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8 décembre 2019 7 08 /12 /décembre /2019 00:00

08 DÉCEMBRE

 

-I.

L'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, dogme chrétien proclamé par le B Pie IX en 1854.

III.

S Eucharius, premier évêque à Trèves ; on le dit avoir été envoyé là par s. Pierre.

S Macarios, martyr brûlé vif à Alexandrie.

S Eutychien, pape (275-283).

?

S Sophrone, évêque à Chypre.

IV.

S Léonard, ermite ou moine dans le Dunois.

V.

S Patapios, égyptien, solitaire à Constantinople (VII.?).

VI.

Ste Casarie, vierge (ou veuve) à Villeneuve-les-Avignon.

VII.

S Romaric, moine à Luxeuil puis fondateur et abbé au Mont Habend (Remiremont). 

IX.

S Hildeman, évêque à Beauvais.

XIII.

S Thibaut de Marly, abbé cistercien aux Vaux-de-Cernay et directeur des moniales de Port-Royal ; sa prière mit fin à la stérilité de l'épouse du roi s. Louis (ils eurent onze enfants).

XVII.

B Ioannes Minami Gorozaemon, laïc japonais martyr, béatifié en 2008.

S Noël Chabanel, prêtre jésuite martyr des Hurons, fêté le 19 octobre. 

XVIII.

Bx Kwon Sang-Yŏn Iacobus et Yun Ji-chung Paulus, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XIX.

Bse Choe Brigida, laïque coréenne martyre, par pendaison, béatifiée en 2014.

Bse Narcisa de Jésus Martillo Morán, orpheline péruvienne, religieuse mystique, béatifiée en 1992, canonisée en 2008. 

XX.

Bx Antonio García Fernández et Rafael Román Donaire (*1867 et 1891), prêtres diocésains espagnols, martyrs à Almería en 1936, béatifiés en 2017.

B José María Zabal Blasco (1898-1936), laïc espagnol martyr près de Valencia, béatifié en 2001.

B Alojzy Liguda (1898-1942), religieux polonais du Verbe Divin, torturé et assassiné à Dachau, béatifié en 1999.

Eucharius de Trèves
1er ou 3. siècle

Une vieille tradition - qui n’a pas l’agrément des historiens - présente Eucharius comme un envoyé de s.Pierre en Germanie, en même temps que s.Materne (v. 14 septembre).
Materne serait mort près de Strasbourg et aurait été ressuscité par le bâton d’Eucharius. 
Eucharius est toujours considéré comme le premier évêque de Trèves.
Lors d’une épidémie de peste au sixième siècle, il aurait miraculeusement protégé la ville de Trèves, avec s.Materne et s.Nicetius (v. 1er octobre).
Le Martyrologe Romain mentionne saint Eucharius de Trèves au 8 décembre.


Macarios d’Alexandrie
† 250

Le mot grec makarios correspond au latin benedictus
De ce courageux Héros, s.Denys d’Alexandrie (v. 8 avril) écrivit : 
Macaire, de race libyenne, véritablement bienheureux par son nom et par la bénédiction divine ; après que le juge lui eut fait une longue exhortation en faveur de l’apostasie, il ne se laissa pas convaincre et fut brûlé vif.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Macarios d’Alexandrie au 8 décembre.


Eutychianus pape
275-283

Le vingt-septième pape fut le fils d’un certain Marinus, habitant de Luna en Toscane : Eutychianus. Il succédait à saint Felix 1er.
Ce qu’on en lit dans le Liber Pontificalis est intéressant, mais semble contenir des erreurs de datation.
Cet écrit donne les noms des consuls sous lesquels eut lieu ce pontificat, d’où on en déduit les dates données ci-dessus, soit environ huit ans, alors que le Liber indique un an, un mois et un jour.
Eutychianus semble avoir eu un pontificat paisible, durant lequel il ordonna neuf évêques, quatorze prêtres et cinq diacres.
Il aurait décrété que seuls les raisins et les fèves pouvaient êtres bénis solennellement au cours de la messe comme fruits nouveaux. On sait qu’en effet la bénédiction des raisins au 6 août, et celle des fèves à l’Ascension, sont très anciennes.
Autre prescription : il fallait enterrer les Martyrs avec la dalmatique (l’ornement des diacres) ou la tunique pourpre. A quoi on objecte qu’une telle disposition n’a jamais été observée, peut-être à cause de la difficulté de se procurer l’habit au moment précis, surtout en cas de persécution.
En revanche, le Liber prétend qu’Eutychien aurait enterré (ou fait enterrer) trois-cent quarante-deux Martyrs, ce qui semble beaucoup, d’autant plus qu’on ne connaît pas de persécutions à cette date : il pourrait peut-être s’agir de translations.
La tradition affirme aussi qu’Eutychien ne mourut pas martyr, ni le 25 juillet, contrairement au Liber Pontificalis qui, décidément, cette fois-ci ne fait pas autorité. Il semble plus certain que ce saint Pape mourut le 8 décembre, jour où l’annonce l’actuel Martyrologe, mentionnant aussi le lieu de sa déposition, le cimetière de Calliste. C’est le dernier pape qu’on y déposa ; l’épitaphe en a été retrouvée au 19e siècle.
Le successeur d’Eutychien fut saint Caïus.


Patapios de Constantinople
5.-7. siècles

Patapios était né à Thèbes (Egypte).
Il vint à Constantinople et mena la vie monastique, peut-être au monastère des Egyptiens, dans le quartier des Blachernes, qui n’existait plus déjà au Moyen-Age.
Parmi ses miracles, on cite la guérison d’un aveugle, d’un hydropique, d’un possédé, d’une femme atteinte du cancer au sein.
Il annonça sa mort prochaine à ses confrères, qui en furent très attristés. Patapios les consola et mourut en paix.
On ne peut préciser l’époque de la vie de ce saint moine.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Patapios de Constantinople au 8 décembre.


Romaric de Remiremont
580-653

Romaric ou Romary (en latin Romaricus) était né vers 580 à Remoncourt de Romulf, général et soutien de Théodebert ou Thibert II. 
Dans les impitoyables luttes de familles royales qu marquèrent cette époque, Romulf fut assassiné avec tous les partisans de Théodebert, et ses biens confisqués.
Romaric grandit à la cour de Metz.
Il aurait songé à se retirer parmi les moines de Lérins, projet resté sans suite. Il se serait marié et serait devenu père de plusieurs filles, mais les plus sûrs historiens anciens n’en parlent pas du tout.
Ayant en vain imploré de l’évêque de Lyon d’intervenir pour lui faire restituer son patrimoine, il fut au contraire touché par l’exemple et la parole de saint Amé (ou Amatus, v. 13 septembre) et le suivit à Luxeuil.
De là, Romaric alla fonder vers 620 sur le Mont Habend un double monastère, pour les hommes et pour les femmes. Ce monastère est à l’origine de Remiremont.
Un des miracles attribué à Romaric est qu’une des moniales, atteinte de lèpre, réussit à récupérer l’eau du bain de l’abbé pour s’y plonger elle-même : elle fut guérie.
Vers 628, Romaric succéda à saint Amé dans le gouvernement du monastère et y reçut son ami Arnould, ancien évêque de Metz, avec lequel il avait songé se retirer à Lérins dans sa jeunesse.
Il s’endormit dans le Seigneur le 8 décembre 653.
Léon IX ordonna de placer les corps de Romary et Amé en un lieu plus honorable, et cette cérémonie eut valeur de canonisation, en 1050.

Thibaut de Marly

1205-1247

 

Thibaut ou Thibaud (en latin : Theobaldus, certains écrivent indifféremment Thibauld ou Thibault) était l’aîné des quatre enfants (trois garçons et une fille) de Bouchard 1er de Marly et de Mathilde de Châteaufort, petite-fille de Louis VI. Ce couple appartenait à la lignée des Montmorency.

Né vers 1205, l’enfant reçut une éducation chrétienne, et surtout militaire ; il devint chevalier à la cour de Philippe Auguste.

Il montra une dévotion mariale précoce, nommant la Vierge Marie sa bonne Mère et chère Maîtresse et s’intéressa beaucoup aux monastères dont son père était le bienfaiteur : Port-Royal et celui des Cisterciens des Vaux-de-Cernay.

Un événement fort mystérieux intervint dans sa jeunesse, qui modifia tout le cours de sa vie. Se rendant à un tournoi où il devait lutter, il s’arrêta en chemin pour assister à la Messe. Au sortir, il rencontra ses compagnons qui le félicitèrent pour sa victoire… En réalité, c’est son ange qui était intervenu pendant qu’il priait. Thibaut comprit alors la vanité de la vie mondaine et se décida à faire le pas.

Il alla frapper en 1226 aux Vaux-de-Cernay. L’abbé fut surpris de voir ce noble chevalier désirer la vie si austère des Cisterciens. Les moines comprirent vite que leur novice était une âme d’élite.

En 1230, il fut nommé prieur et, en 1235, abbé.

Abbé comme frère, il voulut participer à tous les travaux du monastère : ménage, infirmerie, entretien de l’église, buanderie et ciroir.

Il participa aussi aux travaux d’agrandissement de l’abbaye, qui compta jusqu’à deux-cents moines.

Dans un chapitre général, on lui fit remarquer que son acoutrement ne correspondait pas à celui d’un abbé, mais il protesta en affirmant que c’était cependant conforme à la volonté de s.Bernard de Clairvaux (v. 20 août).

Il eut à diriger les moniales de Port-Royal ainsi que celles de Notre-Dame-du-Trésor (Vexin).

Appelé à la cour par Louis IX, il pria pour que Dieu mît fin à la stérilité de Louis et Blanche : ils eurent onze enfants.

On lui confia la visite d’un monastère à Nemours, la composition de l’office en l’honneur de la sainte Couronne d’épines.

Thibaut, si marial depuis l’enfance, mourut le 8 décembre 1247, date à laquelle déjà certains fêtaient l’Immaculée Conception de Marie, dont le dogme devait être proclamé en 1854.

Il fut canonisé en 1270.

La Révolution détruisit l’abbaye de Vaux-de-Cernay et dispersa les reliques, dont on n’a pu sauver qu’une petite partie.

 

 

Ioannes Minami Gorozaemon

1568-1603

 

Ioannes était un samouraï converti et baptisé.

Il était né vers 1568 à Yamato (île de Amami Oshima), dont le petit royaume était indépendant, jusqu’à son annexion en 1624 par le daimyo Satsuma.

Avec son épouse Magdalena, ils avaient adopté un enfant, baptisé sous le nom de Ludovicus, né en 1596 environ.

Il fut martyrisé le 8 décembre 1603, tandis que Magdalena et Ludovicus furent martyrisés le lendemain (voir la fiche de Magdalena Minami).

Tous furent béatifiés parmi cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais en 2008.

 

 

Noël Chabanel

1613-1649

 

Noël ne vint pas au monde le jour de Noël, mais le 2 février 1613, en la fête de la Présentation de Jésus au Temple de Jérusalem.

Ses parents habitaient Saugues (Haute-Loire). Le père était notaire ; lui et son épouse éduquèrent leurs quatre enfants dans la foi catholique.

Après ses études secondaires, Noël entra à dix-sept ans dans la Compagnie de Jésus (Jésuites), à Toulouse. Ce jeune novice s’appliqua à approfondir la règle, cherchant à devenir sans cesse plus humble, s’imposant maints sacrifices.

Puis il eut la charge d’enseigner les lettres dans différents collèges, pendant dix ans.

Ordonné prêtre en 1641, il enseigna encore une année à Rodez, puis demanda à faire partie de la mission en Nouvelle-France, comme on appelait le Canada. Après une première réponse négative, il reçut la permission de s’embarquer. Parti de La Rochelle le 8 mai 1643, il n’arrivait à destination que le 18 août suivant.

A Québec, il resta une année, avant de passer chez les Hurons, dans la Mission Sainte-Marie, en septembre 1644.

Il faut savoir que le contact avec ces populations était une véritable épreuve pour les missionnaires. Saint Jean de Brébeuf, qui avait la réputation de ne jamais se plaindre, disait de leurs cabanes qu’elles étaient une petite image de l’enfer, tant ces gens étaient habitués à des façons grossières. Un autre encore, saint Jérôme Lalemant, affirmait que parfois on aimerait mieux recevoir un coup de hache sur la tête que de mener, des années durant, la vie qu’il faut mener (là) tous les jours.

Et voilà que notre ancien professeur, aux habitudes délicates, se retrouve dans cet enfer, pour lequel il ressent une répugnance encore plus grande que les autres. Les Indiens ne se lavent jamais et sentent terriblement mauvais, leur cuisine - si tant est qu’on puisse prononcer ce mot - est au mieux nauséabonde, ils transmettent la vermine à tous leurs visiteurs, ils sont loin d’avoir quelques notions minimales de morale, et sont comme naturellement portés au vol. Les Hurons montreront longtemps aux Pères leur désinvolture à étaler sous leurs yeux leur immoralité, leurs moqueries, et enfin leurs menaces.

Ne pouvant disposer d’une hutte pour lui, Noël partageait la vie des Hurons, toujours entouré d’une douzaine d’entre eux, enfants ou adultes, toujours en train de parler, de questionner, de discuter, et obligé de prier ou d’écrire ses notes dans cette atmosphère bruyante.

Pauvre Père Chabanel ! Lui qui se délectait de grec et de latin, n’arrivait pas à assimiler les rudiments de la langue indienne : quatre ans après son arrivée il peinait à se faire comprendre dans la langue algonquine, tandis que d’autres conversaient parfois au bout de quelques semaines…

On comprend comment Noël pouvait être tenté de penser qu’après tout, il n’était pas fait pour ces missions ; qu’il ferait mieux de rentrer en France où il ferait autant de bien auprès des jeunes qui voulaient vraiment apprendre quelque chose. Le découragement menaçait le missionnaire, mais c’est lui qui gagna la partie contre les tentations de toutes sortes : le jour de la Fête-Dieu, 20 juin 1647, il fit le vœu de rester définitivement chez les Hurons jusqu’à sa mort. 

On sait que les Jésuites, outre les vœux de religions habituels de pauvreté, chasteté et obéissance, en font un quatrième de fidélité au Pape. Noël en fit donc un cinquième, dont voici le texte : 

«Seigneur Jésus qui, par une disposition admirable de votre Providence paternelle, avez voulu faire de moi l'aide des saints apôtres de cette vigne des Hurons, bien que j'en sois absolument indigne, moi, Noël Chabanel, poussé par le désir de travailler au service de votre Esprit-Saint dans l'œuvre de la conversion à la foi des sauvages de ce pays, en présence du très saint Sacrement de votre précieux Corps et de votre Sang, je fais vœu de stabilité perpétuelle dans cette mission des Hurons, entendant toutes choses suivant l'interprétation et la disposition de la Compagnie de Jésus et de ses supérieurs. Je vous supplie donc, recevez-moi pour serviteur perpétuel de cette mission et rendez-moi digne d'un aussi sublime ministère. Amen !»

Or les Iroquois menaçaient à cette époque les Hurons. Le père de Brébeuf tomba bientôt sous les coups de hache des envahisseurs, en 1648. Noël écrivait alors à son frère Pierre, jésuite lui aussi : Peu s’en fallut dans les apparences humaines, que Votre Révérence n’ait eu un frère martyr. Mais hélas ! Il faut devant Dieu une vertu d’une autre trempe que la mienne, pour mériter l’honneur du martyre (On aura noté au passage quel délicat respect les pères Jésuites se manifestent, même parents par le sang).

En 1649, Noël changea plusieurs fois de poste, soit pour aller assister les populations menacées, soit pour obéir aux Supérieurs, qui voulaient protéger leurs membres. Lors d’un de ces changements, c’est le père Gabriel Lalemant qui le remplaça - et qui tomba martyr un mois après. L’apprenant, le père Chabanel s’écria : J’ai manqué d’un mois le martyre ! Mais cette grâce allait lui être bientôt accordée.

Début décembre, il se confessa à un confrère et lui dit : Mon cher Père, que ce soit pour de bon cette fois que je me donne à Dieu et que je Lui appartienne.

Avait-il le pressentiment de sa mort prochaine ? Voici ce qu’il écrit encore à la même période : Je ne sais ce qu'il y a en moi, mais je me sens tout changé en un point. Je suis fort appréhensif de mon naturel ; toutefois, maintenant que je vais au plus grand danger, et qu'il me semble que la mort n'est pas éloignée, je ne sens plus de crainte. Cette disposition ne vient pas de moi.

Le 5 décembre, il quitte le poste Saint-Jean pour celui de Saint-Joseph. Il s’arrête en chemin à celui de Saint-Matthias et disait aux confrères : Je vais où l’obéissance m’appelle. La route est exténuante, il est accompagné de quelques chrétiens Hurons.

Le 7 décembre au soir, on prend un peu de repos. En pleine nuit, on apprend que la mission Saint-Jean vient d’être complètement saccagée par les Iroquois, qui sont en train de rentrer chez eux : c’est là que mourut le père Charles Garnier. Panique générale, les Hurons veulent s’enfuir, mais le pauvre père Chabanel, malgré ses jeunes trente-six ans, n’a pas la force de les suivre et leur conseille quelque chose comme «Mettez-vous en sécurité au plus vite ! Pour moi, peu importe que je meure ici ou ailleurs».

On ne le revit plus. Comble de tristesse, ce fut un Huron apostat qui se vanta de lui avoir porté le coup fatal, prétendant venger sa nation des malheurs qui l’avaient frappée depuis l’arrivée des «Robes Noires». Il jeta le corps du Martyr dans le fleuve.

 En vertu de ce «témoignage», le dies natalis de Noël Chabanel est inscrit au 8 décembre dans le Martyrologe. Né un jour de fête mariale, il retournait à Dieu en la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1649.

Noël, avec ses Compagnons Jésuites martyrs, a été canonisé en 1930. Ils sont fêtés tous ensemble le 19 octobre (mais le 26 septembre au Canada, dont ils sont les Patrons secondaires).

 

 

Kwon Sang-Yŏn Iacobus

1751-1791

 

Kwon Sang-yon Iacobus est un laïc coréen né en 1751 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Cheonju (ou Jeonju, Jeolla-do) le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Yun Ji-chung Paulus

1759-1791

 

Yun Ji-chung Paulus est un laïc coréen né en 1759 à Jinsan (Jeolla-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Chonju le 8 décembre 1791 et béatifié en 2014.

 

 

Choe Brigida

1783-1839

 

Choe Brigida est une laïque coréenne née en 1783 au Chungcheong-do (Corée du Sud).

Elle fut pendue à Wonju (Jeolla-do) le 8 décembre 1839 et béatifiée en 2014.

 

 

Narcisa Martillo Morán

1832-1869

 

Pedro Martillo et Josefa Morán étaient d’humbles paysans très profondément croyants. Ils eurent neuf enfants, dont la sixième était Narcisa.

Celle-ci naquit en 1832, à San José de Nobol (Daule, Equateur). Depuis trois siècles déjà la paroisse était tenue par des Dominicains.

Pedro, le papa, était intelligent et habile : par son travail il put se faire une petite fortune. Dans sa piété, il recourait volontiers à Mariana de Jesús (future sainte) et à saint Hyacinthe, dominicain polonais (voir au 26 mai et au 15 août). Josefa, la maman, mourut bientôt, en 1838. 

Narcisa apprit de sa grande sœur et d’une maîtresse particulière toutes sortes de choses : lire, écrire, chanter, jouer de la guitare, coudre, tisser, broder, cuisiner… Elle avait  d’immenses qualités, particulièrement dans la musique.

Dès ses sept ans, quand elle reçut la Confirmation, elle perçut un appel marqué à la sainteté (1839). Elle aimait se retirer dans la solitude d’un bois, non loin de la maison, pour méditer sur les choses divines. L’arbre où elle se recueillait est encore aujourd’hui le but d’un pèlerinage assidu. A la maison, elle transforma tout un coin en oratoire.

Elle se sentit poussée à être, elle aussi, victime, en union avec Jésus Sauveur, qu’elle voulait aider dans le rachat des âmes. Aussi s’imposait-elle de rudes pénitences, tout en participant activement aux tâches domestiques et paysannes.

Dans le pays, on l’estimait beaucoup. Avec ses beaux yeux bleus et ses cheveux roux, svelte et agile, c’était une jeune fille joyeuse et discrète, aimable et douce, obéissante et charitable, très pieuse. Excellente catéchiste, elle transmettait à tout son entourage le feu de son amour pour Dieu.

A la mort de son père (1852), elle trouva un hébergement chez des amis à Guayaquil, près de la cathédrale. Elle resta à Guayaquil pendant seize ans, mais changea plusieurs fois de domicile, pour préserver son intimité et s’adonner librement à la prière et à la pénitence. Elle vivait de son travail de couturière, tout en aidant les pauvres et les malades qu’elle rencontrait, dans une réelle soumission aux conseils de ses directeurs spirituels successifs.

Elle rencontra et reçut Mercedes Molina (voir au 12 juin), dont elle partageait les idéaux.

Dans son désir de plus grande perfection, et conseillée par un père franciscain, elle s’embarqua pour Lima (Pérou) en 1868, où elle vécut comme tertiaire dans le couvent dominicain du Patrocinio, fondé en 1688 sur les terrains où saint Juan Macías faisait paître ses troupeaux (voir au 16 septembre). 

Favorisée de dons extraordinaires, Narcisa recevait aussi des épreuves douloureuses.

A partir de septembre 1869, la fièvre la gagna, mais elle continua ses activités habituelles. Peu avant la fête de l’Immaculée Conception (8 décembre), elle voulut faire la neuvaine avec une particulière ferveur, habillée de blanc. Ce jour-là, le pape Pie IX ouvrait le concile de Vatican I. En fin de journée, elle prit congé des Sœurs, «pour aller faire un long voyage». Elles crurent à une petite plaisanterie, mais peu après, celle qui était chargée d’implorer la bénédiction sur les cellules, remarqua une lumière particulière sur celle de Narcisa, ainsi qu’un parfum très fort.

Elle appela la communauté et on se rendit compte qu’elle venait de mourir, à trente-sept ans, au soir de la fête de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1869.

On apprit bientôt qu’elle avait fait les vœux privés de virginité perpétuelle, de pauvreté et obéissance, de clôture et d’érémitisme, de jeûne au pain et à l’eau, de communion quotidienne, de mortification et d’oraison, vœux qu’elle vécut fidèlement.

Elle avait vécu en union perpétuelle avec Jésus-Christ. Ses mortifications étaient très rudes et elle portait en son corps les marques de la crucifixion. Les médecins s’émerveillaient de la voir vivre avec si peu de nourriture.

Son corps demeura longtemps souple et dégageait un parfum agréable. Beaucoup de grâces furent obtenues par son intercession. Lima, Guayaquil et Nobol l’acclamèrent comme sainte. Son corps, intact, fut transféré à Guayaquil en 1955.

Béatifiée en 1992, Narcisa a été canonisée en 2008.

 

Antonio García Fernández
1867-1936

Né le 22 octobre 1867 à Piñar (Grenade), Antonio fut baptisé huit jours plus tard.

Au terme de ses études au séminaire de Grenade, il fut ordonné prêtre en 1891. Il passa le doctorat en théologie.

On le nomma professeur au séminaire de Baeza, et chanoine de la cathédrale de Jaén. C’est là qu’il connut Pedro Poveda Castroverde, maintenant canonisé (v. 28 juillet).

En 1923, le roi le nomma chanoine de la cathédrale d’Almería ; entre autres missions, il reçut celle de s’occuper de la bénédiction du monument au Sacré-Cœur.

Ses voisins le connaissaient bien et l’aimaient. Quand se déchaîna la persécution de 1936, on chercha à le sauver, à le cacher ; il y eut même quelqu’un qui, profitant de sa position, tenta d’empêcher son arrestation. Malgré tous ces généreux efforts, le Chanoine fut arrêté et placé en différentes prisons. Finalement, dans la nuit de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936, en la prison El Ingenio d’Almería, il fut assassiné.

Béatifié en 2017, Antonio García Fernández sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

Rafael Román Donaire
1891-1936

Né le 28 août 1891 à Alhama de Almería et baptisé six jours plus tard, il imita son frère et entra au séminaire d’Almería.

Il fut ordonné prêtre en 1914.

Vicaire à la paroisse Saint-Jacques, il fut chargé aussi de celle de Saint-Antoine au moment de l’épidémie de grippe de 1918, et en devint curé en 1923. En 1926, il fut nommé Maître des cérémonies à la cathédrale et recouvra désormais beaucoup de missions à la curie épiscopale, au séminaire, et dans le diocèse. Quand les Jésuites furent expulsés, c’est lui qui fut chargé d’administrer le sanctuaire du Sacré-Cœur.

Il eut le grand souci de l’enfance et de la jeunesse. Il eut l’idée, pour attirer les jeunes, d’organiser des séances de cinéma dans la cathédrale même. Il fonda deux confraternités, l’une en l’honneur du Christ en son entrée triomphale à Jérusalem, l’autre en l’honneur de Notre-Dame de la Paix.

En 1936, on le dénonça et il fut arrêté comme prêtre. En prison, il fut torturé. Un autre prêtre qui fut son compagnon raconta que, tout en étant tous deux condamnés à transporter des pierres, il put se rapprocher de don Rafael et se confesser. A la fin, ce dernier lui confia : Quel dommage que je ne puisse pas me confesser moi aussi…

Avec le chanoine Antonio García Fernández, il fut martyrisé le 8 décembre 1936 à la prison El Ingenio d’Almería.

Béatifié en 2017, Rafael Román Donaire sera mentionné dans le Martyrologe Romain au 8 décembre.

 

José María Zabal Blasco

1898-1936

 

Né le 19 mars 1898 à Valencia (Espagne), José María reçut le nom de saint Joseph, qu’on fêtait ce jour-là.

Son père mourut en 1910, de sorte que le petit garçon de douze ans, qui était l’aîné, dut aider vaillamment la maman, Mercedes, à tenir la maison et s’occuper des petits frères et sœurs.

Ainsi, après l’école primaire, il suivit des cours du soir pour compléter sa formation.

Ce travailleur acharné entra dans les Chemins de fer du Nord, et trouva sa place à la gare de Valencia, où il montra une très grande compétence jusqu’à être considéré comme l’employé numéro un par la Compagnie, qui le nomma instructeur pour un nouveau programme administratif.

Cela dit, José était surtout un chrétien. Il fit partie du syndicat catholique sous la protection de saint Vincenzo Ferrer (voir au 5 avril), tandis que tant d’autres s’inscrivaient dans les syndicats «nationaux». Toutes les fois qu’il le put, il s’efforça de défendre les intérêts légitimes des ouvriers, et par dessus tout, les intérêts de l’Eglise.

Il épousa en 1929 Catalina Cerdá Palop, dont il eut trois enfants.

Lors de la révolution de 1936, il comprit que sa vie était en danger et se cacha.

Reconnu et arrêté dans les premiers jours de novembre, il fut mis en prison, où on ne lui épargna pas les railleries et les mauvais traitements.

Malgré ces conditions pénibles, il se montra à tout moment courageux, généreux, et bon camarade envers tous ses compagnons de prison, parmi lesquels se trouva un père dominicain qui en porta témoignage : ce Dominicain, Bunaventura Blasquez, célébrait la messe de nuit, permettant ainsi aux «assistants» de communier ; ainsi faisait José María, qui priait également le chapelet chaque jour.

On arriva ainsi au 8 décembre 1936 ; au matin, José María sembla avoir un pressentiment : il pria le chapelet très tôt le matin, se confessa, assista à la Messe et communia avec grande ferveur et intense recueillement.

A dix heures du matin, on l’appela, avec d’autres, et on les conduisit au tristement fameux lieu-dit Picadero de Paterna. Juste avant d’être fusillé, il adressa des paroles de pardon aux soldats, et leur fit cette prière : Dites à mon épouse et à mes enfants que je les garde dans mon cœur, et que du ciel je prierai pour eux.

José, alias Pepe, avait trente-huit ans. Une parente entendit dire dans Valencia : Voilà qu’ils ont fusillé le saint Pepe Zabal.

C’était en la fête de l’Immaculée Conception, 8 décembre 1936.

José María fut béatifié en 2001.

 

 

Alojzy Liguda

1898-1942

 

Alojzy (Louis) naquit le 23 janvier 1898 à Winów (Opole, Pologne), benjamin des sept enfants de Wojciech et Rozalia.

Wojciech, le papa, était un chrétien fervent, actif dans sa paroisse, organisateur de pèlerinages : on partait à pied au sanctuaire de Wambierzyce ou au Mont Sainte-Anne.

Alojzy entra au petit séminaire à quinze ans, à Neisse. Mais il dut interrompre les études secondaires en 1917, pour partir au front. Il les reprit et obtint son baccalauréat en 1920.

Il entra à Vienne au noviciat de la Société des Missionnaires du Verbe Divin, fit les premiers vœux en 1921, et fut nommé professeur de latin et de mathématiques au Petit séminaire de Mehlsack (Pieniezno). 

Il fit les vœux solennels en 1926 et, en 1927, fut ordonné prêtre.

Son désir était bien d’être missionnaire en Chine ou en Nouvelle Guinée, mais sa chine fut la Pologne.

En 1930 il obtint à Poznan le diplôme en philologie polonaise.

Nommé aumônier des Religieuses Ursulines, il fit des conférences qu’on lui demanda de publier. Il y approfondit le rôle de la femme dans le monde, d’après les textes bibliques.

Puis il fut professeur de polonais et d’histoire au Petit séminaire de Górna Grupa ; il célébrait la messe dominicale à la garnison militaire, et prêchait des retraites durant les vacances.

Le séminaire dont il était supérieur fut, en 1939, occupé par les Nazis et transformé en camp de détention pour des Religieux et des séminaristes : quatre-vingts autres prêtres y furent internés. Le père Liguda les accueillit, toujours en soutane au milieu des soldats allemands, passant d’une chambre à l’autre pour réconforter les uns et les autres.

De ces détenus, une vingtaine furent fusillés le 11 novembre 1939 dans la proche forêt. La situation s’avérait plus que dangereuse et le sort des Religieux fatal.

Effectivement, à partir de février 1940, tous les Religieux furent conduits à Neufahrwasser, de là à Stutthof ; mauvais traitements, saleté, coups, faim, travaux forcés : le père Liguda s’efforça de redonner courage à ses Compagnons. Il réussit à célébrer la messe du Jeudi Saint.

Début avril 1940, ce fut un nouveau transfert : Grenzdorf, puis Sachsenhausen.

Comme il connaissait l’allemand, il fut contraint d’enseigner l’allemand aux co-détenus. Au moment des «leçons», le père Liguda postait quelqu’un aux fenêtres pour observer si un garde SS s’approchait, puis il racontait des histoires, sur des sujets importants, ou parfois drôles, suivant les jours.

Il y eut des interventions pour obtenir la libération du père Liguda : de sa famille, mais aussi de la nonciature de Berlin, d’un pasteur qui avait été défendu par le père Liguda. Mais ce fut en vain.

En décembre 1940, Alojzy fut conduit au camp de Dachau, où il eut le numéro 22604. En janvier 1941, Iune épidémie de gale le frappa aussi. 

Un jour qu’un autre prisonnier avait allumé une cigarette, le père Liguda en assuma la responsabilité et fut pour cela durement frappé, et tellement torturé que le vrai coupable finit par avouer, mais on ne blanchit par pour autant le père Liguda.

En 1942, sa santé était défaillante et la tuberculose se déclara. On porta le père Liguda à l’infirmerie, où une meilleure nourriture et les colis de sa famille lui permirent de se reprendre, mais il se retrouva bientôt parmi les «invalides», ce qui signifiait sa condamnation à mort.

Le kapo l’avait pris en haine, en particulier parce que le père Alojzy avait réclamé un juste partage de la nourriture, et un meilleur traitement des malades. 

On a rapporté différents «détails» sur les ultimes tortures du père Liguda. Il aurait été (avec d’autres détenus) utilisé pour des soi-disant expériences : on voulut «étudier» le comportement de la peau humaine dans l’eau glacée ; ou bien, on lui aurait d’abord arraché des bandes de peau. Il est certain qu’ensuite le père Liguda fut ainsi jeté dans une proche citerne, et noyé, au soir du 8 décembre 1942. 

Le rapport médical déclara que lui et les autres étaient morts de pneumonie. Son corps fut brûlé.

 

Alojzy Liguda fut béatifié en 1999.

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