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12 décembre 2019 4 12 /12 /décembre /2019 00:00

 

12 DÉCEMBRE

 

III.

SS Epimachus et Alexander, avec les stes Ammonarion, Mercuria, Dionysia, martyrs brûlés ou décapités à Alexandrie ; Dionysia avait eu beaucoup d'enfants.

IV.

S Spyridon, évêque à Trimithonte ; très désintéressé, il tenait à disposition un coffre où l'on venait emprunter librement à condition de rendre ; il avait une sainte fille, Irène ; il devint patron de Corfou.

Ste Abre, la fille que s. Hilaire eut avant son épiscopat.

VI.

S Finnian, abbé à Clonard ; irlandais, thaumaturge dès son enfance ; il mourut de la peste jaune, en offrant sa vie pour le peuple d'Irlande. 

S Corentin, premier évêque à Quimper ; il vivait en ermite ; il avait pour ami un petit poisson dont il coupait chaque jour un petit morceau pour sa nourriture et qu'il rejetait dans la fontaine, où le poisson se reconstituait jusqu'au lendemain. 

XI.

S Israel, chanoine régulier au Dorat, prêtre et professeur, très influent (il connut Gerbert, futur Sylvestre II, et son disciple Théobald est commémoré le 6 novembre). 

XII.

S Vizelin, apôtre et évêque à Oldenburg, siège transféré à Lübeck.

XIII.

Apparition de Marie, la "Toujours Vierge" de Guadalupe .

B Bartolo Buonpedoni, curé italien puis, atteint de la lèpre, tertiaire franciscain ; il se retira à Celloli où l'on venait de toutes parts le consulter ; invoqué contre la lèpre.

XIV.

B Corrado de Offida, franciscain près d’Assise ; il renonça aux études, préféra être cuisinier, vécut en ermite et eut des apparitions. 

B Giacomo Capocci, ermite augustin, né à Viterbe, le “Docteur spéculatif”, évêque à Bénévent puis à Naples.

XVII.

B Thomas Holland, prêtre jésuite, martyr anglais étranglé à Tyburn, surnommé “la bibliothèque de piété” (le 22 décembre au Martyrologe).

XIX.

S Simon Phan Ɖắc Hòa, médecin viet-namien, père de douze enfants, maintes fois torturé aux tenailles, puis décapité ; canonisé en 1988 et fêté le 24 novembre.

XX.

B Benito Quintano Díez (1861-1936), prêtre lazariste espagnol, martyr à Madrid, béatifié en 2017.
B Ludwik Bartosik (Pius, 1909-1941), prêtre franciscain polonais, martyr à Auschwitz, béatifié en 1999.

 

Epimachus et Alexander d’Alexandrie

avec Ammonarion, Mercuria et Dionysia

† 250

 

 

Nota. Il semble qu’il y ait deux mentions de ce s.Alexander, v. 31 octobre.

Concernant ces Martyrs, nous avons le témoignage de leur propre évêque, Dionysios (v. 8 avril) :

Epimachus et Alexander, après être restés longtemps dans les fers et avoir supporté mille souffrances, peignes de fer et fouets, furent arrosés de chaux vive.

Pour les autres, s.Denys ajoute :

Avec eux, quatre femmes, dont la vierge sainte Ammonarion, que le juge tortura très longtemps avec beaucoup de persévérance parce qu’elle avait déclaré d’avance qu’elle ne dirait rien de ce qu’il lui ordonnerait : elle réalisa sa promesse et fut conduite à la mort.

Quant aux autres, la très vénérable Mercuria, une vieille femme, et Dionysia, qui avait eu beaucoup d’enfants mais ne les avait pas aimés plus que le Seigneur, le juge eut honte de les torturer encore sans résultat et d’être vaincu par des femmes ; elles moururent par le fer, sans subir l’épreuve des tortures, car Ammonarion, qui avait combattu la première, les avait supportées pour toutes.

Il y avait donc quatre femmes en plus d’Epimachus et Alexander, mais la quatrième n’est pas nommée.

C’était au temps de l’empereur Dèce (250).

Le Martyrologe Romain mentionne ces six Martyrs d’Alexandrie au 12 décembre.

 

 

Spyridon

4e siècle

 

Des diverses versions de la Vie de saint Spyridon (ou Spyridion), il ressort qu’il aurait eu des enfants, dont une certaine Irène, et qu’il aurait été ensuite évêque en Chypre, mais nous n’avons guère plus de détails.

Saint Spyridon est cependant connu pour sa largesse. Des voleurs s’étant introduits de nuit pour lui voler des brebis, ils se trouvèrent mystérieusement pris dans un filet, dont les délivra Spyridon au matin, leur conseillant, la prochaine fois, de demander plutôt que de voler ; et de les renvoyer avec un bélier, pour ne pas les laisser bredouilles !

Il tenait un petit coffre de ses économies et l’on pouvait y puiser librement, à condition d’y remettre ce qu’on empruntait.

Il jeûnait d’habitude en carême. A un voyageur à qui il offrait l’hospitalité, il présenta ce qu’il avait : un morceau de porc ; l’autre de refuser : un chrétien, en plein carême ! Et Spyridon : Raison de plus de ne pas crier. Tout est pur pour ceux qui sont purs (cf. Tt 1,15).

Il assistait à l’homélie d’un évêque. Ce dernier citait : Prends ton lit, et marche, au lieu de Prends ton grabat, et marche (cf. Jn 5:8). Spyridon, alors vénérable vieillard, se leva et lui reprocha : Tu te crois donc supérieur à Celui qui a dit «grabat» ? Et il sortit.

On a pensé que l’auteur Rufin parlait de saint Spyridon dans une description qu’il fait d’un saint homme présent au concile de Nicée (325) ; plus tard, Spyridon fut co-signataire du concile de Sardique (343).

Comme dans le monde grec, saint Spyridon est mentionné le 12 décembre dans l’actuel Martyrologe.

 

 

Finden d’Irlande

472-549

 

Finden (devenu en latin Finnian, nom qui est resté le plus usuel) naquit vers 472 à Mishall (Leinster, Irlande), fils (ou petit-fils) de Lachain et de Talech ; il avait deux sœurs.

Les parents voulaient le faire baptiser par l’évêque Fortchern à Tullow, mais en route ils rencontrèrent un autre évêque qui prétendit à cette faveur (c’était peut-être l’évêque Ailbe d’Emly). Une autre version affirme qu’en fait l’évêque Fortchern amena Finnian au christianisme.

Fortchern initia l’enfant à la prière de l’Eglise : les psaumes, les hymnes, l’office divin. C’est durant cette période que Finnian fit son premier miracle, faisant jaillir une source pour éviter à ses deux sœurs d’aller jusqu’à la rivière pour puiser de l’eau.

Les miracles allaient se multiplier, parfois inimaginables, parfois fort étonnants, parfois aussi marqués au coin, sans doute, par quelque fantaisie de certains rédacteurs irlandais de l’époque.

Vers 505, Finnian partit pour le pays de Galles, avec son neveu Gabhran et son ami Buit. Avec Cadoc, ils furent reçus au pays de Galles, où le seigneur Cathmail leur remit un château et un étang. Finnian assécha l’étang pour y construire deux monastères, Melboc et Nant Carvan.

Là, on accusa Finnian d’être paresseux parce qu’il n’était pas parti avec les autres moines chercher du bois pour la construction. Finnian, qui ne savait comment s’y prendre, invoqua les anges : il rentra bientôt, avant tous les autres, avec un chargement bien plus important.

Il délivra les moines de Flat Holm des serpents et des puces.

Quand les Saxons furent menaçants, Finnian posta les Bretons en haut de la montagne, d’où ils aspergèrent de pierres les assaillants ; même les montagnes s’ébranlèrent pour enterrer les corps, nous dit-on.

Après une trentaine d’années passées en Pays de Galles, Finnian revint en Irlande. S.Patrice (v. 17 mars) était mort peu auparavant, et Finnian se mit à édifier églises et monastères, et à continuer de faire des miracles.

Un propriétaire qui voulait le chasser, fut frappé de cécité ; un autre perdit son fils et devint paralytique : Finnian le guérit et ressuscita l’enfant. Il ressuscita un veau qu’on avait tué pour lui faire fête ; il brisa d’un signe de croix un rocher, et amena ainsi un noble à la conversion ; il guérit sa propre mère, qui souffrait tant qu’on ne pouvait la toucher.

Il connut et visita sainte Brigide de Kildare (v. 1er février).

Un ange conduisit Finnian à Clonard (Cluain Eraird), où il fonda ce monastère célèbre, et d’où il illumina le monde par sa doctrine et ses miracles.

A la fin de sa vie, Finnian était si maigre qu’on voyait ses côtes à travers ses habits. Il s’en réjouissait, dit-on, car il prétendait que pour un moine, l’idéal était de pouvoir être porté en terre par un enfant.

En 549 éclata une grave épidémie de peste. Finnian s’offrit en victime pour le peuple de l’Irlande, et s’éteignit le 12 décembre.

S.Finnian est fort célèbre : ses très nombreux disciples ont attesté sa sainteté et son culte est fort ancien.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Finnian d’Irlande au 12 décembre.

 

 

Corentin

7e siècle

 

Saint Corentin a dû naître en Bretagne armoricaine, de parents illustres.

Après de bonnes études, il voulut se retirer dans une solitude, près de Châteaulin (Finistère). Jusqu’ici, l’Histoire ne conteste pas la Tradition.

Des détails presque amusants et touchants ajoutent au merveilleux de cet illustre Saint breton.

Corentin allait chaque jour puiser de l’eau à une fontaine : là vivait un poisson, dont il taillait une tranche pour sa nourriture, tandis que le lendemain le poisson revenait entier s’offrir à lui.

Cette tranche un jour enfla suffisamment pour donner à manger au roi Grallon et à sa suite. En remerciement, le roi aurait alors concédé tout ce domaine à l’ermite.

Cette même fontaine donna un jour l’eau, le vin et les anguilles nécessaires pour recevoir deux autres Saints bretons : Paterne et Malo (saint Paterne : 15 avril ; saint Malo : 15 novembre ; saint Tudy : 9 mai).

Quand les habitants eurent besoin d’un évêque, ils envoyèrent Corentin, Guénolé et Tudy à l’évêque de Tours, qui devait choisir lequel des trois lui semblait le plus idoine à cette mission : c’est Corentin qui fut choisi.

Le rédacteur de la Vie de saint Corentin a dû se tromper sur le nom de cet évêque de Tours, citant saint Martin, mort trois siècles plus tôt, à moins qu’un signe miraculeux se soit produit au tombeau de saint Martin, manifestant ainsi la volonté de Dieu.

Saint Corentin fut le premier évêque qui résida à Quimper, les précédents ayant résidé en d’autres localités.

Certaines versions de la Vie de saint Corentin donnent à entendre qu’il ne sortait guère de sa solitude, s’appuyant sur Guénolé, un saint abbé, à qui il confiait le soin de l’évangélisation des diocésains : peut-être que Corentin, peu enclin à parler, recourait à Guénolé pour le seconder dans ses responsabilités épiscopales, un évêque étant par définition chargé de visiter son diocèse - et un abbé chargé d’administrer son abbaye.

Lors des invasions normandes, les reliques conservées sur place furent dispersées. La cathédrale de Quimper avait, dit-on, conservé un bras de saint Corentin, dont on a malheureusement perdu la trace depuis le 13e siècle.

Le Martyrologe mentionne saint Corentin au 12 décembre, rappelant qu’il fut le premier évêque de Quimper (Coriosopitum).

Israel du Dorat

950-1014

 

On a vu (v. 6 novembre) comment Théobald fut élève d’Israel au Dorat.

Israel naquit vers 950 aux environs de Dinsac (Haute-Vienne).

Ses parents le consacrèrent très tôt au service de l’Eglise. Il devint un très zélé chanoine du Dorat, quand Boson le vieux, comte de la Marche, restitua l’abbaye du Dorat qu’il avait usurpée et y confirma des chanoines réguliers, en 987.

Sous l’évêque de Limoges Alduin (†1012), Israel devint professeur à l’école épiscopale, prêtre, vicaire général de Limoges et grand chantre du Dorat.

A cette période remonte une vie du Christ en vers, rédigée par Israel en langue limousine, et donc un siècle avant la poésie lyrique des troubadours.

Lors d’une épidémie en 994, il se dévoua à soigner les malades atteints du mal des ardents, caractérisé par une fièvre violente très pénible. Il alla enterrer les morts.

Israel aurait eu une notable influence jusqu’à la cour de France, pour les affaires ecclésiastiques, au temps du roi Robert le Pieux et de l’archevêque de Reims Gerbert.

Ce dernier, devenu le pape Silvestre II, aurait créé Israel prévôt de Saint-Junien où des chanoines réguliers de Saint-Augustin remplacèrent ainsi les Bénédictins. Des moines de cette abbaye avaient été pris à parti et assassinés par des habitants, au moment où ils venaient percevoir la dîme. Israel y fit rebâtir l’église.

En 1006, Israel reprit contact avec l’école du Dorat. Parmi ses disciples, on compte, outre s.Théobald déjà cité, s.Gautier, fondateur de l’abbaye de Lesterps en 1038 (v. 11 mai).

En 1013, un incendie ravagea le Dorat. Israel n’eut pas le temps de s’occuper de la reconstruction : il n’en vit que les fondations et mourut l’année suivante, le 12 décembre 1014 (et donc ni le 13 septembre ni le 22 décembre).

Les nombreux miracles qui se produisirent bientôt firent naître le culte dont on l’honora dans toute la région.

Saint Israel du Dorat est commémoré le 12 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Vizelin d’Oldenburg

1090-1154

 

Les informations sur les épreuves et les travaux de Vizelin ne sont pas très concordantes selon les sources. On a essayé ici de les enchaîner logiquement.

Il était né vers 1090 à Hameln (Basse-Saxe, Allemagne) et fut très tôt orphelin.

Un oncle prêtre le recueillit, puis les châtelains d’Everstein. Il passa ensuite plusieurs années à l’école cathédrale de Paderborn, paternellement guidé par le chanoine Hartmann et les pères bénédictins d’Abdinghof. Il y surpassa tous ses compagnons.

En 1118, il fut à Brême, où il enseigna pendant quatre ans, après quoi il passa à Laon, où il compléta ses études.

En 1126, il vint à Magdeburg, pour rencontrer saint Norbert (v. 6 juin). Mais notre Vizelin voulait d’abord et avant tout être envoyé comme missionnaire auprès des Slaves du Nord et, sans attendre, il regagna Brême, dont l’archevêque Adalbero  l’ordonna prêtre et l’envoya chez les Wagriens (région de Lübeck).

Il semble que Vizelin soit parti en mission avec deux compagnons, Rudolf de Hildesheim et Ludolf de Verden. Des prêtres qu’ils rencontrèrent les accueillirent bien, ainsi que le chef Heinrich qui le reçut avec bienveillance ; mais dans cette région éloignée, certains points de la morale chrétienne n’existaient pas : le vol était considéré comme une prouesse, et celui qui ne volait pas n’était qu’un incapable. Vizelin commença son travail mais malheureusement, Heinrich mourut peu après, ce qui obligea Vizelin à repartir à Brême.

L’archevêque le chargea alors de la région de Holstengaus, près de la frontière. Vizelin y éleva une fondation de Chanoines de Saint-Augustin, à Neumünster. De là il put rayonner en direction des Abodrites, de 1134 à 1137.

Ces régions étant passées en 1147 sous la domination des seigneurs allemands, ceux-ci pensèrent nécessaire de lancer une croisade contre les païens Wagriens, sans savoir que Vizelin avait déjà bien travaillé parmi eux. Il n’y eut pas de vraie bataille ni de vraie victoire, mais ces Slaves devinrent ennemis des «chrétiens». L’archevêque de Brême pensa alors opportun de rétablir les évêchés de Mecklenburg, Ratzeburg et Oldenburg. Ce dernier siège échut à Vizelin en 1149.

Le duc de Saxe Heinrich le Lion prétendit donner l’investiture à Vizelin, lequel, contre l’avis de l’archevêque de Brême, jugea utile d’accepter (contre la loi habituelle de l’Eglise), préférant asseoir son travail apostolique sur l’autorité locale, plutôt que de sombrer dans un inutile nouveau conflit juridique. Il eut raison, cette fois-là. Heinrich le Lion favorisa d’ailleurs généreusement son action.

Mais l’apostolat de Vizelin fut bientôt abrégé, car il subit en 1152 une deuxième attaque, qui le laissa paralysé du côté droit. Il se trouvait alors à Neumünser, où il agonisa pendant deux ans et demi, sans pouvoir ni se coucher ni s’asseoir. Il mourut le 12 décembre 1154.

L’œuvre de Vizelin avait donné une impulsion décisive à l’évangélisation des peuples du Nord de l’Allemagne. Son successeur, Gerold, transféra le siège d’Oldenburg à Lübeck.

En Allemagne, tant les Protestants que les Catholiques vénèrent Vizelin.

Vizelin, apôtre du Holstein, fut canonisé en 1332.

 

 

Bartolo Buonpedoni

1227-1300

 

Bartolo (Barthélemy) naquit vers 1227 à Mucchio (San Gimignano, Toscane, Italie C), fils unique des comtes Giovanni et Giuntina.

Quand ses bons parents voulurent le marier, espérant procurer une descendance à la famille, il s’enfuit littéralement de la maison et s’en vint chez les Bénédictins de Pise, non pas pour devenir moine mais, au moins au début, pour prendre le temps de réfléchir dans le calme. Il assista les moines malades.

Il fit un songe : il vit le Christ ressuscité mais encore avec ses plaies, qui lui annonçait qu’il devrait non pas être moine, mais souffrir pendant vingt ans. Indirectement, Notre Seigneur semblait indiquer par là que les moines de l’époque ne connaissaient pas la souffrance… Bartolo quitta le monastère et s’en vint à Volterra, où il prit l’habit du Tiers-Ordre franciscain.

L’évêque de Volterra le connut et lui suggéra de se préparer au sacerdoce. Bartolo obéit et fut ordonné prêtre vers 1255.

Il sera dix ans aumônier à Paccioli, puis dix ans curé à Picchena, remarquable dans sa charité envers les pauvres.

Vers la cinquantaine, il fut atteint de la lèpre. Il démissionna et se retira dans une léproserie à Cellole. Malade, il n’hésitait pas à soigner et soulager les autres malades, par sa bonté et son sourire.

Sa patience et ses vertus étonnèrent l’entourage, et l’on vint de loin pour le voir et l’entendre. On l’appela le Job de la Toscane. A ceux qui le plaignaient, il répondait : Ne savez-vous pas qu’il fallait que le Christ souffrît pour entrer dans sa gloire ? ou aussi Les souffrances de ce monde ne sont pas dignes de la gloire qui se révélera à nous (cf. Lc 24:26 et Ro 8:18).

Il mourut le 12 décembre 1300 à soixante-douze ans.

Evidemment, il fut invoqué contre la lèpre et des miracles eurent lieu.

Son culte fut approuvé en 1498 et confirmé en 1910.

 

 

Corrado d’Offida

1237-1306

 

Corrado (Conrad) naquit vers 1237 (certains ont parfois avancé une date bien antérieure) à Offida (Ascoli Piceno, Marches, Italie).

D’humble extraction, il entra à quatorze ans chez les Frères Mineurs, et connut certains des premiers compagnons de saint François d’Assise (v. 4 octobre). Il fut partisan de la première austérité de l’Ordre, notamment en renonçant aux livres, à l’étude, et se contentant du Pater noster pour prier.

Très doué intellectuellement, sa joie était cependant d’être employé aux charges humbles, à la cuisine, à l’accueil, ou faisant la quête dans les rues.

Par obéissance, il reprit l’étude et reçut le sacerdoce. Prêchant avec un réel succès, il s’étonnait lui-même de ce don et préférait le silence de la solitude.

Il connut beaucoup de choses par les visions qu’il reçut : son Ange gardien, la Vierge Marie qui lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras, saint François lui-même.

Il parlait des premiers temps du francescanisme avec nostalgie et appuya la réforme des spirituels. Plus tard, accusé d’avoir favorisé la scission de l’Ordre, il se soumit. S’étant expliqué de son attitude au ministre général, il s’expliqua si bien qu’il s’en attira plutôt les bonnes grâces.

Plusieurs fois il fut nommé Gardien (c’est-à-dire supérieur) de couvents, à Offida, Forano et La Verna.

Il assista Tommaso de Tolentino dans la préparation de la mission des Indes - qui se solda par le martyre de quatre Frères en 1321 (v. 9 avril).

Corrado eut le don des miracles.

Il mourut à Bastia Umbra (Assise) le 12 décembre 1306.

En 1320 ses reliques furent dérobées par les habitants de Pérouse ; elles restèrent dans cette ville jusqu’en 1994, et furent alors rapportées à Offida.

Son culte fut confirmé en 1817.

 

 

Giacomo Capocci

1255-1308

 

Giacomo (Jacques) naquit vers 1255 à Viterbe (Latium, Italie C).

En 1272, donc assez jeune, il entra chez les Ermites de Saint-Augustin de cette même ville, d’où on l’envoya bien vite à Paris pour ses études. Il y aurait entendu saint Tommaso d’Aquino, mais cette affirmation semble douteuse, car ce dernier avait quitté Paris en 1261.

De retour à Viterbe, Giacomo fut en 1283 définiteur de son Ordre pour la province de Rome, et visiteur en 1284 ; de nouveau définiteur en 1285, il enseigna probablement dans quelque couvent du Latium.

En 1286, il repartit à Paris pour y achever le cursus des études, fut bachelier en 1288 et enfin docteur en 1293.

Cette même année, il fut élu Prieur général de l’Ordre et Maître d’Etudes à Paris.

En 1300, il revint en Italie et enseigna deux ans à Naples, jusqu’à son élection épiscopale en 1302 comme archevêque de Bénévent. En décembre de la même année, il était transféré à Naples.

Les princes de Naples, Charles II d’Anjou et son fils Robert, l’eurent en profonde estime et l’aidèrent dans la construction de la nouvelle cathédrale.

Son enseignement fut tellement apprécié qu’il fut surnommé le Docteur Spéculatif.

En 1306, il fut chargé d’instruire la cause de canonisation de Célestin V, le pape démissionnaire. Il déposa aussi dans un autre procès de canonisation, celui de Tommaso d’Aquino, pour lequel il aurait affirmé : Je crois que notre Sauveur a envoyé dans ce monde pour l’éclairer d’abord l’apôtre saint Paul, ensuite Augustin, en dernier lieu frère Tommaso, qui n’aura pas de pareil jusqu’à la fin des siècles.

Il publia un ouvrage, De regimine christiano, à l’occasion du conflit entre le pape et Philippe le Bel.

C’est à Naples qu’il mourut, fin 1307 ou début 1308. Actuellement, son dies natalis est inscrit le 12 décembre au Martyrologe.

La profonde vénération dont on entoura Giacomo Capocci généra un culte continu qui fut confirmé en 1911.

 

 

Thomas Holland

1600-1642

 

Thomas était né à Sutton (Prescot, Lancashire, Angleterre), probablement de Richard Holland.

Après ses études à Saint-Omer, il gagna Valladolid en 1621, où il se consacra en 1633.

En 1623, lors des négotiations pour l’alliance avec l’Espagne, Thomas assura le prince Charles de la fidélité des séminaristes de Valladolid, dans un discours prononcé en latin.

En 1624, il entra au noviciat des Jésuites à Watten (Flandres) et fut ordonné prêtre.

Il fit d’abord du ministère à Gent, et fut préfet à Saint-Omer ; en 1634, il retourna à Gent comme directeur spirituel et partit en mission en Angleterre.

Il se montra très habile pour se déguiser et, en plus, parlait couramment français, espagnol et flamand ; mais il fut probablement arrêté à Londres en 1642 sur une simple suspicion. On le mit dans la New Prison, pour le transférer à Newgate, puis à Old Bailey, le 7 décembre, ayant été soupçonné d’être prêtre, sans preuves décisives cependant. On l’invita à jurer qu’il n’était pas prêtre, ce qu’il ne pouvait pas faire, et la cour le déclara coupable. Le 10 décembre, il fut condamné à mort, malgré l’opposition de plusieurs membres de la cour.

Sur le chemin de la prison, il y avait beaucoup de gens, certains voulurent se confesser à Thomas. Les jours suivants, il put célébrer la Messe en prison.

Il devait être exécuté le 12 décembre : sur l’endroit de l’exécution, il eut la permission de prononcer un long discours et de prier longuement.

Contrairement à l’habitude, on le laissa mourir immédiatement, sans prolonger ses souffrances.

Thomas Holland, qui fut surnommé par ses confrères la bibliothèque de piété, mourut en martyr à Tyburn (Londres), le 12 décembre 1642.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Simon Phan Đc Hòa

1787-1840

 

Simon était né en 1787 (ou 1774 ?) à Vinh Mai (Tha Thiên, Vietnam), dans une famille encore païenne.

Après la mort précoce de son père, sa mère et ses sœurs vinrent au village pour trouver un peu de travail.

C’est alors qu’il rencontra des missionnaires, entendit parler de Jésus-Christ, et demanda le baptême, en 1799, prenant le nom de l’apôtre Simon.

Il entra au séminaire, mais il comprit que sa voie était le témoignage dans le monde.

Il se maria et eut douze enfants. Médecin, il eut l’occasion de faire beaucoup de bien, sachant soulager les pauvres en qui il voyait le Christ. Il reprenait les alcooliques, les paresseux, calmait les dissentions, aidait les vieillards.

Simon fut un fidèle inconditionné du Christianisme.

Quand la persécution se déclencha, il n’hésita pas à abriter chez lui des prêtres ; il reçut l’évêque Cuenot (voir au 14 novembre).

Il fut arrêté alors qu’il essayait de porter en sûreté le père Delamotte avec une embarcation.

Il fut alors compagnon de prison du père Delamotte, qui mourut d’épuisement dans sa cellule le 3 octobre 1847. Mais il fit profiter de sa présence les autres prisonniers, en leur procurant un peu de soulagement, mais surtout en les encourageant à la persévérance.

Simon endura plus de vingt interrogatoires, comportant autant de séances de tortures. On espérait lui extorquer des noms de missionnaires. En vain !

En tant que praticien de l’art médical, parlant de ses souffrances, il savait ce qu’il disait :

Les tenailles froides occasionnent une douleur plus vive ; les tenailles brûlantes ne causent pas d’abord une souffrance très grande, mais lorsque la plaie a été exposée à l’air, elle s’enflamme, suppure et s’élargit.

Il se montra invinciblement attaché à la foi :

Quand même je devrais tout perdre, ma femme, mes enfants, ma fortune, ma vie, je n’abandonnerai jamais mon Dieu.

Quand on lui apporta pour la revoir sa petite dernière, une fille de quelques mois, il la prit dans ses bras en disant : Je puis te voir encore, mais toi, tu ne te souviendras point de ton père.

Il fut décapité à An Hòa (Qung Nam), le 12 décembre 1840, fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Ludwik Pius Bartosik

1909-1941

 

Ludwik (Louis) Bartosik naquit le 21 août 1909 à Kokanin (Kalisz, Pologne), de Wojciech et Victoria. Son père était cordonnier. Malgré la situation modeste de sa famille, Ludwik parvint avec l'aide du curé et d'amis bienfaiteurs à poursuivre ses études au lycée de Kalisz.

Il entra au noviciat des Frères Mineurs Conventuels à Pacławaska (Przemysl) puis à Lagiewniki (Lodz), et prit le nom de Frère Pius (Pie), probablement par référence au pape Pie X, mort saintement en 1914 (voir au 20 août ; Ludwik était né le 21).

Le 8 septembre 1927, il émit ses premiers voeux religieux, et poursuivit ses études au séminaire franciscain de Sanok, puis à Lviv. En 1931, il entreprit des études de philosophie et de théologie au séminaire majeur des Franciscains de Cracovie. Il y reçut l'ordination sacerdotale en 1935. Sa première destination fut Wisłokiem, où il se distingua pour son assiduité au ministère de la confession.

En août 1936, il fut transféré au couvent de Niepokalanów, à la requête explicite du futur saint Maximilien-Marie Kolbe, qui avait fondé ce couvent dix ans auparavant (voir au 14 août). C'était un immense centre médiatique, dirait-on aujourd'hui, où l'on imprimait et diffusait des revues, des journaux et des brochures catholiques. On y lança même une radio en 1938. A la veille de la seconde guerre mondiale, Niepokalanów était le plus grand couvent du monde, avec treize Pères, dix-huit séminaristes, cinq cent vingt-sept jeunes moines, quatre-vingt-deux novices et cent vingt-deux garçons dans un petit séminaire ! 

Sensible à ses qualités intellectuelles, en plus de ses qualités spirituelles, le Père Kolbe assigna le nouveau venu à la tâche de rédacteur de la revue le Chevalier de l’Immaculée, revue missionnaire franciscaine qui connaissait un succès certain dans la nouvelle Pologne de l'époque.

Ludwik-Pius travaillait aussi à un ouvrage de mariologie, dont on conserva après sa mort une version dactylographiée. Ses Frères se souvinrent toujours de lui comme d’un Franciscain généreux qui donnait de son temps pour confesser et prodiguer des conseils spirituels.

Il fut arrêté par les occupants allemands, le 19 septembre 1939, avec le Père Kolbe et une quarantaine de confrères. Il passa trois mois aux campx de Lamsdorf, Amtitz et Ostrzeszów. Il supporta patiemment la faim et les souffrances, répétant : Nous avons prêché aux autres la patience ; à présent que nous devons supporter nous-mêmes ces souffrances, quelle valeur auraient nos paroles, si cela ne se confirmait par des actes ?

 Il fut libéré, le jour de l'Immaculée Conception, le 8 décembre 1939, et retourna au couvent, pour garder le matériel. Ce couvent était désormais vidé d'une grande partie de ses occupants. Le Père Kolbe, libéré lui-aussi, abrita dans la Cité de l'Immaculée, où l'on ne pouvait plus publier, des foules de personnes déplacées, qui venaient en majorité de la région de Poznan. Le jeune Père Bartosik aida à l'organisation de cette nouvelle structure...

Il y avait trois mille personnes, parmi lesquelles deux mille Juifs, chassés de chez eux, et dont le pouvoir allemand ne savait que faire pour l'instant... En plus de l'organisation matérielle (ateliers de réparations et ateliers de couture, pour procurer du travail, etc...), les Franciscains mirent en place aussi l'adoration perpétuelle à l'église moderne du couvent, qui était encore ouverte.

A nouveau, le père Pius fut arrêté par la Gestapo, le 17 février 1941, avec le Père Kolbe, le Père Bajewski et deux autres religieux. Les Allemands avaient décidé de vider définitivement le couvent. Les Religieux furent détenus à la prison de la rue Pawiak à Varsovie ; le 4 avril 1941, en pleine Semaine Sainte, certains (dont Pius) furent déportés à Auschwitz ; le Père Kolbe les rejoindra le 25 mai.

Pius, qui portait le numéro 12832, fut assigné aux travaux forcés, à la construction, souffrant des violences que lui imposaient les gardiens ; malade, blessé à la jambe, il fut finalement destiné à l'hôpital du camp, où il continua de soutenir ses compagnons d'infortune, aussi bien physiquement que moralement. On l’appelait l’apôtre de la souffrance. Là aussi, il donna le sacrement de la confession.

C’est lui qui put le premier annoncer la mort du Père Maksymilian Kolbe, avenue au soir du 14 août 1941.

Il mourut à l'infirmerie, après avoir reçu les derniers sacrements, dans la nuit du 12 au 13 décembre 1941.

Béatifié en 1999, il est inscrit le 12 décembre au Martyrologe Romain.

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