.

L’apostolat itinérant de Thomas dura quelque vingt-deux années, toujours à pied, et pieds-nus à la fin de sa vie ; quelquefois à cheval pour ne pas être en retard.

Quand il fut malade et dans l’impossibilité de célébrer, il demanda qu’on sonnât les cloches à l’élévation et à la communion, pour qu’il pût s’unir à la liturgie. Sa dernière communion fut très solennelle : l’Eucharistie lui fut portée au milieu de nombreux prêtres et clercs qui chantaient.

Il écrivit à tout le clergé du diocèse pour lui demander le secours de ses prières ; à Alice, il écrivit ce mot : Je voudrais vous faire savoir que je vais à la cour du paradis, où je serai votre procureur.

Il passa ses derniers jours chez Gauvin, sieur de Vauville, se faisant lire les récits évangéliques sur l’Incarnation et la Passion. Au moment suprême, il pria le clerc présent de répéter le verset du psaume : In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum, redemisti me, Deus veritatis (Ps 30:6).

Le confesseur de Thomas affirma qu’il n’avait jamais péché mortellement. Thomas mourut ainsi le 19 octobre 1257. 

En 1794, ses reliques furent mises en sûreté par les habitants du village.

En 1859, le culte du bienheureux Thomas fut confirmé.

 

 

Philipp Howard

1557-1595

 

Né le 28 juin 1557 à Kenninghall (Norfolk), Philipp était le fils aîné de Thomas, quatrième duc de Norfolk et de Mary FitzAlan, fille d’Henry, douzième comte d’Arundel. La famille était restée catholique après l’arrivée au pouvoir de la reine Elisabeth.

La famille royale était même présente lors du baptême de Philipp au palais de Whitehall, où il reçut le nom du roi Philippe II.

Dès sept ans, il grandit dans un ancien monastère de Chartreux ; à quatorze ans, on lui fit épouser sa belle-sœur, Anne Dacre ; à dix-sept ans, il sortit diplômé du Collège Saint-Jean (Cambridge) et fut présenté à la cour d’Elisabeth.

En 1569, Thomas Howard, son père, fut inculpé de complot contre la reine, arrêté, destitué et finalement décapité en 1572.

Mais Philipp hérita de son grand-père maternel, et demeura comte d’Arundel en 1580. 

Lors d'un débat à Londres entre catholiques et protestants, il fut tellement impressionné par les arguments du Jésuite anglais, Edmund Campion (†1581, voir au 1er décembre), qu’il renonça à sa vie frivole, et se réconcilia avec son épouse.

Philipp décida de quitter la vie de cour et de se rendre sur le continent. Mais dénoncé par un domestique, il fut arrêté et emprisonné à la Tour de Londres, en 1585.

Il resta dans cette prison pendant dix années, durant lesquelles un procès l’accusa de haute trahison et le condamna à mort, mais la reine ne signa jamais le décret d’exécution.

Sa seule compagnie en prison fut son fidèle chien, à qui il confia des messages à porter à un autre prisonnier notoire, le prêtre Robert Southwell (voir au 21 février), qui lui répondait de la même manière.

Sur son mur de prison, il écrivit en latin : Quanto plus afflictiones pro Christo in hoc sæculo, tanto plus gloriæ cum Christo in futuro (Plus nous souffrons pour le Christ en ce monde, plus nous aurons de gloire avec le Christ dans l’autre, cf. Ro 8:18).

Victime d’une dysenterie qui l’amena à la mort, il implora de la reine la permission de revoir une fois son épouse et son enfant, qui était né après son emprisonnement. La reine lui offrit le chantage de le remettre dans tous ses titres et propriétés, s’il acceptait seulement d’assister à un office protestant, à quoi il répondit : Dites à Sa Majesté que, si ma religion est cause de mes tourments, je regrette de n’avoir qu’une seule vie à perdre.

Il mourut dans cette même solitude, le dimanche 19 octobre 1595.

On l’ensevelit dans une fosse à l’intérieur de la Tour de Londres. Plus tard sa famille obtint de le déplacer dans la chapelle de la famille Fitzalan.

Ses biens furent confisqués, mais finalement restitués à son fils Thomas, qui retrouva son titre de comte d’Arundel.

Considéré dès sa mort comme martyr, Philipp Howard fut béatifié en 1929, avec Edmund Campion et les Martyrs d'Angleterre et du Pays de Galles.

Ces quarante Martyrs furent canonisés en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Lucas Alonso Gorda

1594-1633

 

Né le 18 octobre 1594 à Carracedo de Vidriales (Zamora, Espagne), de Domingo Alonso et Leonora Gorda, Lucas reçut ce même jour au baptême le nom de l’évangéliste Luc, qui se fête traditionnellement le 18 octobre.

C’est de ses parents qu’il apprit très tôt la dévotion du rosaire.

Une autre coïncidence le rapprochait des Dominicains : son père était né le jour de la fête de saint Domingo de Guzmán (voir au 6 août).

Lucas entra à seize ans chez les Dominicains de Zamora.

En 1611, il fit la profession religieuse.

Après des études à Trinana (León) et Valladolid, il partit pour Séville, d’où, dans unpremier temps, il devait être envoyé au Mexique, pour y achever ses études à Acapulco.

C’est là qu’il fut ordonné prêtre, prenant le nom de Lucas Alonso du Saint-Esprit.

Puis il partit pour Manille. Il n’attendit pas de débarquer pour commencer sa mission d’évangélisateur : sur le bateau, il gagna au Christ des passagers, qu’il put agréger à la Confraternité du Rosaire.

Arrivé à Manille en 1618, il fut envoyé en mission à Cagayan, puis fut professeur d’arts, de philosophie et de théologie au collège Saint-Thomas de Manille. 

En 1623, il atteignit le Japon, où il évangélisa pendant dix ans, au milieu de tous les dangers de la persécution. Quand survint l’ordre d’expulsion de tous les Espagnols, il quitta ostensiblement le pays, mais y rentra clandestinement, soutenant vaillamment toutes les communautés chrétiennes qu’il visitait en se déplaçant continuellement de nuit.

On a de lui des lettres qu’il put envoyer à Manille dans les années 1628-1630, dans lesquelles il décrit le martyre des Chrétiens japonais.

En 1628, il fut nommé à Kyoto.

En 1632, il s’adjoignit un Frère novice, Matthæus du Rosaire, pour la catéchèse, puis entreprit une longue tournée pour encourager les Chrétiens partout où il pouvait, avant de revenir à Kyoto. 

Arrêté le 8 septembre 1633 à Osaka, en même temps que son fidèle catéchiste Matthæus, il chanta le Te Deum pendant qu’on le conduisait en prison. 

En prison, il lava les pieds de ses Confrères, répétant en même temps le texte de l’évangile de saint Jean. Cette cellule devint un véritable sanctuaire de prière, qu’il partageait avec deux autres Franciscains.

En signe d’humiliation, pour avoir enfreint les lois, il eut les cheveux rasés et la barbe arrachée. Puis il subit le supplice de l’eau : on le forçait à ingurgiter une excessive quantité d’eau, qu’on lui faisait recracher en le frappant violemment sur le ventre. C’est après cet épisode qu’il écrivit : Il est difficile de savoir s’il faut plus de patience à supporter les tourments que pour expérimenter la joie qui les suit.

De Osaka, on le conduisit pieds et poings liés jusqu’à Kobé, puis à Kokura, jusqu’à Nagasaki, en «solennelle» procession pour frapper la population. Dans le dos, on lui avait accroché l’inscription : Le pire des malfaiteurs.

Il fut cruellement, et par deux fois fois torturé, le 18 octobre suivant, par le supplice du tsurushi (la victime est suspendue tête en bas au-dessus d’une fosse remplie d’immondices puantes, le corps serré entre des planches pour rallentir la respiration) ; entre les deux, on lui proposa de grands honneurs, s’il apostasiait. Sur son refus, il fut soumis de nouveau au même supplice, auquel il succomba le lendemain, à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633, lendemain de son trente-neuvième anniversaire. On trouve parfois la date du 20 octobre.

Son cadavre fut ensuite brûlé et les cendres dispersées en mer.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Saint Lucas Alonso est vénéré aux Philippines et au Japon, mais aussi dans le monde sud-américain. Les Dominicains le considèrent comme le plus grand représentant du Catholicisme en Extrême-Orient.

 

 

Matthæus Kohyōe

1615-1633

 

Né en 1615 à Arima (Hyogo, Japon), Matthæus venait d’entrer chez les Dominicains, prenant le nom de Matthæus du Rosaire.

Il fut arrêté, cruellement torturé, puis exécuté à Nishizaka (Nagasaki), le 19 octobre 1633.

On n’a pas davantage de détails sur son martyre ; il a peut-être subi le même sort que le père Lucas Alonso Gorda, qui fut martyrisé le même jour (voir la notice)

Ce jeune novice avait dix-huit ans.

Inclus dans le groupe des Martyrs béatifiés et canonisés avec Lorenzo Ruiz, il fut béatifié en 1981 et canonisé justement le 18 octobre 1987.

La fête liturgique de ce groupe est au 28 septembre.

Agnès Galand

1602-1634

 

Née à Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) le 17 novembre 1602, Agnès était la troisième des sept enfants de Pierre, un coutelier, et Guillemette Massiote, et fut baptisée dès le lendemain.

Elle n’avait que sept ans, lorsqu’elle se consacra à la Sainte Vierge, en qualité d’esclave, et s’attachant désormais à la ceinture une chaîne qu’elle «vola» à son père.

Puis, elle fit le vœu de chasteté, à Notre-Dame-du-Puy.

Sa profonde piété l’autorisa à recevoir l’Eucharistie dès l’âge de huit ans, fait qui resta tout-à-fait exceptionnel jusqu’au siècle dernier.

Très tôt, elle fut favorisée de la vison de son Ange Gardien. Un jour, celui-ci lui conseilla de prier vivement pour son père, qui était en grand danger. Son père eut alors l’idée de rentrer plus tôt que prévu à la maison, et apprit le lendemain que de mauvaises gens avaient prévu de l’assassiner.

Elle donnait tout ce qu’elle pouvait aux pauvres, même son goûter. Un jour qu’elle n’avait vraiment rien à donner, le pauvre lui dit de bien regarder au fond de (sa) poche, où elle trouva effectivement une pièce qu’elle lui donna ; alors il disparut.

En grandissant, elle réunit autour d’elles des camarades pour prier. Elle eut une attention particulière pour les femmes en couches.

Un jour qu’elle était au bord de la Loire avec d’autres jeunes filles, des garçons grossiers s’en approchèrent ; son Ange gardien lui apparut et lui fit traverser la Loire ; le fait fut attesté par les garçons eux-mêmes !

C’est son Ange qui lui enseigna aussi à chanter l’office, alors qu’elle était ignorante.

Fréquentant assidûment les Religieux dominicains du Puy, elle fut admise au Tiers-Ordre en 1621.

En 1623, elle entra au nouveau monastère dominicain de Langeac (Haute Loire), où elle professa en 1625. Elle porta depuis le nom de Agnès de Jésus.

Souvent, le Christ suscita près d’elle un petit agneau très joli, particulièrement pour la consoler dans des moments difficiles.

D’abord chargée des corvées, et particulièrement de la cuisine, elle devait aller puiser l’eau assez loin : sur sa prière, Dieu fit jaillir une source dans la cuisine même ; cette eau produisit de nombreux miracles par la suite.

Elle avait une grande dévotion à l’Esprit-Saint. 

Agnès fut favorisée des stigmates de la passion du Christ, mais de façon invisible. En particulier un jour, les Sœurs la trouvèrent sur son lit, les bras en croix, comme crucifiée et souffrant atrocement. Elle offrit ces douleurs pour les âmes du Purgatoire, en particulier celles des Dominicains.

En 1627, elle devint prieure.

C’est sa prière et ses conseils qui poussèrent Monsieur Olier à la fondation du séminaire Saint-Sulpice. Ce même Monsieur Olier attesta avoir été guidé par l’Ange Gardien d’Agnès, qui était en train de prier pour lui faciliter son voyage difficile.

Elle mourut le 19 octobre 1634, confiant à ses Sœurs la mission de prier pour les prêtres et les vocations sacerdotales.

En 1952, un accouchement qui s’annonçait très difficile, se passa très naturellement, après qu’on ait invoqué Agnès.

A la suite de ce miracle, la cause aboutit à sa béatification en 1994. 

La bienheureuse Agnès de Langeac est spécialement invoquée pour les vocations sacerdotales, et pour les femmes enceintes.

 

 

Jean de la Lande

1620-1646

 

De ce Jean, on ne connaît pas beaucoup de détails biographiques.

Il naquit vers 1620 à Dieppe (Seine-Maritime), comme le père Antoine Daniel (1601-1648, voir au 4 juillet).

On le décrit comme intelligent et courageux. Charpentier de son état, il se trouva au Québec dès 1636 comme donné parmi les Jésuites missionnaires.

Après s’être engagé comme donné, il avait demandé à être admis au rang des Frères coadjuteurs de la Compagnie.

Le père Jogues, de son côté, avait demandé aux Supérieurs, pour l’accompagner parmi les Iroquois, quelqu’un de vertueux, docile, courageux, et qui voulût endurer quelque chose pour l’amour de Dieu.

Jean s’offrit. Il savait à quoi s’en tenir sur les difficultés de sa mission. Il n’avait qu’à regarder les mains du père Jogues pour avoir une preuve des dangers du voyage. Mais la grâce l’avait investi. Il était décidé. Au fond, il était candidat au martyre.

Les Relations des missionnaires rapportent en 1647 que prévoyant les dangers où il s’engageait dans un si périlleux voyage, il protesta que le désir de servir Dieu le portait en ce pays où il s’attendait bien de rencontrer la mort.

Le voyage commença le 24 septembre 1646. Avant de partir, le père Jogues célébra la Sainte Messe et Jean communia. Ce serait leur dernière Eucharistie. On partit en pirogues sur le Saint-Laurent.

Vers le 7 octobre, ils arrivèrent aux rapides et durent porter sur la tête leur pirogue et leurs bagages. Puis, malgré la fatigue et la faim, ils traversèrent la région accidentée qui les séparait d’Ossernenon, le but de leur voyage.

Soudain, devant eux, surgit une file de Peaux-Rouges. Le Père les appela, les salua. Ils s’enfuirent. Ils se nomma : il était Ondessonk, leur ami. Alors, surgissant de partout, les Mohawks couverts de la peinture de guerre, l’horrible peinture rouge, armés jusqu’aux dents de mousquets, de couteaux, de haches et de casse-tête, entourèrent Isaac Jogues, Jean de La Lande et leur compagnon, en hurlant, dansant autour d’eux avec de cruelles menaces.

Ils se jetèrent sur le prêtre et sur Jean, les firent tomber,, les frappèrent, les piétinèrent, leur arrachèrent leurs vêtements.

Les Iroquois, refusant la paix précédemment conclue, avaient déterré la hache de la guerre. En réalité, ils venaient d’être victimes d’une nouvelle épidémie, et les responsables en étaient évidemment les Robes-Noires. A cela s’ajouta une sécheresse durant le mois de septembre. Les uns étaient pour la guerre, d’autres non. Ils emmenèrent le Père et Jean à Ossernenon. Mais les Iroquois n’étaient pas unanimes non plus sur le sort à leur donner.

Au soir du 17 octobre, les captifs furent amenés à l’intérieur du village. Au terme du grand conseil, des guerriers d’un des deux clans vinrent menacer leurs victimes, les palpant, promenant sur eux leurs armes, leur disant : Vous mourrez demain, nous vous trancherons la tête, nous la planterons au bout d’un pieu. Ceux de deux autres clans, au contraire, cherchaient à les protéger et à les rassurer.

Au matin du 18, on parvint à un accord provisoire : les prisonniers étaient considérés comme otages publics. On leur rendit une partie de leurs vêtements. Il fallait attendre la sentence des anciens. Le père Jogues profita de ce répit pour rappeler aux chefs ses intentions pacifiques, son amitié et la bonté de Dieu.

L’après-midi, les clans s’affrontaient encore en discussions interminables ; certains voulaient la guerre, mais en préservant le père Isaac ; d’autres voulaient l’immoler immédiatement au dieu Areskoni.

Jogues et de La Lande se préparaient à la mort, calmement. Au soir du 18, un guerrier vint inviter le père Isaac à diner dans sa case. Après réflexion, le Père jugea meilleur d’honorer cette invitation. Mais à peine entré dans la case, il reçut deux coups de tamahawk et s’écroula.

Le jeune Jean connaissait encore mal les Iroquois ; il pensait pouvoir retrouver le cadavre du Père durant la nuit et l’ensevelir dignement. Quand tout le campement semblait endormi, peut-être après minuit, il sortit. Il ne pouvait évidemment ni voir ni entendre ceux qui le guettaient dans l’ombre; immobiles comme des statues. Il n’avait pas avancé de deux pas qu’il tombait, le crâne fracassé. Quelques instants plus tard, sa tête scalpée rejoignait celle d’Ondessonk. 

Ce 19 octobre 1646, il n’avait pas vingt-cinq ans. 

Au matin du 19, arriva l’ordre du Conseil suprême : il fallait libérer les captifs et les renvoyer à la ville d’Onontio. Trop tard.

Ce n’est qu’en juin 1647 que la nouvelle arriva officiellement aux oreilles des Supérieurs. Tous les détails ci-dessus furent racontés par un témoin iroquois qui, converti, voulut se joindre aux Français. Il fut même envoyé en France, où il reçut le baptême peu avant de mourir à Paris.

Jean de La Lande fut béatifié avec les autres Martyrs du Canada en 1925, puis canonisé en 1930.

Leur fête commune est au 19 octobre, jour où ils sont commémorés ensemble au Martyrologe.

Francisco Milagro Mesa
1869-1936

Né le 3 décembre 1869 à Tarazona (Saragosse), il était le fils de Félix et Mariana, qui le firent baptiser le lendemain avec le nom de s.François Xavier, fêté le jour de sa naissance ; l’enfant fut confirmé l’année suivante.

A quatorze ans, il était déjà un ouvrier professionnel. A seize ans, il entra au collège des Pères Clarétains de Barbastro pour devenir frère convers. Il y fit le noviciat et la profession.

On le mit aux cuisines ; en 1889, il fut envoyé à Vic, où il fut couturier et sacristain pendant plus de trente ans ; en 1921, il alla à Cervera comme tailleur et infirmier, où il fut lui-même formateur technique des convers novices. 

Les témoignages convergeaient pour qualifier Francisco de modèle des Convers. Il était travailleur, bon chanteur, modeste, infiniment patient.

Estimé de tous, il participa à la passion commune : le 21 juillet 1936, la maison de Cervera fut évacuée de force, un groupe se réfugia à Mas Claret, où les miliciens les fusillèrent le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Milagro Mesa sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Pere Vives Coll
1874-1936

Né le 23 septembre 1874 à Pallejá (Barcelone), il était le fils de Isidro et María, qui le firent baptiser quatre jours plus tard et confirmer en 1879. C’étaient des parents très chrétiens.

Il travailla aux champs avec son père ; quand Pere ressentit l’appel de Dieu, ses parents en furent très heureux.

En 1895, Pere entra au noviciat des Pères Clarétains de Cervera, où il apprit à être couturier-tailleur, et fit la profession en 1896. En 1898, il fut envoyé à Santo Domingo comme sacristain.

En 1908, on l’envoya aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo. Pendant les dix années qu’il y séjourna, sa santé déclina, au point qu’il dut revenir.

En 1918, il fut reçu à Madrid comme portier et sacristain, charges dont il s’acquittait avec le plus vif empressement et grande humilité.

En 1935, il put venir quelques mois à Mas Claret pour se reposer ; l’année suivante, il refit cette «cure», et c’est là qu’il fut pris dans la tourmente révolutionnaire.

Il reçut la palme du martyre avec les autres Religieux de Mas Claret le 19 octobre 1936
.
Béatifié en 2017, Pere Vives Coll sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

 

Manuel Font y Font
1878-1936

Né le 13 juin 1878 à Torrebeses (Lleida), il était fils de José et Raimunda, qui eurent bien d’autres enfants aussi ; ils firent baptiser Manuel le jour même de sa naissance, et confirmer en 1880.

Il entra en 1890 au postulat des Pères Clarétains de Barbastro, alla faire le noviciat à Cervera, où il fit la profession en 1895 ; il continua là la philosophie et le début de la théologie, avant de passer à Santo Domingo de la Calzada, où il fut ordonné prêtre en 1903.

 En 1904, il fut envoyé aux missions de Guinée Espagnole, à Fernando Póo : Basilé, Elobey, Banapá. Là-bas, sa facilité pour les langues lui permit de converser avec les habitants dans leur idiome. Cependant, il fut atteint de fièvres, qui furent mal soignées, et au grand désappointement des Confrères, il dut rentrer en Espagne l’année suivante.

Désormais, le pauvre p.Manuel se considéra sans cesse malade, incapable de rien faire. Il fut à Sabadell, à La Selva del Campo, à Cervera, à Tarragona, à Alagón, de nouveau à Cervera, enfin à Mas Claret.

Comme tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Manuel fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Manuel Font y Font sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ferrer Escolà
1878-1936

Né et baptisé le 21 octobre 1878 à Alsamora (Lleida), fils de Manuel et Dolores, il fut confirmé en 1882.

Voulant se consacrer à Dieu, il entra en 1893 au postulat des Pères clarétains de Barbastro et fit ses Humanités ; passé au noviciat de Cervera, il fit la profession en 1897, puis suivit les cours de philosophie et de théologie, malgré son peu d’aptitudes pour ces matières.

Il souffrit de quelques accès d’épilepsie, si bien qu’en 1902, il passa à la condition de frère convers. En 1903, il alla tout de même à Santo Domingo de la Calzada pour achever la théologie, mais resta ensuite définitivement convers.

A Cervera, il s’occupa de reliure - un domaine où il excellait, et rendit mille services, fort appréciés, en électricité, en ferblanterie, et en entretien et réparation de toutes les machines de la maison.

En 1936, il se retira quelque temps à Mas Claret pour être soigné. Quand commença la révolution de juillet, le Comité de Cervera occupa la propriété de Mas Claret, mettant à contribution tous les Religieux qui s’y trouvaient, de sorte que le frère Josep fut sans cesse sollicité pour leur rendre d’autres services. Josep fut particulièrement provoqué par des propositions indignes d’un homme qui avait promis la chasteté, mais il ne céda pas un instant.

Vainqueur, il subit le martyre avec les autres, le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Josep Ferrer Escolà sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Benjamín Ortega Aranguren
1885-1936

Né le 30 mars 1885 à Villalta (Burgos), de Andrés et Bernardina, Benjamín fut baptisé le 1er avril.

Il reçut sa première formation des Filles de la Charité et entra à son tour chez les Pères Lazaristes (ou Vincentiens.

Après la profession (1904), il fut ordonné prêtre en 1911.

Pendant quatorze années, il fut confesseur et directeur spirituel à Ávila. Mais il perdit l’ouïe et dut se retirer à Madrid, comme aumônier et administrateur de la revue Médaille Miraculeuse. On devait célébrer en 1930 le centenaire des apparitions de la Sainte Vierge à ste Catherine Labouré.

Le 22 juillet 1936, il trouva refuge dans une famille d’amis, où il put célébrer la Messe, prier et se préparer au martyre.

Le 12 octobre eut lieu une perquisition et les miliciens y trouvèrent un livre en latin, sans doute le bréviaire du Prêtre. Le lendemain, 13 octobre, ils vinrent arrêter ce dernier pour le conduire à leur tchéka.

La famille, en particulier le fils de ces gens, cherchèrent de toutes les façons à intervenir pour obtenir la libération du p.Benjamín ; un des miliciens était bien connu de ce garçon, et lui dit qu’il comprenait très bien ses bons sentiments mais que, comme il s’agissait d’un prêtre, il n’était pas possible de faire quoi que ce soit, car ils avaient tous fait le serment d’éliminer tous les curés.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Madrid et béatifié en 2017, Benjamín Ortega Aranguren sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Josep Ribé Coma
1893-1936

Né le 28 octobre 1893 à Centellas (Barcelona), il était fils d’un commerçant, Pablo, et de Concepción, qui le firent baptiser le 1er novembre.

Il entra au postulat des Pères Clarétains de Vic, passa au noviciat de Cervera (1911), où il fit la profession ainsi que les études de philosophie et de théologie, au terme desquelles il fut ordonné prêtre (1920).

Après une année de préparation à Aranda de Duero, il fut envoyé à Vic, puis comme formateur des postulants à Alagón, Barbastro et Cervera.

En 1936, plusieurs familles, inquiètes des événements politiques, vinrent reprendre leurs fils ; la situation empira jusqu’au 21 juillet, où l’on dut évacuer la maison de Cervera. Tandis que beaucoup se réfugièrent à Mas Claret, le p.Josep resta avec les jeunes élèves, et confia ceux qui n’étaient pas de Catalogne à des familles d’accueil. 

Dans la nuit du 28 au 29 juillet, le p.Ribé, avec d’autres, partit pour Vic, via Calaf, mais en furent empêchés,  on ne sait pourquoi, de sorte qu’ils vinrent à Mas Claret le 2 août. Là, le p.Josep s’arrêta, tandis que plusieurs autres continuèrent leur chemin.

Jusqu’au 15 août, ceux qui se trouvaient à Mas Claret furent pacifiquement enrôlés par le Comité pour travailler aux champs ; ensuite, l’atmosphère se dégrada peu à peu, jusqu’au 19 octobre, où ils furent tous abattus sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Josep Ribé Coma sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Narcís Simón Sala
1908-1936

Né le 9 mars 1908 (ou le 9 septembre ?) à Fornells de la Selva (Girona), il était le fils de Salvador et Carmen, qui le firent baptiser trois jours plus tard, et confirmer en 1911.

Lors de sa Première communion, il fut particulièrement récompensé pour son assiduité et mérita un diplôme.

Il travaiilla quelque temps comme cuisinier à Barcelone.

En 1933, à vingt-cinq ans, il se décida à embrasser la vie religieuse et entra chez les Clarétains de Vic, où il fit le noviciat, terminé par la profession en 1934. En 1936, il quitta Vic pour Mas Claret, où il s’occupait de la ferme.

On a vu dans les autres notices de ce groupe, que les miliciens de Cervera retinrent les Religieux de Mas Claret à leur disposition, obligeant à travailler les malades, jeunes et vieux. Un des miliciens avait rencontré Narcís à Barcelone et le reconnut. Par la suite, il n’arrêta pas de provoquer le Frère, l’invitant même à quitter la vie religieuse qu’il qualifiait d’idiote, mais Narcís persista dans la voie qu’il avait choisie et pour laquelle il avait promis fidélité à Dieu.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Narcís Simón Sala sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Julio Leache Labiano
1908-1936

Il naquit le 20 décembre 1908 à Monreal (Navarra), fils d’Eugenio et Marcelina, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer l’année suivante. Il avait un frère.

A l’école, il était le meilleur ; il commença ses Humanités chez les Clarétains d’Alagón en 1920 ; en 1922, son père, qui était contremaître  de routiers, fut tué dans une explosion de mine.

Julio partit à Cervera pour le noviciat, reçut les Ordres mineurs en 1925 et fit la profession. Il fut ensuite à Solsona pour la philosophie, et à Cervera pour la théologie. Il fut ordonné prêtre en 1932.

C’était l’aboutissement d’un long chemin, car Julio n’était pas noté très bien durant son noviciat : léger, irascible, distrait, déconcentré dans son travail de sacristain, peu spirituel dans les conversations, peu mortifié, peu sincère. Il avait à combattre, et il le fit, pour nous encourager à l’imiter dans l’amour de la sainteté.

On l’envoya à Solsona enseigner le grec biblique et l’anglais ; en fait, il enseigna les mathématiques ; puis aussi la métaphysique, la rhétorique, la philosophie de l’histoire. Au printemps de 1935, il alla enseigner la théologie fondamentale à Cervera.

Le p.Julio enseigna beaucoup de matières ; il fut aussi rédacteur dans la revue Palaestra latina et collabora à l’édition du dictionnaire de latin. On voit aussi combien la formation de ces Religieux était ample et complète.

Après l’abandon de la maison de Cervera le 21 juillet 1936, le p.Julio laissa partir le groupe auquel il appartenait, et resta avec le p.Ribé pour s’occuper des jeunes postulants et les répartir dans des maisons d’amis. Le 26, il se réfugia à la Caseta de la Teula, d’où il fallut déguerpir le 28, à l’approche de miliciens. On songea rejoindre Vic, mais - sans qu’on sache ce qui arriva - le groupe du p.Julio ne put y arriver et se retrouva à Mas Claret le 2 août.

Arrivé là, le p.Julio n’avait qu’une idée en tête : rejoindre la province d’Aragon, qui lui semblait bien plus sûre que la Catalogne, mais c’est alors que Dieu lui suggéra une décision héroïque : d’abord, le p.Ribé jugeait  plus opportun de s’arrêter à Mas Claret, et Julio obéit ; ensuite, il aurait pu tenter de s’échapper, mais il préféra rester avec les Confrères âgés et malades, pour les aider.

IL en vint même à exhorter chacun à recevoir la palme du martyre. S’ils nous tuent comme fascistes, ce sera pour nous une malédiction ; mais s’ils nous tuent parce que nous célébrons la Messe, voilà le martyre.

Ce jour arriva : avec tous les Confrères retenus à Mas Claret, le p.Julio fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Julio Leache Labiano sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Dionisio Arizaleta Salvador
1911-1936

Né le 8 février1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Bernardo et Eustasia, qui le firent baptiser le jour-même et confirmer en 1915. Dionisio lui-même qualifia ses parents de très chrétiens.

Il commença le postulat chez les Clarétains d’Alagón et acheva les Humanités à Cervera. Mais c’était trop difficle pour lui : il opta pour être Frère convers et fit son noviciat à Vic ; il y arrivait à seize ans, avec son caractère d’adolescent, de sorte que le maître des novices n’était pas très convaincu de sa nouvelle recrue, mais Dionisio était bien décidé à marcher sur le chemin de la perfection, et donna pleine satisfaction aux Supérieurs ; il fit la profession en 1928.

Il fut envoyé à Cervera comme couturier et cuisinier ; en 1933 à Barbastro comme sacristain ; en 1934 de nouveau à Cervera dans l’atelier de couture.

On apprit par une confidence qu’il fit, qu’il avait offert à Dieu sa vie pour le salut de l’Espagne. Son offrande allait être bientôt acceptée.

Quand la maison de Cervera dut être évacuée, le 21 juillet 1936, Dionisio fut dans le groupe de la vingtaine de Religieux qui, ne pouvant rejoindre Solsona, sa rabattirent sur San Ramón pendant deux jours et gagnèrent la ferme de Mas Claret. Les membres du Comité vinrent s’emparer de cette ferme et obligèrent tous les Religieux à travailler aux champs. Le 15 août, on leur interdit de prier ensemble.

Le 19 octobre 1936, dans l’après-midi, tous furent fusillés sur place.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Dionisio Arizaleta Salvador sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Juan Senosiain Zugasti
1911-1936

Né et baptisé le 15 mai 1911 à Guirguillano (Navarre), il était le fils de Francisco et Teresa, qui le firent confirmer an 1915.

Il entra au postulat des Clarétains d’Alagón en 1924, mais ne put se faire aux études. Il s’orienta vers l’état de frère convers.

Après un court séjour dans sa famille, il reprit le chemin du noviciat, mais à Vic et fit la profession en 1929.

Il fut envoyé à Cervera, d’où il dut partir avec toute la communauté sur l’ordre du Comité révolutionnaire, le 19 juillet 1936. Faisant partie du groupe qui s’arrêta à Mas Claret, il y fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Juan Senosiain Zugasti sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francesc Solá Peix
1912-1936

Né le 21 octobre 1912 (date plus probable que le 17 avril 1900, sûrement erronée) à San Joan de las Abadesas (Girona), de Pablo et Francisca, Francesc fut baptisé deux jours plus tard et confirmé en 1915.

Le papa était un ouvrier journalier, la maman, elle, mourut en couches. Francesc eut d’abord une nourrice à Sercasas, puis vécut au pays natal de son père, à San Pablo de Seguries.

Il étudia chez les Pères Clarétains : à Barbastro et Cervera, il fit les Humanités, à Vic le noviciat et la profession. En 1932, il alla à Solsona pour les études de philosophie. 

Il était resté très marqué par son enfance difficile, et l’on pouvait craindre pour son avenir sacerdotal ; on va voir que Dieu le fit passer à la gloire par une voie beaucoup plus directe.

En 1935, Francesc fut à Cervera pour la théologie, mais il dut interrompre ces études à cause d’une maladie. Ceci explique qu’il se trouvait déjà en-dehors de la maison de Cervera au moment où celle-ci fut abandonnée de force par toute la communauté. Francesc, lui, se trouvait déjà à Mas Claret pour se reposer. Quand les membres du Comité le virent là, ils lui donnèrent l’ordre d’aller travailler aux champs.

Il maintenait ses habitudes du couvent, priant, méditant, jusqu’au 19 octobre 1936, où il fut immolé avec la vingtaine de Religieux clarétains réfugiés à Mas Claret. Il aurait eu vingt-quatre ans deux jours plus tard.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Francesc Solá Peix sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Constantino Miguel Moncalvillo
1913-1936

Né le 12 avril 1913 à Quitanarraya (Burgos), Constantino était le sixième enfant d’Agustín et Cándida, qui le firent baptiser le 16 avril suivant et confirmer en 1920.

L’écolier fut exemplaire, et le maître montrait souvent aux autres son joli cahier de devoirs, bien présenté, propre et avec une belle écriture. Constantino était toujours le premier en classe. Serviable, il allait chercher l’eau au puits, assez loin. En plus, il avait une petite passion : il aimait bien attraper les crabes.

Il avait déjà un cousin chez les Clarétains d’Alagón ; une mission d’un autre prêtre clarétain dans son pays le décida à aller frapper chez eux. Il entra au postulat en 1927, passa à Cervera en 1929, à Vic pour le noviciat en 1931 et fit la profession en 1932.

Durant ses Humanités, il se montra particulièrement enthousiasmé pour les mathématiques. Après la philosophie à Solsona, il vint à Cervera en 1935 pour la théologie : il n’allait y faire qu’une année.

Comme on le raconte pour ses confrères, il dut quitter la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoignit San Ramón, et deux jours plus tard Mas Claret. C’est là que se termina son voyage de vingt-trois ans sur terre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Constantino Miguel Moncalvillo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Eusebio de las Heras Izquierdo
1913-1936

Né le 16 décembre 1913 à Gumiel del Mercado (Burgos), il était le fils de Zacarías et Victoria, qui le firent baptiser le 21 décembre et confirmer l’année suivante.

Après l’école du village, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, fit le noviciat à Cervera, où il émit la profession en 1931. Il étudia la philosophie à Solsona et rejoignit Cervera pour les études de théologie. 

Au terme des quatre années de théologie, Eusebio devait être ordonné prêtre ; toutefois, il devait aussi faire le service militaire, qui aurait retardé son ordination. En réalité, il ne fut ni prêtre ni militaire : il fut martyr.

Eusebio avait de bonne qualités ; il avait aussi un don pour l’écriture et publia des articles dans La Fiesta santificada.

Tout cet élan fut tronqué le 21 juillet 1936, quand il fallut évacuer de force la maison de Cervera. Une douzaine des membres de la communauté fut martyrisée à Cervera le 18 octobre, une vingtaine d’autres à Mas Claret le 19 octobre 1936. Eusebio fut de ces derniers.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Eusebio de las Heras Izquierdo sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Antonio Elizalde Garbisu
1914-1936

Né le 4 janvier 1914 à Echauri (Navarra), il était le benjamin des huit enfants de Cándido et María, qui le firent baptiser le jour même. L’enfant fut confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Pères Clarétains d’Alagón, acheva ensuite ses Humanités à Cervera ; en 1931, il commença le noviciat à Vic et fit la profession en 1932. Après la philosophie à Solsona, il devait faire le théologie à Cervera, où il se rendit en 1935. Vu les circonstances politiques, il se préparait avec autant d’ardeur au sacerdoce qu’au martyre.

On a retenu de lui qu’il avait de bonnes facilités pour la musique.

Il dut abandonner la maison de Cervera avec tous les Confrères, le 21 juillet 1936. Il fut de ceux qui se réfugièrent à San Ramón et rejoignirent Mas Claret. C’est là qu’il fut arrêté et conduit au martyre.

Martyrisé le 19 octobre 1936 et béatifié en 2017, Antonio Elizalde Garbisu sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Emiliano Pascual Abad
1914-1936

Né le 5 décembre 1914 à Milagros (Burgos), aîné des six enfants d’Agapito et Eugenia, il fut baptisé le 10 décembre suivant et confirmé l’année suivante.

En 1927, il entra au postulat des Clarétains d’Alagón, d’où il partit pour Cervera en 1929, pour le noviciat de Vic en 1931 : durant ce voyage ferroviaire, leur wagon se détacha, mais il n’y eut aucun dégât. En 1932, il émit la profession.

Après avoir étudié la philosophie à Solsona, il vint en 1935 à Cervera pour la théologie ; il n’en ferait qu’une année, et ne pourrait recevoir aucun des Ordres sacrés, car il y avait aussi la perspective du service militaire.

Comme on l’a dit déjà, il dut évacuer la maison de Cervera le 21 juillet 1936, rejoindre San Ramón puis Mas Claret, où il fut arrêté et fusillé avec ses dix-huit Compagnons.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Emiliano Pascual Abad sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Ferran Castán Meseguer
1915-1936

Né le 1er avril 1915 à Fonz (Huesca), il était le fils de Francisco et María, qui le firent baptiser le 10 avril suivant et confirmer en octobre. Des cinq enfants de cette famille, trois furent consacrés : Francisco qui fut martyrisé le 15 août 1936 (et béatifié en 1992), Ferran, et une fille qui fut carmélite.

Ferran entra au postulat clarétain de Barbastro en 1928, mais les études n’étaient pas faciles pour lui ; aussi, à Cervera, les continua-t-il mais en tant que Frère convers. Il fit le noviciat à Vic, ainsi que la profession en 1932. Il fut envoyé à Barbastro, puis à Cervera.

Il partagea le sort de toute cette immense communauté. Le 19 juillet 1936, le Comité révolutionnaire faisait évacuer la maison. 

Ceux qui se replièrent sur Mas Claret,  y furent fusillés au soir du 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Ferran Castán Meseguer sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Francisco Simón Pérez
1916-1936

Né le 29 janvier 1916 à Murchante (Navarra), il était le fils de Bernardino et Felicitas, qui le firent baptiser dès le lendemain et confirmer en 1919.

Entré au postulat des Pères Clarétains d’Alagón en 1927, il continua les Humanités à Cervera, passa à Vic pour le noviciat (1931) et fit la profession l’année suivante ; de là, il alla étudier la philosophie à Solsona et en 1935 vint à Cervera pour la théologie.

Le 21 juillet commença la marche vers la Croix avec les Confrères de Cervera : abandon de la maison, refuge à Mas Claret, où les miliciens les firent travailler aux champs, jusqu’au 19 octobre 1936.

A cette date, ils furent exécutés sur place. Francisco avait vingt ans.

Béatifié en 2017, Francisco Simón Pérez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

Francisco Marco Martínez
1917-1936

Né le 1er février 1917 à Odón (Teruel), il était le quatrième enfant de Tomás et Francisca, qui le firent baptiser le 3 février et confirmer en 1921.

En 1935, à dix-huit ans, il entra au postulat clarétain de Vic, pour se préparer à être Frère convers. Il acheva le noviciat avec la profession le 11 juin 1936. On l’envoya à Cervera.

Un mois plus tard se déchaînait la tourmente révolutionnaire. Le 21 juillet la communauté évacuait la maison de Cervera et se dispersait à droite et à gauche.

Francisco fut de ceux qui, empêchés de gagner Solsona, se replièrent à Mas Claret.

C’est là qu’il fut martyrisé le 19 octobre 1936.

Béatifié en 2017, Francisco Marco Martínez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.


Nicolás Campo Giménez
1920-1936

Né le 5 mars 1920 à Salvatierra (Álava), Nicolás était le fils de Nicolás et Romana, qui le firent baptiser deux jours plus tard et confirmer l’année suivante.

En 1934, à quatorze ans, il entra au noviciat clarétain de Vic en vue d’être frère convers : sa préparation culturelle ne lui aurait pas permis de faire davantage d’études.

Il reçut l’habit en 1935 et fit la profession en juin 1936.

Sa première destination fut Cervera : il ne devait y rester qu’un mois. Le 21 juillet arriva le moment d’évacuer la maison. Avec d’autres Confrères, il se réfugia à San Ramón et arriva à Mas Claret le 2 août.

Il travaillait aux champs dans cette grande propriété, et se préparait comme tous les autres à l’heure du martyre.

Mystérieusement, on eut l’idée de prendre une photographie de tout le groupe le 19 octobre ; Nicolás était en train de passer la charrue dans la vigne avec deux juments ; on l’appela.

C’est ensuite que le Comité voulut en finir avec les Religieux ; on les abattit près de la clôture de la propriété.

Martyrisé le 19 octobre 1936 à Mas Claret, Nicolás avait seize ans et sept mois : c’est actuellement le plus jeune martyr identifié connu de la Guerre civile d’Espagne en 1936.

Béatifié en 2017, Nicolás Campo Giménez sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 19 octobre.

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