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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 10:51

3e dimanche de l’Avent - C

 

 

 

Le troisième dimanche de l’Avent était dans le passé appelé dimanche “en rose”, parce que le célébrant revêtait alors un ornement rose et non violet, comme pour mitiger l’aspect un peu sombre de la couleur violette, à l’approche de la fête de Noël. C’est qu’autrefois, la période de l’Avent était vécue avec plus de “mortifications” que maintenant ; on ne mettait pas de fleurs sur l’autel non plus, comme durant le Carême, et certains religieux observaient (ou observent encore) le jeûne et l’abstinence à certains jours. 

En Israël aussi, de sainte âmes jeûnaient pour mériter davantage et hâter la venue du Sauveur. L’Eglise ne nous interdit pas cette pieuse pratique, mais elle ne nous y oblige pas, laissant à chacun le choix raisonnable de la façon de préparer la belle fête de Noël. L’Eglise reconnaît aussi que le rythme de la vie actuelle est tellement bouleversé par rapport au passé, tellement effréné, qu’on ne peut pas obliger des personnes fatiguées à se priver d’une nourriture légitime.

 

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L’annonce de Noël débute aujourd’hui par une prophétie de Sophonie (VIIe siècle avant le Christ, un peu avant Jérémie). Historiquement, Sophonie était intervenu en Israël pour appeler le peuple à la conversion, car la ferveur était bien retombée, surtout avec les règnes de deux rois impies. Le prophète montre quelle sera la joie d’Israël après sa conversion : les accusateurs sont écartés, l’ennemi aura rebroussé chemin (Sennachérib avait envahi une partie du territoire de Juda).

Et de rappeler à Juda que son vrai et unique Roi n’est pas celui qu’on voit sur un siège visible somptueux : Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. C’est le verset que l’on applique maintenant à la naissance du Fils de Dieu à Bethléem. C’est lui qui apporte le salut.

Et pour bien souligner qu’il ne s’agit pas d’une présence purement spirituelle, mais bien physique, le prophète ajoute : il dansera pour toi avec des cris de joie, comme un Epoux qui danse avec son Epouse au jour heureux de leur mariage.

 

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Le psaume d’aujourd’hui est un Cantique emprunté au prophète Isaïe, lequel, deux siècles encore avant Sophonie, annonçait à Israël cette présence du Saint (de Dieu), dont le Nom est sublime. Isaïe invite à la joie, à l’action de grâce pour cette divine présence. 

Notons l’expression : Il est grand au milieu de toi, qui met l’accent sur la présence physique de Dieu dans Sion, le Dieu incarné qui naîtra à Bethléem.

Le prophète affirme sa conviction qu’il est réellement en présence de Dieu, car il n’a plus de crainte, il invite à jouer, à jubiler.

 

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En parlant aux Grecs de Philippes, saint Paul évoque à son tour la joie que doivent toujours avoir les Chrétiens car, dit-il, le Seigneur est proche

Il y aurait beaucoup à dire ici sur cette joie, car ici l’Apôtre ne vient pas “annoncer” la venue du Seigneur, qui est né il y a une cinquantaine d’années, qui est déjà mort et ressuscité. Pourtant, dit-il, le Seigneur est proche. Les Apôtres ont effectivement annoncé comme “proche” le retour du Seigneur. 

Croyaient-ils que ce retour était vraiment imminent, qu’ils l’auraient vécu déjà au premier siècle ? Ce n’est pas sûr. Certains auront pu le croire un moment, mais bien vite le message de l’Eglise a été que, pour chaque homme, la vie est très brève - oui, très-très brève, et que bientôt nous nous retrouverons en face du Christ ressuscité, devant l’Eternité qui ne finit pas. Voilà comment le Seigneur est proche.

Quand saint Paul exhorte les Chrétiens de Philippes avec son Le Seigneur est proche, ce n’est probablement pas parce qu’il s’attend à revoir le Seigneur demain ou après-demain, mais parce qu’il tient à ce que ses lecteurs n’oublient jamais combien la vie est courte et qu’ils seront à leurs derniers instants de vie beaucoup plus vite et beaucoup plus tôt qu’ils ne s’y attendent. Même si l’on ne subit pas d’accident grave, même si la maladie ne nous frappe pas, quand nous serons âgés, nous dirons tous que vraiment la vie ne dure qu’un instant.

Alors, que faire ? Tout simplement, dit l’Apôtre, être dans la joie ; non pas se réjouir, s’amuser, se divertir n’importe comment, mais : dans la joie du Seigneur. Il y a en effet mille façons de se réjouir, mais toutes ne sont pas également dignes du Seigneur. Nous sentons très bien dans notre cœur ce qui plaît ou non à Jésus-Christ. Je peux me réjouir au bar, à déguster une bière sur un fond sonore de reggæ ou de folk, mais je peux aussi me réjouir en allant me réconcilier avec un camarade fâché de mon attitude… Je peux me réjouir d’avoir réussi une bonne recette, mais je serai bien plus heureux de la partager ensuite avec un voisin qui vit seul…

Saint Paul ajoute encore une autre recommandation : Ne soyez inquiets de rien. On pourra peut-être se demander si Paul avait vraiment les pieds sur terre ! Comment ne pas avoir de soucis ? ne pas être préoccupés par la feuille d’impôts, par la pluie qui va gâcher une récolte… 

Il ne s’agit pas d’échapper à nos obligations, de vivre entre ciel et terre comme si nous étions de simples esprits. Mais il faut, dans l’esprit de l’Apôtre qui d’ailleurs reprend l’enseignement de Jésus, rester sereins, confiants en Dieu, avec la certitude qu’Il n’abandonne jamais Ses enfants. Que gagne-t-on à s’inquiéter ? - De la nervosité, et rarement un allègement de nos soucis.

Jésus nous avait déjà dit (Mt 6:25-34) de ne pas nous préoccuper de notre nourriture ou de notre vêtement et de chercher d’abord le Royaume et sa justice. 

 

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Ecoutons maintenant les réponses de Jean-Baptiste à ceux qui lui demandent que faire : partager ses vêtements ou son repas avec de plus pauvres ; ne pas exiger plus que ce qui est dû ; ne faire aucune violence à personne et se contenter de son salaire. 

Tout commentaire ici reste superflu. On pourrait dire qu’en ces brèves réponses, Jean-Baptiste résout les plus grands de nos problèmes de société.

Mais le même Jean-Baptiste ne cherche pas à s’imposer, encore moins à se faire passer pour un sauveur de la nation : Il vient, celui qui est plus puissant que moi ; devant Lui, il n’est pas digne de défaire la courroie de ses sandales, comme pour nous dire que même prosternés, nous ne sommes jamais assez humbles devant Dieu.

Jésus nous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu : l’Esprit de Vérité et le feu de l’Amour qui va jusqu’à donner sa vie pour ses amis (Jn 15:13).

 

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Déjà dans la Prière de dimanche dernier nous demandions à Dieu de ne pas laisser le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de (son) Fils : cette prière aurait bien trouvé sa place aujourd’hui, en écho à l’appel de Saint Paul. Mais celle d’aujourd’hui n’est pas moins significative, peut-être même plus convaincue, plus intérieure : Dirige notre joie vers la joie d’un si grand mystère… avec un cœur vraiment nouveau.

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Published by samuelephrem - dans Homélies - année C
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