Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 novembre 2019 2 12 /11 /novembre /2019 00:00

 

12 NOVEMBRE

 

III.

SS Aurelius et Publius, évêques , l'un en Asie mineure, l'autre à Debelte, martyrs.

V.

S Nilos, préfet à Constantinople puis ermite au Sinaï, auteur contesté d'écrits spirituels.

VI.

S Machar, premier évêque à Aberdeen, irlandais, venu en Ecosse avec s. Columba.

S Hesychius, sénateur puis évêque à Vienne ; ses fils furent évêques (s. Apollinaire à Valence, s. Avit après lui à Vienne).

S Æmilianus (Millan), de la Cogolla, prêtre espagnol traitreusement accusé d'avoir, par sa générosité envers les pauvres, dilapidé les biens de l'Eglise ; ermite, il mourut centenaire.

?

SS Evodius, Scutarius, Aurelius, Ermentarius, Suacrus et Benignus (V.-VIII.), évêques quasi inconnus au Puy.

VII.

S Cummian le Grand (en irlandais : Fada), fondateur d'un monastère à Kileummin ; il fit adopter en Irlande la date romaine de Pâques.

S Cunibert, évêque à Cologne : une colombe se posa sur sa tête au moment où il célébrait la messe ; il succéda à s. Arnoul au conseil royal de Dagobert.

S Liévin, évêque à Gand, dont il est le patron, martyr ; il serait venu d'Ecosse.

S Liguaire (Léger), évêque à Saintes, peut-être le même que celui d'Autun.

VIII.

S Lébuin, missionnaire anglais venu à Utrecht et chez les Saxons.

S Paterne, moine thaumaturge, décapité par des brigands qu'il tentait de convertir, près de Sergines.

XI.

SS Benedetto, Giovanni, Itzhak, Mateuz et Krystian, martyrs camaldules à la Warta ; Krystian était leur cuisinier.

XIV.

B Giovanni Cini de la Paix, ancien militaire, tertiaire franciscain à Pise.

XV.

S Diego, frère lai franciscain espagnol ; grand thaumaturge.

XVII.

S Josaphat (Jan Kuntsevych), moine ruthène, archimandrite, évêque à Polock et martyr, artisan du rapprochement des orientaux et des occidentaux, d'abord par la réforme de l'ordre basilien, puis par le dialogue avec les orthodoxes, enfin par la réforme du bas-clergé, surnommé le “ravisseur des âmes” ; assassiné lâchement par des schismatiques qui le haïssaient.

XX.

S Margarito Flores García (1899-1927), prêtre mexicain martyr, canonisé en 2000 et fêté le 21 mai.

Bse Baudelia Duque Belloso (Carlota de la Visitation, *1872), des Franciscaines des S.Cœurs, près de Barcelone, béatifiée en 2018.

Bse Ursula Medes Ferrís (María Natividad, 1880-1936), cistercienne espagnole, martyrisée en même temps que son frère José, béatifiée en 2015.

B José Medes Ferrís (1885-1936), martyr laïque espagnol près de Valencia, avec sa sœur et ses deux frères religieux ; béatifié en 2001.

 

Nilos d’Ancyre

† 430

 

On connaît différents personnages nommés Nil.

Anciennement, celui commémoré le 12 novembre était localisé à Constantinople : préfet de la ville, marié et père de deux fils, il fut converti par s.Jean Chrysostome et se fit moine. Lui et son fils Théodule vécurent en anachorètes sur le mont Sinaï. Son épouse et l’autre fils allèrent en Egypte. Théodule aurait ensuite été enlevé par des nomades, qui le vendirent comme esclave. Il fut retrouvé par son père en Palestine, et tous deux, père et fils, furent ordonnés prêtres par l’évêque  d’Elusa.

Cette chronique ayant semblé suspecte, actuellement, on a corrigé la mention du Martyrologe, indiquant que s.Nil fut d’abord un disciple de s.Jean Chrysostome, qu’il fut ensuite longtemps abbé d’un monastère près d’Ancyre (act.Ankara, Turquie), et qu’il écrivit beaucoup sur la vie ascétique ; on a recueilli plus de mille lettres qu’il écrivit à des contemporains.

Il mourut vers 430.

Nilos est appelé, selon les cas, Nilos du Sinaï, ou Nilos d’Ancyre, ou Nilos l’Ancien, ou Nilos l’Ascète.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Nil d’Ancyre au 12 novembre.

 

 

Hesychius de Vienne

† 565

 

Il y eut deux évêques de Vienne (Isère) nommés Hesychius (Isicius, Isice). L’un à la fin du cinquième siècle, l’autre au siècle suivant. Mais il est difficile de trancher duquel il s’agit ici.

Si l’on parle du deuxième, quelques détails de sa vie nous sont connus… par son épitaphe !

Il avait une sœur, Marcella.

Il se maria et eut deux fils, Apollinaris et Avitus (v. 5 octobre et 5 février).

Il fut d’abord questeur, avant d’être appelé à l’épiscopat vers 545 : il devenait le dix-neuvième évêque de Vienne.

On a sa signature parmi les Pères des conciles d’Orléans (549) et de Paris (552).

On pense qu’il mourut vers 565. Mais cette date exclut totalement que son propre fils, Avitus, lui ait succédé, puisque ce dernier fut évêque de Vienne entre 494 et 518.

Le premier Hésychius fut le vingt-quatrième évêque de Vienne, de 476 à 494 environ, et fut donc le prédécesseur d’Avitus, mais non son père.

Comment trancher entre les deux Hesychius ? Attendons l’évolution de la recherche historique.

Le culte d’un des deux Hesychius fut reconnu en 1903.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Hesychius de Vienne au 12 novembre.

 

 

Millan de la Cogolla

474-574

 

Millan (Emilien) serait né vers 474 à Berceo (La Rioja, Espagne N).

Tout jeune, il garda les moutons et, pour passer le temps, il jouait de sa guitare.

A vingt ans, il se mit à l’école d’un ermite nommé Felix, puis s’en revint chez lui.

Le bruit de ses vertus s’étant déjà répandu, on vint le trouver : il alla se cacher sur le mont Dircetius, où il resta quarante ans.

L’évêque de Tarazona, Didimo, l’ordonna prêtre et lui confia la paroisse de Berceo.

Millan voulut être vraiment au service de toute sa paroisse. Particulièrement, il voulut soulager les pauvres. Il le fit si bien, que de mauvaises langues pensaient qu’il dilapidait les biens de l’Eglise et le dénoncèrent à l’évêque. Ce dernier écouta malheureusement ces calomnies, et écarta Millan de la pastorale.

Mais Millan accepta son sort avec grande humilité et sainte obéissance : il se retira dans sa solitude et reprit sa vie d’ermite. Un prêtre l’accompagna, nommé Asellus. Peut-être qu’une communauté se forma autour de lui.

Il devint nonagénaire et se faisait assister par de saintes femmes. Pour se déplacer, il prenait un cheval (on ne dit pas s’il montait lui-même la bête ou s’il l’attelait à une charrette).

Millan mourut centenaire, le 12 novembre 574.

Le monastère San Millan de la Cogolla, proche de Berceo, fut ensuite très célèbre ; c’est un de ses moines qui publia plus tard les Miracles de Notre-Dame, vingt-cinq petites merveilles de l’intervention maternelle de Notre-Dame auprès des pécheurs.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Millan de la Cogolla au 12 novembre.

 

 

Machar d’Aberdeen

6. siècle

 

Machar (Macaire) était un évêque missionnaire irlandais.

En 563, il passa en Ecosse avec s.Columba (v. 9 juin).

Il est considéré comme l’apôtre de la région d’Aberdeen et le fondateur de ce diocèse.

Depuis 1560, il n’y a plus d’évêque catholique à Aberdeen, mais l’ancienne cathédrale est toujours là, avec ses deux belles tours.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Machar d’Aberdeen au 12 novembre.

 

 

Cunibert de Cologne

590-660

 

Cunibert (Kunibert, Chunebert, Clunibert, Hunibert) naquit vers 590-600, de Crallo et Regina, membres de l’aristocratie franque dans la région de la Moselle.

Il reçut sa formation à la cour de Clotaire II. Son «professeur» le traita d’abord fort durement, jusqu’au jour où, dans le dortoir, il observa une lumière merveilleuse au-dessus de la couche de Cunibert ; sa méthode changea alors totalement.

En 614, Cunibert devint l’archidiacre de l’évêque de Trèves.

En 623, il devint le troisième évêque (connu) de Cologne, peut-être le neuvième d’après les suppositions concernant les évêques (inconnus) du sixième siècle.

En 626, il participa au concile de Clichy.

Il succéda à s.Arnoul (v. 18 juillet) au Conseil royal, et fut chargé de la formation du petit Sigebert III. Ce dernier, puis Childéric II, ainsi que Pépin de Landen et Grimoald, s’entendirent très bien avec lui.

Cunibert fut envoyé par le roi Dagobert pour évangéliser les Frisons, mais cette mission ne semble pas avoir porté de fruits, puisque s.Boniface (v. 5 juin) écrivit vers 720 que rien n’avait été fait.

Pendant que Cunibert célébrait la sainte Messe, on vit un jour une colombe blanche se poser sur sa tête, signe qui fut interprété par tous les assistants comme une preuve de sa sainteté. La même colombe aurait ensuite voltigé autour d’un autel sous lequel Cunibert aurait identifié les reliques de sainte Ursule (v. 21 octobre).

La date de 660-663 nous indique approximativement la mort de Cunibert, dont l’épiscopat aurait duré près de quarante ans.

Saint Cunibert de Cologne est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Lebuinus de Deventer

† 775

 

Lebuin (Lebwin, Liafwin) naquit en Angleterre de parents anglo-saxons.

Il fut moine à Ripon.

Après son ordination sacerdotale, il vint en 754 à Utrecht, où l’accueillit volontiers l’administrateur apostolique Grégoire (v. 25 août).

Celui-ci l’envoya prêcher dans l’Overijssel, accompagné de Marchelm (v. 14 juillet), un fidèle disciple de s.Willibrord (v. 7 novembre).

Une pieuse veuve nommée Abarhilda les aida à construire deux sanctuaires, l’un à Wilp, l’autre à Deventer.

Rapidement, quelques personnalités adhérèrent à la proclamation de l’Evangile, comme Folcbracht. Mais d’autres au contraire appelèrent une troupe de Saxons pour incendier l’église de Deventer. Lebuinus, protégé par les Chrétiens épouvantés qui s’enfuirent, put se mettre à l’abri.

Peu après, lors de l’assemblée annuelle des Saxons à Marklo, Lebuinus s’enhardit tout simplement à s’y présenter pour prêcher la Vérité avec toute sa force. Plusieurs chefs allaient l’assommer avec leurs bâtons, mais l’un d’eux, Buto, rétorqua sagement : Nous recevons avec honneur les ambassadeurs des Normands, des Slaves et des Frisons, ne devons-nous pas traiter avec respect un envoyé de Dieu ?

Lebuinus put revenir indemne à Deventer et reconstruisit l’église. Il mourut peu après, vers 775, et fut enterré dans son église.

Les Saxons firent à nouveau irruption à Deventer et détruisirent une deuxième fois cette église. S.Liutger (v. 26 mars) voulut retrouver les reliques de Lebuinus, en vain. Lebuinus lui apparut alors et lui indiqua l’endroit où elles se trouvaient.

Saint Lebuinus de Deventer est commémoré le 12 novembre dans le Martyrologe Romain.

Martyrs de Kazimierz

Benedetto, Giovanni, Mateusz, Itzhak, Krystian

† 1003

 

Le duc Boleslas Chrobry arriva au pouvoir en Pologne en 992, animé de sentiments favorables au christianisme.

Il obtint de l’empereur Otton III la création de l’archevêché de Gniezno avec plusieurs autres évêchés suffragants (997).

Otton III connaissait bien Bruno de Querfurt (voir au 9 mars), et en obtint de décider l’italien saint Romuald à envoyer deux religieux camaldules en Pologne. Saint Romuald venait de fonder l’Ordre des Camaldules (voir au 19 juin).

Le premier de ceux-ci, Benedetto (Benoît), était né à Benevento (près de Naples, Italie) et «reçut» le sacerdoce encore enfant avec l’argent de ses parents. Cette faute simoniaque dont il n’était pas responsable ne l’empêcha pas de chercher la perfection : d’abord chanoine, il devint moine à San Salvatore en Calabre, puis ermite au Mont Sorratte, enfin non loin du Mont Cassin. C’est là qu’il fut présenté à saint Romuald lors d’un voyage du Saint. Benedetto suivit le Fondateur à Rome, puis dans son monastère près de Ravenne. Et c’est de là qu’il partit pour la Pologne.

Il était accompagné d’un frère, Giovanni, qui était borgne et de condition physique délicate.

Ces deux religieux furent bien accueillis par Boleslas, qui les installa à Casimiria, non loin de Gniezno sur la Warta dans la forêt de Grande Pologne. Il leur fit bâtir un petit monastère avec un oratoire dédié à saint Martin.

Quelques Polonais vinrent compléter le groupe : on a retenu les noms de Mathieu, Itzhak et Krystian. Les sœurs de ces derniers prenaient également le voile.

Benedetto et Giovanni s’efforçaient d’apprendre la langue polonaise, en même temps qu’ils se laissaient pousser la barbe, pour ne pas choquer les habitants païens. 

Il est dit aussi qu’ils s’administraient mutuellement de copieuses flagellations, selon les usages des premiers camaldules.

Après une rencontre de Benedetto avec Boleslas, certains crurent que Boleslas avait remis une très forte somme d’argent au moine, ce qui donna à des brigands l’idée d’assaillir le petit monastère.

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1003, ils pénétrèrent dans l’enceinte, rejoignirent les moines qui s’étaient à peine mis au lit, et massacrèrent immédiatement Benedetto et Giovanni, ainsi que Mathieu et Itzhak. Le frère Krystian, le cuisinier, s’empara d’un bâton pour mettre en fuite les brigands, qui l’abattirent aussi. Il semble que les quatre premiers aient été étranglés, dans leur dortoir, et le dernier pendu, dans la chapelle.

Les brigands mirent le feu au monastère et s’enfuirent, mais par un phénomène inexplicable, ils se perdirent, furent vite arrêtés et condamnés à mort. Boleslas commua leur peine : ils seraient attachés aux tombeaux des Martyrs jusqu’à la fin de leurs jours. Autre merveille : à peine enchaînés, ils virent leurs liens se défaire, comme si les Martyrs voulaient leur montrer qu’ils leur avaient pardonné. Ils furent alors confiés à l’ermitage, qui fut restauré et agrandi.

L’évêque de Poznan vint procéder à l’inhumation des cinq Martyrs : les corps des quatre premiers furent mis dans l’église, mais celui de Krystian dans le cloître, car ce dernier semblait avoir tenté de se défendre avant de subir le martyre. Toutefois cette cérémonie qui suivait les rites réservés aux martyrs, fut considérée comme une canonisation.

Les reliques des cinq Camaldules martyrs furent plus tard rapportées à Olmütz.

L’ermitage reçut plus tard le nom de saint Casimir (voir au 4 mars), tandis que les cinq Martyrs furent déclarés patrons de Bohême et Moravie.

Le Martyrologe les commémore le 12 novembre.

 

 

Benedetto de Benevento

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de), ci-dessus.

 

 

Giovanni de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

Ce saint Giovanni était italien, sans qu’on puisse aujourd’hui connaître son origine précise.

Pour le localiser un peu plus précisément, on l’a ici établi à Kazimierz (Pologne), là où il fut martyrisé.

 

 

Mateusz de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Krystian de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Itzhak de Kazimierz

† 1003

 

Voir la notice : Kazimierz (Martyrs de)

 

 

Giovanni Cini

1270-1335

 

Giovanni était de Pise (Italie CO), où il naquit en 1270.

Il était «haut, grand et robuste», et faisait une vie de «vilain soldat» (soldataccio), dit une chronique. Mais comme cela arrive aussi par la permission de Dieu, il faisait partie du Tiers-Ordre franciscain.

Sa «vilaine» vie le conduisit jusqu’à la responsabilité d’un attentat contre l’archevêque local en 1296 ; il aurait pu écoper de la pendaison, mais il subit «seulement» la prison.

La peine fut bénéfique. Au terme de cette pénitence, Giovanni était converti et demanda à être admis dans le Tiers-Ordre Régulier franciscain. 

A partir de 1305, il dirigea la «Pieuse Maison de la Miséricorde», destinée aux plus pauvres. Il eut aussi la délicate attention de porter de nuit l’aumône et des effets, auprès de gens pauvres qui étaient gênés de les recevoir de jour.

Il s’installa comme ermite à la Porte de la Paix, de Pise, et c’est de cette situation qu’il hérita du surnom habituel de Giovanni de la Paix. A l’intention de jeunes gens qui se mettaient sous sa direction, il refonda une confraternité de Petits Frères de la Pénitence, qui s’était éteinte peu auparavant.

Giovanni redonna vie aussi (ou fonda) la confraternité des Fidèles de Saint-Jean Evangéliste.

Les dernières années, il se mura dans sa petite cellule de la Porte de la Paix, recevant par une fenêtre l’Eucharistie et un peu de nourriture qu’on lui donnait.

Il mourut un 12 novembre vers 1335, toujours à Pise.

En 1857, son culte fut reconnu, le rendant Bienheureux.

 

 

Diego d’Alcalá

1400-1463

 

On connaît peu ou mal l’ascendance de Diego. Il serait né vers 1400 à San Nicolás del Puerto (Andalousie, Espagne S) et reçut au baptême le nom de Diego (Jacques).

A l’adolescence, il choisit un style de vie retirée, près de l’église paroissiale et cultivant un petit jardin. A ses bienfaiteurs, il offrait de menus objets qu’il fabriquait.

Pour faire comprendre sa discrétion et son désintéressement, on raconte communément qu’ayant trouvé dans la rue une bourse pleine, il appela quelqu’un d’autre pour la faire rapporter.

Il entra chez les Frères Mineurs d’Arruzafa près de Cordoue, comme frère convers.

Sa dévotion à la Vierge Marie était très grande et il l’invoquait «avec succès». Un jour qu’il était en déplacement avec un confrère et qu’ils n’avaient rien à manger, ils aperçurent bientôt un bon repas tout préparé sur une nappe propre, au bord de la route. Une autre fois - et ce miracle est fameux - un jeune garçon s’était caché de sa mère et s’était endormi au fond du four à pain ; quand sa mère alluma le four, le garçon cria et la mère fut désespérée, mais Diego arriva en courant, pénétra dans le four et en ressortit l’enfant sain et sauf, pas même touché par les flammes.

Vers 1440, il fut envoyé au couvent de Fuerteventura, une des îles Canaries, où la population vivait encore dans un profond paganisme. Diego y travailla tant et si bien, et avec des miracles, qu’il y eut beaucoup de conversions ; lui qui n’était qu’un convers, en devint le gardien (supérieur). Il aurait bien voulu passer sur la grande Canarie, et y souffrir le martyre, mais une tempête empêcha le bateau d’accoster.

En 1444, on le rappela en Espagne, pour la joie des confrères qui n’espéraient plus le revoir. On fut bien étonné, à cette époque-là, de constater quelle science possédait Diego des Ecritures et de la Théologie, alors qu’il n’avait pas fait d’études.

En 1450, il fit le pèlerinage à Rome pour le jubilé et la canonisation de Bernardino de Sienne (v. 20 mai). Au même moment se déchaîna une épidémie de peste et tous les Romains s’enfuirent, y compris le pape et les dignitaires du Vatican, comme les apôtres fuirent Jésus le Vendredi saint, écrivit un pèlerin allemand de l’époque ! Diego assista les confrères contaminés, dans le couvent romain de l’Aracœli, et organisa des distributions de nourriture dans les rues de Rome.

De retour en Espagne, il fut à Séville et obtint de se retirer à Saliceto. Mais en 1456 il fut chargé de superviser l’érection du nouveau couvent de Alcalá de Henares. C’est là qu’il vécut encore sept années, touchant les cœurs, convertissant, guérissant les malades, faisant le bien partout où Dieu le permettait.

Peu avant de mourir, il dut être opéré d’un douloureux apostème au bras, puis le mal s’étendit et la fièvre augmenta. Diego mourut le 12 novembre 1463.

Après sa mort, son corps resta souple et très beau, ce que purent constater l’archevêque, le roi de Castille, des rabbins juifs et des Mores.

En 1562, le fils du roi Felipe II tomba et se blessa mortellement à la tête ; on eut recours à Diego : une étoffe posée sur le visage du Religieux puis sur le crâne du blessé, apporta la guérison du Prince ; à son réveil, il assura avoir vu Diego, qui l’encourageait.

Diego fut canonisé en 1588.

Ioann Kuntsevych

1580-1623

 

Ioann naquit vers 1580 à Volodymyr (Volhynian, Volvodeship, Pologne, actuelle Ukraine). A la suite des nombreux conflits qui eurent lieu dans cette région de Ruthénie, le nom de famille de Ioann sera orthographié tantôt en bélarus (Kuncevič), tantôt en polonais (Kuncewicz), tantôt en ukrainien (Kuntsevych).

Ses parents étaient de modestes commerçants, qui le firent baptiser dans le rite gréco-catholique local, dit uniate (voir plus bas).

Pour comprendre la vie et l’action de Ioann, il faut faire une petite description de la situation religieuse des Ruthènes au 16e siècle.

Les Ruthènes avaient été évangélisés par des Grecs, et après le schisme de Photius (10e s.) et de Michel Cérulaire (11e s.), s’étaient insensiblement éloignés de Rome pour se rapprocher de Byzance. Au 14e siècle, la Pologne annexa les Ruthènes. On créa des évêchés «latins» à côté des évêchés «grecs» (schismatiques), puis un synode ruthène tenu à Brest-Litovsk en 1595 décida la réunion de l’Eglise ruthène à Rome, mettant à égalité les deux rites latin et grec. Le gouvernement appuyait d’ailleurs cette réforme, qui permettait d’apaiser les esprit dans cette région «difficile».

Mais tous les orientaux ne se rangèrent pas dans les rangs catholiques, et une partie du clergé et de la population préférait rester dans le giron de Constantinople-Moscou.

Or nombre de Polonais voyaient mal cette fraction schismatique aux longs offices, aux prêtres ignorants, mariés. Du côté ruthène, on voyait mal le rapprochement avec Rome et l’éventualité du moindre changement liturgique dans le rite oriental.

Finalement, au lieu de deux, on eut trois Eglises en Ruthénie : la latine, la grecque-romaine, et la grecque orthodoxe. 

Ioann alla étudier à Vilnius (actuellement capitale de la Lituanie), où il rencontra les pères Jésuites. Pieux, ascète, Ioann prit franchement parti pour l’union avec l’Eglise romaine.

Il entra chez les pères basiliens au monastère de la Trinité de Vilnius, où il prit le nom de Jazafat (biélorus) ou Jozafat (polonais) ou Josafat (ukrainien).

Même cette vie monastique ne le satisfaisait pas. Il cherchait par lui-même la perfection, par la lecture assidue des livres liturgiques traditionnels, des textes sacrés, mais aussi dans la prière et la pénitence. Un groupe se forma autour de lui.

Ordonné prêtre en 1609, Josafat (ce sera le nom couramment utilisé) chercha à prêcher, à controverser, pour ramener les âmes à l’unité romaine. Il s’appliqua au ministère sacerdotal avec zèle, prêchant, confessant, tout en appliquant exactement la règle monastique. Il avait un talent particulier pour assister les condamnés à mort ; il visitait les malades pauvres, leur lavait les pieds, s’efforçait de venir en aide aux miséreux. Son succès fut tel qu’on le surnomma Duszochwat, ravisseur des âmes. Une de ses interventions fut de dénoncer l’archimandrite lui-même (ou supérieur) du monastère, qui était passé secrètement au schisme.

Il fut nommé higoumène, ou prieur, de la fondation basilienne à Byten (Novogrodek), en 1613, puis fut rappelé à Vilnius pour être lui-même archimandrite.

En 1617, Josafat fut nommé archevêque de Polock ; il en profita pour étendre son activité missionnaire. Il constatait que le clergé était très ignare, très loin de l’idéal sacerdotal. Il supplia ses prêtres de revenir à une condition digne du Christ. 

Il fit reconstruire la cathédrale Sainte-Sophie de Polock.

Malgré de gros progrès, il restait dans la société d’importants foyers d’opposition à l’archevêque uniate ou philo-romain, et comme le démon sait toujours diviser pour régner, on accusa l’archevêque de vouloir latiniser l’ensemble du rite uniate.

Or, du temps de Josafat, le patriarche (orthodoxe) de Constantinople décida d’ordonner des évêques orthodoxes pour la Ruthénie. Ce fut le départ d’une sourde agitation, puis d’une opposition ouverte contre l’évêque de Polock. La Pologne hésita, puis abandonna les Ruthènes. Josafat fut dans la ligne de mire des schismatiques.

Des partisans de ces derniers, entraînant derrière eux toute une foule de manifestants, vinrent envahir la demeure de l’évêque. Il se présenta de lui-même à la porte de sa chambre. On le frappa, on le foula aux pieds, on le tira dans la cour, tandis qu’il criait Oh, mon Dieu ! et on l’acheva d’un coup de mousquet ; et pour l’outrager, on dépeça un chien sur son corps. Puis on le jeta, nu, dans le fleuve, son cilice attaché au cou et rempli de pierres.

Il mourut en martyr de la foi le 12 novembre 1623.

Peu après, le gouvernement polonais se ravisa et protégea les Ruthènes ; un procès condamna à mort une centaine de participants à l’assassinat de l’Archevêque ; beaucoup d’orthodoxes passèrent au catholicisme.

Josafat Kuntsevych a été béatifié en 1643, et canonisé en 1867. Il est aussi inscrit au calendrier universel de l’Eglise.

On peut voir son corps, momifié, revêtu des ornements sacrés du rite oriental, en la basilique Saint-Pierre à Rome.

 

 

Margarito Flores García

1899-1927

 

Né le 22 février 1899 à Taxco (Guerrero, Mexique), de Germán et Merced, Margarito dut travailler beaucoup pour aider sa pauvre famille. Il risqua même par deux fois sa santé.

A quatorze ans, il exprima son désir d’être prêtre, mais ses parents s’y opposèrent pour des motifs économiques. De généreuses personnes pourvurent cependant aux frais, et Margarito put entrer au séminaire de Chilapa en 1915.

Même séminariste, il chercha à se soutenir économiquement en faisant le coiffeur. Il payait lui-même sa lampe à pétrole, jusqu’à ce que le courant électrique fut installé en 1919.

Au milieu des privations, il put venir à bout de ses études et reçut l’ordination sacerdotale en 1924, le 5 avril, et célébra sa première messe solennelle dans son pays, le 20 avril suivant.

Vicaire à Chilpancingo (Guerrero), il fut un ardent apôtre de la dévotion au Sacré-Cœur et, selon les fameuses promesses du Christ à sainte Marguerite-Marie Alacoque (dont il portait le prénom), il s’efforçait par tous les moyens d’amener à la confession les fidèles au moment du Premier vendredi du mois.

En 1926, il fut transféré à Tecapulco, à cause du conflit politico-religieux. Il voulut rendre visite au curé, mais l’approche des troupes fédérales obligea le curé et le vicaire à se cacher quelques jours, avant de se séparer et de repartir chacun dans sa famille. En route, Margarito ne trouva rien ni pour dormir ni pour manger.

Après quelque temps dans sa famille, il ne pouvait supporter de rester éloigné des activités pastorales et partit d’abord pour Mexico, où il évita une première arrestation en se faisant passer pour médecin (médecin des âmes, bien sûr).

Il profita de sa présence dans la capitale mexicaine pour essayer de trouver une solution à ce conflit et fréquenta l’Académie San Carlos.

C’est alors qu’il apprit la mort par le martyre d’un autre prêtre, David Uribe, le 12 avril 1927. On peut dire que son sang ne fit qu’un tour : Moi aussi, je vais donner ma vie pour le Christ ; je vais en demander la permission au Supérieur, et il alla trouver le Vicaire Général.

Nommé curé à Atenango del Río (Guerrero), il se mit hardiment en route. Dès son arrivée, on découvrit qu’il était prêtre. Appréhendé, il fut dépouillé, et obligé de marcher pieds nus et à peine habillé, jusqu’à Tulimán ; quoiqu’au mois de novembre, le soleil était très chaud ce jour-là ; Margarito n’en pouvait plus et demanda un peu d’eau : on se contenta de lui administrer d’autres coups. Parvenu à Tulimán, il fut de suite condamné à être fusillé. On lui donna à choisir l’endroit pour être exécuté.

Tranquillement, il s’approcha de la partie postérieure de l’église et demanda la permission de prier, s’agenouilla, baisa le sol et se releva. Un soldat s’approcha et lui demanda s’il lui pardonnait : profondément ému, Margarito lui répondit que non seulement il lui pardonnait, mais encore qu’il le bénissait ;: alors les balles lui fracassèrent la tête. Le prêtre avait vingt-huit ans.

C’était le 12 novembre 1927.

Trois heures après, le corps gisait encore par terre ; sur ordre du Capitaine, deux soldats vinrent le tirer par les pieds jusqu’au cimetière où une fosse avait été creusée ; ils y jetèrent le corps du prêtre, ainsi que sa soutane et recouvrirent la fosse.

Plus tard, quand de pieuses personnes voulurent exhumer ses restes et les déposer à l’intérieur de l’église, le sang était encore tout vif, malgré tout le temps passé dans une fosse commune.

L’abbé Margarito fut béatifié en 1992 et canonisé en 2000.

 

 

 

Baudelia Duque Belloso

1872-1936

 

Elle naquit le 22 mai 1872 à Nava del Rey (Valladolid, Espagne), aînée de six enfants.

En 1878, ces derniers furent orphelins de leur père.

En 1887, à quinze ans, Baudelia demanda à entrer dans la congrégation des Sœurs Franciscaines des Sacrés Cœurs, dont une maison venait de s’ouvrir à Nava del Rey.

Son noviciat commença à Antequera (Málaga), où Baudelia prit le nom de Carlota de la Visitation.

En 1893, elle fit les vœux perpétuels.

Elle fut d’abord secrétaire de la Mère Fondatrice (Carmen de l’Enfant-Jésus, v. ), puis Supérieure dans diverses maisons, jusqu’au collège de Vilanova de Bellpuig (Lleida).

En juillet 1936, les Religieuses furent expulsées. La Mère Carlota vint se réfugier à Barcelone et se cacha, mais le concierge la dénonça.

Arrêtée par les anarchistes, elle reçut la palme du martyre à Casa Antúnez (Barcelone), le 12 (ou le 14) novembre 1936.

Baudelia Duque Belloso, béatifiée en 2018, sera commémorée au Martyrologe le 12 novembre.

 

 

Ursula Medes Ferrís

1880-1936

 

Née le 18 décembre 1880 à Algemesí (Valencia, Espagne), elle entra en 1915 chez les moniales Cisterciennes de Zayda, et professa en 1916 avec le nom de María Natividad.

En 1927, elle partit avec la Mère Baldoví fonder une nouvelle maison à Algemesí, Fons Salutis.

Les Religieuses furent expulsées en juillet 1936, et la Mère Medes Ferris s’en vint chez son frère José voir plus bas), avec ses deux autres frères, le père Ernesto et le frère Vicente.

Ces quatre frères et sœur furent arrêtés et mis en prison dans le monastère lui-même, transformé en prison.

Le 11 novembre, on les emmena hors de Alcudia de Carlet, pour les fusiller tous les quatre, par balles tirées dans la nuque. Le matin du 12, la Mère Medes Ferris agonisait encore : on l’acheva en lui écrasant la tête.

Elle fut martyrisée à Alcudia de Carlet (Valencia) le 12 novembre 1936 et béatifiée en 2015.

 

 

José Medes Ferrís

1885-1936

 

José était né le 13 janvier 1885 à Algemesí (Valencia, Espagne), de parents profondément chrétiens et fut baptisé le même jour.

Il avait épousé Purificación Esteve Martínez, mais n’eurent pas d’enfants. Ces époux chrétiens étaient des agriculteurs.

Dès la jeunesse, José avait pris et conservé l’habitude d’assister chaque jour à la Messe et de communier, avant d’aller à son travail.

Sa vie, personnelle et publique, était exemplaire ; charitable, toujours prêt à défendre les intérêts de l’Eglise catholique, il n’avait aucun ennemi, cherchant toujours à aider les autres, dans de multiples œuvres sociales. Il fit partie du Syndicat Catholique Agricole, de l’Association des Adorateurs nocturnes, du Sacré-Cœur, du Tiers-Ordre du Carmel, de Saint-Dominique, du Saint-Rosaire (qu’il récitait chaque jour avec son épouse).

Il avait une sœur plus âgée : Ursula Medes Ferrís, née en 1880, était entrée au monastère cistercien de Zayda (Valencia) en 1915 et fait la profession en 1916 avec le nom de Natividad. Quand fut fondé le monastère cistercien Fons Salutis à Algemesí, elle en fit partie, revenant ainsi dans son pays natal.

Les deux frères de José étaient plus jeunes : Vicente (né le 27 février 1888) et Julián (né le 7 janvier 1890), tous deux carmes ; le premier prit le nom de Domingo de la Sainte-Famille, l’autre celui de Ernesto de Notre-Dame du Salut, et fut ordonné prêtre.

Expulsés de leurs monastères respectifs, les trois frères et sœur vinrent chez leur frère José, où s’organisa une intense vie de prière, ponctuée par le travail aux champs. 

On suppose qu’ils furent trahis par une voisine de José, qui appartenait à la cellule communiste d’Algemesí.

Au soir du 11 novembre, des miliciens se présentèrent à la maison de José, et demandèrent sous la menace qu’on leur amenât les trois religieux, qui se présentèrent d’eux-mêmes. Sœur Natividad fut conduite dans son propre monastère, transformé en prison, les deux Carmes au monastère des Bernardines, lui aussi transformé en prison.

Pendant ce temps, les deux époux José et Purificación priaient le chapelet avec ferveur. Un peu plus tard, on vint enlever aussi José.

Natividad fut jugée, condamnée à mort et conduite sur un camion avec son frère Julián ; Vicente et José étaient chacun sur un autre camion. 

Ils avaient tous les mains liées derrière le dos et on les faisait avancer à coups de crosses de fusils.

Les trois véhicules se dirigèrent vers une carrière près de Alcudia, à huit kilomètres de Algemesí, où on fusilla les quatre frères et sœur, à l’aube du 12 novembre.

D’après ce qu’on a pu observer ensuite, on leur tira plusieurs coups dans la nuque.

Un témoin oculaire a affirmé que peu avant de mourir, Julián dit bien fort aux miliciens : Nous savons bien que vous allez nous tuer, mais nous mourrons avec plaisir pour la religion et pour l’Espagne. Vive le Christ Roi !

José a été béatifié, en 2001. Le Martyrologe le mentionne au 12 novembre.

Dans la localité de Algemesí, se trouvait une très ancienne statue de Notre-Dame du Salut, qui fut trouvée en 1247, objet de la vénération de la population. En 1936, bien que le curé l’ait cachée, les miliciens la retrouvèrent, l’emportèrent et la détruisirent à coups de hache, avant de la réduire en cendres par le feu. 

Que Dieu leur pardonne ce sacrilège.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens