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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 23:00

Augustin Schoeffler

1822-1851

 

Ce Martyr était lorrain, né à Mittelbronn dans la Moselle, le 22 novembre 1822, aîné de six enfants. Son père instituteur, était à la fois secrétaire de mairie et chantre à l’église. Il envoya Augustin commencer des études chez son oncle, curé à Arraye, où il fit sa première communion, et de là gagna le petit séminaire de Pont-à-Mousson, puis le grand séminaire de Nancy. 

Au petit séminaire, Augustin dut apprendre le français, car ses parents étaient germanophones. Petit, Augustin était réputé doux et réaliste, une douceur qui ensuite fit place à une attitude fière reflétant plutôt une énergie non exempte d’une certaine rudesse. Au grand séminaire, il fut nommé préfet de chœur, charge dont il s’acquitta de main de maître, mais où sa douceur réapparaissait vite quand il devait soutenir des séminaristes en difficulté.

Il voulait rejoindre les Missions Étrangères de Paris. Ses parents n’étaient pas très consentants. Tandis que l’avis positif tant de la part des Missions que de l’évêque, finissait par arriver, ce fut un net refus familial. Ordonné diacre en octobre 1846, il passa chez les siens où il fit un sermon très remarqué, puis regagna Paris. Là il apprit que deux tantes avaient fait des démarches auprès du supérieur pour le retenir en France. Il ne s’en émut pas. Jusqu’aux derniers jours avant son départ, se jouèrent des manœuvres pour le dissuader de partir, jusqu’à des privations d’argent… Ordonné prêtre en mai 1847, il reçut sa mission pour le Tonkin (nord Vietnam). 

Embarqué sur L’Emmanuel, il gagna Singapour quatre mois après, puis débarqua à Hong-Kong fin avril 1848. Dans un contexte politique agité, Augustin entra clandestinement au Tonkin, sous un déguisement chinois. Le jeune nouvel empereur, bien que d’abord favorable aux missionnaires, n’avait pas abrogé les dispositions de son père et de son grand-père, de sorte qu’on vivait encore dans un régime de persécution.

Augustin fut pris du choléra, mais se remit assez vite et continua son travail de prédication et de confessions. L’évêque, Mgr Retord, lui confia la province de Son Tây, là où le Fleuve Rouge reçoit ses deux affluents, la rivière Noire et la rivière Claire. Là avait été martyrisé quatorze ans plus tôt Jean-Charles Cornay (voir au 20 septembre). Seul Européen, il avait près de lui huit confrères vietnamiens et quinze mille chrétiens.

Une conspiration fut découverte, et les chrétiens accusés d’y avoir participé. Les édits de persécution furent remis à l’ordre du jour, et même aggravés : les prêtres devaient être jetés dans les fleuves ou la mer, les prêtres vietnamiens seraient coupés par le milieu, et ceux qui auraient caché un prêtre européen seraient coupés par le milieu des reins et jetés au fleuve.

 Trahi et livré aux soldats, Augustin fut interrogé, sommé de marcher sur la croix, ce qu’il refusa, enfermé et chargé de la cangue. Il ne se plaignit jamais. Des chrétiens emprisonnés avec lui cherchèrent à le racheter ; pendant qu’ils étaient partis chercher la somme convenue, Augustin, jugeant qu’ils étaient assez loin, pressa le soldat de le conduire aux mandarins, sauvant ainsi de la mort ses compagnons. Dans l’attente de sa condamnation, il eut sa rétention un peu adoucie, car une lettre de Mgr Retord avait obtenu qu’il fût au moins transféré dans un local du logement du gardien-chef. Un prêtre vietnamien put lui rendre visite et entendre sa confession.

La sentence de condamnation à mort arriva le 11 avril, il fut décapité le 1er mai 1852 à Son-tai. Sa tête fut jetée dans la rivière Song-Ka, son corps fut d’abord enterré sur place, puis exhumé en secret par des chrétiens qui le réinhumèrent dans un village chrétien. Un mandarin, ayant récupéré une tunique d’Augustin tachée de son sang, reçut plusieurs coups de rotin.

Le même jour, un an plus tard, était décapité à son tour Jean-Louis Bonnard, qu’on retrouve donc au même jour qu’Augustin Schöffler dans le Martyrologe, le 1er mai.

Déclaré Vénérable en 1899, et Bienheureux l’année suivante, Augustin a été canonisé en 1988 parmi les cent dix-sept martyrs du Vietnam, dont la fête est au 24 novembre.

 

Le grand séminaire de Metz est désormais placé sous la protection de saint Augustin Schöffler.

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