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19 décembre 2019 4 19 /12 /décembre /2019 00:00

 

19 DÉCEMBRE

 

IV.

Stes Meuris et Théa, martyres à Gaza.

SS Elie, Probos et Aris, martyrs en Egypte.

V.

S Anastase Ier, pape (399-401) : plus modéré que s. Jérôme contre Origène, ferme envers les donatistes de l'Eglise en Afrique.

VI.

S Gregorius, évêque à Auxerre.

VII.

Ste Heiu (Hélène), première moniale en Northumbrie.

VIII.

Ste Samthann, abbesse à Clonbroney, thaumaturge.

XII.

S Berardo, moine bénédictin devenu évêque à Teramo, dont il est le patron.

XIII.

B Guglielmo de Fenoglio, convers Chartreux à Casotto ; assailli par des brigands, il prit une patte de son âne pour se défendre, la lui remit et rejoignit son monastère.

XIV.

B Urbain V, pape (1362-1370) : bénédictin français, chargé de missions diplomatiques par les papes en Avignon en vue de rétablir la papauté à Rome ; en Italie, il apprit la mort du pape, et sa propre élection pour lui succéder ; il s'employa à corriger les habitudes de la "cour" papale, s'opposant au cumul des bénéfices, et envoya des missionnaires aux Indes, en Chine, en Lituanie ; il tenta vainement le retour à Rome.

XIX.

SS Phanxicô Xaviê Trọng Mậu et Ɖaminh Bùi Văn Úy, (catéchistes), Tôma Nguyễn Văn Dệ (tailleur), Augustinô Nguyễn Van Mới (néophyte) et Stêphanô Nguyên Văn Vinh (catéchumène), laïcs tonkinois, étranglés ; le baptême de Stêphanô durant sa prison conduisit quatorze autres détenus de droit commun à demander le sacrement ; canonisés en 1988 et fêtés le 24 novembre.

Bx Gim Hwa-chun Iacobus, Gim Jong-han Andreas, Ko Seong-dae Petrus, Ko Seong-un Iosephus, Ku Seong-yeol Barbara, Gim Hui-seong Franciscus et Yi Sim-i Anna, laïcs coréens martyrs, par décapitation, béatifiés en 2014.

XX.

B Josep Albareda Ramoneda (Fulgenci, 1888-1936), prêtre bénédiction espagnol, martyr à Barcelone, béatifié en 2013.

Bx Jaume Boguñá Casanovas (Martí, *1895) et Jordi Sampé Tarragó (Doroteu, *1908), prêtres capucins, martyrs près de Barcelone en 1936, béatifiés en 2015.

Bses Kazimiera Wołowska (Maria-Marta de Jésus, *1879) et Bogumiła Noiszewska (Maria Ewa de la Providence, *1885), religieuses polonaises des Sœurs de Marie Immaculée, martyres en Biélorussie en 1942, béatifiées en 1999 ; Maria-Marta avait hébergé des Juifs.

B René Dubroux (1914-1959), prêtre des Missions Etrangères de Paris, martyr au Laos, béatifié en 2016.

Anastase 1er
399-401

Successeur de saint Sirice, Anastase 1er était romain, de la noble famille des Massimi.
Ce fut le trente-neuvième pape et il régna deux années et quelques jours. 
Deux de ses grands amis furent ses conseillers : l’évêque Théophile d’Alexandrie, et surtout saint Jérôme, qui avait traduit en latin la Bible du temps de saint Damase 1er (†384).
Le pape Anastase 1er eut l’occasion d’écrire une épître contre l’origénisme (doctrine prétendument appuyée sur les principes d’Origène), et une autre contre les donatistes d’Afrique.
Il eut aussi de bonnes relations avec saint Paulin de Nole.
Il décréta qu’à la messe, les prêtres se tiendraient debout, la tête inclinée, durant la proclamation de l’évangile. Cette indication du Liber Pontificalis ne semble pas très claire.
Il fit aussi bâtir à Rome une basilique, dite Crescentiana, qu’on n’a pas retrouvée.
Anciennement fêté au 27 avril, son anniversaire est maintenant reporté au 19 décembre, qui semble être son réel dies natalis, retenu par le Martyrologe Romain.
Le successeur d’Anastase 1er fut saint Innocent 1er.


Gregorius d’Auxerre
449-533

Il fut le douzième évêque d’Auxerre, de 511 à 533 (ou de 516 à 528 ?), soit pendant douze ans.
Il s’éteignit en 533, âgé de quatre-vingt quatre ans.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Gregorius d’Auxerre au 19 décembre.

Guglielmo de Fenoglio

1065-1120

 

Guglielmo (Guillaume) était né en 1065 à Garessio Borgoratto (Cuneo, Piémont, Italie NO).

A vingt ans, il fut un des fondateurs de la Chartreuse de Casotto après avoir déjà passé quelques années dans un ermitage de Torre Mondoví. Il demanda son admission dans ce monastère pour échapper aux avances d’une personne de mauvaise vie.

Dans sa simplicité, il ne demandait pas à recevoir le sacerdoce, mais seulement de vivre pour Dieu et ses Frères. Il aimait méditer sur la Passion du Christ, et ne pouvait voir une croix sans verser des larmes. Un crucifix s’anima et lui adressa des paroles de consolation.

On lui confia la nourriture du monastère et il s’en alla demander et quêter par les rues et les routes, jusqu’à Mondoví et Albenga (une «promenade» qui représente une centaine de kilomètres).

Au cours de ses randonnées, il n’était pas rare qu’il rencontrât quelques bandits, lesquels bien sûr profitaient de sa bonté pour lui ravir le fruit de ses patients efforts. Il s’en lamentait auprès de son prieur, lequel, un peu pour le taquiner, un peu pour le mettre à l’épreuve lui dit un jour : Mais défends-toi, prends la patte de ta mule et fais déguerpir les malandrins !

Qu’à cela ne tienne ! Parfait religieux, obéissant à toute épreuve, le bon frère repart courageusement en tournée et se retrouve en face des coquins ; une minute, mes amis : il se saisit d’une patte de sa bête, sans lui faire le moindre mal ni lui causer la moindre blessure, et le voilà à menacer les assaillants qui, terrifiés par ce nouveau genre d’arme, disparaissent à l’instant. Et la mule de récupérer sa patte.

On pourra peut-être supposer que les brigands étaient de mauvais anges, suscités par le Démon pour mettre à l’épreuve Guglielmo et qui, devant l’obéissance parfaite du Religieux, furent mis en fuite.

Mais attendons la fin de l’histoire : au retour, Guglielmo se présente au prieur qui, au lieu de le féliciter pour son obéissance, le gronde gentiment : la mule boîte ! il lui a remis la patte à l’envers et ne s’en est même pas aperçu … Voyons, Guglielmo, il faut arranger ça ! Et Guglielmo de s’excuser pour sa distraction, de saisir la patte et de la remettre dans le bon sens.

L’épisode est-il légendaire ? Le fait est que Guglielmo fut célèbre dans toute l’Europe occidentale et très souvent représenté dans l’art avec la patte de sa mule. L’aspect de «jambon» de cette patte a fait appeler Guglielmo le saint du jambon.

Mais il accomplit aussi d’autres prodiges, parfois cocasses, désarmants de simplicité, comme ce «pacte» qu’il aurait conclu avec le diable pour la construction d’un pont : le diable, qui avait «collaboré» à la construction du pont pour que les ouvriers l’accomplissent dans les délais prévus, mais qui désormais «tenait» les ouvriers, aurait demandé en échange à Guglielmo «la première âme qui se présenterait sur le pont». Guglielmo releva le défi : il s’avança avec un chien à l’entrée du pont et jeta au loin un bon fromage, que le chien se précipita pour dévorer ; il fut ainsi «la première âme» à franchir le pont et disparut dans le fleuve, victime de la méchanceté du Démon. Les braves ouvriers furent ainsi délivrés.

La mort de ce modèle d’obéissance se situe au 19 décembre 1120.

L’affluence des fidèles fut telle, après sa mort, que les moines prirent l’habitude de déplacer le corps dans l’espoir de retrouver un peu de calme dans le monastère (bien que ces visites leur apportassent d’abondantes aumônes !). Mais le corps revenait à sa place ! Et toujours incorrompu !

Au moment de la persécution napoléonienne et de la suppression des couvents, les Chartreux cachèrent le corps de Guglielmo dans un mur de la Chartreuse, tant et si bien qu’on ne le retrouva plus…

Guglielmo, déjà qualifié de saint au 16e siècle, fut officialement béatifié en 1860, et proclamé céleste patron des frères convers chartreux.

 

 

Urbain V

1362-1370

 

Guillaume de Grimoard était fils de Guillaume, sire de Grisac et d’Amphélise de Montferrand, excellente chrétienne. Il naquit en 1310 au château de Grisac (Lozère).

Ses études furent soignées et brillantes : Montpellier, Toulouse, Avignon, Paris, et il fut reçu docteur en droit en 1342.

Il entra chez les Bénédictins de Chirac (près de Mende) et émit profession à l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

Outre qu’enseigner le droit dans les universités, il fut vicaire général à Clermont et Uzès, abbé de Saint-Germain d’Auxerre puis de Saint-Victor de Marseille, chargé de plusieurs légations en Italie.

Lors de sa dernière légation, on lui fait savoir que le conclave l’a élu pour succéder à Innocent VI : il devenait ainsi le deux-centième pape.

Les papes habitaient en Avignon depuis 1309, et Guillaume dut rejoindre la «cité papale» française où il fut couronné, et prit le nom d’Urbain V.

Moine il était, moine il resta. Il se confessait chaque matin avant de célébrer la messe, jeûnait volontiers, secourait les malades et les pauvres autant qu’il pouvait (et parfois au-delà), se cultivait beaucoup par la lecture, dormait tout habillé sur la dure ; la nuit, on l’entendait gémir et prier.

Il promut beaucoup les universités, en France et ailleurs, en créant quelques-unes et développant quelques autres ; il fonda des bourses d’études pour cent étudiants. Il fit des travaux en Avignon, à Marseille, à Mende.

Il condamna derechef l’usure et la simonie.

Il s’efforça de reprendre au tyran milanais (Bernabo Visconti) certaines places des Etats pontificaux, mais il se ruina plutôt qu’il ne réussit vraiment dans son effort de pacification.

Sur les instances de sainte Brigitte de Suède, il revint un moment à Rome, où il fut assez bien accueilli. Il y canonisa Elzéar de Sabran (1369) (voir au 27 septembre), couronna l’impératrice et reçut l’abjuration de l’empereur de Byzance, Jean V Paléologue ; il souhaitait une réunion entre les Eglises d’Orient et d’Occident : il put au moins travailler à leur rapprochement.

Pour réconcilier la France et l’Angleterre, il crut bon de revenir en Avignon : sainte Brigitte l’avertit que s’il y retournait, il y mourrait, ce qui arriva bientôt.

Urbain V mourut le 19 décembre 1370 en Avignon.

Son «erreur» de quitter Rome ne l’empêcha pas toutefois d’opérer des miracles, dont le dossier fut constitué une trentaine d’années après sa mort, et finit par aboutir à la béatification, beaucoup plus tard, en 1870.

Son successeur fut Grégoire XI, qui ramena officiellement à Rome le siège de la papauté. 

 

 

Gim Hwa-chun Iacobus

? -1816    

 

Gim Hwa-chun Iacobus est un laïc coréen né à Cheongyang (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Gim Jong-han Andreas

? -1816

 

Gim Jong-han Andreas est un laïc coréen né à Myeoncheon (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ko Seong-dae Petrus

? -1816

 

Ko Seong-dae Petrus est un laïc coréen né à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ko Seong-un Iosephus

? -1816

 

Ko Seong-un Iosephus est un laïc coréen né à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Ku Seong-yeol Barbara

? -1816

 

Ku Seong-yeol Barbarae est une laïque coréenne née à Hongju (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifiée en 2014.

 

 

Gim Hui-seong Franciscus

1765-1816

 

Gim Hui-seong Franciscus est un laïc coréen né en 1765 à Yesan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Il fut décapité à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifié en 2014.

 

 

Yi Sim-i Anna

1782-1816

 

Yi Sim-i Anna est une laïque coréenne née en 1782 à Deoksan (Chungcheong-do, Corée du Sud).

Elle fut décapitée à Daegu (Gyeongsang-do) le 19 décembre 1816 et béatifiée en 2014.

 

 

Phanxicô Xaviê Trọng Mậu

1790-1839

 

François Xavier était né vers 1790 à Kẻ Điền (Thái Bình, Vietnam).

Il était entré dans le Tiers-Ordre dominicain.

Le 29 juin 1838, il fut pris avec quatre autres laïcs, tous du Tiers-Ordre. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Phanxicô Xavier fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Augustinô Nguyễn Văn Mới

1806-1839

 

Augustin était né vers 1806 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

De famille non baptisée, il rencontra des chrétiens, fut touché par la grâce et baptisé, à trente-et-un ans.

Il se maria et vécut avec son épouse les enseignements chrétiens qu’il avait reçus, entre autres la prière quotidienne du chapelet, malgré la fatigue du jour.

Il entra dans le Tiers-Ordre dominicain.

Le 29 juin 1838, il fut pris avec quatre autres laïcs, tous du Tiers-Ordre. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Augustinô fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Tôma Nguyễn Văn Đệ

1811-1839

 

Tôma était né vers 1811 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

De famille chrétienne, il vivait juste à côté de l’église, qu’il fréquentait fidèlement.

Il devint tailleur et rendait service avec plaisir : c’est lui qui préparait toutes sortes de décorations pour l’église, drapeaux, tentures, etc.

Il se maria et eut trois enfants.

Le 29 juin 1838, lors de l’encerclement de la maison par les soldats, il commença par se cacher derrière la maison mais, ne pouvant éviter d’être pris, embrassa sa femme et ses enfants. 

Quand on voulut l’obliger à marcher sur la Croix, il s’agenouilla et pria à haute voix : Seigneur, je ne marcherai jamais sur Ton visage. 

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Tôma fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Đaminh Bùi Văn Úy

1812-1839

 

Dominique était né vers 1812 à Tiên Mon (Thái Bình, Vietnam). La date est plus probable que celle de 1801, qu’on trouve parfois.

Il était entré dans le Tiers-Ordre dominicain et faisait tout son possible pour protéger le prêtre présent dans le village, entre autre en faisant construire une cabane assez profonde pour y pratiquer un habitacle clandestin, où le prêtre pouvait se réfugier en cas d’alerte.

L’alerte fut donnée : Dominique put aider le prêtre à fuir dans le village voisin, mais une dénonciation les fit découvrir et arrêter.

C’était le 29 juin 1838, fête de saint Pierre, que fêtait justement le prêtre, Phêrô Tû. 

Avec quatre autres laïcs, ils furent cités en justice et d’abord invités à fouler la Croix ; non seulement ils refusèrent, mais en profitèrent pour donner un enseignement sur le sens de la Croix.

Une première sentence tomba, qui, indirectement, fait un éloge appuyé des Chrétiens vietnamiens : 

Bien que le christianisme ait été plusieurs fois proscrit, les docteurs européens continuent à rester dans ce royaume et à l’infester de leurs erreurs. Le peuple, dans son ignorance, se laisse prendre à leurs artifices, adopte tous leurs mensonges comme des vérités, et s’y attache si fortement que c’est merveille lorsqu’on voit un chréiten abandonner sa religion. Les missionnaires sont l’objet d’un grand dévouement de la part de ceux qu’ils ont trompés ; on les cache au mépris de la loi qui les condamne ; il n’est pas de peine qu’on ne se donne pour mettre leurs vies à l’abri des dangers. Nous pensons que des châtiments sévères pourront seuls apporter un remède à ce désordre et faire rentrer les chrétiens dans le devoir. 

C’est pourquoi nous condamnons Van Tû (le Dominicain) et Hoang Canh (le catéchiste) à être étranglés ; Uy et Mau, serviteurs de Van Tû, à recevoir cent coups, après quoi ils seront exilés à mille lieues de leur pays dans la province de Binh-Dinh pour y être occupés aux travaux forcés. La même peine est prononcée contre Dê, Vinh et Mai, pour les punir de leur incorrigible attachement à la loi chrétienne.

On maintint cependant les Confesseurs en prison, car le roi, avant de confirmer la sentence, préférait obtenir des apostasies, que de faire d’autres martyrs.

A partir du 9 août 1838, il y eut un second procès, des mauvais traitements et de tortures en prison avec, le 27 août, une nouvelle sentence assez semblable à la première et que le roi cassa : seul le prêtre fut décapité (5 septembre 1838), tandis que les autres devaient être exécutés après une détention dont on ne précisait pas la durée.

Cette détention dura finalement dix-mois. Le 19 août puis le 24 novembre 1839 (un an après le martyre de Pierre Dumoulin-Borie), les prisonniers comparurent à nouveau. Désormais, ils étaient tous profès laïcs, ayant fait leur profession en prison. Ils eurent encore à subir de nombreux sévices, des flagellations cruelles, qui semblaient en réalité leur donner toujours plus de force et de courage à professer le Nom du Christ.

La dernière sentence fut ainsi énoncée (et fait bien état de leur constance) : 

Hommes méchants et sectateurs obstinés de la religion de Jésus, ils ont été plusieurs fois avertis et inutilement exhortés à fouler aux pieds la croix : qu’ils soient étranglés puisqu’il ne peuvent être convertis.

Cette fois-ci la sentence fut exécutée, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Đaminh fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

 

 

Stêphanô Nguyễn Văn Vinh

1813-1839

 

Stêphanô était né vers 1813 à Bồ Trang (Thái Bình, Vietnam).

Il n’était que catéchumène lorsqu’il fut arrêté, mais sa constance démontra qu’il n’était pas inférieur à ceux qui étaient déjà baptisés.

Sa famille était d’une extrême pauvreté.

Il était peu instruit, mais avait appris par l’oreille tout ce qu’on lui avait dit au catéchisme. Il était simple, honnête, très pur. Il resta toujours célibataire. 

En réalité, on ne sait pas la vraie raison pour laquelle il ne reçut pas le baptême sacramentel. Dieu voulait nous rappeler par lui comment recevoir le baptême de sang : le martyre.

Le 29 juin 1838, lors de l’encerclement de la maison par les soldats, il commença par se cacher derrière la maison mais, ne pouvant éviter d’être pris, embrassa sa femme et ses enfants. 

Invité à marcher sur la Croix du Christ, il répondit vaillamment : Je préfère mourir que de marcher sur la Croix, parce que je suis convaincu que c’est Jésus le Maître de la vraie religion.

Quand on l’emmena, il fut durement battu chaque fois qu’il culbutait et tombait. C’est en prison qu’il choisit le nom de Stéphane, en souvenir du premier Martyr de l’Eglise (voir au 26 décembre).

 

On pourra utilement lire la notice de Đaminh Bùi Văn Úy, son compagnon de prison et de martyre, ainsi que celle de Phêrô Nguyễn Văn Tự, qui fut arrêté le même jour que Stêphanô.

Rappelons que la sentence fut exécutée par la strangulation, à Cố Mễ (Bắc Ninh), le 19 décembre 1839.

Stêphanô fut béatifié en 1900 et canonisé en 1988.

Josep Albareda Ramoneda

1888-1936

 

Josep naquit le 13 juin 1888 à Barcelona (Espagne).

Il entra chez les Bénédictins de Montserrat.

Il fit la profession, prenant le nom de Fulgenci, et fut ordonné prêtre. 

Quand éclata la révolution de 1936, la communauté dut se séparer, les uns trouvant refuge dans d’autres monastères, d’autres réussissant à passer la frontière, mais il y eut des martyrs.

Josep fut de ceux-là.

On pourra trouver les détails des événements de juillet 1936 dans la notice de Ángel María Rodamilans Canals.

Josep fut assassiné à Barcelone le 19 décembre 1936, et béatifié en 2013.

 

 

Jaume Boguñá Casanovas

1895-1936

 

Jaume (Jacques) était né le 4 octobre 1895 à Sant Andreu de Palomar (Barcelone, Catalogne, Espagne), en la fête de saint Francesco d’Assise.

Il fit ses humanités au séminaire de Barcelone, puis entra au noviciat des pères Capucins à Arenys de Mar ; à la vêture (1910), il prit le nom de Martí et fit la profession en 1915 ; il reçut le sacerdoce en 1918.

Puis on l’envoya compléter sa formation à Louvain, où il fut diplômé en histoire.

Revenu au pays, il se plongea dans la recherche historique, en particulier dans l’histoire médiévale ; il publia divers articles, qui reçurent les louanges des experts.

Il se trouvait au couvent de Notre-Dame de l’Ajuda quand se déchaîna la Révolution communiste, et les neuf couvents de Capucins de la région furent réquisitionnés, saccagés et détruits ; Martí supposait que, vêtu en civil, il pouvait continuer ses recherches habituelles dans les archives, dans les bibliothèques, comme par le passé.  En réalité, il ne se doutait pas que les miliciens espionnaient ses allées et venues. Ils l’arrêtèrent le 19 décembre 1936 avec le père Doroteo. 

On les conduisit à la tchéka, puis au cimetière de Montcada i Reixac, où ils reçurent la palme du martyre, le 19 décembre 1936.

Martí a été béatifié en 2015.

 

 

Jordi Sampé Tarragó

1908-1936

 

Jordi (ou Jorge, Georges) était né le 14 janvier 1908 à Villalba dels Arcs, Tarragona, Catalogne, Espagne).

Entré au collège séraphique à treize ans, il prit l’habit des Capucins et le nom de Doroteu en 1924. Après les études de philosophie, il fut envoyé à Rome pour la théologie et y reçut le doctorat. 

Toujours à Rome, en 1929, il fit la profession et reçut l’ordination sacerdotale en 1932.

Revenu en Espagne, il fut sous-directeur des étudiants et professeur de théologie. Puis il fut directeur des élèves de philosophie.

On ne l’entendait jamais murmurer contre personne. Il aimait rencontrer les pauvres.

Lors de la Révolution communiste, alors que les neuf couvents de Capucins furent réquisitionnés, saccagés et détruits, il alla se réfugier chez quelque ami, où on le voyait lire l’Evangile tranquillement.

La nuit du 19 décembre 1936, il fut arrêté avec le père Jaume Boguñá (Martí) et tous deux reçurent la palme du martyre à Montcada i Reixac (Barcelone).

Doroteu a été béatifié en 2015.

Kazimiera Wołowska

1879-1942

 

Kazimiera était d’une famille nombreuse de huit enfants. Elle naquit le 12 octobre 1879 à Lublin (Pologne).

La maman mourra en 1892. Le père, Jozef, a un poste important au Tribunal ; il s’occupe aussi activement de sport, mais travaille intensément dans des œuvres sociales et patriotiques, en lien avec la paroisse et la curie diocésaine. Sa maison est le «Vatican» de Lublin. Il voyage beaucoup à l’étranger.

Kazimiera grandit dans cette ambiance engagée. Elle aura vite ses petits élèves à qui elle enseigne le polonais et l’histoire. Elle-même suspend ses études en raison de la maladie de son frère, qui décède en 1896.

Elle est fiancée à un noble jeune homme, mais une expérience intérieure surnaturelle, à la Toussaint de 1898, la persuade d’entrer dans la Congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception.  Ce fut alors un dur combat intérieur, jusqu’à ce qu’elle vienne enfin frapper à la porte du couvent  de Jazłowiec en 1900.

Les premières années de vie religieuse sont difficiles ; Kazimiera écrit elle-même : Tous les démons déchirent mon âme. Ayant enfin vaincu les tentations et les doutes, elle fait la profession solennelle en 1909, sous le nom de Maria Marta de Jésus.

A la Supérieure générale, elle écrit : Mon humble désir devant le Seigneur Jésus, est de servir l’Eglise universelle jusqu’à mon dernier souffle.

Elle déploya beaucoup d’activités œcuméniques, caritatives et sociales à Maciejów, Yaroslavl, New Sacz. On venait lui demander conseil : les prêtres, les orthodoxes, les rabbins. Quand le bruit se répandit qu’elle devait quitter Maciejów, la communauté juive exprima son désir de garder Madame Marthe, car sans elle qui serait sauvé de la misère et de l’abandon, comment seraient soignés les malades et les vieillards ?

Pour toutes ses activités patriotiques, elle est décorée de la Croix d’or du mérite.

Kazimiera voyait loin. Déjà en 1933, elle disait à une Sœur : Nous devons êtres prêtes pour le martyre.

A partir de 1939, elle est la supérieure du couvent de Slonim ; elle organise un orphelinat, des écoles. Slonim est successivement occupée par les Bolcheviks et par les Nazis.

Quand éclate la guerre mondiale, elle met sa maison et ses Sœurs au service de ceux qui sont dans le besoin et qui ont faim, elle aide les familles de prisonniers et de soldats tombés sur le champ de bataille ; elle cache des Juifs dans le couvent (dans le grenier, dans la véranda, dans la grange). Même un prêtre allemand la fit prévenir que le couvent était surveillé. Elle fut une première fois arrêtée et interrogée par la Gestapo.

Arrêtée le 18 décembre 1942 par la Gestapo, elle est traînée le lendemain sur une colline proche de Slonim, avec un prêtre (Adam Sztark) et une autre Religieuse (Bogumiła Noiszewska : Maria Ewa de la Providence), où on les exécute après leur avoir intimé l’ordre de se déshabiller.

Selon des témoins (lesquels ?), les derniers mots de Mère Maria Marta furent : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font (cf. Lc 23:34).

Sur cette colline Pietralewicka où reposait le corps de Kazimiera-Maria Marta, les paroissiens érigèrent une grand croix (que les Soviétiques retirèrent ensuite).

Ces deux Religieuses ont leur dies natalis le 19 décembre. Elles ont été béatifiées en 1999. 

Le père jésuite Adam Sztark (1907-1942) a été le premier jésuite polonais à être reconnu Juste parmi les Nations pour son intense activité en faveur des Juifs. Sa cause de béatification a été introduite.

 

 

Bogumiła Noiszewska

1885-1942

 

Bogumiła naquit le 24 juin 1885 à Ostaniszki (Pologne), aînée des onze enfants de Kasimir Noiszewski et Maria Andruszkiewicz.

Elle acheva brillamment ses études de médecine à Saint-Pétersbourg et, durant la Première guerre mondiale, exerça dans les hôpitaux militaires.

En 1919, elle entra dans la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception et fit la profession en 1927, avec le nom de Marie-Eve de la Providence.

Elle fut nommée enseignante dans l’école secondaire de Jazlowiec, puis de Slonim, cherchant toujours, en toute situation, à trouver la voie la plus parfaite pour atteindre la sainteté.

Lors de la Deuxième guerre mondiale, elle se mit de nouveau au service des nécessiteux, pauvres et affamés, blessés, familles des prisonniers ; elle n’hésita pas à faire abriter des Juifs dans le couvent.

Arrêtée par la Gestapo le 18 décembre 1942, elle fut abattue le lendemain, 19 décembre 1942, dans les circonstances qu’on a décrites à propos de Kazimiera Wołowska.

Toutes deux furent béatifiées en 1999.

 

 

René Dubroux

1914-1959

 

René naquit le 28 novembre 1914 à Haroué (Meurthe-et-Moselle), quatrième des six enfants de Jules-René, négociant en bois. Leur maman leur transmit sa profonde foi. La plus jeune, Yvette, sera missionnaire en Afrique, et le plus jeune, Michel, sera prêtre diocésain à Nancy.

De 1933 à 1939, René suivit la formation au Grand séminaire et fut ordonné prêtre en janvier 1939, pour le diocèse de Saint-Dié.

Son premier poste d’apostolat fut la paroisse de Chantraine.

En 1939-1940, il fut mobilisé comme infirmier militaire et reçut la Croix de Guerre. Il fut cependant prisonnier de guerre à Sarrebourg, avant de pouvoir reintégrer sa paroisse de Chantraine.

En 1943, il entra aux Missions Etrangères de Paris.

En 1946, il fut envoyé en Indochine comme aumônier militaire et, en 1948, à la mission de Thakhek (Laos).

Il développa intensément la mission de Namdik, s’entourant de catéchistes fidèles, auxquels il montra les dangers du communisme ; il promut le culte de l’Eucharistie ; il mit aussi à profit ses connaissances dans l’exploitation du bois. Il se dépensait sans compter, au milieu des factions rivales et opposées au nouveau gouvernement mis en place lors de l’indépendance de 1953.

René semblait parfois autoritaire, mais il était exigeant, pour lui d’abord et pour les fidèles aussi. Il s’était donné totalement à Dieu et à son apostolat, sans retour. Malgré les difficultés qu’il rencontrait, il ne renonça jamais à la prière du bréviaire (nous l’appelons aujourd’hui la Louange des Heures), encore moins à la célébration de la Messe. Quand il le pouvait, il s’adonnait à la pêche ou à la chasse.

En 1954-1955, il revint se refaire une santé en France.

En 1957, nouveau poste : Nong Khen, dans le sud du Laos, proche de la zone occupée par les rebelles communistes soutenus par les Vietcongs. Imperturbable, René continua son travail apostolique, s’efforçant d’écarter les fidèles de la contamination communiste.

Mais un de ceux-là devint un nouveau Judas : il informa le parti des horaires du Missionnaire, qui fut suivi. Le 19 décembre 1959, alors qu’il se trouvait à Palay avec ses catéchistes dans sa petite sacristie, qui était aussi sa chambre, il reçut deux balles tirées à bout portant.

Peu de temps après, son successeur sur place sera le père Lucien Galan (v. 12 mai).

René Dubroux fut le premier missionnaire des Missions Etrangères de Paris assassiné au Laos, en haine de la foi. Il a été béatifié le 11 décembre 2016.

Son dies natalis sera le 19 décembre dans le Martyrologe Romain.

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