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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 23:00

Clemente Vismara

1897-1988

 

Né le 6 septembre 1897 à Agrate Brianza (Milan, Italie), Clemente était le cinquième des six fils de Attilio Egidio, un sellier, et de Stella Annunziata Porta, une couturière. La maman mourut lors de la naissance du sixième enfant (1902) et le papa mourut bientôt après (1905), de sorte que Clemente fut éduqué par d’autres parents.

Après le collège, il entra au séminaire à Seveso (1913), mais dut interrompre ce cycle lors de la Première guerre mondiale, où il fut envoyé en première ligne au 80e régiment d’infanterie. Il termina la guerre avec trois médailles à la valeur militaire, et le grade de sergent major.

Il fréquentera le Séminaire lombard pour les Missions Etrangères (le futur Institut Pontifical des Missions Etrangères, PIME) à Milan, et sera ordonné prêtre en 1923.

Il fut immédiatement envoyé en Birmanie, qui devint depuis sa patrie d’adoption.

Arrivé à Toungoo dès septembre 1923, il y étudia l’anglais et les dialectes, et rejoignit Kengtung en mars 1924, d’où il partit fonder une nouvelle mission à Mong Lin.

Les conditions de vie y étaient tellement difficiles que tous les missionnaires moururent les uns après les autres, sauf Clemente. Même le supérieur du PIME «menaça» l’évêque local de retirer les missionnaires s’il ne s’arrangeait pas pour leur fournir davantage de bonne nourriture.

Le père Clemente travailla parmi beaucoup de difficultés, dans un milieu primitif, dangereux et même parfois hostile. Il fonda d’autres missions à Keng Lap, Mong Yong et Mong Pyak.

La société birmane était conditionnée par des traditions contre lesquelles il dut combattre patiemment : les hommes ne travaillent pas et consomment l’opium ; les femmes et les enfants travaillent, sont maltraités, abandonnés, vendus - ou tués. Le père Vismara chercha à protéger en priorité les orphelins et les veuves, deux catégories «maudites».

Il se fit tour à tour : agriculteur, éleveur, tailleur, coiffeur, dentiste, maçon, bûcheron. Jouissant d’une santé vraiment robuste, il s’imposa aussi un style de vie sain : horaire, propreté, nourriture ; il mangeait avec des couverts !

En 1941, les Japonais allaient occuper la Birmanie. Les Anglais enfermèrent les missionnaires italiens (comme «ennemis») à Kalaw, dont les libérèrent les Japonais envahisseurs en 1942.

Le père Vismara rouvrit la mission de Mong Lin, avec un orphelinat. Peu à peu cette localité se transformera en petite ville, avec plusieurs milliers de baptisés.

Mais après l’indépendance de la Birmanie (1948) commencera une guerrilla séparatiste, durant laquelle seront abattus plusieurs missionnaires.

En 1955, le père Vismara fut déplacé par l’évêque à Mong Ping, où il dut tout recommencer à zéro. Il obéit.

En 1957, il prit un mois de «vacances» en Italie, profitant de ces quelques jours d’abord pour faire une retraite spirituelle (chez les Jésuites de Varese), car il sentait le besoin de faire une grande lessive spirituelle mais aussi pour recevoir quelques soins médicaux, aller à Lourdes et tenir quelques conférences.

En 1961 fut abattu le premier prêtre birman (le père Vong) par des bouddhistes hostiles, pourtant réputés «tolérants». Le père Vismara en écrivit la vie, puis créa à Mong Ping un orphelinat, une école, une église et une grotte de Lourdes, avec une maison pour les missionnaires et les religieuses.

Malheureusement, en 1962, tout ce travail fut entravé par le nouveau régime communiste, qui expulsa tous les missionnaires arrivés après 1948. Malgré ces dispositions et sa santé qui commençait à décliner, le père Vismara continua. En 1979, il prit encore la jeep pour aller rencontrer le supérieur du PIME : il avait quatre-vingt deux ans.

Il fonda encore un nouveau quartier à Tongtà en 1980 et un autre à Pannulong en 1986.

Une de ses expressions habituelles était : Tu es vieux quand tu n’es plus utile à personne. Le père Vismara put et voulut s’occuper jusqu’à la fin des orphelins, des malades, des lépreux, des toxicomanes, des handicapés.

Il racheta des orphelins aux Birmans, parfois pour soixante-dix lires, parfois pour une lire et deux boîtes d’allumettes. Il s’opposa vivement au commerce des femmes en Thaïlande, où l’on achetait des femmes birmanes parce qu’elles ne portaient pas le virus du sida. 

Le père Clemente Vismara s’éteignit dans la sérénité à Mong Ping le 15 juin 1988 ; il avait quatre-vingt onze ans. Il fut enterré en Birmanie, devant la grotte de Lourdes qu’il avait fait ériger en 1962 à Mong Ping.

Le pape Jean-Paul II l’appela le patriarche de Birmanie.

A sa mort et après, des bouddhistes et des musulmans témoignèrent de la sainteté de sa vie. Un fonctionnaire bouddhiste qui fut pendant trente ans un ami fidèle du père Vismara, témoigna que, contre l’habitude birmane, et sur le conseil du père Vismara, il n’abandonna pas son épouse malade pour en prendre une autre ; cette épouse mourut heureuse de cette fidélité, et le fonctionnaire désira ardemment que fût canonisé le missionnaire.

Clemente Vismara fut béatifié en 2011. Son dies natalis est le 15 juin.

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