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26 octobre 2019 6 26 /10 /octobre /2019 00:00

26 OCTOBRE

 

III.

SS Loukianos et Markianos, magiciens puis chrétiens martyrs à Nicomédie. 

SS Rogatianus, prêtre, et Felicissimus à Carthage ; avant d'aller se cacher, s. Cyprien confia son diocèse à s. Rogatianus, qui fut pris, puis relâché. 

IV.

S Amandus, premier évêque à Strasbourg.

V.

S Rusticus, évêque à Narbonne, fils et neveu d'évêques.

VI.

S Alor, à Quimper, patron des chevaux.

S Quadragésime, sous-diacre près de Salerne ; il unit sa prière à celle d'un autre moine qui ressuscita un mort.

S Aptonius, évêque à Angoulême.

VII.

S Cedd, frère des ss. Chad, Celin et Cynibill, moine à Lindisfarne, évêque à Tilbury ; il adopta la date romaine de la Pâque.

S Eadfrid, prêtre anglais, qui convertit la Mercie et son roi Merewald, puis fonda un monastère à Leominster.

S Eata, disciple de s. Aidan, abbé à Melrose puis à Lindisfarne, évêque à Hexham, partisan des usages romains, qu'il fit adopter.

Ste Gibitrude, moniale à Faremoutiers ; une fois morte, elle revint quelque temps à la vie pour avoir le temps de réparer sa rancune envers des moniales.

VIII.

S Sigebald, évêque à Metz, fondateur de deux abbayes : Saint-Avold et Neuwiller.

S Cuthbert, abbé de Liminge, évêque à Hereford, puis évêque à Canterbury. Il estimait beaucoup s. Boniface ; dans un concile qu'il convoqua, on insista sur la nécessité de catéchiser le peuple dans sa langue.

S Witta, d'origine anglaise, évêque à Büraburg ; ce siège fut transféré à Mayence, et plus tard remplacé par Paderborn.

B Humbert, moine à Fritzlar.

XI.

S Beóán, évêque à Mortlach.

S Adalgot, moine à Einsiedeln, puis abbé à Disentis.

XIII.

S Folco, d'origine irlandaise, des Chanoines de Sainte-Euphémie à Piacenza, évêque à Piacenza et plus tard à Pavie : il travailla à la paix entre les deux villes

XVIII.

B Carlo Antonio Gerardo Lavanga (Bonaventura de Potenza), mystique marial franciscain ; il sut dominer son caractère irascible. 

XX.

Bse Celina Chludzinska Borzecka (1833-1913), polonaise (née en territoire biélorusse), fondatrice, une fois veuve, des Sœurs de la Résurrection, béatifiée en 2007.

Loukianos et Markianos de Nicomédie
† 250

Ces deux héros de la Foi étaient à Nicomédie des magiciens.
Ils s’éprirent d’une vierge consacrée - dont on ignore le nom - mais eurent la surprise d’entendre les démons leur avouer qu’ils ne pouvaient rien faire contre cette vierge protégée par le Christ. Du coup, ils brûlèrent leurs livres d’incantations et demandèrent le baptême.
Ils se retirèrent au désert, et réapparaissaient de temps en temps en ville pour prêcher le Nom du Christ. On les dénonça.
Interrogés par un certain Sabinus, ils persévérèrent dans leur Foi et furent condamnés à mort.
Ils moururent brûlés vifs, vraisemblablement à Nicomédie, le 26 octobre 250.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Loukianos et Markianos de Nicomédie au 26 octobre.


Rogatianus et Felicissimus de Carthage
† 258 ?

Quand la persécution de Dèce éclata (250), saint Cyprien (v. 14 septembre) était évêque de Carthage depuis moins d’un an et crut devoir se cacher en confiant l’administration de l’Eglise au prêtre Rogatianus, assisté de l’assemblée des prêtres et des diacres. Rogatianus fut bientôt arrêté.
Dans sa prison, il fut le soutien des chrétiens qui ne tardèrent pas à le rejoindre et, comme lui, refusèrent de renier leur foi.
S.Cyprien leur écrivit. Après les avoir félicités et encouragés à persévérer, il termine ainsi : Vous suivrez en tout le prêtre Rogatianus, glorieux vieillard qui pour la gloire de notre temps vous montre la route, grâce à sa foi vaillante et à la divine bonté. Avec notre frère Felicissimus, toujours calme et sage, soutenant l’assaut d’un peuple furieux, il vous a d’abord préparé une place en prison, et maintenant encore il vous précède comme s’il était votre fourrier…
On voit par ce texte que Rogatianus était un prêtre âgé ; qu’entendait Cyprien par son frère Felicissimus ? - Certainement pas un évêque coadjuteur, mais peut-être bien un prêtre, moins âgé que Rogatianus, mais tout aussi solide dans la foi.
Felicissimus n’apparaît plus ensuite dans la correspondance de saint Cyprien. Du moins espérons-le, car il serait dommage de l’identifier avec le diacre rebelle, ami de Novat, fauteur de schisme et d’hérésie.
Rogatianus recouvra la liberté après la persécution. S.Cyprien lui envoyait de l’argent pour secourir les pauvres et lui adressait ses directives pour essayer d’apaiser les rebelles et de réconcilier prudemment les malheureux apostats.
Nous n’avons aucun moyen de suivre l’activité de Rogatianus : la seule lettre où il figure au nombre des expéditeurs n’a que cinq lignes et se contente de faire savoir à l’évêque qu’une sentence d’excommunication qu’il avait portée, avait été appliquée.
Rogatianus et Felicissimus ont-ils été martyrisés pendant la persécution de Valérien, comme leur évêque Cyprien ? Nous l’ignorons absolument.
Le Martyrologe Romain mentionne saints Rogatianus et Felicissimus de Carthage au 26 octobre.


Amandus de Strasbourg
290-355

Amandus fut le premier évêque de Strasbourg, à partir de 346.
Il est difficile de retenir qu’il fut présent au concile de Sardique (343), où l’on trouve un Amantos parmi les signataires. Mais ce fut probablement lui qui participa au concile de Cologne de 346.
Aimable de nom, Amandus fut, dit-on, effectivement un personnage très aimable et particulièrement humble.
Il mourut vers 355.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Amandus de Strasbourg au 26 octobre.


Rusticus de Narbonne
380-461

Rusticus était le fils d’un certain Bonosus, qui fut évêque, et neveu d’Arator, autre évêque. On ne nous a pas dit de quels sièges ces derniers furent évêques.
C’est peut-être à lui que s’adresse une lettre de s.Jérôme (v. 30 septembre) : dans l’affirmative, Rusticus compléta ses études à Rome avant de s’engager dans la voie monastique.
Il est certain que notre Rusticus entra dans un monastère proche de Marseille, où il eut pour compagnon un certain Venerius, futur évêque de Marseille.
En 427, Rusticus fut ordonné évêque de Narbonne ; c’était le cinquième sur ce siège.
Il participa aux conciles qui eurent lieu en Arles : il y en eut neuf au cinquième siècle (435, 443, 451, 454, 462, 463, 474, 475, 476). Celui de 462 concernait particulièrement Narbonne, qui venait d’être livrée par le gouverneur aux Wisigoths.
De 442 à 445, il fit construire une nouvelle basilique, en remplacement de la cathédrale détruite par un incendie.
Une lettre du pape Léon le Grand (v. 10 novembre) adressée personnellement à Rusticus, datable en 458-459, l’exhortait à ne pas se démettre de son siège épiscopal et l’encourageait à mettre toute sa confiance dans la force du Christ. Si nos repères chronologiques sont exacts, Rusticus avait donc proposé de se démettre à soixante-dix-huit ans. Aujourd’hui, selon la formule consacrée, on aurait accepté sa démission.
La même lettre fait allusion à une situation bien regrettable : des prêtres et des diacres se faisaient passer pour évêques et ordonnaient des clercs. Etait-ce propre à Narbonne, ou à la Gaule méridionale ? De telles ordinations n’avaient évidemment aucune validité.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Rusticus de Narbonne au 26 octobre.

 

Aptonius d’Angoulême

† 566

 

Dans le catalogue des évêques d’Angoulême, Aptonius apparaît au quatrième rang.

Il aurait été nommé à ce siège en 541-542.

Ce fut lui qui reçut s.Eparchius (Cybard, v. 1er juillet) et l’ordonna prêtre.

Si l’on trouve la signature d’Aptonius au concile d’Orléans (549), c’est son successeur, Maracharius, qui signe en 567 comme évêque nommé, non encore consacré : Aptonius devait alors être mort, peut-être l’année précédente (566 ?).

On a lu parfois qu’Aptonius était le frère d’Ausonius, le premier évêque d’Angoulême : Aptonius aurait-il vécu deux cents ans ? Ou alors, il aurait pu avoir un frère nommé Ausonius qui ne fut pas évêque.

Saint Aptonius d’Angoulême est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cedd

† 664

 

Il a été question de saint Cedd à propos de son jeune frère saint Chad, au 2 mars.

Ils étaient quatre frères de Northumbrie, qui reçurent la foi grâce à des missionnaires irlandais. Cedd fut longtemps moine à Lindisfarne, où il reçut la prêtrise.

Il fut envoyé par l’évêque de Lindisfarne pour évangéliser l’Angleterre du Centre et la Mercie, sur la demande du roi, Peada.

Puis il fut invité à évangéliser aussi chez les Saxons de l’Est, où il opéra des conversions et fit construire des églises. Finalement il fut sacré évêque pour cette région. Il y organisa l’Eglise, ordonna des prêtres, fonda deux monastères, dont celui de Tilbury où il résida (ces deux monastères cependant furent détruits plus tard par les Danois envahisseurs).

En 658, il fonda l’abbaye de Lestingay, sur invitation du prince de Deira. Il y introduisit la règle de saint Colomba. Cette abbaye fut aussi détruite plus tard par les Danois.

De passage à Londres, Cedd y excommunia un seigneur qui vivait dans l’inceste. Et comme le roi accepta ensuite une invitation à un banquet chez ce seigneur, Cedd le lui reprocha et lui annonça qu’il mourrait dans cette même maison, ce qui arriva en 661, lorsque le seigneur en question y fit lâchement assassiner le roi.

En 664, Cedd accepta la date romaine de Pâques, dans un synode tenu à Streneshalch.

Cedd mourut bientôt de la peste, qui sévissait en Angleterre, le 26 octobre 664, jour où le commémore le Martyrologe.

 

 

Eadfrid

† 675

 

On connaît souvent assez peu les Saints d’Angleterre. Celui-ci est un des moins connus, au point que même le Martyrologe Romain récent ne l’a pas retenu.

Eadfrid est donné comme prêtre de Northumbrie, qui travailla en Mercie, où il convertit le roi Merewald et son peuple.

Il fonda le prieuré de Leominster, au nord de Hereford, à l’est du Pays de Galles.

Il serait mort un 26 octobre vers 675.

 

 

Eata

† 686 env.

 

Eata est donné comme l’un des douze compagnons de saint Aidan (voir au 31 août), qui fonda l’abbaye de Lindisfarne, un îlot de la mer du Nord au sud de la province de Glasgow.

Eata fut abbé à Melrose et c’est lui qui accueillit bientôt chez lui le futur saint Cuthbert (voir au 20 mars). 

On avait besoin de Eata pour des charges importantes et il ne resta pas longtemps dans le silence de son monastère.

D’abord élu abbé à Lindisfarne, il fut nommé évêque des Berniciens, en Northumbrie du nord, puis à Hexham (685).

Il mourut peu après, laissant le souvenir d’un abbé-évêque «très doux, très simple».

Il fut enterré dans la cathédrale de Hexham. En 1173, on voulut le reporter à York, mais dans un songe à l’archevêque, Eata manifesta sa claire désapprobation pour ce changement, de sorte qu’on le laissa tranquille.

Le Martyrologe le mentionne le 26 octobre.

 

 

Sigebald de Metz

† 741

 

Sigebald (Sigebaud) apparaît comme le trente-sixième évêque de Metz.

Il aurait appartenu à la gens Ansbertina, comme l’un de ses prédécesseurs Goeri (v. 19 septembre).

Avant son épiscopat, il aurait été conseiller personnel de Pépin d’Héristal.

Il fut nommé évêque en 716.

On signale Sigebald comme restaurateur de nombreux sanctuaires. 

Vers 720, il fit construire à l’emplacement d’Hilariacum une abbaye sous le vocable de Saint-Pierre, rebaptisée plus tard Saint-Nabor, à l’origine de la localité Saint-Avold.

Il aurait été aussi à l’origine de l’abbaye Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Neuwiller-lès-Saverne.

Sigebald était, dit-on, malade de la goutte. Il mourut vers 741-747.

Saint Sigebald de Metz est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Cuthbert de Canterbury

† 758 env.

 

D’après les quelques lettres qu’on a conservées de lui, Cuthbert pouvait être de noble extraction et d’une culture soignée.

Abbé de Lyminge, il fut nommé pour l’évêché de Hereford (736), d’où il passa quatre ans plus tard à l’archevêché de Canterbury.

Il fut soutenu par le roi de Mercie, qui lui confirma des privilèges pour les clercs et les moines.

Il fut en relation très amicales avec saint Boniface, qui était anglais d’origine, et qui évangélisait les peuples de Germanie (v. 5 juin). Dans une de ses lettres, Boniface lui recommanda de bien veiller à la conduite des moines et des clercs, parfois vêtus trop «luxueusement», parfois adonnés à l’alcool…

Cuthbert réunit deux conciles à Clovesho et fit construire l’église de Saint-Jean-Baptiste à Canterbury, qui servit comme baptistère et aussi comme lieu de sépulture des archevêques. Mais cette église brûla en 1067.

Cuthbert mourut le 26 octobre 760, et fut considéré comme un saint, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

Il ne faut pas le confondre avec Cuthbert de Lindisfarne, mort en 687, et qui, fêté le 20 mars, se trouve dans le même Martyrologe.

 

 

 

Witta de Büraburg

700-760

 

Witta était né vers 700 en Angleterre. 

Son nom, qui évoque la blancheur (white) fut transcrit Albinus en latin.

Il aura pu étudier et se former à l’abbaye de Iona.

Il quitta son pays pour venir soutenir le travail évangélisateur de s.Boniface (v. 5 juin).

Boniface le consacra évêque du nouveau diocèse de Büraburg et le pape Zacharie confirma ce choix.

En 742, Witta prit part au premier synode germanique.

En 745, il signa, avec d’autres prélats, une lettre de Boniface au roi de Mercie, qui suppliait ce dernier de respecter la loi de Dieu et les droits de l’Eglise.

Witta eut des soucis avec les Saxons encore païens, qui n’acceptaient pas facilement d’abandonner leurs idoles et leurs habitudes.

Il mourut à une date imprécise, qui varie selon les auteurs de 747 à 760.

Le siège de Büraburg, réuni à celui de Mayence, fut remplacé par Paderborn.

Saint Witta de Büraburg est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain.

Beóán de Mortlach

 † 1032

 

Beóán, latinisé en Beanus (Beoanus), en anglais Beyn, était né en Ecosse.

L’évêché de Mortlach fut ou aurait été fondé par le roi Máel Coluim II d’Ecosse en 1012, en action de grâce pour sa victoire sur les Scandinaves envahisseurs.

Le premier évêque de ce nouveau siège fut notre Beóán, qui fut confirmé par le pape Benoît VIII sur la demande du même roi.

Par la charte de Forfar, le roi confirma à l’évêque les terres et les sanctuaires de Clova (Kirriemuir). 

Saint Beóán de Mortlach est commémoré le 26 octobre dans le Martyrologe Romain, qui mentionne un autre Beóán, ermite, le 16 décembre.

 

 

Folco Scotti de Plaisance

1165-1229

 

Comme son nom ne l’indique pas, Folco (Foulque) n’était ni italien ni écossais.

Sa famille était originaire d’Irlande, et à cette époque on appelait ces gens-là les Scotti. On suppose que la famille de Folco comptait des commerçants qui quittèrent l’Irlande après l’invasion des Danois et s’installèrent dans le nord de l’Italie.

Folco naquit vers 1165 à Plaisance.

A vingt ans, il entra dans une communauté sacerdotale, les Chanoines de Sainte Euphémie, qui l’envoyèrent étudier à Paris. Une fois maître en théologie, Folco revint à Plaisance vers 1192, fut ordonné prêtre, puis nommé prieur (1194).

En 1208, il prit part au synode diocésain, fut nommé chanoine puis archiprêtre de la cathédrale, enfin évêque de Plaisance, en 1210.

Le grand événement se produisit en 1216 : Folco fut aussi nommé évêque de Pavie. Or Pavie et Plaisance , qui sont toutes proches, étaient à couteaux tirés «traditionnellement», et Folco devait être le pasteur des «ennemis». Pendant treize ans, l’évêque démontra par son zèle, sa patience et sa bonté qu’on pouvait vivre en paix.

Ce grand pacificateur mourut le 26 octobre 1229. Il fut enseveli dans la cathédrale de Pavie, et même les diocésains placentins l’acceptèrent sans récriminer !

Saint Folco est inscrit au Martyrologe Romain le 26 octobre.

 

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga

1651-1711

 

Carlo Antonio Gerardo Lavanga naquit en 1651 à Potenza (Basilicata, Italie sud) dans une famille pauvre, mais riche de vertus.

Les qualités du petit Carlo poussèrent un prêtre de l’endroit à lui donner quelques leçons de latin, quand le garçon avait dix ans.

A quinze ans, Carlo entra au noviciat des Frères Mineurs de Nocera (Naples), prenant le nom de Bonaventura.

Ce n’était pas (encore) un saint : le jeune novice dut apprendre à dominer son ardeur juvénile, à réprimer à l’occasion ses mouvements d’impatience. De fait, il devint d’une très grande douceur (pour les autres), tout en étant très sévère pour lui-même, s’imposant des macérations qu’il maintint toute sa vie.

Son obéissance était celle d'un enfant. Un jour qu'il cherchait la clef de la sacristie : Prenez un hameçon, lui dit en riant son supérieur, et repêchez-la, elle est au fond du puits. Bonaventura le fit et retira la clef par le moyen indiqué. Dieu récompensa l'obéissant religieux par d'autres faits non moins extraordinaires. 

Il se prépara en différents couvents : Aversa, Maddaloni, Amalfi, où il reçut le sacerdoce en 1675.

Par la suite, il fut envoyé aux couvents de Naples, Ravello, Ischia, Sorrento et Nocera. Mais il refusa catégoriquement toute charge, dont celle de gardien à Ravello et Capri ; il dut s’incliner par obéissance pour accepter la charge de maître des novices à Nocera.

Il s’efforça de transmettre à ces novices ses deux vertus préférées, l’humilité et l’obéissance, et de leur révéler les richesses spirituelles de la vie et de la Passion du Christ. Quand il leur parlait des souffrances du Sauveur, il pleurait abondamment, et ses yeux semblaient jeter des flammes. 

Sa charité fut surtout remarquable à l’égard des petits, des pauvres et des humbles ; lorsqu’éclata la peste dans un village voisin de Naples, il se porta au secours des malades, et ne cessa pas quand il fut atteint lui-même, en dépit de sa faiblesse et d’une fièvre qui le minait, s’abandonnant à la Providence.

Revenu à la santé, Bonaventura reprit allègrement ses travaux apostoliques de prédication. Il était né apôtre, et rien ne le rebutait lorsqu’il s’agissait de gagner une âme au Christ. Son zèle pour les âmes était si brûlant, qu'il disait un jour : Si j'étais appelé auprès de quelques pauvres infirmes ou moribonds et que les portes fussent fermées, de façon que je ne susse par où sortir, je n’hésiterais pas à me jeter par la fenêtre pour aller sauver leur âme.

Dieu d’ailleurs lui venait en aide, en lui accordant dans une large mesure le don de prophétie et de pénétration des consciences. Durant ses longues oraisons, ou pendant sa messe, on le voyait parfois ravi en extase et élevé de terre.

Lui qui toute sa vie avait été un dévot de Marie et n’entreprenait aucune œuvre sans la mettre sous sa protection, offrit sa dernière maladie à sa Mère du ciel, et s’endormit dans le Seigneur au couvent de Ravello, où il passa les deux dernières années de sa vie, après une opération à la jambe, gagnée par la gangrène.

Il mourut ainsi à Ravello le 26 octobre 1711.

Après beaucoup de miracles avenus à son tombeau, Carlo-Bonaventura a été béatifié en 1775.

 

 

Celina Chludzinska Borzecka

1833-1913

 

Celina Chludzinska était une des trois enfants de Ignatius et Petronella, propriétaires terriens. Elle naquit à Antowil (Orsza, Pologne orientale, actuelle Biélorussie) le 29 octobre 1833.

Malgré son attrait pour la vie religieuse, elle obéit à ses parents et épousa Józef Borzecki en 1853. Quatre enfants naquirent, dont deux moururent en bas âge ; les petites filles s’appelèrent Jadwiga et Celina.

En 1869, pour avoir appuyé les insurgés contre le régime tsariste, Celina subit une arrestation.

Joseph, lui, victime d’un infarctus, resta paralysé et mourut en 1875 à Vienne, où la famille s’installa pour lui faire prodiguer de meilleurs soins.

Avec ses filles, la pauvre veuve vient à Rome. La jeune Celina se marie ; maman Celina et sa fille Jadwiga constituent une petite communauté.

En 1887, elles ouvrent une première école, dont l’aumônier, un certain Giacomo Della Chiesa, devait plus tard être le pape Benoît XV.

En 1891 est officiellement fondée la congrégation des Sœurs de la Résurrection de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui vont essaimer bientôt en Pologne (Kety, Czestochowa, Varsovie), en Bulgarie (où se développa une intense activité parmi les orthodoxes), aux Etats-Unis. 

La mission de ces religieuses est l’éducation chrétienne des jeunes filles et le renouveau religieux et moral des femmes, ainsi que l’assistance aux malades et la pastorale paroissiale.

Aujourd’hui, cette congrégation compte pas moins de cinquante-trois maisons, en Pologne, Biélorussie, Italie, Angleterre, Etats-Unis, Canada, Argentine, Tanzanie et Australie.

Celina en fut la supérieure, jusqu’en 1911, deux ans avant sa mort à Cracovie, le 26 octobre 1913.

Celina s’est montrée vraiment édifiante par son humble obéissance à ses parents, et par son attitude d’épouse fidèle, de mère exemplaire, tant pour ses enfants que pour sa famille religieuse. 

Elle a été béatifiée en 2007.

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