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18 novembre 2020 3 18 /11 /novembre /2020 00:00

 

18 NOVEMBRE

IV.

Dédicace des Basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul à Rome ; reconstruites, elles furent reconsacrées, la première ce même jour en 1626, l'autre en 1854 après un incendie.

S Romanus, diacre martyr à Antioche de Syrie ; sa langue coupée ne l'empêcha pas de parler ; les pieds écartés dans les ceps, il fut étranglé.

V.

S Oriculus, martyr près de Reims.

VI.

Ste Aude, vierge, disciple de ste Geneviève, fervente de l'Eucharistie.

S Thomas d'Emèse, moine en Syrie ; on avait mis d'autres corps dans son tombeau encore libre : on les retrouva hors du tombeau, signe qu'on lui devait une sépulture à part.

S Maudez, abbé breton ; il est invoqué contre tout ce qui rampe, serpents et vers.

S Patrocle, ermite dans le Berry et thaumaturge ; il n'avait pu s'accomoder de la vie commune des clercs à Bourges, et se retira à Néris, puis dans les environs.

S Romacharius, évêque à Coutances.

VIII.

S Fergus, évêque en Ecosse.

S Théofrède, abbé à Carméry et martyr des Sarrasins. Son monastère s'appela ensuite Saint-Chaffre.

IX.

S Tanguy, abbé en Bretagne ; ayant par erreur tué sa sainte sœur Haude, il aurait jeûné quarante jours et fondé un monastère à Relecq.

X.

S Odon, tourangeau, moine à Baume-les-Messieurs, puis abbé de trois monastères, dont Cluny, mort au jour octave de s. Martin.

XVII.

B Leonardus Kimura, frère coadjuteur jésuite, martyr brûlé vif à Nagasaki avec les bx. laïques Domingos Jorge (portugais époux d'une japonaise), Cosmas Takeya Sozaburo (coréen), Ioannes Yoshida Shoun, teinturier, et Andreas Murayama Tokuan ; ces laïques faisaient partie de la Confraternité du Rosaire.

XIX.

Ste Rose-Philippine Duchesne, missionnaire française des Dames du Sacré-Cœur, à Saint Charles Missouri ; elle inaugura encore une école chez les Potawatomis (Kansas) à soixante-douze ans ; canonisée en 1988.

XX.

B Ferdinando Santamaria (Grimoaldo de la Purification, 1883-1902), jeune passionniste italien frappé de méningite foudroyante, béatifié en 1995.

Bse Karolina Kozka (1898-1914), jeune martyre polonaise, victime de sa pureté, béatifiée en 1987.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiées en 1998 :

Visitandines : à Madrid, Amparo Hinojosa Naveros (María Gabriela), Carmen Barrera Izaguirre (Josefa María), Laura Cavestany Anduaga (Teresa María), Martina Olaizola Garagarza (María Angela), Josefa Joaquina Lecuona Aramburu (María Engracia), Inés Zudaire Galdeano (María Inés) (*1872, 1881, 1888, 1893, 1897, 1900) ;

- béatifiés en 2007 :

Diocésains : près de Cartagena, José María Cánovas Martínez (*1894) ;

Dominicains : près de Madrid, le prêtre Vidal Luis Gómara (*1891) ;

Lasalliens : près de Cartagena, Esteban Anuncibay Letona (Ovidio Bertrán), Germán García y García (Luciano Pablo), Modesto Sáez Manzanares (Hermenegildo Lorenzo), Augusto Cordero Fernández (Estanislao Víctor), Emilio Martínez de la Pera Álava (Lorenzo Santiago) (*1892, 1903, 1903, 1908, 1913).

 

Romanus de Césarée de Palestine

† 303

 

Romanus était de la région de Césarée de Palestine (proche de l’act. Hadera, Haïfa, Israël) - ou appartenait à une grande famille d’Antioche.

Il était diacre et exorciste.

En 303, parut l’édit de Dioclétien contre les Chrétiens. Romanus vit à Antioche de nombreux Chrétiens prêts à apostasier, et chercha de toutes ses forces à les convaincre de rester fidèles au Christ.

Il fut bientôt conduit au juge, qui le condamna à la peine du feu. Mais on devait attendre la décision suprême de Dioclétien, qui devait passer à Antioche.

L’empereur, courroucé par l’attitude de Romanus, préféra lui faire couper la langue, supplice qui fut exécuté par un médecin.

Mais la merveille est que, même blessé de la sorte, Romanus put encore parler.

Une version un peu édulcorée rapporte que Romanus aurait demandé de faire venir n’importe quel enfant de la place publique, pour confirmer la Foi chrétienne, et le petit Barulas confessa la Foi dans le Dieu unique. L’enfant fut décapité et Romanus aurait eu alors la langue coupée, avant d’être étranglé.

Dans les deux versions, on retrouve le miracle de la langue coupée. Saint Jean Chrysostome affirma qu’alors on avait pu supprimer la langue de Romanus, mais pas sa voix !

A ce moment-là, beaucoup de Chrétiens bénéficièrent d’une amnistie concédée par Dioclétien en l’honneur du vingtième anniversaire de son accession au trône, mais Romanus ne fut pas libéré. Au contraire, on lui mit les deux pieds dans les ceps écartés jusqu’au cinquième trou et c’est dans cette  douloureuse position qu’il fut étranglé.

On a vu que le 17 novembre étaient morts les deux Martyrs Alphæus et Zachæus ; Romanus mourut le lendemain, 18 novembre 303.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romanus de Césarée au 18 novembre.

 

 

Romacharius de Coutances

† 600

 

Un document non confirmé a prétendu que Romacharius (ou Rompharius, en français Romphaire) venait de Grande-Bretagne et aurait résidé à Barfleur (Manche).

Il fut le sixième évêque de Coutances, probablement de 566 à 600.

On ne connaît que peu de choses sur le temps de son épiscopat, qui dura tout de même trente-quatre années environ.

Il se trouva à Nantes aux côtés de s.Euphrone de Tours (v. 4 août) pour la dédicace d’une église.

Quand l’évêque métropolite de Rouen, Prétextat, fut assassiné sur l’ordre de la reine Frédégonde (14 avril 586), c’est Romacharius qui présida aux funérailles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Romacharius de Coutances au 18 novembre.

 

 

Maudez de Lanmodez

6e siècle

 

Maudez (vieux celtique Magu-Tid, serviteur de Dieu) passe pour être d’origine irlandaise, comme son nom ne l’indique pas. En gallo, on l’écrit Maudé ou Maudet, en breton Maodez ou Modez, en cornique Mawes.

On le disait benjamin des dix fils du roi Ercleus et de la reine Getuse ; de ces dix enfants, on parle aussi de Juvelte (ou Juvette).

A sept ans, il fut confié à un monastère, où il reçut le sacerdoce dix ans plus tard (sans doute un peu plus, car jamais l’Eglise n’ordonne un prêtre à dix-sept ans).

Etant revenu à la cour de son père, il s’efforça d’en réformer les mœurs et d’y prêcher l’Evangile ; mais il préféra quitter ce monde de vanités pour s’isoler avec Dieu.

Il rejoignit la côte armoricaine, rencontra s.Samson dans son monastère, s.Ruelin au monastère de Tréguier : il s’établit non loin, dans la solitude appelée plus tard Lanmodez, où de nombreux pèlerins et malades vinrent le consulter, lui demander de l’aide spirituelle et matérielle ; les sourds, les aveugles, les paralytiques s’en revenaient guéris.

Il aurait ensuite fondé un monastère sur l’ile Gueit Enez (plus tard Gueldenes, act. île Maudez), où l’auraient rejoint s.Budoc et s. Tudy ou Tugdual (v. 30 novembre).

Comme s.Patrice en Irlande (v. 17 mars), il chassa de l’île les serpents ; on trouve encore sur l’île un monument appelé Forn Modez (four de Maudez).

Maudez mourut très probablement au 6e siècle.

Sa réputation fut immense ; c’est peut-être le Saint le plus populaire après s.Yves (v. 19 mai). Des reliques de lui, apportées près de Paris, donnèrent naissance à la ville de Saint-Mandé. On allait souvent gratter de la terre ou de la poussière à son tombeau, qu’on dissolvait dans de l’eau, pour guérir des vers. Successivement, on invoqua s.Maudez contre les morsures de serpents, les fièvres infantiles, les maladies des yeux, les furoncles, les maux de pieds.

On vénère aussi localement sa sœur «sainte Juvette», responsable elle aussi de nombreux miracles.

Saint Maudez de Lanmodez est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain, donc tout-à-fait reconnu par l’Eglise.

 

 

Patrocle, ermite

500-576

 

Patrocle naquit vers 500 (ou un peu avant) dans le Berry, fils d’Ætherius et frère d’Antonius.

Tandis que Patrocle devait garder les brebis, Antonius allait à l’école ; un jour, ce dernier fit valoir à son frère de s’éloigner, n’étant qu’un paysan bon à garder les brebis. Patrocle ne s’en offensa pas, mais il reçut la remarque comme une invitation de Dieu à apprendre lui aussi à lire et à écrire. Bientôt, il dépassa son frère, qui désormais disparaît de notre histoire.

Il y avait alors dans l’entourage du roi Childebert un certain Nunnion, qui lui recommanda Patrocle. On ne sait comment ils se connurent, mais Patrocle vécut quelque temps à la cour.

Quand il eut quarante ans environ, son père mourut et il revint au pays berrichon. La brave veuve espérait que son fils allait se marier et l’assister dans ses vieux jours, mais Patrocle ressentait en son cœur un autre appel. Il alla auprès de l’évêque de Bourges, Arcadius, qui le tonsura, l’admit dans le clergé et bientôt l’ordonna diacre. Que fit donc la maman, l’histoire ne nous le dit pas : la Vita se concentre sur les faits et mérites de notre Héros, sans s’étendre sur les décors de l’histoire.

Patrocle eut à partager la vie des autres clercs. Mais son esprit était «ailleurs» : il oubliait l’heure du repas, et puis il ne buvait pas de vin ni de bière, ne se servait pas de ragoût et préférait le pain trempé dans l’eau ; et puis il ne dormait pas, ou très peu, pour veiller et prier ; et puis il portait un cilice sous sa tunique ! L’archidiacre réprimanda Patrocle : ou tu fais comme tout le monde, ou tu t’en vas.

Sans s’émouvoir, Patrocle comprit qu’il devait aller ailleurs. L’évêque cependant l’ordonna prêtre. Patrocle alla se fixer à Néris (Allier), où il se construisit un oratoire, avec des reliques de s.Martin (v. 11 novembre) et ouvrit une école. Mais il se mit à faire des miracles, à guérir des infirmes, ce qu’il n’avait pas prévu et qui dérangeait passablement son humilité ; où aller ?

Patrocle recourut à un saint stratagème : il écrivit sur autant de petits billets toutes les solutions qu’il pouvait envisager pour sa vie, les déposa sur l’autel et se mit en prière, pendant trois jours et trois nuits ; le billet qu’il «choisit» alors était celui de l’ «ermite».

Il remit sa maison à quelques religieuses et se mit en route ; il ne prenait avec lui qu’une bêche et une hache à deux tranchants : ce qu’il lui faudrait pour se construire une cabane dans la forêt et entretenir un jardinet. L’endroit où il s’arrêta s’appelait Mediocantus (auj. La Celle).

Allait-il connaître le silence de la solitude ? Les foules ne tardèrent pas à le retrouver, à lui amener des malades, des possédés, que Patrocle guérissait ; il pria ainsi trois jours et trois nuits avant de délivrer un possédé.

Le Diable intervint aussi. Il insinua dans le cœur de Patrocle l’idée de retrouver le monde. Patrocle pria ; un ange le fit monter sur une haute colonne, d’où il apercevait tous les vices des hommes, et Patrocle comprit que le Diable cherchait seulement à lui faire quitter sa sainte solitude.

Puis Patrocle construisit un monastère à Colombier, établissant là une communauté avec son abbé, dans l’espérance de pouvoir désormais vivre en solitaire dans la prière. Il passa dix-huit ans dans la solitude, annonça aux moines sa prochaine mort et s’éteignit saintement le 18 novembre, vers 576.

Le prêtre de Néris, qui l’avait bien connu, voulut enlever le corps de vive force et s’en vint avec quelques clercs ; mais en arrivant, il vit le linceul resplendir d’une blancheur si éclatante que, terrifié, il changea d’idée et aida plutôt les moines à transporter le corps de Patrocle à Colombier, où les miracles reprirent : deux femmes aveugles recouvrirent la vue.

L’ermite saint Patrocle est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Théophrède de Villa Carmely

† 732

 

Théophrède (Theofredus) était le fils de Leufredus, préfet d’Orange et le neveu d’Eudes, abbé à Saint-Pierre de Calmiliac (ou Carméri, Haute-Loire).

Le latin Thictfridus a donné Théofrid (ou Théophrède), Théoffroy, Tchaffré, d’où Chaffre, nom sous lequel est mieux connu Théophrède.

Moine de cette abbaye, il y fut en quelque sorte l’hôtelier, chargé d’accueillir les gens du dehors, comme s.Ménelé (v. 22 juillet). Il fut sans doute aussi cellérier, veillant sur tous les besoins des moines.

A cette époque lointaine, les femmes étaient exclues de l’église du monastère ; Théophrède leur obtint la permission de se rassembler au moins devant la porte, pour recevoir la bonne Parole.

Il succéda à Eudes comme abbé.

Lors d’un invasion de Sarrasins, Théophrède ordonna au moines d’aller se réfugier dans la forêt proche, tandis qu’il restait seul dans l’abbaye. Les envahisseurs le trouvèrent prosterné dans la sanctuaire ; ils le flagellèrent cruellement et le laissèrent moribond. Le lendemain, ils furent bien surpris de le voir redressé et l’entendre leur parler de Dieu. Ils le blessèrent de nouveau, à la tête. Une forte tempête les mirent en fuite avant qu’ils eussent le temps d’incendier le monastère.

Théophrède mourut peu après, en 728 ou 732.

Autour du monastère, s’est développée la ville de Monastier-sur-Gazeille.

Saint Théophrède de Carméri est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Odon de Cluny

879-942

 

Odon naquit en 879 dans la région de Tours, d’Abbon, un père aussi instruit que pieux, de noble famille militaire franque.

Abbon connaissait les anciens historiens et le Droit comme tout juriste consciencieux. Il désirait ardemment un fils et, une nuit de Noël, supplia le Ciel d’accorder enfin un enfant à son épouse, stérile jusque là ; l’enfant naquit bientôt, et Abbon l’offrit à s.Martin.

Odon étudia auprès d’un prêtre du domaine d’Abbon. Ce prêtre vit en songe s.Pierre et s.Paul lui réclamer Odon pour l’Orient (l’Orient mystique, le Christ). Mais Abbon commença à diriger son fils vers la carrière des armes. De 893 à 896, Odon vécut chez Guillaume, duc d’Aquitaine, où il devint très habile dans l’art de la chasse.

Déçu de ce temps perdu, Odon pria Dieu une nuit de Noël (comme son père dix-sept ans plus tôt). Il tomba malade et Abbon se rappela son vœu. Il laissa Odon suivre sa vocation.

Odon fut tonsuré en 899.  On lui confia une prébende canoniale à Tours et il intensifia ses lectures tant spirituelles que profanes. Après Priscien, il s’attaquait à Virgile, lorsqu’il eut une vision ou un songe, où il se voyait mourant de soif sur le point d’empoigner une belle amphore, d’où s’échappèrent des serpents. Il comprit que ces lectures n’étaient plus faites pour lui et se plongea dans l’Ecriture sainte.

Il partit étudier à Paris, puis revint à Tours. Après avoir rédigé une compilation des Pères sur les livres des Rois, il condensa les Morales de s.Grégoire sur Job.

A cette époque, beaucoup de monastères avaient été pillés (sinon pas détruits) par les envahiseurs normands, et ceux qui restaient étaient en grande décadence. En attendant de trouver un havre, Odon vivait intensément une vie d’ermite, priant la nuit au tombeau de s.Martin, ou bien, s’il dormait, il s’étendait sur une simple natte et tout habillé.

Il entendit parler de l’abbaye de Baume-les-Messieurs (Jura, à ne pas confondre avec Baume-les-Dames, Doubs), dirigée par l’abbé Bernon. Il s’y rendit avec les cent ouvrages de sa petite bibliothèque.

Odon se montra particulièrement soumis à la Règle. En voici deux exemples.

Il était coutumier que, la nuit, le père maître accompagnât avec une chandelle tout moine qui aurait dû se relever. Odon, trouvant que la chandelle du dortoir était suffisante, ne fit pas appel au père maître… et fut pour cela excommunié. Il se soumit humblement sans rien dire ; Bernon en fut très impressionné et n’aima que plus son jeune moine.

En fin de repas, on devait ramasser les miettes de sa place à table et les avaler avant le signal de la fin du repas ; Odon, distrait, les garda un jour dans sa main et donc ne pouvait plus les avaler après le signal ; ouvrant la main, il la vit pleine de perles précieuses. On les utilisa pour un ornement liturgique.

A Baume, Odon dut s’occuper de la schola, de l’instruction des plus jeunes. Ceux-ci n’étaient pas toujours délicats envers lui, et il les supporta longtemps patiemment.

Un soir qu’il était de passage dans un château, la fille du seigneur vint le supplier de l’aider à échapper à un mariage auquel on voulait la forcer ; après réflexion, Odon l’emmena jusqu’au monastère, la fit recevoir et lui portait à manger chaque jour ; il lui lisait des Vies des Pères ; la jeune fille devint moniale et mourut dans une vision où s.Paul l’invitait aux noces célestes.

Vers 910, Odon fut ordonné prêtre.

Avant de mourir (927), Bernon fit choisir Odon pour lui succéder. Les évêques présents pour ce choix menacèrent Odon d’excommunication s’il refusait d’accepter.

Odon s’installa alors à Cluny, qui dépendait de Baume. Mais comme de nombreux monastères d’Occident dépendaient de Baume, Odon, par son action paternelle et réformatrice, fut pratiquement à la tête de tout l’Occident. Il fut en outre très apprécié et aidé par les rois, les évêques et les seigneurs, qui le connaissaient depuis longtemps.

En 931, il mit tout l’Ordre sous la dépendance directe de saint Pierre et du Pape.

En 936, il tenta à Rome de réconcilier le prince Alberico avec le roi des Lombards Ugo, sans vraiment aboutir à une paix stable, mais les deux ennemis furent au moins d’accord pour admirer les vertus d’Odon. Celui-ci fut alors nommé archiabbé de tous les monastères romains.

Mais c’est à Rome qu’il contracta cette mystérieuse maladie que son biographe décrit comme un feu glacé (frigidus ignis) : Odon cuisait littéralement dans une enveloppe glacée.

Il put revenir à Tours pour la fête de s.Martin, 11 novembre 942, et mourut en l’octave de cette fête, le 18 novembre 942 (à moins qu’il faille retarder l’événement à 948).

Odon attira à la vie monastique ses chers parents. C’était un homme sympathique, toujours enjoué, dans une grande simplicité. Il gagna au Christ des brigands.

Il laissa aussi un œuvre écrit très abondant, où l’on trouve des expressions savoureuses, et des néologismes qui montrent la vaste érudition de l’Auteur. Quelques citations.

- Combien il vaudrait mieux soigner la beauté de l’âme ! Car la beauté physique consiste uniquement dans la peau. Car si les hommes voyaient ce qui est sous la peau, comme font les lynx de Boetia, paraît-il, la vue des femmes les dégoûterait. Ce décor est à base de glaire, de sang, d’humeur, de fiel. Considérez ce qui se cache dans les narines, la gorge, le ventre : que trouvez-vous ? de l’ordure. Et si l’on ne peut souffrir de toucher, même du bout des doigts, de la glaire ou de la fiente, comment se fait-îl que nous désirions embrasser un sac à fiente ?

- Les fidèles tirent plus de profit des exemples que des paroles. Le prédicateur doit confirmer sa parole par sa pratique.

Dans la catégorie des nombreux néologismes :

- le mot grec ekaton pour le latin centum

- Noé est qualifié de naustologus, «maître navigateur»

- eumorfus pour pulcher

Saint Odon de Cluny est commémoré le 18 novembre dans le Martyrologe Romain.

Leonardus Kimura

1575-1619

 

Leonardus Kimura était né vers 1575 à Nagasaki (Japon).

Il était le frère (ou cousin ?) de Sebastianus Kimura (voir au 10 septembre) et d’Antonius Kimura (voir au 27 novembre).

Elevé dans la foi chrétienne, grâce aux missionnaires jésuites, il devint à son tour catéchiste, puis fut admis dans la Société de Jésus comme Frère : il fut cuisinier et tailleur.

Quand les autorités expulsèrent les missionnaires, lui resta sur place et continua de catéchiser en secret ; vêtu élégamment, il passait inaperçu, jusqu’au jour où la police le découvrit au milieu d’une petite communauté chrétienne, en décembre 1616.

Il fut arrêté, mais on était loin de soupçonner qu’il était lui-même jésuite. Le juge lui proposa une forte somme d’argent, en échange de l’indication d’un seul prêtre catholique. Mais quelle ne fut pas sa surprise d’entendre la réponse de Leonardus : Je connais bien un Jésuite, mais c’est un frère, pas un prêtre. Ce frère, c’est moi.

On le jeta en prison. Là, Leonardus continua son apostolat, amena à la conversion d’autres prisonniers et même des gardiens. Il maintenait sa vie de Religieux, avec une heure de méditation matin et soir.

On le condamna à mourir par l’asphyxie lente près des flammes.

Leonardus fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Andreas Murayama Tokuan

?-1619

 

Andreas Murayama Tokuan était né à Nagasaki (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut dénoncé pour avoir hébergé un missionnaire, et arrêté le 15 mars 1619.

Condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes, il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

Cosmas Takeya Sozaburō

?-1619

 

Ce Cosmas Takeya Sozaburō est différent d’un autre Cosmas, Takeya tout court, martyrisé en 1597 (v. 5 février).

Il était né en Corée.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mort par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Domingos Jorge

?-1619

 

Domingos Jorge était né à San Román (Aguiar de Sousa, Porto, Portugal).

Il avait épousé une Japonaise.

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 13 décembre 1618 et condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et fut béatifié en 1867.

 

 

Ioannes Yoshida Shōun

?-1619

 

Ioannes Yoshida Shōun était né à Miyako (Japon).

C’était un laïc, membre de la Confraternité du Rosaire.

Il fut arrêté le 14 mars 1619, en compagnie du père Alonso de Mena (v. 10 septembre) et pour cela condamné à mourir par asphyxie lente près des flammes.

Il fut martyrisé le 18 novembre 1619 à Nishizaka (Nagasaki) et béatifié en 1867.

 

 

 

Rose-Philippine Duchesne

1769-1852

 

Rose-Philippine naquit le 29 août 1769 à Grenoble (Isère), recevant au baptême les noms prédestinés de sainte Rose de Lima (voir au 24 août) et de l’apôtre saint Philippe (voir au 3 mai). Son père, Pierre-François, est avocat à Grenoble, époux de Rose-Euphrasine Perier, une famille d’où sortira Jean-Casimir Perier, futur président de la République.

Son éducation commence au couvent de la Visitation, où éclôt sa vocation.

A dix-sept ans, elle refuse un mariage qu’on lui propose et, dès sa majorité, commence son noviciat à la Visitation, contre la volonté de ses parents. Par déférence pour son père, elle accepte de ne pas s’engager par les vœux avant ses vingt-cinq ans accomplis.

Lors de la Révolution, cependant, la communauté doit se disperser (1791) : Rose-Philippine revient dans sa famille, mais ne reste pas inactive, se dévouant au soulagement des prisonniers, des prêtres réfractaires, des malades et des pauvres. Elle soutient sa vie spirituelle par des pèlerinages à La Louvesc.

Après la tourmente révolutionnaire, elle hérite de l’immense fortune de son grand-père : elle tente de rétablir le monastère de la Visitation et d’y recevoir quelques élèves, mais elle n’y réussit pas. La Providence semble la destiner à autre chose.

Or, depuis peu, Mère Sophie Barat (voir au 25 mai) a fondé une nouvelle Congrégation : la Société du Sacré-Cœur. Rose-Philippine propose à cette Fondatrice le couvent de la Visitation, qui devient donc une maison de la Société des Dames du Sacré-Cœur.

Rose-Philippine en fait partie, avec ses compagnes. Elle fait la profession religieuse (1805 : Rose-Philippine a vingt-six ans).

Après une rencontre avec le père de l’Estrange, qui avait dû fuir en Russie, Rose-Philippine est vivement touchée par les fondations missionnaires d’Amérique du Nord.

Dans la nuit du Jeudi saint au Vendredi saint (3-4 avril) 1806, durant l’adoration eucharistique, Rose-Philippine entend très fort un appel pour les missions en Amérique ; elle se propose à Mère Barat : Quand vous me direz «Voici que je vous envoie», je répondrai vite : je pars. Ce qui arrivera douze ans plus tard. Mère Barat voulait en effet éprouver la solidité de cet appel, et envoya entre-temps Rose-Philippine à Paris pour fonder une maison. 

A Paris, elle rencontre Mgr Dubourg, qui est le premier évêque de la Louisiane. C’est lui qui va faire appel aux Dames du Sacré-Cœur pour l’aider dans sa mission éducatrice.

En 1818, Rose-Philippine fonde une première maison à Saint-Charles (Missouri) avec quatre compagnes. Cette «maison» est une cabane froide, où elles vivent dans l’extrême pauvreté et se donnent entièrement au travail apostolique. En outre, l’anglais n’est pas très facile ! En fait, cette maison sera déjà fermée en 1819.

En 1820, s’ouvre à Florissant la première école et six autres maisons seront ouvertes en huit ans, dont deux proches de la Nouvelle-Orléans. Des Jésuites font rouvrir celle de Saint-Charles.

Madame Duchesne est élue supérieure des maisons en Louisiane : nouveaux voyages en perspectives, malgré une mauvaise santé. Mais ce qu’elle désire, c’est aller vers les Indiens : l’occasion se présente quand une école va s’ouvrir pour les Potawatomis à Sugar Creek (Kansas).

Déchargée de toute responsabilité, Rose-Philippine est prête à partir, à soixante-douze ans, mais dans son entourage on craint pour sa santé. Or le père Jésuite qui dirige cette mission voit autrement : Elle n’est pas capable de beaucoup de travail, mais elle assurera le succès de la mission par sa prière. Sa présence attirera toutes sortes de faveurs.

C’est ce qui se passera. Déjà une centaine d’Indiens lui feront une garde d’honneur pour la recevoir. Durant la seule année qu’elle passera parmi eux, les Potawatomis - dont la conversion intérieure est plutôt lente - l’appelleront vite «la femme qui prie toujours», pour les longues heures qu’elle passe en contemplation devant le Saint-Sacrement. Les fruits arriveront plus tard.

Dès 1841 elle revient à Saint-Charles, où elle s’éteindra le 18 novembre 1852.

Au-dessus de sa tombe est accroché un grand crucifix en bois donné par un bienfaiteur américain, qui l’avait acquis en France peu auparavant. Or, mystérieusement, ce crucifix provenait de la première maison du Sacré-Cœur de Grenoble.

Rose-Philippine a été béatifiée en 1940, canonisée en 1988, et se trouve inscrite au Martyrologe le 18 novembre.

 

 

Ferdinando Santamaria

1883-1900

 

Aîné des cinq enfants de Pietro Paolo Santamaria et Cecilia Ruscio, Ferdinando naquit le 4 mai 1883 à Pontecorco (Frosinone, Italie centrale) ; il fut baptisé le lendemain, et confirmé cinq mois plus tard.

Les parents étaient de fervents chrétiens et travaillaient le chanvre.

L’enfant reçut la Première communion «prématurément» pour l’époque : à huit ans. C’était déjà un signe de Dieu.

Il fut enfant de chœur, et pleurait lorsque le travail l’empêchait de se rendre à l’église. En prière, il était tellement pris par sa prière, que c’est le sacristain qui pleurait d’émotion à le voir.

Si le papa désirait beaucoup lui remettre la boutique, le curé voyait en Ferdinando une belle vocation en perspective. D’ailleurs, quand on rapporta au papa que son garçon était en extase devant le tableau de la Sainte Vierge, il n’en fut pas étonné.

Il priait entre autres pour que ses camarades devinssent meilleurs, il leur enseignait le catéchisme ; il les invitait à venir à la messe.

Il s’imposait des pénitences, agenouillé sur des grains de maïs ou de petits cailloux, laissant à table le meilleur pour les autres. Il répétait qu’il était né pour ça.

Rien d’étonnant ainsi, qu’il fût attiré par l’idéal des Pères passionistes voisins. Il voulut y entrer, mais son père retarda ce choix en lui demandant d’assumer le travail de la boutique, puisqu’il était l’aîné des enfants. Il l’envoya même avec cheval et charrette pour vendre les cordes sur les marchés alentour, espérant qu’il changerait d’idée. Il lui imposa de sévères pénitences, mais rien n’y fit. Le papa l’empêcha même de rentrer pour dormir ; mais peu à peu, il se rendit à l’évidence. C’est même lui qui accompagna son grand garçon chez les Passionistes.

On signalera un seul cas où Ferdinando désobéit : il devait aller chercher son papa, mais n’y alla pas, de peur d’entendre son père blasphémer.

Il entra donc au noviciat de Paliano (Frosinone) en 1899, et prit le nom religieux de Grimoaldo de la Purification. Saint Grimoaldo est le Saint patron de son village natal.

Après la profession, il fut à Ceccano pour les études, qu’il affronta avec ferveur, recevant humblement les conseils d’un Condisciple, pour pallier aux lacunes de sa première instruction. Il se montrait toujours joyeux.

Il avait une particulière dévotion à un autre jeune Passionniste, mort en 1862 (voir au 27 février), Gabriele de l’Addolorata.

C’était une force de la nature, plein de santé. Mais le 31 octobre 1902 il sentit brusquement des douleurs, des vertiges : une méningite aiguë.

Grimoaldo ne perdit pas sa joie, au contraire il fut de plus en plus resplendissant au fur et à mesure que la maladie le minait.

Il mourut le 18 novembre 1902, n’ayant pas même vingt ans.

Il apparut peu après à ses parents, pour les réconforter, de sorte qu’eux aussi restèrent dans la joie d’avoir eu un tel fils.

Ferdinando-Grimoaldo fut béatifié en 1995.

 

 

Karolina Kózkówna (Kózka)

1898-1914

 

Cette jeune fille naquit le 2 août 1898 à Wal-Ruda (Tarnow, Pologne), quatrième des onze enfants de Jan et Maria Borzechka Kózka, des paysans très chrétiens, si pieux qu’on appelait leur maison la petite église.

Karolina grandit dans l’amour de Dieu, de la Sainte Vierge et la pratique des vertus. La Sainte Vierge, elle l’appelait Ma mère de Dieu ; c’était une fille douce, aimable, modeste et correcte, qui méritait bien d’être surnommée par les voisins un vrai ange.

Elle donnait volontiers son temps pour faire du bien autour d’elle ; à la paroisse, c’était une animatrice. On l’entendait dire : Travaillons et ne perdons pas de temps, parce que Jésus nous aime.  

Lors de l’invasion des Russes, au début de la Première guerre mondiale, l’armée occupa le village ; les soldats furent laissés à eux-mêmes et s’autorisèrent toutes les licences.

L’un d’eux fit des avances à Karolina, qui refusa.

Le soldat enleva l’adolescente - elle avait seize ans -, alla se cacher dans le bois et tenta de la violer. Karolina se débattit, hurla : le soldat l’assassina.

C’était le 18 novembre 1914.

Comme Marietta Goretti (6 juillet), comme Pierina Morosini (6 avril), comme Albertina Berkenbrock (15 juin), Karolina fut une nouvelle martyre de la pureté, préférant la mort pour rester fidèle au Christ.

Elle fut béatifiée en 1987.

 

 

Amparo de Hinojosa Naveros

1872-1936

 

Amparo naquit le 24 juillet 1872 à Alhama (Granada, Espagne), petite benjamine de Juan et Manuela, qui avaient déjà des garçons majeurs.

A sept ans, elle fut orpheline, et prise en charge par son frère aîné Eduardo, à Madrid. La petite fille ne posaite pas de problème, car elle était joyeuse et affectueuse. 

Elle se consacra bientôt à la Sainte Vierge.

En pèlerinage à Lourdes, à quinze ans, elle sentit l’appel à la vie religieuse, mais son grand frère lui suggéra d’attendre un peu, car elle était encore trop jeune.

Elle entra en 1891, à dix-neuf ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. La séparation coûta autant aux siens qu’à elle-même, mais l’appel était plus fort que le sentiment, et Amparo s’appliqua à vivre cet idéal à la perfection. Son amour de l’Eucharistie était communicatif.

Elle prit le nom de María Gabriela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre María Gabriela fut alors nommée supérieure du groupe des sept Religieuses qui restaient à Madrid. 

Elles vécurent en réalité dans un souterrain voisin du monastère, à partir du 18 juillet. Mais, trahies, elles furent dénoncées aux révolutionnaires. Après plusieurs perquisitions, elles furent emmenées, le 18 novembre, pour être fusillées.

Au moment de monter en voiture, on les vit faire le signe de croix, mais les badauds les huèrent et demandèrent leur mort.

Les derniers mots qu’on put connaître de Amparo, furent : Nous sommes en train de prier, remerciant Dieu parce que notre heure est arrivée.

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936, sauf une qui s’échappa, mais fut à son tour exécutée le 23 novembre (voir la notice de Felícitas Cendoya Araquistain).

María Gabriela-Amparo, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Carmen Barrera Izaguirre

1881-1936

 

Carmen naquit le 23 mai 1881 à El Ferrol (La Coruña, Espagne), aînée des cinq enfants de Emilio et María. Le papa était commandant de Marine.

L’éducation se partagea entre la faiblesse du père, qui lui passait tous ses caprices, et la mère qui, au contraire, lui enseignait à les combattre. Un peu paresseuse, elle n’aimait pas aider sa mère dans les travaux de la maison.

Carmen avait tout de même de grandes qualités, toujours souriante et tranquille ; sa nourrice lui disait : Il n’y en a pas deux comme toi, compliment bien inutile pour former une petite fille…

Très tôt elle désira entrer au Carmel (son prénom l’y portait), et elle s’habillait souvent en moniale : elle se mettait les bras en croix devant la glace et, satisfaite, se croyait déjà devenue sainte Thérèse.

Elle entra finalement en 1918, à trente-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Désormais mûre et réfléchie, elle regretta beaucoup sa vie vaniteuse d’avant.

Elle prit le nom de Josefa María.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Josefa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

Sa famille lui proposa de revenir à la maison, mais elle répondit : Toutes les sept, nous avons promis à Jésus de ne pas nous séparer. Si nous devons verser notre sang pour sauver l’Espagne, nous demandons au Seigneur que ce soit le plus tôt possible.

Elle qui avait dit, toute jeune, qu’elle n’était pas taillée pour le martyre, elle se trouva à présent toute remodelée pour ressembler au Christ.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Le visage de Josefa fut complètement défiguré par les balles.

Josefa María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Laura Cavestany Anduaga

1888-1936

 

Laura naquit le 30 juillet 1888 à Puerto Real (Cadix, Espagne), de Juan Antonio, auteur et poète très connu, et Margarita, une femme forte et accomplie, qui mit au monde seize enfants.

La jeune fille avait tout pour réussir dans le monde, mais préféra épouser Jésus-Christ.

Elle entra en 1914, à vingt-six ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville. Elle prit le nom de Teresa María.

Son enthousiasme s’exprime dans ce mot qu’elle écrivit le jour de sa prise d’habit : Je n’ai plus qu’un seul désir, insatiable, immense, le désir, la soif de Dieu ! Dieu seul !

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Teresa María fut des sept qui restaient à Madrid. 

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Selon ses propres expressions, Teresa accepta la grâce du martyre comme trop grande, trop heureuse.

Les sept Religieuses furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Teresa María, ainsi que ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Vidal Luis Gómara

1891-1936

 

Vidal (Vital) naquit le 3 novembre 1891 à Monsagro (Salamanque, Espagne), fut baptisé le 8 suivant et confirmé le 8 mai 1896, selon des habitudes de cette époque.

Dès l’école primaire, il se fit remarquer pour ses dons dans la calligraphie, les mathématiques et le dessin.

Ayant connu les Dominicains, il fut reçu à l’école apostolique de Corias (Asturies). Il y prit l’habit dominicain en 1907, et fit la profession l’année suivante.

Après la philosophie, il alla à Salamanque pour la théologie et fut ordonné prêtre en 1915.

Un détail important de sa Première messe est à noter ici : il eut la permission de célébrer devant le Saint Sacrement exposé (ce qui, normalement, ne se fait pas), et s’offrit en victime d’expiation pour les blasphèmes et les sacrilèges commis envers la Sainte Eucharistie.

Il fut envoyé au collège de Villava (Navarre) et commença un ouvrage sur Les Dominicains et l’art. 

Il apporta son concours dans l’heureuse fusion des Dominicaines de Villava avec la congrégation de la Sainte Famille (fondée aux Canaries par José Cueto).

En 1928, il passa au collège de Vergara (Guipúzcoa), où il publia d’autres ouvrages.

En 1928, on le vit au couvent de Madrid, où il s’occupa particulièrement des jeunes.

En 1935, on l’envoya à Salamanque, avec la mission de restaurer le sanctuaire de la Peña di Francia.

Le 17 juillet 1936, il voyagea à Madrid : ce fut le commencement de sa passion. En effet, devant reprendre l’autocar pour Salamanque, il donna son billet à quelqu’un qui n’en avait pas, pensant en acheter un autre le lendemain. 

Mais le lendemain, il n’y eut pas d’autocar. Pendant une quinzaine de jours, il erra, dormant même sur les bancs publics avant d’être finalement accueilli dans une maison où il put célébrer la Messe chaque jour. Il en profita pour porter l’Eucharistie à d’autres victimes de la persécution. 

On lui proposa d’être protégé dans une des ambassades, mais il refusa, estimant que c’était un honneur de mourir durant le service sacerdotal. Il continua à secourir ainsi d’autres Chrétiens.

Le 4 octobre, on l’arrêta et il reconnut sa qualité de dominicain. On le conduisit au Commissariat, et le 9 octobre à la Direction Générale de Sécurité. Le 10, il se trouvait dans la prison Modelo, où il se recueillit dans la prière, le chapelet et la méditation.

On le tortura avec la pointe d’un canif. 

Le 15 novembre, on le transféra à la prison de Porlier.

On le fusilla au lieu-dit Paracuellos del Jarama (Madrid), le 18 novembre 1936.

Vidal Luis Gómara fut béatifié en 2007.

 

 

Esteban Anuncibay Letona

1892-1936

 

Né le 26 décembre 1892 à Mijancas (Álava), Esteban reçut le nom du Saint du jour (Etienne).

Il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo en 1908, reçut l’habit en 1909 et prit le nom de Ovidio Bertrán.

Il fut peu de temps renvoyé chez lui pour un problème de santé, et revint en 1910, fit la profession en 1911 à Bujedo, et fut envoyé à Madrid où il fit la profession perpétuelle.

Il fut nommé directeur de l’école de Chiclana, puis de Puente Vallecas, qu’il dut abandonner en 1931, lorsque les révolutionnaires y mirent le feu.

Puis il fut directeur à San Fernando (Cadix), Sevilla et finalement Lorca.

Le 30 juillet 1936, de mystérieux «Travailleurs de l’Enseignement» vinrent réquisitionner l’établissement de Lorca. Le Frère appela l’avocat pour traiter. Mais ceux qui revinrent «traiter» furent vingt miliciens.

Le 1er août, ils emmenèrent les cinq Frères en prison (où une pieuse femme avec ses filles leur portèrent chaque jour leur repas). Les Frères priaient ensemble le chapelet, le Chemin de Croix, et écrivaient des lettres, qui furent détruites par les gardiens.

Le 30 septembre, un tribunal les mit en liberté, car il n’y avait aucune charge contre eux. Mais le 2 octobre, on les reprit, car ils étaient dangereux. 

Le 18 novembre à cinq heures du matin, on les appela, on les ligota, les fit monter en camion pour aller faire une déclaration (à cette heure-là ? !), en réalité pour les emmener à une ancienne mine de soufre de plus de cent mètres de profondeur. On les fit asseoir, toujours attachés ; ils priaient. 

Un peloton reçut l’ordre de tirer, puis leur chef leur donna le coup de grâce dans la tête. Quelques miliciens se seraient même mis à danser sur les corps et à les piétiner. 

Puis ils les tirèrent par les pieds et les jetèrent au fond du puits, certains que les Catholiques ne viendraient pas les y chercher.  Le puits s’appelle maintenant Puits des Martyrs.

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, le Frère fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Martina Olaizola Garagarza

1893-1936

 

Martina naquit le 12 novembre 1893 (et non 1913) à Azpeitia (Guipuzcoa, Espagne), benjamine  des huit enfants de José Ignacio et Justa, qui la firent baptiser le jour-même.

En 1918, à vingt-cinq ans, elle s’agrège au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville, comme sœur externe.

Elle prit le nom de María Ángela.

En 1936, la communauté dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Notre Ángela María fut retenue, pour son intelligence et son humilité, pour être des sept qui restaient à Madrid. 

Son frère Justo, étonné de voir la paix qu’elle conservait dans ces circonstances, lui proposa de venir chez lui, loin du danger, mais elle répondit : Ma place est ici, et que la volonté de Dieu s’accomplisse.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

María Ángela, qui désirait tant rester cachée, le resta aussi après la mort : on n’a conservé presque rien d’elle, et on n’a pas même retrouvé son corps.

María Ángela, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

José María Cánovas Martínez

1894-1936

 

José naquit le 9 août 1894 à Totana (Murcia, Espagne centrale) et fut baptisé deux jours après.

Ses parents tenaient une boulangerie.

Il fréquenta les Pères capucins, leur servait la messe et fut quelque temps dans leur école de Orito (Alicante).

A partir de 1909, il fréquenta le séminaire diocésain de San Fulgenzio et fut ordonné prêtre en 1921.

Sa première messe eut lieu à Santiago de Lorca, où son frère aîné était curé.

Dès 1921, il fut nommé vicaire à Santiago de Lorca (Cartagena) où, en 1935, il remplaça comme curé son frère, quand ce dernier entra dans la Congrégation de la Mission. Il fut en outre aumônier des Frères des Ecoles Chrétiennes.

Le 3 août 1936, José María fut mis en prison.

Il reçut le martyre le 18 novembre 1936 et fut béatifié en 2007.

 

 

Josefa Joaquina Lecuona Aramburu

1897-1936

 

Josefa Joaquina naquit le 2 juillet 1897 à Oyarzun (Guipuzcoa, Espagne), aînée des… quatorze enfants de Pedro et Matilde.

Elle était travailleuse et généreuse. Elle fit venir à la maison de petits enfants pour leur enseigner le catéchisme. 

Elle finit par révéler aux parents le désir qu’elle avait depuis longtemps de devenir religieuse : la séparation devait leur coûter, mais ils furent heureux d’avoir une fille consacrée à Dieu.

Josefa s’était depuis longtemps consacrée à la Sainte Vierge, et c’est le 8 décembre 1924 qu’elle entra comme sœur externe, à vingt-sept ans, au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle prit le nom de María Engrácia.

En 1931, elle fut de celles qui vinrent à Oronoz pour éviter la persécution. Etant externe, elle s’occupa de l’ «intendance», et toute la population apprécia cette Religieuse toujours souriante, toujours bonne et patiente avec tous.

En 1934, elle eut la joie de voir arriver aussi sa jeune sœur María.

En 1936, notre Josefa fut des sept qui devaient rester à Madrid. Elle quitta Oronoz (et sa sœur) un peu à contre-cœur, mais acceptant le sacrifice.

Dans le souterrain où les Religieuses se cachaient, elle arrivait à faire passer un climat d’humour et de joie, dans cette atmosphère de prière, de recueillement et d’inquiétude devant le danger permanent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour).

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Josefa - María Engrácia, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

 

 

Inés Zudaire Galdeano

1900-1936

 

Inés (Agnès) naquit le 28 janvier 1900 à Echávarri (Navarre, Espagne), une des six enfants de Valentín et Francisca. Un des enfants, Florencio, devint mariste ; Inés entra à la Visitation.

Elle entra en 1919 au monastère madrilène de la Visitation, récemment fondé dans cette ville.

Elle put garder son nom de baptême, Inés, car elle était très dévote de sa sainte patronne, la jeune martyre Agnès (voir au 21 janvier). On y ajouta seulement celui de María.

Inés María fut une excellente «pâte à modeler», dont la Supérieure apprécia les profondes qualités.

En 1931, à cause de la persécution religieuse, on l’envoya dans la communauté de Oronoz (Navarre), et elle se réjouit de revenir dans sa terre natale. 

Elle y reçut une de ses sœurs, attristée de rester stérile après trois années de mariage. Inés lui promit un fils pour l’année suivante, ce qui arriva.

En 1936, la communauté de Madrid dut se dissoudre ; un groupe alla se réfugier à Oronoz (Navarre), pour fuir la révolution. Mais notre Inés María fut des sept qui devaient rester à Madrid. 

Inés éprouvait bien quelque crainte, mais se confia à Dieu, disant aux autres : Priez beaucoup pour nous, il pourrait bien se faire qu’il nous tuent.

(Voir ici quelques détails supplémentaires dans la notice de Amparo de Hinojosa Naveros, ce même jour). 

Elles furent mises à mort à Madrid le 18 novembre 1936.

Inés María, avec ses six Compagnes, ont été béatifiées en 1998.

Germán García García

1903-1936

 

Il naquit le 28 mai 1903 à Quintanilla de la Mata (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Luciano Pablo (Lucien Paul).

Dès 1922, il commençait son apostolat à Madrid, où il fit la profession perpétuelle en 1928.

Quand le collège fut incendié par les révolutionnaires en 1931, il partit pour Santiago de Compostela, puis à Séville, Madrid, finalement en 1934 à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Modesto Sáez Manzanares

1903-1936

 

Il naquit le 30 juillet 1903 à Revilla del Campo (Burgos, Espagne).

Il entra en 1916 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1919, fit la première profession en 1921 et prit le nom de Hermenegildo Lorenzo.

Après la profession perpétuelle en 1928, il fut à Madrid, Melilla, Madrid, Jerez, Almería, finalement Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, à trente-trois ans, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Augusto Cordero Fernández

1908-1936

 

Il naquit le 8 octobre 1908 à Bustillo de la Vega (Palencia, Espagne).

Il entra en 1924 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes et resta une année de plus comme aspirant, pour approfondir ses capacités à l’étude, puis passa au noviciat, fit la première profession en 1927 et prit le nom de Estanislao Víctor.

A partir de 1930, il fut à Madrid, où il fit la profession solennelle en 1933, puis fut envoyé à Lorca.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

 

 

Emilio Martínez de la Pera y Álava

1913-1936

 

Il naquit le 8 août 1913 à Hueto de Arriba (Álava, Espagne).

Il entra en 1926 chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Bujedo, reçut l’habit en 1929, fit la première profession en 1930 et prit le nom de Lorenzo Santiago (Laurent Jacques).

Sa seule destination fut Lorca, en 1933.

(Voir ici les détails des événements de 1936 dans la notice de Esteban Anuncibay Letona, le même jour).

Martyrisé à Lorca (Murcia) le 18 novembre 1936, il fut béatifié avec ses quatre Compagnons et leur aumônier (José María Canovas Martínez) en 2007.

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