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9 mars 2013 6 09 /03 /mars /2013 00:00

 

4e dimanche de Carême - année C

 

Un des traits les plus émouvants de l'attitude du Père, dans cette parabole du Fils prodigue, est qu'il l'attend de loin, comme s'il s'attendait à le voir revenir d'un moment à l'autre. 

Mais alors, pourrait-on dire, pourquoi n'est-il pas allé le chercher plus tôt pour l'inviter à revenir à la maison, au lieu de l'attendre simplement ? C'est que la grâce agit ainsi : elle est là comme une invitation constante de la part de Dieu, mais laisse l'homme libre de répondre.

Quand enfin le pécheur veut vraiment prendre le chemin de la conversion, reconnaître son erreur et en demander pardon, alors le Père s'empresse d'aller au-devant de lui, le prend dans ses bras, ne lui laisse pas même le temps d'achever sa phrase, et l'embrasse paternellement, tout ému, tout heureux.

Dans les deux paraboles précédant celle-ci, Jésus affirme qu'il y a plus de joie au Paradis pour un pécheur qui se convertit que pour quatre-vingt dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion (Lc 15:7 et 10).

C'est ce que n'a pas compris le frère de notre fils prodigue : qui peut oser dire qu'il n'a pas péché, qu'il n'a pas besoin de se convertir ? Tous les Saints, sur terre, ont avoué leur faiblesse, ont reconnu le chemin encore long qu'ils devaient parcourir pour accéder à la Sainteté. Aucun n'a osé dire : J'y suis arrivé. Au contraire dans notre parabole, l’aîné se croit juste, meilleur que son frère, comme le Pharisien de l'autre parabole, qui se félicite de n'être pas comme le reste des hommes (Lc 17:11).

Nous devons être très attentifs dans nos jugements, car spontanément nous avons tous tendance à être sévères pour les autres et très indulgents pour nous-mêmes ; pointer du doigt un défaut chez notre prochain, est chose très facile ; on apprécie beaucoup moins quand un autre doigt pointe notre propre défaut. 

Or, suivre Jésus consiste justement à s'accuser soi-même et à pardonner aux autres. Durant la période du Carême, nous sommes invités à méditer sur le Chemin de la Croix : imiter notre Maître, ce n'est pas se priver de chocolat ou de confiture (en tout cas, pas seulement), c'est surtout porter la croix sur nos propres épaules, faire notre propre examen de conscience, nous accuser nous-mêmes, et savoir excuser les fautes du prochain. Sur la croix, exténué, exsangue, Jésus pardonnait encore aux bourreaux, et même les excusait : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font (Lc 23:34).

Même si en tout temps nous pouvons avoir l'occasion de nous convertir, ce temps de "réconciliation" dont parle saint Paul aux Corinthiens, est propice à chacun de nous pour s'examiner plus en profondeur : il s'agit vraiment de se réconcilier avec Dieu, de se mesurer avec Sa Sainteté, avec la Perfection. 

Bien sûr, il y a un abîme entre la Perfection divine et notre petite misère, mais Dieu ne regarde pas à cette différence ; Dieu attend de nous un petit effort ; à chaque moment, nous pouvons faire mieux. 

Souvent aussi, Dieu nous cache certains défauts que nous avons, pour que nous n’ayons pas à nous décourager. Tous les confesseurs nous donnent le conseil de combattre un défaut à la fois, parce qu’on ne peut tous les combattre simultanément ; mais le combat intérieur qu’on fait sur un front, nous aide ensuite à affronter le combat sur un autre front.

Quand nous nous rendons compte d’un défaut, loin de nous en affliger, nous devons réaliser que, pour voir ce défaut, c’est que nous sommes dans la Lumière de Dieu. Au contraire, remercions Dieu pour cette découverte !

Le psaume a été choisi pour nous encourager à regarder vers Dieu : Qui regarde vers lui resplendira. Comme les Apôtres au moment de la Transfiguration, la Lumière de Dieu nous illumine et nous aide à entrer plus intimement dans la sainteté. 

Dans ce mouvement de conversion, tout le sens de notre vie change. Dans le désert, les Israélites mangeaient une nourriture céleste, la manne ; une fois dans la Terre Promise, ils mangent une nourriture nouvelle, fruit de cette nouvelle terre ; plus tard, après la mort et la résurrection du Christ, nous mangerons la Nourriture eucharistique.

Saint Paul supplie littéralement les chrétiens de Corinthe (et nous en même temps) : Au nom du Christ, convertissez-vous ! Changez votre cœur ! 

Le Christ a trop souffert, pour que nous laissions passer cette grâce de la conversion.

Pâques est déjà proche. «Passons» du vieil homme à l’homme nouveau. La Prière du jour l’exprime aussi : …pour que le peuple chrétien se hâte avec amour au-devant des fêtes pascales.

Autrefois, la couleur liturgique de ce quatrième dimanche de Carême n'était pas le violet, mais le rose, pour exprimer cette joie de la victoire prochaine, et encourager les fidèles à aller "jusqu'au bout", avec Jésus. C'est pourquoi aussi le chant d'entrée est ce fameux "Laetare", dont la mélodie grégorienne est parmi les plus belles : Réjouis-toi, Jérusalem, et rassemblez-vous, vous tous qui l'aimez ; réjouissez-vous avec allégresse, vous qui étiez dans la tristesse, pour que vous vous releviez, et que vous soyez remplis des fruits de votre consolation. (1)

A cela nous reconnaîtrons notre vraie conversion : nous ressentirons en nous une grande joie profonde et durable. 

 

 

1 C’est une traduction littérale.


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