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9 décembre 2019 1 09 /12 /décembre /2019 00:00

 

09 DÉCEMBRE

 

?

S Nectaire, en Auvergne ; il aurait ressuscité un mort.

II.

S Julien, évêque à Apamée, adversaire des montanistes.

IV.

Ste Leocadia, vierge et martyre, patronne de Tolède ; elle apparut à s. Ildephonse. 

S Proculus, évêque à Vérone ; torturé, expulsé, il put revenir mourir dans sa ville.

S Syrus, premier évêque à Pavie ; une tradition en fait le jeune garçon qui portait cinq pains et deux poissons lors de la multiplication des pains (cf. Jn 6:9).

Ste Gorgonia, mère de famille, sœur aînée de s. Grégoire de Nazianze ; par pudeur, elle ne voulut pas montrer les plaies qu'elle avait reçues lors d'un grave accident.

VI.

S Cyprianus, abbé à Genouillac, près Périgueux.

IX.

Ste Ethelgiva, première abbesse à Shaftesbury, monastère fondé par ses parents.

XVI.

S Juan Diego Cuauhtlatoatzin, le voyant de Guadalupe, béatifié en 1990, canonisé en 2002.

Apparition de Notre-Dame à Guadalupe (1531), fêtée le 12. 

XVII.

Bx Simon Takeda Gohyoe, laïc japonais, sa mère Ioanna et sa femme Agnes, ainsi que Magdalena Minami, épouse de Ioannes (cf. 8 décembre) et leur fils adoptif Ludovicus de sept ans,  martyrs, béatifiés en 2008.

S Liborius Wagner, luthérien converti, curé d'une paroisse difficile (Altenmünster), dénoncé par un luthérien aux Suédois envahisseurs, torturé et crucifié.

S Pierre Fourier, curé à Mattaincourt puis à Gray, fondateur de la Congrégation de Notre-Dame avec Alix Le Clerc.

XX.

B Cesare Silvestrelli (Bernardo Maria de Jésus, 1831-1911), prêtre passioniste italien, considéré comme le second fondateur de son Ordre, béatifié en 1988.

Bx Martyrs de la Révolution espagnole de 1936 :

- béatifié en 1995 :

Piaristes : José Ferrer Esteve (J. du Carmel, *1904), clerc, près de Valencia ;

- béatifiés en 2001 :

Salésiens : Recaredo de los Ríos Fabregat (*1893), Julián Rodríguez Sánchez (*1896) et José Giménez López (*1904), prêtres,  près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : Josep Lluís Carrera Comas (Agapi, *1881), à Barcelone.

- béatifiées en 2013 :

Filles de la Charité : Josefa Laborra Goyeneche, María Pilar Nalda Franco, Carmen Rodríguez Banazal, Estefanía Irisarri Irigaray, Isidora Isquierdo García, Dolores Brosera Bonet (* 1864, 1871, 1876, 1878, 1885, 1892), près de Valencia.

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Syrus de Pavie
1. ou 4. siècle

Il est assez difficile de situer Syrus, à cause de l’incohérence des sources.
Syrus aurait été cet enfant qui, dans l’Evangile, se trouvait non loin de Jésus avec son panier de cinq pains et deux poissons (cf. Jn 6:9). Il est vrai que Syrus signifie «syrien», et l’enfant dont parle l’Evangéliste pouvait être syrien, mais il ne le nomme pas.
Ensuite, toujours d’après la tradition, Syrus aurait suivi à Rome s.Pierre et aurait été envoyé par ce dernier dans la région de Pavie, dont il fut alors le premier évêque, mais propageant l’Evangile dans tout le nord de l’Italie, à Vérone, Brescia, Tortona, Asti Lodi, Plaisance, Parme et bien sûr Milan. Les fauteurs de cette tradition pouvaient ainsi revendiquer l’antériorité de Pavie sur Milan.
Mais une autre tradition fait de Syrus un disciple de s.Hermagoras (v. 12 juillet), lui-même disciple de l’évangéliste s.Marc et premier évêque d’Aquilée.
Ces deux traditions pourraient à la rigueur coïncider, mais le problème est que le deuxième successeur de Syrus, Inventius, n’est attesté qu’en fin de quatrième siècle, ce qui peut faire naître plusieurs hypothèses. Soit les deux premiers évêques de Pavie, Syrus et Pompæus, vécurent plus de cent-cinquante ans ; soit il y a eu deux personnages de même nom mais à deux périodes bien distinctes ; soit Syrus fut effectivement évêque de Pavie au premier siècle, puis le diocèse aurait connu une vacance de plus de deux siècles ; soit encore on a perdu la trace des évêques de Pavie durant les deuxième et troisième siècles ; soit Syrus n’est simplement pas du premier siècle et aurait été évêque au début du quatrième siècle environ : c’est l’hypothèse la plus probable envisagée aujourd’hui.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Syrus de Pavie au 9 décembre.


Leocadia de Tolède
† 305

D’après la tradition, le préfet Publius Dacianus, gouverneur de la Betica (Espagne S) voulut appliquer dans toute sa rigueur le décret émis par l’empereur Dioclétien pour éliminer les Chrétiens.
A peine arrivé à Tolède, Dacianus se fit amener la vierge Leocadia dans l’espoir de la faire apostasier sous la torture. N’y réussissant pas, il la fit mettre aux fers dans un cachot obscur, où on lui raconterait dans quels tourments on avait précédemment torturés d’autres Martyrs, tels Eulalia de Merida, Vicente de Talavera (v. 10 déc. et 28 oct.).
Fortement impressionnée par les descriptions détaillées qu’on lui exposa, Leocadia mourut d’épuisement dans ce cachot infect. 
La fidélité de Leocadia et sa mort librement acceptée pour l’amour du Christ, l’ont fait considérer comme martyre.
Ce pouvait être en 305.
Plus tard, la même sainte Leocadia apparut à s.Ildefonso (v. 23 jan.) pour lui indiquer l’endroit où se trouvaient ses reliques. S.Ildefonso, en gage de cette apparition, tailla un morceau du voile de la Sainte, que l’on conserve toujours à Tolède.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Leocadia de Tolède au 9 décembre.


Gorgonia de Nazianze
330-370

Gorgonia était la sœur aînée de s.Grégoire de Nazianze (v. 25 jan.). C’est de ce dernier que nous connaissons les détails qui suivent.
Elle naquit vers 330, de Gregorios et Nonna (v. 5 août). Gorgonia et Grégoire eurent aussi un frère, Cæsarios (v. 25 fév.). On le voit, ces trois frères et sœur sont tous mentionnés dans le Martyrologe.
De son mariage avec Alypios, qui était d’Iconium, Gorgonia eut trois filles.
On croit pouvoir déduire du texte de Grégoire, que sa sœur ne reçut le baptême que sur le tard de sa vie, mais Gorgonia fut toute sa vie une amante de la Vérité et une fidèle servante de l’Eglise.
Grégoire nous raconte comment sa sœur, victime d’un grave accident de «voiture», fut assez gravement blessée, mais refusa, par pudeur, de montrer ses plaies au médecin.
Durant une de ses dernières maladies, Gorgonia profita d’une accalmie de son mal pour aller prier devant l’autel : elle se releva guérie.
Au dernier instant, elle murmura encore le verset du psaume 4 : En paix aussitôt je m’endormirai et me reposerai (Ps 4:9).
La mort de cette sainte femme advint vers 370.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Gorgonia de Nazianze au 9 décembre.


Cyprianus de Périgueux
6. siècle

Une source trop tradive présente Cyprianus comme originaire d’Auvergne et disciple de l’abbé Salane à Genouillac (Périgueux). 
Une autre source, apparemment contemporaine de Cyprianus ou légèrement postérieure à lui, est l’ouvrage de s.Grégoire de Tours (v. 17 nov.).
Selon ce dernier, Cyprianus fut abbé à Genouillac même.
Parmi ses nombreux miracles, il guérit les mains débiles, remit sur pieds des paralytiques, rendit la vue à des aveugles. Il guérit aussi trois lépreux en les oignant d’huile.
On ne sait au juste quand mourut Cyprianus.
A son tombeau, les malades recouvraient fréquemment la santé.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Cyprianus de Périgueux au 9 décembre.

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

1474-1548

 

(voir au 30 mai)

 

 

Magdalena Minami

1560-1603

 

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami, née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoe était l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Père et le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna, était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Agnès (Aganesu), l’épouse de Simon, était née vers 1563, également à Ise.

On peut supposer que ces deux femmes furent crucifiées, comme Magdalena.

 

 

Ces deux petites familles furent martyrisées sans pitié le 9 décembre 1603, à Yamashiro.

On peut dire que le petit Ludovicus fait partie des Saints Innocents, tués en haine du Christ.

Tous ces cinq Martyrs, dont le dies natalis commun est le 9 décembre, figurent parmi les cent quatre-vingt-huit Martyrs japonais béatifiés en 2008.

 

 

Simon Takeda Gohyoe

1568-1603

avec son épouse Agnès et sa mère Ioanna

 

(voir ci-dessus la notice de Magdalena Minami)

 

 

Liborius Wagner

1593-1631

 

Il naquit et grandit dans un milieu strictement protestant à Mühlhausen (Thuringe, Allemagne), le 5 décembre 1593.

C’était l’époque de la Contre-réforme. Il étudia à Leipzig, Gotha et Strasbourg, obtint ses grades et revint dans sa région.

Ne trouvant pas de poste d’enseignant, il alla à Würzburg en 1622, où il suivit des cours de théologie catholique. 

Converti, il fut ordonné prêtre en 1625.

Il fut aumônier à Hardheim (Odenwald) puis, en 1626, fut nommé curé à Altenmünster (Schweinfurt, Neustadt am Main), desservant aussi Sulzdorf.

La situation était qu’à Altenmünster, les habitants étaient majoritairement habitués au protestantisme, tandis qu’à Sulzdorf, ils l’étaient au catholicisme. Pour ne rien arranger, le droit prévoyait que les protestants recouraient au prêtre catholique pour leurs cérémonies (baptêmes, mariages, enterrements).

Liborius pourtant, hésitait. D’un côté, le jeune prêtre devait l’obéissance à son évêque et ne pas accorder indifféremment le baptême aux uns et aux autres, de l’autre, il comprenait bien les sentiments de ses paroissiens. Il ne savait que faire ; le temps passait, les paysans lui en voulaient pour ce qu’ils considéraient de l’indifférence du curé envers eux.

En 1631, lors de la Guerre de Trente ans, les troupes protestantes suédoises s’approchèrent. Le curé alla se réfugier dans la localité voisine. Mais son comportement attira l’attention de quelques soldats, qui le virent aller chercher des objets au presbytère de Altenmünster. On l’arrêta pour l’enfermer à Mainberg (Schonungen).

On lui reprocha d’avoir abjuré le protestantisme, on chercha à le faire apostasier ; Liborius résista. Quand on lui demanda s’il était encore catholique, il répondit encore une fois : Je vis, je souffre et je mourrai catholique et romain («papal»).

Après cinq jours de tortures, il mourut le 9 décembre 1631.

On jeta son corps, nu, dans le Main, d’où des pêcheurs le retirèrent après quelques mois.

Après la défaite des Suédois (1634), la renommée du Martyr se répandit. 

Liborius Wagner fut béatifié en 1974.

 

 

Pierre Fourier

1565-1640

 

Pierre naquit le 30 novembre 1565 à Mirecourt (Vosges), la cité de la lutherie française, mais il joua d’une autre musique.

Monsieur Fourier, son père, était un brave marchand qui, d’un premier mariage eut quatre enfants : Pierre, Jacques, Jean et Marie, qui s’entendaient très bien.

Pierre donc, grandit dans la vertu et les lettres. Jamais il ne jura par sa foi ; il étudia le latin à Mirecourt, entra  en 1578 chez les Jésuites de Mont-à-Mousson en classe de quatrième. Il n’avait que deux occupations : ou il étudiait ou il priait, sauf… une débauche qu’il se reprocha toujours, lorsqu’avec quelques camarades ils arrosèrent la Saint-Nicolas pour douze deniers de vin. Son hôtesse lui ayant insinué qu’il plaisait à «quelqu’un», il délogea immédiatement.

Il réussit à lire Aristote ; il composa un jour un vers iambique qui se renverse et rend les mêmes mots en prenant les lettres à reculons. Le voici : 

Animosus ore pete perosus omina (qu’on pourrait traduire : Hardiment, demande à haute voix, car tu détestes les présages), ce dont lui-même qualifiait plus tard de fanfares d’un autre siècle.

En 1585, il entra chez les Chanoines de Chaumousey, une maison en pleine décadence, où il réussit à réintroduire l’élan vers Dieu. Il fut ordonné prêtre en 1589 et se prépara pendant quatre mois à sa première Messe. Il retourna à Pont-à-Mousson pour compléter ses études (1589-1595).

De retour chez les braves Chanoines, il fut bientôt écarté pour le bien de la paix et fut nommé curé à Mattaincourt, une «petite Genève» que le jeune prêtre ramena à la dévotion. Il institua des confréries (du Rosaire, de Notre-Dame, de saint Sébastien), initia la chorale au chant grégorien, créa une caisse d’assistance mutuelle, une justice de paix.

Pierre Fourier fut un épistolier prolixe, au style enjoué, toujours gracieux et jamais grossier. Il avait un culte particulier pour son grand Monsieur saint Basile, pour saint Jean Chrysostome, saint Bernard, saint Epvre (le patron de sa paroisse), saint Norbert, saint Ignace, mais surtout pour saint Augustin.

Il pouvait s’émouvoir : un jour de Noël, il ne put qu’articuler Mon Dieu, que vous êtes bon, mon Dieu ! S’il se laissait aller, il revenait sur ses rieries et s’en excusait.

Le curé de Mattaincourt est surtout important par la co-fondation, avec Alix Le Clerc (voir au 9 janvier), de la Congrégation de Notre-Dame.

En 1622, Pierre Fourier fut invité à réformer l’abbaye Sainte-Geneviève de Paris, mais ne s’occupa que des chanoines réguliers de Lorraine. Il créa en 1627 un séminaire à Pont-à-Mousson.

Il eut une activité importante dans le comté de Salm, d’où fut officiellement banni le protestantisme.

Ayant favorisé un mariage contre l’avis de Richelieu, il fut pourchassé en Franche-Comté (1636) et fut curé à Gray (Haute-Saône), où il mourut dans les travaux et les tristesses, le 9 décembre 1640.

Saint Pierre Fourier fut béatifié en 1730 et canonisé en 1897.

 

 

Cesare Silvestrelli

1831-1911

 

Cesare naquit le 7 novembre 1831, troisième des sept enfants d’une famille noble romaine, les Silvestrelli-Gozzani.

Son éducation se fit avec un précepteur à la maison, puis il fréquenta la Collège Romain.

Contre l’avis des siens, il entra en 1854 dans la Congrégation des Passionistes et commença le noviciat au Monte Argentario (Orbetello, Toscane), mais la maladie l’obligea à interrompre cette préparation. Il faut expliquer ici qu’au début, de rigoureuses mortifications étaient de règle dans la vie quotidienne de cette Congrégation, et tous les aspirants ne réussissaient pas à persévérer.

Cesare put toutefois se préparer au sacerdoce, qu’il reçut en 1855.

En 1856, il reprit le noviciat, à Morrovalle (Macerata), fut vêtu de l’habit de la Congrégation, et reçut le nom de Bernardo Maria de Jésus. La même année entra un certain Francesco Possenti, qu’on connaîtra mieux sous son nom de religion, Gabriel de l’Addolorata : entre les deux novices naîtra une sainte amitié et une réciproque émulation pour la sainteté, qui édifiera toute la communauté.

Tandis que fr. Gabriel s’éteignait six ans plus tard (voir au 27 février), Cesare-Bernardo faisait l’unanimité autour de lui pour ses belles qualités.

En 1865, il fut nommé maître des novices, en 1869 recteur à la Scala Santa de Rome (cet escalier-même que monta Jésus-Christ pour se retrouver en face de Ponce Pilate. On y observe des taches qui seraient des marques de son Sang. Les marches en marbre sont recouvertes avec du bois, et on les monte à genoux).

En 1878 il fut élu supérieur général, réélu en 1893, jusqu’en 1907.

En 1870, le pape Pie IX montait dévotement les marches de la Scala Santa, humblement accompagné par le même Bernardo Maria de Jésus.

Sous son impulsion, la Congrégation se fortifia. Il ouvrit la maison d’études près de la Scala Santa à Rome, un couvent près de Nettuno. D’autres couvents s’ouvrirent à l’étranger : en Espagne, en France, en Angleterre et en Irlande, en Belgique et en Hollande, en Argentine et au Chili, aux Etats-Unis, en Palestine, en Australie. En 1896, il visita les maisons en Amérique. 

On a pu dire qu’il fut le deuxième fondateur de sa Congrégation (le Fondateur ayant été en 1720 saint Paul de la Croix, voir au 18 octobre).

Il refusa nettement la dignité cardinalice que lui proposèrent deux papes.

Il écrivit deux ouvrages importants : Entretiens spirituels à l’usage des Novices Passionistes, où il montre toute sa prudente expérience religieuse ; et Marialogium, où apparaît sa profonde dévotion à la Mère de Dieu, co-rédemptrice du genre humain.

En 1908, il eut la joie de vivre la béatification de son cher ami, Gabriele de l’Addolorata, puis se retira dans le silence et la solitude. 

Il était à Moricone (Rome), lorsqu’il fit une grave chute dans l’escalier. Octogénaire, le saint homme ne put se remettre et mourut, le 9 décembre 1911.

Cesare Silvestrelli - Bernardo Maria de Jésus fut béatifié en 1988.

 

Magdalena Minami

1560-1603

et son fils Ludovicus

 

Magdalena (Magadarena) Minami,née vers 1560 à Setsu-no-Kuni (Osaka, maintenant quartier de Takarazuka, Hyogo), était l’épouse de Ioannes (Yohane) Minami Gorozaemon, un samouraï qui fut martyrisé un jour avant elle, le 8 décembre. Elle fut crucifiée.

Ils avaient adopté Ludovicus (Rudobiko), qui était né vers 1596 à Yamashiro (aujourd’hui Kizugawa, Kyoto), alors âgé de sept ans. Il fut sans doute décapité, comme les deux samouraïs Simon et Ioannes.

 

Simon (Shimon) Takeda Gohyoeétait l’époux d’Agnès et fils de Ioanna, dont on va parler aussi.

Il était né vers 1568 (1570 ?) à Miyako (aujourd’hui Kyoto) ; officier samouraï converti au catholicisme, il avait refusé de participer à un rite païen.

La nuit précédant son exécution, Simon resta prosterné devant son image préférée : le Christ couronné d’épines en face de Ponce Pilate (qu’on appelle Ecce Homo, selon les propres mots de Pilate, cf. Jn 19:5).

Au matin du 9 décembre, il se trouvait avec son épouse, sa mère et les trois autres fidèles (voir ci-dessus). Ils récitèrent ensemble l’acte de contrition et trois fois le Notre Pèreet le Je vous salue, Marie.

Puis, prenant la main de sa chère épouse, Simon lui dit : Voici le moment de notre séparation sur la terre. Je m’en vais avant toi, je te montre le chemin par lequel toi aussi tu dois passer pour aller au Paradis. Je vais prier Dieu pour toi et je souhaite que tu suives mes propres pas.

Tous six firent alors une petite procession vers l’entrée de la maison, portant une croix et des bougies. Ils firent encore une prière devant l’Ecce Homo, puis Simon tendit son chapelet à son épouse, avant d’être décapité, dans sa propre maison.

Il pouvait avoir l’âge du Seigneur : trente-trois ans, selon la date retenue de sa naissance.

 

Sa mère, Ioanna,était née vers 1548 à Ise (Mie), un lieu célèbre par la divinité Soleil, Amaterasu et de son Miroir Sacré, un des trois trésors du Japon.

 

Josefa Laborra Goyeneche

1864-1936

 

Josefa vit le jour le 6 février 1864 à Sangüesa (Navarre, Espagne), de Francisco et Javiera, des paysans bons chrétiens.

Ils l’envoyèrent chez les Filles de la Charité, où elle s’inscrivit aux Enfants de Marie, et apprit comment assister les nécessiteux.

Elle voulut entrer elle aussi dans la congrégation, mais le papa était réticent, jusqu’au jour où, tombé d’un arbre et mourant, il chargea son épouse de donner son consentement à leur fille.

Elle entra alors au noviciat en 1881 à Madrid.

Après dix-neuf années d’enseignement à Cuenca, elle vint à Bétera en 1900.

En 1911, nouvelle destination : Murcia, mais à cause de sa vue déficiente, de l’hôpital trop grand pour elle, elle revint à Bétera, comme Supérieure : la population en était si satisfaite, qu’elle l’accueillit en triomphe, avec l’harmonie municipale qui l’escorta depuis la gare.

Elle aimait profondément sa communauté et disait, de façon prémonitoire : Si nous devions mourir, que ce soit toutes ensemble !

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles durent abandonner leurs enfants et tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent accueillies dans la famille d’une élève, mais on les obligea à partir de là, le 21 août. Elles errèrent jusqu’à Valencia, et dormirent dans un garage. Le lendemain, elles furent accueillies dans une pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936. Josefa, qui demanda à mourir la dernière, pardonna à ses bourreaux.

Josefa fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

María Pilar Nalda Franco

1871-1936

 

María Pilar vit le jour le 24 mai 1871 à Algodonales (Cadix, Espagne), de Manuel, un médecin, et Josefa. Le nom exact que ces bons parents donnèrent à leur fille fut : María Pilar de la Très Sainte Trinité et de Saint Robustien, ce dernier étant un Martyr inconnu inscrit au Martyrologe le 24 mai.

Inscrite parmi les Enfants de Marie, María Pilar connut les Filles de la Charité, chez qui elle trouva tout son idéal. Après l’année d’essai à Jerez de la Frontera, elle entra au noviciat en 1889.

En 1890, elle fut envoyée à l’hôpital de Mondoñedo, puis à Bétera en 1906, où elle fit l’école aux enfants pendant trente ans. Avec les élèves plus grandes, elle organisait du théâtre, des danses et des chants populaires, mettant à profit ses dons pour la musique.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

María Pilar fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Carmen Rodríguez Banazal

1877-1936

 

Carmen vit le jour le 26 mars 1877 à San Cristobal de Cea (Orense, Espagne), de Francisco, un garde civil, et Rosa.

Encouragée par son père, elle entra au noviciat des Filles de la Charité en 1897.

Elle fut envoyée à Madrid puis à Bétera (Valencia), où elle devait rester trente-deux ans, à partir de 1902. Elle fut tour à tour maîtresse, catéchiste, organiste. Elle dirigeait la chorale, visitait les malades et parfois remplaçait la maman malade pour aider les enfants.

En 1935, elle fut nommée supérieure.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs.

Elles furent arrêtées en décembre, ainsi qu’une demoiselle qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves, et furent fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936, priant pour leurs bourreaux et leur pardonnant.

Carmen fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Estefanía Irisarri Irigaray

1878-1936

 

Estefanía vit le jour le 26 décembre 1878, en la fête de saint Etienne dont elle porta la nom, à Peralta (Navarre, Espagne), de Ildefonso et Juana, qui l’envoyèrent compléter sa formation à Palencia, chez les Filles de la Charité où se trouvait déjà sa tante.

Elle fit partie des Enfants de Marie et entra au noviciat de Bétera en 1896, où elle fit la classe aux enfants pendant trente-neuf ans.

On l’estimait tellement que le maire lui confia aussi deux responsabilités : le lavoir et l’horloge du château.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs. Estefanía essaya chez un cousin à Concentaina, mais dut revenir sur Valencia, où se trouvaient ses Consœurs.

Elle passa d’abord une nuit sur un banc public, d’où on l’enleva pour la présenter au commissariat. Elle portait des habits civils, mais aussi, en-dessous, son grand chapelet dont elle ne se séparait jamais ; on l’arrêta pour ce grave délit. Mais elle était si souriante et douce avec chacun, qu’une milicienne finit par lui dire : Allez-vous en, et priez autant que vous voulez.

Elle fut bien soulagée de retrouver les autres Sœurs à leur pension.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Estefanía fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Josep Lluís Carrera Comas

1881-1936

 

José ou Josep naquit le 4 février 1881 à Santa Coloma de Farnés (Girona, Espagne) et fut baptisé le jour même.

Dès 1890 il est au collège des Frères des Ecoles Chrétiennes (Lassaliens) de Béziers (Hérault), où il apprend à parler couramment le français.

En 1894 il entre au noviciat de Bujedo et prend l’habit en 1897. Désormais il s’appellera Agapi José. Après le scolasticat, il exerce le ministère à Tarrasa et dans d’autres écoles privées, pendant six ans.

En 1905, il est nommé à Bonanova, en 1909 à Arenys de Mar où il reste dix ans. Puis ce sera Berga (1919) et Condal (1923), avant de devenir directeur de la Nouvelle Ecole Notre-Dame du Carmen à Barcelone, jusqu’en 1935. Cette année-là, il dirige le collège de San Hipólito à Voltregá.

Le Frère Agapi avait un don de l’organisation, ce qui poussait ses Supérieurs à le choisir pour des missions toujours plus importantes. En même temps, on peut imaginer l’esprit de détachement qui devait animer ce Frère, qui changea de poste sept fois en une quarantaine d’années.

Le 23 juillet 1936, la persécution anti-religieuse oblige tous les Religieux à quitter leurs maisons. Les Frères se réfugient dans des familles accueillantes, mais doivent bientôt aussi les quitter, car le bruit court que l’on va recenser toute la population pour éliminer les prêtres, les curés, les frères et tous les catholiques en général. 

Après avoir erré quelques jours dans la montagne, les Frères revinrent dans le pays et le Frère Agapi José put louer une maison où il établit quatre Frères, ainsi qu’un autre Religieux de la Sainte Famille.

Le 18 août, des miliciens vinrent frapper à la porte, à la recherche de «trois Frères», qu’ils fusillèrent sans attendre, sur le chemin de San Boy à quatre kilomètres de San Hipólito.

Cette fois-ci, le Frère Agapio José échappa à la mort, avec l’autre Frère. Ils abandonnèrent la maison. Agapi José s’en fut à Vic, puis à Barcelone, où il trouva à loger chez M. Jodar Motta. On était le 10 septembre : déjà presque deux mois que le Frère passait d’un endroit à l’autre dans l’ignorance du lendemain.

Il y avait aussi chez ce monsieur un prêtre de la paroisse du Carmel, don Juan Ramón Munt.

Le 9 décembre à midi, des miliciens vinrent réclamer «les deux curés», affirmant que c’était seulement pour une déclaration. Trois d’entre eux partirent avec les deux ecclésiastiques, vers le commissariat de la rue Cortes. 

On ne sut jamais rien de plus sur eux.

Le Frère Agapi José fut l’un des nombreux Martyrs espagnols béatifiés en 2007, tandis que le nom du prêtre don Juan ne semble pas y avoir été retenu.

Vu l’incertitude du jour précis de sa mort, Agapi José est inscrit pour le moment au 9 décembre, dans l’attente d’une nouvelle édition du Martyrologe.

Isidora Izquierdo García

1885-1936

 

Isidora vit le jour le 2 janvier 1885 à Páramo del Arroyo (Burgos, Espagne), de Esteban et Felícitas, qui eurent une autre fille, Irene.

Isidora fut pensionnaire chez les Filles de la Charité à Rabé de las Calzadas (Burgos) et demanda à faire partie de cette congrégation.

Après l’année d’essai à l’hôpital de Burgos, elle entra au noviciat de Madrid en 1901.

Elle fut alors envoyée à Bétera où, pendant trente-cinq ans, elle s’occupa maternellement des petits enfants, les préparant à la Première communion.

Elle eut aussi la responsabilité des poules, des lapins, des moutons, qui procuraient grande partie de l’alimentation de l’établissement.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge dans les environs et se retrouvèrent à Valencia.

Il y avait une pieuse demoiselle, très liée aux Filles de la Charité, qui leur portait chaque jour leur repas, préparé par d’anciennes élèves. On finit par filer cette personne, Dolores Broseta, que l’on arrêta en même temps que les Religieuses.

Elles furent arrêtées en décembre et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Isidora fut béatifiée en 2013, avec ses Compagnes.

 

 

Dolores Broseta Bonet

1892-1936

 

Dolores était née en 1892 à Bétera (Valencia, Espagne), de Joaquín et María, qui eurent six enfants, dont deux moururent en bas âge.

Dès l’âge de trois ans, Dolores fut confiée par ses pieux parents aux Filles de la Charité. Elle y grandit dans la joie et la piété, s’agrégea aux Enfants de Marie, et participa aux activités des Religieuses, sans oublier sa maman, qui était âgée et malade.

Cette pieuse demoiselle ne put faire partie de la Congrégation à cause de problèmes de santé, car elle souffrait de fréquentes hémorragies, ce qui ne l’empêcha pas de faire l’école aux petits enfants et de leur enseigner la couture et la broderie.

A la mort de sa mère en 1925, elle s’établit définitivement dans la maison de Bétera.

Le 21 juillet 1936, les cinq Religieuses de cette communauté furent expulsées. Elles tâchèrent de trouver refuge et furent accueillies dans une pension de Valencia. Dolores organisa leur cuisine avec d’anciennes élèves et leur portait chaque jour leurs repas. Elle leur fournissait aussi des briques chaudes pour chauffer leurs draps. Elle faisait ainsi de fréquents déplacements entre Valencia et Bétera.

Revenant un jour en train, elle fut dénoncée et suivie jusqu’à la «cachette» des Religieuses.

Toutes, y compris Dolores, furent arrêtées en décembre, et fusillées au Picadero de Paterna (Valencia) le 9 décembre 1936.

Dolores fut béatifiée en 2013, avec les Religieuses.

 

 

Recaredo de los Ríos Fabregat

1893-1936

 

Né le 11 janvier 1893 à Bétera (Valencia), Recaredo (ou Ricardo, Richard) entra chez les Salésiens en 1909.

Ordonné prêtre en 1917, il fut à Sarria (Barcelone), Huesca, Campello, et directeur à Villena et Alicante.

Déjà en 1931, à Alicante, il eut à souffrir des violences physiques de la part des ennemis de la Religion.

En juillet 1936, il se trouvait à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Recaredo fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

Julián Rodríguez Sánchez

1896-1936

 

Né le 16 octobre 1896 à Salamanque (Espagne), Julián fit la profession religieuse chez les Salésiens en 1917.

Ordonné prêtre en 1931, il fut à Valencia, transmettant son amour pour la liturgie et l’éducation chrétienne des jeunes.

Le 22 juillet 1936, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés. Julián ne voulait pas compromettre ses hôtes et alla se constituer de lui-même aux autorités quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père Julián fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Giménez López

1904-1936

 

Né le 31 octobre 1904 à Cartagena (Espagne), Julián entra chez les Salésiens en 1915.

Ordonné prêtre en 1934, il fut à Alcoy (Alicante), jeune prêtre heureux de sa vocation.

En juillet 1936, il se trouva à Valencia pour des exercices spirituels.

Le 22 juillet, la maison fut envahie, occupée, et les Religieux arrêtés, relâchés et repris quelques jours après.

Avec d’autres Confrères, le père José fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia), le 9 (ou le 10) décembre 1936. On trouve parfois qu’il mourut en prison, avec le père Antonio Martínez Hernández.

Il fut béatifié en 2001.

 

 

José Ferrer Esteve

1904-1936

 

Il naquit le 17 novembre 1904 à Algemesí (Valencia, Espagne) et, en 1917, entra chez les Religieux des Ecoles Pies, avec le nom de José du Carmel.

En 1928, il reçut l’ordination sacerdotale.

Il travailla en plusieurs collèges de sa congrégation, avec un talent particulier pour la musique.

Lors de la persécution de 1936, il s’en vint dans son pays natal, mais les miliciens le retrouvèrent.

Immédiatement emmené au bord de la route de Llombay (Valencia), il fut abattu au soir du 9 décembre 1936.

 

Le père José Ferrer Esteve fut béatifié en 1995.

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