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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 00:00

 

10 DÉCEMBRE

 

?        

Ste Valérie, vierge et martyre près de Limoges. 

III.

S Maurus, martyr romain ; il était très jeune : s. Damase le dit enfant.

IV.

S Gemellus, martyr crucifié à Ancyre.

Stes Eulalia et Iulia, martyres à Merida ; Eulalie avait treize ans.

V.        

S Edibe, évêque à Soissons ; on dit qu'il sauva sa ville de la fureur d'Attila, par l'intercession des ss. Crépin et Crépinien.

VII.        

S Sandou, évêque à Vienne.

S Deusdedit, évêque à Brescia.

VIII.        

S Grégoire III, pape (731-741) d'origine syrienne ; il combattit l'iconoclasme et soutint s. Boniface.

S Thomas, abbé à Farfa ; il s'installa en cet endroit sur une révélation de la Sainte Vierge.

S Lucerius, abbé à Farfa, successeur de s. Thomas.

X.        

S Gausbert, évêque à Clermont, mais il résidait souvent à Cahors, où il mourut.

XII.        

S Luca, évêque à Isola Capo Rizzuto.

XIII.        

Notre-Dame de Lorette (1294) ; on conteste la translation aérienne de la maison de la Sainte Famille, de Nazareth à Loreto ; sous ce vocable, la Sainte Vierge est patronne des aviateurs.

XVI.        

SS Edmund Gennings, prêtre, et Swithin Wells, laïc qui l’avait hébergé, martyrs à Tyburn, pendus à la porte du domicile de Swithin.

SS Eustace White et Polydore Plasden, prêtres, et les Bx Brian Lacey, John Mason, Sidney Hodgson, laïcs, martyrs à Tyburn ; en prison Eustace fut sept fois pendu par les mains (dont une fois pendant huit heures). 

XVII.    

S John Roberts, bénédictin d’abord en Espagne, et le B Thomas Somers (Wilson), prêtre, martyrs à Tyburn ; John fut le premier moine martyr en Angleterre.

XIX.    

B Hyeon Gye-heum Florus, laïc coréen martyr, par décapitation, béatifié en 2014.

B Marcantonio Durando, missionnaire italien à Turin, fondateur des Sœurs de Jésus de Nazareth, pour soigner les malades ; béatifié en 2002.    

XX. 

B Giuseppe Migliavacca (1849-1909), prêtre italien jésuite, puis capucin (Arsenio de Trigolo), à l'origine des Sœurs de Marie Consolatrice, béatifié en 2017.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 :

Diocésains : Gonzalo Viñes Masip (*1883), chanoine, près de Valencia ;

Salésiens : Antonio Martín Hernández (*1885), prêtre, et Agustín García Calvo (*1905), coadjuteur, près de Valencia ;

- béatifié en 2007 :

Lasalliens : Mariano Anel Andreu (Adolfo Mariano, *1910), à Barcelone ; le jour exact de son martyre n'est pas connu et pourrait être ce 10 décembre, jour où on le vit la dernière fois ;

- béatifié en 2015 :

Cisterciens : Emérico Martín Rubio (Marcelino, *1913), convers, à Santander.

B Anton Durcovici (1888-1952), évêque à Iaşi (Roumanie), martyr, béatifié en 2014.

Bse María Emilia Riquelme y Zayas (1847-1940), fondatrice espagnole des Missionnaires du Saint-Sacrement et de Marie Immaculée, béatifiée en 2019.

Maurus de Rome

? 3. siècle

 

On a supprimé du 3 décembre la mention d’un Claudius, tribun, avec son épouse Hilaria et leurs deux fils Iason et Maurus, par manque de témoignages solides.

Mais Maurus est validement attesté par une inscription de s.Damase (v. 11 déc.).

Le saint pape décrit Maurus comme un insons puer, un enfant innocent. Celui-ci aurait bravé les tourments qu’on lui faisait subir pour renier le Christ, et mourut, peut-être décapité.

Ce pouvait être au troisième siècle, ou au début du quatrième.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Maurus de Rome au 10 décembre.

 

 

Eulalia de Merida

304 ?

 

D’après le poète Prudence, Eulalia était une jeune adolescente de douze (ou treize) ans, qui vivait à Merida (Espagne).

Lors de la persécution qui se déchaîne, on la cache à la campagne, mais elle trompe la surveillance des adultes et se présente le matin suivant au tribunal, invectivant le juge et les dieux, avec la conviction qu’on imagine pour cette créature encore jeune d’âge, mais mûre de caractère.

Immédiatement arrêtée, elle est battue par les bourreaux, déchirée ; on lui brûle la poitrine et les flancs ; asphyxiée par la fumée, elle expire.

On lui a parfois donné une compagne, Julie : rien d’invraisemblable à ce que ces deux petites filles se soient encouragées mutuellement dans leur démarche.

Le poète ajoute qu’une colombe se serait échappée de la bouche d’Eulalie et qu’une neige bienvenue aurait couvert chastement son corps.

Les spécialistes s’étonnent du manque de témoignages contemporains d’une Sainte si célèbre, le poète Prudence n’écrivant qu’un siècle après le martyre d’Eulalie. Mais n’a-t-on pas perdu quelques documents, justement durant la persécution, si tant est qu’on ait pu toujours en rédiger ?

Saint Augustin et saint Grégoire de Tours en parlent, aux 5e et 6e siècles.

On a confondu parfois notre Eulalie avec celle de Barcelone, martyre à la même époque, mais qui finalement a été retirée du 12 février où elle se trouvait dans l’ancien Martyrologe.

Le dies natalis d’Eulalie de Merida est au 10 décembre.

 

 

Gemellus d’Ancyre

362

 

Ce Martyr serait mort à Ancyre (auj. Ankara, Turquie) en ou vers 362.

Après bien des tortures, il aurait été crucifié.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Gemellus d’Ancyre au 10 décembre.

 

 

Grégoire III

731-741

 

Saint Grégoire II mourut le 10 (11) février 731 et le Siège de Pierre ne resta vacant que cinq jours.

Grégoire III, qui lui succède comme quatre-vingt-dixième pape, était d’origine syrienne, fils de Jean. Cardinal-prêtre du titre de l’église Saint-Chrysogone, il est décrit par le Liber Pontificalis en des termes très élogieux :

Douceur incomparable… profonde sagesse… science des Ecritures. Il possédait les deux langues grecque et latine à un égal degré ; il récitait tous les psaumes de mémoire… Son élocution était d’une élégance exquise.

Ce pontificat ne fut pas calme.

C’était l’époque de l’iconoclasme (ou lutte contre les saintes Images). Grégoire III réunit à Saint-Pierre un concile de quatre-vingt-treize évêques pour réaffirmer la légitimité du respect et de la vénération qu’on doit envers les saintes Images (sans les adorer). Mais les émissaires du pape à la cour de l’empereur soit n’eurent pas le courage de s’y rendre, soit furent arrêtés en route, soit provoquèrent la colère de l’empereur Léon l’Isaurien, qui prétendit armer toute une flotte contre l’Italie, mais elle fut défaite par une très forte tempête. Léon périt à son tour dans un tremblement de terre à Constantinople.

C’est à cette époque que remonte la mise sous la responsabilité pastorale du patriarche de Constantinople, de toutes les communautés chrétiennes de Sicile, de Grèce et d’Illyrie.

En Occident, la montée musulmane envahit l’Espagne, franchit les Pyrénées avec une armée d’un million de personnes, hommes, femmes et enfants compris, qui furent défaits à Poitiers en 732 (ou plutôt 733, paraît-il) : il y eut trois-cent mille morts du côté musulman, et quinze cents du côté franc. Le vainqueur, Charles Martel, en informa le pape, qui à son tour l’appela, mais en vain, pour l’aider dans sa politique italienne.

Grégoire III appuya fortement les travaux apostoliques de saint Boniface en Germanie, et on peut dire que c’est sous ce pontificat que l’Eglise de l’Allemagne centrale s’organisa solidement.

Le pape Grégoire III s’occupa aussi d’embellir plusieurs églises romaines.

Saint Grégoire III mourut, d’après les calculs rectifiés des historiens, le 10 décembre 741, jour auquel le mentionne le Martyrologe Romain.

Son successeur fut saint Zacharie.

 

Luca di Melicuccá

1050-1114

 

Luca vit le jour vers 1050 à Melicuccà (Reggio Calabria, Italie S), de Ursino et Maria.

Dans cette région fortement imprégnée de la présence des moines de rite oriental basilien, Luca s’intéressa à l’Ecriture Sainte et embrassa la vie religieuse. Il fut ordonné prêtre.

Avant même la quarantaine, il fut promu à l’épiscopat, pour le minuscule siège de Isola Capo Rizzuto. Il ne devait pas y être surchargé d’obligations et fut appelé en Sicile et en Calabre, où sa présence est signalée, ainsi que les miracles qui l’accompagnaient : pêche miraculeuse à Medino, cessation de la sécheresse à Mesa, exorcisme d’une maison infestée à Bovalino, mise en fuite d’un loup à Squillace.

Il projeta un voyage à Constantinople, qu’il dut interrompre à Tarante.

Il existe des manuscrits contenant des hymnes composés et recopiés par Luca.

Bon pasteur, il se préoccupa du salut des âmes ; sa prédication émouvait la foule.

Il fonda le monastère de Saint-Nicolas-de-Viotorito, où il se retira pour finir ses jours. Il y convoqua tous les évêques, abbés et prélats, moines et prêtres des diocèses voisins, leur impartit ses derniers conseils et remit son âme à Dieu, le 10 décembre 1114, sans oublier d’irriguer la population d’autres miracles encore après sa mort, ce qui lui valut d’être très vite acclamé comme Saint.

L’abbé saint Luca a été récemment introduit dans le Martyrologe Romain, au 10 décembre.

 

 

Sidney Hodgson

?-1591

 

Sidney était né en Angleterre.

A part cela, tout ce qu’on sait de lui est qu’il se convertit au Catholicisme.

Le 7 novembre 1591, il se trouvait chez Swithin Wells avec le prêtre Polydore Plasden et quelques autres laics à la Messe qu’était en train de célébrer Edmund Jennings (ou Gennings). Survint le célèbre Topcliffe et ses hommes : comme c’était le moment de la consécration, les laïcs présents, dont Sidney, leur barrèrent l’entrée et les prièrent d’attendre la fin de la célébration. Ensuite, ils se rendirent.

Le procès eut lieu le 4 décembre, et les laïcs furent condamnés à mort pour s’être réconciliés avec l’Eglise de Rome, pour avoir reçu et assisté des prêtres.

A Sidney, on offrit la grâce, s’il acceptait seulement de promettre de suivre l’Eglise officielle, mais il préférait mourir pour sa religion.

Sidney Hodgson mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1591.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Swithun Wells

1536-1591

 

Laïc né vers 1536 à Bambridge (Hampshire, Angleterre). Son nom de baptême était celui d’un saint évêque local.

De famille aisée, il eut une bonne éducation et voyagea ; il cultiva la poésie, la musique, les sports.

Un moment précepteur à Southampton, Swithun fut pendant plusieurs années maître d’école à Monkton Farleigh (Wiltshire), et fréquenta les offices protestants, mais il se convertit au catholicisme en 1583.

En 1585, il vint louer une maison à Gray’s Inn Lane (Londres).

En 1591, alors que le prêtre Edmund Gennings était en train de célébrer la Messe chez Swithun, en présence de son épouse (Alice), d’un autre prêtre (Polydore Plasden) et de trois autres laïcs (John Mason, Sidney Hodgson et Brian Lacey), le persécuteur Topcliffe fit irruption dans la maison.

Deux versions s’affrontent ici : dans l’une, John Mason se bagarra avec l’intrus et tous deux roulèrent au bas de l’escalier ; dans l’autre, on discuta pour obtenir qu’au moins la Messe ne fût pas interrompue et ils se seraient rendus sans défense ensuite.

Il se trouve que Swithun n’était pas présent juste à ce moment ; il fut cependant arrêté dès son retour. Devant les juges, il précisa qu’en effet il n’était pas présent à la Messe, mais qu’il aurait bien voulu y assister.

Condamné à mort, il fut pendu à la porte de son domicile, le 10 décembre 1591 (Londres), juste après le prêtre Edmund Gennings. Juste avant d’être pendu, il dit à Topcliffe : Je prie Dieu de faire que vous deveniez un Paul, après avoir été un Saul et un persécuteur des enfants de l’Eglise Catholique.

Alice, elle, fut arrêtée et mourut en prison dix ans plus tard, en 1602.

Béatifié en 1929, Swithun a été canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, obtenue par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons, fut la guérison instantanée et durable d’un malade atteint d’un sarcome à l’épaule. 

 

 

Eustace White

1559-1591

 

Il naquit à Louth (Lincolnshire, Angleterre) en 1559 (ou 1560), de parents protestants. Quand il se convertit au catholicisme, son père le maudit.

Passé sur le continent en quête d’un collège pour se préparer au sacerdoce, il reçut sa formation à Reims (1584) puis à Rome (1586) et fut probablement ordonné prêtre au Collège Anglais (1588), avant de retourner dans son pays.

Il commençait son apostolat au moment où la fureur se déchaînait contre le catholicisme. Trois années plus tard (1591), une discussion avec un juriste, qui dura deux jours, fit une forte impression sur les Protestants qui assistaient à la rencontre, mais aussi fut la cause de son arrestation à Blandfort (Dorset).

Eustace présenta une défense très soignée devant la West Country, puis il fut envoyé à Londres, et enfermé à Bridwell (18 septembre), pendant quarante-six jours, couché et ligoté. Là, Topcliffe s’acharna particulièrement sur lui.

Le 25 octobre, le Privy Council le fit interroger sous la torture. Par sept fois il fut suspendu par les mains pendant des heures. C’est à peine si on lui donnait à manger ou de quoi se couvrir, s’il n’en était pas complètement privé.

Voici ce qu’il put écrire à un confrère depuis sa prison, le 23 novembre 1591 :

Le lendemain de la fête des saints Simon et Jude {donc le 29 octobre, ndt}, j’ai été accroché au mur, avec des menottes solidement attachées à un crochet, aussi haut que je pouvais arriver au-dessus d’un tabouret. Puis on retira le tabouret, de sorte que je suis resté là accroché depuis un peu après huit heures du matin jusqu’à quatre heures de l’après-midi… Le jour suivant, j’ai été accroché une heure ou deux : voilà la méchanceté de nos adversaires.

Il n’eut aucune possibilité de se défendre. Le 6 décembre il fut conduit à la cour de Londres, en même temps qu’un autre prêtre (Polydore Plasden) ainsi que trois laïcs (Brian Lacey, Sydney Hodgson et John Mason). 

Eustace fut accusé d’être entré en Angleterre contre les lois.

Il pardonna expressément à Topcliffe sa cruauté et pria pour lui. Puis, s’adressant à ceux qui assistaient à son exécution, il déclara que son unique «trahison» était d’être prêtre, et remercia Dieu de lui accorder la couronne de ses travaux.

Un moment pendu, il fut remis à terre, et pouvait encore se tenir debout. On le culbuta à terre, on le traîna vers le bûcher où deux hommes, debout sur ses bras, le tenaient immobilisé, pendant que le bourreau l’exécutait (d’habitude la victime, encore vivante, était d’abord éviscérée, avant d’être décapitée).

Eustace reçut la couronne du martyre le 10 décembre 1591.

Il est au nombre des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles, qui furent canonisés en 1970.

Tous les Martyrs de cette triste période n’ont pas été nominativement canonisés ; l’Eglise a choisi les plus représentatifs, sans oublier pour autant les autres, qui ont humblement et glorieusement donné leur vie pour la Vérité.

 

 

Polydore Plasden

1563-1591

 

Ce jeune prêtre anglais était né à Londres en 1563.

Il étudia la théologie à Reims et à Rome, où il reçut le sacerdoce le 7 décembre 1586. A Rome aussi il signa une pétition pour demander le maintien des Jésuites dans l’administration du Collège Anglais.

On le retrouve à Reims entre avril et septembre 1588, avant qu’il soit envoyé en mission dans son pays natal.

Rentré en Angleterre pour y exercer le saint ministère, il fut arrêté le 8 novembre 1591 à Londres, chez Swithin (ou Swithun) Wells qui habitait aux Grays Inn Fields : le prêtre qu’il hébergeait, Edmund Gennings, y était en train de célébrer la Messe. Polydore, craignant une profanation de l’Eucharistie, donna sa parole que tous se seraient rendus librement, si on leur permettait seulement de terminer la célébration. On le leur permit : cela leur permettait de les emmener ensuite plus discrètement.

Condamné à mort pour trahison, Polydore devait être exécuté à Tyburn : au moment de son exécution, il reconnut clairement que la reine Elizabeth était sa souveraine légale, qu’il la défendrait de toutes ses forces contre ses ennemis, et qu’il priait pour elle et tout le royaume, mais ajouta aussi qu’il aurait plutôt donné mille fois sa vie que de renier sa foi. 

L’exécution eut lieu le 10 décembre 1591 (en même temps que pour Eustace White) : après une brève pendaison, la victime devait être éviscérée (encore vivante), avant d’être écartelée et décapitée, mais sur intervention de Walter Raleigh, Polydore ne fut éviscéré qu’après constatation de sa mort effective par pendaison. Cette sentence avait été écrite sur son cadavre.

Concernant ce Walter Raleigh, il s’agit d’un aristocrate parvenu à la vie assez mouvementée : ayant conquis la faveur de la reine, et en ayant obtenu la mission d’explorer la Virginie en Amérique du Nord, il se fit espion pour dénoncer des prêtres ; puis, ayant épousé - sans sa permission - une des dames d’honneur de la même reine, il fut mis en prison avec son épouse ; il se retira finalement dans le Dorset.

L’abbé Polydore avait vingt-huit ans, et tout juste cinq années de sacerdoce.

Quant à Edmund Gennings et son hôte Swithun Wells, ils furent pendus à la porte du domicile de ce dernier.

Polydore, ainsi que son compagnon Eustace, font partie des Quarante Martyrs d’Angleterre et du Pays de Galles canonisés en 1970.

 

 

Brian Lacey

? -1591

 

Laïc né à Brockdish (Norfolk, Angleterre), il était cousin et compagnon de Montford Scott, qu’il protégea.

Bien avant son arrestation, il avait déjà passé cinq années dans la prison de Newgate. Son propre frère, Richard, le dénonça.

Brian et Montford furent tous deux arrêtés en 1591.

En prison à Bridewell, il fut cruellement torturé par le persécuteur Topcliffe, dans la vaine intention de lui faire dire les maisons où il était passé.

Il fut accusé d’avoir aidé et soutenu des prêtres et martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

John Mason

? -1591

 

Laïc né à Kendal (Cumbria, Angleterre), il était au service de M. Owen dans l’Oxfordshire.

Quand le persécuteur Topcliffe intervint et voulait pénétrer de force dans la maison, où le père Gennings était en train de célébrer la Messe, John s’attaqua à l’intrus ; il y eut de la bagarre et tous deux roulèrent au bas de l’escalier, ce qui fut à l’origine de l’accusation lancée contre John, d’avoir aidé et soutenu des prêtres.

Il fut martyrisé le 10 décembre 1591 à Tyburn (Londres).

Il a été béatifié en 1929.

 

 

Edmund Gennings

1567-1591

 

Edmund Gennings (ou Jennings) naquit à Lichfield (Staffordshire) en 1567. 

Naturellement porté vers les choses religieuses, il se convertit au catholicisme à seize ans et  se dirigea tout de suite vers le Collège Anglais de Reims, où il reçut le sacerdoce dès 1590, à vingt-trois ans.

Immédiatement reparti pour l’Angleterre, il se présenta sous le pseudonyme de Ironmonger. Sa mission dura peut : il fut arrêté pendant qu’il célébrait la messe chez un ami, Swithun Wells aux Gray’s Inn de Londres, le 7 novembre 1591.

Au même moment se trouvait présent un autre prêtre, Polydore Plasden. On leur laissa terminer la célébration et ils furent emmenés tous les trois pour être jugés.

Ils furent condamnés à mort. En ce qui concerne Edmund, l’exécution fut particulièrement cruelle : Lui et son hôte devaient être pendus à la porte-même du domicile de ce dernier. Topcliffe ordonna de couper la corde du pendu alors qu’il n’était qu’à peine étourdi. 

Le bourreau commença à l’éviscérer. On entendit alors Edmund balbutier encore : Sancte Gregori, ora pro nobis (Il iinvoquait très vraisemblablement saint Grégoire le Grand, qui envoya les premiers moines pour évangéliser l’Angleterre, voir au 3 septembre). Et le bourreau de l’insulter : Regardez-moi ça ! J’ai son cœur dans la main, et il a encore Grégoire dans la bouche. Quel merveilleux papiste ! 

Son compagnon hospitalier, Swithun Wells fut pendu juste après lui.

Un des effets immédiats de la mort d’Edmund, fut la conversion de son jeune frère, John, qui en écrivit plus tard la biographie, publiée en France en 1614.

Comme Polydore Plasden, Edmund et Swithun ont été canonisés parmi Quarante Martyrs d’Angleterre et de Pays de Galles, en 1970.

Leur dies natalis est le 10 décembre, tandis que la fête commune de tous les Martyrs a été fixée dans ces pays au 25 octobre.

Edmund avait vingt-quatre ans, et une année seulement de sacerdoce !

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Thomas Somers

?-1610

 

Thomas était né à Skelsmergh (Westmoreland, Angleterre).

Maître d’école, il vint au Collège anglais de Douai et fut ordonné prêtre.

Il utilisa parfois le pseudonyme de Thomas Wilson.

Arrêté, il fut condamné à mort.

Juste avant son martyre, il fut assisté par Luisa de Carvajal, une très pieuse femme espagnole qui eut l’heur de mourir avant qu’on ait pu l’expulser du royaume. On disait de cette femme qu’elle faisait plus de travail que vingt prêtres pour convertir des Protestants.

Thomas Somers mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 10 décembre 1610, avec John Roberts (qui est canonisé).

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

John Roberts

1576-1610

 

Né vers 1576 à Trawsfynydd (Gwynedd, Pays de Galles), il était fils de John et Anna. John descendait des anciens rois britanniques et cultivait ses terres. John reçut le baptême dans la religion protestante.

On dit qu’il reçut sa formation d’un moine de la communautéde Cymer Abbey. Puis il alla au Collège Saint-John d’Oxford en 1595 et, deux ans après, à Furnival’s Inn (Londres), pour le droit.

Il voyagea. A Paris, visitant la cathédrale Notre-Dame, il se convertit au catholicisme. Laissant tout ce qu’il avait fait et cru jusques là, il partit au monastère bénédictin de Valladolid et y fut reçu en 1598. Il y prit le nom de John de Merioneth, car il était né près de la localité de Meirionnydd.

En 1599, il laissa le collège pour l’abbaye du même endroit, d’où on l’envoya faire son noviciat à Saint-Jacques de Compostelle. Il fit la profession en 1600. Ordonné prêtre, il fut envoyé en Angleterre.

Quoique étroitement surveillés par un espion de gouvernement, John et ses compagnons réussirent à entrer dans l’île en avril 1603. Onn le nomma vicaire (représentant) des moines (anglais) de la congrégation (espagnole) de la Mission. Le mois suivant, il fut arrêté et expulsé.

Il arriva à Douai le 24 mai, pour repartir en Angleterre dès qu’il le put. A Londres, il s’occupa des victimes de la peste.

En 1604, il voulut accompagner quatre jeunes en Espagne, mais il fut arrêté de nouveau ; cette fois-ci, on ne reconnut pas qu’il était prêtre et on le «relâcha» en l’envoyant en exil ; avec la persévérance digne des Apôtres, il rentra en Angleterre.

Le 5 novembre 1605, on le trouva chez l’épouse de Thomas Percy, impliqué dans le complot Gunpowder. John n’avait rien à voir dans cette histoire, mais il fut arrêté et emprisonné pendant sept mois à Westminster, puis de nouveau banni, en juillet 1606.

Il n’allait pas s’arrêter là. Il vint fonder à Douai un monastère bénédictin pour les moines anglais qui se trouvaient en différents monastères d’Espagne. Ainsi fut fondé le monastère Saint-Grégoire de Douai, qui fut banni de France en 1795, pour se reconstituer en Angleterre à Downside Abbey (Bath, Somerset), en 1814.

Notre John, en octobre 1607 repartit pour l’Angleterre, où il fut à nouveau arrêté en décembre et remis en prison à Gatehouse, Westminster, d’où il s’échappa après quelques mois. Après cette nouvelle aventure, il vécut près d’un an à Londres, mais fut repris et mis à Newgate. On devait l’exécuter sans tarder, mais c’est l’ambassadeur de France qui intervint : le moine fut «seulement» banni.

Il voyagea en Espagne, revint à Douai… et rentra en Angleterre, pour la cinquième fois !

Le 2 décembre 1610, il fut à nouveau capturé, au moment où il finissait de célébrer la Messe ; c’est un prêtre apostat qui l’avait épié et dénoncé. On l’emmena à Newgate avec ses ornements. Le 5 décembre, il passa en jugement et déclaré coupable d’avoir enfreint la loi interdisant tout ministère sacerdotal en Angleterre.

Il avait trente-trois ans, quand il fut martyrisé le 10 décembre 1610 à Tyburn (Londres).

Il y avait beaucoup de monde pour assister à son exécution, car le peuple le connaissait bien, depuis qu’il s’était tant prodigué pour soigner les victimes de la peste en 1603. La foule voulait lui épargner les souffrances atroces qu’on réservait aux «pendus», en les remettant sur pied avant leur dernier soupir, pour les éviscérer vivants ; le père Roberts fut donc «seulement» pendu. Après sa mort, le bourreau lui arracha le cœur et, selon l’habitude, le montra à la foule en disant : Voici le cœur du traître ! D’habitude, on répondait Vive le Roi !, mais ce jour-là, la seule réponse fut un silence absolu.

Le corps du saint moine put être repris par un groupe de fidèles et reconduit à l’abbaye de Douai. Les révolutionnaires français le firent disparaître en 1795. Exceptionnellement, un bras avait été détaché et confié à la Maison royale d’Espagne, qui le remit à la cathédrale de Compostelle, et deux doigts furent conservés l’un à l’abbaye de Downside, l’autre à celle d’Erdington.

Béatifié en 1929, Dom John fut canonisé en 1970.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

 

 

Hyeon Gye-heum Florus

1763-1801

 

Hyeon Gye-heum Florus est un laïc coréen né en 1763 à Seoul (Corée du Sud).

Il fut pendu à Seoul le 10 décembre 1801 et béatifié en 2014.

 

 

Marcantonio Durando

1801-1880

 

La famille de Marcantonio était à Mondovì (Cuneo, Italie nord-ouest) et comptait huit enfants.

Le père avait des idées plutôt libérales et agnostiques, tandis que la mère était une personne très croyante qui sema dans le cœur de ses enfants les graines de la foi et de la piété. 

Deux des frères de Marcantonio suivirent les idées de leur père et se signalèrent dans les événements du Risorgimento ; l’un, Giacomo, fut Ministre des Affaires Etrangères dans le gouvernement de Ratazzi ; l’autre, Giovanni, fut général à la tête des troupes pontificales et, en opposition à la volonté du pape Pie IX, franchit le Pò pour barrer la route aux Autrichiens. Plus tard, il réintégra l’armée piémontaise et participa à la bataille de Novare, à l’expédition en Crimée et à la guerre d’indépendance.

Marcantonio, donc, naquit le 22 mai 1801. A quinze ans il manifesta le désir d’être missionnaire en Chine.

Il entra chez les Pères de Saint-Vincent-de Paul en 1818, fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1824. Sa première destination fut Casale Monferrato, où il resta cinq ans.

Tout de suite, il voulut mettre en pratique les principes de la mission populaire. Il réussit tellement, qu’on le demanda de tous côtés. Contre le laxisme ou le rigorisme, il parlait de la miséricorde de Dieu, convainquant la population de se convertir du fond du cœur. Il ne se contentait pas de prêcher, il intervenait aussi matériellement auprès des pauvres.

Il aurait voulu être missionnaire en Chine, mais sa Chine fut bientôt Turin, où il restera presque exclusivement jusqu’à la mort.

Il introduisit les Sœurs de la Charité dans le royaume du Piémont : ces Religieuses avaient été dispersées par la Révolution française et commençaient timidement à se reconstituer ; les apparitions mariales de la Rue du Bac à sainte Catherine Labouré (et la diffusion de la Médaille Miraculeuse) poussèrent Marcantonio à les appeler et le roi Carlo Alberto les accueillit en 1833. Quelques-unes seront envoyées en Crimée, pour soigner les blessés de la guerre, où combattaient des soldats piémontais.

De son côté, Marcantonio diffusait la dévotion à la Médaille Miraculeuse, dont l’évidente conséquence directe fut l’affluence des vocations chez les Sœurs de la Charité : vingt fondations en dix ans, pour près de trois cents religieuses. A Turin, il put ouvrir des Miséricordes, centres d’assistance sociale, où les religieuses pouvaient recevoir les pauvres et les soulager. Il y eut aussi des jardins d’enfants pour les pauvres, des ateliers pour les jeunes filles, des orphelinats. Les Sœurs de la Charité furent ainsi des éléments de premier ordre dans l’organisation sociale de la société piémontaise du 19e siècle.

En 1837 (il n’a que trente-six ans) Marcantonio est provincial pour toute la Haute Italie. Il ne peut plus prêcher les missions populaires, mais il prêche des retraites pour le clergé de Turin. On lui confie la direction spirituelle des Sœurs de Saint-Joseph, des Clarisses, des Sœurs Repentantes de Sainte-Madeleine (anciennes prostituées) ; il rédige les constitutions pour les Sœurs de Sainte-Anne… 

En 1865, il donne naissance à une Œuvre du cœur, avec les Sœurs de Jésus de Nazareth, qu’il confie à Luigia Borgiotti, une sainte femme, et qu’il destine au service des malades à domicile, jour et nuit, et à l’éducation des enfants et des jeunes. L’œuvre est audacieuse, et un chanoine de la cathédrale alla jusqu’à dire : Si Durando venait se confesser à moi, je ne pourrais pas, en conscience, lui donner l’absolution.

Mais l’esprit sain(t) de la fondation fut convainquant. Les Sœurs surent assister discrètement et efficacement les malades et en obtinrent même de célèbres conversions. 

Retenu dans Turin, Marcantonio envoya bientôt en pays de missions des confrères, en Chine, au Moyen-Orient, en Ethiopie, jusqu’en Amérique.

Comblé d’œuvres et de mérites, Marcantonio Durando mourut le 10 décembre 1880, mais il se trouve au 10 juin dans le Martyrologe.

Il a été béatifié en 2002.

Giuseppe Migliavacca

1849-1909

 

Giuseppe naquit le 13 juin 1849 à Trigolo (Crémone, Italie N).

En 1874, il fut ordonné prêtre.

En 1888, il entra dans la Compagnie de Jésus.

Il fut confesseur, prédicateur de retraites, animateur spirituel dans les collèges, directeur spirituel de communautés religieuses.

C’est dans ce cadre qu’un groupe de jeunes filles se forma autour du père Migliavacca, et qui devint en 1893 l’Institut des Sœurs de Marie Consolatrice ; leur mission serait l’enseignement et la formation de la jeunesse des milieux défavorisés, la prise en charge des orphelins et le catéchisme. Plusieurs maisons s’ouvriront à Turin, Milan, Bergame.

En 1903, le père Migliavacca quitta l’Ordre des Jésuites et entra chez les Frères Mineurs Capucins. Il y fit profession religieuse sous le nom d’Arsenio de Trigolo.

Désormais, il s’occupera de prêcher, de confesser et d’accompagner prêtres et séminaristes.

Le père Arsenio mourut à Bergame le 10 décembre 1909, jour où il sera inscrit au Martyrologe.

Arsenio de Trigolo a été béatifié en 2017.

 

Gonzalo Viñes Masip

1883-1936

 

Gonzalo naquit le 19 janvier 1883 à Xátiva (Valencia, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Après ses études au collège Setabense, il entra au séminaire de Valencia et fut ordonné prêtre en 1906.

Il fut vicaire à Xátiva, où la paroisse fut érigée en basilique ; il en fut recteur, puis chanoine et archiviste.

C’était un intellectuel, poète, historien et écrivain. Il fit partie de diverses académies : la Société Aragonaise de Sciences Naturelles, les Belles Lettres de Barcelone, le Centre de Culture de Valencia, le Service de Recherches de Préhistoire de Valencia et dirigea des travaux de recherches à Mogente et Gandía. 

En 1917, il fut nommé chroniste de la ville et archiviste municipal honoraire. 

Mais il s’occupa aussi de la jeunesse, réorganisant la Jeunesse Catholique Masculine, le Cercle Catholique des Ouvriers, l’Académie de la Jeunesse Catholique.,.

Il dirigea la revue L’Ouvrier Setabense et y publia une trentaine d’articles (Setabense désigne un habitant ou quelque chose de la ville de Xátiva, qu’on orthographie aussi Játiva).

Il fonda un petit musée et appuya fortement la création d’une bibliothèque spécialisée.

Avec d’autres prêtres de Valencia, comme lui érudits et soucieux d’élever le niveau culturel des âmes, il travailla activement à l’enseignement et au renforcement de la langue catalane.

Tous ces travaux, don Viñes Masip les recommandait à Notre Dame de la Seo, qu’il considérait comme l’inspiratrice de tous ses projets.

Quand la révolution se déclara, on oublia bien vite tout le bien que ce prêtre avait fait pour le peuple. 

On commença par lui retirer tous les livres chrétiens et les objets de culte qu’il avait chez lui ; on l’emmena plusieurs fois au Comité révolutionnaire, pour lui extorquer de l’argent ; on le menaça de mort s’il refusait de dire où se trouvait le trésor des églises ; on lui intima l’ordre de signer une déclaration où il renonçait à son sacerdoce. Don Gonzalo opposa un franc refus à cette injonction.

Arrêté pour son sacerdoce et sa fidélité à l’Eglise, il fut martyrisé à Vallés (Valencia), le 10 décembre 1936.

Don Viñes Masip fut béatifié en 2001.

 

 

Antonio Martín Hernández

1885-1936

 

Antonio naquit le 18 juillet 1885 à Calzada de Béjar (Salamanque, Espagne), dans une famille très chrétienne.

Il se prépara à l’enseignement et eut le diplôme d’enseignant à Salamanque. Puis, en 1913, il connut les Salésiens, dont l’esprit le convainquit de se consacrer à Dieu.

Après quelques années à Campelo, il fut ordonné prêtre à Carabanchel en 1919 et enseigna à Alicante, Madrid, Barcelone ;  il fut maître des novices et professeur de pédagogie à Sarria. 

Il fut directeur à Rocafort et son dernier poste fut Valencia, comme directeur du collège où, comme ailleurs, il transmit son esprit joyeux et enthousiaste, en même temps que son amour du travail consciencieux et sa dévotion au Sacré-Cœur.

Le 22 juillet 1936, la maison fut confisquée, les religieux arrêtés, un temps relâchés, de nouveau arrêtés quelques jours après.

Il reçut la palme du martyre à Picadero de Paterna (Valencia), le 10 décembre 1936.

Toutefois, il est dit aussi qu’il mourut en prison, avec le père José Giménez López.

Il y eut cinq membres salésiens martyrisés les 9 et 10 décembre 1936 ; parfois, on les trouve ensemble à l’un ou l’autre jour, parfois divisés : trois le 9 et deux le 10 (dont le père Antonio). C’est cette dernière version qu’a adoptée le Martyrologe Romain.

Le père Antonio fut béatifié en 2001.

 

 

Agustín García Calvo

1905-1936

 

Né le 3 février 1905 à Santander (Espagne), Agustín étudia sur place chez les Salésiens, et fut ensuite aspirant dans leur maison d’Alicante.

Il voulut faire partie de la famille salésienne comme Frère coadjuteur, et fit le noviciat à Sarria (Barcelone).

Après sa profession en 1923, il fut principalement à Valencia.

On lui doit des œuvres théâtrales, qu’il écrivait pour les anciens élèves.

Il fut martyrisé lors de la révolution espagnole, à Picadero de Paterna, le 10 (plutôt que le 9) décembre 1936, et fut béatifié en 2001.

 

 

Mariano Anel Andreu

1910-1936

 

Il naquit le 16 juin 1910 à Josa (Teruel) et fut baptisé quelques jours après. Il était le quatrième des cinq enfants que devaient avoir Diego Anel Villarig et Celestina Andreu Nebra : Matilde, Cándida, José, Mariano et María.

En 1926, à seize ans, il entra chez les Frères des Ecoles Chrétiennes à Cambrils (Taragona), passa au noviciat de Fortianell (Gerona) en 1927, où il reçut l’habit, et le nom de Adolfo Mariano, et à Benicarló (Castellón). En 1928, il fit la première profession et alla faire le scholasticat à Cambrils.

En 1929, il fit de l’apostolat à Alcora pendant deux années, dans un tout nouveau collège, où il fit la classe aux tout-petits. En 1931, il fut envoyé à l’école de Santa Madrona de Barcelone puis, quand cette école dut fermer pour des motifs économiques, en 1933, il passa au collège Bonanova de Ciudad Condal.

Le Frère Adolfo donna entière satisfaction tant à ses supérieurs qu’aux étudiants et à leurs familles, de sorte qu’on mettait beaucoup d’espérances en lui.

En juillet 1936, ce collège fut pris d’assaut par les révolutionnaires. Mariano put se réfugier d’abord chez un cousin, à la Rambla de las Flores. Il craignait beaucoup de causer des dérangements à ses hôtes et, sans penser à la censure, écrivit à sa famille un grand nombre de détails sur sa vie quotidienne.

Les miliciens ne tardèrent pas à le repérer et vinrent fouiller la maison, d’abord sans rien trouver, car le cousin put cacher Mariano. C’était le 1er décembre 1936. Mais les miliciens partirent en disant : On sait bien qu’il se cache ici une bonne pièce et on ne pas la laisser s’enfuir.

A ce point-là, quelqu’un lui suggéra un stratagème : s’affilier comme volontaire dans les milices, pour avoir l’occasion d’enseigner les analphabètes ! Il suivit le conseil.

Quinze jours après, il rentra précipitamment à la maison et vida toutes ses poches en donnant à son cousin ce qu’il avait, en lui disant : Je crois qu’ils se doutent de quelque chose et ils m’envoient au front. Il faut que je parte tout de suite. Tomás, je te donne tout ce que j’ai.

Il se pourrait bien qu’il se soit lui-même «trahi», par le fait qu’il ne disait jamais de grossièretés. Un camarade dut lui demander s’il n’était pas Religieux et il aurait répondu plus ou moins par l’affirmative, pour éviter des représailles chez son cousin bienfaiteur.

Toujours est-il qu’il n’y eut ces jours-là aucun départ pour le front, mais le Frère disparut.

Ici, un autre récit raconte que les miliciens seraient revenus à la charge et que, ne trouvant toujours pas Mariano, ils arrêtèrent le cousin, pour avoir hébergé un Religieux. C’est alors que Mariano se serait constitué comme Religieux, obtenant la libération de son cousin, le 10 décembre. 

Ensuite, on ne sut plus rien de lui. La famille chercha partout à s’informer et l’on finit par leur avouer que leur proche était là où il devait être...

Il avait été assassiné.

Ce fut dans le début du mois de décembre (on lit parfois octobre) 1936, à une date non précisée. C’est pourquoi on retient pour le moment la date du 10 décembre pour son dies natalis. 

Le Frère avait vingt-six ans et fut béatifié en 2007.

 

 

Emérico Martín Rubio

1913-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Emérico naquit le 4 novembre 1913 à Espinosa de Villagonzalo (Palencia, Espagne).

Entré en 1935 chez les moines Trappistes comme Convers, il prit le nom de Marcelino.

Il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 10 décembre 1936 et béatifié en 2015.

 

 

María Emilia Riquelme y Zayas

1847-1940

 

María Emilia naquit le 5 août 1847 à Grenade (Espagne), premier enfant d’un couple très chrétien : Joaquín Riquelme y Gómez, officier de carrière qui devint Lieutenent Général ; María Emilia Zayas Fernández de Córdoba y de la Vega, qui descendait du Grand Capitaine, Gonzalo Fernández de Córdoba.

Ces parents désiraient ardemment la naissance d’un fils, qui aurait continué la lignée paternelle et aurait aussi servi sous les armes, mais ce garçon, Joaquín, qui naquit deux ans après María Emilia, mourut à dix-sept ans. Une deuxième fille vint au monde, Blanca, qui mourut un an plus tard ; un quatrième enfant naquit aussi, mais mourut peu après la naissance.

María reçut au Baptême (deux jours après sa naissance) les noms de : María Emilia Joaquina Rosario Josefa Nieves de la Santísima Trinidad. Le prénom Nieves (Neiges) est sans doute dû à la fête qui se célèbre le 5 août, Notre-Dame des Neiges (la Tradition rapporte qu’un 5 août, en plein été, une des collines de Rome se trouva couverte de neige, et que c’était là le signe providentiel qui indiquait où il fallait construire la première basilique mariale à Rome).

En 1851, elle accompagna ses parents en Navarre, où venait d’être nommé le papa. C’est là que naquirent les trois petits frère et sœurs de María, c’est là aussi que mourut la maman, en 1855, quand María n’avait pas encore huit ans.

Une autre Maman se manifesta alors : María eut une vision de la Vierge Marie, qui tenait dans ses bras l’Enfant-Jésus. Maria alors se consacra à Notre-Dame du Carmel, et fit en 1859 privément le vœu de chasteté.

Elle fut bonne élève à l’école, à Séville puis à Madrid. Elle apprit à chanter, à jouer du piano, à parler des langues (dont le français), et à monter les chevaux.

Elle accompagna son père dans ses déplacements, à Pampelune, Tenerife et La Coruña. En 1868, eut lieu la Révolution libérale, qui détrôna la reine Isabelle II : le père s’enfuit alors en exil à Lisbonne, et María vint vivre chez sa tante à Madrid. Là vivait un cousin, diplomate de son état, Eduardo Díaz del Moral y Riquelme, qui aurait bien voulu l’épouser - et essuya un franc et sincère refus.

Quand María parla de sa vocation religieuse à son père, celui-ci tenta de l’en dissuader et de la distraire par d’autres rencontres.

Au contraire, María se rapprocha des Sœurs de la Charité et des Pères Vincentiens, sur le conseil de son directeur spirituel, Marcelo Spinola y Maestre, futur cardinal et bienheureux (v. 19 janvier). De même qu’elle avait eu la vison de Marie avec l’Enfant-Jésus, elle alla trouver les pauvres et les malades pour les aider maternellement ; elle donnait de l’argent aux filles qui, pour vivre, étaient tentées de se prostituer ; elle aidait aussi les jeunes gens qui ressentaient la vocation sacerdotale, comme par exemple le futur archevêque Leopoldo Eijo y Garay.

Après la mort de son père (1885), elle crut le moment venu d’entrer en religion, mais sa santé ne le lui permit pas, aussi fit-elle arranger dans sa demeure une chapelle et alla trouver les pauvres gens. Quelques jeunes filles s’attachèrent à son mode de vie, donnant ainsi naissance en 1896 à une petite famille religieuse, les Missionnaires du Saint Sacrement et de Marie Immaculée. C’étaient alors huit Religieuses, qui reçurent l’approbation de l’archevêque de Grenade. María en fut la supérieure, jusqu’à sa mort.

Une seconde maison s’ouvrit à Barcelone en 1900, et une école à Grenade.

En 1912, María reçut de Pie X l’approbation pontificale.

En 1936, elle put se réfugier à temps en France, durant les années de la Guerre civile.

De retour en Espagne, elle s’établit à Grenade, où elle mourut le 10 décembre 1940.

La congrégation se répandit au Portugal, aux Etats-Unis.

María Emilia fut béatifiée en 2019. Le miracle dû à son intercession et reconnu par le Pape, advint en Colombie.

 

 

Anton Durcovici

1888-1951

 

Anton vit le jour le 17 mai 1888 à Bad Deutsch-Altenburg (Autriche), de Francisc et Maria.

Après la mort de son père, il vint en 1895 avec sa mère et son frère à Iaşi. Là il fréquenta le collège, puis le lycée de Bucarest, après lesquels il entra au Grand séminaire en 1906.

On l’envoya perfectionner ses études à Rome, où, à l’Angelicum, il fut reçu docteur en Philosophie et Théologie ; il passa aussi la licence en Droit canonique à la Grégorienne.

Après son ordination sacerdotale, il retourna dans son pays, et enseigna au séminaire de Bucarest, en même temps qu’il administrait une paroisse à Tulcea.

La Roumanie s’étant mise du côté des «Alliés» pendant la guerre, l’abbé Durcovici fut considéré «ennemi», étant natif d’Autriche, et fut mis en prison. C’est l’empereur Ferdinand qui ordonna de le mettre en liberté.

En 1924, il fut nommé recteur du même séminaire, jusqu’en 1947, année où il fut nommé évêque de Iaşi, La consécration eut lieu en avril 1948.

Depuis la fin de la guerre, les autorités communistes organisèrent un véritable espionnage de l’évêque, cherchant à le détacher de l’autorité romaine, le menaçant. Finalement, le 26 juin 1949, tandis qu’il se rendait à pied dans une paroisse de la banlieue de Bucarest pour y célébrer une Confirmation, il fut contraint de monter dans une voiture de la Securitate.

Mgr Durcovici fut ensuite la proie des prisons roumaines communistes : tortures continuelles, jour et nuit, pendant des semaines, en plein hiver on le déshabilla et on l’exposa au froid, on le priva d’eau et de nourriture… Il fut enfermé à Jilava, puis Sighet ; Mgr Durcovici fut réduit à l’état de squelette.

Dans cette dernière prison, il put approcher un prêtre qui balayait le couloir, et lui dit en latin : Antonius episcopus fame moritur… Da mihi absolutionem (l’évêque Antoine meurt de faim. Donne-moi l’absolution).

L’évêque mourut en prison, des suites de ces mauvais traitements, le 10 décembre 1951. Dans un premier temps, les communistes le mirent dans une tombe sans indication de son nom, et détruisirent des documents attestant son séjour en prison.

Reconnu martyr pour sa foi inébranlable et son attachement à l’Eglise romaine, il a été béatifié en 2014.

 

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