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31 décembre 2019 2 31 /12 /décembre /2019 00:00

 

31 DÉCEMBRE

 

?

Stes Donata, Paulina, Rogata, Dominanda, Serotina, Saturnina, Hilaria, martyres à Rome. 

III.

SS Savinien et Potentien, fondateurs de l'Eglise à Sens, évêques, martyrs avec d'autres compagnons ; ils seraient d'origine apostolique .

Ste Columba de Sens, martyrisée à seize ans ; on garda longtemps sa châsse, construite par s. Eloi.

IV.

S Silvestre, pape (314-335) : au lendemain des grandes persécutions, il organisa l'Eglise dans la société enfin pacifiée, confirma le premier Concile Œcuménique à Nicée, combattit le donatisme et s'opposa aux prétentions exagérées de Constantin (qu'il avait baptisé).

S Zoticus, prêtre romain, appelé à s'occuper d'un orphelinat à Constantinople ; il aurait aussi ouvert une léproserie, contre l'avis de Constance qui ordonnait de noyer les lépreux.

V.

SS Pinien et Mélanie la Jeune, époux romains qui vécurent dans la chasteté après avoir eu (et perdu) deux enfants ; ils distribuèrent leur immense fortune, fondèrent des monastères, participèrent à la vie de l'Église en Afrique auprès de s. Augustin, puis en Egypte, en Palestine, et à Constantinople.

S Barbatianus, prêtre à Ravenne, venu d'Antioche.

VI.

S Marius, évêque à Avenches et premier évêque à Lausanne, auteur d'une très précieuse Chronique.

XI.

B Wisinto, bénédictin à Kremsmünster.

XII.

B Garembert, abbé prémontré à Bony ; à Wulpen, un puits Saint-Garembert donnait de l'eau qui combattait fièvre et peste.

XVII.

S Jean-François Régis, jésuite, apôtre du Velais et du Vivarais, patron des missions rurales en France, fêté le 16 juin à La Louvesc où il mourut d'épuisement.

B Alain de Solminihac, évêque à Cahors, grand défenseur du concile de Trente ; il visita neuf fois les huit cents paroisses de son diocèse, béatifié en 1981.

XIX.

B Seo Seok-bong Andreas, laïc coréen martyr, probablement mort en prison, vers la fin de l’année, béatifié en 2014.

Ste Catherine Labouré, des Sœurs de la Charité, à qui apparut la Sainte Vierge à Paris, rue du Bac, à l’origine de la “Médaille Miraculeuse” (cf. 27 novembre).

XX.

Bse Giuseppina Nicoli (1863-1924), des Soeurs de la Charité à Turin, puis à Sassari et à Cagliari ; elle souffrit beaucoup des attaques de la Franc-Maçonnerie et de diverses calomnies ; béatifiée en 2008. 

B Leandro Gómez Gil (1915-1936), convers cistercien, martyr à Santander, béatifié en 2015.

 

Sept Vierges de Rome
?

On ignore la date et les circonstances du martyre de ces Sept Vierges, à Rome. Peut-être même qu’elles ne furent pas martyrisées ensemble.
Voici leurs noms : 
Donata
Paulina
Rogata
Dominanda
Serotina
Saturnina
Hilaria
L’ancienne version du Martyrologe ajoutait et leurs Compagnes.
Le Martyrologe Romain mentionne les Sept Vierges de Rome au 31 décembre.


Columba de Sens
3. siècle

D’après un document qui n’inspire pas confiance aux historiens, Columba vivait à Sens au troisième siècle.
Un certain Aurélien vint s’enquérir à Sens de la présence de Chrétiens. On lui parla d’une jeune fille de seize ans, Columba.
Après un long interrogatoire, Aurélien fit envoyer Columba à l’amphithéâtre pour qu’elle fût violée ; un homme nommé Barusas était chargé de l’opération. Mais une ourse sortit alors de sa cage et mit à terre Barusas, terrorisé. Après qu’il eût reconnu le Dieu unique, l’ourse rentra sagement dans sa cage.
Aurélien ordonna de brûler et Columba et l’ourse, mais une pluie providentielle éteignit les flammes.
Columba fut alors décapitée.
Au septième siècle, s.Eloi (v. 1er décembre) fabriqua une châsse pour abriter les reliques de Columba. Une abbaye s’éleva à l’endroit du tombeau de Columba ; l’église en fut reconstruite et consacrée en 853 ; elle fut détruite en 1792.
En Espagne, une confusion s’est installée à Cordoue, où l’on présenta Columba de Sens comme originaire de Cordoue, alors qu’on y vénère une autre Columba, martyrisée en 853 (v. 17 septembre).
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Columba de Sens au 31 décembre.


Silvestre 1er pape
314-335

Ce pape est universellement connu à cause de la «nuit de la Saint-Silvestre», mais il faut admettre qu’on en connaît peu de choses en-dehors de son nom.
Fils de Rufinus et de Iusta, il serait né à Rome, où il devint prêtre sous le pape (saint ?) Marcellin (voir au 25 opctobre).
Silvestre (qu’il semble inutile d’orthographier Sylvestre) fut appelé à succéder au pape saint Melchiade (ou Miltiade, voir au 10 janvier) et devint le 21 janvier 314 le trente-troisième pape.
Depuis un an, l’empereur Constantin avait proclamé l’édit de Milan qui accordait la liberté de culte aux chrétiens. Cet empereur, le fils de sainte Hélène (voir au 18 août), favorisa grandement l’Eglise, même s'il fit parfois quelques erreurs de gouvernement.
Des sources qu’on peut qualifier douteuses, affirment que saint Silvestre guérit l’empereur de la lèpre, avant de le baptiser.
Ce qui est certain est que Silvestre ratifia le Concile de Nicée (325) qui proclama la consubstantialité du Père et du Fils dans la Sainte Trinité.
Durant ce long pontificat de plus de vingt années, Silvestre ordonna soixante-quinze évêques, quarante-deux prêtres et trente-sept diacres.
Il mourut le 31 décembre 335.
Son successeur devait être saint Marc.


Zoticus de Rome
4. siècle

L’empereur Constantin aurait fait venir de Rome le prêtre Zoticus pour s’occuper à Constantinople des orphelins.
Quelques temps après, sous Constance, une épidémie de lèpre s’abattit sur la ville : cet empereur ordonna de noyer les malades. Mais Zoticus leur construisit un hospice sur une colline en face de Constantinople ; la propre fille de Constance fut atteinte, et devait périr en mer : Zoticus la recueillit.
Constance aurait alors ordonné d’attacher Zoticus à la queue de mulets qu’on fit courir. Le récit affirme que, Zoticus ayant rendu l’esprit, les bêtes se seraient arrêtées sur place, refusant de traîner le prêtre plus loin. Une source aurait jaillit à cet endroit. Constance aurait alors décidé de faire bâtir une léproserie.
Le récit de ce martyre ne semble pas «authentique», et le Martyrologe n’en parle pas, mentionnant seulement l’hospice des orphelins dont s’occupait le prêtre.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Zoticus de Rome au 31 décembre.


Melania la Jeune et Pinianus
5. siècle

En 383 naquit à Rome Valeria Melania, petite-fille de l’illustre Antonia Melania, cette très jeune veuve qui partit longtemps à Jérusalem où elle fonda un grand monastère. La grand-mère fut surnommée Melania l’Ancienne, la petite-fille Melania la Jeune.
En 396, la jeune Melania fut mariée à Pinianus - qui avait dix-sept ans alors - et ils eurent deux enfants, qui moururent très jeunes.
Melania surtout, mais Pinianus aussi, résolurent de se retirer du monde. Ils possédaient une fortune colossale, des propriétés en Bretagne, en Espagne, en Afrique, et en Italie bien sûr. Quand ils commencèrent à liquider cette forture, ils purent libérer huit mille esclaves, puis ils dotèrent des monastères un peu partout dans le monde romain.
Les deux époux émigrèrent en Sicile - où ils vécurent chacun dans un monastère, puis passèrent en Afrique, à Tagaste, où l’on faillit ordonner prêtre Pinianus. On passa par Alexandrie et l’on vint s’installer à Jérusalem.
Pinianus n’avait pas le goût de l’ascèse aussi prononcé que sa chère épouse. Melania, elle, s’imposait le cilice, le jeûne quasi permanent ; on arriva à lui faire prendre un peu d’huile les jours après Pâques ; elle aimait laver les pieds des hôtes, des prêtres ; elle lisait la Bible plusieurs fois par an, elle fréquentait les Pères de l’Eglise, les Vies des Saints - qu’elle lisait en grec ou en latin ; sa parole douce et noble fit des conversions.
A partir de 431 - l’année où mourut sa mère, Albina - Melania s’occupa plus activement d’une communauté de religieuses, que Pinianus avait réunie et qu’il lui confiait. Melania ne voulait pas gouverner : elle nomma supérieure une des religieuses et s’occupait plus volontiers des sœurs malades. Leur aumônier était Gerontius.
Peu après mourut Pinianus (432 ou 435). Melania partit quelques temps à Constantinople, où elle assista son oncle Volusianus dans ses derniers moments. Puis elle revint à Jérusalem. 
Elle convoqua toute la communauté, et se prépara dignement à quitter ce monde : sa dernière parole fut Il advient ce qui plaît au Seigneur, et elle mourut, le 31 décembre 439.
En 614, ses monastères furent détruits : c’est l’année où les hordes perses pillèrent Jérusalem, emmenèrent en captivité le patriarche Zacharie (? 21 février) et s’emparèrent de la précieuse relique de la Sainte Croix.
Le Martyrologe Romain mentionne sainte Melania la Jeune et saint Pinianus au 31 décembre.


Barbatianus de Ravenne
5. siècle

Ce prêtre de Ravenne fit l’objet d’un récit hagiographique assez surprenant, dont on ne peut garantir l’authenticité.
Barbatianus, originaire d’Antioche, aurait été le directeur spirituel de l’impératrice Galla Placidia (388-450) à Ravenne.
Or, cette dernière faillit être victime d’un naufrage, lorsqu’une apparition de s.Jean l’évangéliste vint recueillir l’impératrice et la mettre en sûreté. Barbatianus fut témoin du prodige. On ne sait pas si c’est avant ou après cet épisode que Galla Placidia fit construire à Ravenne une église à s.Jean-Evangéliste.
A sa mort, Barbatianus aurait été enseveli par les soins de s.Pierre Chrysologue (v. 31 juillet) et de Galla Placidia, dans l’église du monastère Saint-Jean-Baptiste.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Barbatianus de Ravenne au 31 décembre.


Marius d’Avenches-Lausanne
530-594

Marius (en français Maire ou Maure) naquit vers 530 dans la région d’Autun (Saône-et-Loire), d’une famille noble dont il reçut d’amples territoires.
Orienté très tôt vers le sacerdoce, il fut élu évêque en 574 pour le siège d’Avenches (canton de Vaud, Suisse).
Il possédait un domaine à Marsannay (Dijon), qu’il donna à son Eglise. Il avait aussi des terres autour d’Avenches, qu’il remit à l’église Sainte-Marie de Lausanne.
Il semble que Marius fût le seul évêque d’Avenches, ce siège ayant été transféré (ou réuni) par lui-même à celui de Lausanne : en 585, il signa évêque d’Avenches au concile de Mâcon ; en 587, il consacrait l’église Sainte-Marie de Lausanne, dont il est considéré comme le premier évêque.
Son épiscopat dura plus de vingt années.
Marius a laissé une Chronique universelle, couvrant les années 435-581, prolongeant ainsi l’important travail de s.Prosper d’Aquitaine (v. 25 juin). Cette Chronique est précieuse pour son universalité et sa précision.
Marius s’éteignit le 31 décembre 594.
Son culte a été approuvé en 1605.
Le Martyrologe Romain mentionne saint Marius d’Avenches-Lausanne au 31 décembre.

Jean-François Régis

1597-1640

 

Jean-François Régis naquit le 31 janvier 1597 à Fontcouverte (Aude), dans une famille de paysans. Son père écrivit avec son patois que Jean-Francès es nasqut un divendrès, est né un vendredi.

Le garçon fréquenta le collège des Jésuites à Béziers, logeant chez l’habitant. Déjà il convainquit ses hôtes de faire une lecture durant les repas.

Il fit partie des pénitents bleus de Saint-Jérôme, qui s’occupaient des malades et des pauvres ; également de la congrégation mariale.

N’ayant pas ressenti d’attrait pour l’abbaye de Lagrasse, il entra chez les Jésuites de Toulouse en 1616. Les activités commencèrent.

1618 : professeur de grammaire à Auch.

1619 : professeur à Billom, puis étudiant en philosophie à Tournon.

1625 : professeur de troisième au Puy.

1627 : études de théologie à Toulouse et professeur de troisième à Auch.

1630 : ordination sacerdotale.

1631 : «troisième année» de noviciat, selon le règlement jésuite, et professeur de première à Pamiers.

1632 : envoyé en mission à Montpellier, il s’emploie à convertir les Huguenots, et à ramener les filles de mauvaise vie. Puis il est envoyé à Sommières. 

1633 : il émet les vœux. A partir de cette année-là, il sera envoyé dans les Cévennes. Après des débuts marqués par quelques audaces imprudentes (il a rappelé à l’ordre des prêtres pour le célibat, et on l’a dénoncé à l’évêché), le comte Chalendar de Lamothe convaincra l’évêque de n’y voir qu’une mauvaise cabale.

1634 : il demanda (mais vainement) de partir aux missions du Canada. Son Canada sera le Vivarais. Après deux mois de mission, il ramena à Dieu la ville de Privas.

Entre 1636 et 1640, il organisa des catéchismes au Puy : des milliers de fidèles accoururent à ses enseignements. Il y fonda un refuge pour les prostituées converties. Le Père Général des Jésuites le félicita pour son apostolat.

1638 : lors d’une famine, il se dévoua auprès des pauvres et des malades ; on signale des miracles insignes, des guérisons, une multiplication du blé dans un coffre vide…

1640 : rappel au collège pour remplacer un professeur malade.

Vers Noël, on l’attendait à La Louvesc (qu’on prononce La Louvé) ; s’étant perdu, il arriva juste la veille de Noël, éreinté. Il confessa, il prêcha trois fois ; le 26, il s’évanouit en confessant. 

Il mourut le 31 décembre 1640, et les bons pères Jésuites comprirent bien qu’il n’était pas question de reporter ailleurs les restes du père Régis, qui repose toujours à La Louvesc. L’endroit est resté un lieu de pèlerinage très fréquenté ; Jean-Marie Vianney (v. 4 août) s’y rendit pour être réconforté dans sa vocation.

Jean-François Régis fut béatifié en 1716, et canonisé en 1737.

En 1937, le cardinal Pacelli (futur pape Pie XII), suggérait d’invoquer Jean-François Régis comme patron des missions rurales en France.

 

Alain de Solminihac

1593-1659

 

D’une vieille famille du Périgord dont la devise était “Foi et Vaillance”, il naquit le 25 novembre 1593 à Belet.

Ayant d’abord songé aux Chevaliers de Malte, il finit par aller à vingt ans à l’abbaye des Chanoines Réguliers de Chancelade, proche de Périgueux (Dordogne). On appelle “Chanoines Réguliers” des prêtres qui décidaient d’avoir une vie commune, sous une même règle ; c’est saint Augustin qui en avait donné l’idée, pour habituer les prêtres à se retrouver entre eux. 

L’abbaye de Chancelade était une ruine, matérielle et surtout spirituelle : elle n’avait plus que trois religieux. 

Après son ordination sacerdotale, Alain partit à Paris pour achever ses études de théologie et de spiritualité. Il y rencontra plusieurs fois saint François de Sales (voir au 28 décembre), mais aussi un saint père jésuite, Antoine Le Gaudiery, qui sera son directeur spirituel.

En 1623 il devint abbé et entreprit de restaurer l’abbaye, au sens matériel et spirituel du mot. Son zèle et sa sainteté le firent remarquer au pape Urbain VIII, qui le nomma évêque de Cahors (Lot) en 1636.

Il se donna alors corps et âme à son devoir pastoral, cherchant à réformer son diocèse selon les directives du récent Concile de Trente, comme l’avait fait précédemment saint Charles Borromée à Milan (voir au 3 novembre).

Pendant les vingt-trois ans de son épiscopat, il réunit un synode diocésain, convoqua chaque semaine le conseil épiscopal, fit neuf fois la visite systématique de ses huit-cents paroisses ; il fonda un séminaire, organisa des missions paroissiales, le culte eucharistique, des œuvres pour les vieillards et les orphelins, les malades et les victimes de la peste. 

En 1656 il prêchera lui-même le Jubilé.

Il mourut le 31 décembre 1659 à Mercuès. 

Béatifié en 1981 et mentionné au Martyrologe le 31 décembre, il est localement fêté le 3 janvier, après l’octave de Noël.

Il a été proposé comme modèle aux évêques du monde entier, et particulièrement à ceux de France.

 

 

Seo Seok-bong Andreas

? -1815

 

Seo Seok-bong Andreas est un laïc coréen.

Il mourut (en prison ?) à Daegu (Gyeongsang-do) vers la fin de 1815 et fut béatifié en 2014.

 

 

Catherine Labouré

1806-1876

 

Catherine - prénommée familièrement Zoé par les siens - naquit le 2 mai 1806 à Fain-les-Moutiers (Montbard, Côte d’Or), neuvième des onze enfants de Pierre et Louise-Madeleine Gontard ; cette dernière mourut en 1815 déjà.

Le papa, un cultivateur, fut maire de sa localité de 1811 à 1815.

L’aînée des filles, Marie-Louise, après avoir dirigé quelque temps la maison familiale, entra chez les Filles de la Charité en 1818 ; la petite Zoé dit alors à sa jeune sœur Marie-Antoinette, surnommée Tonine : A nous deux, nous allons faire marcher la maison !

Après avoir reçu la Première communion, elle s’occupa à la ferme du ménage, de la cuisine, des bêtes (les vaches, les cochons, les huit-cents pigeons). Pieuse, elle se mit à jeûner les vendredis et les samedis.

C’est à cette époque qu’elle vit en rêve un vieux prêtre, qui l’invitait à rejoindre son aînée. Elle garda son «secret» dans son cœur et partit chez une cousine à Châtillon-sur-Seine, dans un pensionnat où elle apprit à lire et à écrire. Or, dans ce pensionnat, elle aperçut un tableau où elle reconnut le vieux prêtre de son rêve : on lui expliqua qu’il s’agissait du fondateur des Filles de la Chrité, saint Vincent de Paul (voir au 27 septembre). Mais voilà : le papa Labouré voulait marier sa fille et, pour lui faire oublier cette histoire, l’envoya travailler à Paris dans une cantine pour ouvriers, tenue par son frère.

Catherine y découvrit la misère du peuple, et désira encore plus fermement entrer chez les Filles de la Charité : en 1830, après trois mois de discernement dans la maison de ces Religieuses à Châtillon-sur-Seine, elle commença le noviciat à la maison-mère de Paris, rue du Bac. Elle n’avait pas de dot, mais une belle-sœur la lui avait procurée. Au terme du noviciat (ou séminaire, comme on dit dans cette congrégation), Catherine fut ainsi notée : Forte, moyenne taille, sait lire et écrire pour elle. Le caractère a paru bon, l’esprit et le jugement ne sont pas saillants. A de la piété, travaille à la vertu. Rien de plus ! 

C’est à cette jeune Sœur qui travaille à la vertu, qu’apparut la Mère de Dieu, en 1830. Sur le moment, Catherine garda un silence absolu sur ces manifestations extraordinaires, mais en parla seulement au confesseur ; ce saint prêtre prudent en avertit l’archevêché pour diligenter une enquête canonique, et obtint qu’on respectât discrètement l’anonymat de cette voyante.

Ce procès canonique se déroula en 1836. Sur la base des confidences de Catherine, le prêtre exposa les faits.

Après avoir vu en vision le cœur de saint Vincent de Paul, puis Notre-Seigneur Roi, Catherine fut réveillée la nuit du 19 juillet - à l’époque, c’était la fête de saint Vincent de Paul - par un petit enfant de quatre ou cinq ans (dit-elle, probablerment son ange gardien), qui la conduisit à la chapelle, où l’attendait la Mère de Dieu.

La Sainte Vierge exprima son mécontentement sur le relâchement de certaines Religieuses, et annonça à Catherine que Dieu avait pour elle une difficile mission.

Plus tard, le 27 novembre 1830,  Catherine vit la Sainte Vierge debout sur une boule blanche. Elle écrasait un serpent et tenait un globe dans ses mains à la hauteur de l’estomac, les yeux au ciel. Le globe disparut, les bras de la Vierge s’étendirent vers le bas : ses mains étaient rayonnantes ; les rayons partaient de ses doigts ornés chacun de trois anneaux couverts de pierreries. Ces rayons symbolisaient les grâces répandues sur les personnes qui les demandent. Les pierres sans rayon étaient les grâces qu’on oublie de demander. Un ovale se forma. Il y avait en haut : O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. Au revers, on voyait la lettre M, surmontée d’une croix et au-dessous, les cœurs de Jésus et Marie, avec douze étoiles tout autour. Marie demanda à Catherine de porter ces images à son confesseur, en lui disant de les frapper sur des médailles car tous ceux qui la porteront, recevront des grâces.

Le procès s’acheva positivement. Des médailles furent frappées, engendrant un courant de dévotion extraordinaire, et fructueux, dès l’épidémie de choléra en 1832.

Sur la demande de Marie, fut aussi créée la confrérie des Enfants de Marie Immaculée, en 1837. Notons ici que le dogme de l’Immaculée Conception ne devait être proclamé qu’en 1854. C’est en 1858 à Lourdes que la Vierge révéla à sainte Bernadette Soubirous (voir au 16 avril), qu’elle était l’Immaculée Conception.

Après ces premières visions, Catherine fut envoyée à l’hospice d’Enghien transféré rue Picpus à l’extrémité du faubourg Saint-Antoine, où elle devait rester jusqu’à sa mort.

Une des grâces les plus manifestes de cette Médaille Miraculeuse, comme on l’a populairement appelée, fut la conversion du juif Alphonse Ratisbonne, à Rome, le 20 janvier 1842 : ayant accepté de porter cette médaille, il eut peu après une apparition de la Vierge Marie ; bientôt baptisé, il rompit ses fiançailles, entra chez les Jésuites et fonda les Religieuses de Notre-Dame de Sion, pour la conversion des Juifs.

Après la révolution de 1848, Catherine eut une autre vision, à la suite de laquelle elle écrivit de nouveau à son confesseur pour la lui décrire. Elle y avait vu des ennemis de la religion, puis une grande croix, qui devait s’appeler Croix de la Victoire, et qui devait être érigée non loin de Notre-Dame. Catherine voyait aussi que le sang coule, le pasteur donne sa vie, qu’on a interprété comme une annonce de la Commune et de la mort violente de l’archevêque, Mgr Darboy, en 1871.

Cependant, le confesseur ne tint pas compte de cette vision. Quand on rapporta à Catherine les faits de Lourdes, il paraît qu’elle commenta seulement : Oui, c’est bien. Si l’on avait fait ici ce que la Sainte Vierge a demandé, elle n’aurait pas été obligée de se manifester à Lourdes. La croix n’a jamais été érigée à Paris, mais la Commune a bien eu lieu. Durant les événements de la Commune, dit-on, même des révolutionnaires venaient demander des médailles au couvent.

Catherine passa les dernières années de sa vie dans la plus grande discrétion. Elle se réservait toujours les tâches les plus dures, à la cuisine, à la lingerie, à la basse-cour, aux vieillards, à la porterie.

Sa mort fut très calme et très douce, le dimanche 31 décembre 1876.

La cause de la Sœur fut introduite à Rome dès 1907, dix ans avant le terme requis à l’époque.

Béatifiée en 1933, Catherine fut exhumée : son corps apparut en parfait état et remis dans une châsse qu’on vénère aujourd’hui dans la Chapelle de Paris, au 140 de la Rue du Bac. Malheureusement, une initiative pour le moins étrange, fut qu’on en détacha ses mains qui avaient touché la Sainte Vierge, et qu’on plaça dans une autre châsse, visible à l’intérieur du bâtiment des Religieuses. Ces mains, elles, ont perdu leur fraîcheur.

Sainte Catherine Labouré fut canonisée en 1947.

Sa fête ne pouvant être célébrée le 31 décembre, durant l’octave de Noël, on la fête actuellement le 25 novembre, en même temps que sainte Catherine d’Alexandrie, deux jours avant la date anniversaire de l’apparition du 27 novembre.

 

 

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie nord), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (voir au 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (voir au 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

 

 

Leandro Gómez Gil

1915-1936

 

Voir les détails connus des moines de Viaceli dans la notice de Julián Heredia Zubia

Né le 13 mars 1915 à Hontomín (Burgos, Espagne).

Entré chez les moines Trappistes comme Convers, il n’avait que vingt-et-un ans.

Après la dispersion des moines de Viaceli, il avait trouvé refuge dans une famille connue. Quand la police le découvrit, le 29 décembre 1936, il fut tellement maltraité que le sang lui sortait par la bouche, par le nez et par les oreilles ; tout un drap en fut imprégné.

S’étant déclaré Religieux, il fut embarqué de force dans une voiture, et ainsi disparut.

On considère qu’il fut martyrisé à Santander (Cantabria) le 31 décembre 1936 ; il a été béatifié en 2015.

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  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
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