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31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 00:00

31 OCTOBRE

 

III.

SS Epimachios et Alexandros, martyrs à Alexandrie, arrosés de chaux vive (ou décapités).

S Quentin, romain venu à Amiens, martyr ; la ville de Saint-Quentin lui doit son nom. 

?

S Erc, irlandais, évêque en Cornouaille.

VII.

S Foillan, irlandais venu à Fosses, abbé et peut-être évêque ; assassiné traitreusement par des brigands ; invoqué pour le beau temps, les moissons, la guérison des maux de tête et des maladies nerveuses.

S Antoninus, évêque à Milan.

VIII.

Ste Norburge, vierge à Cologne, dans le monastère fondé par sa tante Plectrude ; elle aurait eu la grâce de mourir avant un mariage qu'elle refusait.

X.

S Arnoul, moine martyr à Novalesa. 

S Wolfgang, évêque à Ratisbonne ; très intelligent, il préféra vivre à l'abbaye de Einsiedeln, puis missionna en Hongrie, avant d'être consacré ; il travailla à la réforme monastique et veilla à la sainteté de son clergé. 

XII.

B Christoforo de Romagne, franciscain italien, envoyé par s. François fonder des couvents à Gourdon, Martel, Figeac, Mirepoix et Cahors ; mort centenaire.

XV.

B Tommaso Bellacci de Florence, devenu franciscain après une jeunesse relâchée, mystique ; il fit partie d'une expédition en Orient et faillit avoir la joie du martyr, mais il fut libéré par la rançon versée à temps par le pape, à son grand désappointement.

XVII.

S Dominic Collins, jésuite irlandais martyr.

S Alonso Rodríguez Gomez, coadjuteur jésuite espagnol ; marié, il perdit sa fillette, sa femme, son fils, et sa fortune ; jésuite, il fut envoyé sur l'île de Majorque comme portier, exemplaire par son obéissance et son humilité et favorisé de grâces mystiques.

XX.

Bse Mercede Stefani (Irene, 1891-1930), missionnaire italienne au Kenya, morte de la peste, béatifiée en 2015.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2013 :

Filles de la Charité : Modesta Moro Briz (*1901), Pilar Isabel Sánchez Suárez (*1906), à Madrid ;

- béatifié en 2015 :

Capucins : Jesús Miquel Girbau (Timoteu, *1897), prêtre, près de Barcelone ;

béatifiées en 2019 :

Conceptionnistes : Josefa Ytóiz et Asunción Pascual Nieto (*1871 et 1887), à Madrid.

B Leon Nowakowski (1913-1939), prêtre polonais fusillé par les nazis, béatifié en 1999.

Miguel Tiu Imul (1941-1991), laïque guatémaltèque, catéchiste, directeur de l'Action Catholique, martyr, béatifié en 2020.

Ste María Isabel Salvat Romero (María de la Très Pure Marie et de la Croix, 1926-1998), religieuse espagnole des Sœurs de la Compagnie de la Croix, béatifiée en 2010, canonisée en 2015.

 

Epimachius le Pélousiote

† 250

 

(Voir aussi la notice Epimachus et Alexander d’Alexandrie avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia, au 12 décembre)

Il faudra peut-être orthographier Epimachios ; on lui a souvent donné un compagnon en la personne d’Alexandros (ou Alexander).

Epimaque aurait été originaire de Pelusium (auj. Tell el-Farama, embouchure NE du Nil, Egypte).

Ayant vu que le préfet voulait contraindre des Chrétiens à offrir des sacrifices aux idoles, il vint renverser l’autel.

De ces deux Martyrs, leur évêque, s.Denys (v. 8 avril) écrivit ceci :

Epimaque et Alexandre, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent eux aussi arrosés de chaux vive.

L’expression eux aussi fait allusion à d’autres Martyrs, dont nous ignorons ici l’identité. Mais l’expression arrosés de chaux vive contredit un autre récit, dans lequel Epimaque fut finalement décapité.

Le martyre dut avoir lieu sous l’empereur Dèce, vers 250.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Epimachius le Pelusiote, seul, au 31 octobre.

 

 

Quentin

3e siècle

 

Quentin, en latin Quinctinus («le petit cinquième»), était le fils d’un sénateur romain.

Chrétien, il fut envoyé en Gaule de concert avec saint Lucien pour évangéliser le nord du pays. Tandis que Lucien restait à Beauvais (où il recevra le martyre, voir au 8 janvier), Quentin se dirigea sur Amiens.

C’est là que Quentin sera dénoncé à un tristement célèbre préfet militaire, persécuteur infatigable, Rictiovarus de son nom. Voici le dialogue qu’on en a rapporté :

 

« Comment t'appelles-tu ? lui demande Rictiovarus. 

- Je m'appelle Chrétien. Mon père est sénateur de Rome ; j'ai reçu le nom de Quentin. 

- Quoi ! un homme de pareille noblesse est descendu à de si misérables superstitions ! 

- La vraie noblesse, c'est de servir Dieu ; la religion chrétienne n'est pas une superstition, elle nous élève au bonheur parfait par la connaissance de Dieu le Père tout-puissant et de son Fils, engendré avant tous les siècles.

- Quitte ces folies et sacrifie aux dieux. 

- Jamais. Tes dieux sont des démons ; la vraie folie, c'est de les adorer. 

- Sacrifie, ou je te tourmenterai jusqu'à la mort. 

- Je ne crains rien ; tu as tout pouvoir sur mon corps, mais le Christ sauvera mon âme. »

 

Quentin fut torturé, puis décapité.

D’après saint Grégoire de Tours (v. 17 novembre), le corps de saint Quentin fut jeté dans la rivière, et retrouvé par une pieuse aveugle, qui depuis lors fut guérie de sa cécité.

Saint Eloi (v. 1er décembre), l’évêque de Noyon, affirma avoir retrouvé les reliques du Martyr, au 7e siècle.

Saint Quentin fut donc martyrisé à Augusta Veromandorum, devenue par la suite Vermand, capitale du Vermandois, et maintenant la belle ville de Saint-Quentin.

Sa fête est au 31 octobre.

 

 

Foillan de Fosses

† 655

 

On se souviendra que s.Fursy (v. 16 janvier) avait deux frères, Foillan et Ultan, nés comme lui sur l’île d’Inishquin (Lough Corrib, Irlande), de Fintan et Gelges.

De Foillan, on a aussi bien d’autres graphies : Faelan, Faolan, Foelan, Foalan ; Feuillien, Pholien, Flien.

Foillan et Ultan restèrent au monastère de Rathmat, tandis que Fursy continuait sa mission.

Puis avec eux, il fonda un autre monastère à Cnobheresburg (act. Burgh Castle, Norfolk), dont Foillan fut abbé, en 644.

Cette abbaye fut cependant bientôt pillée par le roi de Mercie. Les moines eurent à peine le temps d’emporter tous leurs «biens» : reliques, livres et ornements liturgiques, et embarquèrent à destination de la Gaule.

Le maire du palais, Erchinoald, qui avait déjà très bien reçu précédemment Fursy, accueillit favorablement Foillan et ses moines à Péronne, d’où ils partirent à Fosses (Belgique).

Là s’éleva bientôt leur monastère, grâce à l’appui de sainte Itte (v. 8 mai ?) et de Grimoald, le fils de Pépin de Landen.

Foillan fut abbé - et peut-être même évêque de Fosses.

De Fosses, Foillan ne manquait pas d’aller visiter l’abbaye de Nivelles, où se trouvait sa bienfaitrice Itte.

C’est ainsi qu’il lui arriva d’aller y célébrer la vigile de saint Quentin, le 30 octobre 655, avec trois compagnons.

Au retour, ils furent égarés dans la forêt Charbonnière par un coquin qui les amena à une cabane de brigands, peut-être située près de Strépy. Ils furent accueillis avec une feinte cordialité mais, une fois assoupis, furent assassinés sauvagement.

Foillan eut juste le temps de crier Deo gratias !

Les quatre corps furent décapités, dénudés, dépecés et jetés, dans un trou à purain de porcherie, le 31 octobre 655.

Bien sûr, on s’inquiétait à Fosses. Après beaucoup de prières, de jeûnes, et soixante-dix-sept jours de recherches, cette sordide histoire fut découverte, en la fête de s.Fursy (16 janvier).

Cette nuit-là, se trouvaient à Fosses l’évêque de Poitiers, Dido et le maire du palais Grimoald ; l’évêque eut un avertissement intime d’aller au-devant de la dépouille de Foillan.

Ce meurtre fut considéré comme un martyre, d’autant plus que nombre de miracles s’opérèrent à la tombe et par l’intercession de s.Foillan.

Ajoutons enfin que l’on invoque s.Foillan pour le beau temps et les moissons, contre les maux de tête et les maladies nerveuses.

Saint Foillan de Fosses est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Antoninus de Milan

† 661

 

Antonino fut peut-être de la famille aristocratique des Fontana, à Milan. On ne trouvera rien d’autre sur sa personne.

Il devint le trente-neuvième évêque de cette ville de Milan. Son épiscopat dura juste un an.

Saint Antoninus de Milan est commémoré le 31 octobre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Wolfgang de Ratisbonne

924-994

 

Wolfgang naquit vraisemblablement à Pfullingen (Souabe, Allemagne S) vers 924, de parents libres, moyennement riches.

Le garçon, une fois moine, traduisit malicieusement en latin son nom : Lupambulus, Loup (Wolf) qui marche (gehen).

A sept ans, Wolfgang fut placé chez un prêtre qui l’initia à la Bible, puis il étudia à l’abbaye de Reichenau et à l’école cathédrale de Würzburg, sous la direction d’Etienne de Novare. Mais un jour que Wolfgang sut mieux expliquer qu’Etienne un passage difficile d’un ouvrage latin, Etienne, vexé, le renvoya.

En 956, un de ses anciens confrères de Reichenau devint évêque à Trèves et l’appela auprès de lui. Wolfgang accepta seulement de former les jeunes élèves ; il nourrissait les plus pauvres d’entre eux, organisa la vie commune, tout en adoptant pour soi-même un style de vie déjà très simple, quasi monastique.

On voulut le nommer évêque de Trèves quand le siège fut vacant, ou à Cologne, auprès de l’archevêque Bruno (v. 11 octobre), mais il leur «échappa», alla partager ses biens entre les siens et entra en 965 au monastère bénédictin d’Einsiedeln (Suisse).

Wolfgang devint très vite une lumière consultée par tous les moines.

En 968, il fut ordonné prêtre. Fait curieux : alors qu’il désirait tant la vie retirée du monastère, Wolfgang sentit l’irrésistible besoin, une fois prêtre, d’aller prêcher dans la région de Pannonie (auj. Hongrie), où d’aucuns supposent qu’il baptisa lui-même le duc Geisa.

En 972, il fut cependant rappelé et on réussit à le nommer évêque pour Ratisbonne (Regensburg).

C’est lui qui, en 975, fonda le chœur cathédral, à l’origine des Domspatzen (Petits Chanteurs de Ratisbonne).

Une fois investi, son souci fut de relever le clergé, en commençant par les moines. Il releva l’abbaye bénédictine Saint-Emmeran de Ratisbonne en la rendant indépendante des Chanoines de la cathédrale Saint-Pierre. L’abbaye devint une pépinière de saints évêques, de précepteurs princiers, rayonnant au loin par son activité morale et intellectuelle. De son côté, l’évêque s’occupait des études et contrôlait personnellement les travaux des étudiants.

A l’intention des moniales, dont la vie claustrale s’était pareillement relâchée, il construisit un nouveau monastère où il invita celles qui le voulaient à y venir vivre la règle bénédictine dans son authenticité. L’abbaye connut un grand essor.

La région de Prague faisait partie du diocèse de Ratisbonne ; on voulut créer un nouveau diocèse pour Prague, et Wolfgang accepta de bon gré cette «séparation» de son propre diocèse. Il visita consciencieusement tout son territoire, prêchant et sachant toucher les cœurs. Il surveillait le bon état des sacristies.

Wolfgang conserva toujours son habit monacal, mais aussi ses habitudes claustrales, tôt levé, priant beaucoup dès le matin, célébrant la messe avec effusion de larmes ; il recevait qui voulait le rencontrer, invitant à sa table des pauvres.

En 994, il tomba malade à Pupping, lors d’un déplacement pour visiter la partie orientale du diocèse. Il reçut le viatique et demeura couché sur le sol dans un oratoire. Ses dernières paroles furent : Que Dieu ait pitié de moi pauvre pécheur, qui subis maintenant  la mort, et de tous ceux qui me regardent avec crainte et humilité. Puis il s’endormit définitivement.

Il mourut le 31 octobre 994 et fut canonisé en 1052.

Il est le céleste patron de la Bavière, de la ville et du diocèse de Ratisbonne, mais aussi de quantité d’artisans ; on l’invoque pour les maladies des hommes et du bétail. Des proverbes affirment que la pluie du 31 octobre annonce une bonne récolte pour l’année suivante.

Cristoforo de Romagne

1170-1272

 

Cristoforo était né vers 1170 en Emilie Romagne, Italie CE, à Cesenatico ou à Cesena.

Devenu prêtre séculier, il était curé, peut-être à Cesena, où son culte est resté vivant. Vers la quarantaine, il connut avec enthousiasme l’idéal franciscain et rejoignit les premiers compagnons du Fondateur.

Saint François (v. 4 octobre), l’envoya en 1217 avec quelques autres frères en France, pour répandre la réforme franciscaine. Il prêcha parmi les lépreux.

Il passa dans le Lot, à Martel, où il accomplit quelques miracles. Il annonça la chute imminente d’un énorme rocher du Mont- Saint-Cyr, permettant aux habitants de s’écarter avant la catastrophe.

 En 1219, à Assise, il participa au chapitre général, qui rassemblait déjà des milliers de frères.

Cristoforo repartit pour la France et fonda plusieurs couvents, à Mirepoix, Cahors, Gourdon, Martel et Figeac. Il fut le premier provincial de France. Signalons au passage que dans le seul 13e siècle, il y eut environ cent-quarante fondations de monastères dans le sud de la France, dont 60% étaient franciscains.

Bien souvent, les fidèles qui assistaient à la messe de Cristoforo purent contempler une lumière illuminant la modeste chapelle, ou une auréole de feu entourant la tête du bienheureux.

Au chapitre provincial d’Arles (1224), auquel assista Cristoforo ainsi que saint Antonio de Padoue (v. 13 juin), et pendant que ce dernier prêchait, saint François apparut, au sein d’une vive lumière bénissant chacun de ses fils.

Le 3 octobre 1226 au soir, à la mort du même saint François, Cristoforo se trouvait au couvent de Martel, perdu en extase, quand il vit saint François venir à lui et lui dire : Mon fils, parcours ta province, et va dire à mes frères que j’ai cessé de combattre le combat de la vie, et que j’ai quitté ce monde pour la patrie céleste.

Après avoir passé sa vie entière à propager en France l’ordre des Mineurs, Cristoforo, déjà centenaire, sentit peu à peu ses forces décliner. Réunissant autour de son lit les religieux du couvent, il leur adressa ses dernières exhortations. 

Il s’endormit dans le Seigneur à Cahors le 31 octobre 1272.

On lui attribua de nombreux miracles de son vivant, et plus encore sur sa tombe.

Ses reliques furent dispersées en 1580 par les Huguenots, qui incendièrent les monastères franciscains de Cahors et de Figeac.

Son culte fut approuvé en 1905.

 

 

Tommaso Bellacci de Florence

1370-1447

 

Fils de bouchers, et d’une mère très pieuse, Tommaso naquit vers 1370 à Lunari (Florence, Italie C).

A l’adolescence, il fut pris dans le tourbillon de l’agitation au point de risquer la prison. C’est alors qu’un bon chrétien le ramena à de meilleurs desseins : il demanda à entrer chez les Franciscains, à Fiesole, alors qu’il avait une vingtaine d’années.

On l’accueillit peut-être avec quelque réserve, mais Tommaso était résolu à expier ses forfaits et entama une vie de pénitence extraordinaire, avec des austérités effrayantes, mais surtout en pratiquant toutes les vertus, soutenu en cela par la grâce divine.

Il parvint à un haut degré de contemplation ; ses supérieurs le laissèrent s’isoler dans la campagne et dans les bois, où il restait parfois plusieurs jours. On l’aperçut élevé jusqu’au sommet des grands arbres de la forêt, et bien souvent environné d’une lumière éclatante.

Lui, le frère convers, fut nommé maître des novices ; sa renommée induisit d’autres franciscains à passer à l’Observance et à se mettre à son école.

On confia à Tommaso le soin de diriger toute une province en Calabre ; pendant plusieurs années il s’occupa à fonder des couvents réformés, et les miracles qu’il opérait consolidaient son œuvre et intensifiaient sa réputation de sainteté.

Six années plus tard, il était de retour en Toscane, pour travailler à la répression des fraticelles hérétiques, dont il réussit à débarrasser la région au bout de sept années d’effort, ce qui lui valut d’être nommé par le pape commissaire provincial. Lui-même s’établit alors à Scarlino.

C’est à Scarlino que se vérifia un prodige assez curieux et unique. Tommaso instaura la coutume de sortir de nuit avec tous les religieux dans le bois voisin en priant les psaumes de la pénitence, et chacun rejoignait sa cabane de branchages. Une nuit, des loups vinrent troubler la prière par leurs hurlements ; Tommaso intervint, leur reprocha d’avoir troublé la prière, et leur demanda gentiment de se taire, à quoi ils obtempérèrent. A la fin de la prière, chaque loup vint accompagner un des religieux et ne le quitta qu’après en avoir reçu la bénédiction. Le prodige se répéta chaque nuit, jusqu’à ce que, par une nuit froide d’hiver, les religieux ne sortirent pas, et dès lors les loups disparurent.

La renommée de Tommaso arriva sur l’île d’Elbe et en Corse, où on l’invita à fonder des couvents.

En 1439, il fit partie d’une délégation pontificale en Orient, pour inviter les chrétientés orientales au concile de Florence, où l’on devait chercher à parvenir à l’Unité.

Ce fut pour Tommaso l’occasion d’être reçu avec grande bienveillance par le sultan d’Egypte. Ses étapes successives ne sont pas claires chez les chronistes : il semble qu’il soit passé par Constantinople et la Géorgie. De l’Arabie, il chercha par trois fois à entrer en Ethiopie ; deux fois il fut arrêté et mis aux fers et dut sa libération à des marchands florentins qui payèrent une rançon (à moins que ces arrestations aient eu lieu auparavant, lors du passage par Constantinople) ; une troisième fois encore, il fut arrêté, torturé, abandonné dans une citerne vide avec à peine de quoi manger ; sa douceur convainquit les bourreaux de le transférer dans une prison meilleure et même de le laisser sortir : il en profita pour prêcher ; de nouveau arrêté, fouetté et condamné à mort, il fut libéré in extremis par une rançon payée par le pape lui-même. Toute sa vie, il regrettera d’avoir perdu cette occasion de verser son sang pour le Christ.

Il rentra en Italie, fut accueilli avec joie à Rome et regagna Scarlino en 1445.

En 1447, on le retrouve à Monte Piano d’où, deux ans après, il tenta de repartir à Rome pour solliciter du pape l’autorisation de repartir en Egypte. Mais c’était sans compter avec son grand âge, car il avait bientôt quatre-vingts ans. En fait, la fièvre l’arrêta à Rieti, où il mourut le 31 octobre 1447.

Son culte fut reconnu en 1771.

 

 

Dominic Collins

1566-1602

 

Le nom gaélique de Dominic Collins est Doiminic Ó Coileáin.

Il naquit vers 1566 à Youghal (Cork, Irlande), dans une famille bien connue ; son père et son frère occupèrent la charge de Mayor de la ville.

En 1586, Dominic vint à Nantes et travailla pendant trois ans dans diverses hôtelleries, dans le but de gagner de quoi se payer un cheval et s’engager dans la cavalerie.

En 1589, il rejoignit les troupes de la Ligue Catholique du Duc de Mercœur, Philippe Emmanuel, contre les Huguenots ; il reçut le grade de capitaine (et précisément Capitaine La Branche), et fut nommé gouverneur des territoires repris aux Huguenots.

Avec une lettre de recommandations pour le roi Felipe II, il s’engagea dans l’armée espagnole et fut en garnison à La Coruña. Après neuf années, il décida de quitter l’armée, et le roi Felipe lui accorda une pension de vingt-cinq écus mensuels.

Cette belle aventure militaire allait s’orienter vers une autre milice : la Compagnie de Jésus. En effet, durant le carême de 1598, Dominic rencontra un père Jésuite, qui avait fondé un collège irlandais à Salamanque. Dominic voulut entrer dans l’Ordre, et fut présenté aux autorités du collège. Il fallait éprouver la vocation de ce soldat de trente-deux ans, examiner s’il pouvait se préparer au sacerdoce ou plutôt servir comme Frère lai. Dominic fit le noviciat à Santiago de Compostela. Il donna toute la mesure de ses capacités lors d’une épidémie, durant laquelle il se dévoua de façon remarquable et efficace auprès des malades et des mourants. Il était bien un peu vif de caractère, un peu obstiné aussi, mais ses bonnes qualités le firent accepter à la première profession, en février 1601.

Peu après, il fut désigné pour accompagner l’expédition de Felipe II, qui voulait aider les troupes irlandaises contre les anglaises. L’expédition partit en septembre 1601, mais n’arriva qu’en décembre à cause des très mauvaises conditions météorologiques ; de plus, la bataille de Kinsale (24 décembre) fut un désastre et Dominic resta auprès des cent quarante-trois soldats irlandais dans le château de Dunboy. Quand ce château tomba aux mains des Anglais en juin 1602, tous ces soldats, sauf deux, furent pendus ; après les avoir emmenés à Cork et les avoir torturés, les Anglais exécutèrent aussi les deux derniers soldats. Mais ils maintinrent en vie Dominic, voulant arriver à le faire apostasier dans sa propre ville d’origine : ils l’emmenèrent à Youghal, à quelque cent soixante-dix kilomètres de Cork, mais ne purent vaincre son courage.

Sur la place où il devait être exécuté, il y avait beaucoup de gens. Dominic leur parla en espagnol, en irlandais et en anglais, affirmant avec toute la force de son cœur qu’il était venu en Irlande pour défendre la foi catholique et qu’il était heureux de mourir pour cette foi. La foule était si émue, que le bourreau disparut ; on dut forcer un marin de passage à faire le travail.

Sans jugement, Dominic Collins fut ainsi exécuté dans sa ville natale, à Youghal, le 31 octobre 1602.

Il fut béatifié en 1992.

 

 

Alonso Rodríguez Gómez

1533-1617

 

Alonso Rodríguez, fils d'un riche marchand drapier, naquit à Ségovie, en Espagne, deuxième des onze enfants de Diego et María.

Après avoir fait ses études au collège d'Alcala, sous la direction des Pères de la Compagnie de Jésus, il retourna à Ségovie à cause du décès de son père et dut s'occuper de l'administration des biens familiaux. 

Après avoir essuyé des revers de fortune, perdu sa femme et sa fille en l'espace de quelques mois, Alonso Rodríguez abandonna le soin des affaires et se retira dans une chambre avec son fils à peine âgé de trois ans. Plein de sollicitude pour l'âme de son enfant, il pria Dieu de l'appeler à Lui s'il devait un jour L'offenser. Le Seigneur ravit ce petit ange à sa tendresse quelques jours après sa fervente prière.

Durant six ans, saint Alonso pratiqua dans le monde toutes les vertus chrétiennes. A l'âge de trente-sept ans, de plus en plus absorbé dans la pensée de la mort et de son salut éternel, il ne songea plus qu'à entrer dans un Ordre religieux. Sur le conseil d'un Père de la Compagnie de Jésus, il commença à étudier le latin, mais le succès ne répondit pas à ses efforts. Laissant ce projet de côté, il pensa à se retirer auprès d'un ermite de Valence, mais son confesseur l'en dissuada.

Agé de trente-neuf ans, Alonso entra au noviciat de la Compagnie de Jésus, au couvent de Saint-Paul de Valence où on l'admit en qualité de Frère coadjuteur. Ses premiers pas dans la vie religieuse révélèrent le haut degré de vertu où il était déjà parvenu. Son humilité que rien ne pouvait déconcerter, sa patience devant les exigences les plus indiscrètes ou les reproches les moins mérités, sa scrupuleuse obéissance, son oraison continuelle suscitaient l'admiration et l'édification de tous ses confrères.

Après six mois de noviciat, ses supérieurs l'envoyèrent sur l'île Majorque, au collège de la Sainte Vierge du Mont-Sion où il prononça ses vœux simples et solennels le même jour. 

Pendant trente ans, il se sanctifiera dans le modeste emploi de portier, accueillant toutes les personnes qui se présentaient, avec le même empressement que si c'eût été Notre-Seigneur. Le matin, au son de la cloche, il demandait à Dieu de le garder sans péché durant le jour, ensuite il se mettait sous la protection de la Très Sainte Vierge en récitant ses Litanies.

A sa prière incessante, il joignait une mortification extraordinaire. "En toutes choses, témoigna son supérieur, Alonso cherchait ce qui répugnait le plus à la nature." Ainsi, il ne voulait porter que des vêtements usés. Un crucifix et une image de la Très Sainte Vierge sans nulle valeur artistique ornaient la cellule de ce pauvre de Jésus-Christ. Il couchait sur la dure et jeûnait souvent. Regardant le réfectoire comme un lieu de mortification, il offrait tous les sacrifices qu'il s'y imposait pour le soulagement et la délivrance des saintes âmes du purgatoire. Avant de sortir de la maison, Alonso demandait à Notre-Seigneur de le faire mourir plutôt que de le voir consentir à aucun péché mortel. Pendant ses visites, il observait une modestie si exemplaire, parlait si peu et rarement, que cet empire acquis sur ses sens l'avait fait surnommer le frère mort.

L'obéissance de saint Alonso Rodríquez était aussi aveugle que parfaite, car il était convaincu qu'en accomplissant les ordres de son supérieur, il exécutait ceux du ciel même. Pour savoir jusqu'où sa sublime dépendance pouvait aller, le recteur du collège de Majorque lui commanda un jour de s'embarquer. Alonso partit aussitôt sans poser de question. Chemin faisant, un religieux vint lui dire que le supérieur le redemandait. "Où alliez-vous, lui demanda le recteur, puisque vous ignoriez le but du voyage et quel vaisseau vous deviez prendre? - J'allais faire l'obéissance, répondit le saint portier."

Alonso reçut de Dieu le don de prophétie et celui des miracles. 

Après quarante-cinq années passées dans la pratique des plus admirables vertus, affligé depuis longtemps d'une douloureuse maladie, le saint religieux reçut le sacrement des infirmes. Ayant communié avec ferveur, l'agonisant ferma les yeux et entra dans un ravissement qui dura trois jours. Durant ce temps, son visage demeura tout rayonnant d'une céleste clarté. 

Le 31 octobre 1617, il revint à lui, prononça distinctement le nom adorable de Jésus et Lui rendit son âme, à l'âge de quatre-vingt-six ans. 

Il fut canonisé en 1888 et se trouve inscrit au Martyrologe le 31 octobre, veille de Tous les Saints.

Mercede Stefani

1891-1930

 

Elle  naquit le 22 août 1891 à Anfo (Brescia, Italie N), cinquième des douze enfants de Giovanni Stefani et Annunziata Massari, d’excellents parents catholiques qui la firent baptiser dès le lendemain avec les noms de Aurelia Jacoba Mercede.

La vivacité dont elle fit preuve dès l’enfance, la portait vers les autres pour, à sa façon, apostoliser ses camarades, visiter les malades, aider les vieillards, soulager les pauvres. A treize ans, elle dit à ses parents : Je me ferai missionnaire. Elle fut d’autant plus encouragée dans sa volonté, qu’elle eut l’occasion de rencontrer un bon missionnaire de passage à Anfo en 1905 ; mais elle était encore bien jeune !

Cependant, l’adolescente fut marquée par la mort imprévue de sa mère et dut assumer l’éducation de ses petits frères et sœurs. 

Le papa qui, par prudence, préférait garder sa fille à la maison pour lui laisser le temps de mûrir sa vocation, consentit finalement à la séparation, en 1911.

Mercede entra enfin à Turin chez les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame de la Consolation (fondées par le bienheureux Giuseppe Allamano, v. 16 février). Elle reçut l’habit en 1912 et prit le nom de Irene.

En 1914, elle fit la profession solennelle, et fut envoyée au Kenya, où l’œuvre de l’évangélisation était à peine à ses débuts. Elle n’avait appris qu’une expression en dialecte kikuyu : Tokumye Yesu Kristo ! (Loué soit Jésus-Christ !). Elle arriva à Mombasa en janvier 1915.

De 1914 à 1920, elle fut dans ce qu’on osait appeler par euphémisme les «hôpitaux militaires», en Tanzanie : Voi, Kilwa Kivinje, Dar-es-Salaam, où l’on entassait toutes les victimes indirectes de la Première Guerre Mondiale, quasi abandonnés à eux-mêmes. Heureusement elle disposait de matériel médical, aussi s’empressa-t-elle auprès de chaque malade, soignant, pansant, consolant, encourageant, et profitant de cette intimité d’abord pour apprendre les dialectes, ensuite pour parler du Sauveur Jésus. Elle réussit aussi à adoucir les «médecins» peu consciencieux, les surveillants trop cruels, les musulmans incroyants. 

Il y avait beaucoup d’enfants en danger de mort ; grâce à elle, plusieurs milliers reçurent la grâce du Baptême chrétien.

De 1920 à 1930, elle fut dans un autre secteur, à Gikondi  (Mukurweini, Nyeri, Kenya), où elle eut une activité orientée vers l’enseignement. Là, elle sillonna les pistes et les villages, exhortant les gens à apprendre à lire et à écrire, à envoyer les enfants à l’école, au catéchisme (qu’elle organisait elle-même), sans oublier les malades qu’elle trouvait, assistant les jeunes mamans qui accouchaient, recueillant les enfants abandonnés.

Quand les gens rejoignaient les centres habités comme Mombasa ou Nairobi, elle leur écrivait, ou servait d’intermédiaire entre les uns et les autres, maintenant ainsi les liens familiaux.

En même temps, elle enseignait sa méthode aux jeunes Sœurs récemment arrivées.

Les indigènes la surnommèrent ainsi Nyaatha, femme-miséricorde.

Un de ses actes héroïques fut d’assister un pestiféré à l’article de la mort. Un matin, elle constata que le lit de ce dernier était vide : on l’avait abandonné sur la plage avec d’autres cadavres. Elle y courut et finit par le trouver, encore moribond : elle l’entoura, le réconforta et le baptisa. On lui demanda ensuite si elle n’avait pas éprouvé un peu de répugnance à se déplacer au milieu de tous ces cadavres décharnés et elle répondit : Pour dire la vérité, oui, mais je ne pensais qu’au salut de son âme. En réalité, elle prit elle-même la contagion. 

En septembre 1930, participant à une retraite, elle entendit le Christ lui dire : Le péché crucifie Jésus. Mieux vaut mourir mille fois que commettre un seul péché… Il faut tout oublier, se vider de soi-même. Sœur Irene s’offrit totalement.

Le 26 octobre, fête du Christ Roi, se manifestèrent les symptômes de la peste et elle s’éteignit le 31 octobre 1930 à Gikondi.

Irene a été béatifiée en 2015.

 

 

 

Josefa Ytóiz

1871-1936

 

Josefa Ytóiz naquit le 3 ou 4 mars 1871 à Pamplona (Navarre, Espagne NW).

D’habitude, les Espagnols portent un double nom de famille, celui du père et celui de la mère, mais Josefa n’en a pas, parce qu’elle fut abandonnée à la naissance à un orphelinat. L’aumônier qui la baptisa dès le lendemain, lui donna le nom de Josefa Ytóiz, et la confia à un couple qui, cependant, la restitua à l’orphelinat une semaine plus tard. Le bébé fut alors confié à Matías Uganda di Iraizóz et à son épouse, qui l’élevèrent consciencieusement.

En 1878, Josefa reçut la Confirmation.

En 1892, Josefa entra dans le monastère des Conceptionnistes d’Escalona, grâce à la dot que payèrent ses parents adoptifs.

En 1894, elle émit la première profession, et la solennelle en 1897, prenant le nom de Marie de Saint-Joseph. Le Père adoptif de Jésus l’avait vraiment protégée.

Cette Religieuse qui avait été abandonnée, se montra très fraternelle, très serviable, très intérieure, au point qu’elle fut élue et plusieurs fois réélue supérieure du monastère.

Dès la proclamation de la République en Espagne (1931), le monastère d’Escalona fut la cible de moqueries et d’accusations de la part de la mairie. Comme les conduites d’eau du village passaient par le jardin de leur monasstère, on accusa les moniales d’avoir empoisonné l’eau potable, et le maire se permit de venir fouiller dans tous les angles du monastère, en y ajoutant tous les sarcasmes qu’il pouvait imaginer à l’adresse des moniales.

En juillet 1936 arriva le comble des tribulations. Sachant que les anarchistes pouvaient mettre le feu à leur vieux monastère, les moniales organisèrent des tours de veille chaque nuit.

Le 28 juillet, on vint leur intimer l’ordre de quitter le monastère. La Supérieure recommanda aux quatorze moniales de s’habiller en vêtements civils, et de venir dans la chapelle pour y consommer les Hosties du tabernacle et éviter ainsi des profanations du Saint-Sacrement. L’aumônier était présent, et les encourageait à être fidèles jusqu’au bout.

A leur sortie, les moniales furent conduites à la prison municipale où, pendant vingt-quatre heures, elles furent là, mélangées à beaucoup d’autres prisonniers, sans manger ni rien boire.

Le 29 juillet, on les interrogea une par une, toutes les demi-heures. Toutes refusèrent les propositions qu’on leur fit, d’être libérées si elles renonçaient à leur état religieux.

Deux jours plus tard, on les relâcha et elles furent reçues par une dizaine de familles de l’endroit, malgré le grand danger qu’elles couraient. Les moniales furent donc chez ces gens charitables jusqu’au 16 septembre.

On les convoqua alors devant un «tribunal» et, le 17 septembre, on les emmena à la Direction Générale de Sécurité de Madrid. Elles faillirent être abattues en chemin par un groupe de miliciens.

Après une nuit passée dans les souterrains de la Direction Générale, on les enferma dans un couvent-prison : le couvent des Capucines, où se serrèrent quelque mille huit-cents femmes, dont huit-cents religieuses. Courant octobre, un témoin les reconnut dans la «tchéka» où on avait enfermé la Mère Marie de Saint-Joseph et sa vicaire, Marie de l’Assomption. Quelques jours plus tard, voulant les revoir, il vit cependant leurs cadavres ; on n’a rien su de leurs derniers moments.

Mère Marie de Saint-Joseph ainsi que la Sœur vicaire, ont été béatifiées en 2019, et seront inscrites au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Asunción Pascual Nieto

1887-1936

 

Asunción Pascual Nieto naquit le 14 août 1887 à Villarobe (Burgos, Espagne). Ce petit village n’existe plus aujourd’hui.

Asunción n’avais pas de papa connu ; sa maman crut bon pour elle de la confier très vite à l’orphelinat des enfants trouvés ; le bébé fut baptisé et reçut le prénom de Asunción, puisqu’elle était née la veille de l’Assomption de Marie.

Bien vite, on trouva un couple de braves gens qui assumèrent l’éducation de la petite fille : Juan Portugal et Francisca Lara, qui habitaient à Torrecilla del Monte.

En 1892, elle reçut la Confirmation. En 1897, elle fut à nouveau confiée à l’orphelinat, où elle vécut jusqu’à son entrée en religion.

La vocation religieuse mûrissait en effet dans ce petit cœur déjà bien éprouvé, mais qui faisait la joie et la satisfaction de son entourage. L’aumônier de l’orphelinat l’estimait beaucoup, car elle était obéissante, respectueuse, pieuse, bonne camarade, et en bonne santé. Comme sa maman aurait été heureuse de l’avoir près d’elle ! Peut-être qu’elle la rencontra ? On ne le sait pas.

En 1909, Asunción avait vingt-deux ans et elle entra chez les Sœurs Conceptionnistes Franciscaines d’Escalona, où elle se trouva comme un petit poisson dans l’eau. Là encore, les relations font état d’une excellente novice et religieuse. Dès 1910, elle fit la première profession, et la définitive en 1913.

On lui confia l’infirmerie, l’accueil (on l’appelait le «tour», parce que les Religieuses ne devaient pas communiquer directement avec l’extérieur, les visiteurs devant absolument déposer ce qu’ils apportaient dans le tour, que la portière faisait tourner pour reprendre les objets, et inversement dans l’autre sens - c’était un bon moyen pour éviter tout «débordement») ; finalement, Asunción fut élue Vicaire de la Supérieure.

Pour la suite des événements, qu’Asunción partagea héroïquement avec toutes les autres Religieuses, on se reportera à la notice de ce même jour, v. Josefa Ytóiz.

Asunción été béatifiée en 2019 avec la Mère Marie de Saint-Joseph, et sera inscrite avec elle aussi au Martyrologe le 31 octobre.

 

 

Jesús Miquel Girbau

1897-1936

 

Jesús naquit le 24 mars 1897, veille de l’Annonciation, et pour cela porta le nom de Celui qui fut conçu par Marie, notre Sauveur Jésus-Christ.

Il naquit à Palafrugell (Girona, Catalogne, Espagne).

Entré en 1912 chez les Capucins à Arenys de Mar, il y reçut l’habit et le nom de Timoteu.

Après la profession solennelle en 1916, il reçut le sacerdoce en 1919.

Etant à Sarrià, il devait, par décision du chapitre, se rendre à un autre couvent, mais il put seulement sortir de Barcelone et rejoindre Olot.

Son refuge fut cependant vite découvert. On le convoqua, on le conduisit en prison, d’où on l’emmena avec onze autres prisonniers, pour les fusiller aux environs d’Olot, le 31 octobre 1936.

Le père Timoteu fut béatifié en 2015.

 

 

Modesta Moro Briz

1901-1936

 

Elle vit le jour le 11 juillet 1901 à Santibánez de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille de sept enfants.

Un de ses frères devint évêque à Ávila (Mgr Santos Moro Briz), un autre curé à Cebreros et qui fut martyr (José Moro Briz, voir au 24 juillet).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1922. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité.

Cette Sœur joyeuse avait le sens de l’humour et transmettait sa confiance en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Pilar. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées, ainsi que don José Moro, en 2013.

 

 

Pilar Isabel Sánchez Suárez

1906-1936

 

Elle vit le jour le 5 novembre 1906 à Madrid (Espagne).

Elle entra chez les Filles de la Charité en 1926. Son dernier poste d’infirmière fut à Madrid, dans la Maison de la Santé et à la Maternité, où elle travailla au bloc opératoire.

Cette Sœur sympathique transmettait sa confiance en Dieu et en Marie Immaculée.

Devant le nombre croissant de blessés, elle s’offrit pour aller travailler en d’autres maisons, avec Sœur Modesta. C’étaient les deux plus jeunes.

Apprenant que dans leur maison provinciale on allait fêter la Toussaint, elles voulurent s’y rendre. Elle furent arrêtées sur la route de Tolède et fusillées.

C’était le 31 octobre 1936 ; les deux Sœurs furent béatifiées en 2013.

 

 

Leon Nowakowski

1913-1939

 

Leon naquit le 28 juin 1913 à Byton (Pologne), fils de Władyslaw et Anna Lichmańskiej.

Il entra au séminaire de Wƚocƚaw et fut ordonné prêtre en 1937.

Il fut envoyé à Lublin, puis à Rome pour compléter sa formation théologique à l’Université Grégorienne, et obtint la licence.

De retour en Pologne pour l’été 1939, il fut empêché de repartir à Rome et prêta sa collaboration dans sa paroisse. Il remplaça le curé, quand ce dernier fut arrêté.

Le jeune prêtre, fidèle à Dieu et à son sacerdoce, fut à son tour arrêté le 24 octobre 1939 et conduit avec d’autres à Piotrków Kujawski, où il fut fusillé, le 31 octobre 1939.

Il fut béatifié en 1999.

 

 

María Isabel Salvat Romero

1926-1998

 

María Isabel naquit à Madrid le 20 février 1926, de Ricardo Salvat Albert et de Margarita Romero Ferrer, troisième de leurs huit enfants.

Cette famille très chrétienne la fit baptiser huit jours après.

La jeune fille fréquenta l’école primaire et secondaire chez les Mères Irlandaises de la rue Velázquez, où d’ailleurs elle fit la Première Communion, en 1932. Quand elle finit ses études, elle parlait quatre langues.

Au moment de la guerre civile de 1936, la famille se réfugia au Portugal, à Figueira da Foz. Ils revinrent en 1937 et s’installèrent d’abord à San Sebastián, puis de nouveau à Madrid.

Jusques là, María ne montrait pas sa vocation. Elle appartenait au milieu social élevé de sa famille, elle était élégante, belle, sympathique, et fréquentait les fêtes et le cinéma en compagnie d’amies de même milieu qu’elle.

Une amie - qui devint religieuse par la suite - lui fit visiter des couvents. En 1942, elle rencontra pour la première fois les Sœurs de la Croix, où elle comprit qu’elle était appelée. La même année, elle visita la Maison-mère de Séville.

Sa mère la soutenait, mais son père fit tout son possible pour lui en retirer l’idée de la tête : il ne pouvait supporter qu’une fille comme elle devînt religieuse, et, de surcroît, loin de Madrid. Il organisa des fêtes à la maison pour tenter de la faire changer d’avis, mais elle persévéra dans son intention.

Dès sa majorité, elle fit la consécration à la Sainte Vierge et reçut la médaille des Filles de Marie (décembre 1943). L’année suivante elle passa avec succès son examen de Diplôme supérieur à l’Université de Madrid.

Sa décision étant mûre et inchangée, renonçant à une vie aisée, elle entra comme postulante en décembre 1944 chez les Sœurs de la Compagnie de la Croix à Séville, dont le charisme est de s’occuper des pauvres, des malades et des orphelines.

En 1945, elle prit l’habit, et le nom de María Purísima de la Croix.

Durant son noviciat, elle montra particulièrement son esprit d’humilité, sa douceur, son sourire, dans l’amour de la pauvreté. Elle ne cherchait jamais à se faire voir et même faisait tout son possible pour être oubliée.

En 1947 elle fit la profession solennelle, et en 1952 les vœux perpétuels.

Elle fut envoyée en diverses maisons : Lopera (Jaén), Valladolid, Estepa, Villanueva del Río, Minas, où elle fut chaque fois directrice de collège.

En 1966, elle était nommée Maîtresse des novices, en 1969 Provinciale «à titre d’expérience», en 1970 enfin conseillère générale.

En 1977, le chapitre général l’élut comme Mère Supérieure Générale, une charge qu’elle assumera pendant vingt-deux ans, plusieurs fois réélue à l’unanimité des voix.

Elle put assister elle-même à la béatification de la Fondatrice, Ángela de la Croix (v. 2 mars).

Elle fonda plusieurs maisons, en Espagne (Puertollano, Huelva, Cádiz, Lugo, Linares, Alcázar de San Juan) et une en Italie (Reggio Calabria).

On a pu dire d’elle que, si l’on perdait la règle de la Congrégation, il suffisait de l’observer pour la retrouver.

La maman de cette Supérieure si active mourut en 1997, à l’âge vénérable de quatre-vingt seize ans. Un an après, elle-même, atteinte d’une grave maladie, s’éteignit le 31 octobre 1998, pendant une retraite, à la maison-mère de Séville.

María Purísima de la Croix a été béatifiée en 2010. 

Le miracle retenu pour sa béatification est la guérison inexplicable d’une petite fille de trois ans atteinte de cardiopathie congénitale, compliquée d’arrêts cardiaques engendrant des troubles neurologiques.

Successivement est intervenu un autre miracle retentissant en 2012 : suite à une période prolongée de surmenage, un homme connut un arrêt cardiaque et manqua d’oxygène pendant vingt-cinq minutes. Les Religieuses de l’hôpital prièrent pour lui María Purísima : il sortit du coma après douze jours, sans aucune séquelle psycho-somatique. Le monsieur a raconté en se réveillant qu’il était «envoyé par la Vierge de l’Espérance» ; de retour de vacances, un médecin de l’hôpital s’enquit de la «mort» du patient, et fut très surpris en apprenant que l’homme était chez lui et menait une vie normale.

Suite à ce miracle, Mère María Purísima de la Croix devait être canonisée en automne 2015.

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