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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 00:00

28 OCTOBRE

 

I.

SS Simon et Jude, apôtres ; Simon le Zélote prêcha en Egypte, Jude (ou Thaddée) en Mésopotamie; ils auraient été égorgés en Perse ; ou bien Simon aurait été découpé à la scie, devenant le patron des scieurs de long ; s. Jude, auteur d’une des dernières épîtres du Nouveau Testament, est invoqué dans les causes désespérées.

III.

S Firmilien, évêque à Césarée de Cappadoce, très respecté, ami de Origène ; il prônait le re-baptême des hérétiques, contre Rome avec qui il échangea des lettres plutôt rudes.

S Malchion, prêtre à Antioche ; il porta la contradiction à Paul de Samosate.

S Fidèle, martyr près de Come.

IV.

S Ferrutius, martyr à Mayence.

S Genès, martyr à Thiers. 

SS Vincent et ses deux sœurs Sabine et Christète, martyrs à Avila.

VI.

S Jean le Khozibite, égyptien, moine en Palestine ; un temps monophysite, il s'en détourna sur une invitation divine et fut évêque à Césarée de Palestine.

S Abraham, évêque à Ephèse après avoir fondé un monastère à Constantinople et un autre à Jérusalem ; un des premiers à prononcer une homélie pour l'Annonciation.

VII.

S Salvius, neuvième évêque d'Amiens.

S Faron, évêque à Meaux pendant quarante-sept ans, après que son épouse ait pris le voile des religieuses.

VII.-X.

SS Sigolin, Goduin, Anglin, Albric, Odilon, abbés à Stavelot-Malmédy.

VIII.

S Angilramne, évêque à Metz et chapelain de Charlemagne, mort durant la campagne contre les Avars.

S Dorbhénée, abbé à Iona, parent de s. Columba.

IX.

S Etienne le Sabaïte, moine et poète dans la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem.

S Remi, évêque à Lyon ; il se fit restituer par Lothaire ce qu'avaient confisqué les Sarrasins ; il chercha à avoir une position moins radicale que Hincmar sur la prédestination.

XI.

S Eadsin, évêque à Winchester puis à Canterbury ; il couronna s. Edouard le Confesseur.

S Germain, flamand, premier abbé à Talloires ; on fête avec lui son frère s. Ruph, ainsi que les ss. Ismius et Ismidon qui lui succédèrent, et Georius, qui venait du Luxembourg.

XIV.

B Giovanni Chigi, ermite de Saint-Augustin à Sienne ; après une jeunesse dévergondée, il éteignit les passions en se roulant dans les orties.

XV.

B Stefano Cioni, ermite à Lecceto ; le pape ayant transformé ces ermites en chanoines réguliers, il en fut prieur et fit des miracles.

XVII.    

Bx Ioannes Mukunō Chōzaburō, Mancius Yukimoto Ichizaemon, Michaël Ichinose Sukezaemon, Laurentius Kaida Hachizō, Petrus Sawaguchi Kuhyōe et Thomas Terai Kahyōe, martyrs japonais à Nagasaki, tertiaires de l'ordre de Saint-Augustin, décapités, dépecés, brûlés à Ōmura (le 28 septembre dans le Martyrologe).

XVIII.

SS Francisco Serrano Frías, évêque nommé, Joachin Royo, Juán Alcober Figuera et Francisco Díaz del Rincón, prêtres, dominicains espagnols martyrs en Chine, canonisés en 2000 et fêtés le 9 juillet.

S Gioan Đat, prêtre tonkinois martyr ; sa constance étonnait même le mandarin ; il avait trente-trois ans ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

S Rodrigo Aguilar Alemán (1875-1927), prêtre mexicain et poète, martyrisé par pendaison, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifié en 2001 : 

Laïcs : Salvador Damián Enguix Garés (*1862), père de six enfants, près de Valencia ;

- béatifiés en 2007 :

Augustins : Claudio Julián García San Román (*1904), prêtre, et Leoncio Lope García (*1902), clerc, près de Santander ;

- béatifiée en 2013 :

Franciscaines Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur : Juliana González Trujillano (María Asumpta, *1881).

Simon et Jude, Apôtres

1er siècle

 

Ces deux derniers de la liste des Apôtres sont assez peu connus, mais des traditions existent, d’où l’on peut par recoupement déduire quelques bribes de vérité.

Simon était surnommé Zélote, pour le distinguer de Simon-Pierre. En hébreux, ce surnom se dit Qan’ani, qu’on a traduit à tort par Cananæus, faisant supposer que l’apôtre était de Cana. Il faisait plutôt partie d’une secte appelée Zélotes, qui n’hésitait pas envisager l’usage de la violence pour réprimer les écarts, les fautes contre la Loi ou aussi la présence étrangère. Mais Simon avait un «zèle» pour d’autres choses, et surtout pour la Vérité et la Douceur de son Maître divin.

Simon serait allé prêcher au nord de la Mer Noire, en Scythie. Puis serait redescendu vers la Perse.

Jude, surnommé Thaddée, est cet heureux apôtre qui demanda à la dernière Cène : Comment se fait-il que tu doives te manifester à nous, et non pas au monde ? - Si quelqu’un m’aime, répondit Notre Seigneur, il gardera ma parole et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui, et nous demeurerons chez lui (Jn 14:22).

Son surnom de Thaddée, ou aussi Lebbée, pourrait se traduire par homme de cœur ; saint Jérôme, parlant de Jude et de ses deux surnoms, l’appelle ainsi trinomius, homme à trois noms. C’est par son nom de Thaddée qu’il est mentionné au Canon Romain de la messe et qu’il fut souvent désigné, pour le distinguer clairement de Judas Iscariote.

Jude-Thaddée est l’auteur de la dernière épître reconnue, qui se trouve donc dans le Nouveau Testament avant l’Apocalypse. Cette épître très brève est citée par saint Pierre dans sa deuxième épître, ce qui fait supposer qu’elle fut écrite assez tôt. Origène la qualifie de pleine de la force et de la grâce du ciel.

On rapporte que Thaddée alla guérir le roi Abgar d’Edesse, puis traversa toute l’Arabie jusqu’en Egypte et, tant qu’à faire, alla rejoindre l’Angleterre, selon certains. Puis il revint sur ses pas et retrouva Simon en Perse. Ils firent à eux deux tant de miracles éclatants que beaucoup de gens se convertirent. Ils marchèrent ainsi jusqu’à Babylone.

Là, les prêtres des idoles païennes, à la tête de toute la foule exacerbée, se précipitèrent contre les Apôtres et les assommèrent ; Thaddée semble avoir eu la tête fendue en deux d’un coup de hache.

Ensevelis à Babylone d’abord, les corps des deux apôtres furent portés à Rome, d’où le pape Léon III les remit à Charlemagne, lequel à son tour les déposa à la basilique Saint-Sernin de Toulouse.

Ajoutons enfin que saint Jude est invoqué, et avec succès, pour les «causes désespérées».

Les deux apôtres Simon et Jude sont vénérés ensemble, traditionnellement le 28 octobre.

 

 

Salvius d’Amiens

† 615

 

Il est très difficile de cerner ce personnage.

Salvius (Sauve) serait né dans une famille de la noblesse d’Amiens.

Il aurait fondé un monastère dédié à Notre-Dame, à Montreuil-sur-Mer, où il aurait été lui-même moine, puis abbé.

Vers le début du 7e siècle, il fut appelé à devenir le neuvième évêque d’Amiens, sur désignation du roi Thierry II.

C’est à lui qu’on attribue la découverte des reliques du premier évêque de ce siège, s.Firmin (v. 25 septembre). Et voici le récit qu’on en a trouvé : 

Sur l’invitation de Salvius, les fidèles rassemblés dans la cathédrale se mirent à prier avec ferveur pour découvrir ces reliques. Au bout du troisième jour, pendant la célébration de la sainte Messe, un rayon de lumière pénétra dans l’église et conduisit l’évêque et les fidèles à un lieu-dit Abladène, sur la route de Noyon ; une odeur suave émanait du tombeau ; les reliques furent ainsi retrouvées, et solennellement transportées à Amiens. Le long de ce déplacement, les malades guérirent, les arbres se couvrirent de feuilles vertes, malgré l’hiver.

Salvius a pu quitter cette vie terrestre vers 615, très approximativement.

Saint Salvius d’Amiens est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Faron de Meaux

† 670

 

Faro (Burgondofaro) naquit d’Agneric (ou Chagnoric), de famille burgonde ; un de ses frères Waldebert fut abbé de Luxeuil ; un autre frère, Chagnoald, fut évêque de Laon ; leur sœur Burgundofara fonda l’abbaye de Faremoutiers («Monastère de Fare»).

Faro (on l’appelle Faron) vécut à la cour de Thibert II, puis de Theodoric et Clotaire II. Il s’y distingua en secondant le roi dans des œuvres de charité en faveur des innocents, des orphelins, des veuves.

Il épousa Bildechilde. Cette sainte union cependant s’acheva dans la continence parfaite : Bildechilde se fit moniale, et Faron entra dans la cléricature.

En 625, Faron fut nommé dix-neuvième évêque de Meaux, succédant à Gondoald (et non à son frère Waldebert, qui n’a jamais été évêque).

Faron fit beaucoup pour le développement de la vie monastique. Il y a des documents montrant son attention en faveur de l’abbaye de Rebais, de Saint-Pierre-le-Vif à Sens, de Corbie, de Soissons, et de bien d’autres. Il accueillit s.Fiacre (v. 30 août) et lui donna un terrain pour s’établir.

L’épiscopat de Faron dura… quarante-sept années. Il mourut le 28 octobre 672.

L’abbaye Sainte-Croix de Meaux, fondée par Faron, prit ensuite le nom de Saint-Faron. L’église en fut détruite lors de la Révolution.

Saint Faron de Meaux est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Germain de Talloires

975-1080

 

Germain de Montfort était d’origine flamande, de Montfort ou de Tirlemont (Malines) et naquit approximativement en 975.

Il étudia la théologie à l’université de Paris, puis entra à l’abbaye de Savigny.

Un prieuré fut fondé à Talloires (Haute-Savoie) en 1018 par le roi de Bourgogne Rodolphe III et sa femme Ermengarde.

L’abbé de Savigny envoya alors quatre moines pour cette nouvelle fondation. Il s’agit de Germain et de son frère Ruph, ainsi qu’Ismius et Ismidon. Ils s’y installent vers 1018-1020.

Germain fut le premier prieur. Il aurait bientôt décidé de faire le pèlerinage de Jérusalem.

A son retour vers 1033, il se retira dans la solitude d’une grotte voisine, et rejoignait les frères pour la prière de l’Office divin.

Il aurait pratiqué des pénitences peu communes, qui ne l’empêchèrent pas de vivre plus que centenaire.

On admet traditionnellement que s.Bernard de Menthon (v. 15 juin) fut son disciple.

Il mourut le 28 octobre vers 1066 ou 1080.

Ruph, Ismius et Ismidon succédèrent à Germain comme prieurs : tous trois se retirèrent aussi dans quelque grotte.

Au 17e siècle, s.François de Sales (v. 28 décembre) procéda à un solennel transfer des reliques de Germain, qu’il aurait bien voulu imiter en se retirant à son tour dans cet ermitage.

Le culte de Germain fut approuvé en 1889.

Saint Germain de Talloires est commémoré le 28 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

 

Giovanni Chigi

1300-1363

 

L’ancienne famille Chigi a donné son nom à un palais célèbre de Rome.

Giovanni serait né dans la région de Sienne.

Il eut d’abord une jeunesse qu’on a qualifiée de dévergondée - mais que signifie cela à notre vingt-et-unième siècle ? Disons qu’elle fut mondaine et joyeuse.

Entré à dix-huit ans chez les Ermites de Saint-Augustin à Valleaspra, non loin de Massa Marittima, il vécut ensuite au monastère de Sienne, comme frère convers, chargé du jardin, du ménage, des écuries.

On lui confia la sacristie et il servait volontiers la messe. Au terme de la célébration, il s’approchait délicatement du prêtre et lui signalait très humblement les petites entorses que celui-ci avait pu commettre contre les rubriques du missel.

Il accepta humblement aussi d’être chargé d’aller quêter par les rues, mission souvent ingrate, humiliante, où l’on s’expose à beaucoup de remarques désobligeantes, même si gens savaient aussi donner de leur poche pour aider les Religieux.

Sa vie passée ne s’était pas entièrement effacée de son cœur et il dut combattre contre les tentations charnelles. Pour prendre résolument le diable par les cornes, il se construisit une hutte en forêt, qu’il jonchait d’orties. Là, dans la tenue la plus dépouillée possible, il se roulait sur ce tapis. Le diable dut s’avouer vaincu.

Comme pour tout bon frère convers, toutes les corvées lui tombaient sur le dos, à se demander si les «pères» ne savaient donc pas remuer un balai.

Son habit s’usa et il n’avait rien à se mettre. Il pria de tout son cœur le Seigneur d’avoir pitié de ses loques : alors se présenta un gentil monsieur qui lui remit le prix que coûtait un habit. 

On pensait que, pour être convers, Giovanni n’avait pas besoin d’étudier, mais son intense vie intérieure, son humilité, sa prière, lui donnèrent des lumières que n’avaient pas les «pères». On lui demanda conseil, les supérieurs restaient étonnés de ses réponses. On l’envoya même à Pavie pour introduire l’esprit de l’observance rigoureuse de la règle augustinienne. Giovanni était d’autant plus heureux d’aller à Pavie, qu’on y conservait les reliques du saint Fondateur, saint Augustin (v. 28 août). On le vit parfois au petit matin, couché auprès de cet autel. 

Puis on le rappela à Valleaspra. Une épidémie de peste envahit la région, et Giovanni fut contaminé. Il mourut le 28 octobre 1363.

Son culte fut autorisé vers 1660, mais le bienheureux Giovanni Chigi ne se trouve pas dans le Martyrologe.

 

 

Stefano Cioni

1354-1433

 

Stefano (Etienne) naquit à Sienne en 1354.

Il eut la grâce de montrer très tôt son inclinaison pour la pratique des vertus, au point qu’à quatorze ans il demanda son admission parmi les Ermites de Saint-Augustin et en reçut l’habit (1368), au couvent de Lecceto, voisin de Sienne.

A cette époque - c’était le schisme d’occident - beaucoup d’Ordres étaient tombés de leur rigueur primitive. Le couvent de Lecceto faisait exception, et Stefano veillait à y maintenir la Règle et à y former aussi les jeunes novices.

Or il advint que le Supérieur général retira de Lecceto certains de ces jeunes novices, au grand désagrément de Stefano, qui craignait à juste titre que ces jeunes perdraient leur ferveur. Aussi, songea-t-il, avec les autres Religieux de Lecceto, de se séparer des Ermites de Saint-Augustin. Or, à la même époque, le pape voulut réformer les Chanoines Réguliers, et appela à lui Stefano en 1408. Il se trouvait alors à Lucques. Les bons Ermites de Lecceto consentirent sans difficulté à devenir eux-mêmes Chanoines.

C’était une véritable métamorphose pour Lecceto : les Ermites devenaient Chanoines, en prenaient l’habit et la Règle. La vêture advint dans le couvent dominicain de Fiesole. 

Seul un frère convers refusa le changement, en avertit le Général des Augustins et tenta même de faire tomber dans une embuscade les nouveaux Chanoines, mais l’opération ne réussit pas.

A Lecceto, Stefano refusa d’être nommé supérieur, pour bien mettre en évidence qu’il n’avait aucune ambition humaine dans cette réforme.

Le frèe convers dissident réussit cependant à provoquer un véritable soulèvement des Ermites, qui vinrent déloger purement et simplement les Chanoines des bâtiments, détruisant leur mobilier et emportant les manuscrits. Pendant quelque temps, les Chanoines durent vivre d’aumônes. Mais le pape en fut averti par Stefano et chercha à rétablir les Chanoines à Lecceto : six préférèrent rentrer chez les Ermites, deux partirent à Bologne chez d’autres Chanoines ; les deux derniers, Stefano et un autre, s’en vinrent auprès du pape: celui-ci leur accorda de pouvoir s’installer là où on leur offrirait l’hospitalité ; trois ans plus tard, ils purent s’établir non loin de Gubbio, dans un ancien ermitage abandonné, dont l’église était dédiée à saint Ambroise, ce qui conféra aux Chanoines le nom de ambrosiens.

La sainteté de ces Chanoines leur conquit l’estime des papes et des princes ; ils se développèrent et fondèrent d’autres monastères, surtout à Bologne et à Scopeto (Florence). Il y en eut trois à Rome.

Il est dit que les Chanoines prospérèrent, surtout grâce à Stefano qui secourait leur indigence par des miracles.

Ils ne mangeaient de viande que les dimanches, mardis et jeudis, le midi. Ils jeûnaient tous les vendredis entre Pâques et la fête de la Croix (14 septembre) ; de cette fête au carême suivant (sauf à Noël), ils jeûnaient les mercredis, vendredis et samedis, ainsi qu’à d’autres veilles de fêtes. Une heure d’oraison le soir après Complies. 

En 1419 eut lieu le Chapitre Général, qui élit Stefano Supérieur Général. Il fut réélu à cette place pendant près de quatorze années.

Après trois jours de maladie, Stefano mourut le 28 (ou le 30 ?) octobre 1432 ou 1433.

Son culte a été attesté, mais il n’est pas mentionné dans le Martyrologe.

 

Michaël Ichinose Sukezaemon

1593-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Michaël était né en 1593 à Koga (Japon). Dans le Martyrologe, son nom est écrit Michael Taiemon Kinoshi.

Laïc baptisé, il était le serviteur d’un catéchiste, Ioannes Mukunō Chōzaburō. Tous deux furent arrêtés avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre) le 10 novembre 1629.

Chargés de chaînes, ils furent emprisonnés à Nagasaki où ils furent bientôt rejoints par d’autres Pères et laïcs.

Le 12 décembre, les Religieux furent transférés à Ōmura, et les Japonais dans la terrible geôle de Crusmache (Nagasaki). Ils n’y perdirent pas leur temps, ramenant à la foi plusieurs apostats, et convertissant des païens. Ils purent aussi rester en liaison épistolaire avec les Pères ; c’est ainsi que Michaël put recevoir du père Gutiérrez l’habit de l’Ordre Augustin.

Après presque une année, le 28 octobre 1630, ordre fut donné de massacrer tous ces prisonniers chrétiens. Ceux-ci reçurent la nouvelle à genoux et tinrent à revêtir l’habit augustinien pour se rendre au lieu du supplice.

En chemin, ils commencèrent à prêcher aux passants, ce qui exaspéra les gardiens, au point qu’ils leur fourrèrent une corde dans la bouche pour les obliger à se taire.

Michaël et ses Compagnons reçurent la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630 ; leurs corps furent dépecés, puis brûlés et les cendres jetées à la mer.

Leur béatification eut lieu en 1867.

 

 

Laurentius Kaida Hachizō

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Laurentius Kaida Hachizō était né en 1602 à Nagasaki (Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté avec le père Carvalho (v. 22 février), le 25 novembre 1629.

Laurentius reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il devait recevoir la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, mais en réalité le coup fatal lui fendit le buste, de l’épaule gauche à la taille, comme l’étole d’un diacre.

Il fut béatifié en 1867.

 

 

Mancius Yukimoto Ichizaemon

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Mancius était né en 1602 à Chikugo (Japon).

Laïc baptisé, il avait souvent accompagné le père Carvalho (v. 22 février) et, pour cela, été exilé de Nagasaki ; il vivait dans la solitude. Il fut cependant arrêté à la même époque que le père Gutiérrez (v. 3 septembre), vers novembre 1629.

Mancius reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Sawaguchi Kuhyōe

1602-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Petrus Sawaguchi Kuhyōe était né en 1602 à Ōshū (Iwate, Japon).

Laïc baptisé, il fut arrêté le 18 novembre 1629 avec le père Terrero de Ortega (v. 3 septembre).

Petrus reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Thomas Terai Kahyōe

1605-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Thomas Terai Kahyōe était né en 1605 à Ikiriki (Japon).

Laïc baptisé, fidèle disciple du père Gutiérrez (voir au 3 septembre) , qu’il rejoignit en prison vers novembre 1629.

Thomas reçut en prison l’habit du Tiers-Ordre augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Mukunō Chōzaburō

1613-1630

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Michaël Ichinose Sukezaemon

Ioannes Mukunō Chōzaburō était né en 1613 à Ikiriki (Ōmura, Nagasaki, Japon).

Laïc baptisé, marié, catéchiste, il fut arrêté avec le père Gutiérrez (v. 3 septembre), en novembre 1629, et envoyé chargé de chaînes à la prison de Nagasaki.

Il reçut en prison l’habit de Convers augustinien.

Il reçut la grâce du martyre par la décapitation le 28 octobre 1630, et fut béatifié en 1867.

 

Joaquín Royo Pérez

1691-1748

 

Il était né à Hinojosa (Teruel, Espagne) en septembre 1691, d’une lignée ancienne, mais la famille avait perdu toute sa fortune.

Entré dans l’Ordre dominicain à Valencia, Joaquín, à sa demande insistante, fut envoyé dès 1712 aux Philippines, d’où il rejoignit la Chine en 1715, juste après son ordination sacerdotale.

Il travailla dans la mission de Chine pendant plus de trente ans.

Lors de la persécution, il put continuer d’exercer son apostolat un certain temps, changeant de cachette. Cependant, pour éviter davantage de vexations aux Chrétiens chinois, l’évêque demanda au père Royo de se livrer lui-même, ce qu’il fit en 1746.

Après deux années de prison et de tortures, le père Joaquín fut étranglé (ou asphyxié, comme pour le père Francisco Diaz). Le corps fut ensuite brûlé.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Le père Joaquín fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Juán Alcober Figuera

1694-1748

 

Il était né à Grenade (Espagne) le 21 décembre 1694.

Il entra chez les Dominicains de sa ville.

Parti pour les Philippines en 1725, il y resta trois ans, avant de rejoindre la Chine, où il apostolisa pendant presque vingt années.

En 1741, il fut vicaire provincial pour la Chine.

Arrêté en 1746, il fut torturé. On lui demanda pourquoi il était venu en Chine : Juan répondit en expliquant les commandements de Dieu. On lui posa aussi des questions obscènes, auxquelles il opposa un silence total.

Son martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), par strangulation. Quand les bourreaux vinrent le chercher, il leur dit : Nous sommes très heureux de mourir, mais permettez-nous d’abord d’en rendre grâces à Dieu. Après, vous pourrez faire tout ce que vous voulez.

Ils acceptèrent ce petit délai, puis étendirent le père à terre, et lui lièrent les pieds et les mains, tandis qu’il continuait à les inviter à se convertir au Christ.

Une fois étranglé, le père avait conservé une telle attitude paisible et souriante, que les bourreaux en furent très étonnés, le croyant encore en vie.

Puis son corps fut brûlé.

Ce martyre eut lieu le 28 octobre 1748.

Le père Juan fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Serrano Frías

1695-1748

 

Il était né à Huéneja (Cadix, Grenade, Espagne) le 4 décembre 1695, de famille nombreuse.

En 1713, il entra chez les Dominicains à Grenade, et fit la profession en 1714.

En 1725, on l’envoya aux Philippines, et, en 1727 en Chine, à la mission de Fokien.

En 1745, il fut nommé vicaire apostolique coadjuteur pour cette région

Lors de la persécution de 1746, une faiblesse permit de découvrir sa cachette. Arrêté, il fut torturé par les soufflets : la victime avait la tête appuyée sur une joue sur les genoux d’un bourreau, tandis qu’un autre giflait l’autre joue avec une sorte de semelle à quatre épaisseurs de cuir ; un seul coup pouvait faire perdre connaissance.

En juillet, la nouvelle arriva au Père, qu’il était nommé évêque pour succéder au défunt Pedro Sans, mais il ne put recevoir la consécration en prison. 

On le transféra à Fuzhou, où les juges semblèrent montrer plus de complaisance envers lui, mais ils furent substitués par d’autres plus sévères. On finit par l’accuser, lui et les autres pères arrêtés, de magie, de rébellion, d’impudicité.

Il resta en prison encore pendant deux années.

Son martyre eut lieu par suffocation à Fuzhou ou Fou-Tcheou (Fujian ou Fokien, Chine), le 28  octobre 1748. Vers le soir, on l’isola dans une cellule vide ; quand il comprit la raison de ce changement, le père Francisco commença à leur parler de l’Evangile et à les inviter à se convertir. Les bourreaux l’étendirent à terre, tandis qu’il continuait à leur parler. 

On trouve deux versions pour les derniers instants de l’évêque nommé, apparemment pour une confusion entre lui et l’autre père qui portait aussi le nom de Francisco.

L’évêque fut étranglé avec une corde (tandis que l’autre père Francisco eut le nez, la bouche et les oreilles obturés avec une sorte de pâte et mourut ainsi par suffocation).

Le corps fut ensuite brûlé.

On trouve aussi la date du 25 octobre, y compris dans des recensions de l’Ordre dominicain, mais le martyrologe a conservé la date du 28.

Il fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Francisco Díaz del Rincón

1713-1748

 

Il était né à Ecija (Séville, Espagne) le 2 octobre 1713 et entra dans l’Ordre dominicain de cette ville en 1730, à dix-sept ans.

Rempli de zèle pour les missions, il fut en 1735 envoyé aux Philippines, où il termina ses études et reçut le sacerdoce, à Manille.

En 1738 il passa en Chine, où la persécution allait bientôt reprendre.

Arrêté en 1746, torturé, il subit le martyre par asphyxion, à trente-trois ans.

Il semble qu’on le confonde parfois avec Francisco Serrano, martyrisé le même jour, par strangulation. On donne parfois le contraire : Fr.Serrano asphyxié, et Fr.Díaz étranglé. L’asphyxie se fit par obturation des orifices (nez, bouche, oreilles) avec une pâte, la tête étant ensuite enveloppée d’un sac recouvert de plusieurs kilogrammes de glu.

Ce martyre eut lieu à Fuzhou (Fujian, Chine), le 28 octobre 1748.

Francisco Díaz del Rincón fut béatifié en 1893 et canonisé en 2000.

La fête liturgique commune des Martyrs chinois est au 9 juillet.

 

 

Gioan Đạt

1765-1798

 

Gioan (Jean) était né à Đong Chuoi (Thanh Hóa, Vietnam) vers 1765.

Fait prisonnier, il racontait brièvement sa vie ainsi : 

J’ai perdu mon père de bonne heure. Nous vivions chichement. A la maison de Dieu, je n’eus pas davantage mes aises. Au collège, il fallut se mettre au latin, avec travaux et fatigues. La théologie morale m’a donné beaucoup de mal. Le sacerdoce fut un grand honneur, mais un surcroît de travail. Et voici la dernière de mes peines : souffrir pour Jésus-Christ. Toute ma vie a été pleine de douleur. Et je suis dans l’indigence : je manque d’habits !

Des témoins de première main ont donné des témoignages de l’extraordinaire courage de ce prêtre vietnamien.

Arrêté en 1798 (à trente-trois ans), il fut invité à fouler aux pieds un tableau du Jugement dernier, ce qu’il refusa. 

Lui et quelques chrétiens furent confiés à une garde qui changeait chaque soir, et qu’il fallait payer. Un jour qu’il refusa de payer la somme exorbitante qu’on lui réclamait, il reçut trois coups de bâton. Les autres catéchistes demandèrent, en vain, d’être battus à sa place. Puis on lui mit une cangue encore plus lourde que celle qu’il portait déjà ; quelques jours après, on lui en remit une plus légère de «seulement» dix kilogrammes.

On lui obtint d’être logé chez un chrétien, même gardé, mais il préféra aller coucher avec les autres détenus, pour diminuer les frais de garde et d’huile.

Il se montra extraordinairement joyeux, courageux, mangeant et buvant comme à son ordinaire.

On venait le voir, les chrétiens se confessaient. Un jour, les soldats volèrent les bananes qu’on avait apportées au Prisonnier. Le mandarin voulait les punir, mais le père intercéda pour eux : Peu importe !, dit-il calmement.

Il invitait les catéchistes à sa table, mais ils refusaient, par politesse, ce qui l’attristait.

Il apprit avec grande joie la nouvelle de sa condamnation à mort. Une païenne lui suggéra, pour y échapper, de s’empoisonner : Non, et même si l’on me donnait un poison de force, je le recracherais.

Peu de jours avant son exécution, le mandarin avoua : Ce prêtre est plus ferme qu’un roc. Un autre le prit tellement en affection qu’il lui promit de lui offrir un cercueil (c’est une marque de respect au Vietnam). 

Il demanda aux chrétiens d’offrir un repas aux soldats, en signe de reconnaissance, mais même les soldats reconnurent qu’ils ne pourraient manger que si le Père était libéré.

Au moment de l’exécution, vers treize heures, le prêtre demanda un instant de réflexion : assis, les mains jointes sur la poitrine, la tête inclinée, les yeux fermés, il pria à voix basse. C’est dans cette position qu’il reçut le coup de sabre.

C’était à Cho Ra (Thanh Hóa).

Le père Joan Đat fut béatifié en 1900, et canonisé en 1988. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Vietnam, le 24 novembre.

 

 

Rodrigo Aguilar Alemán

1875-1927

 

Rodrigo était né le 13 mars 1875 à Sayula (Jalisco, Mexique), de Buenaventura Aguilar et Petra Alemán, et fut baptisé deux jours après.

Il entra au séminaire de Ciudad Guzmán. Excellent élève, il se montra aussi excellent écrivain. les journaux publièrent ses articles sur l’Eucharistie, Notre-Dame, le christianisme, le sacerdoce…

Prêtre, il se consacra ainsi au sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe : 

Seigneur, donne-nous la grâce de souffrir en ton nom, de sceller notre foi avec notre sang et de couronner notre sacerdoce avec le martyre. Fiat voluntas tua !

Ordonné prêtre en 1905, il fut dans plusieurs paroisses : La Yesca, Lagos de Moreno, Atotonilco el Alto, Cocula, Sayula, enfin Zapotiltic, où il fut curé.

Il eut la joie de faire un pèlerinage en Terre Sainte peu avant 1925, et en fit le récit dans un nouvel ouvrage.

Curé de Unión de Tula en 1925, au moment de la révolution il dut se cacher à Ejutla, tout en apportant le secours des sacrements à ses fidèles. C’est la trahison d’un de ceux-là qui le fit découvrir. 

Il se trouvait dans la maison des Adoratrices, dont la supérieure était très malade, et où se tenait l’examen de latin d’un séminariste. Les soldats arrêtèrent le prêtre, le séminariste, quelques religieuses, mais conduisirent le prêtre séparément. Ce dernier leur dit adieu : Nous partons pour le ciel ! Son visage était rayonnant de paix et de joie. 

Au matin du 28 octobre 1927, on le conduisit sur la place du village. Le prêtre bénit la corde avec laquelle on allait le pendre, pardonna aux bourreaux et remit son chapelet à l’un d’eux.

Les soldats attachèrent la corde à une branche d’arbre et firent un nœud autour du cou du prêtre. Pour voir si elle tenait bien, ils tirèrent un peu dessus et demandèrent dédaigneusement au père Rodrigo : Qui c’est qui est en vie ? Ils proposèrent au prêtre de ne pas le pendre s’il répondait Vive le gouvernement suprême, mais la réponse sortit vivement : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Alors les bourreaux tirèrent fortement sur la corde, puis remirent le prêtre sur pied. De nouveau même question, de nouveau même réponse. Ils répétèrent le supplice une troisième fois, et le prêtre, agonisant, répéta encore, dans un dernier souffle : Le Christ Roi et Notre-Dame de Guadalupe !

Le Martyr resta accroché à sa corde pendant quelques heures, après quoi quelques paroissiens obtinrent de pouvoir l’enterrer.

Le père Rodrigo fut béatifié en 1992, et canonisé en 2000. Son dies natalis est au 28 octobre.

Une fête liturgique commune célèbre tous les Martyrs du Mexique, le 21 mai.

Salvador Damián Enguix Garés

1862-1936

 

Salvador Damián était né à Alcira (Valencia, Espagne) le 27 septembre 1862 (jour où l’on fête maintenant s.Vincent de Paul).

Après ses études de vétérinaire, il se maria et eut cinq (ou six) enfants, qu’il éleva presque seul, car son épouse mourut assez jeune.

A partir de 1926, il fut vétérinaire municipal à Alcira.

Catholique fervent, il organisa et dirigea l’Adoration nocturne ; il fit partie de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul et de l’Action Catholique. 

Durant les épidémies et les inondations, il fit preuve de toute sa charité envers les victimes, les visitant à l’hôpital, dans les maisons pour anciens, et apportant son concours dans les soins médicaux.

Quand éclata la révolution, il donna sa démission de vétérinaire municipal (31 juillet 1936), qui fut acceptée immédiatement. Le 6 août, il fut arrêté pendant quelques heures.

Relâché une première fois, il relevait le courage de ses enfants en leur rappelant la valeur du martyre.

Une deuxième fois il fut arrêté, fin octobre, et enfermé aux Ecoles Pies, transformées en prison.

Le 27 octobre on le fusilla contre le mur du cimetière et les miliciens le laissèrent là, le croyant mort. Le jour suivant, 28 octobre 1936, voulant l’enterrer (ou le faire disparaître), ils ne le trouvèrent pas et le cherchèrent dans les environs. Ils finirent par le retrouver dans une de ses propriétés non loin du cimetière. Ils lui tirèrent dessus jusqu’à son dernier souffle.

Salvador Damián a été béatifié en 2001, et inscrit au Martyrologe le 28 octobre.

 

 

Juliana González Trujillano

1881-1936

 

Elle naquit le 19 juin 1881 à El Barco (Ávila, Espagne), de Anacleto et María Rosario. On fêtait ce jour-là sainte Giuliana Falconieri, dont elle reçut le nom au Baptême.

Elle reçut la Confirmation en 1885.

Elle entra en 1903 chez les Sœurs Missionnaires de la Mère du Divin Pasteur, à Madrid, et y fit la première profession en 1905. Elle fit les vœux solennels en 1910 à La Coruña, avec le nom de Asumpta.

Elle participa ensuite à la fondation du collège de Arenas de San Pedro, où elle resta trois ans pour enseigner la broderie et la couture aux petites élèves.

Revenue à Madrid, elle fut sacristine, montrant toutes ses qualités de devoir, d’exactitude, de propreté, unies à une profonde intimité avec la vie du Christ.

Lors des événements de 1936, et suivant les conseils de la Mère générale, elle quitta la maison mère et se réfugia avec cette dernière chez un couple d’amis. Puis elles se dirigèrent, croit-on, vers l’ambassade du Chili : il s’agissait pour elles d’y déposer quelques valeurs.

Mais des miliciens les arrêtèrent à l’entrée du bâtiment, avec le couple qui les accompagnait, et les conduisirent à leur tchéka de Fomento. C’était le 20 octobre.

Dans cette sombre bâtisse, Asumpta se retrouva avec d’autres prisonnières, parmi lesquelles la Mère provinciale des Scolopiennes. Sœur Asumpta priait sans arrêt, s’interrompant de temps en temps en disant : Ils vont me tuer.

Une nuit, à deux heures, on vint la chercher. Un milicien lui dit : Vous êtes libre. Elle sortit, fut bientôt rejointe par l’épouse du couple qui l’avait hébergée, laquelle criait : Mais laissez-moi dire adieu à mon mari ; ils lui répondirent : Votre mari, vous allez le voir.

En réalité, la Religieuse, avec ce couple charitable et courageux, fut fusillée, le 28 octobre 1936.

Sœur Asumpta fut béatifiée en 2013.

 

 

Leoncio Lope García

1902-1936

Claudio Julián García San Román

1904-1936

 

Les pères Augustins avaient accepté en 1902 la direction des Ecoles Saint-Dominique de Santander, au 30 de la rue Ruamayor. La première année, ils eurent quarante élèves, qui furent jusqu’à trois-cents.

C’étaient des enfants de familles pauvres, souvent d’humbles pêcheurs. Les Religieux s’en occupaient paternellement, en même temps qu’ils aidaient aussi les curés de la zone dans le travail pastoral.

La situation était relativement calme, jusqu’en août 1936. La communauté se composait de dix Pères, dont cinq allaient subir le martyre. Au début de la révolution, les pères n’eurent qu’à «supporter» un piquet de garde, de deux miliciens, à qui d’ailleurs ils donnaient un peu à manger, pour les adoucir. 

Le 2 août au matin, ce furent une trentaine de miliciens qui se présentèrent en leur donnant deux heures pour quitter le collège. Les Pères sortirent avec leurs bagages et trouvèrent à se loger çà et là. Ils allaient célébrer la messe dans des oratoires privés, et ce jusqu’au 12 septembre.

Les deux premiers qui allaient être sacrifiés étaient Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román.

Leoncio, fils de Teodoro et Catalina, était né à Tordmar (Burgos) le 24 avril 1902, baptisé le lendemain, et confirmé en 1906.

Ayant reçu une excellente éducation chrétienne, il entra très jeune dans la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul (Lazaristes), où il resta jusqu’à la fin des études de philosophie et la première année de théologie. Après mûre réflexion, il passa dans l’Ordre de Saint-Augustin, où il prit l’habit en 1930 à Uclés (Cuenca).

Il acheva les années de théologie à Santa María de la Vid (Burgos), revint à Uclés pour sa profession solennelle (1934), puis fut envoyé à Santander. Mais il n’eut pas le temps d’être ordonné prêtre : il devait recevoir une autre «ordination», la palme du martyre.

Claudio était né à Puebla de Sanabria (Zamora) le 9 janvier 1904, baptisé quatre jours plus tard et confirmé en 1909. Ses parents étaient Francisco et Carmen, des cultivateurs.

Après ses études à Puebla, il commença la noviciat chez les Augustins au Collège Royal de Valladolid, où il prit l’habit en 1919. Puis il fit la profession solennelle à Santa María de La Vid (Burgos) en 1925 et fut ordonné prêtre en 1927.

Il fut d’abord nommé professeur à l’internat de Calatrava (Salamanque), puis au collège de Santander dont on parlait plus haut.

Expulsés, les deux Religieux, donc, se retrouvèrent d’abord au 7 de la rue Pedrueca, où ils restèrent sans incidents désagréables jusqu’au 28 octobre.

Leoncio allait donner des cours particuliers au domicile d’un enfant ; et bien qu’on lui ait dit de se méfier du portier, Leoncio crut ingénûment qu’en s’absentant une huitaine de jours, il aurait éloigné le danger ; il revint donc une semaine après, et c’est là qu’il fut arrêté.

On le fit aller sous bonne garde à son «domicile», pour une perquisition, et les miliciens remarquèrent qu’il y avait là une autre chambre, celle du père Claudio Julián. Ils attendirent son retour.

Quand le père Claudio arriva, il s’aperçut de la voiture qui était garée à la porte. Il se méfia ; on lui dit de s’enfuir, parce qu’on l’attendait. Il alla consulter son supérieur, qui lui conseilla de ne pas y aller. Mais lui raisonna ainsi : Puisque je n’ai rien fait à personne, personne n’aura rien à me faire à moi. Il alla seulement prendre congé de son frère, puis rentra chez lui.

Les policiers lui demandèrent aussitôt : Qui êtes-vous, vous ? A quoi le religieux répondit fermement : Je suis un prêtre augustin.

Sans plus tarder, ils emmenèrent les deux religieux à la «tchéka» de la Calle del Sol. Il était deux heures de l’après-midi.

Les deux religieux furent assassinés le jour-même, ce 28 octobre 1936, et l’on n’a jamais retrouvé leurs corps, qui furent peut-être simplement jetés en mer.

Leoncio Lope García et Claudio Julián García San Román furent béatifiés en 2007.

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Published by samuelephrem - dans 10-octobre
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