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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 00:00

 

11 NOVEMBRE

 

III.

S Mennas, soldat martyr, vénéré près d'Alexandrie, très illustre mais peu connu.

IV.

S Martin de Tours, l'apôtre de la Gaule ; hongrois, enrôlé dans la garde impériale, il donna la moitié de son manteau à un pauvre d'Amiens, vint à Poitiers et fonda un monastère à Ligugé puis, évêque à Tours, en fonda un autre à Marmoutier.

V.

S Veranus, évêque à Vence, frère de s. Salonius (évêque à Genève), fils de s. Eucher (évêque à Lyon).

VI.

S Mennas, ermite dans la province de Samnium ; il vivait de quelques ruches. 

VII.

S Ioannis l'Aumônier, évêque à Alexandrie, d'une générosité sans borne.

S Bertuin, évêque anglais, demeuré à Malonne où il fonda une abbaye.

IX.

S Theodoros, higoumène à Stoudios ; cette famille de quatre enfants décida un jour de se consacrer à Dieu : le père et les trois fils à Saccoudion, la mère et la fille à Constantinople ; intransigeant, Théodore fit éliminer les animaux femelles du monastère ; exilé pour s'être opposé à l'empereur adultère, il fut ensuite appelé à restaurer un monastère à Constantinople, foyer de résistance aux erreurs théologiques. 

XI.

S Bartolomeo, abbé à Grottaferrata ; calabrais, de rite bizantin comme son maître s. Nil, très cultivé, polyglotte, il fit de son monastère un grand centre culturel.

XVII.

Ste Marina de Omura, martyre japonaise pour sa virginité et sa foi, brûlée vive, béatifiée en 1981 et canonisée en 1987, fêtée avec s. Laurent Ruiz le 28 septembre.

XIX.    

Bse Sim Jo-i Barbara, laïque coréenne martyre, morte en prison, béatifiée en 2014.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936, près de Tarragona :

- béatifiés en 2013 :

Diocésains : Miquel Saludes Ciuret (*1867), Josep Maria Bru Ralduá (*1870) et Joan Roca Vilardell (*1905) ; 

Clarétain : Frederíc Vila Bartolí (*1884), prêtre ;

Carmes déchaux : Pedro de Eriz Eguiluz (Pedro de Saint-Elie, *1877) et Felipe Arce Fernández (Elipio de Sainte-Rose, *1878), prêtres ; José Alberich Lluch (José Cecilio de Jésus, *1865) et Damián Rodríguez Pablo (Damián de la Sainte-Trinité, *1896), convers ; 

Carmes Tertiaires de l’Education : Isidre Tarsá Giribets (Isidre José Miguel, *1866), Lluís Domingo Oliva (*1892), Buenaventura Toldrá Rodón (Buenaventura Andrès Raimundo, 1896) et Julio Alameda Camarero (*1911) ;

Lasalliens : Josep Boschdemont Mitjavila (Gilberto de Jésus, *1880) et Mariano Navarro Blasco (Jenaro, *1903) ;
- béatifié en 2017 :
Clarétains : le frère isidre Costa Hons (*1909), près de Cervera.

Bse Maria Jadwiga Kotowska (Alicja, 1899-1939), des Sœurs de la Résurrection, martyre polonaise, fusillée par les nazis ; béatifiée en 1999.

B Vikentij Bosilkov (Evgeni, 1900-1952), passionniste bulgare, évêque à Nicopoli, martyr du communisme, béatifié en 1998.

Bx Robert Matej (Josafat) Šiškov (*1884), Petăr (Kamen) Vitchev (*1893) et Josif (Pavel) Džidžov (*1919), assomptionnistes bulgares martyrisés en 1952, béatifiés en 2002.

Mennas soldat

† 304

 

Les plus anciennes représentations de cet illustre Martyr, le montrent en tenue de soldat.

On croit qu’il fut martyrisé près du lac Mareotis (auj. lac Marioût, Alexandrie, Egypte N), durant la persécution de Dioclétien.

Des textes, que l’on croit douteux, ont situé ce martyre à Cotyée (Phrygie, auj. Turquie CW), le corps du Martyr ayant été ensuite porté en Egypte.

Mennas aurait délibérément quitté l’armée, se serait retiré quelque temps dans les montagnes, et serait venu affirmer sa foi devant tout le peuple réuni au théâtre lors d’une fête. Longuement et durement torturé, il fut décapité et livré aux flammes.

Ces textes douteux ont donné lieu à diverses hypothèses : le Soldat de Mennas et le Martyr d’Alexandrie auraient été deux personnages distincts ; ou bien les Chrétiens de Cotyée auraient placé le cercueil de Mennas sur un chameau qui serait arrivé tout seul en Egypte, car Mennas aurait exprimé le désir d’être enseveli «dans son pays». Inversement, quand on aurait voulu emporter le corps de Mennas d’Egypte en Phrygie, tous les chameaux se seraient refusé à se déplacer.

Il reste que le sanctuaire de Saint-Mennas, au sud d’Alexandrie, connut un essor prodigieux. Comme dans tous les sanctuaires, on y fabriqua mille objets rappelant l’illustre Martyr, en particulier de petites lampes à huile de toutes les dimensions, qui furent connues dans tout le monde romain. On emportait l’huile de s.Mennas comme on emporte l’eau de Lourdes. Sur place, on a retrouvé des boutiques de potiers.

Le sanctuaire fut cependant mis à mal et finalement complètement ruiné lors des invasions arabes : l’ingénieux système d’irrigation fut abandonné et le désert réapparut là où l’on cultivait des fruits et des vignes.

La dévotion à s.Mennas était vivante ; des miracles se produisirent. On mentionne la résurrection d’un pèlerin assassiné par son hôte ; un soldat qui voulait violenter une femme se trouve soudain attaché au cheval de s.Mennas, qui le traîne (sans lui faire de mal) jusqu’au sanctuaire, où il demande pardon…

Le Martyrologe Romain mentionne saint Mennas soldat au 11 novembre.

 

 

Martinus de Tours

317-397

 

On oublie que saint Martinus vivait au 4e siècle, juste après l’édit de Constantin, au moment des grandes discussions théologiques.

Il naquit à Sabaria en Pannonie (ce qui serait aujourd’hui Szombathely en Hongrie), en 316 ou 317. Son père était tribun militaire, et pouvait alors être en garnison dans cette contrée assez éloignée de Rome.

Le nom même de Martinus («voué à Mars») est sans doute en rapport avec le métier militaire paternel.

Martinus fut élevé à Pavie, et s’il voulut très tôt passer au christianisme, il ne fut pas baptisé dès l’enfance : son père s’y opposait et lui fit faire dès quinze ans son service dans la garde impériale, et c’est comme tel qu’il donna bientôt la moitié de son vêtement à un pauvre, près d’Amiens.

On a posé la question de cette «moitié» de vêtement : pourquoi le déchirer en deux, au risque de laisser le pauvre grelotter quand même ? Des historiens ont trouvé une réponse très logique : le soldat devait payer la moitié de son vêtement à l’Etat, Martinus ne pouvait pas en disposer intégralement. Mais personne ne nous dit ce que pensèrent les officiers, quand Martinus leur remit l’habit déchiré. Est-ce à ce moment précis qu’il renonça à la carrière militaire ? Ou qu’il en fut renvoyé ? A moins qu’il ait eu l’adroite idée de séparer la doublure de cette cape ?

Animé de sentiments fraternels, Martinus se refusa à combattre, contre les Alamans, et proposa d’être simplement enchaîné et exposé à l’ennemi qui, mystérieusement, demanda la paix.

Enfin libéré, bientôt baptisé, Martinus fut attiré par le renom de saint Hilaire de Poitiers, et se joignit à ses disciples. Humblement, il refusa le diaconat, acceptant seulement d’être exorciste. L’humilité de Martinus était déjà une qualité acquise : militaire, il s’agenouillait pour nettoyer les chaussures de son «esclave» (son ordonnance).

Quand saint Hilaire est exilé en Orient (car c’est l’époque de la dispute arienne), Martinus repart en Pannonie (sur une mystérieuse invitation divine), où il amène sa mère, mais pas son père, à la foi chrétienne ; lui aussi prend parti contre le clergé arien, il est battu de verges ; à Milan, l’évêque arien le chasse ; il se retire près d’Albenga où, se nourrissant d’herbes sauvages, il risque la mort ; apprenant qu’Hilaire est de retour, il le rejoint.

Martinus alors fonde un monastère à Ligugé, car depuis l’enfance il rêvait de la solitude. C’est ici la première communauté de moines en Gaule. Mais en fait de solitude, voilà que Dieu lui accorde le don des miracles et le rend célèbre : entre autres, il ressuscite un de ses disciples, catéchumène.

Quand meurt l’évêque de Tours, on appelle immédiatement Martinus pour lui succéder (370 ou 371). Ce n’est qu’à contre-cœur qu’il accepte ce choix, jugeant que c’est là la volonté de Dieu. On dit qu’il se serait caché parmi des oies, et que les bestioles manifestèrent elles-mêmes sa présence parmi elles. Eloigné de son monastère, il en fonde un autre, Marmoutier, d’où sortiront tant de saintes figures, prêtres et évêques qui réformeront la Gaule.

Martinus parcourt son diocèse, mais aussi les régions plus éloignées, jusqu’à Autun et Vienne. Il appelle les foules à la conversion, détruit les temples païens qui existent encore, les arbres sacrés.

Par sa parole, Paulin de Bordeaux se convertit, et deviendra le saint évêque de Nole en Italie ; Sulpice Sévère lui doit aussi sa conversion.

Les miracles se multipliaient sur le passage de Martinus. Sulpice Sévère en raconte bon nombre. Mais on se plaira à signaler d’autres faits, non pas miraculeux en soi, mais dignes de notre reconnaissance.

Martinus traversait une vigne, juché sur son petit âne. C’était la fin de l’été, et l’âne ne se gênait pas pour happer les feuilles de la vigne, à la grande inquiétude des vignerons qui craignaient que les raisins fussent brûlés. Ils s’aperçurent au contraire que, grâce au soleil automnal, les raisins prirent une belle couleur et surtout y gagnèrent en saveur. C’est pourquoi ils s’habituèrent à invoquer saint Martinus aussi pour leurs vendanges. De là vient la coutume désormais établie d’éclaircir les pieds de vigne à la fin de l’été en en retirant les feuilles trop abondantes.

Une autre fois, voyant des oiseaux se disputer des poissons, Martinus expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens ; c’est depuis ce moment que ces oiseaux furent appelés «martins-pêcheurs».

Vers la fin de sa vie, Martinus fut encore appelé à se déplacer pour rétablir la paix entre des clercs quelque peu agités à Candes sur Loire (ouest de Tours). Il s’efforce de s’y traîner, réconcilie ces clercs, et meurt d’épuisement à Candes, le 8 novembre 397.

Si Martinus eut tant d’influence sur la re-christianisation de la Gaule, il rencontra maintes difficultés de la part du clergé, comme c’est souvent le cas devant des réformateurs. Un de ses pires «ennemis» se trouvait parmi ses propres disciples : Brice était un véritable agitateur, et l’on demandait à Martinus de l’expulser. Divinement inspiré, Martinus le garda jusqu’à la fin, répétant même : Si le Christ a supporté Judas, pourquoi ne supporterais-je pas Brice ? Or, à la mort de saint Martinus, ce fut Brice, désormais profondément touché par la grâce et converti, qui lui succéda (voir au 13 novembre).

Saint Martinus, immensément célèbre, fut vénéré unanimement. Tours devint le premier lieu de pèlerinage des Gaules et la basilique de Saint-Martinus était une splendeur. Sous Clovis, saint Martinus est choisi comme protecteur des Mérovingiens. La fameuse cape de saint Martinus, serait à l’origine du mot chapelle (comme lieu où l’on conserve la cape) et aussi de la dynastie des Capétiens.

Des centaines de communes, des milliers d’églises, portent le nom de Saint-Martinus, qui est aussi un patronyme très fréquent en France.

Saint Martinus est la patron de Tours, de Buenos-Aires, de Mayence, d’Utrecht, de Lucques ; depuis des siècles il est le patron des arquebusiers de Visé (Liège, Belgique). Des fêtes traditionnelles existent en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Autriche.

Il a été dit plus haut que saint Martinus mourut le 8 novembre. Or, traditionnellement, c’est le 11 novembre qu’il est fêté partout, et commémoré au Martyrologe Romain.

Ne serait-ce pas un signe de Dieu que l’armistice de 1918, entre la France et l’Autriche, ait été signé justement au jour de la fête d’un Saint franco-hongrois ?

 

 

Veranus de Vence

5. siècle

 

On verra (v. 16 novembre) que l’évêque s.Eucher de Lyon, avant son épiscopat, avait vécu dans les liens du mariage et avait eu deux fils, Salonius (v. 28 septembre) et Veranus.

Veranus pouvait être né vers 410.

Il était tout enfant quand ses parents décidèrent de se retirer non loin de l’abbaye de Lérins et de confier l’éducation de leurs fils à deux moines, Hilarius et Salvianus.

Ce fut à Veranus qu’Eucher dédia son opuscule Formulæ spiritalis intelligentiæ, ou Règles d’interprétation de l’Ecriture.

Vers 451, Veranus fut nommé évêque de Vence ; il en était le sixième.

Avec son frère Salonius et l’évêque Ceretius de Grenoble, il co-signa une lettre au pape Léon le Grand (v. 10 novembre), pour le remercier d’avoir exprimé la doctrine sur les deux Natures, divine et humaine, du Christ, contre l’hérésie d’Eutychès ; le Pape avait en effet consigné cette doctrine dans le Tome à Flavien et Veranus et son frère en demandaient au pape un exemplaire corrigé de sa main. Les deux frères ajoutèrent à leur signature une petite salutation au Pape ; Veranus écrivit : Veranus qui révère ton apostolat ; je salue Ta Béatitude, et je te demande de prier pour moi.

Veranus était donc en de bons termes avec Rome. Il demanda la suppression de l’évêché de Nice et de l’unir à celui de Cimiez, qui dépendait d’Embrun ; mais comme l’évêque d’Aix revendiquait ces territoires, il y eut des démarches des uns et des autres, pour finalement arriver à la confirmation de ce qu’avait proposé Veranus. Ensuite, c’est le diocèse de Nice qui prévalut, après la destruction de Cimiez par les Lombards.

On rencontre encore Veranus dans un problème de juridiction concernant l’évêque de Vienne et qui fut débattu dans un concile tenu en Arles (463) : consulté par les Pères de ce concile, le pape répondit qu’il avait chargé Veranus d’une mission auprès de l’évêque de Vienne.

Tout cela montre quel rayonnement pouvait avoir Veranus durant son épiscopat.

Veranus a pu mourir vers 492.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Veranus de Vence au 11 novembre.

 

 

Mennas de Samnium

† 580

 

Mennas était un ermite qui vivait dans la région de Samnium (Italie CE), et dont s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrivit (qu’)il vivait en solitaire et (qu’) on l’a bien connu, puisqu’il est mort il n’y a guère plus de dix ans. Or Grégoire écrivait son ouvrage vers 593.

Il ne possédait que quelques ruches. Un Lombard qui voulut les lui voler, reçut de gandes douleurs aux pieds. Des ours qui tentaient de happer ce bon miel, s’enfuyaient promptement quand Mennas les menaçait de sa baguette.

Mennas brûlait du désir d’implanter l’amour de Dieu et de l’éternité dans le cœur de ceux qui venaient le voir.

Dieu l’assistait par le don de la lecture des âmes. Il savait aider les pécheurs à se convertir. Un certain Carterius qui avait enlevé une moniale pour l’épouser, fut ainsi sévèrement repris et averti.

Et s.Grégoire d’ajouter qu’il existe un martyre d’amour, par le fidèle amour que ressentent de grandes âmes, prêtes à tout donner à Dieu. Mennas était de celles-là. Ste Jeanne Fremiot de Chantal disait à peu près la même chose (v. lecture du bréviaire au 12 août).

Saint Mennas de Samnium est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps.

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ !

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici.

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines.

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise.

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

Martinus de Tours

317-397

 

On oublie que saint Martinus vivait au 4e siècle, juste après l’édit de Constantin, au moment des grandes discussions théologiques.

Il naquit à Sabaria en Pannonie (ce qui serait aujourd’hui Szombathely en Hongrie), en 316 ou 317. Son père était tribun militaire, et pouvait alors être en garnison dans cette contrée assez éloignée de Rome.

Le nom même de Martinus («voué à Mars») est sans doute en rapport avec le métier militaire paternel.

Martinus fut élevé à Pavie, et s’il voulut très tôt passer au christianisme, il ne fut pas baptisé dès l’enfance : son père s’y opposait et lui fit faire dès quinze ans son service dans la garde impériale, et c’est comme tel qu’il donna bientôt la moitié de son vêtement à un pauvre, près d’Amiens.

On a posé la question de cette «moitié» de vêtement : pourquoi le déchirer en deux, au risque de laisser le pauvre grelotter quand même ? Des historiens ont trouvé une réponse très logique : le soldat devait payer la moitié de son vêtement à l’Etat, Martinus ne pouvait pas en disposer intégralement. Mais personne ne nous dit ce que pensèrent les officiers, quand Martinus leur remit l’habit déchiré. Est-ce à ce moment précis qu’il renonça à la carrière militaire ? Ou qu’il en fut renvoyé ? A moins qu’il ait eu l’adroite idée de séparer la doublure de cette cape ?

Animé de sentiments fraternels, Martinus se refusa à combattre, contre les Alamans, et proposa d’être simplement enchaîné et exposé à l’ennemi qui, mystérieusement, demanda la paix.

Enfin libéré, bientôt baptisé, Martinus fut attiré par le renom de saint Hilaire de Poitiers, et se joignit à ses disciples. Humblement, il refusa le diaconat, acceptant seulement d’être exorciste. L’humilité de Martinus était déjà une qualité acquise : militaire, il s’agenouillait pour nettoyer les chaussures de son «esclave» (son ordonnance).

Quand saint Hilaire est exilé en Orient (car c’est l’époque de la dispute arienne), Martinus repart en Pannonie (sur une mystérieuse invitation divine), où il amène sa mère, mais pas son père, à la foi chrétienne ; lui aussi prend parti contre le clergé arien, il est battu de verges ; à Milan, l’évêque arien le chasse ; il se retire près d’Albenga où, se nourrissant d’herbes sauvages, il risque la mort ; apprenant qu’Hilaire est de retour, il le rejoint.

Martinus alors fonde un monastère à Ligugé, car depuis l’enfance il rêvait de la solitude. C’est ici la première communauté de moines en Gaule. Mais en fait de solitude, voilà que Dieu lui accorde le don des miracles et le rend célèbre : entre autres, il ressuscite un de ses disciples, catéchumène.

Quand meurt l’évêque de Tours, on appelle immédiatement Martinus pour lui succéder (370 ou 371). Ce n’est qu’à contre-cœur qu’il accepte ce choix, jugeant que c’est là la volonté de Dieu. On dit qu’il se serait caché parmi des oies, et que les bestioles manifestèrent elles-mêmes sa présence parmi elles. Eloigné de son monastère, il en fonde un autre, Marmoutier, d’où sortiront tant de saintes figures, prêtres et évêques qui réformeront la Gaule.

Martinus parcourt son diocèse, mais aussi les régions plus éloignées, jusqu’à Autun et Vienne. Il appelle les foules à la conversion, détruit les temples païens qui existent encore, les arbres sacrés. 

Par sa parole, Paulin de Bordeaux se convertit, et deviendra le saint évêque de Nole en Italie ; Sulpice Sévère lui doit aussi sa conversion.

Les miracles se multipliaient sur le passage de Martinus. Sulpice Sévère en raconte bon nombre. Mais on se plaira à signaler d’autres faits, non pas miraculeux en soi, mais dignes de notre reconnaissance.

Martinus traversait une vigne, juché sur son petit âne. C’était la fin de l’été, et l’âne ne se gênait pas pour happer les feuilles de la vigne, à la grande inquiétude des vignerons qui craignaient que les raisins fussent brûlés. Ils s’aperçurent au contraire que, grâce au soleil automnal, les raisins prirent une belle couleur et surtout y gagnèrent en saveur. C’est pourquoi ils s’habituèrent à invoquer saint Martinus aussi pour leurs vendanges. De là vient la coutume désormais établie d’éclaircir les pieds de vigne à la fin de l’été en en retirant les feuilles trop abondantes.

Une autre fois, voyant des oiseaux se disputer des poissons, Martinus expliqua à ses disciples que les démons se disputent de la même manière les âmes des chrétiens ; c’est depuis ce moment que ces oiseaux furent appelés «martins-pêcheurs».

Vers la fin de sa vie, Martinus fut encore appelé à se déplacer pour rétablir la paix entre des clercs quelque peu agités à Candes sur Loire (ouest de Tours). Il s’efforce de s’y traîner, réconcilie ces clercs, et meurt d’épuisement à Candes, le 8 novembre 397.

Si Martinus eut tant d’influence sur la re-christianisation de la Gaule, il rencontra maintes difficultés de la part du clergé, comme c’est souvent le cas devant des réformateurs. Un de ses pires «ennemis» se trouvait parmi ses propres disciples : Brice était un véritable agitateur, et l’on demandait à Martinus de l’expulser. Divinement inspiré, Martinus le garda jusqu’à la fin, répétant même : Si le Christ a supporté Judas, pourquoi ne supporterais-je pas Brice ? Or, à la mort de saint Martinus, ce fut Brice, désormais profondément touché par la grâce et converti, qui lui succéda (voir au 13 novembre).

Saint Martinus, immensément célèbre, fut vénéré unanimement. Tours devint le premier lieu de pèlerinage des Gaules et la basilique de Saint-Martinus était une splendeur. Sous Clovis, saint Martinus est choisi comme protecteur des Mérovingiens. La fameuse cape de saint Martinus, serait à l’origine du mot chapelle (comme lieu où l’on conserve la cape) et aussi de la dynastie des Capétiens.

Des centaines de communes, des milliers d’églises, portent le nom de Saint-Martinus, qui est aussi un patronyme très fréquent en France.

Saint Martinus est la patron de Tours, de Buenos-Aires, de Mayence, d’Utrecht, de Lucques ; depuis des siècles il est le patron des arquebusiers de Visé (Liège, Belgique). Des fêtes traditionnelles existent en Belgique, en Suisse, en Allemagne, en Autriche.

Il a été dit plus haut que saint Martinus mourut le 8 novembre. Or, traditionnellement, c’est le 11 novembre qu’il est fêté partout, et commémoré au Martyrologe Romain.

Ne serait-ce pas un signe de Dieu que l’armistice de 1918, entre la France et l’Autriche, ait été signé justement au jour de la fête d’un Saint franco-hongrois ?

Mennas de Samnium

† 580

 

Mennas était un ermite qui vivait dans la région de Samnium (Italie CE), et dont s.Grégoire le Grand (v. 12 mars) écrivit (qu’) il vivait en solitaire et (qu’) on l’a bien connu, puisqu’il est mort il n’y a guère plus de dix ans. Or Grégoire écrivait son ouvrage vers 593.

Il ne possédait que quelques ruches. Un Lombard qui voulut les lui voler, reçut de gandes douleurs aux pieds. Des ours qui tentaient de happer ce bon miel, s’enfuyaient promptement quand Mennas les menaçait de sa baguette.

Mennas brûlait du désir d’implanter l’amour de Dieu et de l’éternité dans le cœur de ceux qui venaient le voir.

Dieu l’assistait par le don de la lecture des âmes. Il savait aider les pécheurs à se convertir. Un certain Carterius qui avait enlevé une moniale pour l’épouser, fut ainsi sévèrement repris et averti.

Et s.Grégoire d’ajouter qu’il existe un martyre d’amour, par le fidèle amour que ressentent de grandes âmes, prêtes à tout donner à Dieu. Mennas était de celles-là. Ste Jeanne Fremiot de Chantal disait à peu près la même chose (v. lecture du bréviaire au 12 août).

Saint Mennas de Samnium est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Ioannis l’Aumônier d’Alexandrie

554-616

 

Ioannis (Jean) était cypriote : il naquit vers 554 à Amathonte, d’Epiphane qui était gouverneur de l’île, et d’Honesta, une mère qui portait fort bien son nom.

Ces pieux parents crurent bien faire de pousser leur fils à se marier, ce qu’il fit avec tout le respect qu’il devait à ses bons parents ; mais Dieu avait d’autres vues : l’épouse et les enfants de Ioannis moururent en peu de temps. 

Veuf, Ioannis montra une largesse inouïe envers tous les pauvres, au point que le bruit de ses libéralités se répandit dans tout l’Orient.

En 608, le clergé et le peuple demandèrent à avoir Ioannis pour patriarche d’Alexandrie.

Ioannis n’avait pas encore la préparation nécessaire pour une telle mission, mais il s’en acquitta avec intelligence et persévérance.

Il lui sembla opportun d’extirper sans attendre tous les foyers possibles d’erreurs, d’hérésies, et de vices. Il y avait sept églises en Alexandrie : il en fit construire une soixantaine d’autres.

Voici un exemple de sa vigilance et de son efficacité pastorale. Beaucoup de fidèles quittaient l’église après l’évangile ; Ioannis quitta l’autel et vint s’asseoir au milieu de ceux qui bavardaient sur la place, leur expliquant que le pasteur doit être au milieu de ses brebis et que s’ils voulaient bien rentrer dans l’église pour la célébration, il rentrerait avec eux. Cette «homélie» fut efficace.

Pour avoir plus de part à la perfection monastique, il fonda et dota copieusement deux monastères de religieux dans Alexandrie, dédiés à Notre-Dame et à s.Jean-Baptiste.

Mais c’est sa générosité qui le caractérisa et resta légendaire. Il se fit dresser la liste de tous ses seigneurs, c’est-à-dire des pauvres d’Alexandrie, et on lui en trouva sept mille cinq cents, auxquels il voulait donner l’aumône chaque jour, parfois même deux fois.

A quelqu’un qui le remerciait pour une aumône considérable, Ioannis répondit : Je n’ai pas encore répandu mon sang pour vous, ainsi que Jésus-Christ, mon maître et mon Dieu, me l’a recommandé.

La générosité de Ioannis se manifesta aussi dans le pardon des insultes. A un prêtre qui l’avait passablement calomnié, l’évêque préféra venir lui demander pardon avant de célébrer la Messe, selon l’enseignement du Christ (Mt 5:23) : Au moment de présenter ton offrande, si tu te rappelles que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande et va te réconcilier avec lui. Le prêtre en fut si touché qu’il demanda lui-même pardon pour ses calomnies.

Il recherchait la conversion de ses fidèles : Prenons garde à la longanimité de Dieu, qui est sans limite. Combien de pécheurs sacrilèges viennent recevoir le Corps et le Sang du Christ sans qu’Il les châtie sur-le-champ ! 

Il existe d’autres exemples de la charité immense de Ioannis, trop longs à reprendre ici. 

Bien qu’il eût commencé de faire préparer son tombeau en Alexandrie, Dieu lui réserva une «bonne surprise» : le gouverneur l’ayant décidé à l’accompagner à Constantinople, Ioannis s’embarqua avec lui ; mais la tempête poussa le navire vers Rhodes et, la nuit, Ioannis eut une vision qui lui annonçait sa prochaine rencontre avec le Roi des rois. On aborda à Chypre, on rejoignit Amathonte, où le bon patriarche Ioannis rédigea son testament et s’éteignit, le 11 novembre 616 (ou 619), le jour où l’on commémorait (et commémore aujourd’hui encore) le très illustre soldat égyptien martyr, Mennas.

On aurait vu Ioannis la nuit même de son décès s’avancer vers l’église, suivi de tous ceux qu’il avait assistés, portant des palmes d’olivier en signe de triomphe.

Saint Ioannis l’Aumônier est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Theodoros de Stoudios

759-826

 

Il y avait à Constantinople une famille très unie dans la foi. Photinos et Theoktisti avaient trois garçons (Theodoros, Iosephos, Euthymios) et une fille. Signalons aussi que le frère de Theoktisti (Platon, v. 4 avril) était higoumène du monastère Saccoudion sur le mont Olympe en Bithynie.

En 781, les deux époux décidèrent d’entrer chacun dans un monastère, avec leurs enfants. Theoktisti prit sa fille dans un monastère de Constantinople ; Photinos et ses trois fils entrèrent au mont Olympe, où se trouvait déjà l’oncle Platon.

De Iosephos, il est question le 15 juillet.

Theodoros se fit remarquer par sa ferveur, son ardeur au travail manuel, ses talents d’administrateur aussi.

En 794, Platon s’associa Theodoros comme higoumène et le fit ordonner prêtre par le patriarche Tarasios (v. 18 février).

Theodoros était sans compromis, et exigeant. Il fit par exemple éliminer du monastère toutes les bêtes femelles, ainsi que les serviteurs qui s’en occupaient.

En 795 survint l’épisode du divorce et du remariage de l’empereur Constantin VI. Les moines du Saccoudion s’élevèrent d’une seule voix contre cette attitude, ce qui valut à Platon, Theodoros et Iosephos une première arrestation l’année suivante ; ils furent enfermés au fort des Cathares, puis déportés à Thessalonique (797). En août de la même année, l’impératrice Ireni les fit rappeler.

En 798, menacés par les Arabes, les moines vinrent se réfugier au monastère de Stoudios à Constantinople. Les moines qui s’y trouvaient avaient été exilés puis rappelés au cours de la lutte iconoclaste ; en se joignant à eux, Platon, Theodoros et Iosephos donnèrent une forte impulsion au monastère, qui abrita jusqu’à sept cents moines.

Théodore y établit la Règle de s.Basile, mais avec des adaptations rendues nécessaires. Il fit reposer l’ordre dans la communauté sur l’autorité de l’higoumène, assisté d’un conseil ; le pénitentiel fut très détaillé, les divers officiers du monastère eurent des attributions soigneusement déterminées ; les moines eurent une prédilection pour la copie des livres, réformant l’écriture grecque.

En 802, le monastère protesta contre le choix de Nikephoros comme successeur de Tarasios : il était laïque et proposé par l’empereur. Ce dernier mit en prison Theodoros pendant plus de trois semaines. 

Peu après, on voulut ré-examiner la position du prêtre qui avait célébré le re-mariage de l’empereur Constantin VI ; les moines studites prirent le parti de la résistance passive : ils ne communiqueraient pas avec ce prêtre et se réservaient de s’exprimer ouvertement vis-à-vis de l’empereur et du patriarche quand l’occasion s’en présenterait.

En 808, Iosephos, évêque de Thessalonique depuis deux ans, dut rentrer au monastère de Stoudios. L’empereur, agacé par tous ces moines, fit occuper militairement le monastère, et mit en prison Platon, Theodoros et Iosephos. Puis il les relégua dans les îles des Princes, d’où Theodoros continua d’envoyer des lettres pour soutenir la résistance à l’empereur et au patriarche. Là-dessus, l’empereur fut battu et tué par les Bulgares (811) et son beau-frère Michel lui succéda. Michel adopta la position des moines studites, mais abdiqua dès 813. Alors le pouvoir passa à Léon l’Arménien, iconoclaste.

Theodoros ne se privait pas de rappeler hautement que l’empereur n’avait aucune compétence en matière religieuse. Quand le patriarche Nikephoros fut envoyé en exil (815), Theodoros assuma en quelque sorte la direction des iconophiles : il organisa une grande procession à l’intérieur du monastère, où chaque moine portait une icône. Theodoros fut arrêté, enfermé dans le fort de Metopa, transféré à Bonita (816), puis à Smyrne (819), dont l’évêque était malheureusement iconoclaste.

Theodoros entretint une abondante correspondance pour soutenir les moines tant byzantins que palestiniens, mais aussi avec le pape ; il espérait une intervention du l’empereur d’Occident, Louis le Pieux, qui cependant ne bougea pas. Theodoros portait aux décisions pontificales un intérêt exceptionnel, estimant que l’union avec le pape était la condition indispensable pour réaliser la catholicité de l’eglise. 

Durant son exil, il eut la tristesse d’apprendre la défaillance de plusieurs évêques, d’higoumènes, de quelques-uns de ses moines, le martyre et la déportation de plusieurs autres. Lui-même reçut cent coups de nerf de bœuf le 23 février 819, sur un ordre exprès de l’empereur qui avait eu connaissance d’une de ses lettres.

A Noël de 820, Léon l’Arménien fut assassiné, remplacé par Michel le Bègue qui proclama une amnistie. Theodoros put quitter Smyrne, et gagna Crescentios sur le bord du golfe de Nicomédie. Il préparait une apologie du culte des images, mais l’empereur fit volte face. Il prétendit convoquer un nouveau concile à Constantinople, où Theodoros proposa un recours au pape. L’empereur refusa, et rappela l’interdiction des images dans la ville : Theodoros dut quitter la capitale et revenir à Crescentios.

En 821, Michel le Bègue prétendit remplacer le patriarche Nikephoros, toujours exilé, par un évêque iconoclaste. Nouvelle protestation des moines de Stoudion.

Infatigable, Theodoros continuait de soutenir le culte des images ; maintenant, il soutenait aussi Nikephoros. En 823, il rejoignit le monastère Saint-Tryphon (presqu’île d’Akritas), puis celui de l’île de Prinkipo (archipel des îles des Princes).

En 824, Michel envoya une délégation auprès de Louis le Pieux et obtint une sentence un peu mitigée, à la fois contre les excès des iconoclastes et contre ceux des iconophiles. Mais le pape ne voulut y souscrire.

On peut comprendre combien la santé de Theodoros pouvait désormais être passablement ébranlée après tant de remous politiques et de luttes théologiques. Affaibli par tant de captivités, de tortures, de tristesses et d’une maladie d’estomac, il revint au mont Olympe.

Les premiers jours de novembre 826, il dicta encore une catéchèse ; le 6, il participa à l’Office ; le 7, il fit ses adieux aux moines.

Le dimanche 11 novembre 826, il pria les psaumes du jour, communia et reçut l’Onction des Malades ; il invita les moines à chanter les psaumes des défunts, et rendit l’esprit.

La lutte iconoclaste n’était pas terminée. Mais en 843, le nouveau patriarche présida la fête de l’Orthodoxie et, en janvier 844, présida la translation des reliques de Theodoros et de son frère Iosephos.

Theodoros s’était montré intransigeant et fidèle ; on a pu lui reprocher parfois une certaine insolence vis-à-vis du patriarche, mais dans cette période si troublée, Dieu permit qu’une voix s’élevât pour rappeler la règle d’or de la foi. Theodoros fut un réformateur de la vie monastique, un fidèle défenseur du culte des saintes images et de la morale, et aussi un poète chrétien.

Saint Theodoros de Stoudios (ou Studite) est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Basilio-Bartolomeo de Grottaferrata

980-1065

 

Basilio naquit vers 980 à Rossano (Calabre, Italie S) de famille noble originaire de Constantinople.

Baptisé avec le nom de Basilio, il est beaucoup mieux connu sous son nom religieux de Bartolomeo.

Il fut d’abord confié à sept ans, sur sa demande, aux moines du monastère de Caloveto.

Tout jeune encore, à douze ans, il alla à Vallelucio et se mit sous la direction de son compatriote, s.Nilo (v. 26 septembre), dont plus tard il écrivit la vie.

Passionné pour l’étude, il apprit plusieurs langues. 

En 994, il accompagna son maître à Serperi, avec Stefano, l’autre disciple fidèle de Nilo (v. 26 septembre), qui devait mourir peu après. En 1000, Nilo et Bartolomeo allèrent tous deux à Rome, implorer du pape une attitude miséricordieuse envers l’antipape Jean XVI, originaire lui aussi de Rossano ; mais on ne connaît pas le résultat de cette démarche. C’est durant ce déplacement que les deux auraient eu une apparition de Notre-Dame, leur demandant de construire là, à Grottaferrata, un nouveau monastère.

A Nilo succéda Paolo, puis Cirillo, Bartolomeo ayant refusé d’être élu abbé. Mais il fut contraint d’assumer la succession de Cirillo. Ce fut avant 1024, année de la consécration de l’église du monastère.

Il fit de son monastère un foyer de science et d’art, qui contrastait avec la pleine décadence où était tombée Rome à cette époque.

Bartolomeo contribua à l’écriture de manuscrits ; il rédigea des commentaires de l’Ecriture et composa des hymnes.

A cette époque où les familles aristocratiques rivales de Rome se disputaient l’honneur de mettre l’un des leurs sur le trône papal, Bartolomeo aurait tenu un rôle important pour une élection saine du successeur de Pierre ; mais on n’est pas certain de cette intervention, ni de son résultat.

On a dit aussi que Bartolomeo aurait conseillé d’abdiquer au malheureux Benoît IX, et qu’il l’aurait accueilli à Grottaferrata où il aurait eu la joie de le voir se convertir et mourir paisiblement peu avant lui ; le fait est douteux.

Quant il mourut, le 11 novembre 1065 (ou 1055), il fut aussitôt considéré comme saint à Grottaferrata, dont il devint le patron secondaire ; il fut introduit au martyrologe au 16e siècle.

Les reliques de Nilo et de Bartolomeo disparurent, croit-on, en 1300. La bibliothèque de l’abbaye est l’une des plus riches au monde en manuscrits : cinq cents en grec ancien et autant en latin, des centaines d’incunables et cinquante-mille livres imprimés.

Saint Bartolomeo est commémoré le 11 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Marina de Omura

† 1634

 

Les Chrétiens du Japon reçurent habituellement des noms latins lors de leur baptême.

Dans la première communauté chrétienne de Nagasaki, remontant à saint François Xavier (v. 3 décembre), Marina était entrée en 1626 dans le tiers-ordre dominicain et prêtait une assistance active auprès des missionnaires.

On écrivit d’elle qu’elle avait ouvert sa maison aux missionnaires mais aussi à tous les Chrétiens qui étaient persécutés et qui venaient reprendre des forces auprès d’elle.

Omura est un quartier de Nagasaki.

Arrêtée en 1634 lors de la persécution anti-occidentale, Marina fut soumise à des tortures particulièrement humiliantes, puis brûlée vive, attachée à un poteau entre plusieurs feux.

Elle fait partie d’un groupe de seize Martyrs, qui furent béatifiés ensemble en 1981 et successivement canonisés en 1987.

Marina est mentionnée dans le Martyrologe, à son dies natalis, le 11 novembre. Mais le groupe des seize Martyrs est fêté le 28 septembre.

Le miracle reconnu pour la canonisation fut la guérison totale à Manille d’une petite fille de deux ans, frappée d’une paralysie cérébrale, qui guérit sans aucune thérapie, après l’invocation à tout ce groupe de Martyrs.

 

 

Sim Jo-i Barbara

1813-1839

 

Sim Jo-i Barbara est une laïque coréenne née en 1813 à Incheon (Gyeonggi-do, Corée S).

Elle mourut en prison à Jeonju (Jeolla-do) le 11 novembre 1839 et fut béatifiée en 2014.

Josep Alberich Lluch

1865-1936

 

Josep était né le 7 février 1865 à Benicarló (Castelló).

Il entra chez les Carmes Déchaux : après le noviciat au Désert de las Palmas, il fit la profession avec le nom de Josep Cecili de Jésus-Marie.

Entre autres activités, il fut chargé de l’infirmerie et de la quête pour subvenir aux besoins de la communauté carmélite.

On l’envoya à Valencia, Matanzas (Cuba), San Clemente (Cuenca), Caravaca, Borriana, Castelló.

Dès le début de la guerre civile, il quitta son couvent dans l’idée d’aller se réfugier chez les siens à Benicarló.

Il fut arrêté à Vinarós, et envoyé sur le bateau-prison Río Segre, dans le port de Tarragona, où se retrouvèrent plusieurs Carmes. Le père Felipe Arce était là : le Frère Josep renouvela ses vœux devant lui.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le Frère Josep fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Tarsá Giribets

1866-1936

 

Il vit le jour le 3 février 1866 à Fontanet (Lleida, Espagne) et fut baptisé le 4.

Vingt ans après, il entra en 1886 chez les Frère Carmes de l’Enseignement, où il professa en 1888, avec le nom de Isidre José Miguel.

Il fut destiné au collège de Vendrell, dont il devint directeur en 1894. Il y avait dans cette localité des ouvriers désireux d’acquérir plus de connaissances, mais qui ne pouvaient pas assister aux cours pendant la journée : pour eux, le Frère Isidre obtint d’ouvrir un cours du soir gratuit.

En 1895, il devint directeur à Tarragona, et même Supérieur de la congrégation, sans délaisser son travail d’enseignant.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il fut arrêté le 25 avec d’autres Religieux et incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste ; un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux, aussi les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Pedro de Eriz Eguiluz

1867-1936

 

Pedro était né le 22 février 1867, à Barajuén (Álaba), en la fête de la Chaire de Saint-Pierre, dont il porta le nom.

Jeune, il travailla comme mineur, puis il entra au Carmel à vingt-et-un ans, en 1888.

Après la profession, où il prit le nom de Pere de Saint-Elie, il fut envoyé d’abord en divers couvents, puis au Mexique. 

Là-bas il fonda des couvents (Durango, Mazatlán) et fut nommé visiteur général. Il travailla énergiquement aussi à la fondation des Carmélites Missionnaires de Sainte-Thérèse.

Puis il passa aux Etats-Unis, où il fonda encore d’autres couvents (Winkelman, Heyden, Sonora). A Morenci (Arizona), il fit reconstruire l’église et fut nommé curé de la paroisse de Florence.

En 1916, il revint quelques temps à Durango, puis fut rappelé dans la Catalogne espagnole, comme définisseur. A Tarragona enfin, il fut maître des novices.

Au moment de la guerre civile, il dut quitter le couvent et se réfugia avec le père Elipi et le frère Damiá dans une maison des alentours. Peu de temps après, on les découvrit et on les arrêta : ils furent transportés à bord du bateau-prison Río Segre.

Le 11 novembre 1936, on les fit sortir de là pour les conduire au cimetière de Torredembarra, où ils furent fusillés.

Le père Pedro fut béatifié en 2013.

 

 

Miquel Saludes Ciuret

1867-1936

 

Miquel vit le jour le 26 avril 1867 à Aiforja (Baix Camp, Catalogne, Espagne), de Miquel et Maria, qui le firent baptiser le lendemain, dans leur église paroissiale dédiée elle-même à l’Archange Michel.

De toute la jeunesse de Miquel, on ne sait que la date de sa Confirmation : 1877, à dix ans.

Après le séminaire, il fut ordonné prêtre en 1891.

Le terrain de son activité sacerdotale fut L’Espluga de Francolí, Valldossera, Vilaplana, Borges del Camp comme curé, et Riudoms, en retraite.

Pieux et fidèle, ce prêtre avait le caractère énergique, décidé.

Le 25 juillet 1936, quand la révolution s’était déclenchée avec les horreurs que l’on connaît, le prêtre voulut rejoindre son pays natal en voiture, avec sa sœur Maria. On les arrêta pour un contrôle à l’entrée de Alforja. Immédiatement informés, les révolutionnaires de Riudoms vinrent les prendre pour les emmener en camion, en les brutalisant, en les insultant et les couvrant de grossièretés.

De passage à Borges del Camp, où il avait été récemment curé, le prêtre fut insulté, restant silencieux et recueilli, comme le Christ qu’on giflait et insultait. La même chose en passant à Riudoms, à Reus. 

On les présenta au Comité, où le prêtre et sa sœur furent séparés. On interrogea le prêtre ; on lui demanda où il avait été curé (ils devaient bien le savoir, mais ils firent semblant de l’ignorer…) ; don Miquel répondit sereinement, posément, sans cacher sa condition sacerdotale.

On l’envoya à la prison de Reus (Baix Camp) pendant une douzaine de jours, puis dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona ; dans ces deux endroits, don Miquel montra une grande patience au milieu des mauvais traitements qu’il dut subir.

Le 11 novembre 1936, il fut porté avec vingt-deux autres compagnons, entre autres don Josep Bru et Joan Roca, au cimetière de Torredembarra ; tous furent fusillés contre le mur.

Les trois prêtres qu’on vient de citer furent béatifiés en 2013.

 

 

Josep Bru Ralduà

1870-1936

 

Ce prêtre éminent naquit le 27 octobre 1870 à Tarragona, de Pau et Teresa, et fut baptisé trois jours plus tard.

Après ses études au séminaire, il fut ordonné prêtre en 1896.

Il eut très vite la réputation d’excellent directeur d’âmes et de confesseur, car il passait de nombreuses heures dans le confessional. Aussi fut-il nommé encore jeune prêtre confesseur pour les séminaires et les collèges. Les pénitents avaient toujours l’impression qu’il les connaissait à fond. 

En outre, il avait un don particulier pour assister les mourants.

Rien d’étonnant alors, qu’il fût nommé chanoine à la cathédrale de Tarragona, professeur aux séminaires, official et juge, chancelier et secrétaire à la curie épiscopale.

Le 27 juillet 1936, il fut arrêté chez un ami, sur la route de la Unió, et conduit au bateau-prison Ríu Segre, comme tant d’autres prêtres. Il en profita pour continuer son apostolat, parmi les prisonniers, laïcs ou prêtres, qui s’y trouvaient.

Le 11 novembre, on fit sortir du bateau vingt-trois prisonniers, dont le chanoine Bru Ralduá, qui se mirent à réciter entre eux un psaume, probablement le psaume 50 (Miserere).

Arrivés au mur du cimetière de Torredembarra, on les fusilla à la mitraillette. Puis ils reçurent le coup de grâce.

Don Josep Bru Ralduà tomba martyr le 11 novembre 1936, et fut béatifié en 2013.

 

 

 

Felipe Arce Fernández

1878-1936

 

Felipe naquit le 16 octobre 1878 à Arroyo de Valdivielso (Burgos).

Il entra chez les Carmes Déchaux et fit la profession à dix-neuf ans, en 1897, avec le nom de Elipi de Sainte-Thérèse.

Ordonné prêtre en 1903, il fut envoyé en Catalogne, puis à Tarragona, comme prieur, maître des novices et directeur du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, dont le responsable était le Frère Damián Rodríguez Pablos.

On le connaissait pour sa profonde humilité.

Avec le Frère susnommé, il se réfugia à Rambla Vella, où on les découvrit. Arrêtés, ils furent conduits au bateau-prison Rio Segre.

On les en sortit le 11 novembre, pour aller les fusiller au cimetière de Torredembarra.

Le père Felipe fut béatifié en 2013.

 

 

José Boschdemont Mitjavila

1880-1936

 

José vit le jour le 11 août 1880 à Cassá de la Selva (Gerona, Espagne) et fut baptisé deux jours plus tard.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1894.

Il fit le noviciat et le scholasticat, il reçut l’habit avec le nom de Gilberto de Jesús.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à Benicarló puis à Santa Madrona.

En 1918, il fut en activité à la librairie Bruño de Barcelone. Il devait y rester dix-sept ans.

En 1935, il dut se reposer à Cambrils. Il espérait retrouver son travail à Barcelone, mais la révolution se déchaîna. Comme toute la communauté, il quitta la maison de Cambrils et chercha à se réfugier à Tarragona. Très peu après, il fut arrêté par les miliciens et incarcéré dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on faisait sortir un certain nombre de prisonniers pour aller les fusiller.

Le «tour» du Frère Gilberto arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Ils ont été béatifiés en 2013.

 

 

Frederic Vila Bartolí

1884-1936

 

Cet authentique Catalan (Bartolí ou Bartrolí ?) naquit le 3 mars 1884 à El Brull (Osona, Barcelone, Espagne), d’Antoni et Dolors ; les deux garçons et les trois filles entrèrent dans la vie religieuse.

Frederic grandit à Tona, passa deux années au Petit séminaire de Vic avant d’entrer chez les Pères clarétains. 

Il fut ordonné prêtre en 1907.

Dès 1908, il fut professeur d’Histoire naturelle à l’université de Cervera, puis d’Ecriture Sainte. Il donna une grande impulsion au Musée d’Histoire Naturelle de Cervera et publia alors un ouvrage encore consulté aujourd’hui. Il publia bien d’autres travaux, articles, biographies, monographies…

En 1917, il fut transféré à l’unviersité de Solsona où, en plus de l’Histoire naturelle, il enseigna la Théologie morale, le grec et l’hébreu. Il participa à des missions archéologiques.

Ces années-là, il participa au conseil provincial des Clarétains de Catalogne. Les vacances d’été, il les passait à organiser les Archives des Clarétains à Vic.

Professeur, écrivain, chercheur, Frederic recueillit patiemment un grand nombre de documents historiques sur la vie des Clarétains. Il participa aussi à l’élaboration d’un dictionnaire catalan.

Doué d’une mémoire prodigieuse et d’une intelligence très brillante, il fut une des lumières de sa Congrégation.

Après Solsona, il fut à l’univeristé de Tarragona et, en 1936, devait même partir pour Rome, mais les événements l’en empêchèrent. Il fit mieux.

Le 24 juillet 1936, il se réfugia chez des amis, où il subit déjà une première fouille. Celle-ci se passa sans incident, mais en partant, les miliciens firent leur Salut à leur façon militaire et bolchevique, tandis que le père Frederic leur répondit Adieu. Les miliciens ne se le firent pas dire deux fois : ils arrêtèrent le prêtre, le conduisirent au Comité, de là au bateau-prison Cabo Cullera. Deux mois plus tard, il fut transféré à l’autre bateau, Río Segre.

Sur le conseil du commandant, et grâce à l’entremise d’un fonctionnaire catalan qu’il avait connu à l’Université, le père Frederic demanda d’être libéré. L’ordre de libération arrivait, mais trop tard et fut devancé par une autre décision.

Le 10 novembre des membres de la FAI vinrent annoncer des noms. Le 11 au matin, ils en appelèrent vingt-quatre autre, dont le père Frederic.

Sur le pont du navire, ils se mirent à prier le psaume 50 (Miserere). On alla les fusiller au cimetière, le 11 novembre 1936.

Le père Frederic fut béatifié en 2013.

 

 

Lluís Domingo Oliva

1892-1936

 

Il vit le jour le 11 janvier 1892 à Reus (Tarragona, Espagne), de parents déjà assez âgés, qui le firent baptiser avec les noms de Lluis Salvador Antoni.

En 1906, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa probablement avant 1910, ou très peu avant ses dix-huit ans, car il participait au chapitre en 1920 et que cette participation exigeait un minimum de dix années de profession.

Jusqu’en 1936, il exerça à Tarragona, comme professeur auxiliaire, sauf un court laps de temps à Vendrell.

Excellent professeur, austère, doux, il maintenait de bonnes relations avec les Carmes Déchaux.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

A noter qu’après ces quatres Martyrs, il ne resta qu’un seul Frère, Francisco Navarro Bonila, qui fut aussi mis en prison et torturé, mais qui survécut. Tous ses efforts pour remonter l’Institut furent vains, il intégra l’Ordre des Carmes Déchaux en 1954 et mourut en 1959.

 

 

Buenaventura Toldrá Rodón

1896-1936

 

Il vit le jour le 31 mars 1896 à Pla de Cabra (auj. Pla de Santa María, Tarragona, Espagne) et fut baptisé le jour-même, avec les noms de Buenaventura Andrés Raimundo.

En 1907, il entra au Petit séminaire de Tarragona mais, en 1915, sa santé l’obligea à quitter cette orientation. Désireux d’être Religieux à tout prix, il entra chez les Frères Carmes de l’Enseignement et professa en 1917.

De 1918 à 1921, il fut destiné au collège de Vendrell, où la confiance totale qu’on pouvait avoir en lui le fit mettre responsable du patrimoine du collège.

En 1922, il passa à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez ses parents à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet. 

Buenaventura dit à sa chère mère : Maman, tout ça, que ce soit par amour pour notre Seigneur. Si nous ne nous revoyons pas ici, nous nous reverrons au Ciel.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste : un ou deux jours de plus ou de moins ne changeaient pas beaucoup au sort des Religieux ; les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

Damián Rodríguez Pablos

1896-1936

 

Damián naquit le 18 mai 1896 à Pedroso de Armuña (Salamanque, Espagne).

Il commença la carrière militaire, mais l’interrompit pour la vie religieuse et entra au couvent des Carmes Déchaux de Tarragona.

Il fit la profession comme Frère convers avec le nom de Damiá de la Très-Sainte-Trinité.

On lui confia la responsabilité du Centre de Propagande Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus, en plus de ses activités de portier et de sacristain.

Il vécut son idéal religieux avec une grande intensité, comme il ressort des lettres qu’il écrivait à sa famille.

Lors de la Révolution de 1936, il dut quitter le couvent et se réfugier avec un autre Père dans une maison de la Rambla Vella, où les rejoignit ensuite encore un autre Père.

Mais le 6 août suivant, on les découvrit, on les arrêta et les envoya sur le bateau-prison Rio Segre.

Ils y restèrent jusqu’au 11 novembre. Ce jour-là, on fusilla le Frère Damián, au cimetière de Torredembarra.

Frère Damián fut béatifié en 2013.

 

 

Mariano Navarro Blasco

1903-1936

 

Mariano vit le jour le 3 décembre 1903 à Tortajada (Teruel, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il entra au noviciat mineur des Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils en 1916.

Il fit le noviciat à Hostalets, où il prit l’habit le 1er novembre 1919 avec le nom de Jenaro.

Après le scholasticat, il fut catéchiste à l’école gratuite de Cambrils.

En 1922, il fut au Sacré-Cœur de Tarragona.

En 1928, il partit pour trois ans à Cuba.

En 1931, il revint en Espagne et fut envoyé à Manlleu, et en 1933 à Tarragona.

Au moment de la guerre civile, il fut un parmi des centaines à être incarcérés dans le bateau-prison Ríu Segre, en rade de Tarragona, dont presque chaque jour on en appelait un certain nombre pour les fusiller.

Le «tour» du Frère Jenaro arriva le 11 novembre 1936. A une heure du matin, tout le monde fut réveillé en sursaut par les hurlements des miliciens. L’un d’eux annonça les noms de sa liste. Il en manquait quelques-uns, qui étaient à un autre endroit. Il commença à en désigner quelques autres, au hasard. Il s’arrêta quand on lui cria que le véhicule était plein. Parmi les vingt-quatre appelés, se trouvaient Frère Jenaro et Frère Gilberto. Au cimetière de Torredembarra, on les aligna contre le mur et on les fusilla.

Le Frère Jenaro avait trente-trois ans.

Ces deux Frères ont été béatifiés en 2013.

 

 

Joan Roca Vilardell

1905-1936

 

Joan (Jean) naquit le 13 août 1905 à Girb de la Plana (Osona, Catalogne, Espagne), de Joan et Mercé, des parents très chrétiens qui offrirent à Dieu quatre de leurs douze enfants.

De ces quatre, deux sont martyrs : Joan et Dolors (pour celle-ci, voir au 8 août).

Joan fit rapidement voir son goût pour la religion et la liturgie.

Il fut ordonné prêtre en 1929, et célébra sa première messe solennelle à Gurb le 22 janvier suivant.

Les paroisses qui le virent en exercice furent Sant Marti de Tous (Anoia) et Granollers de la Plana (Osona). Il sera nommé Chantre à la cathédrale de Tarragona.

Lors de la révolution de juillet 1936, il fut parmi les premiers arrêtés et mis dans le bateau-prison Riú Segre d’abord, puis dans le Ciutat de Maó (= «ville de Mao», ndlr), en rade de Tarragona.

Là, il supporta avec grande résignation les mauvais traitements qu’il eut à subir, sans oublier les offenses d’ordre obscène dont étaient régulièrement l’objet les prêtres et les religieux.

Le 11 novembre 1936, on le fit sortir de cet enfer ; il obéit sans opposer résistance. Ils furent vingt-quatre à être ensuite alignés et fusillés contre le mur du cimetière de Torredembarra.

Don Joan Roca Vilardell fut béatifié en 2013.

 

 

Isidre Costa Hons

1909-1936

 

Né le 5 janvier 1909 à Taradell (Barcelone) et baptisé trois jours plus tard, il était le fils de Juan et Dolores.

Il apprit les métiers d’électricien et de boulanger. Il fut garçon domestique dans des maisons des Pères Clarétains (La Roca et El Vivet), jusqu’au jour où il demanda à être admis lui-même au noviciat.

Il fut admis au noviciat de Vic en 1930 et fit la profession en 1931.

En 1932, on l’envoya à Solsona comme aide-cuisinier ; en 1934, à Cervera, avec un saut à La Selva del Campo ; en 1936, on l’envoya comme aide-cuisinier à Vic.

Le 21 juillet 1936, il fallut évacuer la maison et le frère Isidre se réfugia à El Vivet, puis à La Roca, dont il avait de si bons souvenirs. Comme ancien travailleur, Isidre avait un sauf-conduit en règle et pouvait se déplacer assez facilement ; il en profitait pour venir à Vic, à Barcelone ; on lui demanda d’aller jusqu’à La Selva del Campo, pour prendre des informations sur le sort des Confrères qui s’y trouvaient. Il apprit ainsi la mort de Jaime Franch, fils du propriétaire d’El Vivet.

Encouragé par ces expériences, il demanda à son Supérieur l’autorisation d’aller jusqu’à Mas Claret. On lui exprimait des réserves, mais il partit le 8 novembre. Le 9, il s’arrêta à Vergos, où on le soupçonna déjà d’être un des Religieux de Mas Claret. Le 10, la famille où il s’était arrêté, chercha à le prévenir qu’à Cervera, les miliciens ne tenaient pas compte des laisser-passer et qu’il risquait gros. La réponse du Frère restait catégorique : Je m’en moque si je suis arrêté. Si je meurs, je meurs pour Dieu ! Le 11 il se mit en marche.

A Mas Claret, les «gardiens» n’étaient pas convaincus ; ils usèrent de l’épreuve classique pour révéler les Religieux : le faire blasphémer. Ayant refusé, Isidre fut fusillé sur place, à treize heures. Juste avant de mourir, il dit aux bourreaux : Je vous pardonne, pour l’amour de Dieu, je vous pardonne tout.

Martyrisé le 11 novembre 1936 à Mas Claret et béatifié en 2017, Isidre Costa Hons sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 11 novembre.

 

 

Julio Alameda Camarero

1911-1936

 

Il vit le jour le 28 mai 1911 à Castroceniza (Burgos, Espagne), fut baptisé deux jours plus tard, et confirmé en 1923.

En 1926, il entra au noviciat des Frères Carmes de l’Enseignement à Tarragona et professa en 1928.

De 1928 à 1936, il exerça à Tarragona.

Lorsque la révolution éclata en juillet 1936, il se réfugia avec trois autres Collègues chez les parents du Frère Buenaventura à Tarragona. C’est là que se présentèrent des hommes de la FAI à la recherche d’un prêtre. Buenaventura déclara que les quatre qui étaient là étaient tous quatre Religieux et ils furent arrêtés, le 25 juillet.

Il fut incarcéré aux Pilatos, le siège des miliciens ; de là, on le fit passer avec les autres au bateau-prison Río Segre, où il resta jusqu’au 11 novembre, priant avec les Confrères et redonnant du courage aux autres prisonniers.

Ce jour-là, le commandant descendit à la recherche de tous les prêtres et, en général, à tous ceux qui portaient la tonsure (à cette époque, tous les clercs portaient ce signe très visible sur la tête, en signe de consécration à Dieu). Or, le Frère Isidre ne faisait pas partie de la liste, car un des miliciens, ami des Carmes, les avait rayés de la liste. Les Frères se confessèrent et se présentèrent au commandant, qui les fit immédiatement passer dans le groupe des appelés.

Ils priaient le psaume 50 (Miserere), tandis qu’on les conduisait au cimetière de Torredembarra. Au moment de leur exécution, ils proclamaient encore Vive le Christ Roi.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Maria Jadwiga Kotowska

1899-1939

 

Maria naquit le 20 novembre 1899 à Varsovie (Pologne), deuxième des huit enfants de Jan et Zofia Barskich.

Etudiante en médecine à l’Université de Varsovie, elle participa comme infirmière à la Première guerre mondiale. Reconnue pour son mérite, elle devait recevoir en 1932 la Médaille de la Pologne.

En 1922, elle entra chez les Sœurs de la Résurrection, avec le nom de Alicja. Son désir était de vivre et mourir pour le Christ, le plus grand Amour, le Seigneur, (son) Dieu et (son) Tout.

En 1929, elle soutint une thèse de chimie.

Enseignante et très compétente, elle fut directrice d’école à Wejherowo (Gdansk).

On lui annonça qu’elle pouvait être arrêtée d’un jour à l’autre. Elle aurait pu s’enfuir, mais ne voulut pas se mettre à l’abri et laisser exposées d’autres personnes à cause d’elle, les autres Religieuses ou les personnes qu’elle aidait.

Elle fut arrêtée le 24 octobre 1939 et apprit alors qu’elle avait été dénoncée par le gardien de l’école. Elle dit alors les dernières paroles qu’on entendit de sa bouche : Je pardonne tout à François.

Elle fut mise en prison à Wejherowo.

Le jour où elle devait être fusillée, un témoin la vit courir vers un groupe d’enfants juifs qu’on allait aussi «éliminer». Ils étaient terrifiés, et elle les prit par la main, les réconforta du mieux qu’elle put et monta avec eux dans le camion.

Il y eut, peu après, la fusillade de plusieurs centaines de victimes dans un bois à proximité de Piasnica. On suppose qu’Alicja mourut au même moment, le 11 novembre 1939.

Quelques jours plus tard, elle devait fêter ses quarante ans.

Le corps lui-même d’Alicja n’a jamais été retrouvé, mais quand on fit des fouilles à Piasnica, on retrouva la ceinture de l’habit des Sœurs de la Résurrection avec son chapelet.

Maria Jadwiga a été béatifiée parmi les cent-huit Martyrs polonais de la Deuxième guerre mondiale, en 1999.

Robert Matej Šiškov

1884-1952

 

Robert naquit le 9 février 1884, à Plovdiv (Bulgarie) dans une grande famille catholique de rite latin.

Il entra comme élève à neuf ans dans la congrégation des Augustins de l’Assomption à Kara-Agatch (à la frontière turque) et, comme novice à seize ans, avec le nom de Josaphat (1900).

A partir de 1901, il fut professeur, puis envoyé en 1902 à Varna (Mer Noire), où il dirigea la publication de magazines.

Il fut envoyé en Belgique en 1904 pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1909, il reçut le sacerdoce à Malines.

Dans les années 1914-1919, il fut professeur au collège de Saint-Augustin de Plovdiv puis au séminaire de Varna.

C’était un pédagogue à la pointe du progrès, le premier qui utilisa les caractères cyrilliques dans l’imprimerie, une prouesse pour l’époque.

En 1929, il fut nommé directeur du séminaire.

La situation religieuse de la Bulgarie s’étant douloureusement aggravée, le père Josaphat fut arrêté dès décembre 1951.

De septembre à octobre 1952 se déroula son «procès», qui s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Robert Matej-Josaphat Šiškov a été béatifié en 2002.

 

 

Petăr Vichev

1893-1952

 

Petăr (Pierre) naquit le 23 mai 1893, à Srem (Burgas, Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra au noviciat des Augustins de l’Assomption en 1910, avec le nom de Kamen.

A partir de 1918, il fut professeur à Plovdiv, puis au petit séminaire d’Istanboul.

Il fut envoyé en Belgique pour achever ses études de philosophie et de théologie à Louvain.

En 1921, il reçut le sacerdoce à Istanboul, où il enseigna ensuite à son tour la théologie, jusqu’en 1925.

Il passa ensuite le doctorat de théologie à Rome et de nouveau, à partir de 1930, fut professeur de philosophie au collège de Saint-Augustin de Plovdiv ; doyen des études, recteur de l’école, il eut parmi ses élèves aussi bien des Catholiques que des Orthodoxes, des Musulmans et des Juifs, qui étudiaient en parfaite harmonie. L’établissement fut brutalement fermé par les autorités en 1948, qui expulsèrent les Religieux.

Mais Kamen était Bulgare, et pouvait de ce fait rester dans son pays, comme vicaire provincial, jusqu’au jour où il fut arrêté, en juillet 1952.

Son «procès» s’acheva par la condamnation à mort.

Il fut exécuté dans les sous-sols de la prison de Sofia le 11 novembre 1952.

Le père Petăr-Kamen Vichev a été béatifié en 2002.

 

 

Vikentij Bosilkov

1900-1952

 

Les transcriptions latines des appellations bulgares ou russes, ne sont pas unanimes. On pourrait aussi bien orthographier «Bocilkof».

Vikentij (Vincent) naquit le 16 novembre 1900 à Belén (Bulgarie) dans une famille paysanne, de rite catholique latin. 

En jouant le long du Danube, il fallit se noyer. Sa maman, Béatrice, pria Dieu de le prendre à Son service s’il se sauvait.

Entré à treize ans dans le collège passioniste de Oresch (Pays Bas), il demanda ensuite à être admis à Ere (Belgique) comme novice avec le nom de Evgeni (Eugène) du Sacré-Cœur de Jésus ; il fit profession en 1920 et à partir de 1924 revint faire des études en Bulgarie, où il fut ordonné prêtre en 1926.

Il fut envoyé à Rome, à l’Institut Pontifical Oriental, pour obtenir le doctorat en théologie. Le sujet de sa thèse était : L’union des Bulgares avec le Saint-Siège au 13e siècle.

Revenu en Bulgarie en 1931, le jeune prêtre fut nommé secrétaire de l’évêque, lui-même passioniste, et curé de la cathédrale de Russe, puis de la paroisse de Bardarski-Gheran, où il se montra excellent pédagogue pour les jeunes.

C’était un homme très cultivé ; il parlait treize langues ; il rencontrait les intellectuels aussi bien que les petites gens, il dialoguait avec les orthodoxes, qui le respectaient beaucoup.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, les troupes d’Union Soviétique envahirent la Bulgarie, et instaurèrent le communisme, supprimant tout ce qui pouvait avoir rapport avec la religion. 

La maison du père Evgeni était ouverte à tous, des milliers de Juifs lui durent la vie. Le Docteur Bossilkov était connu dans tout le pays. Les jeunes étaient fascinés par sa personnalité.

Il avait une vie très réglée : levé à quatre heures et demie, il écrivait, il priait jusqu’à sept heures et demie. Il avait une grande vénération pour la Sainte Vierge dont il disait que Avec la Vierge Sainte, on peut tout faire.

En 1946, le jour de la fête du Rosaire, 7 octobre, il fut consacré évêque de Nicopolis, un des quatre diocèses latins de Bulgarie,. pour succéder à celui qui venait de décéder. Mais la persécution communiste sévissait déjà.

Lors d’un voyage à Rome en 1948, on lui conseilla de ne pas rentrer en Bulgarie, mais il refusa d’abandonner son troupeau. En prière à la basilique de Sainte Marie-Majeure, il demanda la grâce du martyre.

Le gouvernement lui fit de belles promesses, s’il acceptait de se séparer de Rome pour diriger une Eglise nationale. C’est un net refus qui répondit aux autorités civiles.

A partir de 1949, la situation empira. Le gouvernement déporta le Délégué Apostolique, réquisitionna les propriétés ecclésiastiques et supprima les congrégations.

En 1952 commencèrent les arrestations en masse des dirigeants de l’Eglise. Mgr Bosilkov fut arrêté le 16 juillet, à Sofia, dans le jardin de la maison de son frère. La nièce de l’évêque était présente et remarqua qu’il resta très calme, lui disant seulement : Sois en paix. Ceci est la volonté de Dieu et tout sera pour le Bien.

Mgr Bosilkov était devenu un «ennemi public», pour avoir refusé d’être mis à la tête d’une Eglise «gouvernementale». 

En prison on le soumit à d’horribles vexations, privations et problèmes de tous genres.

Le 29 septembre s’ouvrit un procès. Comme «preuves» de la culpabilité de l’évêque, on présenta deux armes soi-disant trouvées dans un collège catholique de Sofia. L’évêque fut déclaré coupable et condamné à être fusillé par un peloton d’exécution, pour avoir eu des contacts avec les pays impérialistes, leur avoir fait passer des informations confidentielles par le moyen de la valise diplomatique, pour avoir tenu un concile où il avait été décidé de combattre le communisme. Cette décision était sans appel.

Sa famille fut autorisée à le revoir, rapidement. Il était méconnaissable, avec ses chaînes aux mains, aux pieds et au cou. On voulait demander sa grâce, mais il s’y opposa : Dites à tout le monde que je demeure fidèle à l’Eglise et au Pape, et que je n’ai pas trahi.

Mgr Bosilkov fut exécuté dans les caves de la prison, très tard dans la nuit du 11 novembre 1952 (cinq jours avant son cinquante-deuxième anniversaire).

En décembre de cette même année, sa nièce voulut lui apporter en prison un filet de victuailles, qui fut refusé. La famille reçut alors les vêtements du Pontife, tachés de sang, ainsi que sa croix pectorale. Dès 1953, une personnalité de Bulgarie révéla que Mgr Bosilkov avait été torturé et exécuté, ajoutant cependant que c’était «un bruit».

On n’a jamais pu retrouver son corps, qui fut jeté dans une fosse commune. Ce n’est qu’en 1975 que fut officiellement reconnue la mort du prélat, encore ne fut-elle reconnue que comme «naturelle», vingt-trois ans auparavant.

En 1999, la Cour d’Appel Suprême de Bulgarie annula la sentence de mort du Mgr Bosilkov, jugeant les accusations des violations évidentes.

Mgr Bosilkov a été béatifié en 1998.

 

 

Josif Džidžov

1919-1952

 

Josif naquit le 19 juillet 1919, à Plovdiv (Bulgarie) dans une famille catholique de rite latin.

Il entra dans la congrégation des Passionnistes comme novice dans le Jura français, avec le nom de Pavel.

En 1942, la maladie l’obligea à revenir en Bulgarie pour y achever ses études.

En 1946, il reçut le sacerdoce.

Il fut nommé économe au collège de Saint-Augustin, jusqu’en 1948, quand l’école fut fermée par les autorités communistes.

De citoyenneté bulgare, il put rester dans le pays, comme économe provincial et procureur, jusqu’à son arrestation avec le père Petăr Vichev.

On ne sut plus rien de ce Religieux, jusqu’à ce que, après la chute du Mur de Berlin, on apprît qu’il fut fusillé avec deux autres Assomptionnistes (Robert Šiškov et Petăr Vichev), et probablement aussi avec Mgr Bossilkov lui-même, dans la nuit du 11 novembre 1952.

Le père Josif avait trente-trois ans.

Jetés dans une fosse commune, leurs corps ne furent jamais retrouvés.

Josif et ses Compagnons furent béatifiés en 2002, lors d’une cérémonie à laquelle le métropolite orthodoxe demanda à participer.

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