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5 décembre 2019 4 05 /12 /décembre /2019 00:00

 

05 DÉCEMBRE

 

III.

S Dalmatius, en Piémont. On ignore tout de lui.

IV.

Ste Crispina, martyre à Tébessa.

VI.

S Sabas (439-532), abbé près de Jérusalem, fondateur de la si fameuse laure, supérieur de tous les ermites de Palestine, ami de s. Théodose.

S Cawrdaf, prince gallois, moine à Llan-Ildut.

X.

S Lucido, moine en Lucanie.

XI.

B Jean Gredenigo, camaldule à Cuxa, mais décédé au Mont Cassin, victime d'une ruade de cheval.

XII.

S Gérald, évêque à Braga ; bibliothécaire et professeur de musique à Moissac, il devint maître de chœur à Braga ; évêque, il fut aussi saint qu'énergique.

XV.

B Bartolomeo Fanti, carme à Mantoue, où son corps est demeuré intact, propagateur de la dévotion au Saint-Sacrement.

XVII.

S John Almond, prêtre anglais, martyr à Tyburn.

B Niels Steensen (Nicola Stenone), converti du luthéranisme, évêque de Titiopoli pour évangéliser le nord de l'Europe, pasteur et savant, surnommé le Père de l'anatomie ; béatifié en 1988.

XIX.

Bx Gim Gang-i Simon et Yi Bong-geum Anastasia, laïcs coréens martyrs, le premier mort en prison, l’autre, âgée de douze ans, pendue, béatifiés en 2014. 

XX.

B Jean-Baptiste Fouque (1851-1926), prêtre de Marseille, grand bienfaiteur, béatifié en 2018.

B Filippo Rinaldi (1856-1931), élève italien de s. Giovanni Bosco dont il fut l'image vivante, salésien surtout en Espagne, béatifié en 1990.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

    - béatifiés en 2013 : 

Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur : Joaquín Jovaní Marín (*1874), près de Castellón ; Vicente Jovaní Ávila (*1902), près de Barcelone ;

Servantes de Marie : Anunciación Peña Rodríguez (Agustina, *1900), près de Madrid.

B Narcyz Putz (1877-1942), prêtre polonais martyr à Dachau, béatifié en 1999.

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, voir au 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir. 

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines muinis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

 

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi. 

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (voir au 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge. 

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader. 

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes. 

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (voir au 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Crispina de Thagora

† 304

 

Crispina était une femme de famille noble, très riche, peut-être même un peu mondaine, mais fervente chrétienne. De son mariage, elle eut des fils.

Elle habitait Thagora (Numidie, auj. Taoura, Algérie).

Elle fut arrêtée et conduite au proconsul Anulinus, à Tebessa. Au terme d’un long interrogatoire, durant lequel Crispina ne faisait que répéter qu’elle n’adorait qu’un seul Dieu, le proconsul conclut :

Crispina s’obstine dans sa superstition indigne, et refuse de sacrifier à nos dieux ; selon les prescriptions divines de la loi d’Auguste, j’ordonne de la décapiter.

Crispina répondit : Je bénis Dieu qui daigne ainsi me délivrer de tes mains. Deo gratias !

Le récit poursuit : Elle fit le signe de croix sur son front et, tendant le cou, elle fut décapitée pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Honneur à lui dans les siècles des siècles, amen.

C’était le 4 décembre 304.

Le Martyrologe Romain mentionne sainte Crispina de Thagora au 5 décembre.

 

 

Sabas abbé

439-532

 

Sabas est une admirable figure de sainteté et de mortification volontairement acceptée.

Il naquit en 439 à Mutalasca près de Césarée de Cappadoce. Quand son père, Jean, un officier de l’armée impériale, dut partir pour Alexandrie avec son épouse Sophie, Sabas avait cinq ans : il fut confié par ses parents à son oncle maternel, Hermias, dont la femme, de mœurs légères, scandalisa Sabas au point qu’il s’enfuit chez un autre oncle, Grégoire, à trois milles de là.

Il se présenta bientôt au monastère de Flabiana, à vingt stades de Mutalasca, où on l’admit aussitôt malgré son jeune âge. Mais Sabas savait déjà se mortifier. Un jour qu’il avait cueilli une belle pomme bien mûre, il lui vint à l’esprit l’épisode d’Adam et Eve, il écrasa le fruit et résolut de n’en jamais manger.

Bientôt, ses deux oncles, Hermias et Grégoire, vinrent lui proposer de sortir du monastère  pour se marier. Ce n’était pas particulièrement l’intention du jeune garçon, qui partit pour Jérusalem à l’accomplissement de ses dix-huit ans (457), où il fut reçu dans un monastère proche de la Ville Sainte.

A cette époque, on se disputait entre catholiques et monophysites ; l’atmosphère houleuse ne plaisait pas à Sabas, qui rejoignit une communauté proche de la Mer Morte. Il était fort, adroit, obéissant, savait fendre le bois, porter l’eau, conduire les mulets, sans jamais se plaindre : en somme, le frère idéal.

Lors du déplacement d’un confrère à Alexandrie, Sabas l’accompagna et retrouva ainsi ses parents. Son père lui offrit de s’enrôler dans l’armée : on imagine la réponse du jeune moine. Sabas repartit, en ne gardant que trois des vingt pièces d’or que lui donna son père, et les remit fidèlement à son abbé, en arrivant au monastère.

Bientôt, Sabas arriva à la trentaine et demanda à mener la vie érémitique au désert : on le lui permit, à condition qu’il vînt passer les samedis et dimanches avec la communauté. Le lundi, il partait avec une charge de branches de palmier et rapportait le samedi cinquante corbeilles tressées.

De 473 à 478, Sabas occupa la tour d’un certain Anthos, moine stylite qui venait de mourir. Puis il s’installa dans une grotte non loin de la Mer Morte : il accrocha une corde pour y monter et en descendre. Des Bédouins de passage voulurent y monter aussi, et furent tellement frappés de la frugalité de l’ermite, qu’ils lui apportèrent régulièrement du pain, du fromage et des dattes.

Bien sûr, les Bédouins ne purent s’empêcher de parler autour d’eux ; on vint voir Sabas, le consulter ; des moines voulurent se mettre sous sa conduite ; les grottes alentour se peuplèrent et abritèrent bientôt jusqu’à cent cinquante moines. C’est le début de la laure, à l’origine de nos monastères.

Or Sabas ne voulait pas de prêtres dans sa communauté : il fit construire non loin un oratoire pour permettre aux prêtres de passage de célébrer les Saints Mystères. En revanche, lors d’un mystérieux prodige, la montagne proche s’ouvrit et fit apparaître une grotte assez grande pour y célébrer la Liturgie : Sabas décida de faire célébrer la divine Liturgie les samedis et dimanches dans cette grotte «théoctiste» (faite par Dieu).

Les moines cependant se plaignirent de ne pouvoir être ordonnés prêtres. Le patriarche de Jérusalem enquêta soigneusement, les convoqua tous, et ordonna sur place Sabas lui-même.

Sabas apprit la mort de son père, et reçut bientôt sa mère, qui lui apportait son héritage, très important. Il le consacra à la construction d’un hospice et à l’établissement d’un grand jardin pour la subsistance des moines.

Les moines se multipliaient, la laure prit le nom de Grande Laure ; on essaima : ce fut le monastère de Castellion, puis le noviciat fut séparé un peu plus au nord.

Que devaient faire les novices ? - Apprendre le psautier, les règles de la psalmodie, la discipline monastique… et construire eux-mêmes leur cellule, quand ils étaient admis.

Sabas fut bientôt nommé supérieur de tous les ermites de Palestine. A la même époque vivait saint Théodose, qui fut nommé supérieur des cénobites. Il y eut entre Sabas et Théodose une profonde amitié ; ils se soutinrent dans la lutte pour défendre l’orthodoxie.

Sur l’amitié profonde entre Sabas et Jean le Silentiaire, v. 7 décembre.

C’est ainsi que Sabas décréta que le groupe des Arméniens, qui s’étaient mis à ajouter au chant du Trisagion une formule monophysite, ne chanterait plus le Trisagion. Certains moines furent irréductibles. Aussi Sabas résolut, en 503, de se séparer de ses moines, sans doute aussi attiré par cette solitude qu’il chérissait et qu’il avait perdue pour s’occuper de la Laure : celle-ci comportait désormais deux églises, un four, une hôtellerie, un hôpital, des citernes…

Sabas se trouva une grotte à son goût, où demeurait cependant un lion. Quand celui-ci revint de sa tournée, il prit Sabas par le capuchon et voulut le mettre dehors, mais comme c’était l’heure de la prière, Sabas le pria d’attendre ; ensuite, le lion voulut reprendre son entreprise, mais Sabas lui dit : Ecoute. Nous sommes tous les deux des créatures de Dieu ; il y a de la place pour deux dans la grotte, mais si tu ne veux pas vivre avec moi, va-t-’en. Le lion partit.

Or, dès 503, Sabas fonda un nouveau monastère près du lac de Tibériade, où se regroupèrent bientôt de nouveaux novices. Mais le patriarche de Jérusalem le pria bientôt de revenir dans la Laure : en effet, des moines mécontents de Sabas, avaient prétendu que les lions avaient dévoré Sabas et demandé au patriarche un successeur… qui fut tout simplement Sabas : le patriarche leur intima l’ordre de lui obéir.

Ceux qui se séparèrent alors, voulurent construire une nouvelle Laure, où ils furent bientôt dans la misère noire ; Sabas lui-même leur fit apporter des vivres.

Les luttes dogmatiques prirent un tour véhément jusque dans la Laure. L’autorité de Sabas et celle de Théodose fut toujours récompensée : l’empereur de Constantinople se rangea à leurs côtés, ainsi que le patriarche de Jérusalem. Un jour, dix mille moines munis de bâtons, d’épées, de faux et de haches se présentèrent à Jérusalem pour s’opposer à l’entrée d’un partisan de l’hérésie.

Sabas, désormais nonagénaire, fit beaucoup de miracles, attestés par un témoin oculaire, auquel nous devons aussi les détails précis qui précèdent. Sabas fit venir de la nourriture en temps de famine, des orages en temps de sécheresse.

Les dernières années, il eut encore la force d’aller trouver l’empereur à Constantinople pour plaider - avec succès - la cause des chrétiens accusés faussement d’une insurrection.

Il visita une dernière fois les Lieux Saints de Jérusalem, puis s’alita dans sa cellule. Il réunit les frères, les invita à garder inviolablement les règles de la Laure, et se recueillit dans le silence et la prière. Il mourut le 5 décembre 532, âgé de quatre-vingt-treize ans. Saint Théodose était mort quatre ans plus tôt.

L’enterrement fut suivi par une grande foule d’évêques et de fidèles de toute la Palestine. Le tombeau de Sabas existe encore aujourd’hui, mais le corps lui-même a été transporté à Venise. La Grande Laure est maintenant le monastère de Saint-Sabas, dont les moines grecs assurent la perennité.

Saint Sabas fut appelé plein de l’esprit de Dieu, habitant de la Cité sainte, étoile du désert, patriarche des moines. Son culte s’est largement diffusé en Orient. A Rome une église lui est dédiée sur l’Aventin.

Le Martyrologe le commémore au 5 décembre.

 

Lucido d’Aquara

960-1038

 

Lucido naquit vers 960 à Aquara (Salerno, Campanie, Italie SO).

A quinze ans, il entra à l’abbaye de Saint-Pierre, proche d’Aquara.

Le prince Guaimario IV de Salerno le prit bientôt comme conseiller.

Lucido intégra ensuite l’abbaye bénédictine de Monte Cassino, puis celle de La Cava de’ Tirreni.

Il fonda le monastère Sainte-Marie de l’Albaneta.

Il mourut en 1038 et son culte fut reconnu en 1880.

Saint Lucido d’Aquara est maintenant commémoré le 5 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Gérald de Braga

? -1109

 

Gérald naquit à Cahors (Lot) au 11e siècle, de parents nobles qui le placèrent encore enfant à l’abbaye bénédictine de Moissac.

Ce fut un excellent élève, qui apprit assidûment la musique, la grammaire, la littérature. Il devint bibliothécaire pendant de longues années, assurant des conférences spirituelles au chapitre, dirigeant le chant au chœur, et donnant des leçons à ceux qui en avaient besoin.

Il devint prieur à Toulouse, puis fut appelé par l’archevêque de Tolède comme maître de chapelle pour sa cathédrale, ce à quoi l’abbé de Moissac consentit sans difficulté.

Pendant ce temps, le diocèse de Braga (alors en Espagne, auj. Portugal) connaissait une crise, car l’archevêque de Tolède refusait d’y installer un évêque autre que lui-même ; mais quand les clercs de Braga lui proposèrent d’élire Gérald, il ne put s’y opposer, tant la renommée de celui-ci était déjà grande.

Gérald fut donc sacré évêque en 1095, et se mit courageusement au travail, pour relever son diocèse, réorganiser les domaines ecclésiastiques, instruire son clergé.

Il fit deux fois le voyage de Rome, en 1100 et 1103, et il fut nommé métropolite pour toute la région.

Il se préoccupa de faire admettre les rites liturgiques romains.

La tâche ne fut pas toujours facile et Gérald recourut parfois aux mesures fortes. Trois seigneurs osaient vivre effrontément dans l’inceste et furent pour cela excommuniés ; l’un se repentit, mais les deux autres se joignirent aux Maures encore présents et combattirent les Chrétiens ; l’un mourut au combat, l’autre termina ses jours misérablement au milieu des ennemis du Christ.

Il y eut des interventions plus pacifiques, mais non moins radicales. Un dignitaire ecclésiastique en déplacement sur sa mule fut poursuivi par deux intriguants (des moines, à ce qu’il paraît), à cheval ; il invoqua son évêque Gérald, et la mule hâta si bien le pas que les deux chevaux ne purent la rattrapper. Un noble, réprimandé par Gérald, proposa cette forme de «jugement» : l’un et l’autre prierait le Christ et la Vierge que celui qui était dans son tort mourrait dans l’année ; ce fut le noble qui mourut.

Il y eut d’autres prodiges du vivant de l’évêque, et aussi après sa mort. 

Insouciant de sa santé, Gérald se préoccupait de visiter tout son diocèse et de célébrer la dédicace des nouvelles églises. Après celle de Bornos, il sut s’aliter. Il demanda à être posé sur la cendre. Son diacre eut la vision des anges qui préparaient la couronne de Gérald pour tel prochain jour. Le jour-dit, Gérald intima au Démon l’ordre de se retirer, bénit ses disciples, entendit la messe et communia, puis s’endormit dans le Seigneur, le 5 décembre 1109, comme l’avaient annoncé les anges.

Gérald fut très vite honoré comme Saint, ainsi que le mentionne le Martyrologe au 5 décembre.

De la cathédrale primitive, commencée an 1089, il ne reste aujourd’hui que le portail sud, de style roman. Le reste a été modifié ou ajouté, en style gothique et baroque.

 

 

Bartolomeo Fanti

1428-1495

 

Bartolomeo était natif de Mantoue (Italie N).

A dix-sept ans, il entra chez les Carmes.

Grand prédicateur, il fonda une confraternité de Notre-Dame du Mont-Carmel pour les fidèles, dont il fut l’aumônier pendant plus de trente ans.

Particulièrement attaché au Saint-Sacrement et à la Très Sainte Vierge, il en développa la dévotion, faisant brûler devant le Tabernacle et devant les images de Notre-Dame des lampes à huile.

Avec de l’huile recueillie de ces lampes, il aurait obtenu des guérisons.

Un de ses grands mérites fut d’avoir guidé dans le chemin de la sainteté Battista Spagnoli, qui devint le maître général des Carmes (v. 20 mars).

Bartolomeo mourut le 5 décembre 1495 et son corps est resté intact.

Son culte fut approuvé en 1909.

 

 

John Almond

1577-1612

 

Né vers 1577 à Allerton (Lancashire, Angleterre), il y passa son enfance, puis fut à Much-Woolton. Il resta en Irlande jusqu’à sa majorité et, à vingt ans, vint au Collège Anglais de Rome.

Il y acheva de brillantes études de philosophie et de théologie, avec les vives félicitations du cardinal Baronius, qui présidait la cérémonie de son doctorat.

Ordonné prêtre, c’était un ennemi du péché, un homme exemplaire, doué d’un vif esprit de compréhension, précis dans ses idées et ses réponses, profondément modeste, rempli de courage, prêt à souffrir pour le Christ.

Il vécut deux arrestations, en 1608 et 1612. En novembre 1612, sept prêtres s’étaient échappés, provoquant encore plus le zèle persécuteur de l’évêque protestant de Londres, qui haïssait particulièrment John Almond.

Le prêtre fut martyrisé le 5 décembre 1612 à Tyburn (Londres), en prononçant le saint Nom de Jésus.

Béatifié en 1929, il fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Niels Stensen

1638-1686

 

Niels (Nicolas) est un grand savant danois, né le 11 janvier 1636 à Copenhague, dans une famille luthérienne. Son père, Steen Pedersen, était un orfèvre au service du roi de Danemark et mourut en 1644. Sa mère, Anne Nielsdatter, épousa un autre orfèvre.

Niels grandit dans un certain isolement, à cause d’une mystérieuse maladie.

Il fit ses études secondaires et universitaires en médecine à Copenhague, puis voyagea en Europe, rencontrant des médecins, des scientifiques renommés ; les voyages le passionnaient, il sillonna surtout les Pays-Bas, la France, l’Italie, l’Allemagne.

On comprend mieux, dès lors, pourquoi son nom ait été «traduit» en diverses langues : Nicolas Sténon en français, Niccolo` Stenone en italien, et aussi Nicolaus Steno (ou Stenonius) en latin.

En 1660, après être passé à Rostock puis Amsterdam, il commença des études de médecine à Leyde (Pays-Bas). Il fut en désaccord avec la thèse de Descartes, qui prétendait que les larmes étaient produites par le cerveau. Il fit des travaux sur la salive et son nom est resté encore aujourd’hui à propos du conduit de Stensen (ductus stenonianus). Il démontra aussi, contre Descartes, que le cœur est un muscle, et non l’origine de la chaleur humaine.

Puis il fut à Paris, Saumur, Bordeaux et Montpellier, rencontrant chaque fois d’illustres savants.

En 1665, il partit pour l’Italie ; il fut d’abord professeur d’anatomie à l’université de Padoue, puis gagna Florence, où ses études d’anatomie lui valurent le mécénat du grand-duc Ferdinando II de Medici, lequel lui donna un poste à l’hôpital, et le rapprocha d’un groupe de chercheurs, l’Accademia del Cimento, auquel il fut affilié. Niels rencontra le pape Alexandre VII à Rome, ainsi que Marcello Malpighi.

Au retour, il eut l’occasion d’observer une procession de la Fête-Dieu et commença à se demander s’il avait la vraie Foi. Cette réflexion aboutit à sa conversion en 1667.

Mais Niels continua ses observations, avec un intérêt passionné pour trouver la vérité. Il se concentra sur le système musculaire et la contraction des muscles : il démontra que les muscles, en se contractant, changeaient de forme, mais pas de volume.

En 1666, des pêcheurs prirent près de Livourne un énorme requin, dont Niels étudia la tête et les dents, et en arriva à la conclusion que ces dents de requin ressemblaient énormément aux dents fossilisées retrouvées en montagne, qu’on appelait alors glossopètres. A cette occasion, il fit aussi d’autres observations qui aboutirent aujourd’hui à la théorie corpusculaire.

Son intérêt pour les fossiles le conduisit à étudier aussi les minéraux, les cristaux, les sédiments.

En 1669, nouvelle découverte à propos des cristaux de quartz : Niels remarqua que leurs faces forment toujours les mêmes angles entre elles, découverte qui marqua le début de la cristallographie moderne.

Niels énonça trois principes qui devinrent fondamentaux dans la sédimentologie et la stratigraphie : le principe de l’horizontalité primaire, de la superposition et de la continuité latérale, qu’on laissera à plus spécialistes le soin d’expliquer en lieux appropriés.

Mais Niels accordait une importance beaucoup plus grande encore à la religion, et se préoccupa beaucoup de trouver la Vérité, entre le luthéranisme où il avait grandi et le catholicisme qu’il rencontrait en Italie. Il orienta donc aussi ses recherches dans le domaine théologique, par la lecture des Pères de l’Eglise. Peu à peu il arriva à la conclusion que l’Eglise est vraiment vivante dans le catholicisme et il se convertit en 1667, le jour de la Toussaint.

Il fit encore des études sur les couches de la Terre, et établit que les couches plus profondes ne contenaient pas de fossiles (et donc dataient d’avant le déluge), tandis que les couches supérieures étaient riches en fossiles, donc postérieures au déluge dont parle la Bible.

En 1670, après avoir voyagé en Hongrie et en Autriche, Niels est à Amsterdam, où il rencontre d’autres scientifiques ; peu après, lors d’un discours à Copenhague, il prononce cette phrase célèbre : Merveilleuses sont les choses que l’on voit, bien plus celles que l’on perçoit et plus encore celles que l’on ignore.

En 1675, Niels est de nouveau à Florence, où il reprend ses recherches théologiques. Il est ordonné prêtre et célèbre sa première messe le 13 avril 1675 dans l’église de l’Annonciation de Florence ; il a trente-sept ans. Il se montre très actif dans la Contre-Réforme. Sur la demande du duc de Hanovre, le pape Innocent XI le nomme Vicaire apostolique pour les missions nordiques.

En 1677, saint Grégoire Barbarigo (v. 18 juin) le consacre évêque et il sera titulaire de Titiopolis. Mgr Stensen va maintenant partir pour les missions en pays luthériens. Il rencontre Leibniz, et le convainc de la réunification des Eglises. Niels reste à Hanovre jusqu’en 1680.

Il sera ensuite nommé évêque auxiliaire de Münster de 1680 à 1683, où il ne fut pas bien reçu, le prince étant luthérien, et la femme de celui-ci prenant en dérision la piété de l’évêque : il dut même vendre son anneau épiscopal et sa crosse pour survivre. Il se vit contraint de résilier sa charge.

En 1684, le voilà à Hambourg où il étudie le cerveau et le système nerveux, mais doit passer à Schwerin où il est mieux reçu. Il change d’habitudes, affiche une pauvreté ascétique et se déplace dans une simple charrette, par tous les temps. Il maigrit, mangeant peu et jeûnant souvent au pain sec et à la bière.

Malade, il eut le désir de retourner en Italie ; mais il souffrait énormément de son ventre, qui gonflait de jour en jour, et décéda à Schwerin (Allemagne) le 5 décembre 1686, veille de la fête de son saint Patron, saint Nicolas de Myre.

Son corps fut transporté à Florence pour y être enseveli, sur la demande de Cosimo de’ Medici et de son entourage.

Niels Stensen a été proclamé Bienheureux en 1988.

 

Note. Les dates de la naissance et de la mort de Niels Stensen sont données ici selon le calendrier grégorien. On trouve parfois ces dates selon l’ancien calendrier (julien) : 1er janvier 1638 - 25 novembre 1686.

 

 

Gim Gang-i Simon

1765-1815

 

Gim Gang-i Simon est un laïc coréen né vers 1765 à Seosan (Chungcheong-do, Corée S).

Il mourut en prison à Wonju (Ganngwon-do) le 5 décembre 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Yi Bong-geum Anastasia

1827-1839

 

Yi Bong-geum Anastasia est une jeune adolescente coréenne née en 1827.

Elle fut pendue alors qu’elle n’avait qu’une douzaine d’années, à Jeonju (Jeolla-do) le 5 ou le 6 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Filippo Rinaldi

1856-1931

 

Filippo naquit le 28 mai 1856 à Lu Monferrato (Alessandria, Piémont, Italie nord-ouest), huitième de neuf enfants.

Tout petit encore il fut remarqué par l’illustre don Giovanni Bosco, qui passait par ce village. On sait que Giovanni Bosco avec le don de la lecture dans les âmes : il eut l’inspiration de «voir» dans ce petit garçon une âme destinée à faire beaucoup de bien pour les âmes.

Le papa de Filippo envoya Filippo en 1866 au collège de Mirabello, tenu par les pères Salésiens, mais mystérieusement le garçon le quittera quelques mois après et, pendant des années, restera sur un refus obstiné de retourner à ce collège, même après que don Bosco lui ait écrit et se soit même déplacé en personne pour aller le persuader.

On ne sait ce qui se passa dans le cœur du jeune garçon, mais cette attitude n’est pas surprenante et il ne faut pas s’en étonner, d’autant plus qu’un revirement est toujours possible, et c’est ce qui arriva : Filippo entrera de son plein gré au noviciat salésien de Sampierdarena, en 1877. Il avait vingt-et-un ans.

En 1880, il fit la profession.

En 1882, après une persévérante insistance de don Bosco pour le convaincre, Filippo reçut le sacerdoce, et se retrouva directeur de la maison de Mathi, un collège pour vocations adultes.

Don Giovanni Bosco mourut en 1888 : don Rinaldi voulut se confesser encore une fois au Fondateur à qui il devait tant ; et don Bosco n’eut que la force de lui murmurer : Méditation !

L’immédiat successeur de don Bosco fut Michele Rua (v. 6 avril), qui envoya don Rinaldo en Espagne pour consolider les fondations salésiennes. Don Rua lui dit alors : Il va falloir que tu résolves des histoires assez délicates.

Quelles furent ces histoires, on ne nous l’a pas dit précisément. Il reste que don Rinaldi donna un élan tout nouveau à l’œuvre salésienne espagnole.

De directeur du collège de Barcelone, il devint inspecteur pour l’Espagne et le Portugal, et fonda rien moins que seize maisons. Don Rua n’en revenait pas, et le nomma alors Préfet général de la congrégation, en quelque sorte le deuxième après le Supérieur.

Quand mourut don Rua (1910), l’élection du nouveau Supérieur se posa sur don Albera, qui confirma don Rinaldi à son poste de préfet.

En 1921, il fut élu Supérieur, troisième successeur de don Bosco. Don Rinaldi se révéla véritablement un géant de l’apostolat, fondant des maisons en terres de missions, des revues, des associations diverses, dont celle des anciens élèves salésiens. Il fonda l’institut séculier des Volontaires de don Bosco. Des centaines de salésiens partirent d’Italie dans toutes les directions. Lui-même voyagea beaucoup, et le pape Pie XI l’encouragea personnellement.

Il fut un nouveau don Bosco, avec une confiance illimitée en la Providence et en Marie Auxiliatrice. On a dit de lui qu’il ne lui manquait que le voix de don Bosco, tant il lui ressemblait par le zèle et la sainteté.

Don Rinaldi était en train de lire la vie de don Michele Rua, quand il mourut, à Turin, le 5 décembre 1931.

Il a été béatifié en 1990.

Joaquín Jovaní Marín

1874-1936

 

Joaquín vint au monde le 16 octobre 1874 à San Mateu (Castellón, Espagne), de parents très chrétiens qui vinrent s’installer à Benicarló.

L’adolescent étudia au séminaire de Tortosa, puis de Toledo, où il passa la licence en théologie.

Après avoir été ordonné prêtre en 1898, il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus.

Il occupa différents postes au séminaire de Tolède, y fut directeur du collège San José, puis directeur à Almería, administrateur puis recteur du Séminaire Pontifical Espagnol à Rome.

Revenu en Espagne, il fut professeur au séminaire de Barcelone et recteur du séminaire de Tarragona.

En 1927, il fut élu supérieur général de sa congrégation, jusqu’en 1933.

En 1931, il écrivait déjà : Pour le moment, tout reste en paix, mais dans quelques mois, quand les gens s’apercevront qu’on les aura trompés dans leurs espérances avec des discours infâmes, qu’arrivera-t-il ? Je ne cherche même pas à y penser, sinon à vivre chaque jour comme le veut la Divine Providence. C’est maintenant que nous avons besoin d’une vie de foi !

En 1934, il laissa Tarragona ; en 1936, il se trouvait au séminaire de La Seu d’Urgell, pour quelques leçons avec les séminaristes plus anciens ; son cousin, Vicente, était avec lui. 

Il écrivit à cette époque : Dieu seul sait ce qui nous attend pour cette année. La marée rouge semble s’étaler. Arriverons-nous à la fin de l’angoisse ? Nous sommes dans les mains de Dieu.

Le 25 juillet 1936, pendant le chant des vêpres, les miliciens entrèrent dans la chapelle et arrêtèrent prêtres et séminaristes. Ils proposèrent aux Supérieurs de partir pour Andorre, mais ceux-ci ne voulaient pas abandonner les jeunes.

Le 26 juillet, un autobus conduisit tout le monde à Tarragona, sans omettre de leur confisquer tout ce qu’ils avaient sur eux.

A Tarragona, don Joaquín fut libéré ; il se réfugia quelques jours chez un ami où il put célébrer la messe. Mais le 2 août, tout un groupe de miliciens vint l’appeler. Dieu soit loué, voici l’heure, répondit le prêtre.

Interrogé, il répondit : Je suis prêtre, et recteur du séminaire de Tarragona. On le conduisit au Comité. Le soir, il fut conduit au Château de Pilate.

Don Joaquín reçut la visite d’un bon chrétien, dont l’épouse était la cousine de Federico Domingo, ce dernier étant le frère du ministre Marcelino Domingo. Grâce à Federico, Joaquín put sortir de prison. Muni d’un passeport pour la France, il quitta la pension avec son cousin Vicente, et partit en voiture, tandis que dans cette pension demeuraient encore d’autres prêtres.

Une soixantaine de militiens intervinrent et arrêtèrent tous les occupants. Sur ces entrefaîtes, la voiture revint, car d’autres miliciens avaient obligé les voyageurs à retrousser chemin. Ils furent donc arrêtés à leur tour.

Tous les prisonniers furent emmenés à la tchéka San Elías. Ils y restèrent encore plus de quatre mois.

Il eut l’occasion de dire : Je reste tranquille, parce que l’unique chose qu’ils peuvent me prendre, c’est la vie, mais j’en espère une meilleure.

Le 5 décembre 1936, don Joaquín et don Vicente furent emmenés au cimetière de Montcada i Reixac, où ils reçurent la palme du martyre.

Ils furent béatifiés en 2013.

 

 

Anunciación Peña Rodríguez

1900-1936

 

Anunciación vit le jour le 23 mars 1900 à Ruanales (Santander, Espagne) et fut baptisée le 25 mars, fête de l’Annonciation, d’où son prénom.

Jeune encore, elle fut orpheline de sa mère, ce qui l’obligea à travailler durement dès sa jeunesse.

En 1924, elle entra dans la congrégation des Servantes de Marie, Ministres des Malades, dans la maison de Tudela, et commença le noviciat à Madrid.

En 1925, elle reçut l’habit et prit le nom de Agustina. Elle fit les premiers vœux en 1927.

L’unique maison où elle exerça son activité fut Pozuelo de Alarcón (Madrid), où elle prononça les vœux perpétuels en 1933.

Elle s’appliqua à toutes les tâches quotidiennes qu’on lui confia et, quand elle avait un moment de libre, elle se recueillait devant le Saint-Sacrement.

C’est elle qui fut chargée spécialement de veiller sur la Sœur Aurelia, la doyenne, durant ses dernières années et jusqu’à son martyre.

Lors de l’explosion de la révolution en juillet 1936, il fallut évacuer la maison de toute urgence. Les Sœurs trouvèrent un accueil dans des familles qu’elles connaissaient, mais elles étaient étroitement surveillées. Toutefois, les miliciens imposèrent à la sœur Agustina de se séparer des autres, et elle se réfugia dans une autre famille à Las Rozas. On l’arrêta tout de même, l’accusant de deux crimes : être religieuse et avoir été vue en train de prier.

Elle fut martyrisée dès le 5 décembre, tandis que Mère M.Aurelia et ses deux autres Compagnes, furent martyrisées, suppose-t-on, à Aravaca (Madrid), dans la nuit du 6 au 7 décembre 1936.

Elles ont été béatifiées en 2013.

 

 

Vicente Jovaní Ávila

1902-1936

 

Vicente vint au monde le 5 décembre 1902 à Benicarló (Castellón, Espagne).

C’est un jeune cousin de Joaquín, martyrisé le même jour au même endroit.

Il entra dans la Fraternité des Prêtres Ouvriers Diocésains du Sacré-Cœur de Jésus et fut ordonné prêtre.

Ayant rejoint son cousin Joaquín Jovaní (voir la notice ce même jour), il en partagea les vicissitudes, les démarches, les arrestations, les interrogatoires, la longue prison pendant plus de quatre mois.

Il eut cette réflexion : Ils peuvent nous tuer, nous sommes bien préparés pour mourir.

Il reçut la palme du martyre à Montcada (Barcelone) le 5 décembre 1936, jour de son anniversaire, et fut béatifié en 2013.

Narcyz Putz

1877-1942

 

Né le 28 octobre 1877 à Sierakow, Narcyz était le fils d’un aubergiste, Wladyslaw, et de Josepha Brodniewiczow. Il reçut le baptême le 25 novembre 1877.

Il fréquenta le collège et le lycée à Sainte-Marie-Madeleine de Poznan et passa son baccalauréat en 1898. Puis il entra au séminaire à Poznan et Gniezno, et reçut l’ordination sacerdotale en 1901.

Il reçut plusieurs postes successifs : administrateur à Boruszynie, vicaire à Obrzycko, à Szamotuly, à Wronki ; curé à Ludzisku.

Il était très actif ; il participait activement à diverses associations polonaises. Avant la première Guerre mondiale, il prit part au mouvement coopératif dans Szamotuly et voyagea en Allemagne, où il soutenait l’Union des Polonais.

A partir de 1920, il fut administrateur à Bydgoszcz, et, quand fut érigée la nouvelle paroisse du Sacré-Cœur, il en fut le curé.

Son action principale était de «poloniser» cette paroisse, où une population polonaise avait pris la place de l’ancienne population allemande ; il rendit visite aux familles polonaise et supprima les homélies en allemand.

Dans son attention pour les enfants, il organisa avec d’autres responsables la ferme de Jastrzebiec (près de Bydgoszcz), dont purent bénéficier près de deux-cents enfants durant l’été 1924.

Dès 1920, il eut des responsabilités diverses au sein même du conseil municipal, dans la comptabilité, et pour tout ce qui concernait la formation culturelle : bibliothèque, théâtre, école.

Le père Narcyz fut appelé à des charges plus importantes encore : en 1925 il fut nommé curé à Poznan, où il s’occupa de l’embellissement de l’église Saint-Adalbert ; à partir de 1930, il reçut d’autres charges importantes à la curie, fut nommé chanoine honoraire de la cathédrale de Poznan, membre du conseil d’administration du diocèse, responsable de l’éducation religieuse dans les établissements du diocèse.

Infatigable, il présida l’association sacerdotale Unitas, participa à des réunions de lutte contre la franc-maçonnerie, s’impliqua dans la rédaction de divers magazines paroissiaux, et comme cela ne lui suffisait pas, il fit aussi partie du Conseil municipal de Poznan, où il fut chargé des finances, de l’aménagement des jardins municipaux, et de l’administration de la propriété Naramowicach. Depuis 1916, il fut aussi membre de la Société des Amis de la Science à Poznan.

Au moment de l’invasion allemande (1939), il se trouvait à Varsovie, où il fut arrêté le 4 octobre. Conduit dans un premier temps à Pawiak, il fut relâché après deux semaines, mais de nouveau arrêté à Poznan le 9 novembre et emprisonné au Fort VII : durant son calvaire, il subira le harcèlement, la torture, sans jamais priver ses compagnons de prison de son exemple de patience et de soutien moral.

Le 24 avril 1940, il fit partie du premier convoi à destination de Dachau. Le 6 juin, on le mit dans le camp de Gusen, pour travailler aux carrières et à la construction du camp. Il souffrit  beaucoup, surtout parce qu’il n’avait qu’un rein. Il organisa clandestinement la prière avec les codétenus, s’efforçant d’élever leur esprit. 

Revenu à Dachau, le 8 décembre 1940, il fut affecté aux plantations, puis à la bonneterie. Son numéro matricule fut 22064. 

Malade, il mourut à l’infirmerie le 5 décembre, officiellement des suites d’une pneumonie. Certaines sources affirment qu’on lui aurait injecté de l’essence. Son corps sera ensuite brûlé dans le four crématoire du camp.

 

Narcyz Putz fait partie des cent-huit Martyrs polonais béatifiés en 1999.

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