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27 décembre 2019 5 27 /12 /décembre /2019 00:00

 

27 DÉCEMBRE

 

II.

S Jean, "le disciple que Jésus aimait", apôtre et évangéliste, évêque à Ephèse, auteur du quatrième évangile et de trois épîtres ainsi que de l’Apocalypse.

IV.

Ste Fabiola, veuve romaine ; elle avait renvoyé son premier mari qui était adultère, et s'était remariée "pour ne pas brûler", dit s. Jérôme en l'excusant ; pénitente, elle fonda le premier hôpital de Rome.

?

S Alain, évêque à Quimper.

V.

Ste Nicaréti, vierge à Constantinople, où elle soutint s. Jean Chrysostome.

IX.

SS Theodoros et Theophanis, deux frères moines à Jérusalem, appelés graptoi (“marqués”), parce qu'à Constantinople on leur marqua au fer rouge des ïambes sur le visage ; Theophanis, auteur de nombreux poèmes liturgiques, serait ensuite devenu évêque à Nicée.

XII.

B Walto, abbé à Wessobrunn, connu pour sa bonté.

XIV.

B Bonaventura Tolomei, dominicain à Sienne, après une adolescence agitée.

XVI.

S John Stone, prêtre augustin anglais, martyr à Canterbury (le 23 au Martyrologe).

XX.

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

   Alejo Pan López (Ambrosio, *1888), prêtre capucin, à Santander, béatifié en 2013 ;

   Alfredo Parte Saiz (A. de la Vierge, *1899), prêtre piariste, à Santander, béatifié en 1995 ;

   José María Corbin Ferrer (*1914), laïc mort en prison à Santander, béatifié en 2001.

Bse Sara Salkaházi (1899-1944), religieuse hongroise de l'Assistance, très active en faveur des ouvrières, fusillée par des soldats communistes, béatifiée en 2006.

B Odoardo Focherini (1907-1944), journaliste italien, père de sept enfants, fervent ennemi du fascisme et du nazisme, arrêté par les SS, mort en camp de concentration à Hersbruck ; béatifié en 2013.

B Francesco Spoto (1924-1964), prêtre italien des Missionnaires Serviteurs des Pauvres, martyr en République Démocratique du Congo, béatifié en 2007.

Bx Alain Dieulangard, Jean Chevillard, Charles Deckers, Christian Chessel (*1919, 1924, 1924, 1958), prêtres des Pères Blancs, martyrisés à Tizi Ouzou en 1994, béatifiés en 2018.

Jean, Apôtre
1er siècle

Jean (Johannes) signifie «Dieu donne la grâce».
De l’apôtre Jean nous avons dans le Nouveau Testament : le quatrième évangile, trois épîtres et l’Apocalypse.
On ne va pas reprendre ici les longues discussions concernant l’authenticité de ces écrits. Ils sont officiellement attribués à saint Jean, laissons-en lui la paternité.
D’après l’évangile, Jean est le jeune frère de Jacques (dit «le Majeur»), fils de Zébédée. 
Dans son évangile, Jean ne répète pas ce que les trois premiers, Matthieu, Marc et Luc, ont déjà écrit. Il approfondit, il reprend des discours de Jésus que les autres n’ont pas. Jean a été appelé «le théologien».
C’est probablement de lui-même qu’il parle lorsque deux disciples de Jean-Baptiste accostent Jésus (Jn 1:35,37). Plusieurs fois il se présente comme le disciple que Jésus aimait, car le Seigneur avait une réelle prédilection pour ce jeune homme si pur, si humble, si fidèle. Non pas que le Christ ait moins aimé les autres, mais il y eut une correspondance plus profonde entre la pensée du Maître et celle de Jean.
Jean, avec Pierre et Jacques, est le témoin des grands moments de la vie publique de Jésus : la transfiguration sur le mont Thabor (Mt 17:1sq), la dernière Cène, l’agonie à Gethsémani (Mt 26:37sq) ; mais il est le seul des Apôtres à accompagner Marie jusqu’à la crucifixion de Jésus sur le Calvaire, là où le Sauveur le confie à sa Mère : Femme, voici ton fils - Voici ta mère (Jn 19:26-27).
C’est à Jean que nous devons la conversation avec la Samaritaine sur l’Eau vive (Jn 4), le beau discours sur le Pain de Vie (Jn 6:26-63), annonciateur de l’Eucharistie, et celui des adieux lors de la dernière Cène (Jn 14-17), où il se trouve tout près du Christ, si près qu’on a pu dire qu’il avait entendu les battements du Cœur Sacré de Jésus. C’est pour cela qu’on l’a aussi surnommé Epistethios, «qui repose sur le sein», confident.
C’est Jean qui écrivit : Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (Jn 1:14), que l’Eglise répète chaque jour dans la prière de l’Angelus.
Par la suite, Jean séjourna quelque temps à Antioche avant d’installer son apostolat à Ephèse. Une tradition assez solide le fait arrêter et conduire à Rome, où l’empereur ordonne de le plonger dans un bassin d’huile bouillante, dont il ne subit aucun mal : c’est là l’origine de la basilique de Saint-Jean près de la Porte Latine édifiée à l’endroit présumé de ce supplice. De dépit, l’empereur aurait fait exiler Jean sur l’île de Patmos, où l’Apôtre aurait rédigé l’Apocalypse.
Le mot Apocalypse suggérant souvent des événements horribles, on ferait bien de le remplacer par ce qu’il signifie en réalité : Révélation. Ce livre sacré est une invitation à demeurer dans la paix de Dieu et à attendre le retour de Jésus : Viens, Seigneur, Jésus sont les dernières paroles du livre, et de la Bible.
Jean vécut très longtemps (certains avancent l’âge de cent-vingt ans). Des anecdotes ont circulé, dont l’origine n’est pas forcément pure légende :
Venu au bain d’Ephèse, Jean y trouve l’illustre hérétique Cérinthe : Jean s’enfuit, car dit-il, les bains pourraient bien s’écrouler sur l’ennemi de la Vérité (et notons au passage que l’Apôtre ne dédaignait pas l’usage de ces bains).
Un jeune baptisé était malheureusement tombé, et complice d’une tribu de brigands. Jean enfourche sa monture et part à sa recherche, le trouve, l’appelle, l’exhorte : il le ramène tout ému dans le bercail du Christ.
Centenaire, il semblait rabâcher : Mes petits enfants, aimez-vous bien les uns les autres. Et d’ajouter : C’est le commandement du Seigneur. Si on le pratique, cela suffit.
Saint Jean avait des moments de détente : il avait apprivoisé une perdrix, qu’il caressait délicatement.
C’est le seul des Apôtres qui ne mourut pas en versant son sang ; aussi la couleur liturgique de sa fête est en blanc.
L’Apôtre que Jésus aimait, chantre de l’Incarnation du Verbe et de l’Amour fraternel, est fêté au surlendemain de Noël, le 27 décembre.


Fabiola de Rome
† 399

La gens Fabia était une des plus illustres de Rome.
Fabiola eut le malheur d’épouser un homme qui, en peu de temps, se montra si infidèle et si vicieux, qu’elle le renvoya. 
C’est qu’il arrive que les caractères se dissimulent et ne se révèlent qu’après le mariage. Dans une telle situation, aujourd’hui, l’Eglise examinerait avec attention les circonstances et pourrait déclarer nul un tel mariage, contracté sur une fraude : Fabiola ignorait les vrais sentiments de cet homme.
Mais elle était jeune encore, et accepta de se remarier. On ne peut le lui reprocher.
Ce second mari, cependant, mourut bientôt. Fabiola accepta alors son veuvage, et voulut «expier» le passé. 
Elle se mit au rang des pénitents ; elle s’humilia devant le clergé, les cheveux en désordre, comme si c’était elle qui avait péché par adultère, ayant comme partagé les fautes de son coupable mari.
Elle avait une fortune colossale : elle vendit tout ce qu’elle avait pour secourir les malades et les pauvres, en fondant le premier hôpital de Rome. Elle y portait elle-même des malheureux dont personne ne s’occupait et dont les plaies faisaient parfois horreur, au point que des pauvres en bonne santé enviaient les malades, nous dit s.Jérôme, qui la connut pesonnellement et dont nous tenons tous ces détais (v. 30 sept.).
Elle mit aussi ses deniers au service du clergé et des monastères.
En 394, elle rejoignit la communauté fondée par s.Jérôme à Bethléem, mais en repartit en 395, devant la menace des Huns envahissants. Elle revint à Rome.
Avec s.Pammachius (v. 30 août) elle fonda à Ostie un hospice pour recevoir les étrangers : on en parlait jusqu’en Bretagne et chez les Parthes !
Quand Fabiola mourut, en 399, ses funérailles furent un véritable triomphe. S.Jérôme écrivit d’elle qu’elle fut gloire pour les chrétiens, prodige pour les païens, deuil pour les pauvres, consolation pour les moines.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Fabiola de Rome au 27 décembre.


Theodoros et  Theophanis
† 844 et 845

Ces deux frères avaient pour père un certain Ionas, qui mourut prêtre au monastère de Saint-Sabas à Jérusalem.
Ils naquirent respectivement en 775 et 778, à Jérusalem.
Vers 800, les deux garçons furent confiés à un moine du même monastère Saint-Sabas, nommé Michail, qui leur enseigna la rhétorique, la philosophie, la poésie et l’astronomie.
Theodoros s’absenta un moment du monastère pour compléter sa formation auprès d’autres maîtres, puis revint à Saint-Sabas. Les articles qu’il écrivait, remplis de foi et de doctrine, convainquirent le Supérieur de le faire ordonner prêtre.
En 809, les Arabes dévastèrent entièrement la ville sainte de Jérusalem ainsi que les monastères. Il fallait songer à trouver un autre havre.
A cela s’ajouta, en 811, une regrettable controverse qui opposa les moines de Jérusalem (grecs) et les moines bénédictins (latins) au sujet du Saint Esprit : devait-on dire que cet Esprit procédait autant du Père que du Fils ? Il y eut même des bagarres !
Tandis qu’en Occident un concile avait énoncé à Aix-la-Chapelle (809) la doctrine perenne de l’Eglise, il fut convenu que chaque parti enverrait une délégation au pape. La délégation grecque était composée de Michail, Theodoros et Theophanis. Mais leur voyage s’arrêta à Constantinople, où ils furent confrontés à une autre polémique, l’iconoclasme, avec Léon l’Arménien.
Michail et ses deux compagnons logeaient au monastère de Chora : on les convoqua, on les flagella d’importance et on les interna à Phiala ; puis on les sépara, et les deux frères furent enfermés dans un fort à la jonction du Bosphore et de la mer Noire. Ce n’est qu’en 820 que le nouvel empereur les libéra : les deux frères furent logés dans un monastère de Sosthène sur la côte européenne du Bosphore. Malheureusement, l’empereur Theophilos reprit en 832 la lutte acharnée contre les partisans du culte des Images, et enferma à nouveau nos deux héros. Ils furent flagellés jusqu’à l’os et relégués dans l’île d’Aphousia.
En 836, l’empereur les fit comparaître à Constantinople. Il les insulta, les gifla, et fit «graver» au fer rouge sur leur visage quelques vers qui disaient à peu près ceci : Tous désirent se rendre à la Ville où le Verbe de Dieu posa ses pieds très purs. Ils naquirent en ce lieu vénérable, mais furent expulsés comme apostats. Ils se réfugièrent dans la Ville (Constantinople). Aussi les a-t-on notés sur leur face comme criminels, et condamnés à être chassés derechef. Ce n’était pas suffisant : l’empereur leur fit retirer leurs vêtements et les fit flageller encore une fois.
Theodoros prit la parole : Nous sommes les seuls, depuis des siècles, auxquels on ait fait cela. Vous avez inventé une pratique inédite, et vous pouvez taxer de bénignité tous ceux qui ont fait rage contre notre divine religion.
C’est cet horrible supplice qui a valu aux deux Frères le surnom de Grapti (inscrits, gravés).
On les exila à nouveau, à Karta limèn (Chalcédoine).
Theodoros mourut là le 27 décembre 844. Un autre récit, peut-être mieux informé, ajoute que Theophanis fut nommé évêque de Nicée en 842 et mourut à Constantinople le 11 octobre 845.
On a conservé beaucoup de poèmes liturgiques de Theophanis.
Les deux Frères Grapti sont commémorés le 27 décembre dans le Martyrologe Romain.

Walto de Wessobrunn

1090-1156

 

Walto (ou Balto, ou Waltho) était né vers 1090, peut-être de famille noble.

Entré au monastère bénédictin de Wessobrunn (Bavière, Allemagne), il en devint le treizième abbé.

Sa bonté valut à son monastère bien des amitiés.

Il aimait la culture et encouragea une recluse, Diemut, à recopier jusqu’à une quarantaine d’ouvrages.

Il mourut le 27 décembre 1156.

En 1200, on commença à fêter son anniversaire, au 27 décembre. Ce jour-là, on servait aux moines un bon verre de vin, en souvenir d’un miracle qui avait eu lieu un Jeudi saint : l’eau s’était changée en vin, par la prière (ou l’intercession) de Walto.

Des miracles illustrèrent sa tombe.

Walto n’est pas inséré dans le Martyrologe.

 

 

John Stone

1509-1539

 

Les dates précises de ce Religieux restent assez imprécises, comme du reste aussi les indications sur sa jeunesse.

John Stone était un prêtre augustin anglais. Il était docteur en théologie et fut quelque temps professeur et prieur à Droitwich. Il vécut donc la majeure partie du temps au monastère de Canterbury (Kent, Angleterre).

On chercha à le faire plier pour approuver le divorce du roi Henri VIII, mais en vain. Plus tard, il parla ouvertement contre l’attitude du roi, sans pour autant être tout de suite inquiété pour cet acte de courage.

En décembre 1538, l’évêque (protestant) de Dover vint intimer aux Religieux de quitter leur monastère et de signer l’Acte de Suprématie ; ils le firent, sauf notre John, qui fut immédiatement envoyé à Londres et mis à la Tour. En octobre 1539, on le renvoya en jugement à Canterbury, où il fut formellement accusé de trahison et condamné à mort, le 6 décembre.

Dans l’attente de son martyre, après un jeûne complet de trois jours, il entendit une voix qui l’appelait par son nom et l’invitait à rester courageux et à témoigner jusqu’au bout pour la Vérité.

L’exécution se fit attendre au 27 décembre suivant. Il dit à ses bourreaux : Voyez, j’achève mon apostolat dans mon sang ; dans ma mort, je vais trouver la vie ; car je meurs pour une sainte cause : la défense de l’Eglise de Dieu, infaillible et immaculée.

En tant que traître, il mérita d’avoir son corps et son chef exposés à l’entrée de la ville, après que son cœur et ses organes aient été brûlés sur la place.

C’était donc très probablement le samedi 27 décembre 1539. Le Martyrologe Romain l’a introduit au 23 décembre.

Il fut béatifié en 1886, et canonisé en 1970 avec trente-neuf Compagnons, martyrisés entre 1535 et 1616.

Le miracle retenu pour la canonisation, advint par l’intercession de Cuthbert Mayne et de ses Compagnons en 1962 : un malade fut guéri instantanément et de façon stable d’un sarcome à l’épaule.

Alejo Pan López

1888-1936

 

Alejo vit le jour le 24 octobre 1888 à Santibánez de la Isla (León, Espagne), de Lucas et Margarita, qui le firent baptiser le lendemain. Il fut confirmé en 1897

Entré chez les Capucins, il reçut la vêture en 1905, et prit le nom de Ambrosio.

En 1906, il fit la première profession au noviciat de Basurto (Bilbao) et y fit ses études «classiques» ; il fut ordonné prêtre en 1915.

Il fut à Montebano (Santander), où il fut prédicateur, puis à La Coruña, puis à León comme aumônier des Servantes de la Divine Bergère (1925).

En 1926, on l’envoya à Caroni et Meraceibo (Vénézuéla), d’où il revint dès 1927 en Espagne.

Il fut de nouveau à León et Santander (1931), où il fut nommé gardien (supérieur) en 1933.

Ce n’était pas encore un monastère, il fallait en construire un. Mais les événements en décidèrent autrement.

Le 29 juillet 1936, tous les Religieux s’habillèrent en civil et partirent s’éparpiller chez des familles alentour.

Le père Ambrosio fut chez les Gandera, d’où il sortit juste les 2 et 3 août pour aller célébrer la fête de la Portioncule, puis il alla à Vitoria. Les époux Gandera furent arrêtés.

Le 14 novembre, deux miliciens vinrent arrêter le père Ambrosio. Le lendemain, on le mit dans une prison «provisoire», puis transporté au navire-prison Alfonso Pérez, en rade de Santander.

Quand les militants ont attaqué le navire, le 27 décembre 1936, le père Ambrosio fut tué, du seul fait qu’il était prêtre.

Il fut béatifié en 2013.

 

 

Alfredo Parte Saiz

1899-1936

 

Né le 2 juin 1899 à Cilleruelo de Bricia (Burgos, Espagne), aîné des sept enfants de Castor et Justa, Alfredo fut tôt envahi par l’idéal des Pères des Ecoles Pies pour l’éducation chrétienne des jeunes.

A dix-huit ans, une maladie au fémur le laissa boiteux pour le reste de ses jours. Il ne pouvait plus courir, jouer au football, partager les récréations des enfants.

Entré chez les Religieux Piaristes, avec le nom de Alfredo de la Vierge, il fut ordonné prêtre en 1928.

Religieux convaincu, généreux, humble, pieux, ami des jeunes et des enfants… il avait beaucoup de qualités.

Lors de la guerre civile, il se trouvait au collège de Villacarriedo. Réfugié chez sa tante, il fut fait prisonnier et conduit dans la cale du bateau Alfonso Pérez, dans la baie de Santander. Avant d’avoir à répondre aux questions, il déclara clairement - et tout le monde l’entendit : Je suis un Père des Ecoles Pies, du collège de Villacarriedo. 

On voulait le faire monter sur le pont pour le fusiller et, voyant son infirmité, les miliciens voulurent l’aider à monter… Le Père leur fit cette remarque : Jusqu’à maintenant, j’ai souvent eu besoin d’aide, mais aujourd’hui, pour monter jusqu’au Bon Dieu, je n’ai besoin de personne. Et il monta comme il put jusque sur le pont, où ils le fusillèrent.

Le père Alfredo fut martyrisé le 27 décembre 1936, et béatifié en 1995.

 

 

José María Corbín Ferrer

1914-1936

 

Né le 26 décembre 1914 à Valencia, José María fut baptisé le 1er janvier suivant.

Après le lycée, il fit de brillantes études de Chimie à Valencia puis, après sa licence, eut une bourse pour poursuivre sa marche universitaire à l’Université de Santander.

Surtout il se distingua par son engagement chrétien dans les rangs de la Fédération des Etudiants d’Action Catholique et dans la Congrégation mariale.

Arrêté à Santander le 28 août 1936, pour le «grave délit» d’assister chaque jour à la Messe, il fut conduit dans la cale du Alfonso Pérez ancré dans la baie de Santander : il se trouva être là le plus jeune des quelque deux cents prisonniers (au moins) de cet énorme navire-prison de sept mille tonnes. José María s’efforça de remonter le moral de chacun, encourageant ses camarades à se préparer à la mort et au martyre.

Le bateau Alfonso Pérez fut d’abord la cible d’une attaque aérienne de dix-huit trimoteurs, qui fit des morts et des blessés, au milieu d’une panique indescriptible ; puis montèrent à bord des «autorités», qui décidèrent l’exécution sommaire de tout ce qui avait une tête de curé : il y eut là cent soixante victimes, exécutées sans aucun jugement, sinon celui de condamner à mort tout prêtre, tout religieux, tout croyant.

Ayant à peine accompli vingt-deux ans, José María fut fusillé le lendemain de son anniversaire, le 27 décembre 1936. Les corps des victimes, dépouillés de tout objet de valeur, furent transportés à la hâte et jetés dans une fosse commune au cimetière de Ciriego.

Même les milieux diplomatiques protestèrent, en premier les Anglais, et le bateau cessa d’être prison en février 1937. Deux ans après, il repartait comme cargo, rebaptisé Cantabria.

José María fut béatifié en 1995.

Sára Schalkház

1899-1944

 

Sára Schalkház naquit le 11 mai 1899 à Kassa (Hongrie, actuelle Košice, Slovaquie), dans une famille bourgeoise d’origine allemande.

Elle grandit dans une ambiance plutôt indifférente, parfois même athée ; elle se prépara à l’enseignement ; elle connut les problèmes sociaux des familles pauvres et s’engagea comme relieuse, journaliste, rédactrice. 

Un moment fiancée, elle préféra rompre. 

La grâce la travailla, elle retrouva la foi ; elle adhéra au Parti Socialiste Chrétien et en édita le journal.

Venue en contact avec les Sœurs du Service Social, elle ne put être acceptée à cause de sa tabagie. Elle lutta énergiquement, et fut finalement acceptée, à trente ans, en 1929. Sa devise fut dès lors : Me voici ! Envoie-moi ! (Is 6:8b). 

En 1930, elle prononça les vœux de religion. Elle fut envoyée à Kassa, puis à Komarom, pour organiser l’activité caritative.

Non contente de son activité, elle y ajouta la publication d’un journal catholique pour les femmes, organisa une bibliothèque chrétienne, et supervisa un abri pour les pauvres. En outre, l’évêque lui confia l’organisation d’un Mouvement National des Jeunes Filles. Elle donna des cours, publia des manuels… 

Alors que d’autres novices quittaient la maison, Sará persévérait, travaillait, s’exténuait physiquement et spirituellement ; mais les Supérieures la jugeaient encore insuffisamment préparée pour la vêture, ce qui la contraria profondément. Mais elle tint bon !

Son désir était de participer aux missions de Chine ou du Brésil, mais on ne la jugea pas apte à cet engagement ; là-dessus la guerre éclata.

Elle travailla beaucoup en d’autres régions de la Hongrie et, en 1940, put faire la profession solennelle.

Elle fit construire le premier collège hongrois pour jeunes ouvrières, près du Lac Balaton. A Budapest, elle ouvrit des maisons pour les accueillir.

Pour protester contre l’idéologie nazie, elle changea son premier nom de famille en celui de Salkaházy, à la sonorité plus hongroise.

Et pour compléter le tableau, elle composa une pièce de théâtre retraçant la vie de sainte Marguerite de Hongrie, qui venait d’être canonisée en 1943 (voir au 16 novembre), qu’elle fit représenter en mars 1944, le jour même où les troupes allemandes occupaient la Hongrie et supprimaient toutes les activités religieuses du pays.

Responsable de la maison, elle fit à Dieu, devant sa Supérieure, la promesse d’être toujours prête à se sacrifier elle-même pour permettre aux autres sœurs de sortir indemnes de la guerre. On a conservé le texte de cette promesse.

Sára, dont on parlait avant du «caractère difficile», s’employa à mettre en sûreté une centaine de Juifs dans un immeuble de Budapest, qui appartenait aux Sœurs. Pour l’ensemble de la communauté, on estime que ces Sœurs sauvèrent un millier de Juifs.

Sára fut dénoncée par une femme qui travaillait là à la police hongroise philo-nazie, les Croix fléchées.

A Noël 1944, tandis que l’armée russe assiégeait Budapest, la police pro-nazie vint arrêter tous les Juifs présents. Sára, absente, aurait pu fuir : elle préféra revenir sur place et partager le sort de ses protégés. La police la poussa dans l’abri souterrain, procéda à des «vérifications» de papiers avant d’emmener tous ces Juifs. La Sœur Sára voulut s’arrêter un moment pour prier dans la chapelle ; à peine agenouillée, les policiers l’emmenèrent dehors ; l’un d’eux proposa : Et pourquoi n’en finirait-on pas ici dans le jardin ? Un autre répondit : Non. Ils préféraient sans doute éviter de «laisser des traces».

Le soir du 27 décembre, un certain nombre de Juifs furent conduits sur le bord du Danube, parmi lesquels figurait aussi Sára. Elle s’agenouilla, eut le temps de faire le signe de la Croix et reçut les balles ennemies. Les corps furent traînés dans le fleuve.

Pendant ce temps, les autres Sœurs attendaient le retour de Sára, leur Supérieure. On vint leur annoncer ce qui s’était passé : le sacrifice de Sára avait été accepté par Dieu, car toutes les Religieuses survécurent.

C’était le 27 décembre 1944.

Le corps de Sára disparut. Son histoire aurait pu rester complètement ignorée, s’il n’y avait eu une révélation en 1967, au cours d’un procès. C’est la fille d’une des victimes qui confirma les faits et proposa l’inscription de son nom à Yad Vashem. Sára fut ainsi reconnue Juste parmi les nations en 1969.

Sára Schalkház - alias Salkaházy fut béatifiée en 2006.

 

 

Odoardo Focherini

1907-1944

 

Odoardo Focherini est l’un des trente-sept Martyrs que le Saint-Siège a reconnus en 2012.

Né à Carpi (Emilie-Romagne, Italie nord), le 6 juin 1907, Odoardo était d’une famille originaire du Trentin, installée à Modène. Ayant vécu à une époque si tourmentée de l’histoire, il ne s’est jamais laissé aller au découragement, mais a toujours été confiant et optimiste. 

En 1924, il participait à un magazine pour les jeunes ; en 1928, il entra dans l’Action Catholique diocésaine.

En 1930, il épousa Maria Marchesi, qui donna le jour à sept enfants.

En 1934, embauché à l’Assurance Catholique de Vérone, il en devint inspecteur pour Modène, Bologne, Vérone et Pordenone. La même année, il fut président diocésain de l’Action Catholique Italienne (ACI).

Durant la persécution fasciste, en 1933, Odoardo courait d’un siège à l’autre de l’ACI pour cacher les drapeaux, subtiliser les documents et mettre en lieu sûr les registres et les comptes-rendus des réunions.

En 1939, à la veille de la guerre, il devint directeur administratif d’Avvenire au niveau national. Le journal était alors dirigé par Raimondo Manzini, auteur de brûlantes polémiques contre le fascisme, et Odoardo le soutint courageusement.

Le jour de l’invasion allemande en Belgique et aux Pays-Bas, les fascistes de Bologne avaient incendié et séquestré le journal, considéré comme coupable d’avoir publié les télégrammes de Pie XII aux gouvernements et aux peuples frappés par ce malheur. Le dignitaire fasciste Farinacci avait qualifié Avvenire de nid de vipères pour avoir rejeté la politique raciale.

A l’arrivée des nazis en Italie, le journal ferma et aux Allemands qui réclamaient sa réouverture Focherini déclara que les réserves de papier étaient finies. Ce n’était pas vrai, mais de cette façon Avvenire ne se mit jamais au service de l’occupant. Le 26 septembre 1943, Bologne subit son premier gros bombardement et le siège d’Avvenire fut détruit. A partir de ce moment-là, Focherini se mit à la tête de l’organisation pour sauver les Juifs et les persécutés, de concert avec le curé de San Martino Spino, don Dante Sala.

Il organisait la fuite des juifs persécutés vers la Suisse et favorisait les contacts avec les soldats au front ou portés disparus, avec l’appui de la curie épiscopale de Modène et de Carpi, mais aussi grâce à sa maison de Mirandola.

Dès 1942, à la demande de Raimondo Manzini, à qui le cardinal de Gênes Pietro Boetto avait adressé des Juifs, Focherini se prodigua pour mettre à l’abri un groupe de Juifs arrivés de Pologne qu’il cacha dans un train de la Croix Rouge Internationale.

Après le 8 septembre 1943, avec le durcissement des lois antijuives et le début des déportations raciales, Odoardo Focherini en compagnie de don Dante Sala, de Mme Ferrarini delle Concerie Donati (qui habitait Modène), et de quelques autres, organisa un réseau efficace pour l’expatriation vers la Suisse de plus d’une centaine de juifs.

Odoardo était l’âme de l’organisation. Il comptait les familles, se procurait les papiers des synagogues, cherchait des fonds, fournissait de faux documents : un ami lui avait procuré des papiers d’identité qu’il remplissait habilement, en y mettant les noms de communes du sud déjà aux mains des alliés (Carpi devenait alors Capri). Chaque petit groupe constitué était confié au P. Dante Sala qui les accompagnait jusqu’à Cernobbio, et là, grâce à la complicité de deux courageux catholiques qui stationnaient à la frontière, il passait en Suisse.

Le 11 mars 1944, Focherini fut arrêté à l’hôpital alors qu’il s’occupait d’un Juif malade. Il fut transféré au poste des SS de Bologne puis aux prisons de San Giovanni in Monte.  Durant une visite, son beau-frère Bruno Marchesi lui dit : «Fais attention, tu t’exposes peut-être trop, tu ne penses pas à tes enfants ?», Odoardo répondit : «Si tu avais vu, comme j’ai vu, dans cette prison, ce qu’ils font souffrir aux Juifs, tu regretterais de ne pas avoir fait assez pour eux, de ne pas en avoir sauvé davantage».

Transféré au camp de concentration de Fossoli, puis de Gries (Bolzano), il y resta jusqu’au 5 septembre 1944.  Puis il fut envoyé au camp de Flossenburg et, pour finir, au camp de travail de Hersbruck. Le 8 octobre 1943, il dicta à son ami Olivelli deux dernières lettres pour sa famille, que ce dernier écrivit en allemand pour ne pas avoir de problèmes avec la censure du camp, et Odoardo signa. Elles sont le dernier témoignage direct qu’Odoardo était encore en vie. Sa famille écrivit plusieurs fois, mais sans réponses. Odoardo s’éteignit dans l’infirmerie du camp de Hersbruck le 27 décembre 1944.   

Voici les paroles confiées à son ami en prison : 

Mes sept enfants... je voudrais les voir avant de mourir... toutefois, accepte encore, ô Seigneur, ce sacrifice et veille sur eux, ainsi que sur mon épouse, mes parents, et tous mes proches. Je déclare mourir dans la foi catholique apostolique romaine la plus pure et dans la pleine soumission à la volonté de Dieu, offrant ma vie en holocauste pour mon diocèse, pour l'Action Catholique, pour le pape et pour le retour de la paix dans le monde. Je vous prie de rapporter à mon épouse que je lui ai toujours été fidèle, que j’ai toujours pensé à elle et que je l’ai toujours intensément aimée.

Parmi les nombreux témoignages forts de gratitude à l’œuvre de Focherini ressort celle d’une femme juive de Ferrare qui dit à la veuve d’Odoardo: J’ai perdu quatorze des miens, il ne m’est resté que cet enfant, mais j’ai trouvé la force de m’en sortir et de survivre grâce à ce que m’a dit votre mari : “J’aurais déjà fait mon devoir si j’avais seulement pensé à mes sept enfants, mais je sens que je ne peux pas vous abandonner, que Dieu ne me le permet pas”.

Odoardo Focherini a reçu la Médaille d’or des communautés israélites italiennes, à Milan en 1955, puis le titre de Juste parmi les nations, à Jérusalem en 1969, la Médaille d’or de la République italienne au mérite civil à la mémoire en 2007.

Béatifié en 2013, Odoardo Focherini sera inscrit au Martyrologe au jour de sa mort, de sa naissance au ciel, le 27 décembre.

 

 

Francesco Spoto

1924-1964

 

Francesco naquit le 8 juillet 1924 à Raffadali (Agrigente, Sicile) et reçut le nom de saint François Xavier (voir au 3 décembre). Ses bons parents, Vincenzo et Vincenza Marzullo, eurent trois enfants, deux garçons et une fille. C’étaient de durs travailleurs : Vincenzo, gravement blessé à la jambe durant la Première guerre mondiale, complétait son difficile travail agricole avec une pension de guerre. 

La maman allait chaque matin à la messe ; le dimanche, toute la famille était à l’église. Aux repas, avant de manger le pain, on le baisait respectueusement, en reconnaissance à Dieu pour ce don précieux du pain, qui devient Eucharistie durant le Saint Sacrifice.

Francesco étudia auprès des Pères Missionnaires Serviteurs des Pauvres : il se signala par son ardeur exemplaire au travail. Puis il demanda à faire partie de cette Congrégation. Ces Religieux, réputés pour donner des «bouchées de pain» (boccone) aux malheureux, sont régulièrement appelés les Bocconisti.

Il commença le noviciat en 1939 et fit la première profession en 1940. Un des responsables nota que Francesco dépassait vraiment tous ses collègues, tant dans son travail que dans son obéissance.

Durant les études de théologie au séminaire de Palerme, il approfondissait avec passion tout ce qu’il apprenait. En une occasion «officielle», il sut réciter par cœur le Prologue de l’évangile de Jean en grec. Il étudia par lui-même l’allemand, qu’il pouvait parler et écrire correctement ; ceci, avec son caractère tenace, le fit gentiment surnommer par ses confrères l’Allemand. De son côté, le curé de son village disait : C’est un roc !

Ordonné prêtre en 1951, il s’occupa de l’accueil et de la formation des enfants de familles pauvres, ainsi que de l’assistance aux sans-abris.

Il avait d’excellentes qualités, qui le hissèrent à la première place de l’Institut : il en fut le Supérieur général à trente-cinq ans (1959).

Dans ses visites et durant ses enseignements, il faisait remarquer qu’une homélie de cent quatre-vingts lignes correspond à huit pages et dure environ un quart d’heure ; une bonne homélie ne doit pas comporter moins de seize pages, donc durer «au moins» une demi-heure.

C’est avec lui que s’ouvrit la maison de Rome pour les étudiants en théologie, ainsi que la mission congolaise de Biringi. Ce sont ces étudiants de Rome qui lui écrivirent à Biringi pour sa fête du 4 octobre 1964 (car ils le fêtaient, eux, au jour de saint François d’Assise), et auxquels il répondit de Biringi en les remerciant avec profonde tendresse paternelle.

C’est durant cette année 1964 qu’éclata l’atroce guerre civile et ce fut la raison pour laquelle don Spoto voulut rendre visite à ses Confrères du Congo. Il y arriva pour le 15 août, joyeusement accueilli par tous les indigènes. Mais à cause de la situation, il écrivit à ses confrères qu’il remettait sa démission de Supérieur, car il lui était impossible de quitter le Congo et de continuer à assumer ses responsabilités.

Le 11 décembre, il sembla possible de circuler de nuit et de rejoindre l’Uganda. Mais il fut fait prisonnier, et reçut de très violents coups de canne de fusil dans le thorax : ayant réussi à s’éloigner de là, désormais porté en civière par ses compagnons, il agonisa pendant deux semaines.

C’était le 27 décembre 1964.

Don Francesco Spoto fut béatifié en 2007.

Alain Dieulangard

1919-1994

 

Alain était né le 21 mai 1919 à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor).

Il fit des études de Droit puis entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1949, à Thibar (Tunisie), il fit la profession et, en 1950, il reçut le sacerdoce.

Toute sa vie sacerdotale se passa en Algérie, particulièrement dans la Kabylie, à Tizi Ouzou, où il enseigna.

Comme ses confrères, il parlait couramment l’arabe, et aussi le tamazight local. Enseignant et catéchiste, il parcourait les montagnes pour rencontrer les habitants de petits villages reculés.

Très réservé, il semblait parfois être plutôt moine contemplatif que missionnaire ; les gens de l’endroit l’avaient surnommé Mahfouz (Hérisson). Il était très respecté et aimé.

Le père Alain reçut la palme du martyre avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, leur dies natalis commun au Martyrologe.

Lors de l’enterrement des quatre prêtres, il y avait tant de monde présent, que l’évêque commenta : C’est bien la première fois que quatre mille Musulmans assistent aux obsèques de quatre prêtres catholiques.

Les quatre furent béatifiés en 2018.

 

 

Jean Chevillard

1924-1994

 

Jean naquit le 27 août 1925 à Angers (Maine-et-Loire), de parents chrétiens qui eurent quatorze enfants. Les parents montrèrent leur piété mariale en accolant le nom de Marie au prénom de chacun d’eux.

Dans les ancêtres de la famille se trouve une Bienheureuse : Françoise Suhard, martyrisée lors de la Révolution française (v. 16 avril).

En 1935 Jean fit la Communion solennelle (notre «Profession de Foi»).

Après ses études secondaires, il entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

En 1940, il rejoignit l’Afrique du Nord pour continuer sa formation, à Thibar (Tunisie).

En 1943, il fut mobilisé dans les Chasseurs d’Afrique et participa à la campagne de libération, comme infirmier dans la 1e Armée, avec laquelle il remonta jusqu’en Alsace et en Allemagne.

En 1949 il fit son serment missionnaire et, en 1950, reçut le sacerdoce à Carthage.

Nommé en Algérie, il y resta presque toute sa vie, comme responsable de centres de formation, comme supérieur et économe régional.

En Alger, il fut chargé de transformer l’ancien noviciat des Pères Blancs en centre de formation professionnelle.

De 1962 à 1972, le p. Jean Chevillard fut à Maison Carrée. Puis il fut Assistant du Provincial de France à Paris, avant d’être nommé Supérieur régional pour l’Algérie.

Responsable de l’Ordre des Pères Blancs pour l’ensemble de la Kabylie, c’est lui qui devait rencontrer les autorités locales.

C’est en 1984 qu’il fut nommé Supérieur à Tizi Ouzou.

Le père Chevillard fit beaucoup pour le développememnt des établissements diocésains, qui accueillirent jusqu’à quarante mille élèves. C’est dire la présence forte de la France auprès de la population. En outre, le p.Chevillard organisa un secrétariat d’écrivains publics, pour aider les Kabyles à rédiger des papiers officiels.

Le père Jean reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, en la fête de son saint Patron, l’apôtre Jean, et le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

 

 

Charles Deckers

1924-1994

 

Né le 26 décembre 1924 à Anvers (Belgique), Charles entra chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

Ordonné prêtre, il fut envoyé en Algérie en 1955. Les confrères l’appelaient gentiment Charlie.

Au début, le p.Charles séjourna à la Casbah d’Alger, pour y étudier la langue arabe. On lui donna le surnom de Arezki.

Il fut professeur à Tadmait et responsable du Centre professionel à Tizi-Ouzou. Son activité primordiale fut toujours d’aider les jeunes à se former, à apprendre un bon métier, à construire ce nouveau pays de l’Algérie récemment devenue indépendante. Il avait aussi été nommé professeur d’arabe dans un collège de jeunes filles, dont certaines étaient très pauvres : il les ramenait à la maison. Le père Charles fréquentait aussi le club sportif local, où il se fit beaucoup d’autres amis.

Bientôt, il en vint à demander et obtenir la nationalité algérienne. Mais l’islamisme naissant réussit tout de même à obtenir l’expulsion du Père hors du département. Pendant quelque temps, le père Charles revint en Belgique, où il fonda un centre de dialogue islamo-chrétien à Bruxelles, El Kalima, et où il rencontra à nouveau beaucoup de gens musulmans, dans les écoles et dans les prisons.

Puis il fit un séjour au Yémen, avant de retourner en Algérie. Mais comme son statut était incertain - même les autorités ne savaient dire s’il était encore expulsé ou non, il demeura à la basilique de Notre-Dame d’Afrique comme vicaire aux côtés du recteur, ce qui ne l’empêcha pas de faire de fréquents voyages en Kabylie pour y retrouver les habitants et ses amis.

Toute la population l’estimait, de façon réellement unanime.

Le 26 décembre 1994, il fêta joyeusement ses soixante-dix ans. Le lendemain, 27 décembre, fête de saint Jean Apôtre, il partit en voiture pour Tizi Ouzou, où il devait fêter son Confrère, le père Jean Chevillard.

Le père Charles fut alors abattu avec trois autres Confrères dans la cour de la mission de Tizi Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994. La pauvre cuisinière et sa fille furent enfermées dans la cuisine pendant que des islamistes exécutaient les quatre Religieux ; elles ne s’en remirent jamais.

Présent aux funérailles du père Deckers, le ministre algérien de la formation professionnelle fut à son tour abattu quelques mois plus tard.

Reconnus comme martyrs, les quatre Pères Blancs auront leur dies natalis commun au Martyrologe, le 27 décembre.

Ils furent béatifiés en 2018.

 

 

Christian Chessel

1958-1994

 

Né le 27 octobre 1958 à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence), Christian Chessel acheva ses études d’ingénieur en 1981, les complétant ensuite par une licence de lettres et de théologie.

Etrangement, on ne trouve aucune autre information sur les origines familiales et l’enfance de ce jeune prêtre.

Il fit ensuite un stage de coopération en Côte d’Ivoire, avant d’entrer chez les Missionnaires d’Afrique, habituellement connus comme Pères Blancs.

C’est en 1991 qu’il prononça les vœux à Rome ; il reçut le sacerdoce l’année suivante.

Envoyé dans la communauté de Tizi Ouzou, il s’apprêtait à fonder une nouvelle bibliothèque pour les étudiants.

Il fréquentait les moines cisterciens de Tibhirine, où il connut de près le p. Christian de Chergé, particulièrement dans le cadre du Ribât-es-Salam (Lien de Paix), fondé par ce dernier pour approfondir le rapprochement entre Chrétiens et Musulmans.

Après l’opération du GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale) contre des terroristes, des représailles s’abattirent sur les ressortissants français. Le père Christian Chessel reçut la palme du martyre à Tizi-Ouzou (Algérie), le 27 décembre 1994, le dies natalis où il sera mentionné au Martyrologe.

Il fut béatifié en 2018.

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