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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 00:00

Charles Garnier
1606-1649

Charles vit le jour à Paris en 1606, très probablement au mois de mai (car son acte de baptême date du 25 mai 1606), le moi traditionnellement consacré à la Sainte Vierge.
Sa mère était Anne de Garault ; son père, Jean, était conseiller du roi Henri III. Monsieur Garnier devait avoir des vues particulières pour son fils, car il n’accepta pas volontiers la vocation de celui-ci ni son désir de partir évangéliser les Peaux-Rouges en Nouvelle-France.
Signalons aussi que Charles avait un grand frère, qui devint Carme. Leur correspondance met en relief toute la sainteté de Charles.
Après les études au Collège de Clermont, et enfin avec la permission de son père, Charles commença son noviciat chez les Jésuites en 1624 et fut ordonné prêtre en 1635.
Il arriva à Québec en juin 1636.
Il fut envoyé parmi les Hurons, qui étaient plus favorables aux Français. Ils collèrent le nom de Ouracha («qui-donne-la-pluie») au père Garnier, car il arrivait précisément à la fin d’une période de sécheresse. 
En six mois, il surmonta les difficultés de la langue et commença une longue période de charité vivante : son zèle pour la conversion des païens ignorait les obstacles et les retards. Rien ne l’effrayait, ni les distances à parcourir, ni la rude météorologie, ni le danger de la mort. Il affrontait toutes ces difficultés avec énergie, pour aller baptiser. Les ordures, la vermine, les odeurs fétides, les maladies répugnantes, rien ne l’empêchait d’aller au-devant des âmes à racheter. Lui qui était de constitution plutôt fragile, il résista, on peut dire de façon miraculeuse, à cette tension continuelle.
Son angélique patience au milieu d’épreuves interminables, lui valut le surnom de ange de la mission, où son confrère Jean de Brébeuf, était le lion.
On les vit ensemble dans la première communauté Saint-Joseph à Ihonatiria ; puis, en 1637, à Ossossané. En octobre de cette année-là, une alerte faillit coûter la vie au père Garnier. En effet, après une nouvelle épidémie, les Pères furent de nouveau la cible d’une tribu. On réclamait la tête des pères Garnier et Ragueneau ; ces derniers eurent la possibilité de prendre la parole au cours du Conseil plénier de la nation huronne. Dans la nuit du 24 octobre eut lieu la réunion, les discussions se prolongèrent, mais on n’arriva pas à prononcer de sentence : les Hurons avaient une certaine peur des Français et ne voulaient pas risquer de rupture. Après une neuvaine à saint Joseph, les pères eurent le soulagement d’être «amnistiés» par le Conseil des Peaux-Rouges.
Quand le père de Brébeuf fut choisi pour Téanostayaé, le père Garnier resta avec le père Lalemant à Ossossané. Le règlement était très précis : lever à 4 heures, méditation de 4 h.30 à 5 h.30, célébration de la Messe à 6 heures ; dans la matinée, on pouvait recevoir les indigènes de 8 h. à 14 h. Déjeuner à 14 h. L’après-midi, travaux et réception des indigènes jusqu’à 17 heures. Dîner à 18 h.30. La journée s’achevait à 20 h.30, avec la récitation des Litanies des Saints, l’examen et la préparation de la méditation du lendemain matin ; extinction des feux à 21 h.
Plusieurs fois, en 1637 et en 1639, il «s’attaqua» à la conversion de la nation Tobacco, en compagnie d’Isaac Jogues et de Claude Pijart. Sa constance finit par venir à bout de leur obstination. Ce sont eux qui demandèrent la venue des Robes Noires (1646) et Charles vint habiter chez eux, jusqu’à la mort.
L’hiver 1639-1640, le père Garnier accompagna le père Jogues dans la tribu des Pétuns, plus à l’Ouest.
En décembre 1649, les Iroquois s’en prirent aux Tobacco, après avoir anéanti les Hurons. C’est dans ces circonstances que le père Charles Garnier reçut la palme du martyre : il fut frappé par deux balles dans la poitrine et l’abdomen. Son dernier geste fut de donner l’absolution à un Indien moribond près de lui. Puis il reçut le «coup de grâce» : un coup (ou même deux) de tomahawk qui lui fendit la tête.
C‘était le 7 décembre 1649, veille de la fête de l’Immaculée Conception de Marie. On le sait, le père Charles était très marial ; il avait en outre fait le vœu spécial de défendre coûte que coûte ce dogme marial de l’Immaculée Conception.
Charles Garnier a été béatifié en 1925 et canonisé en 1930.
Il est commémoré le 7 décembre au Martyrologe ; sa fête liturgique, avec ses Compagnons Martyrs du Canada, se célèbre le 19 octobre.

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