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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 00:00

5e dimanche ordinaire - C

 

Les textes d’aujourd’hui nous parlent de l’appel de Dieu et de la vocation apostolique. Dimanche dernier, Jésus a inauguré sa prédication à Nazareth et, après quelques guérisons déjà, appelle maintenant ses premiers disciples, qui seront les Apôtres.

On connaît un peu Simon-Pierre : un homme spontané, vif, sincère. Aujourd’hui, on le voit épuisé, après une nuit de vain labeur, qui s’entend dire par Jésus… de repartir pêcher. N’importe lequel d’entre nous aurait sans doute réagi négativement : Ah non, toute la nuit pour rien ! je vais me reposer ! Pierre est tout autre : plein de respect et de foi, sur ta parole, dit-il, il reprend ses filets, ses rames, et repart. 

Pierre a eu foi en la parole, en la Parole de Dieu, et en reçoit la récompense immédiate. Mais Jésus ne s’arrête pas à ces poissons matériels : Pierre pêchera des âmes, convertira des masses ; dès le jour de la Pentecôte, trois mille hommes se feront baptiser (Ac 2:41)…

L’obéissance de Pierre se double d’un saint exemple de profond respect devant la Divinité ; il se sait pécheur, il se sent indigne de la faveur qu’il vient de recevoir ; Éloigne-toi de moi , dit-il, comme plus tard le Centurion : Je ne suis pas digne de te recevoir (Lc 7:6). C’est la même démarche que nous sommes invités à faire au début de chaque cérémonie eucharistique, durant l’acte pénitentiel : demander pardon doit être le premier acte de notre prière à Dieu.

Jacques et Jean aussi sont saisis de cette sainte crainte, mais c’est à Pierre, parce qu’il devra être le chef de l’Eglise naissante, que Jésus promet de pêcher des hommes, parce que c’est dans l’Unité de Pierre que se retrouve tout le collège apostolique et toute l’Eglise catholique.

Pierre, Jacques et Jean n’ont plus d’hésitation : ils laissent tout et suivent Jésus. Ils ont entendu l’appel de Dieu dans leur cœur, ils y répondent généreusement. Ils auront encore des tentations (Lc 9:46 ; 22:24 ; Mt 20:21 ; Mc 10:37), des faiblesses (Lc 22:45 ; Mt 26:56 ; Lc 22:57-60), mais leur combat les conduira à la gloire du martyre et à la récompense céleste.

L’attitude de Pierre n’est pas sans rappeler celle du prophète Isaïe. Ce dernier aussi est saisi d’une sainte crainte après avoir vu la gloire de Dieu, puis, quand Dieu l’a rassuré et “purifié”, il s’offre spontanément pour aller parler au nom de Dieu. 

Ce passage de l’Ecriture est à l’origine du plus ancien chant liturgique que nous répétons chaque fois à la messe : Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu de l’univers (1).

Aux Corinthiens, Paul montre à son tour les mêmes sentiments d’indignité devant la sublimité de l’appel de Dieu. Il se sait pécheur, car il a d’abord persécuté l’Eglise ; mais Dieu lui a pardonné, il est apôtre par la grâce de Dieu. On sait que l’apostolat de Paul a couvert tout le nord du bassin méditerranéen, de la Palestine à l’Espagne, mais Paul ne s’enorgueillit pas pour cela : c’est la grâce de Dieu avec moi et son premier souci est de rappeler les Corinthiens à l’unité de la foi autour de Pierre. 

Historiquement, Jésus ressuscité apparut d’abord à Marie-Magdeleine, mais Paul insiste à dire que Jésus est apparu à Pierre avant les autres Apôtres. Bien qu’on ait parfois opposé Paul à Pierre, on voit bien que Paul n’a aucune objection envers le primat que Pierre a reçu du Christ.

La prière d’Isaïe, de Pierre, de Paul, se retrouve dans le beau psaume 137, un des derniers de David. Il y exprime la louange en présence des anges qui chantent - on l’a vu plus haut - Saint, Saint, Saint ; il y invoque l’humble supplication exaucée : le jour où tu répondis à mon appel, tu fis grandir en mon âme la force ; il fait allusion aux rois mages venus adorer Jésus dans la crèche et à tous les rois chrétiens : Tous les rois de la terre te rendent grâce ; enfin il confie à Dieu la victoire de l’apostolat : Ta droite me rend vainqueur ; n’arrête pas l’œuvre de tes mains

Notre liturgie a parfois un peu de mal à bien mettre en évidence le chant méditatif du psaume ; peut-être qu’une lecture calme, discrète, par un lecteur bien préparé, pourrait nous aider à nous en imprégner mieux. Pensons que Jésus lui-même a chanté ce psaume, a fait sienne cette prière de David. 

Enfin on n’oubliera pas cette parole si consolante de Jésus à Pierre, et qu’il répétera tant et tant de fois dans l’Evangile : Sois sans crainte. La présence de Jésus est toujours pacifiante : toute angoisse est d’abord une absence de Jésus. Avant la communion, toujours, le Prêtre nous dit, comme Jésus : La Paix soit avec vous. L’évêque, successeur des Apôtres, salue toujours ainsi les fidèles en début de célébration.

En toute circonstance, devant toute difficulté, recourons à cette prière confiante à l’Auteur de la paix, dont la grâce est notre unique espoir (Prière du jour).

 

1 En réalité : “Dieu des armées”, vrai sens de Sabaot, car les anges sont “l’armée” de Dieu.

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