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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 00:00

Baptême du Seigneur - A

 

Dans l’ancien missel, cette fête n’existait pas ; l’épisode du baptême du Christ par Jean-Baptiste était mentionné au moment de l’Epiphanie. Mais lisons d’abord les lectures.

 

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Le chapitre 42 du prophète Isaïe est le premier des quatre «Chants du Serviteur de Yahwé». Ces quatre Chants nous parlent d'un Serviteur chargé d'une grande mission salvifique, et dont tous les traits se réaliseront pleinement en Jésus-Christ. 

On notera tout de sute l'expression mon élu en qui j'ai mis toute ma joie, reprise dans l'évangile ; cette joie est spécifiquement une des manifestations de l’Esprit. Ainsi l’écrit saint Paul : Le fruit de l’Esprit est charité, joie, paix… (Ga 5:22) ; au moment de l’Ascension, avant même l’événement de la Pentecôte, saint Luc mentionne que les apôtres revinrent à Jérusalem en grande joie (Lc 24:53).

Quelques remarques encore : 

    - Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, on n'entendra pas sa voix sur la place publique : Jésus parlera beaucoup, certes, mais sans s'imposer, sans faire de «publicité», et surtout il parle à chacun de nous dans notre cœur, doucement ;

    - Il n'écrasera pas le roseau froissé, il n'éteindra pas la mèche qui faiblit : Jésus ne brimera pas le pécheur, il ne condamnera pas, mieux : il sait discerner en toute âme pécheresse quelque chose de bon qu'il encourage ;

    - Lui ne faiblira pas, lui ne sera pas écrasé : ceci ne contredit pas l'autre chant (Is 52-53) où est annoncée la passion de ce Serviteur ; le Christ souffrira beaucoup, certes, mais acceptera totalement, jusqu’au bout, ces souffrances ; par le sacrifice-même de sa Croix, le Christ affirmera sa victoire sur la mort, comme nous chantions dans le vieux cantique : Victoire, tu régneras, ô Croix, tu nous sauveras.

 

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Dans le psaume 28 David chante la puissance de Dieu. 

Ici, la voix du Seigneur domine les eaux, alors qu’en Isaïe, il n’élevait pas la voix. Le contexte est différent : en Isaïe, le Serviteur de Dieu ne s’impose pas aux hommes par la force ; dans le psaume, Dieu se montre bien supérieur aux éléments de la nature.

Mais aussi sa douce voix - si nous l'écoutons, bien sûr, - fait taire le tumulte de nos murmures, qui sont comme des eaux bourbeuses et bruyantes. Laissons parler le Seigneur, mettons un frein aux plaintes, aux critiques, aux médisances, aux mensonges, aux conversations inutiles ! Nous avons tant à apprendre encore !

 

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A tout âge, enfants, jeunes, adultes, vieillards, nous avons encore quelque chose à apprendre. Et c’est à chacun de nous que s’adresse saint Pierre dans les Actes que nous lisons aujourd’hui : (Dieu) accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste, quelle que soit leur race.

Il faudrait relever une phrase importante du même discours de Pierre, quand il dit que Dieu l'a consacré par l'Esprit. 

Il ne faudrait pas croire ici que la présence visible de la colombe au moment du baptême de Jésus soit le signe que seulement à ce moment précis Dieu ait investi Jésus de sa divinité et de sa mission. Jésus est conscient qu’il est parfaitement Dieu et parfaitement homme. Il n’est que de rappeler le gentil enseignement qu’il fit à ses parents à Jérusalem, à douze ans (cf. Lc 2:49, voir le commentaire pour la Sainte-Famille, année C).

Quand saint Pierre dit que Dieu l'a consacré par l’Esprit, il veut d’abord rappeler la conception virginale de Jésus. Jésus est éternellement Fils de Dieu, engendré de Lui, et Son image. De même il est éternellement "oint" (christos) de l'Esprit qui est Un dans le Père et le Fils. Un psaume le chante : Dieu, ton Dieu, t'a oint de l'huile de la joie (Ps 44:8, cf. He 1:9), une joie non humaine, la joie de l’Esprit, dont on a parlé plus haut.

 

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Maintenant, après trente années environ de vie cachée, Jésus va commencer sa mission auprès des hommes, et Dieu va le manifester par un "signe" pour convaincre la foule qu'elle est bien en présence du Sauveur. 

Jésus ne reçoit pas ici une sorte de révélation sur sa mission ou sur son identité ; mais c'est la foule - et nous autres, qui recevons la solennelle invitation à nous tourner résolument vers Lui et à L'écouter.

La première question qui nous vient à l'esprit à propos du baptême de Jésus est celle ci : si Jésus est Dieu, pourquoi se fait-il baptiser ?

Homme, Jésus épouse notre condition humaine. Quand Jean-Baptiste verse l'eau sur la personne de Jésus, c'est l'humanité de Jésus, c'est notre humanité qui reçoit cette eau. C'est alors une nouvelle ère qui s’ouvre : maintenant, l'eau est sanctifiée par la divinité de Jésus et, par suite, l’eau reçoit le pouvoir de purifier nos âmes ; c'est pourquoi les hommes devront être baptisés en Jésus, Dieu et Homme.

Quand Jésus enverra ses Apôtres en mission, il leur dira de baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit (Mt 28:19). La Trinité se manifeste au baptême de Jésus par la voix du Père, le corps du Fils et la colombe de l'Esprit.

Le texte d’aujourd’hui fait suite à celui que nous avons lu durant l'Avent : Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain venaient à lui (Mt 3:5), c'est-à-dire des centaines et des centaines de personnes. Quand Jésus s'est trouvé là, beaucoup purent voir ce prodige et entendre cette solennelle déclaration de Dieu : Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en lui, j'ai mis tout mon amour.

On imagine l'étonnement de chacun. 

L’expression tout mon amour rappelle celle d’Isaïe : toute ma joie. Amour et Joie expriment la présence du l’Esprit. Dans notre Credo, nous affirmons bien que l’Esprit procède du Père et du Fils. L’Esprit est pleinement présent dans le Père et dans le Fils.

Deux versets apocryphes ont été parfois ajoutés ici : Et tandis qu'il était baptisé, une lumière intense se répandit hors de l'eau, au point que tous les assistants furent saisis de crainte. Cette lumière n'aurait rien de surprenant, elle accompagne beaucoup de phénomènes extraordinaires, comme déjà les grandes théophanies de l'Ecriture : la Nuée au désert (Ex 13:21-22), Moïse au Sinaï (Ex 19:18), plus tard la conversion de Paul près de Damas (Ac 9:3), comme aussi les apparitions mariales. 

Il sera bon de remarquer avec quelle humilité Jean-Baptiste reçoit Jésus. Encore une fois imaginons la scène. Il y a là quelques dizaines de personnes au moins ; Jean -Baptiste est assailli de tous côtés, on le questionne ; Jésus se présente : une réaction bien humaine, de la part du Baptiste, aurait pu être une certaine complaisance intérieure, à la pensée d'avoir côtoyé de si près le Seigneur, devant toute la foule. Tout au contraire, Jean proteste et s'efface : C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi.

Mais alors, en effet, qui a baptisé Jean ? La Tradition patristique affirme que Jean-Baptiste fut purifié dès le sein maternel par la présence du Christ lors de la rencontre de Marie et Elisabeth après l’Annonciation (cf. Lc 1:41- 44) : l’évangéliste mentionne précisément que l’enfant tressaillit dans son sein et Elisabeth fut remplie du Saint Esprit, encore une fois l’Esprit purificateur qui apporte la joie. Jean sera ensuite baptisé dans son sang, un ou deux ans après le baptême du Christ, lorsqu'Hérode le fera décapiter (cf. Mc 6:17-29), ce que nous appelons le baptême de sang.

 

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C'est avec grande reconnaissance envers saint Jean-Paul II que nous prions maintenant chaque jeudi le Mystère lumineux du Baptême de Jésus (Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, 21).

Peu de temps après le baptême, nous raconte l'évangéliste Jean, Jésus sera avec Marie à des noces ; et Marie nous dira : Tout ce qu'il vous dira, faites-le (Jn 2:5). Ce miracle de Cana est d’ailleurs le deuxième Mystère lumineux.

A nous d’écouter, de mettre en pratique, ce que Dieu va nous suggérer.

La Prière du jour nous fait ainsi demander de nous garder toujours dans (sa) sainte volonté. Demander cela de tout notre cœur, c’est déjà nous ouvrir à la voix divine, c’est déjà nous disposer à accueillir cette grâce.

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