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13 novembre 2019 3 13 /11 /novembre /2019 00:00

 

13 NOVEMBRE

 

III.

S Mitrias, esclave à Aix-en-Provence.

IV.

SS Antoninus, Nikephoros, Zebinas et Germanus, martyrs décapités à Césarée, ainsi que ste Manathas, brûlée vive.

V.
SS Arcadius, Probus, Paschasius, Eutychianus et Paulillus, martyrs à Cirta, officiers du roi des Vandales ; Paulillus, jeune frère de Paschasius et Eutychianus, fut durement fouetté et réduit à l'esclavage.

S Brictius, évêque à Tours ; disciple indiscipliné de s. Martin, converti à la mort de ce dernier, et son successeur ; il souffrit la calomnie d'avoir eu un enfant d'une vierge ; il eut quarante-sept ans d'épiscopat.

VI.

S Leonianus, abbé à Vienne ; fait prisonnier en Pannonie, il fut longtemps reclus. 

S Quinctianus, évêque à Rodez et Clermont ; il dut quitter Rodez devant les Wisigoths, et eut bien des problèmes à Clermont aussi ; il mit fin à la sécheresse par une pluie miraculeuse.

SS Florentius, évêque à Città di Castello, et son prêtre Amantius.

S Dalmatius, évêque à Rodez, thaumaturge ; n'ayant pu obtenir la grâce d'un condamné à mort, il fit que le malheureux restât en vie après la pendaison.

S Himerius, ermite près de Bâle ; on conserve des cendres que le Saint se mettait dans le nez, pour que leur picotement l'empêchât de s'endormir.

S Amand, évêque à Rennes, prédécesseur de s. Melaine à qui il prédit l'épiscopat.

VII.

S Kilien, moine irlandais venu à Aubigny, thaumaturge.

S Eugenio II, évêque à Tolède, théologien et poète.

Ste Maxellende, vierge et martyre à Cambrai, tuée par son fiancé ; aveuglé, ce dernier demanda pardon et recouvra la vue.

IX.

S Nicolas Ier, pape (858-867) : il affirma l'autorité de Rome en Orient et en Occident ; il osa rappeler à l'ordre Hincmar de Reims, et s'opposer au divorce de Lothaire II.

XI.

S Abbon, abbé à Fleury et martyr ; quasi autodidacte acharné, il s'intéressa à la musique et à l'astronomie, chercha à rectifier les calculs de Denys le Petit, fut un moment écolâtre à York, puis abbé à Fleury ; il affirma nettement son indépendance en face des rois et des évêques et mourut dans une sédition de moines à La Réole.

B Warmondo, évêque à Ivrea, défenseur de la liberté de l'Eglise.

XII.

S Omobono ("homo bonus"), commerçant à Crémone ; ses miracles le firent canoniser deux ans après sa mort.

XIX.

Ste Livia Pietrantoni (Agostina), italienne, des Sœurs de la Charité de Besançon, assassinée à Rome durant son service à l'hôpital du Saint-Esprit, canonisée en 1999.

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Clarétines : María Asunción Giner Gomis (M. Patrocinio de Saint-Jean, *1874), près de Valencia ;

Laïcs : Juan Gonga Martínez (*1912), membre de l'Action Catholique ;

- béatifié en 2013 :

Fils de la Sainte Famille : Robert Montserrat Beliart (*1911), prêtre, à Barcelone ;
- béatifié en 2017 :
Diocésains : Juan Ortega Uribe (*1877), martyr à Almería.

B Carl Lampert (1894-1944), prêtre autrichien, martyr au camp de concentration de Halle an der Saale, béatifié en 2011.

Mitrias d’Aix
† 300

D’après s.Grégoire de Tours, Mitrias (en français Mitre, Metre) était un esclave d’origine grecque, et même noble, ce qui est surprenant.
Son maître le traitait sévèrement, sans crainte de l’humilier : Mitrias devait aller travailler à la vigne, revenir lui chauffer son bain etc. Et les autres esclaves donnaient volontiers un coup de main à ce maître.
Malgré cela, Mitrias restait à son poste, fidèlement, patiemment, se souvenant du conseil de s.Paul : Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ… (Eph 6:5-6).
On ne sait combien de temps dura cette épreuve. Du fait que s.Grégoire parle de son combat (certamen), on a finit par faire de Mitrias un martyr. Mais il ne semble pas qu’il ait eu une mort violente. 
Il se serait éteint à quelque distance d’Aix, vers 300.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Mitrias d’Aix au 13 novembre.

 

Martyrs de Césarée de Palestine
† 308

A peine arrivé au pouvoir, Maximin Daia montra toute sa fureur contre les populations fidèles au Christ
Déjà, sur un caprice, il avait condamné à mort le gouverneur de Césarée (act. en Israël), Urbanus, alors que ce dernier était déjà allumé d’une grande fureur contre les Chrétiens. Le successeur de celui-ci, Firmilianus - qui devait d’ailleurs finir de la même manière - se montra pareillement zélé pour combattre la Religion du Christ.
Il fut d’autant plus acharné que les Chrétiens eux-mêmes se montraient plus convaincus encore dans leur Foi.
C’est ainsi qu’un jour où Firmilianus s’apprêtait à sacrifier à des idoles, trois hommes se présentèrent devant lui : Arrête, lui dirent-ils, il n’y a pas d’autre Dieu que le Créateur et l’Organisateur de l’univers. Firmilianus les fit décapiter sur place, sans autre forme de procès. C’étaient : 
Antoninus, le très probable ami de s.Pamphilus (v. 16 février) : il était allé trouver Pamphilus en prison et avait relu avec lui un manuscrit de l’Ecriture ; Antoninus lisait, Pamphilus corrigeait. C’est le manuscrit Sinaïticus.
Zebinas, originaire d’Eleutheropolis (proche de Jérusalem)
Germanus
Le Martyrologe ajoute ici un quatrième homme, Nikephoros dont, comme pour Germanus, on ne connaît que le nom.
Ceci arriva le 13 novembre 308.
Le même jour, un tribun militaire nommé Maxys, se permit sans aucun mandat d’attraper une vierge chrétienne, nommée Manathas et originaire de Scythopolis ; il lui arracha presque tous ses vêtements, la traîna à travers la ville, l’insultant et la frappant avec des lanières de cuir, et finit par la présenter au même Firmilien : celui-ci tenta de la faire apostasier, mais n’y parvenant pas, la fit brûler vive.
Cette opiniâtreté ne lui suffisant pas, il ordonna de laisser les corps être la proie des bêtes.
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs au 13 novembre.

 

Martyrs de Cirta
† 437

En 429, le roi Genséric passa d’Espagne en Afrique, avec tout son entourage arien. Il s’installa, pense-t-on, à Cirta (auj. Constantine).
Mais il avait quatre officiers espagnols chrétiens ; tout d’abord, il ne les inquiéta pas mais, en 437, il leur demanda de passer à la croyance arienne, ce que refusèrent les quatre hommes. Genséric les bannit de sa cour, confisqua leurs biens, les envoya en exil, les fit longtemps et atrocement torturer et finalement exécuter. 
C’étaient : 
Arcadius, qui était marié et possédait des biens immenses ; avant de mourir, il reçut une lettre de l’évêque de Cirta, Antoninus Honoratus, qui l’encourageait à la constance : Le Seigneur Christ souffre avec toi, l’Eglise souffre avec toi. Sois sûr de la couronne, ne crains rien, quels que soient les péchés que tu as pu commettre autrefois.
Probus ; 
Paschasius et Eutychianus, deux frères, dont le jeune frère Paulillus se montra aussi courageux qu’eux.
Genséric était tout de même touché de la jeunesse de ce jeune garçon et chercha à se le gagner, mais Paulillus ne céda pas. Le roi le fit fouetter à coups de bâtons, longuement : Paulillus confessait toujours le Christ, Fils de Dieu incarné.
Genséric n’osa pas le faire mourir, mais le réduisit à un vil esclavage. Il n’est pas dit que Paulillus ait été martyrisé, mais les tortures diverses qu’il subit vaillamment pour la Foi chrétienne l’ont fait considérer comme Martyr, à l’instar de ses frères aînés.
Le Martyrologe Romain mentionne ces cinq Martyrs de Cirta au 13 novembre.


Brice de Tours
† 444

Brice (Brictius) était tourangeau. 
Il entra dans la cléricature, mais se laissa aller à un train de vie tout-à-fait étranger à sa condition : il acheta des chevaux, eut ses esclaves ; on disait qu’il achetait de jeunes garçons - et de jeunes filles aussi.
Et comme cela ne lui suffisait pas, il insultait franchement ce fou de Martin, parlant du saint évêque saint Martin (v. 11 novembre).
L’entourage de Martin ne comprenait vraiment pas pourquoi l’Evêque ne sanctionnait pas ce prêtre à la conduite scandaleuse. Mais Martin avait eu l’intuition - qui sait par quelle révélation - que Brice se convertirait, et même qu’il lui succéderait dans l’épiscopat. Et de répéter : Si le Christ a supporté Judas, moi, pourquoi ne supporterais-je pas Brictius ?
Aux accusations fondées, lancées contre Brice, s’ajoutèrent aussi des calomnies, en particulier de la part d’un autre prêtre, nommé Lazarus.
La mort de s.Martin (397) déclencha dans le cœur de Brice un sentiment de repentir sincère ; sa conduite changea tellement radicalement, qu’on le nomma pour succéder à Martin. Il devenait ainsi le quatrième évêque de Tours.
Ce n’est pas la seule conversion qui s’opéra après la mort de s.Martin. Lazarus, qui avait calomnié Brice, comprit son erreur - et devint l’évêque d’Aix-en-Provence.
Martin avait annoncé son destin à Brice, mais avec aussi bien des adversités. Son «dossier» parvint à Rome. Mais en 417, le pape Zosimus le lava de ces calomnies.
En 428, nouveau scandale : Brice était soupçonné d’avoir eu une petite fille d’une vierge de Tours. On voulait le lapider. Cette fois-ci, Brice dut partir pour Rome, où il demeura sept années.
Pendant ce temps, les ennemis de Brice firent nommer deux «évêques» pour le remplacer sur le siège de Tours, Iustinianus et Armentius. A Rome, cependant, l’enquête aboutit à confirmer l’innocence de Brice, qui revint gouverner pendant sept autres années le diocèse de Tours.
Il construisit des églises et une basilique sur le tombeau de s.Martin.
Il mourut vers 444, après un épiscopat global de quarante-sept ans. 
Le Martyrologe Romain mentionne saint Brice de Tours au 13 novembre, deux jours après s.Martin.


Leonianus de Vienne
† 518

Tout n’a pas pu être certifié exact dans cette petite notice.
Leonianus aurait été originaire de Pannonie (act. Hongrie) et fait prisonnier là-bas.
Ramené en Gaule, il réussit à être libéré et vécut fort longtemps à Autun puis à Vienne, dans une réclusion si sévère qu’on ne connaissait pas les traits de son visage ; on entendait le son de sa voix quand il donnait quelque conseil. Cette vie aurait duré une quarantaine d’années.
A Vienne, il aurait dirigé des moines et des moniales.
Une tradition différente parle, à la même époque, d’un Leonianus qui aurait eu pas mal à combattre son penchant pour la gourmandise. Il ne s’agit probablement pas du même personnage, mais il ne nous est pas interdit d’imiter ce moine courageux qui dut refréner ses tentations.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Leonianus de Vienne au 13 novembre.


Quinctianus de Rodez
440-525

Quinctianus était d’origine africaine, de la région de Carthage et a pu naître vers 440.
Il vint en Gaule pour fuir la persécution des Vandales et fut élu évêque de Rodez ; il succédait à Amans (v. 4 novembre), qui fut le premier évêque de cette ville.
On ne connaît pas la date du début de cet épiscopat. Ce fut au moins en 505, puisque Quintien assista au concile d’Agde de 506. Mais il a pu être consacré évêque plus tôt, puisqu’il fit agrandir une église et y fit transférer le saint corps d’Amans, mort en 487. L’épisode doit être raconté.
S.Amans apparut à Quintien et lui reprocha d’avoir osé toucher à son corps, ajoutant : Je t’éloignerai de cette ville… mais tu ne seras pas privé de l’honneur dont tu jouis.
Après le concile d’Orléans (511), Quintien fut menacé par les Wisigoths et dut s’enfuir à Clermont, où l’évêque Eufrasius (v. 14 janvier) l’accueillit très fraternellement. Après la mort d’Eufrasius en 515, Quintien fut une première fois appelé à la succession, qu’il refusa, mais dut ensuite l’accepter sur la volonté du roi Thierry Théodoric) : il devenait ainsi le quatorzième évêque de Clermont.
L’évêché de Rodez se trouvait alors vacant : Dalmas fut élu, dont on va parler ce même jour.
Mais Quintien n’eut pas la paix dans son nouveau diocèse. Un prêtre, nommé Proculus, réussit à faire retirer à l’évêque tout subside, le réduisant à la dernière pauvreté ; puis la guerre ravagea la contrée ; le seigneur Hortensius fit arrêter un parent de Quintien, pour lequel ce dernier ne put avoir aucun recours : finalement il se vit obligé de maudire la maison d’Hortensius, où plusieurs personnes moururent de fièvre ; terrorisé, Hortensius implora son pardon, que Quintien lui accorda volontiers.
Quintien chassa des démons par sa prière, lorsque ses prêtres n’y avaient pas réussi. 
Lors d’une grande sécheresse, il pria à genoux sur la route et fit venir un grand orage de pluie bienfaisante.
Quintien vécut fort vieux et s’affaiblit au point qu’il n’avait plus la force de cracher, mais il demeurait «bon pied bon œil» et restait fidèle à sa compassion pour les pauvres.
Après sa mort, en 525, beaucoup de miracles se produisirent à son tombeau.  
Saint Quintien de Rodez (ou de Clermont) est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Dalmatius de Rodez
500-580

Né à Rodez vers ou un peu avant 500, Dalmatius était encore jeune quand il fut appelé à occuper le siège épiscopal (524).
Il était le troisième évêque de Rodez et devait le rester pendant cinquante-six ans.
Au début de son pontificat, la ville de Rodez était dans les territoires occupés par les Wisigoths ariens : même l’évêque précédent avait dû fuir (v. s.Quinctianus, ce même jour). Dalmatius fut sacré à Narbonne.
En chemin, il délivra miraculeusement les prisonniers.
En 531, Rodez fut libérée des Wisigoths et l’évêque put aller trouver son roi, Thibert. En route, il délivra une femme possédée du démon.
Dalmace assista aux conciles de Clermont (535), d’Orléans (541). 
Durant son voyage pour Orléans, il implora la grâce d’un condamné à mort - qu’on lui refusa ; Dalmace pria alors pour le malheureux qui, malgré la corde où il était pendu, resta en vie.
Il entreprit la construction de la cathédrale mais, insatisfait du résultat, la fit démolir et reconstruire plusieurs fois, de sorte qu’elle était inachevée à sa mort.
S.Grégoire de Tours (v. 17 novembre) écrivit de lui que c’était un homme éminent en toute sainteté, abstinent tant de nourriture que des concupiscences de la chair, très généreux en aumônes et assez assidu à la prière et aux veilles.
Dans son testament, il demandait instamment qu’on n’élît pas pour lui succéder un homme étranger, ou avare, ou marié, mais un homme qui n’eût d’autre préoccupation que la louange du Seigneur. Effectivement, un certain prêtre Transobadus briguait la place - qui fut attribuée au prêtre Théodose.
Dalmatius mourut le 13 novembre 580 et fut proclamé patron de la ville et du diocèse de Rodez.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Dalmatius de Rodez au 13 novembre.


Florentius et Amantius de Città di Castello
520-599

Florentius (les Italiens traduisent Fiorenzo ou Florido) naquit à Tiferno Tiberino (auj. Città di Castello, Ombrie, Italie C).
Il était encore bien jeune quand moururent ses parents ; il étudia les lettres, la théologie.
Vers 542, il fut ordonné diacre.
Peu après, devant la menace de Totila et de ses troupes, Florentius quitta la ville, avec ses amis Amantius et Domninus, et gagna la ville de Pérouse.
L’évêque de cette ville apprécia les qualités de ce Diacre, et l’ordonna prêtre (544).
Quelques jours après son ordination, Florentius guérit par sa prière un énergumène, possédé du démon : ce fut son premier miracle.
Cependant Pérouse subit à son tour un long siège ; à bout de forces, elle se rendit et l’évêque fut abattu (548) ; l’ennemi s’étant calmé, enfin on entrevit la paix et Florentius retourna à Città di Castello.
La ville était en ruine ; Florentius exhorta les habitants à se mettre au travail ; on reconstruisit les murs, les maisons, les églises. La vie reprit.
A la mort de l’évêque, le choix se porta unanimement sur Florentius pour lui succéder. Il devint ainsi le quatrième évêque de cette ville (580 environ).
Florentius mourut le 13 novembre 599, après un épiscopat de dix-neuf ans.
On commémore en même temps que lui un de ses prêtres, son ami Amantius avec lequel il s’était réfugié à Pérouse : il se montra, entre autres vertus, plein de charité pour les malades.
Le Martyrologe Romain mentionne s.Florentius et s.Amantius de Città di Castello au 13 novembre.

 

Himerius d’Immertal
570-620

Himerius (Imerius, Imier, Immer) naquit vers 570, peut-être à Lugnez (act. proche de Porrentruy, Jura, Suisse).
Il est raconté qu’il fit un pèlerinage en Palestine et qu’au retour, il aurait approvoisé un terrible griffon ; ce dernier lui aurait laissé l’une de ses petites griffes.
On dit aussi qu’il entendit un jour près d’une source, sonner une petite clochette, dont par la suite il se servit toujours dans ses déplacements.
Himerius aurait finalement obtenu de l’évêque de Lausanne un terrain pour s’établir, là où a surgi la localité de Saint-Imier.
Comme tous les Saints, Himerius voulut lutter contre l’assoupissement et se trouva un stratagème original pour rester éveillé : il se mit dans le nez des cendres, dont le picotement l’empêchait de dormir.
Ceux qui ne croient pas à cette histoire, avancent qu’Himerius était peut-être plutôt un des missionnaires irlandais qui vinrent prêcher dans cette Gaule encore trop païenne.
Himerius mourut vers 620 ; un monastère fut construit sur sa tombe.
Il est bien probable que la vallée Immertal tire son nom de s.Himerius.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Himerius d’Immertal au 13 novembre.

 

Eugenio II de Tolède
† 657

Une vieille tradition fait remonter la fondation du diocèse de Tolède à un mystérieux Eugenio, disciple de s.Denys l’Aréopagite (v. 3 octobre).
En 636 fut nommé à ce siège Eugenio II. 
On a cru dans le passé que deux évêques du même nom s’étaient succédé au 7e siècle ; l’évêché de Tolède devenant archevêché, il semble que ce soit simplememnt le même Eugenio qui ait succédé à lui même une fois investi de la dignité archiépiscopale. Il fut donc le trentième et le trente-et-unième évêque de Tolède, ou plutôt le trentième évêque et le premier archevêque de cette ville.
Eugenio appartint tout jeune au clergé de Tolède, sous l’épiscopat d’Eladio (v. 18 février), avant de rejoindre Saragosse, où il se mit sous la direction de s.Braulio (v. 18 mars) au monastère de sainte Engrace.
Nommé évêque, Braulio prit Eugenio comme archidiacre.
Avant même d’être consacré évêque, Eugenio était déjà réputé comme théologien, comme poète, comme musicien, comme écrivain.
Evêque, Eugenio célébra trois conciles à Tolède (les huitième, neuvième et dixième). Il fit beaucoup pour développer la pratique de la musique sacrée ; il enseigna la Grammaire et la Sainte Ecriture.
Le roi Chindasvinto et son fils Recesvinto recoururent aux conseils judicieux d’Eugenio.
Eugenio mourut à Tolède en 657. Son épiscopat dura au total vingt-et-un ans.
Saint Eugenio II de Tolède est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Maxellende de Caudry
650-670

Maxellende naquit vers 650 à Caudry (Nord), de Huinlinus et Amaltrude.
Ces derniers, comme c’était la coutume, acceptèrent la demande en mariage que leur adressa un certain Hardouin.
La jeune fille refusa. Mais les parents se crurent contraints de maintenir leur parole, et Hardouin paya la somme requise pour les fiançailles. Dès lors, selon l’usage franc, l’engagement était irrévocable. Mais Maxellende, de son côté, se considérait libre, n’ayant pas exprimé de consentement et l’ayant même refusé, et resta chez ses parents.
Un jour cependant où ses parents étaient absents, Hardouin se présenta et enleva littéralement Maxellende pour l’emmener à son domicile de Caudry.
La jeune fille résista tellement aux avances d’Hardouin, que ce dernier perdit patience et la tua d’un coup d’épée. Sa punition fut qu’il fut frappé immédiatement de cécité.
Ce fut vers 670. Maxellende fut désormais considérée comme martyre. 
Peu de temps après la première inhumation de Maxellende à Pomeriolas, son corps fut transféré à Caudry. Le long du cortège se trouvait le malheureux Hardouin, repenti, qui pleura amèrement sa faute et recouvra alors la vue.
Depuis, sainte Maxellende est invoquée pour la guérison des maladies oculaires.
Sainte Maxellende de Caudry est commémorée le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.


Nicola 1er
858-867

Nicola (on ne met pas d’s en italien) naquit à Rome vers 800, fils d’un «régionnaire», important fonctionnaire de la Ville éternelle, nommé Théodore, qui voulut lui donner la meilleure éducation possible. 
Le résultat fut excellent : Nicola étudia fort consciencieusement. Entré dans la cléricature, il fut sous-diacre sous Serge II, diacre sous Léon IV, archidiacre sous Benoît III.
A la mort de ce dernier, l’empereur Louis II pressa le clergé d’élire Nicola, qui devint ainsi le cent-cinquième pape (avril 854).
La principale affaire qui occupa le nouveau pape fut le schisme de Photius à Constantinople. Ce personnage, un laïc, venait d’être nommé patriarche de Constantinople par l’empereur, qui avait déposé le patriarche Ignace après l’avoir fait torturer et jeter en prison. Nicola s’imposa avec autorité et sagesse, refusant de reconnaître Photius. Une révolution de palais fit assassiner l’empereur et chasser Photius pour rappeler Ignace. Momentanément, la situation semblait être ramenée à la légitimité, mais le schisme de Photius avait allumé les esprit et perdura longtemps, attaquant les Occidentaux sur le jeûne du samedi, sur le célibat ecclésiastique, le fameux Filioque dans le Credo, tous griefs qui seront sans cesse remis sur le tapis dans les temps postérieurs - et jusqu’à aujourd’hui.
Reste à mentionner que Photius fut plus tard de nouveau installé comme patriarche et sommé de reconnaître l’autorité de Rome.
En Occident, Nicola intervint aussi efficacement à propos de l’empereur Lothaire II, qui avait épousé sa maîtresse pour obtenir un enfant, que son épouse stérile ne pouvait avoir. Un concile à Metz avait même ratifié et le divorce et le remariage, avec même l’appui des légats pontificaux complaisants ; Nicola déposa ses légats et les évêques les plus coupables, cassa le concile, obligeant Lothaire à se soumettre, et l’ «épouse» à se retirer dans un monastère.
Le pape Nicola osa affronter le puissant évêque de Reims, Hincmar, qui commettait parfois quelques erreurs de gouvernement. Il avait par exemple déposé l’évêque de Soissons sans aviser le Saint-Siège à qui l’évêque avait fait appel : Nicola le reçut et le rétablit, obligeant Hincmar à se soumettre. Ou encore, Hincmar avait suspendu tous les clercs ordonnés par son prédécesseur, Ebon, qui avait été chassé par deux fois de son siège sur instance de Louis, dit le Pieux. Le pape Nicola étudia le problème personnellement et rétablit tous ces clercs, obligeant Hincmar et les évêques francs à se réunir en concile pour accepter entièrement les décisions papales (concile de Troyes, 867).
En Italie, l’évêque de Ravenne se signalait pas un comportement quasi tyrannique envers son clergé et ses fidèles ; un concile à Rome n’ayant pas suffi, Nicola alla rencontrer l’évêque, qui s’enfuit, fut déposé et banni.
Nicola ne fut pas seulement combattif, il fut actif. Le Liber pontificalis signale que Nicola «aimait les pauvres d’un amour de prédilection comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Il avait fait dresser la liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient pas de se rendre aux distributions de vivres, et on leur portait des secours à domicile.»
En outre il fit reconstruire les remparts d’Ostie, avec des tours résistantes ; il fit construire un aqueduc qui amenait l’eau au Vatican pour étancher la soif des miséreux et des pèlerins.
Il ordonna, en quelque neuf ans et demi, cinq évêques, sept prêtres et quatre diacres.
Après plusieurs années de maladie, Nicola 1er le Grand mourut le 13 novembre 867 et fut inhumé devant le grand portail de la basilique Saint-Pierre.
Nicola 1er fut canonisé en 1630 et le Martyrologe le commémore au 13 novembre. 
Son successeur devait être Adrien II.

Eugenio II de Tolède

† 657

 

Une vieille tradition fait remonter la fondation du diocèse de Tolède à un mystérieux Eugenio, disciple de s.Denys l’Aréopagite (v. 3 octobre).

En 636 fut nommé à ce siège Eugenio II. 

On a cru dans le passé que deux évêques du même nom s’étaient succédé au 7e siècle ; l’évêché de Tolède devenant archevêché, il semble que ce soit simplememnt le même Eugenio qui ait succédé à lui même une fois investi de la dignité archiépiscopale. Il fut donc le trentième et le trente-et-unième évêque de Tolède, ou plutôt le trentième évêque et le premier archevêque de cette ville.

Eugenio appartint tout jeune au clergé de Tolède, sous l’épiscopat d’Eladio (v. 18 février), avant de rejoindre Saragosse, où il se mit sous la direction de s.Braulio (v. 18 mars) au monastère de sainte Engrace.

Nommé évêque, Braulio prit Eugenio comme archidiacre.

Avant même d’être consacré évêque, Eugenio était déjà réputé comme théologien, comme poète, comme musicien, comme écrivain.

Evêque, Eugenio célébra trois conciles à Tolède (les huitième, neuvième et dixième). Il fit beaucoup pour développer la pratique de la musique sacrée ; il enseigna la Grammaire et la Sainte Ecriture.

Le roi Chindasvinto et son fils Recesvinto recoururent aux conseils judicieux d’Eugenio.

Eugenio mourut à Tolède en 657. Son épiscopat dura au total vingt-et-un ans.

Saint Eugenio II de Tolède est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Maxellende de Caudry

650-670

 

Maxellende naquit vers 650 à Caudry (Nord), de Huinlinus et Amaltrude.

Ces derniers, comme c’était la coutume, acceptèrent la demande en mariage que leur adressa un certain Hardouin.

La jeune fille refusa. Mais les parents se crurent contraints de maintenir leur parole, et Hardouin paya la somme requise pour les fiançailles. Dès lors, selon l’usage franc, l’engagement était irrévocable. Mais Maxellende, de son côté, se considérait libre, n’ayant pas exprimé de consentement et l’ayant même refusé, et resta chez ses parents.

Un jour cependant où ses parents étaient absents, Hardouin se présenta et enleva littéralement Maxellende pour l’emmener à son domicile de Caudry.

La jeune fille résista tellement aux avances d’Hardouin, que ce dernier perdit patience et la tua d’un coup d’épée. Sa punition fut qu’il fut frappé immédiatement de cécité.

Ce fut vers 670. Maxellende fut désormais considérée comme martyre. 

Peu de temps après la première inhumation de Maxellende à Pomeriolas, son corps fut transféré à Caudry. Le long du cortège se trouvait le malheureux Hardouin, repenti, qui pleura amèrement sa faute et recouvra alors la vue.

Depuis, sainte Maxellende est invoquée pour la guérison des maladies oculaires.

Sainte Maxellende de Caudry est commémorée le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Nicola 1er

858-867

 

Nicola (on ne met pas d’s en italien) naquit à Rome vers 800, fils d’un «régionnaire», important fonctionnaire de la Ville éternelle, nommé Théodore, qui voulut lui donner la meilleure éducation possible. 

Le résultat fut excellent : Nicola étudia fort consciencieusement. Entré dans la cléricature, il fut sous-diacre sous Serge II, diacre sous Léon IV, archidiacre sous Benoît III.

A la mort de ce dernier, l’empereur Louis II pressa le clergé d’élire Nicola, qui devint ainsi le cent-cinquième pape (avril 854).

La principale affaire qui occupa le nouveau pape fut le schisme de Photius à Constantinople. Ce personnage, un laïc, venait d’être nommé patriarche de Constantinople par l’empereur, qui avait déposé le patriarche Ignace après l’avoir fait torturer et jeter en prison. Nicola s’imposa avec autorité et sagesse, refusant de reconnaître Photius. Une révolution de palais fit assassiner l’empereur et chasser Photius pour rappeler Ignace. Momentanément, la situation semblait être ramenée à la légitimité, mais le schisme de Photius avait allumé les esprit et perdura longtemps, attaquant les Occidentaux sur le jeûne du samedi, sur le célibat ecclésiastique, le fameux Filioque dans le Credo, tous griefs qui seront sans cesse remis sur le tapis dans les temps postérieurs - et jusqu’à aujourd’hui.

Reste à mentionner que Photius fut plus tard de nouveau installé comme patriarche et sommé de reconnaître l’autorité de Rome.

En Occident, Nicola intervint aussi efficacement à propos de l’empereur Lothaire II, qui avait épousé sa maîtresse pour obtenir un enfant, que son épouse stérile ne pouvait avoir. Un concile à Metz avait même ratifié et le divorce et le remariage, avec même l’appui des légats pontificaux complaisants ; Nicola déposa ses légats et les évêques les plus coupables, cassa le concile, obligeant Lothaire à se soumettre, et l’ «épouse» à se retirer dans un monastère.

Le pape Nicola osa affronter le puissant évêque de Reims, Hincmar, qui commettait parfois quelques erreurs de gouvernement. Il avait par exemple déposé l’évêque de Soissons sans aviser le Saint-Siège à qui l’évêque avait fait appel : Nicola le reçut et le rétablit, obligeant Hincmar à se soumettre. Ou encore, Hincmar avait suspendu tous les clercs ordonnés par son prédécesseur, Ebon, qui avait été chassé par deux fois de son siège sur instance de Louis, dit le Pieux. Le pape Nicola étudia le problème personnellement et rétablit tous ces clercs, obligeant Hincmar et les évêques francs à se réunir en concile pour accepter entièrement les décisions papales (concile de Troyes, 867).

En Italie, l’évêque de Ravenne se signalait pas un comportement quasi tyrannique envers son clergé et ses fidèles ; un concile à Rome n’ayant pas suffi, Nicola alla rencontrer l’évêque, qui s’enfuit, fut déposé et banni.

Nicola ne fut pas seulement combattif, il fut actif. Le Liber pontificalis signale que Nicola «aimait les pauvres d’un amour de prédilection comme les membres souffrants de Jésus-Christ. Il avait fait dresser la liste de tous les aveugles, boiteux, paralytiques auxquels leurs infirmités ne permettaient pas de se rendre aux distributions de vivres, et on leur portait des secours à domicile.»

En outre il fit reconstruire les remparts d’Ostie, avec des tours résistantes ; il fit construire un aqueduc qui amenait l’eau au Vatican pour étancher la soif des miséreux et des pèlerins.

Il ordonna, en quelque neuf ans et demi, cinq évêques, sept prêtres et quatre diacres.

Après plusieurs années de maladie, Nicola 1er le Grand mourut le 13 novembre 867 et fut inhumé devant le grand portail de la basilique Saint-Pierre.

Nicola 1er fut canonisé en 1630 et le Martyrologe le commémore au 13 novembre. 

Son successeur devait être Adrien II.

 

 

Abbon de Fleury

940-1004

 

Abbon était né vers 940 dans l’Orléannais, de Lyé et Ermengarde.

Encore enfant, il fut confié aux moines de l’abbaye de Fleury.

Le jeune garçon était naturellement porté à étudier ; il retenait tout ce qu’il entendait, au point que de bonne heure on lui confia l’enseignement de la lecture et du chant.

Après avoir assimilé tout ce qu’on pouvait lui enseigner en matière de grammaire, d’arithmétique et de dialectique - c’est-à-dire peu de choses, au goût de l’intéressé - , il se rendit à Paris et à Reims, mais fut déçu du peu qu’il put y apprendre. A Orléans, il prit des leçons de musique auprès d’un clerc. Il étudia la rhétorique tout seul, et travailla énormément sur les nombres. Il fut bientôt une encyclopédie vivante.

Ses recherches en mathématique aboutirent à des conclusions assez originales pour l’époque.

Vers 975, il fut nommé écolâtre de Fleury. C’est pendant les dix années de cette charge qu’il écrivit la plupart de ses traités scientifiques. Il se pencha sur le problème de la date de Pâques, et proposa déjà d’avancer de plusieurs années la date de la naissance du Christ.

En 985, le nouvel abbé de Fleury choisit Abbon pour être écolâtre à York, où un ancien moine de Fleury, Oswald (v. 29 février), devenu évêque, avait besoin d’un homme comme Abbon. Si ses élèves bénéficièrent heureusement de son enseignement, Abbon restait très nostalgique de son abbaye et fut fort content d’y être rappelé ; diacre, il fut ordonné prêtre par Oswald avant son départ et revint en France chargé de cadeaux - ainsi que d’un notable embonpoint…

En 987, Abbon fut élu abbé de Fleury. Désormais illustre, il profita de sa position pour asseoir les droits des abbayes en France. 

Par exemple, un de ses premiers soucis lui vint d’un châtelain qui rançonnait outrageusement un prieuré qui dépendait de Fleury, dans le diocèse d’Orléans dont l’évêque était un ennemi juré de Fleury (cela arrive effectivement, hélas…). Abbon fit appel au roi : peu après, les troupes arrivaient et détruisaient le domaine du châtelain. Plus tard, le pape donna constamment raison aux sages revendications d’Abbon, y compris contre les évêques de Gaule.

Abbon s’employa à développer la culture intellectuelle des moines. Il voyait dans le travail intellectuel un moyen efficace de combattre les vices de la chair et d’avancer dans la vertu.

En 993, les évêques réunis à Sant-Denis, décidèrent tout bonnement que le produit des dîmes devait leur revenir intégralement ; Abbon protesta, vainement. Des moines intervinrent et firent sortir les évêques, disons, manu militari, en tout cas sans beaucoup de ménagements. L’évêque d’Orléans - encore lui - ne se gêna pas pour rédiger un pamphlet contre les moines, qu’il traitait de mous comme du cartilage, au lieu d’être vigoureux comme les os ; non content, il fit tendre sur la route de Tours un guet-apens contre Abbon, qui n’y échappa que de justesse. Abbon écrivit au roi.

Par la suite, il chercha à échapper entièrement à la juridiction des évêques. En 995, il crut le moment venu d’en référer au pape, mais on était en plein dans la lutte des familles romaines pour mettre leur candidat sur le siège de Saint-Pierre. Abbon patienta - et obtint enfin le privilège qu’il attendait tant pour les abbayes. Il l’obtint en 997. En même temps, le pape décorait Abbon du titre de premier abbé de la Gaule.

Désormais, il était interdit aux évêques de troubler le monastère ou d’y exercer une contrainte. L’évêque diocésain ne pouvait venir au monastère ou y célébrer la messe sans y être invité, il ne pouvait refuser d’ordonner un moine digne de l’être, ni revendiquer la moindre autorité sur ceux qu’il avait ordonnés. L’abbé pouvait excommunier tel moine indigne, le clergé devait appliquer la sentence.

Inversement, on recourait à Abbon pour régler des affaires épineuses. Sa modération et sa prudence firent merveille.

Ainsi en 1002, un abbé de Chartres avait été chassé par ses moines. Abbon apaisa les moines, et surtout pria l’évêque de recevoir l’abbé sans le condamner : l’abbé comprit ses erreurs, s’en repentit et put reprendre sa place.

En 1004 maintenant, ce fut le tour des moines de Micy, qui signifièrent à leur abbé de ne plus entrer dans l’abbaye, lassés qu’ils étaient de ses absences répétées ; Abbon calma les moines, convainquit l’abbé, et tout rentra dans l’ordre.

Le cas de l’abbaye de la Réole (Gascogne) fut plus grave, et même fatal. Abbon y avait envoyés quelques moines, qui furent tellement maltraités par les Gascons, qu’il rentrèrent à Fleury. Abbon s’y rendit en personne, en l’été 1004, avec quelques moines.

La réception fut assez calme, le 9 novembre ; le 11 (fête de s.Martin !), il y eut déjà une dispute entre les moines de la Réole et ceux de Fleury, au sujet de la nourriture des chevaux. Le 13, Abbon eut l’occasion de réprimander un moine qui sortait du monastère pour aller manger ailleurs. Ce dernier suscita une véritable émeute avec les gens du pays. Les moines gascons et français en vinrent aux mains. Abbon, qui était alors dans le cloître à rédiger des tables de comput, entendant le bruit, descendit pour apaiser les siens. Il reçut un coup de lance dans les côtes. Il eut la force d’envoyer son secrétaire essayer de calmer les «combattants» ; épuisé par le sang qu’il avait perdu, il mourut.

Son chambrier mourut le lendemain ; son écuyer, le 30 novembre.

Curieusement, les reliques d’Abbon demeurèrent à la Réole ; elles furent jetées par les protestants en 1577.

Saint Abbon de Fleury est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Warmondo d’Ivrea

930-1011

 

Warmondo (Veremondo) naquit vers 930, de la famille noble des Arborio.

Vers 965, il devint le quatorzième évêque d’Ivrea, une charge qu’il allait maintenir jusqu’à sa mort, vers 1011.

Il fit consolider les fondements de la cathédrale d’Ivrea, et surtout développa beaucoup l’activité du scriptorium, qui produisit de précieux manuscrits magnifiquement décorés de miniatures et de lettres d’or, encore conservés dans la bibliothèque capitulaire.

Mais le point central de son activité fut la continuelle lutte qui l’opposa au marquis d’Ivrea, Arduino. Ce dernier montrait des prétentions injustes contre les privilèges de l’évêque, et l’évêque dut recourir à l’empereur Otto III.

Grâce à ce dernier, Warmondo obtint la faculté d’administrer la justice, de percevoir des taxes… et de lever des troupes. L’évêque était ainsi un «évêque-comte». Il n’était pas le seul à cette époque.

Mais la lutte était loin d’être achevée. Arduino réussit à chasser Warmondo de la ville, et Warmondo lança contre lui une terrible sentence d’excommunication. Il en appela encore une fois à l’empereur. En 1001, Arduino s’empara d’Ivrea et de Vercelli et, après la mort de l’empereur, se fit proclamer roi d’Italie (1002).

En 1003, Warmondo n’était toujours pas rentré en possession de son siège. Un intrus, Ottobiano, l’occupait. En 1004, le nouvel empereur battit Arduino, et restitua à Warmondo son siège et son diocèse.

On connaît mal les dernières années de l’épiscopat de Warmondo. Même la date de sa mort est incertaine : on parle de 1011 ou 1012, date à laquelle il se peut qu’Ottobiano ait repris possession du siège d’Ivrea.

Le culte de Warmondo fut reconnu en 1857 ; ce Bienheureux est commémoré le 13 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Omobono Tucenghi de Cremone

† 1197

 

Omobono va nous montrer comment il sut correspondre pleinement dans les faits à son prénom de baptême.

Il naquit à Crémone (Italie N) vers le milieu du 12e siècle. Ses parents, des gens tout simples, le firent en effet baptiser avec le nom de Omobono, homme bon.

Il reprit le commerce de ses parents, qui travaillaient dans la laine et les étoffes, et son travail lui rapporta beaucoup.

Il se maria et eut (au moins) deux fils. 

Omobono ne se laissa pas un instant griser par le succès et les affaires ; la première destination de son argent étaient les pauvres de Crémone, ce qui n’était pas toujours du goût de son épouse. Sa largesse était devenue si populaire qu’encore maintenant un Crémonais qui ne veut pas céder à d’importunes supplications, répond : Non ho mica la borsa di sant’Omobono (Je n’ai pas la bourse de saint Omobono).

Notre tisserand donnait aussi à Dieu beaucoup de temps dans la prière ; il était assidu à l’office de la nuit au proche couvent, et poursuivait cette liturgie avec une longue méditation jusqu’au petit matin.

Cet homme juste fut aussi consulté par les concitoyens, lorsque Crémone fut en lutte avec d’autres villes concurrentes. Ses conseils apportèrent la paix.

Omobono mourut durant la sainte Messe. Au début du Gloria in excelsis Deo, il écarta les bras, les rejoignit et se prosterna ; au moment de l’évangile, il ne bougeait toujours pas : il avait remis son âme à Dieu.

C’était le 13 novembre 1197.

Des miracles se multiplièrent, guérisons, délivrances de possédés, au point qu’il fut canonisé dès 1199, premier laïc de l’histoire à recevoir cet honneur céleste.

Saint Omobono est devenu patron des marchands et des tailleurs. Le Conseil de Crémone l’a pris comme céleste protecteur en 1643.

 

 

Livia Pietrantoni

1864-1894

 

Née le 27 mars 1864 à Pozzaglia Sabina (Rieti, Italie centrale), deuxième des onze enfants de Francesco et Caterina Costantini, Livia (Olivia) grandit dans une famille d’agriculteurs simples et chrétiens. On travaillait et on priait.

Elle fut confirmée à quatre ans, et reçut l’Eucharistie vers douze ans.

Courageuse et travailleuse, elle participa à sept ans au transport de cailloux et de sable pour la construction de la route ; à douze ans, elle était saisonnière pour la récolte des olives, défendant ses camarades contre la sévérité des patrons ; et elle sauva de la noyade son petit frère. 

Il fallait bien travailler pour aider les parents à nourrir tant de monde, aussi Livia ne fréquenta guère l’école, mais le peu qu’elle put faire fut autant d’acquis, au point que les camarades l’appelaient «la prof’».

Livia aimait se retirer pour prier. Elle voulait se consacrer, mais on lui reprochait de vouloir fuir le travail, à quoi elle rétorqua : Je veux choisir une Congrégation où l’on travaille jour et nuit.

Un premier voyage à Rome avec son oncle religieux, Frère Matteo, fut infructueux. Mais un autre, chez les Sœurs de la Charité de Sainte Jeanne-Antide Thouret (voir au 24 août), fut révélateur de sa vraie vocation.

En 1886 elle put entrer dans cette Congrégation, où elle prit le nom de Agostina. Elle ne connaissait pas de Sainte Augustine, mais elle voulait en devenir une !

En 1887, elle commença son activité à l’hôpital Santo Spirito de Rome, dans le même hôpital où avait aussi exercé la charité, entre autres, Camillo de’ Lellis (voir au 14 juillet).

A cette époque, les événements socio-politiques n’étaient pas trop favorables à l’Eglise, de sorte que nos Religieuses devaient être discrètes dans leur activité à l’hôpital.

La Sœur Agostina, qui s’occupait dans un premier temps des enfants malades, fut atteinte de tuberculose, une maladie qui ordinairement n’accordait pas beaucoup d’espérance, mais la Religieuse guérit, de façon inattendue. A partir de ce moment, elle voulut s’occuper des adultes tuberculeux.

C’est là que l’attendait son destin. Un des tuberculeux était particulièrement violent et fut même expulsé de l’établissement. Ce Giuseppe Romanelli voulut se venger, et particulièrement à l’égard de la Sœur Agostina, qui lui avait montré tant d’attention pour le soigner.

L’homme réussit à se faire réadmettre dans l’hôpital et prépara soigneusement son coup, en simulant la douceur et un changement apparent d’attitude. 

On avertit cependant la Sœur de se tenir sur ses gardes, mais elle préféra continuer d’être auprès de tous et de montrer une charité inépuisable envers chacun, y compris et surtout envers le pauvre homme, en particulier quand venait sa mère aveugle pour lui rendre visite. 

Un jour que Sœur Agostina était assez proche de lui, il se déchaîna brusquement sur elle et la poignarda. Agostina n’eut que des paroles de pardon envers son assassin.

C’était le 13 novembre 1894, Agostina avait trente ans.

Elle fut béatifiée en 1972, et canonisée en 1999.

 

 

María Asunción Giner Gomis

1874-1936

 

María Asunción Giner Gomis naquit à Tortosa (Tarragona, Espagne) le 4 janvier 1874, et fit sa profession religieuse chez les Religieuses de Marie Immaculée ou Missionnaires Clarétines en 1893, avec  le nom de María du Patronage de Saint-Jean (María del Patrocinio de San Juan).

Elle eut à s’occuper des jeunes novices clarétines et fut éducatrice à Carcaixent.

Elle accomplit avec beaucoup de zèle et d'entrain toutes les activités apostoliques qu'on lui confia, et souffrit déjà la persécution religieuse en 1931.

Elle fonda la communauté et le collège de Puerto de Sagunto (Valencia).

En 1936, elle vint avec les autres Religieuses se réfugier à Carcaixent : celles qui enseignaient étaient vêtues d’habits civils, les autres priaient à l’intérieur. Dès le mois de mai, elles durent abandonner la maison et se cacher dans des familles amies.

Elle priait ainsi : Seigneur, s’il manque une petite pierre pour ton piédestal, me voici.

Le 13 novembre, des miliciens vinrent l’enlever en voiture. Elle se «contenta» de leur rappeler quel péché ils allaient commettre, et les invita à la conversion. Elle leur dit aussi des paroles de pardon.

A Portichol de Tavernes de Valldigna (près Carcaixent, Valencia), elle fut assassinée avec sa sœur Carlota, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1936, priant et pardonnant à ceux qui lui enlevaient la vie. Par fidélité à sa foi et à sa vocation, elle accepta la mort avec force d'âme et sérénité.

Elle a été béatifiée en 2001 et se trouve mentionnée le 13 novembre au Martyrologe.

 

 

Juan Ortega Uribe
1877-1936

Né le 17 novembre 1877 à Almería, il fréquenta le séminaire de la même ville et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut aumônier du sanctuaire de Montserrat et curé à Almería même pendant plus de trente ans, travaillant également à l’officialité du diocèse.

On pourra s’étonner de voir un prêtre si longtemps dans un même poste, alors que d’autres changèrent plusieurs fois de paroisses ; c’est que don Ortega souffrait d’une paralysie aux deux jambes et se déplaçait avec grande difficulté. Sa prière et son dévouement n’en avaient que plus de valeur, particulièrement quand il fut arrêté et mis en prison en juillet 1936.

On le traîna littéralement jusqu’au cimetière d’Almería, où il fut fusillé.

Martyrisé le 13 novembre 1936 à Almería, quatre jours avant son 59e anniversaire, et béatifié en 2017, Juan Ortega Uribe sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 13 novembre.

Robert Montserrat Beliart

1911-1936

 

Robert était né le 17 juin 1911 à Reus (Tarragona, Catalogne, Espagne), troisième des six enfants de Victor et Gertrudis. Victor et son fils Victorino devaient eux aussi être victimes de la persécution de 1936.

Robert fréquenta le collège Saint-Pierre de Reus de 1919 à 1922 puis, ayant entendu l’appel de Dieu, entra au collège Nazareno des Fils de la Sainte-Famille, à Blanes.

En 1926 il prit l’habit au noviciat de Les Corts. Il y fit la profession en 1927 et accomplit les études de philosophie et théologie. Il y commença aussi son activité d’enseignant, ainsi qu’au collège des Orphelins à Vilatorta et Blanes. En 1929, il fit la profession solennelle à Les Corts et fut ordonné prêtre en mars 1936.

Pieux, un peu nerveux, consciencieux, soucieux de vivre la Règle de la congrégation, c’était aussi un excellent musicien. Il devait faire partie d’une équipe à destination de l’Argentine, qui devait embarquer en juillet 1936, mais le départ fut reporté ou annulé en raison des événements : après avoir passé quelques jours de «vacances» chez les siens à Reus, il rejoignit Barcelone, où il s’occupa à donner des leçons de musique.

Vers la mi-novembre de 1936, les miliciens entourèrent la maison où résidaient Roberto et d’autres prêtres, fouillèrent étage par étage et emmenèrent en prison tous ceux qu’ils trouvèrent, propriétaires et religieux.

On sait seulement qu’il fut exécuté à Barcelone le 13 novembre 1936. Cependant, on n’a pas pu retrouver son corps.

Il a été béatifié en 2013.

 

 

Juan Gonga Martínez

1912-1936

 

Juan naquit à Carcaixent (Valencia, Espagne) le 25 mars 1912, fut baptisé le 28 mars suivant, reçut la Première communion en 1922 et fut confirmé en 1926.

Il a (au moins) un frère, avec lequel il s’entend bien ; il est très lié à ses parents.

Il fit ses études chez les Pères franciscains et désirait devenir prêtre. Mais il contracta la fièvre typhoïde et resta si faible, qu’il dut renoncer à cet idéal. 

Il décida donc de mettre toute sa vie au service de l’Eglise.

Employé de bureau, membre de l’Action Catholique, actif dans les Cercles d’étude et dans la catéchèse, il fréquentait assidument les Sacrements. Ses camarades l’appelaient le saint. Effectivement, il combattit son caractère nerveux et amena au Christ plusieurs «conquêtes».

Il pensa finalement à se marier avec Josefina Millet, mais Dieu lui donna d’abord la grâce du martyre.

En effet, après la fermeture des lieux de culte, en juillet 1936, il continua d’assister à la messe de façon clandestine : c’est en sortant de là qu’il fut arrêté le 25 juillet.

On le laissa tout d’abord en liberté, et il pensa judicieux de quitter son village. Mais il voulut revoir les siens et fut reconnu à son retour.

De nouveau arrêté, on le conduisit sur la route de Tavernes de Valldigna, pour le fusiller.

Il sortit alors son crucifix, le présenta aux bourreaux et leur dit qu’il leur pardonnait, comme Jésus l’avait fait à ceux qui le crucifiaient. Plus tard, les bourreaux l’appelèrent : le garçon à la croix.

Juan fut fusillé au soir du 13 novembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Carl Lampert

1894-1944

 

Carl fut le plus jeune des sept enfants de Franz Xaver Lampert et de son épouse Maria Rosina, un couple de cultivateurs. Il naquit le 9 janvier 1894., à Göfis dans le Vorarlberg (Autriche).

Il fréquenta l’école de Göfis et le lycée d’état de Feldkirch. 

Son père mourut quand Carl était adolescent, mais son oncle l’aida à continuer ses études jusqu’au baccalauréat ; Carl allait à pied de Göfis à Feldkirch. Puis il entra au grand séminaire de Brixen (alors en Autriche, maintenant Bressanone en Italie du Nord), où on remarqua tellement ses façons distinguées qu’on le surnomma «Carlobello» (le beau Charles) ; il reçut l’ordination sacerdotale en 1918. 

Pendant douze années il fut chapelain à Dornbirn, où il s’occupa particulièrement du travail des jeunes ouvriers.

Puis l’évêque l’envoya à Rome pour approfondir l’étude du Droit Canonique. Il résidait au Collège Teutonique et travaillait en même temps comme secrétaire à la Rote romaine (tribunal ecclésiastique), et il devint Official du tribunal ecclésiastique de Ferldkirch à partir de 1935. 

Mgr Lampert fut alors très occupé : il partageait son temps entre Rome et le diocèse d’Innsbruck, où il devait surveiller la mise en application du nouveau droit ecclésiastique. De plus, il était aumônier au séminaire, et président de l’édition catholique Tyrolia. On parla même de le nommer évêque à Innsbruck, mais le pape Pie XI jugea plus opportun de nommer pour ce diocèse un administrateur apostolique (qui fut Paulus Rusch), dont Mgr Lampert fut nommé pro-vicaire en 1939. Comme on le sait, l’Autriche venait d’être annexée à l’Allemagne par le fameux Anschluß.

Sur ordre du gouvernement hitlérien, Mgr Lampert tomba bientôt dans le collimateur du régime. Les maisons religieuses devaient fermer, en particulier le Collège Canisianum ainsi que le Monastère de l’Adoration Perpétuelle d’Innsbruck. Devant la résistance des Religieuses, on rendit Mgr Lampert responsable de cette situation et il fut arrêté une première fois le 4 mars 1940 pendant dix jours.

Suite à une émission radiophonique du Vatican qui parlait de la répression nazie dans le diocèse d’Innsbruck, on arrêta de nouveau Mgr Lampert pendant quelques jours, à la fin du même mois de mars 1940 : on le soupçonnait d’espionnage.

En mai 1940, Mgr Lampert essaya en vain d’obtenir la libération d’Otto Neururer, déporté à Dachau, mais l’abbé Neururer fut envoyé à Buchenwald et assassiné là-bas (voir au 30 mai). C’est alors que les autorités civiles renvoyèrent les cendres d’Otto à Götzen en pensant les faire inhumer de façon anonyme, mais Mgr Lampert fit passer une annonce dans le bulletin diocésain et il fut alors de nouveau arrêté en juillet 1940 pour opposition aux dispositions secrètes du Régime.

Mgr Lampert fut à son tour envoyé à Dachau en août 1940, puis à Sachsenhausen (Berlin) le 1er septembre. On le mit dans une compagnie qui devait exécuter d’épuisants travaux. Il avait un compagnon, un autre prêtre d’Innsbruck, Josef Steinkelderer, qui lui glissa en latin Martyres sumus, et auquel il répondit In Christi nomine pro ecclesia (Nous sommes des Martyrs - Au nom du Christ pour l’Eglise). 

Trois mois plus tard, Mgr Lampert fut reconduit à Dachau. Libéré en août 1941, mais avec l’interdiction de rentrer au Tyrol, il exerça la fonction de chapelain à Stettin (actuelle Szczecin en Pologne), à Swinemünde et à Parchim, des localités sur la Mer Baltique…

En réalité, la Gestapo avait à l’insu de Mgr Lampert, envoyé un espion qui le surveillait. Cet espion se faisait passer pour un ingénieur profondément chrétien, ennemi du nazisme et en quête de spiritualité, qui acquit la confiance de Mgr Lampert, dont il essaya d’obtenir des déclarations anti-nazies. Dans l’impossibilité d’arriver à ses fins, l’espion organisa une sorte de complot où aurait trempé Mgr Lampert, à la solde de l’ennemi, ce qui devait conduire de nouveau à son arrestation.

Celle-ci eut lieu en effet début février 1943 : on arrêta Mgr Lampert, mais aussi une quarantaine de prêtres, religieux et religieuses. Les mois suivants passèrent en interrogatoires et tortures qui épuisaient, mais n’abattaient pas le courage de Mgr Lampert.

Le «procès», s’il faut l’appeler ainsi, se déroula en décembre 1943. L’espion de Stettin était là pour «témoigner». Déclaré coupable, Mgr Lampert ne fut pas pour autant condamné à mort, parce que les juges n’étaient pas d’accord : certains voulaient l’exécuter, d’autres le maintenir en prison. En janvier 1944, le procès fut renvoyé à la cour de Torgau, où fut déporté Mgr Lampert : il y resta sept mois en cellule d’isolement.

En juillet 1944, le procès fut confirmé, mais celui qui devait le signer se suicida au dernier moment, réaffirmant entre autres que, dans le cas présent, l’accusé n’était ni un brigand ni un «cas asocial», mais tout simplement un Prêtre.

Un troisième procès eut lieu en septembre 1944, qui condamna à mort Mgr Lampert, ainsi que deux autres prêtres, Friedrich Lorenz et Herbert Simoleit. Ils furent tous trois guillotinés vers 16 heures, le 13 novembre 1944, à Halle-sur-la-Saale (Saxe).

Ses derniers mots furent : Jésus ! Marie !

Monseigneur Carl Lampert fut béatifié en 2011.

 

 

Garance

 

La garance est une plante de la famille des rubiacées dont les racines sont utilisées pour leur capacité à teindre les textiles en rouge vif. Par extension, c’est la teinture et la couleur tirées de cette plante. 

C'était notamment le qualificatif des pantalons d'uniforme de l'infanterie française au début de la Première Guerre mondiale, qui exposait si bien par sa couleur vive les militaires aux tirs des soldats allemands, lesquels étaient équipés de tenues de couleur neutre (feldgrau). 

La garance est appelée akane en japonais.

Comme bien d’autres noms de plantes ou de fleurs (marguerite, jasmin, rose…), la garance a donné lieu à un prénom féminin ou masculin. 

A l’époque de la Révolution française, le calendrier révolutionnaire imagina de supprimer tous les prénoms usuels, réputés trop chrétiens, pour y substituer des noms de plantes, de légumes, de fleurs, d’arbres… C’est ainsi que Garance apparut au 23 brumaire, correspondant à notre 13 novembre. 

Mais on ne trouvera pas (pas encore !) de Sainte portant ce joli nom dans le livre de tous les Saints de l’Eglise, appelé le Martyrologe. 

Comment fêter alors nos chères Garance ? La réponse apportée à cette question ne manque pas d’originalité ; la voici.

Garance étant une jolie fleur, on a trouvé dans le Martyrologe une Sainte portant le nom de Fleur. En effet, sainte Fleur a existé au XIVe siècle, dans un couvent du Lot. Sa vie est tellement extraordinaire qu’elle sera traitée à part (voir au 5 octobre).

Si nos Garance veulent s’inspirer de sainte Fleur, nul doute qu’elles seront secrètes, n’aimant pas se livrer, réfléchies et toujours sincères.

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