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1 novembre 2019 5 01 /11 /novembre /2019 00:00

 

 

NOVEMBRE

 

01 NOVEMBRE

 

- La fête de tous les Saints.

?

S Cæsarius, martyr mal connu, venu d'Afrique à Terracina, où il mit fin à un culte idolâtre. 

S Sever, martyr en Gascogne.

III.

S Benignus, martyr à Dijon, venu d'Orient ; l'actuelle cathédrale est l'église de l'ancien monastère.

IV.

S Austremonius, premier évêque à Clermont-Ferrand.
V.

S Profuturus, évêque à Pavie, ordonné par s. Ambroise.

S Marcellus, évêque à Paris, thaumaturge dès sa jeunesse. 

S Romble (Romulus), prêtre en Berry ; l'église de Sancerre lui était dédicacée, avant d'être détruite par les Protestants.

S Maturinus, à Larchant ; comme il aurait guéri la fille d'un empereur de Rome, qui était folle, il est invoqué pour la guérison des fous ou des femmes méchantes, mais aussi par les bouffons, les marins bretons et les potiers d'étain.

VI.

S Lautein, abbé dans le Jura, fondateur de deux monastères, thaumaturge. 

S Severino, moine près de Tivoli, peut-être bénédictin.

S Magnus, évêque à Milan.

S Vigor, évêque à Bayeux ; il ressuscita une oie qu'on avait volée et tuée.

S Donat, moine en Espagne, venu d'Afrique pour fuir les barbares.

VII.

S Lézin, évêque à Angers ; il était comte, mais entra dans le clergé, voyant sa fiancée mourir de la lèpre ; il opérait une foule de guérisons.

S Genès, évêque à Lyon, ancien conseiller de la reine Bathilde.

S Florbert, abbé à Gand.

S Spinule, moine à Moyenmoutier ; il y eut tant de miracles après de sa mort, que l'abbé lui intima l'ordre de les faire cesser.

S Omer, moine de Luxeuil (avec son père), puis premier évêque à Thérouanne ; il ré-évangélisa la région et mourut aveugle.

XII.

B Berthold, abbé à Engelberg ; il écrivit contre Burchard, fit copier et décorer beaucoup de manuscrits, et annonça la mort de Barberousse parti en croisade.

XIII.

B Simone de Collazzone, franciscain italien ; il convainquit d'entrer en religion mère, sœurs et nièces ; thaumaturge, entre autres il ressuscita un enfant noyé.

XIV.

B Raniero, frère laïc franciscain à Borgo Sansepolcro, thaumaturge.

XVII.

Bx Pietro Paolo Navarro, prêtre jésuite calabrais, martyr au Japon avec trois amis japonais qui l'avaient aidé : Dionisius Fujishima Jubyoe, Petrus Onizuka Sadayu (dix-huit ans), et Clemens Kyuemon.

XVIII.

SS Jerónimo Hermosilla Aransáez, Balentin Berrioxoa de Arizti, Pere Josep Almató Ribera Auras, dominicains espagnols, martyrs au Tonkin : Jerónimo et Balentin venaient d'être sacrés évêques ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

XX.

B Lluís Estruch Vives (Eudald, 1918-1936), jeune clerc capucin, martyr près de Barcelone et béatifié en 2015. 

B Rupert Mayer (1876-1945), jésuite allemand qui dénonça le nazisme, connut la prison et le camp de concentration ; il mourut debout, en prêchant ; béatifié en 1987.

B Teodor Jurij Romzha (1911-1947), évêque à Oujhorod dans le rite ukrainien-byzantin, martyr victime d'un "accident" et d'un empoisonnement, béatifié en 2001.

 

Cæsarius de Terracina
1. siècle

L’empereur Claude régna de 41 à 54 : c’est à cette époque, affirme le narrateur, que remonte l’histoire qui va suivre.
Dans la cité de Terracina (Campanie, Italie SW) vivait un prêtre païen, nommé Firminus, qui avait persuadé la population que, pour le bien de la République, il fallait chaque année immoler à Apollon un cavalier : nourri et choyé pendant plusieurs mois, ce dernier devait, le 1er janvier, s’élancer et se noyer dans la mer.
Sur ces entrefaîtes, arriva on ne sait pourquoi, ni comment, un diacre d’Afrique, nommé Cæsarius, qui tenta d’empêcher ce rituel, en vain. Le malheureux cavalier se suicida en mer et son corps fut brûlé. 
Cæsarius, qui avait si fortement protesté, fut mis en prison. Le consulaire de Campanie, Leontius, se le fit amener et prétendait l’obliger à aller sacrifier dans le temple d’Apollon : mais le temple s’écroula - et tua le prêtre païen. Toute la population se convertit.
Le «maire» de Terracina alors enferma Cæsarius pendant onze mois, au terme desquels il présenta Cæsarius complètement nu au consulaire Leontius : c’est ce dernier qui se convertit, en voyant ce prisonnier si lumineux (peut-être environné d’une lumière surnaturelle) ; il fut baptisé sur place par Cæsarius.
Le même maire ordonna d’enfermer Cæsarius dans un sac et de le jeter en mer. Cæsarius lui prédit alors qu’il mourrait d’une morsure de serpent - ce qui arriva le jour même.
Cæsarius fut donc précipité en mer (peut-être avec un Compagnon, un prêtre nommé Iulianus).
Quatre siècles plus tard, la fille de l’empereur Valentinien III († 455), perdit complètement la raison et ne fut guérie que lorsqu’on la transporta dans le sanctuaire de saint Cæsarius. Les reliques du Martyr furent alors apportées solennellement dans un oratoire du Palatin à Rome consacré par le pape Damase. Ici l’erreur est patente : le pape Damase était mort en 384.
De telles erreurs jettent un voile de doute sur l’histoire de notre Martyr. Mais, objecterons-nous, de nos jours, n’y a-t-il pas des gens qui confondent les noms des présidents, des rois, des papes ? 
Il serait plus difficile d’expliquer pourquoi et comment ce diacre, Cæsarius, pouvait arriver d’Afrique, où la Bonne Nouvelle n’était sans doute pas encore annoncée. Le premier évêque de Carthage, Agrippinus, n’y fut installé qu’à la fin du deuxième siècle. Là encore se trouve peut-être une erreur de nom : il pourrait s’agir d’un autre empereur, postérieur à Claude : le narrateur aurait-il parlé de l’usurpateur Clodius Albinus († 197) ou de Caracalla († 217), fils de Septime Sévère ?
Le Martyrologe Romain mentionne saint Cæsarius de Terracina au 1. novembre.


Benignus de Dijon
3. siècle

Benignus aurait été envoyé d’Orient par s.Polycarpe de Smyrne (v. 23 février). Il était prêtre.
Arrivant en Bourgogne, il convertit et baptisa à Autun un noble nommé Faustus, et toute sa famille. A Langres, il baptisa Leonilla et ses trois enfants ; puis il vint à Dijon.
L’empereur Aurélien, de passage dans la région (274), se fit amener Benignus. Sur le refus de ce dernier d’apostasier, Aurélien le fit battre avec des nerfs de bœuf, mais un ange guérit Benignus de ses blessures. Le lendemain, Aurélien voulut mettre de force dans la bouche de Benignus de la viande offerte aux idoles : mais ce furent les statues des dieux qui s’effondrèrent.
Aurélien mit Benignus en prison, les pieds immobilisés par du plomb fondu ; on lui enfonça des alènes pointues sous les ongles, on devait le laisser sans rien manger pendant une semaine, entouré de douze chiens affamés. Mais six jours après, on trouva Benignus libéré et en bonne santé : un ange lui avait apporté à manger.
Furieux, Aurélien ordonna de briser la tête de Benignus avec une barre de fer.
Beaucoup de miracles se produisirent au tombeau de Benignus, au-dessus duquel on construisit au sixième siècle une basilique, puis un monastère, à l’origine de l’actuelle cathédrale Saint-Bénigne.
De bons auteurs ont pensé que toute cette histoire fut une invention et que même ce Martyr, totalement inconnu, reçut le nom de benignus (bienveillant) à cause de ses miracles.
On aura noté quelques incohérences chronologiques : s.Polycarpe mourut vers 155 ; s’il envoya Benignus, déjà prêtre, en Gaule, ce dernier serait certainement mort bien avant le passage d’Aurélien en 274.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Benignus de Dijon au 1. novembre.


Austremonius de Clermont
3. siècle

Les textes anciens qui nous parlent d’Austremonius (ou simplement sTREMONIUS) le font partir de Rome sous Dèce, envoyé par le pape Xyste II en 251, ou envoyé par le pape Clément († 97, v. 23 novembre) ou même par s.Pierre en personne, et tant qu’à faire il aurait été un des soixante-douze disciples choisis par le Christ (cf. Lc 10:1).
Dans la première hypothèse, il aurait été ordonné évêque par Xyste II. Dans la deuxième, il aurait à son tour ordonné évêque s.Ursin pour le siège de Bourges (v. 9 novembre).  Dans la troisième, il évangélisa aussi l’Aquitaine, étant ami des saints Martial de Limoges et Saturnin de Toulouse (v. 30 juin et 29 novembre).
Il aurait finalement ordonné évêque Urbicius pour lui succéder et se serait retiré à Issoire, dans un monastère qu’il avait fondé.
A Issoire, il aurait converti les Juifs de l’endroit, en particulier un jeune nommé Lucius, dont le père, furieux, vint décapiter Austremonius et jeta sa tête dans un puits, où il avait déjà jeté son fils Lucius.
L’épiscopat d’Austremonius aurait ainsi duré trente-six ans, après quoi il mourut, à la fin du troisième siècle (ou tout au début du quatrième) et fut enterré à Issoire. 
Il semble bien que le martyre ait été une pure invention tardive, construite autour du tombeau d’Austremonius.             
Le Martyrologe Romain mentionne saint Austremonius de Clermont au 1. novembre.


Marcellus de Paris
† 435

Fils de parents de condition modeste, Marcellus montra dès l’enfance des signes évidents de la présence divine en lui.
Tôt il fut ordonné lecteur.
Un jour, un forgeron le contraignit à prendre dans son foyer un morceau de fer rouge et à lui en dire le poids. Marcellus le prit : Il est brûlant, mais pèse neuf livres, ce qui était vrai, mais surtout, le petit garçon n’eut aucune brûlure. 
Devenu sous-diacre, il assistait l’évêque Prudentius. Il arriva, un jour d’Epiphanie, un fait vraiment extraordinaire. Ce jour-là, Marcellus puisa dans la Seine de l’eau pour la verser sur les mains de l’évêque : l’eau s’était changée en vin ; l’évêque en prit pour célébrer la Messe ; toute la communauté put en boire à la communion, sans que le précieux Liquide diminuât ; ce même vin opéra ensuite des guérisons.
Une autre fois, le brave évêque en fut pour ses frais. Marcellus avait fait chanter au chœur un petit garçon qui avait une très jolie voix ; un peu mécontent et jaloux, l’évêque fit fouetter le garçonnet : il en perdit la voix pendant trois jours, après quoi Marcellus la lui restitua en disant respectueusement au prélat : Bien que je sache, bon pasteur, que cela te soit arrivé par ta faute, au nom du Seigneur, parle comme tu le veux.
Vers 405, Marcellus devint le neuvième évêque de Paris.
Il remarqua un jour à la communion un homme absolument immobile ; il comprit que l’homme était dans le péché, mais repentant, et lui dit : Viens, communie, et ne pèche plus !
Il est aussi rapporté qu’après l’enterrement d’une noble dame dont la vie avait été désordonnée, on vit un gros serpent glisser contre le tombeau et dévorer le corps de la défunte ; Marcellus s’avança, frappa de son bâton pastoral la bête et, la liant avec son étole, la conduisit loin de là ; le serpent ne réapparut jamais : c’était sans doute une manifestation diabolique. 
Marcellus décéda vers 435. Son épiscopat avait duré trente ans.    
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marcellus de Paris au 1. novembre.


Romulus de Sancerre
5. siècle

Romulus fut un prêtre à Château-Gordon, une ancienne agglomération qui donna plus tard les deux bourgs de Saint-Satur et Sancerre (Cher).
Ce prêtre aurait fondé un monastère non loin de Sancerre, à Subligny, ce qui lui vaut l’épithète d’abbé dans le Martyrologe.
L’église paroissiale de Sancerre fut mise sous le patronage de s.Romulus (Romble, localement). Elle fut détruite par les Protestants en 1569.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Romulus de Sancerre au 1. novembre.


Maturinus de Larchant
5. siècle

Tardivement on a doté le nom de Maturinus d’un h supplémentaire : Mathurinus, de même que Theresa ou Catharina. Larchant se trouve au sud de la forêt de Fontainebleau (act. Seine-et-Marne).
Les parents de Maturinus, Marinus et Euphemia, étaient païens et Marinus avait été chargé par l’empereur Maximien d’exterminer tous les Chrétiens. Mais Maturinus, baptisé par l’évêque Polycarpe, amena à la Foi ses parents.
Maturinus fut ordonné prêtre à vingt-et-un ans. 
Sa sainteté fut connue au point que l’empereur Maximien le fit appeler pour guérir sa fille, possédée d’un démon. En voyage, dit le texte, Maturinus s’arrêta à Lérins pour rencontrer s.Honorat (qui en fait vécut un siècle plus tôt). A Rome, il guérit la jeune femme et demanda à l’empereur, pour toute rétribution, de quoi faire l’aumône.
Maturinus resta ainsi à Rome pendant trois ans et y mourut.
Après son ensevelissement, on le retrouva hors du tombeau, signe qu’il voulait être reporté dans sa terre natale. L’empereur acquiesça.
A Paris, une église Saint-Mathurin fut donnée aux Trinitaires, qu’on appela alors les mathurins. On surnomma aussi mathurins (ou mathelins) les fous et les possédés, qu’on amenait à cette église pour demander leur guérison. Les bouffons prirent pour patron s.Maturin, dans la mesure où ils jouaient à être fous ; mais on comprend moins pourquoi s.Maturin devint aussi le patron des potiers d’étain et des marins de Bretagne. L’église fut vendue en 1799, et plus tard démolie.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Maturinus de Larchant au 1. novembre.


Severino de Tivoli
6e siècle

On n’est pas gâté dans la recherche concernant Severino.
Il aurait été ermite. On a avancé qu’il fut moine bénédictin, ce qui n’est pas prouvé.
On conservait ses reliques dans la cathédrale de Tivoli (Rome, Latium, Italie C), où on les découvrit au 17e siècle.
Au 7e siècle, une église fut élevée en son honneur tout près de Tivoli. Il y eut aussi un monastère, dont on a retrouvé les ruines au 19e siècle.
Severino a donc certainement eu une vie très sainte qui lui a valu une vénération au moins locale. Mais il devait aussi préférer l’humilité et l’effacement, en quoi il a été largement exaucé.
Saint Severino de Tivoli est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Magnus de Milan
† 530

Magnus était peut-être de la famille aristocratique des Trincheri.
Il fut le vingt-septième évêque de Milan, à partir de 518.
Au début de cet épiscopat, il fut respecté par le roi arien Teodoricus, qui cependant plus tard lui devint de plus en plus ennemi, le poursuivant de ses mauvaises intentions comme il avait déjà persécuté un Boèce et le pape lui même Jean 1er (v. 23 octobre et 18 mai).
Cependant Magnus fut «Grand» non seulement de nom, mais dans l’action, dans l’assistance aux nécessiteux de toutes sortes, dans le travail d’évangélisation.
Il mourut en 528-530.
Saint Magnus de Milan est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Vigor de Bayeux
† 538

Vigor (ou Vigile) était originaire d’Artois, de famille noble.
C’est là qu’il connut s.Vaast (v. 6 février) et peut-être qu’il fut ordonné prêtre.
Vigor voulut entreprendre la voie de la sainteté et quitta son pays. Il vint dans la région de Bayeux, où, sans perdre de temps, il accomplit déjà des miracles devant une population encore païenne. Il ressuscita un enfant.
Un riche propriétaire, Volusien, vint prier Vigor de chasser un énorme serpent qui terrorisait la région. Quel serpent ? Il faisait quarante pieds de long. Vigor lui imposa son étole et le fit disparaître dans la mer. Reconnaissant, Volusien fit don à Vigor d’une grande propriété à Cerisy. Ce serait l’origine d’un grand monastère - dont cependant on n’a jamais retrouvé de traces. Une église y fut construite au 11e siècle.
Après avoir chassé encore deux autres monstres (serpents), Vigor fut appelé à être le huitième évêque de Bayeux en 513.
Il intensifia sa lutte contre le paganisme. Le Mont Phanus qui était le théâtre d’un culte païen, devint le Mont Chrismatus, avec d’ailleurs l’appui du roi Childebert. Chaque année, Vigor voulait y baptiser trois enfants le jour de Pâques.
Un certain Bertulphe prétendit envahir et labourer toute cette étendue : Vigor, toujours vigoureux, se mit en prière et l’homme se brisa le crâne dans une chute de cheval.
On raconte aussi le prodige de la résurrection d’une oie sauvage. Toute une bande de ces bêtes ravageait la région ; un soir, Vigor leur intima l’ordre de passer la nuit dans sa grange. Au matin, il voulait les laisser partir, mais elles restaient là : Vigor soupçonna «quelque chose» et interrogea alors son serviteur, qui reconnut en avoir abattu une. Vigor se fit apporter les os de la bête, et la resssuscita.
Vigor mourut un 1er novembre, vers 538, après un épiscopat de vingt-cinq ans (au moins).
Saint Vigor de Bayeux est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Lézin d’Angers
† 610

Licinius - Lézin en français, était de grande famille, peut-être même apparenté au roi. 
Elevé à la cour, il devint conétable, puis comte d’Angers de 587 à 592.
Cet homme honnête et remarquable fut fiancé ; mais la fiancée mourut de la lèpre : Lézin y vit un signe de Dieu et préféra entrer dans le clergé.
En 592, on l’acclama évêque d’Angers ; il en était le quatorzième. Il fallut presque la force pour le convaincre d’accepter ce choix.
Il fonda le monastère Saint-Jean-Baptiste ; un jour qu’il visitait les travaux, accompagné de Mainbeuf (qui lui succéderait), il fut interpellé par douze aveugles et boîteux, qu’il guérit d’un signe de la Croix. Lézin ordonna alors de faire construire aussi une église en l’honneur de la Sainte Croix.
Une autre fois, ne pouvant obtenir des autorités la libération des prisonniers, il fit le signe de la croix sur la porte de la prison, qui s’ouvrit : les prisonniers en furent quitte pour une brève homélie, et purent regagner leur demeure.
Lézin aurait été à l’origine de l’exploitation de l’ardoise ; il est en tout cas le patron céleste des ardoisiers d’Angers (qu’on appelait les perreyeurs).
Vers (ou en) 610, Lézin fut pris de fièvre au mois d’août. Il mourut le 1er novembre et Mainbeuf lui succéda.
L’église Saint-Jean-Baptiste, où il fut enterré, prit le nom de Saint-Julien au 11e siècle, et fut détruite à la Révolution.
Saint Lézin d’Angers est commémoré le 1er novembre dans le Martyrologe Romain.


Omer de Thérouanne
600-670

Audomarus - Omer en français - naquit, croit-on, vers 600 à Orval (Coutances, Manche).
Après la mort de sa mère, il suivit son père au monastère de Luxeuil.
Un ancien moine de Luxeuil, Achaire, devenu évêque de Noyon, suggéra au roi Dagobert la nomination d’Audomarus pour le siège de Thérouanne. Audomarus en fut le premier titulaire, vers 640.
Son grand souci fut de reprendre l’évangélisation des Morins, qui étaient revenus au paganisme.
Audomarus favorisa le monachisme. Près de Thérouanne, il fonda un monastère où se développa plus tard la ville de Saint-Omer. En 651, grâce à la libéralité d’un riche seigneur nommé Adrowald, et avec quelques moines célèbres, Mummolinus, Ebertramnus et Bertin, il fonda une abbaye à Sithiu, la si célèbre abbaye plus tard appelée Saint-Bertin.
Plusieurs années avant sa mort, Omer devint aveugle ; il l’écrit lui-même en signant un acte de donation en 663, précisant qu’on lui a tenu la main pour signer.
Un autre acte de 667 atteste qu’Omer vivait encore à cette date.
Il mourut probablement en 670, à Wavrans-sur-l’Aa. Son épiscopat avait duré une trentaine d’années.
Les malades atteints de troubles visuels invoquent saint Omer. 
Saint Omer est commémoré le 1er novembre (et non le 9 septembre) dans le Martyrologe Romain. Localement, en raison de la fête de la Toussaint, on le fête le 9 septembre.

Berthold d’Engelberg

† 1197

 

Berthold (ou Bertold, ou Berchtold), dont on ne connaît pas la jeunesse, entra à l’abbaye bénédictine d’Engelberg (Suisse).

L’abbé Frowin, sur son lit de mort, demanda aux moines d’élire comme successeur Berthold, qui devint ainsi le troisième abbé de ce monastère (1178).

Durant son abbatiat, il eut le soin de préserver le patrimoine de l’abbaye, constitué avant lui.

De nombreux manuscrits furent rédigés et décorés à Engelberg, qui se trouvent encore dans le trésor de la bibliothèque.

Il y eut une polémique à cette époque, concernant les âmes des justes morts avant la venue du Christ. Berthold écrivit un ouvrage pour réfuter les thèses de Burchard, abbé de Saint-Jean de Thurtal et celles d’Arnaldo de Brescia, qui prétendaient que des personnages comme Abraham et Moïse se trouvaient en enfer. Burchard reconnut son erreur.

Il prédit la mort de Frédéric Barbarossa, parti en croisade. Par sa bénédiction, il fit abonder le poisson dans le proche lac de Stanzstad et, par trois fois changea l’eau en vin.

Doux pour les autres, sévère pour lui-même, Berthold mourut le 1er ou le 3 novembre 1197.

Il n’est pas mentionné au Martyrologe Romain.

Détruite par un incendie en 1729, l’abbaye d’Engelberg («Montagne des Anges») fut reconstruite et abritait une double communauté de quarante moines et quatre-vingts moniales, mais fut pillée par les Français en 1798. Aujourd’hui, c’est une communauté très active.

 

 

Simone de Collazzone

1208-1250

 

Le toscan Simone était le neveu de l’empereur Othon IV, dont l’épouse était sa tante maternelle. Il naquit à Collazzone (Pérouse, Italie C).

Une fois entré chez les Frères Mineurs, il fut envoyé en Germanie vers 1221-1223.

Sa prudence et son humiité lui valurent les postes de ministre de la Marche, puis de l’Ombrie.

Il prêchait bien, si bien qu’il conquit sa mère, ses sœurs et ses nièces à la vie religieuse ! Outre ce «miracle», on lui en attribuait beaucoup d’autres, comme la résurrection d’un enfant noyé.

En 1248, on le trouve à Marseille.

Il s’éteignit vers 1250 , un 1er novembre.

Le procès de canonistiton fut ouvert dès 1252, repris aux 18e et 19e siècles, mais sans aboutir et, malgré un culte public bien vivant, le Martyrologe ne l’a pas retenu.

 

 

Raniero de Borgo Sansepolcro

† 1304

 

Raniero (Raignier) naquit à Borgo Sansepolcro («le quartier du Saint Sepulcre», Toscane, Italie C)).

Il entra chez les Franciscains de cette localité comme frère convers, et y accomplit les tâches les plus humbles, dans l’effacement, uniquement pour servir Dieu dans ses Frères ; il fut ainsi jardinier, portier, quêteur.

Les gens le connaissaient bien et recoururent à lui car sa prière (et sa sainteté) obtenaient des grâces et des miracles. Très peu après sa mort, une paralytique obtint la guérison après avoir invoqué «le nouveau Saint» de Borgo. Deux petits bébés morts-nés furent aussi ressuscités par son intercession, ce pourquoi on invoque Raniero pour les jeunes mamans.

Raniero mourut en plein service fraternel, le 1er novembre 1304, dans la cave d’où il prenait les victuailles pour le repas. Si Jésus naquit dans une étable, Raniero mourut dans la cave ; le serviteur imitait l’humilité du Maître.

Le culte du bienheureux Raniero fut reconnu en 1802 et le Martyrologe le mentionne au 1er novembre.

 

Il y a un autre bienheureux Raniero di Borgo Sansepolcro, au 16e siècle, absent du Martyrologe.

 

 

Pietro Paulo Navarro

1560-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639

Pietro Paulo vit le jour le 25 décembre 1560 à Laino Borgo (Cosenza, Calabre, Italie).

Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1578 et fut envoyé en 1584 aux Indes, où il fut ordonné prêtre en 1586.

En 1588, il passa au Japon, où pu dominer très vite la langue et se donna à un ministère très actif : il fut le premier à pénétrer dans la proviince d’Iyo, où il resta six mois, puis il passa à Nagasaki, Ōmura, Arima, quatre années à Amangoutchi, douze ans dans le Bungo.

Lors de la persécution de 1614, il s’éloigna prudemment, mais revint peu après, accomplit une nouvelle mission au Fiunga, rentra dans la Bungo et fut finalement désigné pour être recteur du Takaku.

Il avait composé une Apologie du Christianisme, et traduit l’ouvrage marial du père Spinelli, Thronus Dei, Maria Deipara.

En 1621, le père Navarro se trouvait depuis peu à Fatchiovaro et voulut courageusement rejoindre la communauté chrétienne d’Arima pour Noël. Cette région était gouvernée par un seigneur favorable aux chrétiens, et qui se vantait qu’il n’y avait chez lui aucun Religieux. Or voià qu’on lui amena le père Navarro : contrarié, le seigneur le dissimula à Shimabara, en rendant responsables de sa personne quatre chrétiens de cette ville et cinq d’Arima. Il aurait bien préféré s’en débarrasser en l’envoyant aux Philippines, mais il n’osait sans ordre supérieur. Il s’inquiétait de sa santé, lui faisant porter des fruits et le laissant absolument libre de recevoir des fidèles et d’administrer les sacrements. Un jour, il le convoqua pour s’entretenir de la religion chrétienne et fut si satisfait de son exposé qu’il en demanda une copie.

Des mois durant, le père Navarro mena cette vie calme, sans en deviner le terme. Le 17 octobre 1622, il en était venu à se demander s’il partagerait le sort de ses confrères brûlés le 10 septembre, lors du Grand Martyre, et soudain arriva la sentence de mort : il l’annonça lui-même à un autre missionnaire, le 28 octobre, avec une profonde action de grâce à Dieu pour un tel bienfait.

Le père Pietro Paulo Navarro devait être supplicié par le feu, avec les trois Japonais accusés de l’avoir aidé. Le seigneur devait obéir aux ordres, mais par amitié pour le missionnaire, il tint à être présent à l’exécution, pour éviter tout supplice inutile.

Au matin du 1er novembre 1622, fête de Tous les Saints, le père célébra la Messe devant une vingtaine de fidèles, auxquels il fit une homélie très touchante. Il écrivit ensuite au Provincial, attendant incessamment l’heure de mourir brûlé vivant pour Jésus-Christ. Un peu avant midi, les condamnés furent emmenés ; l’un d’eux se confessa, puis le Père entonna les litanies (sans doute celles des Saints), auxquelles répondirent ses compagnons.

Ils furent attachés à des colonnes et le bûcher fut allumé, à faible distance, pour provoquer une mort lente, par asphyxie progressive. Puis les corps restèrent là exposés pendant trois jours. Réduits en cendres, ils furent jetés à la mer.

Né le jour de Noël, Pietro Paulo Navarro entra au Paradis en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Clemens Kyūemon

1574-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était un Japonais né vers 1574.

Laïc baptisé, il fut le guide du père Navarro, avec lequel il fut arrêté. 

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Dionisius Fujishima Jubyōe

1584-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Dionisius était né vers 1584 à Aitsu (Nagasaki, Japon).

Baptisé dans son enfance, il avait quitté sa famille païenne après la mort de son père, pour se mettre au service du père Navarro. 

Il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

 

Petrus Onizuka Sadayū

1604-1622

 

On lira avec profit la notice Japonais Martyrs 1603-1639 ainsi que celle de Pietro Paulo Navarro

Petrus était né vers 1604 à Hachirao (Japon).

Baptisé, il fut très vite au service du père Navarro. 

A dix-huit ans, il était profès dans la Compagnie de Jésus.

Avec le père Navarro, il reçut la grâce du martyre en la fête de Tous les Saints, le 1er novembre 1622, et fut béatifié en 1867.

 

Jerónimo Hermosilla Aransáez

1800-1861

 

Jerónimo naquit à Santo Domingo de la Calzada (La Rioja, Espagne) le 30 septembre 1800, dernier des neuf enfants de Agustín Julián Hermosilla y Sáenz e de Catalina Aransay, qui étaient pauvres.

Orphelin de père à dix ans, Jerónimo aida sa maman au service d’un prêtre, à Cordovín.

Il entra chez les pères Dominicains de Valencia, grâce à l’appui de certains pères qui l’avaient connu durant ses études secondaires.

En 1820, il dut interrompre ses études pour trois ans, engagé dans les troupes royales de Fernando VII. Il les reprit en 1823.

En 1824, il fut envoyé à Manille (Philippines), où il acheva ses études de théologie et reçut le sacerdoce (1828).

Envoyé au Tonkin, il y apprit la langue et participa aux missions avec les catéchistes et les religieuses dominicaines.

Il succèda en 1841 comme évêque du Tonkin à saint Ignacio Delgado (voir au 12 juillet) qui venait d’être martyrisé.

Son activité missionnaire ne s’arrêtait pas, malgré les dangers de la persécution. Un soldat apostat finit par trahir et révéler sa cachette.

Mgr Jerónimo Hermosilla fut arrêté avec ses Compagnons (Valentín de Berriochoa et Pedro Amató Robera). Ils furent d’abord enfermés dans une petite cage d’un mètre vingt de hauteur.

Tous trois moururent décapités à Hai-Duong, le 1er novembre 1861, jour où les commémore le Martyrologe.

Le corps du bienheureux évêque repose actuellement dans la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, son lieu de naissance.

Il a été béatifié avec ses deux Compagnons en 1906 et canonisé en 1988, parmi les cent-dix-huit Martyrs du Tonkin, d’Annam et de Cochinchine (Viêtnam), et qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

 

 

Valentín Berriochoa

1827-1861

 

Valentín (on trouvera aussi Balentín ou Balendín Berrioxoa, en basque) naquit à Palacio de Arriola (Elorrio, Biscaye, Espagne) le 14 février 1827, de Juan Isidro Berriochoa et María Mónica Aristi. Au baptême, il reçut les noms de Valentín-Faustino, car on fête le martyr saint Valentin le 14 février, comme chacun sait.

Il fréquenta le séminaire de Logroño dès 1845, d’où il sortit trois ans pour aller aider sa famille. Il y retourna et reçut l’ordination sacerdotale en 1851.

Il entra chez les pères Dominicains à Ocaña (Tolède) en 1854, et on l’envoya dès 1856 à Manille, et de là aux missions du Tonquin.

C’était la période de la persécution de Tu-Duc, qui considérait les missionnaires européens comme des émissaires des gouvernements étrangers pour assujettir son royaume. C’est ainsi que fut arrêté et martyrisé le Vicaire Apostolique José María Díaz Sanjurjo (voir au 20 juillet).

En 1857, en la fête de Noël, le père Valentín fut nommé évêque de Centuria et coadjuteur du Vicaire Apostolique Melchor García Sampedro, auquel il succèda après le martyre de ce dernier (voir au 28 juillet), en 1858.

Il ne put exercer son apostolat épiscopal que trois ans. Arrêté sur dénonciation en 1861, il fut soumis à des interrogatoires. Jusqu’à présent on le connaissait sous le nom de Vinh, «le victorieux» ; on lui demanda s’il avait rencontré les agitateurs révoltés en 1858, à quoi il répondit qu’il avait toujours conseillé de ne pas prendre les armes ; on lui demanda s’il connaissait l’évêque Hermosilla, à quoi il répondit, bien sûr, par l’affirmative.

Comme ce dernier, Mgr Berriochoa fut enfermé dans une petite cage où il ne pouvait pas tenir debout. 

Peu de temps après, on l’interrogea encore en lui proposant de renier sa foi. Sur son net refus, il fut condamné à mort, et décapité le 1er novembre 1861. Il avait trente-quatre ans.

Béatifié en 1906, Mgr Berriochoa a été canonisé en 1988, parmi les cent dix-huit Martyrs du Vietnam, qui sont fêtés ensemble le 24 novembre.

Son corps a été ramené au Pays Basque où il repose dans l’église paroissiale de Elorrio.

Saint Valentín Berriochoa, évêque et martyr, est mentionné le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Pere Josep Almató Ribera Auras

1830-1861

 

Ce prêtre dominicain eut la particulière destinée de naître et de mourir le 1er novembre.

Il était né à San Feliú Saserra (Barcelona, Espagne).

Entré chez les Dominicains, il fut donc envoyé prêcher la Bonne Nouvelle au Tonkin en 1855.

Arrêté, il fut sommé de fouler aux pieds un crucifix, ce qu’il refusa de faire, préférant l’adorer à genoux.

Il fut décapité par ordre de l’empereur Tu-Duc le 1er novembre 1861 à Hai Duong (Tonkin). Il avait trente-et-un ans.

Son confesseur en Espagne attesta qu’il était toujours resté très chaste et n’avait jamais souillé son âme d’un quelconque péché mortel.

Béatifié en 1906, il est un des nombreux Martyrs du Tonkin canonisés en 1988 et fêtés ensemble le 24 novembre.

Le dies natalis de saint Pere (Pierre) est le 1er novembre au Martyrologe.

 

 

Rupert Mayer

1876-1945

 

Rupert naquit à Stuttgart le 23 janvier 1876, un des six enfants de parents chrétiens et bons commerçants. C’est une gouvernante qui s’occupa de lui.

Très tôt, il accompagna à cheval son père dans les visites aux clients, et devent un excellent cavalier. Ce sera un excellent sportif.

Il fit ses études à Stuttgart et à Ravensburg.

Dès 1894, à vingt-deux ans, il désirait entrer chez les pères Jésuites, mais son père s’y opposa fermement. A cette époque, les Jésuites étaient exclus de l’Empire, considérés comme des ennemis, des parias, des apatrides.

Sans perdre de temps, Rupert fit des études de philosophie, de théologie et d’histoire dans les universités de Fribourg (Suisse), Münich et Tübingen.

Finalement, il entra au séminaire de Rottenburg (1898), ayant déjà presque achevé ses études sacerdotales ; aussi fut-il ordonné prêtre dès 1899.

L’année suivante, après quelques activités pastorales, il obtint de son père l’ «autorisation» d’entrer chez les Jésuites : noviciat à Feldkirch (Autriche) en 1900, études complémentaires de philosophie et théologie à Valkenburg (Pays-Bas), et dernière année de préparation spirituelle (1905).

Il fut envoyé prêcher quelques missions populaires en Allemagne, en Suisse et en Autriche.

En 1912, il fut à Münich pour assister les milliers de paysans qui envahissaient cette ville en recherche de travail. Le père Rupert se fit «tout à tous», il fut connu partout pour son activité efficace à créer des structures sociales d’assistance. Il fonda même une petite congrégation religieuse féminine, les Sœurs de la Sainte Famille, pour le seconder dans sa tâche.

Lors de la Guerre mondiale, le père Rupert fut infirmier et aumônier dans l’armée allemande. Il recevra sur le front occidental plusieurs distinctions militaires, dont la Croix de Fer, qu’il fut le premier prêtre catholique à recevoir (car les catholiques étaient toujours soupçonnés d’être de «mauvais Allemands»). 

En 1916, en Roumanie, il fut gravement blessé et subit l’amputation de la jambe gauche. Il portera désormais une prothèse qui le fera de plus en plus souffrir.

Démobilisé, il rentra à Münich, où les Jésuites avaient pu reprendre leurs activités après avoir été un moment bannis.

L’archevêque de Münich confia au père Mayer la direction de la congrégation mariale des hommes, où il allait donner le meilleur de lui-même. Il fut tellement engagé et connu, qu’on vint par milliers l’écouter sur la place. A partir de 1925, il célèbra chaque matin la messe à la gare de Münich, où assisteront jusqu’à des milliers de fidèles ! Les nazis interdiront cette célébration en 1935.

Dès l’apparition du national-socialisme, le père Rupert exposera clairement sa conviction du point de vue du catholicisme social. Il multiplia les meetings politiques, et l’on pense qu’il put rencontrer Adolf Hitler lors d’un débat contradictoire (1919 ?). Il démontra leurs erreurs, et s’avança jusqu’à dire que Hitler était, peut-être, un brillant orateur, mais surtout un séducteur et pas un témoin de la Vérité. On ne l’accueillit pas toujours très bien, et ce furent même parfois des groupes nationaux-socialistes qui intervinrent pour le protéger ! 

Quand Hitler accéda au pouvoir, le père Rupert fut de plus en plus surveillé et menacé, car il s’opposait violemment à la politique anti-religieuse du gouvernement.

En 1936, on lui interdit de prêcher en-dehors de son église Saint-Michel, mais il refusa de se soumettre à une autorité civile ; arrêté en 1937, il fit six mois de prison pour abus de la chaire de vérité comme arme politique et attaques vicieuses contre le gouvernement. On lui conseilla la modération, mais ses supérieurs se rangèrent finalement à ses arguments, car le silence du père Mayer aurait été tout-à-fait mal interprété de la part des nazis. D’ailleurs, il demanda de faire écrire dans le procès-verbal de la police cette mention : Je déclare que au cas où je serais libéré, je continuerai de prêcher malgré l’interdiction de prendre la parole qui m’a été donnée, tant dans les églises de Münich que dans toutes celles de la Bavière et ce, pour des questions de principe.

Le père Mayer devait encore être arrêté par deux fois, cinq mois en 1938 à la prison de Landsberg, et en novembre 1939 comme conspirateur, d’où il fut conduit au camp de concentration de Oranienburg et/ou de Sachsenhausen (Berlin). On ne sait pour quel motif providentiel cet internement prit fin brusquement.

Sans doute parce que la santé du père se dégradait, et que les autorités ne voulaient pas d’un «martyr» de l’opposition, on l’enferma alors dans l’abbaye bénédictine d’Ettal (Bavière), où il ne pouvait rencontrer que sa famille proche.

A la fin de la guerre, les Américains lui redonnèrent sa pleine liberté, et le père Rupert en profita pour revenir à Münich, complètement dévastée ; il mit à profit sa personnalité et ce qui lui restait de forces pour venir en aide aux plus démunis.

Le jour de la Toussaint (1er novembre 1945), alors qu’il prêchait durant la messe, une hémorragie cérébrale le frappa, lui laissant juste le temps de répéter «Le Seigneur… le Seigneur… le Seigneur…». Il mourut trois heures après.

Ce soldat du Christ, toujours debout pour défendre la Vérité, mourut debout dans la fidélité à l’Eglise et à son pays.

Le père Rupert Mayer a été béatifié en 1987.

 

 

Teodor Jurij Romzha

1911-1947

 

Teodor Jurij (Théodore Georges) naquit le 14 avril 1911 en pays ruthène, à Velikij Bychkiv (Maramorosh), d’humbles parents.

Jeune, il n’eut qu’une ambition, d’abord cachée, celle de devenir prêtre.

Au terme de ses études au lycée à Chust, il était regardé comme un des meilleurs élèves, d’autant plus qu’il était un excellent joueur de foot-ball. Aussi ce ne fut pas sans surprise qu’on apprit peu après qu’il avait l’intention de se préparer au sacerdoce.

Il fut pour cela envoyé à Rome, au Collège Germanique d’abord, puis au Séminaire Pontifical Russe. Il était ainsi providentiellement amené à être informé sur le communisme, qui allait sévir dans son pays natal.

Il fut ordonné prêtre le jour de Noël, 25 décembre 1936.

Il ne revint dans son pays que l’été suivant. Il prévoyait d’y célébrer sa «première» liturgie, puis de retourner à Rome l’année suivante, en vue de son doctorat en théologie, mais il fut plutôt enrôlé dans l’armée pour combattre l’invasion allemande.

Après son service militaire, l’évêque jugea opportun de garder Teodor dans son pays, et lui confia une petite paroisse près de Maramorosh, Berezovo. C’était la pauvreté même ; Teodor n’avait parfois qu’un repas pour sa journée, mais ne s’en plaignait jamais. Il montrait même sa joie d’être pauvre parmi les pauvres. Les paroissiens de Berezovo furent conquis par leur pasteur, qui exigeait d’eux une vraie vie de Foi.

En 1939, la Hongrie envahit à nouveau la Ruthénie, provoquant de gros bouleversements politiques et religieux. On contraignit l’évêque Stojka à remanier les études du séminaire, ce qui aboutit à nommer le père Teodor directeur spirituel et professeur de philosophie au séminaire de l’éparchie de Uzhorod.

Un de ses élèves dira plus tard : Il était sévère comme professeur, mais paternel et doux comme directeur spirituel.

Le père Teodor consacra aussi une partie de son temps à aider les paroisses environnantes dans le ministère pastoral. Il avait une prédilection pour prêcher les retraites aux jeunes étudiants. Dès qu’il avait un sou en poche, il le donnait aux pauvres. 

L’évêque appréciait le prêtre, et obtint pour lui la dignité honorifique de Prélat de Sa Sainteté ; «Monseigneur» Romzha porta toujours son titre avec discrétion et grande modestie.

En 1943, l’évêque Stojka mourut subitement, vite remplacé temporairement par l’évêque Nicholas Dudash, comme Administrateur de Mukachevo ; mais le Saint-Siège préféra nommer sans attendre Mgr Romzha comme Administrateur Apostolique de Mukachevo. Il fut ordonné évêque en 1944, à Uzhorod.

Juste après, la Ruthénie, envahie par les troupes russes, était incorporée d’office dans la Tchécoslovaquie, et, en 1945, dans l’Ukraine soviétique.

Au début, l’évêque chercha à ne pas s’opposer ouvertement au gouvernement soviétique, mais il dut intervenir officiellement quand il sut que les prêtres étaient tour à tour retirés de leurs paroisses. La réponse fut violente : puisque le Vatican s’opposait au gouvernement soviétique, le gouvernement soviétique ne pouvait supporter d’avoir chez lui des prêtres favorables au Vatican ; donc, seule solution : se séparer du Vatican et se soumettre au patriarche orthodoxe de Moscou. Mgr Romzha déclara franchement qu’il préférait mourir, que de trahir l’Eglise gréco-catholique. C’était la lutte ouverte.

Un évêque «officiel» fut nommé pour Mukachevo, appuyé par la presse et les autorités soviétiques, qui ne cherchait rien d’autre que liquider la hiérarchie gréco-catholique.

Le gouvernement confisqua la voiture de Mgr Romzha, qui continua ses tournées en voiture à cheval, pour aller relever le courage de ses diocésains, les exhortant à rester fidèles, jusqu’à la mort ou au martyre, s’il le fallait.

On lui répondit avec enthousiasme. Même des orthodoxes, remarquant les injustices qu’on imposait aux catholiques, demandèrent à Mgr Romzha d’être admis dans l’Eglise catholique.

Les autorités soviétiques n’arrivant pas à abattre l’intrépide évêque, on tenta de le faire disparaître plus vite. Le 27 octobre 1947, Mgr Romzha revenait d’avoir consacré une église près de Mukachevo, quand un camion militaire renversa sa voiture à cheval. On le frappa à coups de crosse de fusil.

L’évêque blessé fut secouru par des passants et conduit à l’hôpital de Mukachevo, où il se reprit après quelques jours. 

Puis, brusquement, le 1er novembre suivant, on le trouva mort dans sa chambre. Or, la nuit précédente, on avait vu entrer dans sa chambre le directeur de l’hôpital et une mystérieuse «infirmière» qui disparut ensuite. Mgr Romzha fut certainement empoisonné, à trente-six ans.

Officiellement, les autorités soviétiques affirmèrent que l’évêque avait succombé aux blessures de l’accident, mais personne ne s’y trompa.

Mgr Teodor Jurij Romzha a été béatifié en 2001.

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