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11 août 2014 1 11 /08 /août /2014 23:00

Clarétains martyrs à Barbastro

† 1936

 

Le 20 juillet 1936 au soir, se présentèrent au couvent clarétain de Barbastro une soixantaine d’anarchistes, dont la mission officielle était de trouver les armes cachées chez les Religieux. N’en trouvant pas, ils mirent les Religieux aux arrêts. 

Le supérieur, le maître des novices et l’économe furent d’emblée conduits en prison. Les plus anciens ou les malades furent conduits dans un hôpital, les autres au collège des Piaristes. Deux d’entre eux, prêtres, réussirent à sauver la Sainte Eucharistie, en donnant la Communion aux membres de la communauté, et en cachant le reste dans une petite mallette, dissimulée dans les vêtements.

 Le comité de Barbastro resta assez modéré jusqu’au 25 juillet, jour où arrivèrent plus de mille miliciens de Barcelone, auxquel on donna carte blanche pour détruire tout ce qui avait affaire avec le culte religieux, avec cet accord qu’ils n’auraient pas attenté à la vie des prisonniers. Mais arriva bientôt le chef anarchiste Buenaventura Durruti - que Dieu lui fasse miséricorde -, qui exigea de faire disparaître toutes les soutanes. et décida de la mort de l’évêque, qui était aussi prisonnier dans le couvent des Piaristes (Florentino Asensio Baroso).

A partir du 2 août furent exécutés peu à peu tous les Religieux de la communauté clarétaine, sans aucun jugement, et pour le simple fait d’être prêtres et religieux.

Les prêtres avaient entre trente et soixante ans, sauf le père Ortega García, tout récemment ordonné et qui avait vingt-quatre ans : ils prièrent pour leurs persécuteurs et se confessèrent réciproquement. 

Tous les clercs avaient entre vingt-et-un et vingt-cinq ans.

L’un d’eux écrivit ces mots : Puisque nous ne pouvons pas exercer le saint ministère sur cette terre, en travaillant pour la conversion des pécheurs, nous ferons comme sainte Thérèse : nous passerons notre ciel à faire du bien sur la terre.

Les détails que l’on connaît sur ces moments tragiques furent donnés par un des Clarétains, d’origine argentine, qui fut relâché le 12 août comme étranger.

Dans le «salon» des Piaristes, où étaient entassés tous les Clarétains, on n’entendait que le murmure de leurs prières. Ils purent recevoir l’Eucharistie en cachette, prier ensemble le bréviaire et le chapelet. 

Ils souffrirent beaucoup de la soif, car en ce mois d’août, on ne leur donnait pas à boire. Plusieurs fois, on fit devant eux le geste de les fusiller, et plus de quatre fois ils se donnèrent l’absolution, croyant leur dernière heure venue. 

On introduisit dans le salon des prostituées, menaçant les Religieux qu’ils seraient fusillés s’ils refusaient leurs avances. Mais aucun ne céda.

Certains purent faire passer en cachette quelques mots à leurs familles. L’un écrivit : Quand vous recevrez ces lignes, rendez grâces au Seigneur pour ce don si grand du martyre qu’il m’a accordé. Un autre : Comme Jésus-Christ expira sur la croix en pardonnant à ses ennemis, moi aussi je meurs martyr en leur pardonnant de tout mon cœur. Un autre encore : Ne pleurez pas pour moi ; Jésus me demande mon sang, et par amour pour Lui, je le verserai ; je serai martyr, je vais au ciel.

Le 12 août, un groupe de six Religieux fut appelé ; les mains liées derrière le dos, ils furent attachés ensemble deux à deux par les coudes ; le père Secundino leur donna l’absolution depuis sa place. Juste avant d’être fusillés, les Religieux furent encore une fois invités à apostasier pour retrouver la liberté. Sur leur refus, ils furent fusillés, quelques minutes avant 16 heures.

Les autres écrivirent alors une petite déclaration, réaffirmant qu’ils pardonnaient à leurs bourreaux, qu’ils offraient leur vie pour la conversion du monde ouvrier, pour le règne du Christ, pour leur congrégation et leurs familles.

A minuit, les miliciens entrèrent dans le salon. Les plus anciens Religieux avaient déjà été fusillés ; ceux qui restaient avaient moins de vingt-cinq ans. Vingt furent appelés, conduits dans un camion : ils chantaient et acclamaient le Christ Roi ; une demi-heure après de ce 13 août, on entendit les décharges, puis les coups de grâce.

Vingt autres furent appelés au matin du 15 août, fête de l’Assomption, anniversaire de la profession de la majeure partie d’entre eux. A leur tour, ils purent écrire quelques lignes où ils exprimaient leur joie de mourir pour le Christ, pour l’Eglise.

Le 18 furent fusillés les deux séminaristes qui se trouvaient à l’hôpital. Ils se confessèrent à un prêtre prisonnier comme eux, et furent conduits au martyre avec d’autres, sans autre forme de jugement.

Voici les noms de ces cinquante-et-un Martyrs, qui auront leur petite notice à part dès que possible. 

- le 2 : les pères Munárriz Azcona, Díaz Nosti, Pérez Ramos ;

- le 12 : les pères Calvo Martínez, Cunill Padrós, Pavón Bueno, Sierra Ucar et les frères Claris Vilaregut et Chivirás Lacambra ;

- le 13 : le père Ortega García et les clercs Bandrés Jiménez, Brengaret Pujol, Calvo y Calvo, Capdevila Miró, Casadevall Puig, Codina Millas, Codinachs Tuneu, Dalmau Rosich, Echarri Vique, García Bernal, Llorente Martín, Novich Rabionet, Ormo Seró, Pigem Serra, Ruiz de Larrinaga García, Sánchez Munárriz, Torras Sais, Buil Lalueza, Miquel Garriga ;

- le 15 : les clercs Amorós Hernández, Badía Mateu, Baixeras Berenguer, Blasco Juan, Briega Morales, Castán Meseguer, Escalé Binefa, Figuero Beltrán, Illa Salvía, Lladó Teixidor, Martínez Jarauta, Masferrer Vila, Masip González, Pérez García, Riera Coromina, Ripoli Diego, Ros Florensa, Roura Farró, Sorribes Teixidor, Viela Ezcurdia ; 

- le 18 : les clercs Falgarona Vilanova et Viadaurreta Labra.

 

Tous ces Martyrs furent béatifiés en 1992.

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