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24 décembre 2019 2 24 /12 /décembre /2019 00:00

 

24 DÉCEMBRE

 

-XX

La commémoraison de tous les saints ancêtres du Christ.

V.

S Delphinus, évêque à Bordeaux ; il baptisa s. Paulin de Nole.

VI.

Ste Tarsilla, vierge, tante de s. Grégoire le Grand.

VIII.

Ste Irmine, fille de Dagobert II, protectrice des missions de s. Willibrord.

Ste Adèle, (autre ?) fille de Dagobert II, fondatrice d'une abbaye à Pfalzel.

XI.

B Bruno, convers bénédictin à Ottobeuren.

XV.

S Jan de Kȩty, prêtre polonais, professeur à Cracovie, un temps curé, prédicateur, grand voyageur ; controversiste, il savait toucher par sa douceur ; fêté le 23 décembre.

XVIII.

B Bartolomeo Maria Del Monte, prêtre à Bologne ; cinquième enfant, ses frère et sœurs moururent en bas âge ; fervent de l'Eucharistie, il prêcha partout avec un immense succès et fonda l'Œuvre Pie des Missions ; béatifié en 1997.

XIX.

Ste Costanza (Paola-Elisabetta) Cerioli, veuve, fondatrice de l'Institut de la Sainte-Famille à Bergame, pour s'occuper des petits garçons et des petites filles pauvres, canonisée en 2004.

S Yussuf Makhluf (Sharbel), prêtre et ermite maronite dont le corps est resté intact, souple, exsudant une sorte de baume miraculeux, fêté le 24 juillet.

XX.

B Ignacio Caselles García (Juan Crisóstomo, 1874-1936), capucin espagnol martyr à Orihuela, béatifié en 2013.

B Pablo Meléndez Gonzalo (1876-1936), avocat espagnol père de dix enfants, martyr (avec son fils Alberto) près de Valencia, béatifié en 2001 (le 23 décembre au Martyrologe).

Delphinius de Bordeaux
† 404

Les dates de Delphinius restent assez approximatives.
Il est le deuxième évêque de Bordeaux (après Orientalis) et aurait siégé à partir de 380, ou peut-être un peu avant.
De ce long pontificat, on retiendra d’abord le concile de Saragosse (380), auquel participa Delphinius. On y condamna la doctrine de Priscillianus, décision réitérée au concile de Bordeaux, présidé cette fois par Delphinius lui-même en 384. 
Concernant Priscillien, il sera jugé et condamné à mort dans un tribunal civil à Trèves (385), malgré les efforts de s.Martin (v. 11 nov.) pour obtenir sa grâce. Dans cette affaire, l’attitude commune de Delphinius, de s.Ambroise de Milan (v. 7 déc.) et du pape Damase (v. 11 déc.) montre combien ces trois personnages étaient liés par une même doctrine et une réelle amitié.
S.Paulinus de Nole (v. 22 juin) fut le disciple de Delphinius et fut baptisé par lui, avant d’être nommé évêque à Nole (Italie). La correspondance entre eux deux nous apprend qu’en 399, Delphinius fut assez gravement malade.
Delphinius mourut vers 402 ou 403, après un épiscopat d’environ un quart de siècle.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Delphinius de Bordeaux au 24 décembre.


Tarsilla de Rome
6. siècle

Le saint pape Grégoire le Grand (v. 3 sept.) avait de qui tenir : sa mère sainte Silvia et deux de ses tantes paternelles, les vierges Tarsilla et Æmiliana, sont au Martyrologe (v. 3 nov. et 5 janv.). Mais aussi, le pape s.Felix III était un de leurs ancêtres (v. 1.mars). 
Or, ce s.Felix apparut en songe à Tarsilla - vers la fin du sixième siècle, lui disant : Viens ! je vais te recevoir dans cette Maison de lumière !
Au réveil, Tarsilla fut prise de fièvre et mourut très peu après.
Quand on lava son corps, on s’aperçut que la peau de ses genoux et de ses coudes était durcie, à la suite de ses longues prières.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Tarsilla de Rome au 24 décembre.


Irmine de Trèves
† 708

Une pieuse tradition, aujourd’hui contestée, présente Irmine comme la fille du roi Dagobert.
Alors qu’elle était fiancée au comte Hermann, ce dernier mourut, avant le mariage. Récemment, on aurait cependant avancé qu’elle fut l’épouse d’Hugobert († 697) et la mère de cinq filles (Adela, Rolande, Plectrude, Regentrude, Bertrade), mais ces données sont encore à vérifier.
Irmine fonda alors le monastère d’Oeren à Trèves et elle en fut l’abbesse.
Grand soutien de l’activité de s.Willibrord (v. 7 novembre), elle lui céda sa villa d’Echternach en 698, avec l’église et le petit monastère qu’elle y avait fait construire. Par la suite, elle lui donna aussi une villa proche de Tolbiac et une autre à Steinheim. 
Elle lui remit aussi une vigne près de Trèves : ce n’est pas que l’évêque eût grand besoin de boire de ce breuvage, mais il ne faut pas oublier que les prêtres célèbrent nécessairement la Messe avec du vin.
Irmine mourut la veille de Noël, vers 708.
L’abbaye d’Oeren, plus tard appelée Sainte-Irmine, transformée en hôpital en 1804, fut détruite par les bombardements de décembre 1944 ; on a reconstruit les bâtiments, mais pas l’église.
Sainte Irmine de Trèves est commémorée le 24 décembre dans le Martyrologe Romain.


Adula
8e siècle

Des incertitudes ont plané sur les documents concernant cette Sainte.
Adula (Adèle) aurait été fille de Dagobert II, et grand-mère de l’évêque saint Grégoire d’Utrecht (voir au 25 août).
A la mort de son époux, elle se fit religieuse et fonda l’abbaye de Pfalzel (Trèves, Allemagne), dont elle fut même abbesse.
Si ces données se vérifiaient, Adèle serait la sœur de sainte Irmine, autre fille de Dagobert II, et fêtée le même jour, morte une trentaine d’années avant Adèle.
Adèle serait morte vers 735, un 24 décembre.
Elle n’est pas mentionnée au Martyrologe romain actuel.


 

Jan de Kęty

1390-1473

 

Jan (Jean) naquit le 23 ou le 24 juin 1390 à Kęty (Cracovie, Pologne), non loin de l’actuelle Oświęcim (Auschwitz). En français, on écrit d’ordinaire Kenty.

Il était fils de Stanisłas, bourgeois et maire de Kęty, et Ana. Il leur devait une douceur de caractère qu’il montra dès son enfance.

Après ses études de philosophie à l’université Jagellone de Cracovie, il fut ordonné prêtre à trente ans environ. 

Il fut professeur à l’école monastique de Miechow à partir de 1421. Il recopiait des manuscrits avec une ardeur inlassable : on en aurait reproduit en micro-flms plus de dix-huit mille pages. On a aussi retrouvé de lui des fragments de chants à deux voix.

En 1429 il enseigna à l’université de Cracovie la logique, la physique ; il commenta Aristote ; il fut deux fois doyen de la faculté.

En (ou vers) 1420, il entreprit des études approfondies de théologie, il fut bachelier et, plus tard, docteur (1443). Dans l’intervalle, il fut curé de paroisse à Olkuszu (1439), mais peu de temps : il conçut de la crainte pour la responsabilité qu’il portait devant Dieu pour les âmes, et demanda à être déchargé de cette mission, pour retourner à l’enseignement. 

En dehors de la prédication et de l’enseignement, Jan priait et se mortifiait. Il dormait peu, mangeait peu, portait un cilice et se frappait avec la discipline. Il s’arrangeait pour être inaperçu dans ses aumônes, par exemple en laissant traîner son manteau pour cacher ses pieds nus. Un jour, la Sainte Vierge lui apparut et lui rendit le manteau qu’il venait de donner à un pauvre transi de froid. 

Les trente dernières années de sa vie, il renonça totalement à la viande ; mais un jour qu’il était vivement tenté d’en manger, il rôtit un morceau qu’il prit dans ses mains en disant : Ô chair, tu aimes la chair, jouis-en à ton aise ; la tentation cessa pour toujours.

Lors d’un pèlerinage à Rome, il fut tout dépouillé par des brigands ; ils lui demandèrent enfin s’il n’avait rien d’autre et Jan répondit que non ; mais il se souvint ensuite d’avoir cousu dans son manteau quelques pièces d’or : il héla ses voleurs, et courut leur donner les pièces ; eux, confus, lui rendirent tout ce qu’ils avaient pris.

Il alla quatre fois à Rome, à pied, prier sur le tombeau des Apôtres. Il se rendit aussi à Jérusalem, où il prêcha le Christ crucifié aux Turcs. 

C’est à lui que remonterait la coutume de réserver «la part du pauvre» lors d’un repas : en effet, un pauvre avait frappé à la porte au moment où Jan se trouvait au réfectoire ; il lui fit remettre son repas. D’où la formule rituelle Pauper venit, à laquelle on répond Jesus venit (Un pauvre est venu - C’est Jésus qui est venu).

Il eut des visions célestes, surtout sur la passion du Christ, qui le ravissaient en extases des nuits entières.

Sa vie terrestre cessa la veille de Noël, 24 décembre 1473, peut-être la seule date certaine que nous ayons de sa longue vie. Quant aux miracles qu’il opéra durant sa vie, ils ne cessèrent pas après sa mort.

Il a été béatifié en 1680, canonisé en 1767 et le Martyrologe romain le commémore le 24 décembre. Jan de Kęty a longtemps été fêté le 20 octobre.

Saint Jan de Kęty est le patron de la Pologne. On l’invoque spécialement dans les cas de phtisie et d’épidémies.

 

Un institut de vie consacrée a été fondé récemment à Chicago sous l’appellation de Chanoines Réguliers de Saint-Jan-de-Kęty (Canons Regular of St. John Cantius ou Society of St. John Cantius), avec pour mission de redécouvrir le sens du sacré dans la liturgie et la culture catholique.

 

 

Bartolomeo Maria Del Monte

1726-1778

 

Né le 3 novembre 1726 à Bologne (Italie), Bartolomeo était le cinquième enfant de parents aisés de cette ville, mais ses quatre aînés étaient morts à la naissance, de sorte qu’Anna Maria Bassani, la maman, avait fait un vœu particulier à saint Francesco de Paola (voir au 2 avril) pour avoir un fils.

L’enfant fut baptisé dès le 4 janvier, sous les noms de Bartolomeo, Carlo, Maria, Melchiorre ; il reçut la Confirmation vers sept ans, des mains d’un certain Prospero Lambertini, futur pape Benoît XIV. Puis il fréquenta le collège des Jésuites.

Quand sa vocation mûrit, le garçon rencontra la forte opposition de son père, mais devenu majeur, il se prépara décidément au sacerdoce, voulant suivre les traces du grand prédicateur saint Leonardo de Porto Maurizio (voir au 26 novembre).

Il fut ordonné prêtre en 1749 et reçut en 1751 le doctorat en théologie.

Il se dédia à la prédication dans les paroisses du diocèse puis, invité toujours plus loin, parcourut les diocèses de toute l’Italie centrale et septentrionale : les missions de paroisses, les prédications de carême, les retraites au clergé, par centaines, obtinrent des conversions et des réconciliations nombreuses.

Sa parole était précise, exigeante, mais sans rigueur excessive, au point qu’on l’appela le missionnaire de la discrétion. Il invoquait particulièrement la Mère de Dieu sous le vocable de Mère de la Miséricorde.

En 1774, c’est lui qui fut chargé de prêcher à Rome le retraite préparatoire à l’Année Sainte pour le clergé.

Le pape voulait le retenir à Rome, mais il refusa. Le cardinal de Bologne l’avait nommé recteur du séminaire, il refusa aussi, humblement, pour rester libre de prêcher encore d’autres missions.

Plein de zèle missionnaire, il s’offrit pour les missions en Inde, mais désormais sa santé était trop affaiblie par ses continuels voyages par tous les temps et sur toutes les routes cahoteuses.

Avec son héritage, il fonda ainsi la Pieuse Œuvre des Missions, pour consolider son apostolat et celui d’autres prêtres qui auraient suivi son exemple. Pour eux il écrivit divers ouvrages, en particulier Jésus, dans le cœur du prêtre séculier et régulier (considérations pour chaque jour du mois), qui fut édité plusieurs années de suite et sera finalement imprimé par la Typographie vaticane en 1906.

Vers octobre de 1778, il annonça qu’il mourrait dans deux mois, la nuit de Noël, ce qui arriva : le 15 décembre, il ne put achever la célébration de la Messe ; survinrent des complications pulmonaires ; l’apôtre s’éteignit au soir du 24 décembre 1778, à Bologne.

Bartolomeo Maria fut béatifié en 1997.

 

 

Costanza Cerioli

1816-1865

 

Cette vaillante mère de famille naquit le 28 janvier 1816 à Soncino (Crémone, Italie nord), dernière des seize enfants de Francesco Cerioli et Francesca Corniani, des parents nobles et aisés.

A dix ans elle fut confiée aux Visitandines de Alzano, où elle développa ses dons naturels d’intelligence et de service fraternel, mais aussi où elle souffrit beaucoup de l’éloignement de la famille et s’habitua à se confier en Dieu seul.

En 1835, elle épousa - ou plutôt on lui fit épouser - un comte de soixante ans, avec lequel elle habita à Comonte. Son mari n’avait pas le caractère facile, ni une santé florissante, encore moins une foi débordante : elle l’assista fidèlement.

De ses trois enfants, l’un mourut à la naissance, l’autre à un an, le troisième à seize ans. Ce dernier, Carlo, peu avant de mourir, prédit à sa mère qu’elle aurait beaucoup d’enfants.

Veuve à la Noël de 1854, elle était encore vigoureuse, héritait de la fortune de son mari et voulut s’employer à faire du bien. 

Elle reçut chez elle deux orphelines, puis d’autres, puis des collaboratrices pour se faire aider, donnant ainsi naissance, le 8 décembre 1857, à une Œuvre nouvelle : l’Institut de la Sainte Famille.

Elle consacra ainsi toute sa forture et vendit tous ses bijoux, pour cette œuvre. Elle fit le vœu de chasteté et prit le nom de Paola Elisabetta.

Elle fonda ensuite l’institut masculin des Frères de la Sainte Famille, en 1863.

Le céleste Protecteur de ce double institut fut saint Joseph.

Après cette courte mais intense vie de charité, Costanza s’éteignit brusquement, chez elle à Comonte, le 24 décembre 1865.

Elle fut béatifiée en 1950, canonisée en 2004.

Youssef Charbel Makhlouf

1828-1898

 

Youssef Antoun (Joseph Antoine) reçut une éducation très pieuse dans son village familial de Bekaa Kafra (Liban nord), où il naquit le 8 mai 1828, un des cinq enfants de Antoun Zaarour Makhlouf et Brigitta Chidiac. 

Antoun, le papa, était un cocher, et mourut en 1831 au retour d’une corvée au service de l’armée turque. La maman se remaria avec Lahoud Ibrahim, un saint homme, qui devint lui-même le curé du village, sous le nom de Abdelahad.

La parenté de Youssef comptait aussi deux moines ermites. Toute cette sainte ambiance marqua profondément le petit garçon pendant toute son enfance.

Il apprit le syriaque et l’arabe à l’école.

Très orienté vers la prière solitaire, il conduisait souvent son petit troupeau vers une grotte où il avait exposé une icône de la Vierge Marie. Là, il priait tout le temps qu’il avait.

Il rejoignit en 1851 le monastère Notre-Dame de Maifouk, puis celui de Saint-Maron à Annaya, Beirouth) où il entra dans l’Ordre libanais maronite, prenant le nom de Charbel, par référence à un martyr de l’église d’Antioche du 2e siècle.

En 1853, le 1er novembre, il prononça ses vœux, puis alla étudier la philosophie et la théologie au monastère des Saints-Kobrianous-et-Justine à Kfifan (Batroun) et fut ordonné prêtre en 1859.

Il continua de suivre les conseils d’un saint moine, Nehemtallah Kassab Elhardiny, canonisé dans l’Eglise d’Antioche.

Après seize années passées à Annaya, il opta pour une vie plus retirée encore et demanda à rejoindre l’ermitage des Saint-Pierre-et-Paul, proche du monastère. Le supérieur hésitait à lui concéder cette permission, d’ordinaire rarement accordée. Pour convaincre le supérieur, Charbel demanda au sacristain de remplir la lampe du sanctuaire avec de l’eau à la place de l’huile : la lampe fonctionna quand même. Ce fut le premier miracle de Charbel, qui bien sûr obtint la permission demandée.

Toute la journée, il priait et adorait. Il ne sortira presque jamais de cet ermitage, pendant les vingt-trois années restantes de sa vie.

Le 16 décembre 1898, un accident cardio-vasculaire le frappa durant la célébration de la messe. Paralysé, il connut pendant huit jours une douloureuse agonie, et rendit son âme à Dieu le 24 décembre 1898.

Le jour de l’enterrement, il neigeait si fort qu’on n’y voyait rien. Dès qu’on commença à transporter le corps du saint moine, le temps s’éclaircit. 

Quelques mois plus tard, une belle lumière enveloppa la tombe. On s’aperçut que le corps était resté intact et suintait un mystérieux liquide huileux. Par la suite, on changea plusieurs fois les vêtements du père Makhlouf pour lui en remettre de propres, mais toujours le suintement continua, et continue encore, sans jamais aucune infection. Les experts n’ont jamais trouvé d’explication au phénomène. Des guérisons constantes et multipliées se produisirent : on en enregistra des dizaines de milliers, seulement au Liban, sans compter les autres de par le monde.

Un des miracles récents les plus célèbres fut la guérison inexplicable et étonnante d’une femme de cinquante-cinq ans, paralysée. En rêve, le 22 janvier 1993, elle vit deux moines auprès d’elle : l’un, qui se présenta comme saint Charbel, posa délicatement ses mains autour du cou pour «l’opérer», tandis que l’autre lui glissait un oreiller pour la soutenir. A son réveil, elle constata des cicatrices à son cou, et pouvait marcher normalement. Le lendemain, nouveau rêve, où saint Charbel lui expliquait qu’il avait fait cette «opération» pour faire comprendre aux Libanais qu’ils devaient retrouver la foi ; il lui demandait d’assister désormais à la messe chaque 22 du mois. 

Un autre «signe», non miraculeux en soi, mais non moins remarquable fut, dans les premières années du 20e siècle, une photographie des moines présents au monastère. Développée, la photographie faisait apparaître un moine de plus, que personne ne connaissait… sauf le plus ancien du monastère qui s’écria : Tiens ! le père Charbel ! La photographie, datée, peut encore être vue dans le monastère.

Ces signes de Dieu aboutirent à la béatification en 1965, et à la canonisation en 1977.

Le dies natalis est au 24 décembre, mais saint Charbel (on trouve aussi Sharbel) est vénéré au calendrier romain le 24 juillet. En effet, la liturgie ne célèbre pas de fête sanctorale en la vigile de Noël ; on opta pour l’anniversaire de l’ordination sacerdotale de saint Charbel, le 23 juillet ; mais ce jour-là est la fête de sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe ; aussi, la date retenue fut finalement le 24 juillet.

 

 

Ignacio Caselles García

1874-1936

 

Né le 18 novembre 1874 à Gata de Gorgos (Alicante, Espagne), de Vicente Caselles Boronat et Antonia García Durá, qui eurent sept enfants : l’un d’eux mourut très petit, et notre Ignacio en reprit le prénom.

Les enfants s’appelèrent : Bernardo (futur capucin aussi), Ignacio (qui mourra tout petit), Ignacio (le nôtre), Juan Bautista, Francisco, Antonio.

Le baptême d’Ignacio eut lieu le lendemain de sa naissance, et, on a trouvé en marge du registre de son baptême le mot capucin, ajouté plus tard par le curé. On y lit également quelques remarques : Ignacio vint servir la messe très jeune déjà, toujours premier servant, puis sacristain.

A douze ans, il entra au collège séraphique des Capucins de Orihuela, passa par le couvent de Masamagrell et fit la profession à Orihuela en 1892, prenant le nom de Juan Crisóstomo. Il fut ordonné prêtre en 1899.

Après quelques années à Ollería (Valencia), il revint à Orihuela, où il exerça le ministère pendant trente-six ans : confesseur, directeur spirituel et confesseur au séminaire diocésain.

On l’appelait gentiment Père Jeannot (Padre Juanito), en raison de sa petite taille.

Il répandait avec assiduité la dévotion des trois Je vous salue Marie quotidiens.

Lors des hostilités de 1936, il put se cacher quelques mois.

Découvert, arrêté le 24 décembre, il fut insulté toute la journée de cette veille de Noël. Le soir même, il fut conduit sur la route Arneva-Hurchillo, et fusillé : telle fut sa «nuit de Noël», qu’il passa dans la gloire du Ressuscité.

Le père Juan Crisóstomo a été béatifié en 2013.

 

 

Pablo Meléndez Gonzalo

1876-1936

 

Pablo (Paul) naquit le 7 novembre 1876, aîné des sept enfants d’une famille très chrétienne, qui le fit baptiser le 9 novembre suivant.

A quatorze ans, il «perdit» son père et dut consacrer tout son temps libre pour aider sa mère à élever ses petits frères et sœurs.

A quinze ans, il s’inscrivit dans les rangs d’une congrégation mariale et participa bientôt à l’adoration nocturne du Saint-Sacrement.

Son amour pour l’Eucharistie le portait à la recevoir chaque jour à la messe. Puis, animé par cette force céleste, il allait visiter le Christ dans les malades.

Il fit des études de droit à Valencia, collaborant toujours à l’Action Catholique, dont il fut président pour la zone de Valencia.

Une fois avocat, il écrivit des articles dans les journaux, et fut même directeur de Las Provincias.

Il épousa en 1904 Dolores Boscá, qui mettra au monde dix enfants (Pablo, Antonio, Alberto, Rafael, Carlos, María Teresa, María Desamparados, María Luisa, Josefa, María Dolores).

Il s’engagea dans la politique, comme membre de la Ligue Catholique, et recouvrit quelques charges publiques, donnant toujours le témoignage d’une vie chrétienne sans compromis, et la préférence pour la moralité publique et les intérêts de l’Eglise.

Mais à Valence, on n’aimait pas les gens qui sentaient l’encens : dès 1931, les incidents commencèrent, reprirent en 1934, et explosèrent en 1936.

En juillet 1936, Pablo se trouvait à Paterna : on fouilla sa maison une première fois. Il se transféra à Valencia : impossible de trouver où se cacher, et de plus, il dut s’occuper de faire hospitaliser son fils Carlos. On lui proposa la fuite, il refusa, surtout pour son fils malade.

Le 25 octobre, on vint l’arrêter, avec son fils Alberto. On lui demanda : Vous êtes catholique ? Il répondit : Je suis catholique, apostolique et romain.

Le mandat d’arrêt provenait du Conseil Provincial de Vigilance Antifasciste : Monsieur Meléndez était catholique. C’était là tout son «crime» !

En prison, il dit à Alberto : Si la Providence nous destine au martyre, on nous fusillera, sinon on restera libres. Et aussi : C’est Dieu qui a permis que nous fussions ici. J’ai ordonné à ma famille de ne rien faire pour ma liberté. Je demande seulement à Dieu de me donner son amour et sa grâce, et cela me suffit.

Il répète encore cette phrase quand on lui annonce la mort de Carlos, son fils.

Au matin du 24 décembre, on fait sortir Pablo et Alberto, et on va les fusiller immédiatement, sur la route de Castellar (Valencia). On fait annoncer à la famille qu’on les a «mis en liberté» : une des filles se précipite au cimetière, où elle voit les deux cadavres, criblés de balles.

Le Martyrologe et quelques sources commémorent Pablo au 23 décembre.

Pablo Menéndez Gonzalo a été béatifié en 2001.

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