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16 décembre 2019 1 16 /12 /décembre /2019 00:00

16 DÉCEMBRE

 

-VI.

S Aggée, un des “Douze petits Prophètes” de l’Ecriture. 

SS Ananias, Azarias et Misael, les trois enfants qui échappèrent au feu de la fournaise à Babylone (cf. Da : 3).

VI.

S Beanus, mystérieux ermite en Irlande.

IX.

S Evrard, comte de Frioul, protecteur de l'abbaye de Cysoing ; il eut sept enfants de sa femme, Gisèle, elle-même fille de Louis le Pieux.

S Adon, moine bénédictin, évêque à Vienne, surtout connu pour son martyrologe.

X.

Ste Adélaïde, burgonde, deux fois veuve, impératrice de Germanie ; grande protectrice de Cluny ; c'est grâce à son influence que Hugues Capet monta sur le trône de France.

XI.

S Macario, moine en Lucanie, qui dirigeait très humblement plusieurs monastères.

XV.

B Salvatico (Sebastiano) Maggi, dominicain italien mort à Gênes ; son corps est resté intact.

XVIII.

Bse Marianna Fontanella (Marie des Anges), carmélite à Turin ; elle eut une intense vie de mortification.

XIX.    

B Gim Won-jung Stephanus, laïc coréen martyr, par pendaison, béatifié en 2014.

XX.

B Clemente Marchisio (1833-1903), prêtre italien, très zélé pour l'Eucharistie, fondateur des Filles de Saint-Joseph, pour la confection des hosties et des ornements, béatifié en 1984. 

B Florentyn Wacław Koźmiński (Honorat de Biała, 1829-1916), capucin à Varsovie, ministre assidu du sacrement de la Réconciliation, fondateur de vingt-sept congrégations religieuses, béatifié en 1988.

B Filip Siphong Onphithakt (1907-1940), catéchiste thaïlandais, martyr, béatifié en 1989.

B Jean Wauthier (1926-1967), prêtre français des Oblats de Marie Immaculée, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Aggée prophète
6e siècle avant Jésus-Christ

Le prophète Aggée est historiquement un des derniers «petits Prophètes», un de ceux qui annoncèrent et vécurent la restauration du Temple après l’exil à Babylone. 
Le nom d’Aggée, calqué sur l’hébreu, signifie mes fêtes, Aggée étant un de ceux qui, fidèle à Dieu, célèbre les fêtes de la Loi. Saint Jérôme commente ainsi le premier verset de cette prophétie, disant que si Dieu a remis «dans la main» d’Aggée sa parole, c’est que celui-ci a les mains pures. 
D’après des traditions, Aggée aurait pu être un prêtre, né à Babylone, revenu encore jeune à Jérusalem ou même ayant prophétisé à Babylone avant le retour d’exil.
Les premiers Juifs rentrés à Jérusalem s’étaient un peu découragés devant les ruines du Temple : Aggée, et Zacharie après lui, viennent au nom de Dieu réveiller leur ardeur. Le Temple sera reconstruit et, s’il n’a pas la splendeur de celui de Salomon, il demeure l’emblème du peuple Juif.
Ce livre très bref - il n’a que deux chapitres - est daté précisément de l’an 2 de Darius, soit 520 avant Jésus-Christ.
Aggée est fêté en Orient comme en Occident le 16 décembre.


Ananias, Azarias, Misaël
6e siècle avant Jésus-Christ

Quand Nabuchodonosor eut ordonné la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ, il se trouvait parmi eux trois compagnons de Daniel, Ananias, Azarias et Misaël.
Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.
Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.
Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.
David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.
Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.
C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.
Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.
Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.


Beanus ermite
6e siècle

Beanus nous pose beaucoup de problèmes.
Qu’il fût Irlandais, semble acquis. Mais duquel des maints Beanus s’agit-il ?
Son nom, Beóán, est habituellement transcrit, comme ici, Beanus, mais aussi Beoanus et Beyn.
Pour certains historiens, il s’agirait du premier évêque de Mortlach, nommé au 11e siècle par le pape Benoît VIII, sous le roi Máel Coluim II d’Ecosse. Mais on a rencontré celui-ci le 26 octobre.
Il s’agirait donc d’un autre Beanus, que le Martyrologe Romain décrit comme ermite.
Ce pourrait être Mo-Beoc de Loch Garman (Wexford), ou bien de Loch Gerg (Lough Derg). 
Ce dernier Beanus, ou Beoc (ou Beog, Mobheoc, Dabeoc) pourrait être un abbé d’origine royale du Pays de Galles, né à la fin du 5e siècle, ayant eu pour père Brecan, fils d’un prince d’origine irlandaise, et pour mère Marcella (ou Digna), fille d’un prince Theodoric de Gartmartrin.
Beanus aurait été le benjamin de dix frères et huit sœurs.
Il se serait réfugié en Irlande pour éviter les guerres incessantes de son pays et serait devenu ainsi l’ermite de Lough Derg (Co Donegal).
L’arrivée d’autres ermites qui voulaient se joindre à lui, donna lieu à un petit monastère, où se serait arrêté s.Patrice (v. 17 mars).
Il aurait prédit l’arrivée d’un autre grand Saint, Colmcille (Colum Cille, v. 9 juin).
Beanus serait mort au début du 6e siècle.
Saint Beanus, ermite, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Evrard, comte de Frioul
† 867

Evrard appartenait à une des plus puissantes familles de l’époque carolingienne. Son père, Unroch, grand dignitaire de la cour de Charlemagne, était mort moine à l’abbaye de Saint-Bertin ; son frère Bérenger fut marquis de Toulouse ; son autre frère, Adalard, fut abbé de Saint-Bertin et de Saint-Amand ; son épouse, Gisèle, était la fille de Louis le Pieux.
C’est dire combien Evrard possédait de domaines. En outre, Lothaire 1er le créa duc de Frioul, un territoire de position stratégique importante.
Evrard joua un grand rôle dans la politique de Louis le Pieux et de Lothaire, qu’il servit loyalement. 
C’est dans le Frioul que vint se réfugier le moine Gottschalck, chassé en 846 de son diocèse de Vérone pour ses écrits dangereux sur la prédestination ; Evrard, fidèle à l’Eglise, le fit partir.
C’était grâce à la famille d’Evrard qu’avait été fondée l’abbaye de Cysoing et Evrard y fit venir des reliques du pape s.Calliste (v. 14 octobre) et en confia les terres à la protection de l’un de ses fils, Adalard.
Evrard et Gisèle eurent sept enfant, quatre garçons et trois filles. Unroch, l’aîné, succéda à son père, puis Bérenger, le cadet, qui fut couronné roi d’Italie et empereur en 915 ; Adalard, puis Rodolphe, furent abbés de Cysoing ; les filles s’appelèrent Engeltrude, Judith et Edwige.
Le testament d’Evrard, rédigé en 867, parle entre mille choses précieuses, de quatre psautiers, dont l’un se trouve à la Bibliothèque vaticane.
Ce pieux personnage mourut le 16 décembre 867, en son château de Musiestro (Trévise).
Saint Evrard, comte, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adon de Vienne
800-875

Où est né, vers 800, Adon ? On répondra qu’il descendait d’une famille noble, mais on hésite à situer sa naissance en Gâtinais ou en Bourgogne.
Toujours est-il que sa famille le confia très tôt à Sigulfe, l’abbé de Ferrières-en-Gâtinais. 
Il y serait devenu moine, mais obtint en 841 la permission de se rendre à Prüm (Trèves), où le désirait Marcward, l’abbé de cette autre abbaye, pour y enseigner.
En 853, il vint à Grenoble, puis à Lyon. C’est à ce moment qu’il se livra à la compilation de son très fameux Martyrologe, pour l’appréciation duquel on pourra consulter bien d’autres études. Ce ne fut pas l’unique travail d’Adon, qui écrivit aussi une Vie de s.Didier et une autre de s.Theodarius (v. 23 mai et 29 octobre), que les spécialistes n’apprécient pas beaucoup, car Adon ne se préoccupait pas suffisamment d’appliquer la méthode rigoureuse de nos historiens modernes.
Certains affirment qu’Adon fit un voyage à Rome, à Ravenne, et qu’au retour il aurait été nommé curé d’une paroisse de Lyon : tout cela n’est pas sûr, tout en restant possible. Ce qui reste le plus étonnant, est que ce moine soit resté si longtemps en-dehors de son abbaye. On a là-dessus une lettre de l’abbé lui-même qui affirme lui avoir donné une permission en règle pour aller s’informer (ou enseigner), à Prüm et à Lyon. C’est parce que ce même abbé ne mentionne pas Rome ni Ravenne, qu’on doute qu’Adon y fût allé.
En 859 il fut élu cinquante-deuxième évêque de Vienne (Dauphiné, France). 
C’est durant cet épiscopat qu’Adon rédigea une autre œuvre importante, sa Chronique ou histoire universelle, qui recouvre toute l’histoire de l’Ancien Testament et s’achève en 867. Là encore, la méthode d’Adon laisse à désirer ; Adon s’y montre certainemenet érudit, passionné de lectures nombreuses, mais pas assez soucieux de composer son ouvrage, de résoudre les difficultés chronologiques ou d’éliminer les détails inutiles. C’est ainsi que, voulant rattacher absolument le premier évêque de Vienne à s.Paul, il étale sur cinq siècles les trois premiers évêques de son diocèse.
En 860, il participa au concile de Tousy. Peu après, il reçut du pape une lettre dans laquelle le pontife le félicitait et l’encourageait à lutter contre plusieurs vices de l’époque : le divorce, le concubinage, l’usurpation par des laïques des biens de l’Eglise. C’est ainsi qu’il dut présenter un reproche sévère à Lothaire II pour son divorce et son remariage, exigeant de lui de reprendre son épouse légitime.
Lothaire II ne modifia pas sa conduite ; en 867, Adon le rappela encore à l’ordre, jusqu’à proclamer son ralliement officiel à Charles le Chauve.
Adon convoqua un autre concile à Vienne en 870.
C’est finalement plus dans son action proprement pastorale qu’Adon montra sa fidélité et sa sainteté. Il mourut le 16 décembre 875, et fut vénéré dès le 11e siècle.
Saint Adon de Vienne est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adélaïde impératrice
931-999

Elle naquit en 931 à Orbe (Vaud, Suisse), aînée des trois anfants (avec Conrad et Rodolphe) de Rodolphe II, roi de Bourgogne et de Berthe de Souabe.
A la mort de Rodolphe II, Hugues d’Arles dota d’une rente la veuve Berthe et sa fille Adélaïde. Hugues épousa Berthe, et Adélaïde Lothaire d’Arles, le fils d’Hugues.
Quand Lothaire succéda à son père (947), il n’avait plus guère d’autorité sur le peuple, mais Adélaïde se montra bonne et généreuse pour tous. Or, Lothaire mourut très jeune (950) et la jeune reine était veuve à dix-neuf ans, avec une petite fille, Emma (cette Emma qui devait plus tard (965) épouser le roi de France Lothaire). Adélaïde devenait ainsi la belle-mère du roi de France, et la grand-mère du futur Louis V, dit le Fainéant (surnom qui fut donné plus tard à ce jeune roi, mort prématurément après un an de règne).
Derrière ces événements se profilait en réalité un assassinat prémédité : le marquis d’Ivrée, Bérenger, aurait donné l’ordre d’empoisonner Lothaire pour s’emparer de son royaume. Pire : il proposait maintenant à Adélaïde d’épouser son fils Adalbert.
Evidemment, Adélaïde refusa. Béranger la fit arrêter, maltraiter et brutaliser à coups de pieds et de poings, et enfermer au château de Garde (Italie), après lui avoir fait raser la tête.
Au bout de quatre mois, l’évêque et un prêtre l’aidèrent à s’évader. Après s’être perdue un jour et demi, elle fut recueillie et guidée par un brave pêcheur pour retrouver le chemin vers Canossa, et gagna Reggio.
Son frère Conrad, informé de la situation, implora l’aide du roi de Germanie, Otton 1er, qui fut ravi d’avoir un motif de descendre en Italie : en septembre 951, il prenait Pavie et s’y faisait couronner roi d’Italie ; il obligea les persécuteurs de la pauvre reine à rendre hommage à leur victime : non seulement Adélaïde eut la magnanimité de leur pardonner totalement, mais elle s’employa à leur faire restituer les biens perdus par eux durant la guerre ; cette attitude si profondément chrétienne lui valut l’estime générale.
Puis Otton Ier lui envoya une délégation pour lui demander sa main : le mariage eut lieu vers Noël 951.
En 952, Adélaïde et sa mère Berthe suivaient Otton en Allemagne. Berthe fut installée au sud de Strasbourg, où se situe l’abbaye d’Erstein ; le domaine personnel d’Adélaïde se situa au nord de Strasbourg.
Adélaïde eut quatre enfants, dont deux moururent en bas âge. En 962, Otton et elle furent couronnés à Rome empereur et impératrice. Otton mourut en 973.
Sous le gouvernement de son fils, Otton II, qui avait épousé une princesse grecque, Theophano, Adélaïde eut à épauler judicieusement le nouvel empereur, surtout pour les populations slaves et leur évangélisation.
En 972, elle restaura un monastère à Pavie, qu’elle plaça sous la juridiction de Cluny.
Mais Théophano ne s’entendait pas vraiment avec sa belle-mère : Adélaïde quitta la cour en 978 et trouva un bon accueil auprès de son frère Conrad. En même temps, elle retrouvait la quiétude de s’occuper pleinement dans les bonnes œuvres, qu’elle préférait de beaucoup aux affaires de l’Etat.
En Bourgogne, elle fut paternellement guidée par l’abbé de Cluny, Mayeul. Son rythme de vie fut celui-ci : passer plusieurs heures chaque jour à la méditation ; prendre soin des pauvres et des malheureux ; faire des pèlerinages, bâtir des églises et des monastères.
Pendant une dizaine d’années, Adélaïde put jouir d’une relative paix. Elle combla de ses attentions le monastère de Payerne (Suisse), qui avait été fondé par sa mère Berthe et dont son frère Rodolphe était un grand bienfaiteur. Elle fonda aussi le monastère de Saint-Martin de Tours.
En 980, il se fit une réconciliation entre Adélaïde, son fils Otton II et Théophano, grâce aux bons soins de Conrad et de l’abbé de Cluny. On se retrouva à Pavie, et, l’année suivante, à Rome. Mais Otton II mourut dès 983 ; le petit Otton III n’avait que trois ans, et Théophano exerça la régence. Par la suite, il y eut beaucoup de frottements entre Théophano et Adélaïde.
Après la mort de Lothaire (986), Adélaïde eut à s’occuper des affaires de France. Lothaire de France avait fait couronner son fils, Louis V, dès 979, mais ce dernier ne survécut qu’un an à son père et mourut en 987 sans héritier. Il fut le dernier roi carolingien. C’est alors qu’Adélaïde jugea opportun de soutenir l’élection d’Hugues Capet : elle favorisait ainsi l’essor de la maison de France, sans opportuner celle d’Allemagne.
En 987, Adélaïde fonda le monastère de Seltz, qu’elle affilia à l’ordre de Cluny. Elle avait une prédilection pour l’ordre bénédictin et particulièrement pour l’abbaye de Cluny, et c’est à l’abbé Mayeul de Cluny (v. 11 mai) qu’elle demanda de réformer plusieurs monastères.
Théophano mourut à son tour en 991. Le jeune Otton III n’ayant que onze ans, Adélaïde exerça la régence pendant trois ans et, en 994, se retira en Bourgogne, où régnait cette fois-ci Rodolphe III : elle intervint encore pour mettre la paix entre les seigneurs.
Toute sa vie, Adélaïde fut un artisan de paix, de concorde, de bonté. Son témoignage est celui d’une femme au service de l’Eglise.
Divinement avertie de la fin de ses jours, elle voulut revoir les lieux où elle était intervenue. A Payerne, où les pièces qu’elle distribuait furent multipliées ; à Saint-Maurice d’Agaune, Genève, Saint-Martin de Tours où l’on allait relever l’église incendiée et où elle rencontra Odilon de Cluny (v. 1er janvier).
De retour à Seltz, elle y mourut, le 16 décembre 999, et y fut enterrée.
L’impératrice Adélaïde fut canonisée en 1097.
Trois siècles plus tard, une grave inondation emporta son tombeau.
Le dies natalis d’Adélaïde est marqué au 16 décembre dans le Martyrologe.


Macario de Collesano
† 1005

Macario naquit à Collesano (Palermo, Sicile), de ses saints parents, Cristoforo (v. 17 déc.) et Kalli, et eut un frère, Saba (v. 5 fév.).
Au dixième siècle, la Sicile était encore sous occupation arabe. Macario et Saba, ainsi que leur mère, suivirent leur père dans son désir de se retirer dans un genre de vie érémitique. En 941, fuyant une épidémie de peste, ils vinrent sur le mont Mercurion ; ils s’établirent successivement à Laino Castello, puis à Ssan Lorenzo sul Sinni, où mourut Cristoforo (990).
Macario vécut dans une grande humilité, tout en dirigeant en toute simplicité beaucoup de moines qui s’étaient mis déjà sous la direction de Cristoforo.
Il mourut à Oliveto Citra en 1005.
Il est invoqué par la population pour des cas de possession diabolique, pour les cultures.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Macario de Collesano au 16 décembre.

Aggée prophète

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Le prophète Aggée est historiquement un des derniers «petits Prophètes», un de ceux qui annoncèrent et vécurent la restauration du Temple après l’exil à Babylone. 

Le nom d’Aggée, calqué sur l’hébreu, signifie mes fêtes, Aggée étant un de ceux qui, fidèle à Dieu, célèbre les fêtes de la Loi. Saint Jérôme commente ainsi le premier verset de cette prophétie, disant que si Dieu a remis «dans la main» d’Aggée sa parole, c’est que celui-ci a les mains pures. 

D’après des traditions, Aggée aurait pu être un prêtre, né à Babylone, revenu encore jeune à Jérusalem ou même ayant prophétisé à Babylone avant le retour d’exil.

Les premiers Juifs rentrés à Jérusalem s’étaient un peu découragés devant les ruines du Temple : Aggée, et Zacharie après lui, viennent au nom de Dieu réveiller leur ardeur. Le Temple sera reconstruit et, s’il n’a pas la splendeur de celui de Salomon, il demeure l’emblème du peuple Juif.

Ce livre très bref - il n’a que deux chapitres - est daté précisément de l’an 2 de Darius, soit 520 avant Jésus-Christ.

Aggée est fêté en Orient comme en Occident le 16 décembre.

 

 

Ananias, Azarias, Misaël

6e siècle avant Jésus-Christ

 

Quand Nabuchodonosor eut ordonné la déportation des Juifs à Babylone vers 600 avant Jésus-Christ, il se trouvait parmi eux trois compagnons de Daniel, Ananias, Azarias et Misaël.

Le roi babylonien voulut former de jeunes gens dans la science et les langues, et nos quatre héros furent les élus.

Ils reçurent respectivement les noms de Baltassar, Shadrac, Meshac et Abed Nego.

Ils commencèrent par conserver leur régime végétarien, sans manger ce qui venait de la table du roi, et on leur vit une meilleure mine que les autres.

David fut ensuite appelé à interpréter un songe du roi : après avoir prié, il le lui expliqua,  ce qui lui valut d’être très considéré à la cour, ainsi que ses amis.

Puis Nabuchodonosor voulut faire adorer une grande statue païenne : les trois jeunes gens s’y refusèrent obstinément et furent condamnés à brûler dans une fosse ardente : tandis que les hommes qui y menaient les trois condamnés, furent brûlés à mort par les flammes, les trois jeunes gens ne reçurent aucun mal, même pas l’odeur de feu, car un ange vint rafraîchir la fosse.

C’est dans cette fosse qu’Azarias, alias Abed Nego, chanta un long psaume de pénitence, implorant la miséricorde de Dieu sur les péchés de son peuple. Puis, rafraîchis par la présence de l’ange, ils chantèrent ce cantique de bénédiction au Seigneur, repris au bréviaire pendant les Laudes du dimanche et des fêtes.

Ces deux cantiques se trouvent seulement dans la version grecque de la Bible, dite «des Septante». Le livre de Daniel poursuit ensuite l’action prophétique de Daniel, sans plus nommer ses trois amis, Ananias, Azarias et Misaël.

Les Trois jeunes gens avaient été inscrits au Martyrologe romain le 16 décembre, mais n’y ont pas été maintenus dans la dernière édition. Ils sont aussi invoqués dans la Recommandation de l’âme, pour avoir été libérés du feu, et on leur recommande de libérer l’âme du défunt des «flammes» éternelles.

Beanus ermite

6e siècle

 

Beanus nous pose beaucoup de problèmes.

Qu’il fût Irlandais, semble acquis. Mais duquel des maints Beanus s’agit-il ?

Son nom, Beóán, est habituellement transcrit, comme ici, Beanus, mais aussi Beoanus et Beyn.

Pour certains historiens, il s’agirait du premier évêque de Mortlach, nommé au 11e siècle par le pape Benoît VIII, sous le roi Máel Coluim II d’Ecosse. Mais on a rencontré celui-ci le 26 octobre.

Il s’agirait donc d’un autre Beanus, que le Martyrologe Romain décrit comme ermite.

Ce pourrait être Mo-Beoc de Loch Garman (Wexford), ou bien de Loch Gerg (Lough Derg). 

Ce dernier Beanus, ou Beoc (ou Beog, Mobheoc, Dabeoc) pourrait être un abbé d’origine royale du Pays de Galles, né à la fin du 5e siècle, ayant eu pour père Brecan, fils d’un prince d’origine irlandaise, et pour mère Marcella (ou Digna), fille d’un prince Theodoric de Gartmartrin.

Beanus aurait été le benjamin de dix frères et huit sœurs.

Il se serait réfugié en Irlande pour éviter les guerres incessantes de son pays et serait devenu ainsi l’ermite de Lough Derg (Co Donegal).

L’arrivée d’autres ermites qui voulaient se joindre à lui, donna lieu à un petit monastère, où se serait arrêté s.Patrice (v. 17 mars).

Il aurait prédit l’arrivée d’un autre grand Saint, Colmcille (Colum Cille, v. 9 juin).

Beanus serait mort au début du 6e siècle.

Saint Beanus, ermite, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Evrard, comte de Frioul

† 867

 

Evrard appartenait à une des plus puissantes familles de l’époque carolingienne. Son père, Unroch, grand dignitaire de la cour de Charlemagne, était mort moine à l’abbaye de Saint-Bertin ; son frère Bérenger fut marquis de Toulouse ; son autre frère, Adalard, fut abbé de Saint-Bertin et de Saint-Amand ; son épouse, Gisèle, était la fille de Louis le Pieux.

C’est dire combien Evrard possédait de domaines. En outre, Lothaire 1er le créa duc de Frioul, un territoire de position stratégique importante.

Evrard joua un grand rôle dans la politique de Louis le Pieux et de Lothaire, qu’il servit loyalement. 

C’est dans le Frioul que vint se réfugier le moine Gottschalck, chassé en 846 de son diocèse de Vérone pour ses écrits dangereux sur la prédestination ; Evrard, fidèle à l’Eglise, le fit partir.

C’était grâce à la famille d’Evrard qu’avait été fondée l’abbaye de Cysoing et Evrard y fit venir des reliques du pape s.Calliste (v. 14 octobre) et en confia les terres à la protection de l’un de ses fils, Adalard.

Evrard et Gisèle eurent sept enfant, quatre garçons et trois filles. Unroch, l’aîné, succéda à son père, puis Bérenger, le cadet, qui fut couronné roi d’Italie et empereur en 915 ; Adalard, puis Rodolphe, furent abbés de Cysoing ; les filles s’appelèrent Engeltrude, Judith et Edwige.

Le testament d’Evrard, rédigé en 867, parle entre mille choses précieuses, de quatre psautiers, dont l’un se trouve à la Bibliothèque vaticane.

Ce pieux personnage mourut le 16 décembre 867, en son château de Musiestro (Trévise).

Saint Evrard, comte, est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adon de Vienne

800-875

 

Où est né, vers 800, Adon ? On répondra qu’il descendait d’une famille noble, mais on hésite à situer sa naissance en Gâtinais ou en Bourgogne.

Toujours est-il que sa famille le confia très tôt à Sigulfe, l’abbé de Ferrières-en-Gâtinais. 

Il y serait devenu moine, mais obtint en 841 la permission de se rendre à Prüm (Trèves), où le désirait Marcward, l’abbé de cette autre abbaye, pour y enseigner.

En 853, il vint à Grenoble, puis à Lyon. C’est à ce moment qu’il se livra à la compilation de son très fameux Martyrologe, pour l’appréciation duquel on pourra consulter bien d’autres études. Ce ne fut pas l’unique travail d’Adon, qui écrivit aussi une Vie de s.Didier et une autre de s.Theodarius (v. 23 mai et 29 octobre), que les spécialistes n’apprécient pas beaucoup, car Adon ne se préoccupait pas suffisamment d’appliquer la méthode rigoureuse de nos historiens modernes.

Certains affirment qu’Adon fit un voyage à Rome, à Ravenne, et qu’au retour il aurait été nommé curé d’une paroisse de Lyon : tout cela n’est pas sûr, tout en restant possible. Ce qui reste le plus étonnant, est que ce moine soit resté si longtemps en-dehors de son abbaye. On a là-dessus une lettre de l’abbé lui-même qui affirme lui avoir donné une permission en règle pour aller s’informer (ou enseigner), à Prüm et à Lyon. C’est parce que ce même abbé ne mentionne pas Rome ni Ravenne, qu’on doute qu’Adon y fût allé.

En 859 il fut élu cinquante-deuxième évêque de Vienne (Dauphiné, France). 

C’est durant cet épiscopat qu’Adon rédigea une autre œuvre importante, sa Chronique ou histoire universelle, qui recouvre toute l’histoire de l’Ancien Testament et s’achève en 867. Là encore, la méthode d’Adon laisse à désirer ; Adon s’y montre certainemenet érudit, passionné de lectures nombreuses, mais pas assez soucieux de composer son ouvrage, de résoudre les difficultés chronologiques ou d’éliminer les détails inutiles. C’est ainsi que, voulant rattacher absolument le premier évêque de Vienne à s.Paul, il étale sur cinq siècles les trois premiers évêques de son diocèse.

En 860, il participa au concile de Tousy. Peu après, il reçut du pape une lettre dans laquelle le pontife le félicitait et l’encourageait à lutter contre plusieurs vices de l’époque : le divorce, le concubinage, l’usurpation par des laïques des biens de l’Eglise. C’est ainsi qu’il dut présenter un reproche sévère à Lothaire II pour son divorce et son remariage, exigeant de lui de reprendre son épouse légitime.

Lothaire II ne modifia pas sa conduite ; en 867, Adon le rappela encore à l’ordre, jusqu’à proclamer son ralliement officiel à Charles le Chauve.

Adon convoqua un autre concile à Vienne en 870.

C’est finalement plus dans son action proprement pastorale qu’Adon montra sa fidélité et sa sainteté. Il mourut le 16 décembre 875, et fut vénéré dès le 11e siècle.

Saint Adon de Vienne est commémoré le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

 

 

Adélaïde impératrice

931-999

 

Elle naquit en 931 à Orbe (Vaud, Suisse), aînée des trois anfants (avec Conrad et Rodolphe) de Rodolphe II, roi de Bourgogne et de Berthe de Souabe.

A la mort de Rodolphe II, Hugues d’Arles dota d’une rente la veuve Berthe et sa fille Adélaïde. Hugues épousa Berthe, et Adélaïde Lothaire d’Arles, le fils d’Hugues.

Quand Lothaire succéda à son père (947), il n’avait plus guère d’autorité sur le peuple, mais Adélaïde se montra bonne et généreuse pour tous. Or, Lothaire mourut très jeune (950) et la jeune reine était veuve à dix-neuf ans, avec une petite fille, Emma (cette Emma qui devait plus tard (965) épouser le roi de France Lothaire). Adélaïde devenait ainsi la belle-mère du roi de France, et la grand-mère du futur Louis V, dit le Fainéant (surnom qui fut donné plus tard à ce jeune roi, mort prématurément après un an de règne).

Derrière ces événements se profilait en réalité un assassinat prémédité : le marquis d’Ivrée, Bérenger, aurait donné l’ordre d’empoisonner Lothaire pour s’emparer de son royaume. Pire : il proposait maintenant à Adélaïde d’épouser son fils Adalbert.

Evidemment, Adélaïde refusa. Béranger la fit arrêter, maltraiter et brutaliser à coups de pieds et de poings, et enfermer au château de Garde (Italie), après lui avoir fait raser la tête.

Au bout de quatre mois, l’évêque et un prêtre l’aidèrent à s’évader. Après s’être perdue un jour et demi, elle fut recueillie et guidée par un brave pêcheur pour retrouver le chemin vers Canossa, et gagna Reggio.

Son frère Conrad, informé de la situation, implora l’aide du roi de Germanie, Otton 1er, qui fut ravi d’avoir un motif de descendre en Italie : en septembre 951, il prenait Pavie et s’y faisait couronner roi d’Italie ; il obligea les persécuteurs de la pauvre reine à rendre hommage à leur victime : non seulement Adélaïde eut la magnanimité de leur pardonner totalement, mais elle s’employa à leur faire restituer les biens perdus par eux durant la guerre ; cette attitude si profondément chrétienne lui valut l’estime générale.

Puis Otton Ier lui envoya une délégation pour lui demander sa main : le mariage eut lieu vers Noël 951.

En 952, Adélaïde et sa mère Berthe suivaient Otton en Allemagne. Berthe fut installée au sud de Strasbourg, où se situe l’abbaye d’Erstein ; le domaine personnel d’Adélaïde se situa au nord de Strasbourg.

Adélaïde eut quatre enfants, dont deux moururent en bas âge. En 962, Otton et elle furent couronnés à Rome empereur et impératrice. Otton mourut en 973.

Sous le gouvernement de son fils, Otton II, qui avait épousé une princesse grecque, Theophano, Adélaïde eut à épauler judicieusement le nouvel empereur, surtout pour les populations slaves et leur évangélisation.

En 972, elle restaura un monastère à Pavie, qu’elle plaça sous la juridiction de Cluny.

Mais Théophano ne s’entendait pas vraiment avec sa belle-mère : Adélaïde quitta la cour en 978 et trouva un bon accueil auprès de son frère Conrad. En même temps, elle retrouvait la quiétude de s’occuper pleinement dans les bonnes œuvres, qu’elle préférait de beaucoup aux affaires de l’Etat.

En Bourgogne, elle fut paternellement guidée par l’abbé de Cluny, Mayeul. Son rythme de vie fut celui-ci : passer plusieurs heures chaque jour à la méditation ; prendre soin des pauvres et des malheureux ; faire des pèlerinages, bâtir des églises et des monastères.

Pendant une dizaine d’années, Adélaïde put jouir d’une relative paix. Elle combla de ses attentions le monastère de Payerne (Suisse), qui avait été fondé par sa mère Berthe et dont son frère Rodolphe était un grand bienfaiteur. Elle fonda aussi le monastère de Saint-Martin de Tours.

En 980, il se fit une réconciliation entre Adélaïde, son fils Otton II et Théophano, grâce aux bons soins de Conrad et de l’abbé de Cluny. On se retrouva à Pavie, et, l’année suivante, à Rome. Mais Otton II mourut dès 983 ; le petit Otton III n’avait que trois ans, et Théophano exerça la régence. Par la suite, il y eut beaucoup de frottements entre Théophano et Adélaïde.

Après la mort de Lothaire (986), Adélaïde eut à s’occuper des affaires de France. Lothaire de France avait fait couronner son fils, Louis V, dès 979, mais ce dernier ne survécut qu’un an à son père et mourut en 987 sans héritier. Il fut le dernier roi carolingien. C’est alors qu’Adélaïde jugea opportun de soutenir l’élection d’Hugues Capet : elle favorisait ainsi l’essor de la maison de France, sans opportuner celle d’Allemagne.

En 987, Adélaïde fonda le monastère de Seltz, qu’elle affilia à l’ordre de Cluny. Elle avait une prédilection pour l’ordre bénédictin et particulièrement pour l’abbaye de Cluny, et c’est à l’abbé Mayeul de Cluny (v. 11 mai) qu’elle demanda de réformer plusieurs monastères.

Théophano mourut à son tour en 991. Le jeune Otton III n’ayant que onze ans, Adélaïde exerça la régence pendant trois ans et, en 994, se retira en Bourgogne, où régnait cette fois-ci Rodolphe III : elle intervint encore pour mettre la paix entre les seigneurs.

Toute sa vie, Adélaïde fut un artisan de paix, de concorde, de bonté. Son témoignage est celui d’une femme au service de l’Eglise.

Divinement avertie de la fin de ses jours, elle voulut revoir les lieux où elle était intervenue. A Payerne, où les pièces qu’elle distribuait furent multipliées ; à Saint-Maurice d’Agaune, Genève, Saint-Martin de Tours où l’on allait relever l’église incendiée et où elle rencontra Odilon de Cluny (v. 1er janvier).

De retour à Seltz, elle y mourut, le 16 décembre 999, et y fut enterrée.

L’impératrice Adélaïde fut canonisée en 1097.

Trois siècles plus tard, une grave inondation emporta son tombeau.

Le dies natalis d’Adélaïde est marqué au 16 décembre dans le Martyrologe.

Salvatico Maggi

1414-1496

 

Salvatico naquit à Brescia (Italie N) en 1414, de Falco (ou Folco). La famille, bien connue, appartenait à la noblesse.

Il entra à quinze ans chez les Dominicains de sa ville natale et prit le nom de Sebastiano ; il fut envoyé à Padoue pour ses études.

Les sources ne concordent pas exactement sur ses déplacements et ses charges successives. On l’a dit prieur à Brescia, mais aussi à Bergame et à Bologne, ainsi qu’à Mantoue.

A Bologne, il fut le maître des novices de Girolamo Savonarola.

En 1470, il fut présent au chapitre général de Mantoue et à celui d’Avignon. En Avignon, on avait déposé le vicaire de la région lombarde, et Sebastiano en appela au pape de cette décision qui lui paraissait injuste.

En 1477, il était prieur à Brescia puis, en 1479 à Milan. Appuyé par la maison des Sforza, il y fit construire un nouveau couvent, plus accessible. 

Sebastiano s’efforça de gagner à la réforme de l’Observance beaucoup de couvents de la région lombarde.

En 1481, il fut nommé vicaire pour toute la Lombardie. Il obtint durant cette période la confirmation de tous les privilèges accordés par le Vatican à l’Ordre dominicain.

En 1482, il présidait le chapitre de Reggio Emilia, où fut approuvée la réunion du monastère romain de Sainte-Sabine à la congrégation lombarde.

Entre 1485 et 1489, il fut prieur à Crémone, où il réussit la difficile mission d’implanter la réforme de l’Observance. Puis en 1489, il fut de nouveau prieur à Milan et réunit à l’Observance le couvent de Lodi. L’opération fut plus difficile pour les couvents du royaume de Naples.

Il fut ensuite prieur à Vicenza, Piacenza et Bologne.

En 1495, élu une seconde fois vicaire pour la Lombardie, il entreprit la visite des couvents de l’Ordre. Cette même année, il fut nommé juge dans une discussion avec Savonarole : ce dernier contestait la réunion de deux couvents toscans (Florence et Fiesole) à l’Observance. Le résultat fut que le pape annula certains sanctions contre Savonarole, mais le problème des deux couvents ne fut pas résolu tout de suite.

Sebastiano était à Gênes à la fin du mois d’août 1496, quand il tomba malade. Il annonça qu’il mourrait dans cette ville, ce qui arriva le 16 décembre 1496.

C’est à Gênes qu’il fut enseveli. Son corps est resté intact. Le culte fut confirmé en 1760.

 

 

Marianna Fontanella

1661-1717

 

Marianna vit le jour le 7 janvier 1661 à Turin (Italie), neuvième des onze enfants de Giovanni Fontanella di Baldissero et de Maria Tana di Santena, une parente de la mère de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Elle s’éprit littéralement de la sainteté de ce lointain parent et chercha bien vite à l’imiter. Elle lutta victorieusement contre l’esprit mondain de la famille et choisit son unique Epoux, le Crucifié.

Elle fut quelque temps éducatrice parmi les Moniales cisterciennes de Saluzzo.

Elle souffrit beaucoup de l’état de l’Europe, des conflits permanents… 

En 1675, mourut son père. Après avoir assisté à l’ostension du Saint-Suaire de Turin, elle désira ardemment entrer dans le couvent des Carmélites, récemment fondé à Turin. Malgré l’aversion de la famille, elle y entra en novembre 1676, et y prit le nom de Maria des Anges.

A Noël 1676, elle fit la profession. Elle se mit sans hésitation sur la route de la sainteté, de la ressemblance avec le Christ. Les Consœurs, puis la population de Turin recherchèrent sa prière, ses conseils. Son ascension spirituelle ne fut pas sans épreuves intérieures : ce fut plutôt une longue lutte contre l’esprit malin.

En 1694, elle fut élue prieure, à trente-trois ans, sur dispense romaine, et fut ensuite réélue trois fois. Elle sera ensuite maîtresse des novices, véritable mère pour les jeunes novices.

A ses prières, Dieu accorda la fin de la guerre entre Piémont et France ; Maria l’avait obtenue en priant saint Joseph. Elle obtint du roi la proclamation de Notre-Dame comme patronne de Turin.

En 1702, elle ouvrit à Moncalieri un nouveau Carmel, dédié à saint Joseph, car celui de Turin est plein. Mais elle ne put s’y transférer, sur l’intervention du roi auprès des Supérieurs carmélites, qui ne voulait pas la voir s’éloigner de Turin.

Quand Turin fut à nouveau assiégée par les Français, en 1706, elle supplia la Sainte Vierge de protéger la ville et, le 7 septembre, veille de la fête de la Nativité de Marie, les troupes françaises furent mises en fuite, comme la Religieuse l’avait annoncé. C’est à la suite de cette grâce que fut érigé le sanctuaire marial de Suberga.

Maria des Anges fut favorisée de dons extraordinaires mystiques, de grâces célestes, de faveurs spéciales de sainte Teresa d’Ávila.

Beaucoup, et jusqu’à la famille royale, vinrent la consulter et lui demander ses lumières, qu’elle recevait d’En-haut.

Elle s’éteignit à Turin le 16 décembre 1717.

Maria des Anges fut béatifiée en 1865.

 

 

Gim Won-jung Stephanus

1813-1866

 

Gim Won-jung Stephanus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Gongju (Chungcheong-do) le 16 décembre 1866 et béatifié en 2014.

 

 

 

Salvatico Maggi

1414-1496

 

Salvatico naquit à Brescia (Italie N) en 1414, de Falco (ou Folco). La famille, bien connue, appartenait à la noblesse.

Il entra à quinze ans chez les Dominicains de sa ville natale et prit le nom de Sebastiano ; il fut envoyé à Padoue pour ses études.

Les sources ne concordent pas exactement sur ses déplacements et ses charges successives. On l’a dit prieur à Brescia, mais aussi à Bergame et à Bologne, ainsi qu’à Mantoue.

A Bologne, il fut le maître des novices de Girolamo Savonarola.

En 1470, il fut présent au chapitre général de Mantoue et à celui d’Avignon. En Avignon, on avait déposé le vicaire de la région lombarde, et Sebastiano en appela au pape de cette décision qui lui paraissait injuste.

En 1477, il était prieur à Brescia puis, en 1479 à Milan. Appuyé par la maison des Sforza, il y fit construire un nouveau couvent, plus accessible. 

Sebastiano s’efforça de gagner à la réforme de l’Observance beaucoup de couvents de la région lombarde.

En 1481, il fut nommé vicaire pour toute la Lombardie. Il obtint durant cette période la confirmation de tous les privilèges accordés par le Vatican à l’Ordre dominicain.

En 1482, il présidait le chapitre de Reggio Emilia, où fut approuvée la réunion du monastère romain de Sainte-Sabine à la congrégation lombarde.

Entre 1485 et 1489, il fut prieur à Crémone, où il réussit la difficile mission d’implanter la réforme de l’Observance. Puis en 1489, il fut de nouveau prieur à Milan et réunit à l’Observance le couvent de Lodi. L’opération fut plus difficile pour les couvents du royaume de Naples.

Il fut ensuite prieur à Vicenza, Piacenza et Bologne.

En 1495, élu une seconde fois vicaire pour la Lombardie, il entreprit la visite des couvents de l’Ordre. Cette même année, il fut nommé juge dans une discussion avec Savonarole : ce dernier contestait la réunion de deux couvents toscans (Florence et Fiesole) à l’Observance. Le résultat fut que le pape annula certains sanctions contre Savonarole, mais le problème des deux couvents ne fut pas résolu tout de suite.

Sebastiano était à Gênes à la fin du mois d’août 1496, quand il tomba malade. Il annonça qu’il mourrait dans cette ville, ce qui arriva le 16 décembre 1496.

C’est à Gênes qu’il fut enseveli. Son corps est resté intact. Le culte fut confirmé en 1760.

 

 

Marianna Fontanella

1661-1717

 

Marianna vit le jour le 7 janvier 1661 à Turin (Italie), neuvième des onze enfants de Giovanni Fontanella di Baldissero et de Maria Tana di Santena, une parente de la mère de saint Luigi Gonzaga (v. 21 juin).

Elle s’éprit littéralement de la sainteté de ce lointain parent et chercha bien vite à l’imiter. Elle lutta victorieusement contre l’esprit mondain de la famille et choisit son unique Epoux, le Crucifié.

Elle fut quelque temps éducatrice parmi les Moniales cisterciennes de Saluzzo.

Elle souffrit beaucoup de l’état de l’Europe, des conflits permanents… 

En 1675, mourut son père. Après avoir assisté à l’ostension du Saint-Suaire de Turin, elle désira ardemment entrer dans le couvent des Carmélites, récemment fondé à Turin. Malgré l’aversion de la famille, elle y entra en novembre 1676, et y prit le nom de Maria des Anges.

A Noël 1676, elle fit la profession. Elle se mit sans hésitation sur la route de la sainteté, de la ressemblance avec le Christ. Les Consœurs, puis la population de Turin recherchèrent sa prière, ses conseils. Son ascension spirituelle ne fut pas sans épreuves intérieures : ce fut plutôt une longue lutte contre l’esprit malin.

En 1694, elle fut élue prieure, à trente-trois ans, sur dispense romaine, et fut ensuite réélue trois fois. Elle sera ensuite maîtresse des novices, véritable mère pour les jeunes novices.

A ses prières, Dieu accorda la fin de la guerre entre Piémont et France ; Maria l’avait obtenue en priant saint Joseph. Elle obtint du roi la proclamation de Notre-Dame comme patronne de Turin.

En 1702, elle ouvrit à Moncalieri un nouveau Carmel, dédié à saint Joseph, car celui de Turin est plein. Mais elle ne put s’y transférer, sur l’intervention du roi auprès des Supérieurs carmélites, qui ne voulait pas la voir s’éloigner de Turin.

Quand Turin fut à nouveau assiégée par les Français, en 1706, elle supplia la Sainte Vierge de protéger la ville et, le 7 septembre, veille de la fête de la Nativité de Marie, les troupes françaises furent mises en fuite, comme la Religieuse l’avait annoncé. C’est à la suite de cette grâce que fut érigé le sanctuaire marial de Suberga.

Maria des Anges fut favorisée de dons extraordinaires mystiques, de grâces célestes, de faveurs spéciales de sainte Teresa d’Ávila.

Beaucoup, et jusqu’à la famille royale, vinrent la consulter et lui demander ses lumières, qu’elle recevait d’En-haut.

Elle s’éteignit à Turin le 16 décembre 1717.

Maria des Anges fut béatifiée en 1865.

 

 

Gim Won-jung Stephanus

1813-1866

 

Gim Won-jung Stephanus est un laïc coréen né en 1813 à Incheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut pendu à Gongju (Chungcheong-do) le 16 décembre 1866 et béatifié en 2014.

 

 

Clemente Marchisio

1833-1903

 

Clemente naquit le 1er mars 1833, à Racconigi (Cuneo, Piémont, Italie) aîné des cinq enfants d’un brave cordonnier.

En même temps que l’école locale, Clemente fréquentait assidument l’église du couvent dominicain toute proche : il y servait la messe chaque jour et à cette école conçut très tôt une grande dévotion envers le Saint-Sacrement et la Sainte Vierge.

Quand on lui parla d’apprendre le métier de son père, il manifesta alors son désir d’être prêtre. Les parents n’y faisaient pas opposition, mais n’avaient pas l’argent nécessaire pour lui payer le séminaire.

Un saint prêtre intervint alors providentiellement et finança les études du garçon.

Clemente fréquenta le séminaire de Bra avec d’excellentes dispositions et d’excellents résultats. Il fut ordonné prêtre à vingt-trois ans, en 1856, avec une dispense d’âge. On signalera ici que l’évêque consacrateur n’était pas celui de Turin, ce dernier étant exilé en France, en raison des mauvais rapports de l’époque entre Eglise et Etat.

Après son ordination, Clemente fréquenta à Turin la Maison Saint-François, dirigée par don Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin), qui préparait ainsi les jeunes prêtres à bien assumer leur mission sacerdotale. Clemente s’y distingua de telle façon que don Cafasso le prit avec lui pour visiter les prisonniers et assister les condamnés à mort. Au bout de deux ans, don Marchisio se sentait tout transformé.

En 1858, il fut nommé vicaire à Cambiano, dont il dut être éloigné pour y avoir dénoncé trop naïvement certaines irrégularités. Il fut nommé à Vigone, puis Rivalba Torinese en 1860.

C’était un petit village isolé, où il allait demeurer pendant presque quarante-quatre ans.

Le jeune prêtre, avec la vivacité de ses jeunes années, dut faire face à l’hostilité de certains paroissiens : on le menaça, on interrompit ses homélies, on le dénonça…

Le matériel qu’il avait accumulé dans le but de construire une nouvelle église, il l’utilisa de préférence pour construire une école élémentaire et une petite usine de textiles, ce qui permit aux jeunes filles de rester sur place au lieu d’aller faire des ménages à Turin.

Cette usine, d’abord confiée à des Religieuses, passa aux plus anciennes des élèves elles-mêmes, ce qui donna naissance à l’institut des Filles de Saint-Joseph (1877). Sans le vouloir, don Clemente devenait (à son tour) fondateur, dans cette Italie (et surtout la région piémontaise) si riche en fondations durant cette fin de 18e siècle.

Don Clemente confia alors à ces Filles la confection d’ornements liturgiques et de tout ce qui devait servir au culte divin : les hosties, le vin de messe en particulier. Une maison s’ouvrit bien vite à Rome, en 1883, et le pape la salua joyeusement en disant : Enfin, Notre-Seigneur a pensé à lui-même !

Peu à peu, les paroissiens comprirent les bonnes intentions de leur curé, si attentif à tous les malades, et qui ouvrait toujours sa porte quand on l’appelait.

Sa dévotion au Saint Sacrement ne fit qu’augmenter ; il confia un jour : Je t’assure, après cinq minutes que je passe en renouvelant ma foi à Jésus dans le Tabernacle, je me sens revigoré, au point que ce qui me semblait trop difficile, me devient tout facile. Il se levait à cinq heures du matin, pour prier longuement avant de célébrer la messe.

Il écrivit un ouvrage où il démontrait combien Satan est puissant à éloigner les gens de l’Eucharistie, et combien au contraire il fallait mettre en honneur la célébration de l’Eucharistie pour les y attirer. C’est pourquoi il ouvrit plusieurs maisons dans toute l’Italie, pour y fabriquer le vin et les hosties avec les meilleurs produits. Son ouvrage, La Très Sainte Eucharistie combattue par le satanisme, il le distribua lui-même aux nombreux participants du Congrès Eucharistique de Turin en 1894.

Envers la Sainte Vierge, il se montrait filialement dévot. Il alla à Lourdes avant de fonder son Institut ; s’il allait à Rome, il s’arrêtait à Loreto (le sanctuaire qui abrite la sainte Maison de Nazareth, d’après la tradition, et qui est aussi fréquenté en Italie que Lourdes en France).

Don Marchisio prêcha de nombreuses retraites pour répandre ces dévotions, surtout l’eucharistique. Il se déplaça dans toute l’Italie, fut reçu par beaucoup d’évêques et de cardinaux.

La célébration de la Messe était «toute (sa) vie» : il la célébra encore au matin du 14 décembre, et s’éteignit dans son presbytère de Rivalba au matin du 16 décembre 1903.

Ses «Filles» étaient déjà plusieurs centaines et le pape leur confia la sacristie de la Basilique Saint-Pierre. Il reconnut et approuva l’Institut dès 1907.

Don Clemente Marchisio fut béatifié en 1984.

Clemente Marchisio

1833-1903

 

Clemente naquit le 1er mars 1833, à Racconigi (Cuneo, Piémont, Italie) aîné des cinq enfants d’un brave cordonnier.

En même temps que l’école locale, Clemente fréquentait assidument l’église du couvent dominicain toute proche : il y servait la messe chaque jour et à cette école conçut très tôt une grande dévotion envers le Saint-Sacrement et la Sainte Vierge.

Quand on lui parla d’apprendre le métier de son père, il manifesta alors son désir d’être prêtre. Les parents n’y faisaient pas opposition, mais n’avaient pas l’argent nécessaire pour lui payer le séminaire.

Un saint prêtre intervint alors providentiellement et finança les études du garçon.

Clemente fréquenta le séminaire de Bra avec d’excellentes dispositions et d’excellents résultats. Il fut ordonné prêtre à vingt-trois ans, en 1856, avec une dispense d’âge. On signalera ici que l’évêque consacrateur n’était pas celui de Turin, ce dernier étant exilé en France, en raison des mauvais rapports de l’époque entre Eglise et Etat.

Après son ordination, Clemente fréquenta à Turin la Maison Saint-François, dirigée par don Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin), qui préparait ainsi les jeunes prêtres à bien assumer leur mission sacerdotale. Clemente s’y distingua de telle façon que don Cafasso le prit avec lui pour visiter les prisonniers et assister les condamnés à mort. Au bout de deux ans, don Marchisio se sentait tout transformé.

En 1858, il fut nommé vicaire à Cambiano, dont il dut être éloigné pour y avoir dénoncé trop naïvement certaines irrégularités. Il fut nommé à Vigone, puis Rivalba Torinese en 1860.

C’était un petit village isolé, où il allait demeurer pendant presque quarante-quatre ans.

Le jeune prêtre, avec la vivacité de ses jeunes années, dut faire face à l’hostilité de certains paroissiens : on le menaça, on interrompit ses homélies, on le dénonça…

Le matériel qu’il avait accumulé dans le but de construire une nouvelle église, il l’utilisa de préférence pour construire une école élémentaire et une petite usine de textiles, ce qui permit aux jeunes filles de rester sur place au lieu d’aller faire des ménages à Turin.

Cette usine, d’abord confiée à des Religieuses, passa aux plus anciennes des élèves elles-mêmes, ce qui donna naissance à l’institut des Filles de Saint-Joseph (1877). Sans le vouloir, don Clemente devenait (à son tour) fondateur, dans cette Italie (et surtout la région piémontaise) si riche en fondations durant cette fin de 18e siècle.

Don Clemente confia alors à ces Filles la confection d’ornements liturgiques et de tout ce qui devait servir au culte divin : les hosties, le vin de messe en particulier. Une maison s’ouvrit bien vite à Rome, en 1883, et le pape la salua joyeusement en disant : Enfin, Notre-Seigneur a pensé à lui-même !

Peu à peu, les paroissiens comprirent les bonnes intentions de leur curé, si attentif à tous les malades, et qui ouvrait toujours sa porte quand on l’appelait.

Sa dévotion au Saint Sacrement ne fit qu’augmenter ; il confia un jour : Je t’assure, après cinq minutes que je passe en renouvelant ma foi à Jésus dans le Tabernacle, je me sens revigoré, au point que ce qui me semblait trop difficile, me devient tout facile. Il se levait à cinq heures du matin, pour prier longuement avant de célébrer la messe.

Il écrivit un ouvrage où il démontrait combien Satan est puissant à éloigner les gens de l’Eucharistie, et combien au contraire il fallait mettre en honneur la célébration de l’Eucharistie pour les y attirer. C’est pourquoi il ouvrit plusieurs maisons dans toute l’Italie, pour y fabriquer le vin et les hosties avec les meilleurs produits. Son ouvrage, La Très Sainte Eucharistie combattue par le satanisme, il le distribua lui-même aux nombreux participants du Congrès Eucharistique de Turin en 1894.

Envers la Sainte Vierge, il se montrait filialement dévot. Il alla à Lourdes avant de fonder son Institut ; s’il allait à Rome, il s’arrêtait à Loreto (le sanctuaire qui abrite la sainte Maison de Nazareth, d’après la tradition, et qui est aussi fréquenté en Italie que Lourdes en France).

Don Marchisio prêcha de nombreuses retraites pour répandre ces dévotions, surtout l’eucharistique. Il se déplaça dans toute l’Italie, fut reçu par beaucoup d’évêques et de cardinaux.

La célébration de la Messe était «toute (sa) vie» : il la célébra encore au matin du 14 décembre, et s’éteignit dans son presbytère de Rivalba au matin du 16 décembre 1903.

Ses «Filles» étaient déjà plusieurs centaines et le pape leur confia la sacristie de la Basilique Saint-Pierre. Il reconnut et approuva l’Institut dès 1907.

Don Clemente Marchisio fut béatifié en 1984.

 

 

Florentyn Wacław Koźmiński

1829-1916

 

Florent Wenceslas Jan Stefan naquit le 16 octobre 1829 à Biała Podlaska (Pologne), deuxième fils de Stefan et de Aleksandra Kahlówa, des parents chrétiens. Le père étaitt professeur à l’école des Beaux-Arts, et Wenceslas voulut l’imiter en devenant architecte.

Après ses premières études à Płock, il fit des études d’architecture à Varsovie, alors administrée par la Russie. Mais son père mourut en 1844, et l’adolescent suivit l’exemple des mauvais camarades ; il abandonna toute pratique religieuse, et même afficha des sentiments hostiles à l’Eglise.

En 1846, il échoua en prison, accusé de faire partie d’une organisation secrète patriotique. Mais Dieu l’attendait : le jeune homme réfléchit et, le 15 août 1846, fut touché par une grâce qu’il attribua toujours à la Sainte Vierge et aux prières de sa mère. 

Ayant pris le typhus, il fut libéré dès février 1847. Lors de sa libération, après ces onze mois de prison, il renonça publiquement à son apostasie précédente et entra bientôt dans l’Ordre des Capucins.

Il fit le noviciat à Lubartów, où il prit le nom de Honorat. 

Il fit la philosophie à Lublin, les vœux solennels en 1850, la théologie à Varsovie en 1851 et fut ordonné prêtre en 1852.

Il commença par enseigner la théologie à Varsovie de 1853 à 1855.

Il fut nommé gardien (c’est-à-dire supérieur) du couvent de Varsovie, et exerça un fécond ministère comme confesseur, prédicateur et visiteur des prisons.

Lors d’une nouvelle insurrection en 1864, le gouvernement russe supprima les couvents. Celui des capucins de Varsovie se transféra à Zakroczym, mais tout ministère extérieur était interdit. Le père Honorat confessa et conseilla en restant dans son couvent. Fort de son expérience, il ramena à Dieu les jeunes, discernant de nombreuses vocations. 

Ne pouvant recevoir de novices à cause des dispositions politiques, il transmit cette inspiration toute nouvelle : il conseilla aux jeunes de se consacrer personnellement, sans vœux officiels, sans habit particulier, vivant leur piété et leur consécration dans toutes les situations où ils se trouvaient. 

C’était l’amorce des Instituts séculiers qui se développeront au siècle suivant. Extraordinairement actif, le père Honorat fonda ainsi, de 1873 à 1896, jusqu’à vingt-sept associations affiliées au Tiers-Ordre franciscain, qu’il soumit à l’épiscopat polonais.

Confesseur assidu, il fut nommé commissaire général de l’Ordre des Capucins pour toute la Pologne en 1899. Fervent de la Très Sainte Vierge, à qui il devait sa conversion, il en répandit la dévotion. Il rédigea des articles et enseigna la théologie ascétique.

Quand la pression russe se relâcha un peu en 1905, les évêques prirent en main ces associations pour les structurer. Ils mirent un peu à l’écart le père Honorat, mais celui-ci se soumit humblement, demandant à tous les membres d’accepter les dispositions de l’Eglise. Il passa désormais le reste de sa vie à confesser.

Malade, plein d’années, de douleurs et de mérites, il s’éteignit à la vie de ce monde à Nowe Miasto nad Pilicą, le 16 décembre 1916, et fut béatifié par le pape polonais, Jean-Paul II, en 1988.

 

Voici les noms approximatifs (traduits du polonais) des vingt-sept «associations» fondées par le père Honorat. En italique, celles qui n’ont pas duré ou ont été absorbées par d’autres congrégations. 

  1. Sœurs Servantes des Paralytiques
  2. Servantes du Sacré-Cœur de Jésus
  3. Franciscaines de la Souffrance
  4. Servantes de la Bienheureuse Vierge Marie Immaculée
  5. Filles de Notre-Dame des Douleurs
  6. Servantes de l’Hôpital
  7. Sœurs de Jésus
  8. Sœurs de Saint-Martin
  9. Frères de Marie Immaculée
  10. Servantes de Jésus
  11. Filles du Cœur Immaculé de Marie
  12. Prêtres séculiers
  13. Sœurs du Saint Nom de Jésus et de Marie, Secours des Chrétiens
  14. Sœurs des Pauvres de Sainte-Claire
  15. Petites Sœurs du Cœur Immaculé de Marie
  16. Sœurs Adoratrices de l’Expiation
  17. Sœurs de la Sainte Face
  18. Sœurs Evangéliques
  19. Filles de Notre-Dame de Czestochowa
  20. Sœurs des Ames du Purgatoire
  21. Filles de Jésus Crucifié
  22. Filles de Marie Immaculée
  23. Fils de Notre-Dame des Sept Douleurs
  24. Sœurs du Sacré-Cœur de la Consolation
  25. Serviteurs de la Sainte-Famille
  26. Servantes de la Mère du Bon Pasteur
  27. Sœurs du Doux Cœur de Jésus

 

 

Philip Siphong Onphithakt

1907-1940

 

Dans les années 1940-1944, les officiels bouddhistes expulsèrent du Siam les missionnaires étrangers, forçant les catholiques à l’apostasie.

Cette persécution fut particulièrement intense à Songkhon (Mukdahan). Quand les prêtres partirent, ils confièrent la mission à Philip.

Philip était né le 30 septembre 1907 à Nong Seng (Nakhon Phanom, Thaïlande). Son nom signifie Grand arbre. Il était marié et avait cinq enfants. 

Maître d’école et catéchiste, il avait donc une très grande influence sur tous les enfants. Les autorités pensaient qu’en l’éliminant, ils forceraient le reste des paroissiens à apostasier.

Le 16 décembre 1940, ils le menèrent en-dehors du village et l’abattirent.

Ce martyre eut lieu à Muang Phaluka (Nakhon Phanom). 

En réalité, cette mort stimula le courage des paroissiens. On verra comment deux Religieuses et quatre femmes, entre onze et soixante ans, préférèrent la mort à l’apostasie, le 26 décembre suivant.

Philip et les six autres Martyres furent béatifiés en 1989.

 

 

Jean Wauthier

1926-1967

 

Jean Wauthier naquit le 22 mars 1926 à Fourmies (Nord), un des trois enfants d’un directeur de filature.

Il reçut le baptême le 25 mars suivant, jour de l’Annonciation à Marie, en la paroisse Notre-Dame : sa naissance et sa vie chrétienne auront véritablement été marqués par la présence de Notre-Dame.

En 1938, il entra au Petit séminaire de Solesmes (Nord, différent de la bourgade du même nom en Sarthe).

Mais en 1940, avec sa famille, il fut contraint de suivre l’exode de la population et se retrouva au Petit séminaire de Notre-Dame de Bon-Encontre, au diocèse d’Agen (Lot-et-Garonne), où il restera jusqu’en juin 1944.

Comme il l’écrivit à son Supérieur, Jean fut toujours attiré par les missions au Laos et c’est pour cette raison qu’il entra au noviciat des Pères Oblats de Marie Immaculée (OMI) à Pontmain (Mayenne), en 1944.

Ce furent ensuite les deux années de Philosophie, qu’il passa à La Brosse-Montceaux (Seine-et-Marne), puis à l’abbaye de Solignac (Haute-Vienne).

Au terme de ces deux années, il fit ses douze mois de Service militaire, dans le corps des parachutistes.

Après cette interruption, il rejoignit les quelques cent jeunes du scolasticat de Solignac pour les quatre années de Théologie. En plus de ces études, il participa à la reconstruction de cette vieille abbaye, maniant avec ardeur la brouette, la pelle, la truelle. Jean fera remarquer qu’il ne fut jamais malade durant le Scolasticat et que les travaux manuels parfois pénibles de ces six années et (son) service militaire dans les parachutistes semblent montrer qu’il possédait une bonne résistance physique. 

Le 8 décembre 1949, fête de l’Immaculée Conception de Marie, il prononça ses vœux perpétuels.

Encore un peu de temps pour se préparer à son départ en mission. En février 1952, il fut ordonné prêtre. En octobre de la même année, il parvenait au pays de ses rêves, le Laos.

Si ce pays acquit son indépendance en 1953, il sera déchiré par diverses factions militaire ou paramilitaires qui s’affrontaient, et ce toujours au détriment des populations qui se déplaçaient à la recherche de quelque endroit moins exposé. Le père Wauthier, qui avait déjà connu l’exode de 1940, les suivra aussi dans leurs déplacements.

Jean aura l’idée de réaliser pour ces populations des conduites d’eau avec des bambous. Outre la proclamation du message évangélique, Jean était tour à tour infirmier, linguiste, ingénieur…

La guerre s’intensifiait. En 1960, fut assassiné le père Borzaga (v. 25 avril). Dès 1961, Jean fut retiré de ce secteur dangereux et passa deux années au séminaire des OMI à Paksane.

En 1963, il put rejoindre ses villageois. Il accompagnait les candidats catéchistes à Ventiane et s’occupait de répartir l’aide humanitaire qu’il recevait au profit des populations victimes de la guerre : récoltes anéanties, pénurie de médicaments, nombreuses mines cachées sur les routes. Ses rapports avec les «autorités» responsables se tendirent, quand il chercha à défendre ouvertement ses amis du village contre ceux qui pillaient littéralement les vivres distribuées.

Jean comprit qu’on lui en voulait ; un soir qu’il se déplaçait avec deux enfants et quelques catéchumènes, il fut atteint d’une balle à la nuque et de trois autres en pleine poitrine. Les enfants purent s’enfuir - et raconter ce qu’ils avaient vu et entendu.

C’était au soir du 16 décembre 1967, quelques jours avant Noël, à Ban Na (Xieng Khouang). Jean avait quarante-et-un ans.

Il a été béatifié le 11 décembre 2016, parmi dix-sept Martyrs du Laos.

Son dies natalis sera le 16 décembre dans le Martyrologe Romain.

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