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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 00:00

 

23 DÉCEMBRE

 

III.

Stes Victoire et Anatolie, vierges et martyres en Sabine.

SS Theodulus, Saturninus, Euporus, Gelasius, Eunicianus, Zoticus, Pontios, Agathopos, Basilide, Evaristos, martyrs à Gortyne ; chacun voulait être le premier à être décapité.

V.

S Benus (Besa), abbé en Egypte, mal identifié ; il aurait chassé un hippopotame, un crocodile.

S Sabinien, diacre et disciple de s. Romain à Condat.

VI.

S Servulus, paralytique à Rome ; inculte, il savait les Ecritures à force de se les faire lire.

VII.

S Asclèpe, évêque à Limoges.

S Caran, évêque en Ecosse.

S Dagobert II, roi et martyr , sans doute victime des factions politiques.

VIII.

S Frithebert, évêque à Hexham.

XII.

S Yves, confrère de s. Anselme (de Cantorbury) chez Lanfranc au Bec, évêque à Chartres, adversaire illustre de la simonie et dénonciateur de l'adultère de Philippe Ier. 

B Hartmann, évêque à Bressanone ; il réforma les chanoines.

S Thorlak (Thjorlay) Thorhallsson, évêque à Skalholt ; il voulait remettre en honneur et le célibat et le mariage et fonda le premier monastère d'Islande (Kirkjubaer).

XVI.

B Pedro Nicolás Factor, franciscain espagnol, mystique.

XVIII.

Ste Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, veuve d'Youville, fondatrice d'une congrégation de Sœurs de la Charité après avoir perdu quatre de ses enfants ; première Sainte du Canada, canonisée en 1990.

XIX.

S Antonio de Sant'Ana Galvao de França, franciscain marial, premier brésilien béatifié (1998) et canonisé (2007).

S Cho Yun-ho Yosep , catéchiste coréen de dix-huit ans, martyr canonisé en 1984 et fêté le 20 septembre ; son père fait partie du même groupe de martyrs : Jo Hwa-seo Peteuro (cf. 13 décembre).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936, béatifiés en 2007 :

Dominicains : les prêtres Enrique Cañal Gómez, Manuel Gutiérrez Ceballos, Eliseo Miguel Lagro, Enrique Izquierdo Palacios, Miguel Rodríguez González (*1869, 1876, 1889, 1890, 1892) ; les profès Bernardino Irurzun Otermín, Eleuterio Marne Mansilla, Pedro Luís y Luís, José María García Tabar (*1903, 1909, 1914, 1918), à Santander ;

Augustins : Epifanio Gómez Álvaro (*1874), prêtre, près de Santander.

Bse Karoline Anna Leidenix (Maria Berchmana Johanna, *1865), des Filles de la Divine Charité, martyre en 1941 en Bosnie-Herzégovine, béatifiée en 2011 (en même temps que ses compagnes du 15 décembre). 

Les Dix Martyrs de Crète
† 250

Conformément à l’édit de persécution de l’empereur Dèce (250), le proconsul de Crète invita la population à un sacrifice païen.
Dans la foule se trouvaient Theodulus, Saturninus, Euporus et Gelasius, qui habitaient Gortyne ; Eunicianus, à Ermaion, un faubourg de la même ville ; Zoticus, qui venait de Cnossos ; Pontius, de Lenta ; Agathopos de Panormos, Basilide de Kyolenias, Evaristos d’Héraclion.
Ces dix hommes se trouvaient donc sur la place de Gortyne, où le gouverneur voulait les faire participer à un culte envers la déesse Artémis.
Ayant entendu l’invitation du gouverneur, les dix protestèrent sincèrement. Arrêtés, ils se retrouvèrent en prison.
On les laissa circuler, mais pour être l’objet de la risée publique : on se moquait d’eux, on les frappait du poing, on leur crachait au visage, on leur jetait des pierres, on les traînait sur des tas de fumier…
Les tortures ne les firent pas changer d’avis et ils furent condamnés à mort. On leur brisa les membres et ils furent finalement décapités.
On les conduisit à un endroit appelé Alonion (qui existe encore). Ils étaient tous les dix si heureux d’obtenir si vite leur passeport pour le Paradis, que chacun essayait d’être le premier à être immolé.
Theodulus intervint et imposa le calme : rien ne pressait, sauf de prier et de louer le Créateur. Ils chantèrent le psaume 123 : 
Sans le Seigneur, qui nous protégea - il faut qu’Israël le dise ! -,  sans le Seigneur qui nous protégea, quand les hommes s’élevèrent contre nous, ils nous auraient engloutis tout vivants, quand leur colère s’enflamma contre nous ; alors les eaux nous auraient submergés, les torrents auraient passé sur notre âme ; alors auraient passé sur notre âme les flots impétueux. Béni soit le Seigneur qui ne nous a pas livrés en proie à leurs dents ! Notre âme s’est échappée comme l’oiseau du filet des oiseleurs ; le filet s’est rompu, et nous nous sommes échappés. Notre secours est dans le nom du Seigneur, qui a fait les cieux et la terre.
Près de Gortyne se trouve encore aujourd’hui le lieu-dit Aghi Deka, soit les Dix Saints.
Le Martyrologe Romain mentionne les dix Saints Martyrs de Crète au 23 décembre.


Servulus de Rome
6. siècle

Servulus («le petit esclave») était paralytique, probablement de naissance.
Il vivait à Rome avec sa mère et son frère, qui l’assistaient à tout moment.
On le déposait sous le portique de la basilique Saint-Clément, où il sollicitait la générosité des fidèles. Mais les aumônes qu’il recevait, il les repassait à plus pauvres que lui.
Il ne savait pas lire, mais s’était procuré des manuscrits de la Sainte Ecriture, qu’il se faisait lire par les bonnes personnes qui prenaient un peu de temps avec lui. Il finit par connaître très bien l’Ecriture.
L’offrande à Dieu de ses souffrances, était sa prière constante.
Servulus sentit arriver sa dernière heure. Il pria ceux qu’il put de l’aider à se maintenir sur ses jambes pour chanter la bonté divine ; il invita ses assistants à s’associer à son chant.
A un moment donné, il leur imposa le silence : Vous n’entendez pas toutes ces voix qui viennent du ciel ? Evidemment, personne n’entendait, mais Servulus était ravi, et mourut en cet état.
Ces détails nous viennent du pape Grégoire le Grand (v. 3 sept.), dont Servulus était contemporain.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Servulus de Rome au 23 décembre.

Thorlak Thorhallsson

1133-1193

 

Il faudrait écrire le nom de ce saint évêque d’Islande comme suit : Thorlakur Thorhallsson.

Thorlak était de famille aristocratique. Après sa première instruction auprès de sa mère, il reçut sa formation cléricale au sud de l’île, à Oddi, chez un vieux prêtre.

Ayant reçu le diaconat à quinze ans, puis le sacerdoce à dix-huit, il s’en vint étudier à Paris de 1153 à 1159, puis probablement aussi à Lincoln.

Revenu chez les siens, il fut accueilli avec joie, mais il étonna son monde en voulant mener une vie digne de la réforme grégorienne de ce 11e siècle. Il refusa énergiquement de se marier, contrairement à l’habitude de beaucoup de prêtres de l’île à cette époque et se retira auprès d’un prêtre érudit à Kirkjubaer.

Puis il fonda un monastère de Chanoines Réguliers à Thykkvibaer, où sa mère le rejoignit pour y prêter ses services.

Ordonné évêque de Skalholt en 1178, il s’efforça, quoique avec difficulté, de promouvoir la réforme grégorienne dans son diocèse et dans toute l’île. Il lutta contre la simonie, contre les investitures laïques, contre l’incontinence des clercs. Il voulut aussi remettre en honneur les saintes lois du mariage.

Les populations étaient trop ancrées dans leurs vieilles habitudes, et Thorlak ne réussit pas à convertir ses diocésains. Mais ceux-ci furent tout de même frappés par la sainteté de vie de leur évêque, par les miracles qu’il opéra aussi.

L’assemblée nationale, l’Althing, qui avait déjà admis le christianisme dans l’île dès l’an 1000, le proclamait saint quelques années à peine après sa mort, qui survint le 23 décembre 1093.

La canonisation officielle, de la part de Rome, ne fut proclamée qu’en 1984, et saint Thorlak fut alors reconnu comme Patron céleste de l’Islande.

 

 

Yves de Chartres

1040-1116

 

Yves naquit vers 1040 aux environs de Beauvais (Oise) d’Hugues d’Auteuil et Hilmenberge, de grands propriétaires.

Après ses études universitaires à Paris, où il apprit les belles-lettres et la philosophie, il se rendit étudier la théolgie à l’abbaye bénédictine du Bec : un de ses condisciples fut Anselme (v. 26 mai), sous la direction de Lanfranc (v. 28 mai), tous deux futurs archevêques de Canterbury.

En 1078, chanoine de Nesles (Picardie), il fut nommé doyen des chanoines réguliers de Beauvais ; Yves y enseigna dans l’église cathédrale. Déjà on venait, de loin, le consulter.

En 1090, il fut choisi pour être évêque de Chartres, en remplacement de l’indigne titulaire, déposé. Le peuple le voulait, le pape avait accepté, ainsi que le roi ; il y eut deux oppositions : Yves, et son métropolitain, l’archevêque de Sens. Yves se rangea à l’autorité papale, mais pas le métropolitain. Ce fut le pape qui sacra Yves.

Le nouvel évêque favorisa la piété et la vie religieuse du diocèse, créant le monastère de chanoines réguliers près de Chartres, soutint la fondation de l’abbaye bénédictine de Tiron, établit des religieuses (de Fontevrault) à Hautes-Bruyères et fonda un hôpital.

Il fut un bon administrateur, économe, mais généreux pour doter sa cathédrale de livres et d’ornements.

Il militait pour la trève de Dieu, et excommunia Gervais Ier de Chaâteauneuf ainsi que son fils Hugues II, qui l’avaient enfreinte.

Mais Yves fut célèbre par son autorité et sa sagesse dans des questions de grand retentissement. On le consultait de partout sur des problèmes canoniques. Les événements suivants vont l’illustrer.

En 1092, le roi se rendit coupable d’adultère. Yves n’assista pas à son remariage et fut pour cela mis aux arrêts pendant plusieurs mois ; c’est l’insistance du pape qui le fit libérer. Le roi fut excommunié en 1094 et de nouveau en 1095. Il fit semblant de promettre sa soumission, en 1096, mais ne tint pas sa promesse. L’excommunication fut confirmée encore en 1100 et les deux «conjoints» ne purent être réconciliés qu’en 1104, promettant de ne plus vivre ensemble.

Pendant la négotiation de cette affaire, Yves s’occupa de composer des collections canoniques, peut-être sur la demande d’Urbain II lui-même. Ainsi furent publiés : la Tripartita, les dix-sept livres du Decretum, résumé dans la Panormia. Dans ces travaux, Yves se montra conciliateur, non pas en mélangeant les concepts opposés entre eux, mais en distinguant plutôt ce qui est d’ordre strictement spirituel, inviolable, et ce qui peut être adapté aux circonstances. Selon lui, un évêque pouvait prêter fidélité au souverain, et recevoir l’anneau de l’Eglise ; c’est cette position qui prévalut peu à peu.

En 1095, il était au concile de Clermont, en présence du pape, qui lançait son appel pour la croisade ; en 1096, à celui de Tours, toujours avec le pape.

En 1100, nouvel épisode d’investiture d’évêque, concernant le siège de Beauvais. Le roi y avait promu un de ses sbires, que le pape désavoua sur l’intervention d’Yves.

Après le règlement de la situation matrimoniale du roi, qu’on a vue plus haut, Yves reçut à Chartres la visite du nouveau pape (Pascal II), à Pâques 1107, mais Yves était désormais malade et ne put assister au concile de Troyes. 

Il intervint encore auprès du roi d’Angleterre, pour le persuader d’accepter les décisions des conciles au sujet des investitures, mais c’est surtout saint Anselme qui ramena le roi à la raison.

A la mort du roi, Yves conseilla à Louis le Gros de se faire sacrer sans tarder, à Orléans, ce qui déplaisait au clergé de Reims, mais Louis suivit le conseil d’Yves et resta en bons termes avec l’Eglise.

En 1111-1112, il intervint encore pour calmer le climat difficile entre l’empereur d’Allemagne et le pape et qui ne fut apaisé qu’au concordat de Worms en 1122.

Yves de Chartres mourut le 23 décembre 1116, et fut l’objet d’une immédiate vénération.

Son culte a été confirmé en 1570.

 

 

Hartmann de Bressanone

1090-1164

 

Hartmann naquit vers 1090 à Polling (Passau, Bavière, Allemagne SE), dans une famille aisée.

Il étudia chez les Augustins de Passau et reçut un canonicat. Il fut ordonné prêtre.

Il contribua fortement au rétablissement de la Règle augustinienne, sur l’invitation de l’évêque de Salzbourg. De doyen du chapitre (1122), il passa à la maison de Chiemsee pour la réformer, puis sur invitation du margrave Leopold, à Klosterneuburg, où il fut doyen. Il se montra champion de la réforme grégorienne.

En 1140, il fut appelé au siège épiscopal de Brixen (auj. Bressanone), un grand diocèse à l’époque, qui faisait de Hartmann un éminent prince-évêque.

Après la pénible période de la Querelle des Investitures, il fallait remonter le diocèse. Hartmann commença par rétablir une certaine discipline dans le chapitre et d’en faire le modèle de son clergé. Célébrant chaque jour la Messe, il s’imposa le cilice, des flagellations, en même temps qu’il nourrissait une profonde vénération pour la Mère de Dieu.

Il fonda la nouvelle communauté augustinienne de Neustift, ainsi qu’un hospice pour les pèlerins pauvres.

Il mourut en odeur de sainteté le 23 décembre 1164.

Peu après on le considérait déjà bienheureux et même saint. Son culte fut confirmé en 1784.

 

 

Nicolás Factor Estaña

1520-1583

 

Nicolás Factor Estaña naquit le 29 juin 1520 près de Valencia (Espagne), de Vicente, un sicilien tailleur de son métier, et Ursula Estaña. Son premier prénom était en réalité Pedro, étant né le jour de la fête de saint Pierre. 

Il semblait être né pour suivre saint François d’Assise. Encore enfant, il se prosterna à la porte de son église paroissiale pour embrasser les pieds d’un lépreux. Il vint collaborer aux soins des malades dans l’hôpital. Il jeûnait chaque semaine.

Le jeune homme, qui n’avait aucune inclination pour quelque métier, entra chez les Franciscains Observants en 1537 et fut ordonné prêtre en 1544.

Il allait être chargé de la prédication pendant presque quarante ans. Mais sa sainteté le fit nommer Gardien (supérieur) de plusieurs couvents : Santo Espíritu, Chelva, Val de Jesús, Murviedro, Bocairent. Et il fut chargé de confesser les Religieuses de la Trinité à Valencia, les Clarisses à Gandía, les Carmélites à Madrid.

Sa prédication était enflammée, il émouvait et obtenait des conversions. 

S’il n’eut pas la permission d’aller verser son sang en pays musulman, il s’efforça de gagner des mahométans à la Vérité : à Segorbe, il leur proposa même l’épreuve du feu, pour leur prouver la vérité de la religion chrétienne.

Maître des novices, il s’humiliait devant eux et leur ordonnait de lui donner la discipline, exigeant un certain nombre de coups. A part cela, il s’imposait trois fois la discipline chaque jour ; il ne prenait que du pain et de l’eau. Il marchait pieds nus, il dormait sur une table, la tête sur une pierre. Avant de célébrer, il prenait un bain complet, mais d’eau froide : son amour de Dieu devait réchauffer l’eau.

Il soulagea les pauvres, leur donnant parfois jusqu’à la tunique ; quand il puisait dans le coffre du couvent pour donner l’aumône, jamais l’argent ne manqua pour les nécessités du couvent.

Nicolás aimait beaucoup la musique, et maniait les pinceaux adroitement.

Dieu le favorisa d’extases ; la Vierge Marie lui remit l’Enfant-Jésus dans les bras. Un jour qu’il se trouvait devant l’archevêque de Tarragona, on entonna le psaume 112 (Laudate Pueri Domini), et Nicolás se trouva déjà en extase au second verset (Que le nom du Seigneur soit béni) : le prélat demanda alors à un peintre d’en faire immédiatement un tableau.

Nicolás eut de grands amis, tous aussi assoiffés de sainteté, parmi lesquels Pascual Baylón (v. 17 mai), Gaspar de Bono (v. 14 juillet), Juan de Ribera (v. 6 janvier) et surtout Luis Bertrán (v. 9 octobre).

Après la mort de ce dernier (1581), Nicolás voulut trouver plus d’austérité en passant chez les Récollets (réformés) d’Onda ; ce couvent ayant été supprimé, il rejoignit alors les Capucins de Barcelone, où la règle franciscaine stricte était plus conforme à celle des premiers Franciscains. Enfin en 1583, Nicolás regagna le premier couvent de l’Observance, où il avait commencé sa vie religieuse.

Nicolás Factor Estaña mourut le 23 décembre 1583, répétant Jésus, je crois.

Il fut béatifié en 1786.

 

 

Marguerite d’Youville

1701-1771

 

Cette fleur de la terre du Québec est l’aînée de six enfants. Elle naît le 15 octobre 1701 à Varennes (Montréal, Canada).

Son père est Christophe Dufrost de Lajemmerais, qui mourra en 1708. Sa mère est Marie-Renée Gaultier de Varennes. 

Son arrière-grand-père intervient et lui offre deux années d’études chez les Ursulines de Québec. Elle est déjà bien mûre pour son âge.

Elle revient chez sa mère, qu’elle aide de son mieux, et qu’elle accompagne à Montréal, car cette mère va se remarier. Marguerite, de son côté, fait des projets avec Louis-Hector Piot de Langloiserie. Mais cette famille désapprouve le remariage de la mère de Marguerite, qui doit alors rompre ses fiançailles et épouse alors en 1722 François d’Youville. Ils auront six enfants, dont quatre mourront en bas âge : Timothée, Ursule, Marie-Louise et Ignace. Les deux autres sont Joseph-François et Charles-Marie, qui deviendront prêtres.

Le foyer ne connaît pas le bonheur : François est indifférent, s’absente, boit et vend de l’alcool aux Indiens. Marguerite reste fidèle, elle le soigne avec grande tendresse lors de la maladie soudaine qui va l’emporter. Lorsqu’il meurt à trente ans en 1730, elle est enceinte du sixième enfant (qui sera mort-né). Il y a aussi à la maison la belle-mère de Marguerite, au caractère difficile…

La dévotion principale de Marguerite est Dieu le Père, dans sa bonté et sa providence. Marguerite continue vaillamment l’éducation de ses deux garçons, mais elle désire faire du bien autour d’elle, voulant se faire l’écho de la bonté de Dieu pour tous. En 1737, elle recueille chez elle une femme aveugle et, le 31 décembre de la même année, elle se consacre à Dieu pour Le servir dans la personne des plus démunis. Avec trois Compagnes, elle se trouve alors aux débuts des Sœurs de la Charité de Montréal, ou «Sœurs Grises».

Ces premiers pas ne sont pas simples : la bourgeoisie se moque d’elle ; on la calomnie ; elle-même devient malade et une de ses Consœurs décède. Un incendie détruit son logis. Mais elle est courageuse et persévère. Plus que jamais elle veut aider le plus grand nombre de personnes dans le besoin. Avec ses deux autres Compagnes, elle met tout en commun en 1745 et prend la direction de l’Hôpital des Frères Charon, qui tombe en ruine. Elle devient la «mère des pauvres». Elle multiplie les services en faveur des pauvres et des malheureux, quels qu’ils soient : soldats infirmes, personnes âgées, malades mentaux, incurables, orphelins. Plus tard encore, les épileptiques, les lépreux, tous ceux qui étaient exclus de l’Hôtel-Dieu.

En 1755, l’évêque reconnaît et approuve la règle de l’Institut. De son côté, la Mère d’Youville assume la dette de 49000 livres pour restaurer l’établissement. Ses revenus étaient la fabrication de vêtements pour les magasins royaux et les marchands.

Pendant la guerre de Sept Ans, il y a tant de soldats britanniques dans l’hôpital que toute une aile est appelée la salle des Anglais. En particulier, un soldat captif des Indiens et destiné à la torture, fut racheté par Mère Marguerite. Elle sauva plusieurs fugitifs, dont un qui plus tard prévint le bombardement de l’hôpital.

En 1765, l’hôpital est ravagé par un incendie, mais la foi et le courage de Marguerite ne sont pas ébranlés : elle invite ses Sœurs et les pauvres à accepter la volonté de Dieu et fait reconstruire l’hôpital. Vers la même époque, Marguerite achète une grande propriété à Châteauguay, qui lui permettra d’assurer l’approvisionnement en nourriture de tous ses pensionnaires ; elle y fait construire aussi un moulin. 

Marguerite aura servi toute sa vie Jésus-Christ en ses pauvres.

Epuisée, Marguerite meurt le 23 décembre 1771, dans une chambre de son hôpital, des suites d’une attaque subie début novembre.

Qui lui succédera sera une orpheline recueillie par elle : Thérèse Lemoine-Despins.

Le mot d’ordre de Mère Marguerite pour ses Sœurs est de maintenir l’union la plus parfaite entre elles. Ainsi les Sœurs Grises de Montréal vont se développer et donner naissance à d’autres communautés, à Saint-Hyacinthe, à Ottawa, à Québec, à Philadelphia et à Pembroke ; récemment aussi au Brésil, en Colombie… Elles entourent d’amour maternel tous ceux qui sont délaissés : orphelins, adolescents inquiets, jeunes filles bafouées, épouses abandonnées, malades…

Marguerite d’Youville a été béatifiée en 1959, canonisée en 1990. Elle est inscrite au Martyrologe à son dies natalis, le 23 décembre.

Le miracle retenu pour la canonisation est la guérison, en 1978 et par l’intercession de Marguerite, d’une jeune femme atteinte de leucémie myéloblastique.

Au Canada Marguerite d’Youville reste présente : la Municipalité Régionale de Comté (MRC) de Marguerite d’Youville, qui a mandaté le Centre Local de Développement (CLD), également intitulé à Marguerite d’Youville, un organisme à but non lucratif et reconnu par le ministère du Développement, afin de favoriser l’essor économique du territoire par le démarrage, la consolidation et l’expansion d’entreprises ainsi que la création d’emplois. On signalera aussi une Ecole primaire (trois-cents élèves au cœur du Vieux Cap-Rouge), un Refuge faunique (Île Saint-Bernard) où Marguerite avait acquis les terrains de Châteauguay.

Antonio Galvão de França

1739-1822

 

Quatrième de dix (ou onze) enfants d’une famille aisée et pieuse de Guaratingueta (Aparecida, Brésil), Antonio naquit le 10 mai 1739.

Son père, portugais (Antonio Galvão de França), était devenu la première personnalité du village ; membre du Tiers-Ordre franciscain, il était connu pour sa foi et sa générosité. Sa mère, Isabel Leite de Barros, fille d’agriculteurs, de la famille du célèbre Fernão Dias Pais, décéda prématurément en 1755 à trente-huit ans. Généreuse elle aussi, elle avait fait don de tous ses vêtements aux pauvres au moment de sa mort.

Antonio a treize ans quand il entre au séminaire des Jésuites de Belém, où se trouve déjà son frère aîné. Mais à cette époque, une «persécution» se déchaîne contre les Jésuites, et Monsieur Galvão conseille à son fils de frapper chez les Franciscains, au couvent Saint-Bonaventure de Macacu (Itaboraí, Rio de Janeiro).

Antonio a alors vingt-et-un ans. Comme novice il prend le nom de Antonio Galvão de Sainte-Anne, car sa famille était très dévote de sainte Anne. Au noviciat, Antonio est remarqué pour sa piété, son zèle, ses vertus. Il fait la profession solennelle en 1761, et fait en même temps le serment de toujours défendre la doctrine de l’Immaculée Conception, encore controversée à l’époque. Sa dévotion à Marie, en particulier par le chapelet, sera une des marques constantes de sa vie. 

Il est ordonné prêtre en 1762, et on l’envoie à São Paolo pour y achever ses études ; en chemin, il fait un petit détour par son pays natal pour y célébrer la première messe solennelle dans l’église où il avait été baptisé.

A partir de 1768, il exerce le saint ministère, confesse les religieuses et les membres du Tiers-ordre. Il se montre attentif aux difficultés des pauvres, des malades, des esclaves. On l’appellera homme de paix et de charité.

En 1770, invité à l’Académie des Arts, il présente diverses œuvres littéraires qu’il a composées.

Sur indication d’une Religieuse qui aurait reçu un message du Ciel, il fonde un nouveau monastère, Notre-Dame de la Lumière, en l’honneur de l’Immaculée Conception de Marie, après avoir dûment constaté que ce message était certainement authentique. Le couvent est fondé en 1774.

Il y eut une polémique au sujet de ce couvent. Un Supérieur fut d’avis de le fermer, et Antonio obéit. Mais les Religieuses n’entendaient pas quitter leur couvent, et la population faisait pression, ainsi que l’évêque, pour qu’il fût rouvert. Non seulement il rouvrit, mais on dut l’agrandir. Les travaux y durèrent près de trente ans. C’est maintenant un grand monastère, qui appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Un incident faillit tourner à l’expulsion du frère Antonio. En 1780, un soldat est condamné à mort : il a légèrement blessé le fils du Capitaine de São Paolo. Le frère Antonio intervient en faveur du soldat, qui est exécuté ; en plus, le frère reçoit l’ordre de quitter la ville. La foule proteste, au point que pour éviter une révolution, le Capitaine rappelle le Religieux.

De son vivant il eut le don des miracles, de la lévitation, de la bilocation, de la prémonition.

Il mourut le 23 décembre 1822.

Jusqu’à ses funérailles, la foule vint le vénérer ; on tailla tant de morceaux de tissu de sa bure, qu’elle ne lui arrivait plus qu’aux genoux !

Antonio Galvão de Sainte Anne sera béatifié en 1988 et canonisé en 2007. C’est le premier brésilien autochtone béatifié et canonisé.

Un des miracles qu’il fit de son vivant est d’avoir guéri instantanément un malheureux qui souffrait énormément des reins. Il lui fit avaler une petite boulette de papier où il avait écrit ces mots d’une invocation à la Vierge Marie : Post partum, Virgo, inviolata permansisti. Dei genitrix, intercede pro nobis (Après l’enfantement, ô Vierge, tu es demeurée inviolée. Mère de Dieu, intercède pour nous). Encore actuellement, les religieuses distribuent chaque jour jusqu’à trois cents de ces «boulettes».

Le miracle retenu pour la canonisation, fut la naissance d’un petit Enzo, dont la maman ne parvenait pas à mener à terme ses grossesses. Elle prit une de ces «boulettes» et accoucha bientôt de son petit Enzo, qui avait onze ans quand il assista à la canonisation de saint Antonio Galvão.

Saint Antonio Galvão est l’un des patrons des JMJ de 2013, avec le bienheureux Jean-Paul II, Notre-Dame d’Aparecida, Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et Saint Sébastien.

 

 

Cho Yun-ho Yosep

1848-1866

 

Yosep (Joseph) était né en 1848 à Sinchang (Chungchŏng-do, Corée). Il ressemblait beaucoup à son père, Cho Hwa-so Peteuro (voir au 13 décembre), et pratiquait fidèlement son christianisme, comme ses parents.

Marié à dix-sept ans, il vivait chez eux avec sa jeune épouse, lorsque la persécution éclata.

Il était de retour chez lui lorsqu’il vit qu’on emmenait son père, lequel lui cria de partir. Mais Josephus se rendit spontanément. Ainsi père et fils s’encouragèrent mutuellement à persévérer dans la foi.

Aux interrogateurs, Yosep répondit que son professeur de catéchisme avait été son grand-père qui, lui-même, n’avait jamais eu chez lui de livres catholiques. On tortura le jeune homme, qui résista aux souffrances et resta fidèle.

Puis on les envoya tous deux à la prison de Chŏnju.

En prison, on tortura encore et encore Josephus, qui défendit courageusement sa foi au Christ.

Le 13 décembre, on emmena le père de Yosep pour l’exécuter. Yosep demanda à être pris avec son père mais on lui répondit que, selon la loi, on ne pouvait exécuter père et fils le même jour au même endroit.

Le gouverneur insista encore auprès de Yosep, lui promettant la restitution de tous ses biens, s’il apostasiait. Yosep ne l’écouta pas même.

Au jour de l’exécution de Yosep, les bourreaux couraient en tirant la charrette en bois attachée au cou du garçon, pour l’éreinter encore plus, après les nombreuses et pénibles tortures qu’il avait déjà subies précédemment.

Parvenu à Sŏch’ongyŏ (Chŏnju), le lieu de l’exécution, le gouverneur revint à la charge avec ses vaines propositions, et bien inutilement.

Yosep mangea son dernier repas, qu’il fit précéder d’un grand et calme signe de croix.

On battit encore Yosep, qui finit par succomber sous les coups. Il avait presque dix-neuf ans.

Ainsi, trois générations avaient reçu la gloire du martyre, mais on n’a pas retenu la date précise concernant le grand-père ; le père de Yosep, comme on l’a vu, mourut le 13 décembre 1866.

Pour Yosep, ce fut le 23 décembre 1866.

Yosep a été béatifié en 1968, et canonisé en 1984, comme son père.

Enrique Cañal Gómez

1869-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 20 mars 1869 à Corias (Cangas del Narcea, Asturies, Espagne) et fut baptisé le lendemain.

Il suivit l’école locale tenue par les Dominicains, et entra au noviciat, pour faire la profession en 1885 et les études de philosophie.

En 1889, il alla faire la théologie à Las Caldas de Besaya, où il fut ordonné prêtre en 1891.

En 1896, il fut aumônier des Dominicaines de Santillana del Mar.

Tout en conservant cette dernière charge (jusqu’en 1909), il fut en 1905 directeur et sous-prieur à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria), et prieur durant l’année 1906. Il avait une réelle réputation de sainteté.

En 1909, il fut au collège de Ségovie, en même temps qu’aumônier des Dominicaines, professeur et, à partir de 1910, supérieur de la communauté.

En 1911, autre mission : il fut sous-prieur et maître des Frères coopérateurs à San Pablo de Valladolid ; il fut aussi confesseur des Dominicaines à Porta Cæli, où on ne se gêna pas pour le calomnier honteusement : il n’en fut que plus estimé quand on comprit l’erreur qui le frappait.

De 1915 à 1928, il accomplit un travail extraordinaire au couvent de l’Olivar (Madrid), avant de regagner Las Caldas de Besaya comme directeur spirituel, directeur de l’école, maître des Frères coopérateurs. Il fut tout à tous, mais surtout un modèle unanimement apprécié de vie religieuse.

Lors de la révolution de 1936, il prêcha les exercices spirituels. Le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Epifanio Gómez Álvaro

1874-1936

 

Epifanio naquit à Lerma (Burgos, Espagne) le 7 avril 1874 et reçut le baptême le 9 avril.

Il entre chez les Augustiniens à Valladolid en 1890 et, durant ses études de théologie, est envoyé aux Philippines en 1896 pour y achever sa préparation sacerdotale et se préparer aux missions.

Il est ordonné prêtre à Manille en 1897 ; revenu en Espagne pour se refaire une santé (1899), il part au Brésil où il s’occupe activement de la paroisse et de l’enseignement.

De retour en Espagne, il est à Cádiz puis à Santander.

Quand la révolution éclate en juillet 1936, il se réfugie d’abord chez un particulier, mais il sera découvert et arrêté, puis porté à la tristement célèbre tchéka de Neila (Santander). 

De là, au soir du 22 décembre 1936, on le transporte au phare de Santander, d’où on le lance dans la mer, les mains attachées à la ceinture et une pierre au cou.

Le courant marin transporta son corps jusqu’aux côtes de Vendée, où il fut repêché avec le cadavre de beaucoup d’autres, certains méconnaissables.

Ce saint Religieux avait soixante-deux ans. Il a été béatifié en 2007. On place son dies natalis au 23 décembre.

 

 

Manuel Gutiérrez Ceballos

1876-1936

 

Manuel naquit le 4 février 1876 à Torrelavega (Santander, Espagne) et fut baptisé le 7 suivant.

Très tôt orphelin de père, il fut confié par sa mère aux pères Dominicains de Las Caldas de Besaya, où il fit ses études. Puis il entra au noviciatet de Padrón, professa en 1892 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1899.

Il eut une vie apostolique aussi intense que variée. Après quelques missions à travers l’Espagne, il partit pour le Pérou, de 1913 à 1917, où il espérait travailler parmi les peuplades d’Amazonie. Mais il demeura à Lima et, revenant en Espagne, il fut à Las Caldas de Besaya, transféré en 1923 à l’Olivar de Madrid, puis supérieur à Pamplona en 1924, année où il reçut le titre de prédicateur général.

En 1926, il passa à Atocha (Madrid), en 1927 à Salamanque comme professeur d’éloquence sacrée, en 1932 à Valladolid, en 1933 à Palencia, pour finir de nouveau en 1936 à Las Caldas de Besaya.

Ce Dominicain était un véritable prêcheur, d’une profonde piété : il se confessait avant de monter en chaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Manuel fut béatifié en 2007.

 

 

Eliseo Miguel Largo

1889-1936

 

Eliseo naquit le 28 août 1889 à Lampreana (Zamora, Espagne) et fut baptisé le 31 suivant.

Il fit ses études à Las Caldas de Besaya et entra au noviciat dominicain ; il fit la profession en 1908 et fit les études de philosophie à Corias.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1917. Il y accompagnait l’aumônier des Dominicaines dans ses visites au couvent. C’était un prêtre profond, qui se mortifiait et qui avait le souci de respecter sa Règle.

Il enseigna en divers collèges : Vergara (Guipúzcoa), La Felguera (Asturies) et Las Caldas de Besaya.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Le corps du père Eliseo fut retrouvé un mois plus tard au bord du quai de Somo, de l’autre côté de la baie de Santander.

Le père Eliseo fut béatifié en 2007.

 

 

Enrique Izquierdo Palacios

1890-1936

 

Enrique (Henri) naquit le 17 février 1890 à Oviedo (Asturies, Espagne), fut baptisé le surlendemain et confirmé le 3 avril 1893.

Après avoir commencé le séminaire diocésain, il entra au noviciat dominicain de Padrón (La Coruña) et fit la profession en 1906 ; il fit les études de philosophie à Corias.

En 1910, il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1914.

Il fut professeur à Corias et Navelgas (Asturies) puis fut envoyé à Las Caldas de Besaya (Los Corrales de Buelna, Cantabria) comme supérieur et directeur, apprécié de tous.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns. Sombre nuit de Noël !

Le père Enrique fut béatifié en 2007.

 

 

Miguel Rodríguez González

1892-1936

 

Miguel naquit et fut baptisé le 10 juin 1892 à Piñera de Abajo (Asturies, Espagne) et confirmé en 1894.

Il commença l’étude du latin chez son curé et, à douze ans, entra au collège de Umieta (Guipúzcoa), puis passa à l’école apostolique (dominicaine) de Corias. Après la profession en 1909, il fit les études de philosophie.

Il alla faire la théologie à Salamanque, où il fut ordonné prêtre en 1916. 

Ceux qui le connurent comme confrère ou professeur, surent en faire l’éloge comme d’un remarquable Religieux, estimé et admiré de tous.

Lui aussi fut nommé en divers postes : Las Caldas de Besaya, Corias, de nouveau Las Caldas en 1922, Vergara (Guipúzcoa) en 1926-1928, Ciaño (Langreo, Asturies), Navelgas en 1930-1931, enfin de retour à Las Caldas où il se trouvait en 1936.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le père Miguel fut béatifié en 2007.

 

 

Bernardino Irurzun Otermín

1903-1936

 

Bernardino naquit le 17 mai 1903 à Eguiarreta (Navarre, Espagne), fut baptisé le 19, veille de la fête du célèbre Bernardin de Sienne, dont il reçut le nom, et fut confirmé en octobre de la même année.

Attiré dès sa jeunesse par la vie religieuse, il entra au couvent de Corias comme frère coopérateur et y commença le noviciat, qu’il acheva à Salamanque, avec la profession en 1931. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un remarquable Religieux, obéissant et humble, excellent jardinier. Tout le temps libre dont il disposait, il le passait devant le Saint Sacrement.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le Frère avait trente-trois ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Bernardino fut béatifié en 2007.

 

Eleuterio Marne Mansilla

1909-1936

 

Eleuterio naquit le 17 février 1909 à Gusendos de los Oteros (León, Espagne), fut baptisé le 20, fête de saint Eleuthère, dont il reçut le nom, et fut confirmé en 1911.

Adolescent, il travailla aux champs.

En 1931, il fut attiré par la vie religieuse et commença le noviciat au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1933. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1933.

C’était un excellent Religieux, très dévot de la Sainte Vierge. On lui confia principalement la cuisine.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Eleuterio fut béatifié en 2007.

 

 

Pedro Luis Luis

1915-1936

 

Pedro naquit le 11 septembre 1915 à Monsagro (Salamanca, Espagne), fut baptisé le lendemain, et fut confirmé en 1918.

Orphelin de mère à trois ans, il grandit auprès de sa grand-mère paternelle.

En 1928, il entra à l’école apostolique dominicaine de Las Caldas de Besaya, puis en 1931 passa à Corias. Mais la maladie l’obligea à revenir chez son père, où il travailla au milieu des bêtes du pâturage.

Il fréquenta le proche sanctuaire de Notre-Dame de la Peña de Francia où, en été 1932, les pères Dominicains lui suggérèrent la vie religieuse en tant que Frère coopérateur. Après le noviciat, il fut au couvent dominicain de Salamanque, avec la profession en 1934. 

Il fut ensuite envoyé à Las Caldas de Besaya en 1935.

C’était un excellent Religieux, qui s’occupa principalement du vestiaire.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère Pedro fut béatifié en 2007.

 

 

José María García Tabar

1918-1936

 

José María naquit le 10 décembre 1918 à Lubier (Navarre, Espagne), fut baptisé le 13 suivant, et fut confirmé en 1922.

Orphelin de père à deux ans, il partit avec sa mère à San Sebastián, où celle-ci trouva quelque petit travail pour élever ses enfants.

En 1925, elle confia son garçon aux Filles de la Charité de Vergara (Guipúzcoa), où José María reçut une excellente éducation. Après la première formation, il entra au collège des Dominicains, puis au séminaire de Saturrarán, mais les études étaient peut-être trop difficiles pour lui.

Très pieux cependant, il revint à Vergara et demanda son admission comme frère coopérateur parmi les Dominicains.

Il fi le noviciat au couvent de Salamanque, avec la profession en 1936. 

Il fut ensuite envoyé au mois de mai à Las Caldas de Besaya.

On lui confia la porterie. Là, il dut ouvrir souvent aux miliciens qui se présentaient, soit pour des enquêtes, soit pour des fouilles, soit aussi pour des arrestations.

Lors de la révolution de 1936, le 22 juillet, les Religieux furent arrêtés et conduits quelques heures à la tchéka Neila de Santander puis, après leur avoir fortement attaché les bras au corps et leur avoir accroché un poids pesant, on les jeta à la mer dans la baie de Santander, dans la nuit du 22 au 23 décembre 1936.

Le frère José María venait d’avoir dix-huit ans.

Il y eut (au moins) une dizaine de Religieux qui furent ainsi martyrisés de cette façon. Certains corps remontèrent jusqu’en Vendée, où l’on put encore en identifier quelques-uns.

Le frère José María fut béatifié en 2007.

 

 

Karoline Anna Leidenix

1865-1941

 

Karoline était née le 28 novembre 1865 à Enzersdorf (Vienne, Autriche), de Michael et Josefa Benkhofer, et fut baptisée deux jours plus tard.

Elle eut deux petites sœurs, Mathilde et une autre mort-née.

Le papa mourut bientôt, laissant la pauvre veuve dans une situation assez difficile. Les deux petites filles furent accueillies en 1878 par la fondatrice de la Congrégation des Filles de la Divine Charité, Mère Franziska Lechner. Le tribunal accorda une petite aide pécunaire à la maman.

D’élève, Karoline devint novice chez les mêmes Sœurs. Elle prend le nom de Marija Berchmana Johanna, émet les premiers vœux en 1883 et fera les vœux solennels en 1892.

Dès 1883 elle est envoyée en Bosnie. Elle se montrera une maîtresse très habile, très active, et quand les maisons de la Congrégation durent fermer, elle continuera à donner des leçons aux enfants, catholiques, orthodoxes ou musulmans. Elle fera aussi le catéchisme.

Durant la guerre mondiale, elle aidera dans l’hôpital de Višegrad, dont l’administration lui exprimera une reconnaissance officielle et publique pour son activité chrétienne et samaritaine, prête au sacrifice.

En 1931, elle est nommée maîtresse des novices à Sarajevo, où elle laissa un souvenir de réelle sainteté, pour sa prière, son esprit de sacrifice, son dévouement, sa délicatesse. Intelligente et humble, elle ne se vexait pas quand elle comprenait qu’elle avait fait quelque erreur dans la langue croate. 

Sœur Berchmana souffrait d’asthme, et ne se plaignait jamais. Exigeante pour elle, elle voulait que chacune fût aussi exigeante pour soi-même, par amour de la règle et de l’Eglise.

Elle eut l’occasion, durant un séjour à Breške (Tuzla), d’apprendre à lire et à écrire aux petits enfants, non seulement catholiques, mais aussi musulmans, de sorte que le peuple l’avait surnommée «la sœur turque». Revenue à Pale en 1939, à l’âge de soixante-quatorze ans, elle s’occupa alors particulièrement des enfants de familles orthodoxes, et fut surnommée «la mère serbe».

Vers la fin de sa vie, elle disait : Je suis reconnaissante à Dieu pour deux choses, d’abord parce que je suis née et que j’ai grandi dans la foi catholique, et ensuite parce que j’ai été religieuse.

Quand la maison fut assaillie et incendiée le 11 décembre 1941 (voir la notice sur Kata Ivanišević), et que les Religieuses durent marcher dans la neige pendant quatre jours, la pauvre Berchmana n’en pouvait plus. Presque aveugle, elle fut installée sur une luge, mais elle tombait souvent ; aussi fut-elle abandonnée dans une cabane, puis confiée à une famille de Sjetlina.

Elle parlait peu, elle souriait. Quand on lui donnait à manger, elle s’excusait de priver les autres de leur nourriture. Elle resta là une dizaine de jours, puis les soldats vinrent la prendre avec une luge. Le père de famille leur disait de la laisser, car elle ne pouvait pas marcher. Une heure après, l’un d’eux revint, avec autour du cou le rosaire de la Sœur, disant qu’elle le lui avait donné et qu’il le gardait parce qu’il en avait besoin. Puis on leur dit qu’on la conduisait vers les autres Sœurs, à Goražde.

En réalité, Sœur Berchmana fut abattue non loin de Sjetlina, sous le pont de Prača (qui se jette dans la Drina). Plus tard, une certaine Vesna reçut l’habit noir de la Religieuse, avec l’ordre d’en faire un drapeau pour les soldats. On n’a cependant jamais retrouvé la tombe de la Sœur Berchmana, qui fut probablement, elle aussi, jetée dans la rivière.

Sa mort arriva le 23 décembre 1941, et elle fut béatifiée avec ses Consœurs en 2011.

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