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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 16:03

 

Cinquième dimanche de Carême - année C

 

Au peuple d'Israël exilé à Babylone, qui gémit de son exil alors que sans cesse on lui rappelle que Dieu avait délivré leurs ancêtres de l'Egypte, le prophète Isaïe rappelle que, pour eux aussi Dieu transformera le désert en pays fécond, que la sécheresse laissera la place à des fleuves, que les pistes sableuses se transformeront en vrais sentiers. 

Que doivent faire les Israélites ? Ne vous souvenez plus d’autrefois, ne songez plus au passé. Voici que je fais un monde nouveau.

Dieu intervient sur la route de chacun de nous, à tous moments. C'est nous qui sommes trop souvent aveugles, ou sourds, ou indifférents à la grâce divine.

Le psaume 125 rappelle en effet la joie du peuple, au retour de l'exil à Babylone. Après les larmes, arrive la consolation ; après la semence dans la peine, on récolte dans la joie.

Saint Paul, qui se souvient toujours d'avoir persécuté l'Eglise naissante, d'avoir livré des Chrétiens à la torture, d'avoir approuvé la lapidation d'Etienne, ne désespère pourtant pas de la grâce de Dieu : tout ce qui est passé n'est rien, si j'ai la joie de la Résurrection dans le cœur.

Humblement, Paul se reprend et complète sa pensée : il n'est pas parfait, il n'en a pas fini de lutter ! Mais, sans regarder en arrière inutilement, il court vers le But, vers la Conversion, vers la Résurrection. Avec Paul, ne nous arrêtons jamais sur la tristesse de nos péchés, regardons en avant, vers la conversion.

Paul a la joie d'être Autre !

Quelle délicatesse, maintenant, dans l'attitude de Jésus en face de cette malheureuse femme adultère ! Voici un cas magnifique où le Maître nous enseigne ce que signifie pardonner, sans écraser le pécheur sous le poids du péché, et tout en restant dans la Vérité.

Il est vrai que cette femme était dans un grave péché ; oui, rappelons-le : l'adultère, c'est-à-dire une liaison qui se fait malgré un premier lien de mariage d'au moins un des deux partenaires, est un péché grave devant Dieu. C'est une trahison, c'est un mensonge, devant Dieu, devant les hommes, devant le ou la partenaire, devant soi-même. Le sixième commandement de Dieu le condamne explicitement : Tu ne commettras pas d'adultère.

Il est vrai aussi que, dans l'ancienne Loi, Dieu voulait que ce peuple d'Israël fût "parfait", qu'il fût aux yeux de tous les peuples, "exemplaire", qu'on reconnût vraiment en lui le peuple choisi. Il fallait faire disparaître le mal du milieu de (lui) (Dt 19:19). C'est pourquoi le péché de l'adultère - et quelques autres aussi d'ailleurs, devaient être punis par une sanction radicale : la lapidation.

Mais cette Loi préparait à la Loi plus parfaite encore de Jésus-Christ : punir le mal, oui, mais selon la Justice. A ceux qui sont là pour accuser et punir, Jésus rappelle qu'ils sont eux-aussi des hommes, et qu'ils doivent d'abord s'accuser eux-mêmes avant d'accuser dédaigneusement les autres.

Que celui qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter la pierre ! 

Il y a eu des interrogations et des explications diverses au sujet de l'attitude de Jésus qui se baisse pour écrire dans le sable. Une tradition constante et ancienne explique que, quand Il se baisse la première fois, les Pharisiens croient qu'il s'amuse comme les petits enfants, et fait semblant de ne pas les entendre ; puis, après l'invitation de Jésus à jeter la première pierre, ils se mettent à regarder plus précisément ce qui est écrit par terre, et ils lisent alors tous les péchés dont ils étaient eux-mêmes coupables. Et ce sont les plus âgés qui se retirent sur la pointe des pieds, tout gênés et honteux, et n'osant plus accuser cette femme.

Enlève d'abord la poutre qui est dans ton œil, dit Jésus, et après tu verras clair pour enlever la paille de l'œil de ton frère (Mt 7:5).

On imagine ce qui peut alors se passer dans le cœur de la pauvre femme adultère : si ses accusateurs sont tous partis, elle échappera à leur lapidation, mais Lui, Jésus, que va-t-Il lui faire ? La voilà toute timide, toute seule, toute tremblante devant l'Innocence. Mais non, Jésus ne la condamne pas ! 

Ce n’est pas la première fois qu’on lit l’indulgence de Dieu envers le pécheur. Dans la propre lignée des ancêtres de Jésus, le grand roi Salomon est un fils adultérin de David. Jésus lui-même, qui a accepté d'avoir dans sa lignée des "accidents", ne condamne pas non plus cette femme qui est devant lui. 

Mais Jésus ne lui pardonne pas purement et simplement son péché, comme si rien ne s'était passé. Il lui dit aussi : Ne pèche plus ! Jésus ne se contente pas de renvoyer tranquillement chez elle cette pécheresse ; il l'invite à la conversion : Ne pèche plus ! Encore une fois : ne regarde pas en arrière ; tourne-toi vers Dieu ; change ta vie ; et sois en paix.

Il est parfois difficile de retrouver la paix après être tombé. Le remords nous tenaille. Il y a parfois là une autre tentation qui cherche à nous faire désespérer du pardon et à nous barrer la route vers la paix. Or c’est Jésus qui est là pour donner la paix. Si je n'ai pas la paix, c'est que je n'ai pas encore vraiment ouvert mon cœur à Jésus.

Tel est l'appel de Jésus pour son Royaume : la conversion du cœur. Nous devons toujours nous projeter en avant vers le mieux, vers le plus parfait, sans regarder en arrière.

L'Eglise nous invite tous à nous approcher du Sacrement de la Réconciliation, au moins chaque année à Pâques - et bien sûr aussi du Sacrement de l'Eucharistie. Dans la Réconciliation, il ne s'agit pas de nous humilier devant tel ou tel prêtre, il s'agit d'abord de retrouver la Joie d'être avec Christ ressuscité. Le prêtre qui est là ne vous "entend" pas : il vous comprend ; quand vous aurez fini de lui parler, il ne saura pas ce que vous lui avez dit, mais il vous parlera au nom de Christ, qui lui suggèrera de vous dire quelque chose pour votre bien. 

Le prêtre vous invitera, probablement, à prier l'Acte de Contrition. Beaucoup ne le savent pas, ou plus. Il comporte justement tout ce que nous avons entendu aujourd'hui : le regret, le repentir, le ferme désir de ne plus pécher, et aussi bien sûr d'en éviter les occasions. Il en existe d'ailleurs plusieurs formules ; on en trouvera une ci-dessous, traduite du Rituel officiel de la Réconciliation.

Amis ! Frères ! Préparez bien cette rencontre de Réconciliation ! Soyez heureux de vous y rendre : c'est votre Joie en Christ ressuscité.

 

 

 

Acte de Contrition.

 

Mon Dieu, je me repens de tout mon cœur et avec profonde douleur du mal que j'ai fait et du bien que j'ai omis de faire, parce qu'en péchant je t'ai offensé, toi, le Bien suprême et digne d'être aimé par-dessus tout.

Je fais un ferme propos, moyennant ta sainte grâce, de faire pénitence, de ne plus t'offenser et d'en éviter les occasions.

O mon Dieu, par les mérites de la passion de notre Sauveur Jésus Christ, fais-moi miséricorde ! Amen.


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