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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 00:00

29 DÉCEMBRE

     

-X.        

S David, roi de Juda (cf. 1 et 2 S ; 1 R:1-2), et auteur d’une grande partie des psaumes.

I.        

S Trophimos, premier évêque à Arles (III.?).

III.        

SS Libosus (évêque), Domicius, Victor, Primianus, Saturnin, Crescentius, Second et Honoratus, martyrs à Vaga.

V.        

S Martinianus, évêque à Milan.

S Markellos, abbé des acémètes ("qui ne dorment pas") à Gomon ; ces moines se relayaient pour que la louange ne s'arrêtât jamais dans l'église.

VII.        

S Pierre de Cantorbury, bénédictin envoyé avec s. Augustin par s. Grégoire le Grand pour évangéliser l'Angleterre, premier abbé au monastère Saints-Pierre-et-Paul (plus tard Saint-Augustin), enterré à Boulogne-sur-Mer, parce qu'il se noya à Ambleteuse.

S Albert, ermite à Gambrum.

VIII.        

S Evroul, ermite avec quelques compagnons à Ouche, fondateur de quelque quinze monastères ; les malades guérissaient en touchant son vêtement.

XI.        

S Gérard, abbé à Saint-Wandrille, assassiné pendant son sommeil par un moine irrité.

XII.        

S Thomas Becket, évêque à Cantorbury et grand chancelier du roi d'Angleterre auquel il résista ; il fut assassiné dans sa cathédrale.

XIV.        

B Gerardo Cagnoli, frère lai franciscain, cuisinier, mystique.

XVII.    

B William Howard, petit-fils de Philipp Howard (martyrisé en 1595, cf. 19 octobre) ; il siégeait à la Chambre des Lords ; condamné à mort pour “intelligence avec le pape” et décapité à Londres.

XIX.        

SS Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus et Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta, catéchistes ; Cho Chŭng-i Barbara, Han Yŏng-i Magdalena, Chŏng Chŏng-hye Elisabeth, Ko Sun-i Barbara, Yi Yŏng-dŏk Magdalena, laïques coréens martyrs canonisés en 1984, avec leurs proches, parents, frères ou sœurs, et fêtés le 20 septembre.

XX.    

Bx Martyrs espagnols de 1936 :

- béatifiés en 2001 : 

Diocésains : José Aparicio Sanz (*1893) et Enrique Juan Requena (*1903), prêtres, près de Valencia : le dernier, organiste, était particulièrement zélé ;

Jésuites : Juan Bautista Ferreres Boluda (* 1861), prêtre, près de Valencia ;

Laïcs : José Perpiñá Nácher (*1911), près de Valencia ;

- béatifiés en 2013 :

Capucins : Aproniano de Felipe González (Miguel, *1898), prêtre, et Jacinto Gutiérrez Terciado (Diego, *1909), convers, près de Santander.

David, roi

10e siècle avant Jésus-Christ

 

Nous trouvons l’histoire de David dans la Bible, aux Livres de Samuel, et au premier Livre des Rois.

David était le dernier-né des fils de Jessé, de Bethléem, qui en avait huit : Eliab, Abinadab, Shamma, sont les noms des trois premiers que nous donne l’Ecriture ; les autres ne sont pas nommés, jusqu’au dernier, David.

Celui-ci était roux, un garçon au beau regard et de belle tournure (1S 16:12).

Il entra au service de Saül pour lui faire bénéficier des bienfaits de la musique, car il jouait de la harpe (1S 16:14-23).

Vient l’épisode de Goliath, que David assomme d’un coup de galet envoyé avec sa fronde de pasteur (1S 17). C’est cette première victoire qui rend Saül jaloux, au point de diriger sa lance contre David, qui l’évite et s’enfuit.

Le fils de Saül, Jonathan, éprouve cependant une profonde amitié pour David ; il le protège, il intercède auprès de Saül pour un apaisement (1S 19-20), c’est que Jonathan aimait David de toute son âme (1S 20-17) et ira jusqu’à renoncer à la succession royale en faveur de David (1S 23-17).

Dans la lutte qui oppose désormais Saül et David, ce dernier se montre très magnanime envers le roi, l’épargnant même par deux fois quand il pourrait le tuer car, dit-il, que Yahve me garde de porter la main sur lui, car il est l’oint de Yahvé (1S 24:7 et 26:11)).

Après Saül, David devint roi de Juda (2S 2-4) puis d’Israël et Juda (2S 5-8).

Tous ces épisodes sont repris dans le premier Livre des Chroniques (1Ch 11-29), qui s’appellent en latin les Paralipomènes.

Choisi par Dieu, David n’en restait pas moins un homme avec ses faiblesses, et la Bible raconte sincèrement qu’il eut dix-neuf enfants de ses huit femmes sans compter les fils des concubines (1Ch 3:9). L’Ecriture inspirée de Dieu nous instruit ainsi sur les «habitudes» de cette époque, sans approuver ni condamner ce comportement, mais pour nous rappeler combien la loi divine du début était loin d’être appliquée dans son intégralité. Jésus-Christ rappelle aux Pharisiens que, si Moïse avait permis à l’homme de renvoyer sa femme, c’était en raison de (leur) caractère intraitable, mais qu’il n’en était pas ainsi à l’origine (Mt 19:8).

Par cette sincérité, l’auteur de la Bible signe son authenticité. N’importe quel faussaire aurait caché l’inconduite de David.

C’est ainsi que nous lisons aussi le triste épisode de l’adultère du roi (2S 11-12), comment il fit tuer le mari de Bethsabée au combat et introduisit cette femme chez lui, comment le prophète Natân lui reprocha son péché et lui annonça la mort du bébé. David écrira cependant son remords et sa confiance en Dieu miséricordieux dans le psaume 50 (le Miserere), un chef-d’œuvre poétique d’humble aveu du pécheur repenti.

David fut l’auteur d’une grande quantité de psaumes, cent-cinquante en tout, qui ne sont peut-être pas tous de sa propre main.

Mystérieusement, c’est ensuite de la même Bethsabée que naîtra Salomon. Le Christ choisit donc précisément cette lignée humaine pécheresse, pour naître dix siècles plus tard de la Vierge Marie.

Pour Salomon, David préparera tout le matériel nécessaire à la construction du Temple de Jérusalem (1Ch 22-29).

Le grand mérite de David, c’est sa piété profonde envers Yahweh, et c’est ce par quoi il l’emporte sur tous les rois d’Israël.

David régna une quarantaine d’années, dont trente-trois à Jérusalem (1Ch 29:27).

Ce n’est que tardivement que son nom fut introduit dans le Martyrologe, au 29 décembre, tandis que l’Eglise grecque le commémorait au dimanche après Noël.

 

 

Trophimos d’Arles

1er ou 3. siècle

 

Les Actes des Apôtres mentionnent un Trophime, originaire d’Asie (Ac 20:4), plus précisément d’Ephèse (Ac 21:29) ; en 2Tm 4:20, Trophime (si c’est le même) est malade à Milet.

Une tradition affirme que Trophime fut ordonné évêque par s.Paul, qui l’envoya évangéliser Arles et sa région.

D’après s.Grégoire de Tours (v. 17 novembre), Trophime était l’un des sept évêques envoyés en Gaule en 250 par le pape s.Fabianus (v. 20 janv.). On a objecté à cette assertion qu’à cette date, le siège d’Arles était occupé par un certain Marcianus, d’ailleurs hérétique : Trophime a pu être évêque peu auparavant, mais surtout on pourrait avancer qu’il fut le légitime évêque d’Arles, contre Marcianus - qui justement n’est pas recensé dans la liste épiscopale d’Arles.

On ne signale pas d’évêque avant Trophime : il est bien le premier évêque d’Arles.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Trophime d’Arles au 29 décembre.

 

 

Libosus de Vaga

† 258

 

Libosus était évêque de Vaga (Afrique Proconsulaire, auj. Beja, Tunisie N).

En 254, il était co-signataire, avec s.Cyprien (v. 14 septembre), d’une lettre aux Eglises d’Espagne, pour condamner les positions de deux évêques.

En 256, lors du concile de Carthage, il s’illustra par la déclaration suivante, qui est une perle :

Dans l’évangile, le Seigneur a dit : Je suis la Vérité. Il n’a pas dit : Je suis la coutume. Aussi, quand la vérité est devenue manifeste, il faut que la coutume cède à la vérité, et si naguère dans l’Eglise on ne baptisait pas les hérétiques, maintenant il faut qu’on commence à les baptiser. Le raisonnement est parfait.

En 258, Libosus fut martyrisé, avec d’autres évêques et, peut-être avec quelques autres dont voici les noms : Domicius, Victor, Primianus, Saturninus, Crescens, Secundus, Honoratus, par ailleurs totalement inconnus.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Libosus de Vaga au 29 décembre.

 

 

Martinianus de Milan

† 435

 

Martinianus devint, en 423, le dix-septième évêque de Milan (si l’on tient compte de l’éventuel épiscopat de s.Barnabé, v. 11 juin).

S.Ennodius de Pavie (v. 17 juillet) écrivit de lui qu’il fut élu à l’unanimité des suffrages et qu’il joignait la prudence du serpent à la simplicité et à la pureté de la colombe (cf. Mt 10:16). Lors de son élection, il aurait humblement protesté et proposé de choisir un autre candidat.

Martinianus semble avoir été l’objet d’une controverse concernant la théologie de s.Cyrille d’Alexandrie (v. 27 juin).

Il fit construire deux églises.

L’épiscopat de Martinianus dura une douzaine d’années. Il s’éteignit vers 435.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Martinianus de Milan au 29 décembre.

 

 

Markellos de Gomon

† 480

 

Markellos naquit en Apamée (Syrie, auj. Qal`at al-Madhīq). Il avait un frère.

Il fit des études qui le portèrent à Antioche, Ephèse, Constantinople.

A Ephèse, il faisait de la calligraphie, pour gagner quelques oboles ; à Constantinople, il se rapprocha d’un certain moine nommé Alexandre, qui dirigeait une communauté de moines acémètes, c’est-à-dire des moines organisés de telle façon qu’en se relayant à l’église, ils n’interrompaient jamais la louange divine. Littéralement, acémète signifie «qui ne dort pas».

Puis Alexandre dut se transporter de Constantinople à Gomon, sur la rive orientale du Bosphore. Markellos faillit lui succéder, mais se cacha pour laisser élire Ioannis. Ce dernier fut ordonné prêtre, et fit ordonner diacre Markellos, lequel fut obligé, à la mort de Ioannis, d’accepter d’être higoumène.

Il hérita alors de son frère : il reversa toute cette fortune à d’autres monastères, ne conservant absolument rien pour le sien propre.

En 448, au concile de Chalcédoine qui condamnait Eutychès, Markellos signa en tout dernier lieu : Markellos, le moindre des prêtres et des archimandrites.

En 465, on attribua à ses prières l’arrêt d’un incendie qui ravageait Constantinople.

Markellos développa beaucoup le domaine des études dans son monastère. On s’y rendait de loin en quête de renseignements.

Il mourut vers 480, après plus de quarante ans passés à la tête des Acémètes.

Le Martyrologe Romain mentionne saint Markellos de Gomon au 29 décembre.

 

 

Evroul d’Ouche

516-596

 

Evroul (Ebrulfus) serait né vers 516 à Bayeux.

Il fut formé à la cour du roi de Francie et se maria.

Cependant, entendant l’appel du Christ qui invite à tout laisser (cf. Lc 12:33 et 14:26,33), il confia sa chère épouse à des religieuses et vint se cacher dans les bois d’Ouche (Haute Normandie, act. Argentan, Orne).

Il y venait avec trois compagnons, confiant à Dieu leur survie, dans cette forêt si ingrate. La vie de ces solitaires touchait les gens de l’endroit, qui apportèrent des dons, et souvent restèrent.

Ils étaient quatre : il fallut bâtir quinze monastères ! Il y eut des monastères d’hommes et des monastères de femmes. Une peste abattit soixante-dix-huit d’entre eux.

Evroul ne fut pas ordonné prêtre, mais il resta le supérieur de toutes ces communautés.

La nuit, Evroul faisait venir discrètement son secrétaire, qui lui lisait l’Ecriture ; le dimanche, des prêtres célébraient devant lui trois messes ; trois fois l’an, il se faisait raser la tête.

Il y eut un accueil particulier réservé aux pauvres. Des malades demandaient à toucher (ou emporter) la corde d’Evroul, et s’en trouvèrent guéris.

Devenu octogénaire, il désirait voir son Maître. Il ne pouvait plus absorber qu’un peu d’eau. Pendant quarante jours, sa seule nourriture fut l’Eucharistie.

Evroul s’éteignit le 29 décembre vers 596.

On ne nous dit pas ce que sont devenus ces quinze monastères, mais des paroisses ont «Saint Evroult» comme patron.

Saint Evroul d’Ouche est commémoré le 29 décembre dans le Martyrologe Romain.

Gerardo Cagnoli

1267-1342

 

Gerardo vit le jour vers 1267 à Valenza Po (Lombardie, Italie N), d’une famille chrétienne et aisée.

Il fut orphelin de père à dix ans, et dut ensuite s’occuper assidûment de sa chère maman, frappée d’une grave tuberculose pulmonaire qui l’immobilisait totalement. 

Sans se décourager, Gerardo s’occupa responsablement de la maison, de sa mère, et commença une vie d’ermite chez lui, dans la prière, l’abnégation, le silence avec Dieu.

La maladie de la maman la tortura pendant treize années, au terme de laquelle elle rendit son dernier soupir dans les bras de son garçon bien-aimé.

Ce qu’il possédait, il le donna aux pauvres et entreprit un long pèlerinage à travers l’Italie, jusqu’aux rivages de la Sicile.

Il fut d’abord à Rome quelques années, puis rejoignit Naples et atteignit la Sicile. Ce fut d’abord près de Trapani (pendant quatre ans), puis de Catane.

Il y eut ensuite comme une fracture dans la vie de Gerardo. Il entendit parler de la sainte vie de Louis d’Anjou (v. 19 août) et, pour en imiter les saintes vertus, songea qu’il n’avait rien de mieux à faire que d’entrer dans un couvent franciscain. Il se présenta à Randazzo. Après la vie solitaire, cette vie de communauté, dans l’obéissance à un supérieur, devait coûter beaucoup à Gerardo, qui cependant voulait vraiment acquérir le sainteté. S’il en souffrit, il ne le laissa pas transparaître. Il était heureux.

Comme tout les nouveaux profès, il eut la charge de l’accueil et de la quête dans les rues, et se trouva ainsi en continuel contact avec les gens. Mais il pouvait jouir quotidiennement de l’Eucharistie, devant laquelle il restait des heures en méditation, la nuit. Son amour pour Jésus-Christ allait en même temps pour la Mère de Jésus, qui le favorisa d’apparitions, et bien sûr pour Louis d’Anjou.

Dieu lui donna en retour le don des miracles. C’est à Randazzo, alors qu’il n’était que novice, qu’il accomplit son premier geste miraculeux : «victime» d’une extase dans l’église, il en avait oublié de préparer le repas de la communauté ; le père gardien vint doucement le rappeler à la réalité et Gerardo courut à la cuisine… où le repas avait été préparé par «quelqu’un» : son ange gardien.

Puis on l’envoya au couvent de Palermo, où il resta pendant trente-cinq ans ; là encore, il excella à se faire petit, à servir les autres, à rechercher les plus vieux habits ; tout cela sans renoncer aux habituelles mortifications qu’il connaissait déjà dans son ermitage : cilice, jeûnes, abstinence rigoureuse de viande.

Les miracles se multiplièrent : Gerardo eut un charisme particulier pour guérir des maladies de toutes sortes, des fièvres malignes, des blessures, des maux incurables… 

Gerardo mourut le 29 décermbre 1342. Bien entendu, les miracles continuèrent de plus belle. On «béatifia» le bon Frère par la voix populaire, suivie de l’autorité ecclésiastique qui en confirma le culte en 1908.

 

 

William Howard

1614-1680

 

William était né le 30 novembre 1614 à Strand (Londres, Angleterre).

Petit-fils de Philipp Howard (v. 19 octobre), fils de Thomas Howard et oncle du cardinal Thomas Philipp Howard, il grandit dans le Catholicisme.

Lors du sacre de Charles Ier en 1626, il fut fait chevalier de Bath et, en 1637, épousa Mary Stafford, devenant ainsi vicomte Stafford en 1640.

En 1642, on le trouve aux Pays-Bas, au service de la famille royale, et de ses parents. Il fut aussi chargé de missions en Flandre et en Suisse par l’empereur Ferdinand.

Après la mort de son père en 1646, des querelles d’héritage divisèrent la famille et causèrent beaucoup d’ennuis à William, pendant plusieurs années. Dans l’impossibilité d’entrer dans les détails, on sait qu’il fut même arrêté dans le cadre de ces affaires pénibles, à Heidelberg en 1653, à Utrecht en 1656. Les procès durèrent jusqu’en 1660, lorsqu’à la Restauration il put récupérer ses droits et vivre en paix avec sa grande famille.

C’est en 1675 que son neveu Thomas Philipp fut créé cardinal.

En 1678, les partisans du complot de Oates mirent William sur leur liste de lords catholiques proscrits. Il fut arrêté et jeté à la Tower de Londres le 25 octobre, où il resta plus d’une année.

Dans la prison, il eut pour compagnon le père bénédictin James Maurus Corke, qui écrivit que ce vieillard était toujours prêt à rendre service, très charitable, très pieux, habitué à la sobriété, incapable de proférer une parole méchante, amant de la justice.

Le procès dura une semaine et s’acheva par la condamnation à mort votée par cinquante-cinq voix pour et trente-et-une contre ; on a dit que parmi les voix pour se trouvaient tous les parents de William.

William Howard mourut en martyr à Londres, le 29 décembre 1680.

Il fut béatifié en 1929 parmi cent-sept Compagnons, d’Angleterre et du Pays de Galles.

 

 

Cho Chŭng-i Barbara

(Jo Jeung-i Bareubara)

1781-1839

 

Née en 1781 à Ichŏn (Gyŏngi-do, Corée), Barbara était de famille noble. Elle était cousine de Chŏng Ha-sang Paulus, le fameux héros de l’introduction des missionnaires en Corée (v. 22 septembre).

A seize ans, elle épousa Nam I-gwan Sebastianus (sans doute un Chrétien, puisqu’il porte un prénom chrétien), et mit au monde un garçon qui mourut peu après la naissance.

Plusieurs de ses proches moururent dans la persécution de 1801 et son mari fut exilé. Refugiée chez son frère, elle y fut vraiment malheureuse.

Vers l’âge de trente ans, elle vint à Seoul, où elle put vivre en paix chez une famille de Chrétiens et enfin pratiquer plus librement la religion.

Elle aida activement son cousin Paulus pour son voyage en Chine.

En 1832, son mari revint de l’exil et elle put aider davantage les prêtres chinois. Après le départ du père Yu, Barbara acheta une petite maison, où elle put accueillir Mgr Imbert et les pères Maubant et Chastan, futurs martyrs (v. 21 septembre). Les fidè!es y vinrent pour recevoir les Sacrements et participer à l’Eucharistie. Elle disait souvent : Si une persécution arrive, nous devons nous y préparer par la mortification pour glorifier Dieu et sauver nos âmes.

C’est en juillet 1839 qu’elle fut arrêtée. Interrogée pour révéler la cachette de son mari, invitée à renier sa foi, elle déclara fermement : Même si je dois mourir mille fois, je ne peux pas commettre un tel péché.

Les tortures s’abattirent sur cette femme courageuse. Elle eut les jambes tordues, elle reçut cent quatre-vingts coups de cudgel, cette plaque de bois d’un demi-centimètre d’épaisseur, avec un long manche, qu’on abattait sur le postérieur des victimes jusqu’à en faire gicler les chairs et le sang ; derechef devant la Haute-Cour.

On retrouva son mari, qui subit à son tour les tortures. Tous deux restèrent fidèles et inébranlables.

Barbara, oubliant ses souffrances, restait douce avec les autres prisonniers, les encourageait, les consolait. Après leur avoir dit au-revoir, elle s’endormit, jusqu’à ce qu’on vînt la chercher.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Han Yŏng-i Magdalena

(Han Yeong-i Magdalena)

1783-1839

 

Magdalena était née en 1783 à Seoul.

Jeune encore, elle épousa Kwŏn Chin, un fonctionnaire gouvernemental lettré, de famille noble. S’étant fait catholique, il poussa son épouse à embrasser aussi le christianisme. Il fut baptisé sur son lit de mort, et demanda à son épouse de toujours vivre désormais en femme catholique.

Une fois devenue veuve, Magdalena mena une vie très pauvre, mais très pieuse en même temps, sans jamais se plaindre, remerciant Dieu au contraire pour sa vie de pauvreté.

Elle avait eu une fille, Kwŏn Chin-i Agatha, qui vint avec son amie Yi Agatha, vivre chez sa mère. C’était un trio de saintes femmes, tout adonnées aux actes de piété, de bonté, et de mortification.

Un apostat parla : Magdalena fut «dénoncée» et arrêtée le 17 juillet 1839, avec les deux jeunes filles. Tandis que Magdalena était conduite en prison, Agatha était retenue avec deux autres femmes dans une maison voisine, gardée par des policiers. Le traître lui-même vint faire à Agatha des propositions malhonnêtes, auxquelles elle ne prêta pas même l’oreille. La police, touchée par la jeunesse et la beauté de cette fille, vint la délivrer. Les policiers complices du traître furent punis.

Agatha et les deux autres femmes furent de nouveau arrêtées un peu plus tard. Elles devaient subir le martyre le 31 janvier 1840.

Quant à Magdalena, cette vaillante veuve subit des tortures intollérables, qu’elle supporta cependant avec tout le courage que lui donnait sa foi inébranlable. Frappée, tordue, elle restait calme et paisible, dans l’attente du jour de son martyre final.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ch’oe Ch’ang-hŭb Petrus

Choe Chang-heub Peteuro)

1786-1839

 

Petrus était né vers 1786 à Seoul (Corée), fils d’un officier du gouvernement. Un de ses frères, Ch’oe Ioannes, reçut le martyre en 1801.

Il avait treize ans quand mourut son père, et alors il eut l’occasion de connaître la doctrine catholique.

En 1801, la persécution lui fit perdre, outre son frère, tous ses biens de famille. Il épousa Son So-byŏk Magdalena, qui mit au monde onze enfants ; deux de ceux-là seulement vécurent, dont Ch’oe Yŏng-i Barbara.

Mais comme il ne vivait pas en milieu catholique, il ne pratiqua pas le catholicisme jusqu’en 1815 : alors, il se rapprocha d’une communauté catholique et approfondit la religion. Lors d’une épidémie de choléra, en 1821, il reçut enfin le Baptême.

Dès lors, il observa consciencieusement la religion, pratiqua avec régularité, soutint les missionnaires et l’Eglise de toutes ses forces, jugeant que pour tous les péchés qu’il avait commis dans sa jeunesse, il devait mourir pour Dieu, en expiation et pour sauver son âme.

En juin 1839, il fut arrêté, et interrogé. Quelques questions et réponses :

Tu crois en cette fausse religion ?

Je crois en la religion catholique. Il n’y a pas d’erreur dans ce que l’Eglise enseigne.

Renonce à Dieu.

Impossible.

On le tortura sept fois. Son corps fut littéralement brisé sous les coups, mais il resta inflexible dans sa foi, et refusa de donner des indications sur les autres Catholiques.

Juste avant d’être porté au lieu de l’exécution, il fit dire à sa femme et à sa fille, qui étaient aussi en prison, qu’elles ne devaient pas être tristes, mais qu’elles devaient rendre grâces à Dieu et se préparer à le suivre dans le martyre.

Effectivement Magdalena subit le martyre le 31 janvier suivant, et Barbara le 1er février.

Petrus, lui, fut décapité parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Ko Sun-i Barbara

(Go Sun-i Bareubara)

1794-1839

 

Barbara était la fille d’un Martyr de 1801, Ko Kwang-sŏng, et épouse de Pak Chong-wŏn Augustinus, qui allait être martyrisé un mois après elle (v. 31 janvier).

Née en 1794 (ou peut-être en 1798), elle s’était mariée à dix-huit ans, et eut trois enfants.

Toute la famille grandissait dans une foi profonde. Bareubara épaulait son mari dans ses œuvres, elle faisait le catéchisme aux illettrés, ravivait la foi des faibles, visitait les malades. Elle était heureuse de voir revenir les missionnaires, pour recevoir les Sacrements.

Quand son mari fut arrêté, le 26 octobre 1839, elle pensa se livrer elle-même, pour partager les souffrances de son mari, mais elle fut elle-même arrêtée dès le lendemain, 27 octobre. Elle remercia le Bon Dieu pour cette grâce spéciale. En prison, ils s’encouragèrent mutuellement.

Interrogés, tous deux refusèrent de renier leur foi, tous deux subirent les tortures. La pauvre Bareubara ne pouvait plus bouger les bras, mais ne perdit jamais son courage.

Vingt jours après, elle fut à nouveau battue, avec son mari. Sa chair volait en lambeaux. Mais son désir de mourir pour Dieu était plus fort. Elle révéla à ses camarades de prison : D’habitude, les tortures m’effraient, mais maintenant le Saint-Esprit m’a accordé une bénédiction particulière, de sorte que la pécheresse que je suis n’a plus peur des tortures. Je suis tellement heureuse ! Je ne savais pas qu’il était si facile de mourir !

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

 

Hyŏn Kyŏng-nyŏn Benedicta

(Hyeon Gyeong-nyeon Benedikta)

1794-1839

 

Cette pieuse veuve était la fille d’un Martyr, Hyŏng Kye-hŭm, et belle-fille d’un autre Martyr, Ch’oe Ch’ang-hyŏn, morts dans la persécution de 1801. Un de ses frères, aussi, Hyŏn Sŏng-mun Carolus, mourra martyr en 1846.

Née en 1794 à Seoul, elle s’était mariée en 1811, mais resta veuve et sans enfants dès 1814, de sorte qu’elle retourna chez sa mère, occupée à coudre et à prier en paix.

Sa piété était vraiment édifiante. Le peu qu’elle gagnait par la couture, elle le donnait ; elle enseignait le catéchisme oralement à ceux qui ne savaient pas lire ; elle encourageait les esprits tièdes, consolait les affligés, assistait les malades, baptisait les petits enfants en danger de mort. Quand les missionnaires passaient, elle recevait chez elles ceux qui voulaient recevoir les Sacrements.

C’était vraiment une «Religieuse», toute consacrée à Dieu.

Lors de la persécution en 1839, elle fut arrêtée, en juin ou en juillet. Dès que les officiers apprirent qu’elle était la sœur de Carolus, ils la maltraitèrent d’autant plus rigoureusement, car Carolus jouait un rôle très important parmi les Catholiques, et l’on voulait savoir où il pouvait bien se cacher.

Benedicta fut interrogée par sept fois. Le mot «interroger» sous-entend d’horribles tortures, de violents coups de bâtons sur tout le corps. On renouvela ces tortures à la Haute-Cour : Benedikta était si blessée qu’elle ne pouvait presque plus bouger les jambes ; ses blessures étaient si profondes, qu’il en sortait sans arrêt du sang et du pus. De plus, elle attrappa le choléra dans la prison insalubre.

Elle put faire parvenir une lettre à son frère, qui fut connue mais qu’on a malheureusement perdue.

Peu avant son exécution, elle s’endormit d’un sommeil profond, avant d’être portée, toute joyeuse, au lieu de sa mort.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Chŏng Chŏng-hye Elisabeth

(Jeong Jeong-Hye Ellisabes)

1796-1839

 

Elisabeth naquit en 1796 à Seoul (Corée S).

Elle avait de qui tenir : ses deux parents devaient mourir martyrs, ainsi que son frère. En effet, son papa, Chŏng Augustinus fut martyrisé en 1801, quand elle n’avait que cinq ans ; la maman, elle, Yu So-sa Cæcilia, allait être martyrisée le 23 novembre 1839, un mois avant Elisabeth, tandis que son frère, Chŏng Ha-sang Paulus, avait reçu cette grâce le 22 septembre 1839.

Lors de l’arrestation d’Augustinus, Cæcilia et ses trois enfants furent pris eux aussi. Le gouvernement relâcha la maman et les enfants, mais leur confisca leurs biens, de sorte qu’ils durent vivre chez des parents non-baptisés à Seoul.

La cohabitation n’était pas pacifique. La petite fille, en particulier, ne mangeait pas à sa faim et avait froid. Elle se mit à coudre et à broder, et put gagner un peu d’argent pour aider sa mère et son frère Paulus.

Elle était si douce, si pure, que peu à peu le cœur des parents s’adoucit.

Elisabeth elle-même ne regarda jamais un homme en face. Elle fit très tôt le vœu de virginité.

Vers trente ans, et jusque vers trente-cinq ans, elle fut très fortement tentée. Pour combattre, elle usa des moyens traditionnels dont on parle dans la vie des Saints : la prière, le jeûne, les flagellations.

Elle eut une joie particulièrement manifeste lors de la venue de Mgr Imbert et des deux prêtres français qui l’accompagnaient (v. 21 septembre). Beaucoup de gens vinrent chez elle pour rencontrer le prélat et les prêtres.

Elisabeth fit le catéchisme aux catéchumènes, l’aumône aux pauvres. Mgr Imbert la remarqua avec admiration.

Quand il dut partir, Elisabeth, avec sa mère et son frère Paulus, s’employèrent à consoler les Catholiques attristés, continuant à aider les pauvres et surtout les prisonniers, avec des vêtements et de la nourriture. Ils se préparaient en famille pour l’heure du martyre.

Elisabeth fut arrêtée le 19 juillet 1839, avec sa mère et son frère.

On l’interrogea :

Où est ton mari ?

Je n’ai jamais été mariée.

Et pourquoi ?

Qui voudrait d’une pauvre femme comme moi ?

Ayant refusé, bien sûr, de renier sa foi, elle fut torturée durement : elle reçut, en sept fois, deux-cent trente coups de club : quatre bourreaux tenaient chacun un bâton (club) cylindrique d’une dizaine de centimètres de diamètre, et frappaient alternativement sur tout le corps de leur victime.

Entre les séances de torture, elle ne cessait jamais de prier, de méditer, de consoler les autres, de les encourager. Elle demanda que l’argent de l’Eglise fût versé à la prison pour acheter des vêtements et des vivres pour les prisonniers. Elle était prête à souffrir toutes les tortures possibles, par amour de Dieu et de la Sainte Vierge, et répétait qu’elle pouvait ainsi comprendre ce que Notre-Seigneur avait souffert.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

 

 

Yi Yŏng-dŏk Magdalena

(Yi Yeong-deok Magdallena)

1812-1839

 

Magdalena était née en 1812, dans une famille noble, mais très pauvre. La grand-mère l’instruisit dans le Christianisme, qu’elle professa avec sa mère, Cho Barbara, et sa sœur, Yi Maria. Mais l’harmonie familiale n’était pas totale, car le père non seulement n’était pas baptisé, mais demeurait obstinément opposé à la religion, tout en supportant la dévotion de son épouse.

Il arriva donc qu’on voulut arranger un beau mariage pour Magdalena, quand elle eut vingt ans. Le prétendant n’était pas baptisé : Magdalena simula une maladie et refusa. Mais le père ne s’y trompa pas : il la maltraita. Magdalena alla jusqu’à écrire avec son sang une lettre à son père, qui refusa de se rendre.

Ce combat dura sept années. A vingt-sept ans, la pauvre Magdalena demanda à Mgr Imbert (v. 21 septembre) la «permission» de quitter le toit de sa famille, mais l’évêque jugea opportun de le lui déconseiller, pour d’autres motifs valables de prudence et de charité. Mais après plusieurs mois de cette vie de plus en plus intenable, la demoiselle s’échappa et rejoignit, avec sa mère et sa sœur, une autre famille catholique. Là, l’évêque se montra contrarié et réitéra son conseil précédent : mais comment revenir dans cette maison, où le père se déchaînait, non seulement contre sa fille, mais contre son épouse et finalement toujours contre l’Eglise et contre Dieu ? L’évêque voyait autrement, mais laissa les catéchistes décider de la situation : Magdalena eut la possibilité de demeurer à Seoul, et de vivre pieusement selon ses désirs, dans la prière et les bonnes œuvres, bien consciente que sa destinée pouvait bien être le martyre.

On l’arrêta en effet, ainsi que sa mère ; on les jeta en prison, on les tortura. Magdalena souffrit la faim, la soif, les pénibles conditions d’une prison malsaine : elle vit sa mère toute fiévreuse mourir sous ses yeux (ce n’est donc certainement pas la Martyre du même nom qui mourut le même jour que Magdalena).

Battue de façon répétée, elle ne céda pas dans sa profession de foi.

Elle fut décapitée parmi sept Martyrs, à Seoul, au-delà de la Petite Porte Occidentale, le 29 décembre 1839.

Sa sœur Yi Maria fut martyrisée à son tour un mois plus tard, le 31 janvier 1840.

La béatification de ce groupe eut lieu en 1925, et leur canonisation en 1984. La fête liturgique des Martyrs de Corée est au 20 septembre.

Juan Bautista Ferreres Boluda

1861-1936

 

Né le 27 novembre 1861, à L’Ollería (Valencia, Espagne), de parents chrétiens cultivateurs, Juan Bautista fut baptisé dès le lendemain.

Jusqu’à ses seize ans, il travailla avec ses parents dans leur ferme. Mais lors d’une sorte de «concours» local, un des membres du jury remarqua ses dons intellectuels peu communs et suggéra aux parents de le pousser vers les études. L’adolescent choisit alors de fréquenter le séminaire diocésain.

Dès 1877 donc, il fut au séminaire de Villanueva, où il prenait toujours les premières places.

Ordonné prêtre en 1887, il entra alors dans la Compagnie de Jésus et commença le noviciat en 1888 à Veruela (Saragosse).

L’étude de la philosophie et de la théologie lui était déjà familière, de sorte qu’il fit en même temps des études universitaires, et fut reçu à la licence de Philosophie et Lettres, avec mention.

De 1894 à 1899 il enseigna la théologie morale et le Droit canonique à Saragosse, Orihuela, Manresa, et Tortosa où il fit la profession solennelle, le 15 août 1900.

Il enseignera finalement à Sarriá pendant plus de trente ans.

Le souvenir qu’il laissa fut unanime : excellent religieux, très pieux, sérieux et moral, ennemi des critiques et des médisances, pauvre, fidèle à la prière et à l’examen particulier quotidien, travailleur patient. Il n’aimait pas les éloges et dit un jour : Bah ! la gloire humaine ne sert à rien, seulement la gloire de Dieu.

Ses élèves l’apprécièrent aussi pour la clarté de son enseignement, sa douceur, sa compétence, ses conseils qui suscitèrent des vocations. On le consultait aussi pour des questions graves concernant l’Ordre jésuite et l’Eglise universelle. 

Comme on l’a déjà dit, la Compagnie de Jésus fut dissoute par le gouvernement en 1932. Le père Ferreres aurait dû partir à l’étranger avec ses élèves, mais son diabète et son âge persuadèrent les Supérieurs de le laisser en Espagne, dans l’espoir de quelque éclaircie politique. La plupart des Religieux qui restèrent en Espagne, se vêtirent dès lors en paysans et cherchèrent comment vivre de leur travail.

Le père Ferreres s’en fut à Barcelone, où il s’occupa de la réimpression de ses ouvrages, tout en exerçant très discrètement le ministère sacerdotal quand on le lui demandait.

Lors de la persécution de 1936, après l’assassinat du supérieur local, il se réfugia chez une famille amie, qui fut plusieurs fois victime de fouilles et où le père Ferreres attendait tranquillement l’heure du martyre.

Arrêté le 9 août, il fut accusé d’avoir tiré les coups qui étaient partis d’une fenêtre voisine. Remis en liberté, il se réfugia alors dans une cave chez un ancien élève. 

Les Supérieurs jugèrent opportun de le faire accompagner dans son pays natal et lui procurèrent un sauf-conduit, qui lui permit de rejoindre son frère José María à L’Ollería, avec tout son déménagement, qui consistait en un crucifix et un chapelet.

Les miliciens eurent immédiatement vent de son arrivée et le surveillèrent. Le 19 août, on l’emmena au Comité pour l’interroger. Le lendemain, on vint brûler chez son frère les diverses publications et livres que le père Ferreres lui avait offerts.

A la fin du mois, il fut convoqué par le Gouverneur Civil de Valencia, motif pour lequel une voiture vint le chercher, mais le Gouverneur ne le reçut jamais. On laissa le pauvre Père, qui avait soixante-quinze ans, dans la prison de San Miguel de los Reyes, où il resta pendant quatre mois.

Le père Ferreres subit là beaucoup de mauvais traitements et mourut le 29 décembre 1936.

Comme son saint Patron, il diminua pour laisser grandir le Christ (cf.Jn 3:30) et mourut quatre jours après Noël.

Le père Juan Bautista fut béatifié en 2001.

 

 

José Aparicio Sanz

1893-1936

 

José Aparicio naquit le 12 mars 1893 à Enguera et fut baptisé le jour suivant. 

Son père était Manuel Aparicio Sanz et sa mère Leonora Sanz Sanz. 

Dans cette famille profondément chrétienne, le petit garçon montra très tôt des signes très particuliers de profonde dévotion et de vocation sacerdotale. 

Après avoir fréquenté l’école des Sœurs Mercédaires d’Enguera, il prépara le baccalauréat aux Ecoles Pies de Valencia. Dans la même ville il entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques de Saint Joseph ; c'était une maison fondée fin XIXe, par un saint prêtre, Manuel Domingo y Sol (voir au 25 janvier).

Successivement il passa au Séminaire de Valencia, qui avait le rang d'Université Pontificale, où il fut un séminariste modèle, tant pour son travail que pour ses vertus. 

Ordonné prêtre en 1916, il fut vicaire à Benalí, où il s'employa à faire reconstruire l'église ; pour le récompenser, l'évêque lui proposa de demander ce qu'il voulait, à quoi il répondit : Monseigneur, vous ne m'avez pas ordonné pour demander, mais pour obéir. A sa mère et sa sœur qui lui suggéraient qu'il aurait pu demander quelque chose de plus, il rétorqua : Mais, maman, le mieux est d'accomplir la volonté de Dieu, qui se manifeste à travers la personne de l'Evêque. Car ceux qui demandent ne sont jamais contents

Sa prédilection allait aux enfants, à l'enseignement du catéchisme et à l'Eucharistie.

Son deuxième poste, en 1917, fut comme coadjuteur à Santa María de Oliva : dans cette paroisse plus importante que la précédente, il put donner libre cours à toute sa sollicitude dans tous les domaines de la pastorale. Il travailla surtout à l'organisation de l'apostolat parmi les jeunes, à la formation de la chorale paroissiale, à la catéchisation des petits enfants et suscita la dévotion des Jeudis eucharistiques. Déjà on l'appelait "le petit Saint" (El Santet'), comme on le nomme encore aujourd'hui quand on parle de lui.

Il montrait une ardeur impressionnante à s'occuper de la catéchèse, à l'apostolat de l'enfance. Sa ferveur eucharistique édifiait : il passait des heures devant le Saint Sacrement et s'efforçait d'inculquer le respect et la dévotion envers l'Eucharistie. Il visitait beaucoup les malades, préoccupé du salut de leurs âmes et aussi de ce dont ils pouvaient avoir besoin matériellement. Lors de l'épidémie de grippe de 1918, il ne ménagea pas sa peine pour soulager les malades, jour et nuit.

En 1920, il fut vicaire à Benifallim, où il développa la dévotion à l'Eucharistie et au Sacré-Cœur. En 1921, il passa à Luchente. De cette époque datent ses lettres de directeur spirituel et d'auteur mystique, avec ce qu'il appela : "La Sentinelle de mon Sanctuaire". Cette localité, déjà sanctifiée par le prodige du Corporal de Daroca, devint grâce à lui un centre d’où rayonnait l'Eucharistie et qui attirait les foules. Son travail acharné commença à porter des fruits en juillet 1925, quand affluèrent d'innombrables drapeaux de sections adoratrices ; il y eut ensuite les retraites, les exercices spirituels de 1927 et 1928, et surtout la première célébration anniversaire du Corporal, en la fête de saint Matthias de 1928 (qui se célébrait alors le 24 février).

Le 24 février 1929 commença en effet une retraite dans l'église du Corpus Christi, sur la "montagne sainte" de Luchente, début d'une série de rendez-vous annuels de l'Archidiocèse. L'église en question, jusque là abandonnée et isolée, échappa à la ruine totale grâce au zèle du jeune curé. Ses conférences et ses articles périodiques remuèrent la sensibilité de la société valencienne pour récupérer cet important monument eucharistique de l'archidiocèse de Valence et le ramener à son ancienne splendeur.

En 1930, à trente-sept ans, il fut nommé archiprêtre de son pays natal, Enguera. Rien n'échappait au zèle de ce jeune apôtre.

Il instruisait les enfants tous les jours ; au moment de leur Première Communion, il débordait d'enthousiasme ; les premiers vendredis du mois, il s'efforçait de faire participer les enfants, en leur donnant de petits missels et des images pieuses pour les stimuler ; il organisait aussi pour eux des séances de cinéma, des jeux, etc. 

De lui on conserve une grande quantité de notes personnelles, de lettres de direction spirituelle, d'écrits mystiques et ascétiques, de réflexions et d'intentions, qui constituent une réelle œuvre mystique et ont servi pour définir les traits et la silhouette morale de don José Aparicio.

Unanimes sont les témoignages de ceux qui l'ont connu enfant, séminariste, adulte et prêtre ; sans cesse reviennent les mots : esprit de mortification, modestie, affabilité, bonne éducation, humilité, prudence.

Sa dévotion à la Sainte Vierge le poussa, à vingt ans, à La choisir comme sa "fiancée", ce qui rappelle cet épisode charmant où le jeune saint Jean Eudes (1601-1680, v. 19 août), à quinze ans, passa un anneau au doigt d'une statue de Notre-Dame, en signe de "fiançailles" avec Elle.

Il y avait eu déjà quelques incidents minimes en 1934, mais en juillet 1936 l'on commença à fermer, détruire et incendier les églises et les chapelles publiques. L'église de José Aparicio Sanz fut saccagée et en partie mutilée par la destruction du chœur, convertie en marché, tandis que celle du couvent des Carmélites fut transformée en garage. On détruisit complètement les autels ; les saintes images et les statues furent jetées sur la place publique et incendiées. Le presbytère fut occupé, abandonné et tomba en ruine. La population fut prise de panique, mais aussi parfois de lâcheté, évitant d'intervenir pour défendre leurs prêtres. On continua quand même à célébrer en secret.

Don José passa cette ultime période de sa vie dans une grande sérénité, malgré la totale incertitude qu'il nourrissait pour le lendemain. Tranquillement, il s'occupait à cacher tous les objets du culte, en toute discrétion, mais sans jamais perdre la paix. Les derniers mois, il retirait chaque soir le Saint Sacrement de l'église et le conservait dans son presbytère pour Le protéger. A qui lui parlait de la mort, il répondait : Pour être des martyrs, il n'y a qu'à accepter la mort sans nous défendre, comme venant de la volonté de Dieu.

A partir du 18 juillet, on lui conseilla de se cacher, ce qu'il refusa. Il aurait pu fuir et se cacher, mais il voulut rester près de ses paroissiens, Chez lui, il portait toujours la soutane, affirmant vouloir être victime de (sa) soutane ; il s'habillait en paysan, par prudence, quand il allait chez des paroissiens. Un jour que les miliciens le perquisitionnaient, il leur présenta le Saint Sacrement qu'il portait et leur demanda de Le respecter : les miliciens ne l'approchèrent pas. On retrouva de lui cette note écrite en marge de la biographie du Père Pro (prêtre mexicain martyr du début du siècle, v. 23 novembre) : Serai-je martyr ? Pourquoi pas ? Serai-je saint ? Ah oui, vraiment je le désire.

Le 2 août, l'église paroissiale fut incendiée. 

Le 11 octobre José Aparicio fut aux arrêts dans une maison de sa famille et gardé par des miliciens. Au moment des adieux il retira sa soutane, donna son chapelet à sa sœur, consomma les Saintes Espèces et avec l'esprit très tranquille se livra aux mains de ceux qui étaient venus le chercher. Certainement, il aurait encore pu demander à fuir, mais il préféra le martyre. 

Les miliciens le conduisirent donc au Comité, avec d'autres prisonniers, d'abord à Chelle, puis jusqu'au séminaire de Valencia. Le 12, tous furent conduits au Gouvernement Civil, puis de là à la prison centrale. En chemin, don José donna enfin l'absolution à un codétenu, après l'avoir convaincu de pardonner à ceux qui les conduisaient à la mort. La sérénité qu'il affichait continuellement durant sa captivité, jusqu'à la mort, se manifeste parfaitement dans cette poésie qu'il rédigea durant cette période : 

 

       Toi qui nous as montré comment mourir,

        Toi qui as été un Maître d'humilité,

        Toi qui as souffert la mort la plus cruelle,

        Seigneur, donne-moi la sérénité.

 

        Sérénité pour souffrir avec calme

        la barbarie de mon martyre ; 

        et que mon âme puisse Te rejoindre

        parfumée de gloire comme un iris.

 

        Que m'importe la douleur et la solitude

        de mon agonie sanglante,

        si de telle manière je m'approche de ton trône,

        si je peux jouir, Seigneur, de ta compagnie ?

 

        Que chaque balle qu'ils feront pénétrer dans mon corps

        me rapproche toujours plus de toi, Seigneur ; 

        que mes blessures soient autant de bouches qui te rendent louange

        avec le feu mystique de mon amour pour toi.

 

        Que mes blessures soient comme des roses rouges,

        les roses de mon amour et de ma souffrance,

        que mes blessures soient comme des roses rouges…

        que mon corps… soit ton rosier, Seigneur.

 

        Merci, mon Dieu, car tu m'as donné

        la gloire, immense pour moi,

        que mon corps, couvert de la boue de mon péché,

        fleurisse pour Toi. (…)    

 

        Par amour pour toi, mon corps inculte s'est trouvé empli

        de ces fleurs parfumées et odorantes,

        car Toi seul sais, Seigneur, que depuis longtemps

        je souffrais de ne pas assez t'aimer. (…)

 

        J'entends une voix qui me dit : "Marche jusqu'à la fin de ta journée ; 

        marche jusqu'à la mort ; la mort, c'est la vie.

        ton âme sera rachetée

        par ma passion, par la passion de ton amour".

 

        Bien que ce soit juste pour cette fois-ci, pour la dernière fois,

        je Te dis que je Te rends grâces, mon grand Seigneur,

        car Tu me donnes la mort par amour pour moi,

        pour moi, pour ma Paroisse et pour Enguera.

 

Peu de jours après son incarcération, Don José Aparicio tomba malade. Il empira jusqu'au point de ne presque plus sortir de sa cellule. Parfaitement conscient de sa prochaine mort, il priait, convaincu qu'on allait lui enlever la vie pour avoir été prêtre. A quelqu'un qui lui rendit visite et lui parlait des démarches entreprises pour sa libération, il répondit avec des signes négatifs et montra plutôt sa conviction qu'il allait mourir, toujours avec la même sérénité et la même tranquillité. 

Il exhortait ses compagnons de prison à pardonner leurs ennemis. Comme ils ne voulaient pas pardonner, pensant à leurs enfants qui allaient devenir orphelins, il leur fit voir que cette attitude leur faisait perdre la palme du martyre qu'ils tenaient déjà à portée de main, et qu'ils ne pouvaient pas s'attendre à recevoir l'absolution sacramentelle. Ses paroles finirent par les convaincre tous, et c'est en pardonnant du fond du cœur qu'ils lui demandèrent alors l'absolution : il la leur accorda alors avec grande joie.

Quatre jours avant son exécution, il ne s'alimenta plus que de jus d'orange. Quand on lui annonça qu'il allait sortir de prison, à quatre heures de l'après-midi, ceux qui étaient avec lui pensaient qu'on allait les libérer, parce qu'à cette heure-là on ne conduisait pas les détenus au peloton ; lui, au contraire, demanda l'absolution à un père franciscain qui était avec eux, et avec une certaine insistance, car il était convaincu qu'on allait l'exécuter. Sur le chemin, il réconfortait ses compagnons en leur parlant du Ciel. 

Parvenu à l'endroit de l'exécution, à Paterna, il demanda à savoir qui devait l'exécuter. Quand il le sut, il l'embrassa, lui disant qu'il lui pardonnait, exhortant ses compagnons à lui pardonner aussi. Ses dernières paroles furent : Vive le Christ Roi ! 

On apprit ces détails par le chauffeur qui les conduisit au lieu de l'exécution et qui assista à l'opération ; c'était le 29 décembre 1936 : José Aparicio avait quarante-trois ans.

Don José Aparicio Sanz fut béatifié en 2001.

Aproniano de Felipe González

1898-1936

 

Aproniano vit le jour le 2 février 1898 à Grajal de Campos (León, Espagne).

Entré chez les Capucins, il prit l’habit en 1914 avec le nom de Miguel.

Il fit la profession l’année suivante et fut ordonné prêtre en 1922.

Envoyé à Rome, il fut reçu au doctorat en philosophie.

En 1936 il était Gardien à Montehano, d’où les miliciens expulsèrent les Religieux le 7 août.

En bon père de famille, il se préoccupa de tous les frères, puis chercha refuge dans un village voisin.

Le 29 décembre au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec ses hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña, en même temps que Jacinto Gutiérrez Terciado.

Il reçut ainsi la palme du martyre à Santoña-Escalante (Cantabria) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2013.

 

 

Enrique Juan Requena

1907-1936

 

Enrique naquit le 2 mars 1907 à Ayelo de Malferit (Valencia, Espagne), de José Ramón Juan Cerdá, et de Ignacia Requena Ortiz ; des quatorze enfants, deux donnèrent le témoignage de leur foi durant la persécution religieuse de 1936.

Enrique fut baptisé deux jours après sa naissance, et confirmé en 1913.

A sept ans, il vit chez lui un prêtre de la parenté qui venait dire au-revoir à la famille avant de partir pour le Brésil ; ses paroles convainquirent tellement le petit garçon qu'il désira ardemment recevoir l'Eucharistie, ce qui arriva effectivement cette année-là.

Dans cette famille très chrétienne, Enrique entendit bientôt l'appel au sacerdoce. Ses jeux étaient les cérémonies liturgiques, où il officiait tandis que ses frères et ses cousins lui tenaient lieu d’assistance.

Un fait surprenant se produisit quand il eut onze ans. Le feu prit dans un four qui appartenait à sa mère, et en quelques instants les flammes gagnèrent le toit, malgré tous les efforts des hommes avec leurs seaux d’eau. Enrique retira de son cou le scapulaire qu’il portait, l’attacha à une pierre, qu’il envoya sur le toit de la maison en feu et en peu de temps l’incendie cessa. Un ouvrier qui travaillait à l’élimination des décombres retrouva le scapulaire rougi par les flammes, mais intact. Cette relique est toujours conservée.

Enrique entra au Collège des Vocations Ecclésiastiques, puis au Séminaire de Valencia, où il fut un modèle de séminariste. Modeste, il écrivait des lettres remplies de sa piété ; sa mère et ses sœurs religieuses avaient les larmes aux yeux de les lire.

Ordonné prêtre fin 1930, il célébra sa première Messe le jour de Noël et, début 1931, fut nommé vicaire à la paroisse de Enguera (Valencia), où était curé José Aparicio Sanz, avec lequel il allait être martyrisé quelques années plus tard. 

Les deux prêtres rivalisaient de zèle et d’ardeur apostolique. Enrique se distingua par son obéissance, son travail intense, sa piété et sa prudence dans la direction des âmes ; il était particulièrement dévot de l’Eucharistie et on le trouvait toujours devant le Tabernacle. Toute la vie paroissiale suscitait son apostolat, mais c’est surtout comme organiste qu’il excella (car ses parents et ses frères étaient d’excellents musiciens d’église), formant toute une génération de collaborateurs pour le chant sacré. Telles furent donc les marches de cet escalier majestueux qui le conduisit en quelques années à la gloire du martyre.

Depuis toujours il désira le martyre, et en parla très souvent à sa mère. Quand il la quitta pour aller prendre possession de son poste de vicaire, celle-ci, pressentant les temps difficiles qui s’annonçaient déjà, lui dit : Mon fils, comme j’aimerais rester près de toi, pour que, s’ils viennent te faire mourir, ils me fassent mourir avec toi. A quoi il répondit : Mais, maman, tu crois qu’on obtient comme cela la grâce du martyre ! Prie pour que je puisse l’obtenir ! Quelle grande grâce de mourir pour le Christ ! 

Un jour qu’il prêtait un livre concernant les martyrs du Mexique, il ajouta : Faites bien attention à ces martyrs ; pour celui qui pourrait être comme l’un d’eux, quelle joie, quelle grâce !

Il entrevoyait bien ce qui allait se passer. Il disait que Dieu recevait beaucoup d’offenses et qu’il purifierait le pays par une persécution religieuse ; il répétait souvent qu’il fallait demander constamment à Dieu la grâce de mourir pour le Christ ; il l’écrivait souvent dans ses lettres à la famille : Quelle grande grâce ce serait pour moi d’être choisi pour être martyr !

Quand la révolution se déchaîna en été 1936, il resta serein, tranquille et courageux. Pendant quelques jours il continua à célébrer la messe dans la chapelle des religieuses ; puis ce ne fut presque plus possible d’y monter, alors il célébra chez lui, très tôt, pour qu’on ne puisse pas l’interrompre. Il ne voulait pas s’habiller en paysan, pour passer inaperçu, quoiqu’il fût dangereux de se montrer en soutane. Un jour que son curé, José Aparicio Sanz, l’avait appelé et qu’il se rendait à son appel, deux miliciens le forcèrent à retourner à la maison ; sur l’appel réitéré du curé, il voulut quand même s’y rendre, bien qu’on le priât avec insistance de ne pas sortir à cause du danger : Il faut obéir, disait-il, à la demande de Monsieur l’Archiprêtre, qui doit se trouver en quelque nécessité. Mais on l’arrêta et on l’empêcha d’entrer là où se trouvait son curé. Il alla alors récupérer les archives pour les mettre en sûreté à la maison. Vu le danger, on les cacha dans un puits, jusqu’à la libération.

Il fut arrêté le même jour que don José Aparicio Sanz, le dimanche 11 octobre 1936. Des petites lettres qu’il envoyait depuis la prison, on pouvait bien comprendre qu’il s’attendait au martyre avec une sainte joie. Il parlait d’entreprendre un voyage, qu’il avait hâte de réaliser, et qui allait lui permettre de revoir Marina et Ramón {ses frère et sœur déjà décédés, ndt}, qui allaient le recevoir avec allégresse.

Très proche l’un de l’autre dans toutes leurs activités pastorales, le curé et son vicaire furent unis en prison et jusqu’au martyre. Ensemble ils furent fusillés à Picadero de Paterna (Valencia), le 29 décembre 1936. Un témoin raconta que Enrique avait les genoux blessés et qu’il devait donc être mort à genoux.

En mourant Enrique pardonna à ses bourreaux et cria encore “Vive le Christ Roi”.

Enrique, avec son curé José, sont inscrits au 29 décembre dans le Martyrologe. Ils ont été béatifiés en 2001.

 

 

Jacinto Gutiérrez Terciado

1909-1936

 

Jacinto naquit le 3 juillet 1909 à Guadilla (Burgos, Espagne), dans une famille de paysans : Casimiro Gutiérrez Valencia et Saturnina Terciado García, qui eurent deux autres fils (Anastasio et Angel). Le papa gardait les troupeaux de brebis.

Jacinto étudia chez les Clarétins à Segovia, songeant déjà au sacerdoce. Qui sait pourquoi, on lui déconseilla la voie missionnaire et sacerdotale, à cause de sa très mauvaise vue…

Il entra dans l’Ordre des Capucins à Basurto en 1929, fit le noviciat et la profession, en 1930, avec le nom de Diego.

Sa destination fut le couvent de Montehano (Cantabria) où il fit la profession solennelle comme Frère.

Il s‘y distingua par son heureux caractère et son dévouement envers les malades.

Sa dévotion préférée était sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (voir au 30 septembre). Quand on lui demanda ce qu’il aimerait recevoir, il répondit : La grâce du martyre.

Le 7 août 1936, le couvent fut fait évacuer par les révolutionnaires et le frère Diego se réfugia dans une famille proche, pendant quatre mois, avec le père Miguel (Aproniano).

On dit qu’il aurait eu une possibilité de rejoindre Bilbao, où la situation semblait plus calme, mais qu’il refusa, on ne sait pourquoi.

Le 13 décembre, il se déplaça avec le père Miguel vers Escalante, où il travailla dans les champs et d’où il fit quelques visites furtives au monastère.

Le 29 décembre 1936 au soir, tandis qu’il priait le chapelet avec leurs hôtes, il fut arrêté par des miliciens, qui l’assassinèrent sur la route de Santoña-Escalante, en même temps que le père Miguel. Les gens de cette famille les retrouvèrent le lendemain.

Le Frère Diego fut béatifié en 2013.

 

 

José Perpiña Nácher

1911-1936

 

Né le 22 février 1911 à Sueca (Valencia, Espagne), il fut baptisé le 25 suivant et reçut la Première communion en 1919.

Télégraphiste, il travailla à bord du Buenos Aires.

Diplômé en droit, il devint secrétaire du Syndicat de Police Rurale.

Avocat, il défendit beaucoup les pauvres, souvent sans se faire payer.

Chrétien convaincu, il participa à l’Adoration nocturne du Saint-Sacrement et à l’Action Catholique. En paroisse, il était catéchiste.

En 1935, il épousa Francisca Bosch Pieva, un mariage que la guerre civile allait vite tronquer.

José fut arrêté le 3 septembre 1936, pour son seul délit d’être un bon chrétien.

Il fut fusillé à Picadero de Paterna (Valencia) le 29 décembre 1936 et fut béatifié en 2001.

Il est affirmé que son corps demeure sans corruption.

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