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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 23:00

Costanza Troiani

1813-1887

 

Née à Giuliano di Roma (Frosinone, Italie centrale) le 19 janvier 1813, Costanza était d'une bonne famille bourgeoise, troisième des quatre enfants de Tommaso et Teresa Panici-Cantoni. 

Le papa était organiste à la paroisse ; la maman était une femme très pieuse. Ces parents firent baptiser Costanza le jour-même de sa naissance et lui donnèrent les noms de Costanza Domenica Antonia.

Un drame traversa cette famille : le mari assassina son épouse...

A six ans, Costanza fut donc orpheline de mère et confiée aux Religieuses de la Charité de Sainte Claire (Ferentino). 

C'est là qu'elle reçut sa formation et qu'elle connut les Annales des Missions Africaines.

Son frère entra au séminaire et devint prêtre.

Elle trouva sa vocation dans cet Institut et, à quinze ans, ne voulut plus le quitter. Elle y fit sa profession en 1830, prenant le nom de Maria Caterina de Sainte-Rose-de-Viterbe. 

Sa première charge fut l'enseignement à l'école primaire du monastère. Mais Caterina était aussi une excellente couturière et brodeuse.

La nouvelle prieure prit Caterina comme secrétaire, et lui fit donner des leçons de comptabilité, ce qui lui donnait de grandes capacités d'enseignement et d'administration. Elle aurait pu être élue prieure, mais elle avait fait le vœu de toujours rester dans l'effacement.

En 1840, il y eut une crise entre le monastère et l'évêque du lieu, qui voulait transformer ces Religieuses en Maîtresses Pies sans clôture, leur retirant leur vocation franciscaine. La prieure et Caterina passèrent alors des mois à Rome, jusqu'à obtenir du pape l'érection canonique de leur monastère et l'approbation pontificale des constitutions. La prieure devint alors abbesse.

En 1852 l'évêque du Caire voulut avoir des Religieuses pour s'occuper des jeunes filles. Le missionnaire à qui il en parla, passa à Ferentino, où Caterina et ses Consœurs furent enthousiasmées du projet.

L'abbesse, avec Caterina et d'autres sœurs, partirent en Egypte en 1859. Caterina avait reçu depuis quelque temps un “message” divin, lui annonçant qu'elle aurait à s'occuper de la conversion d'un peuple outre-mer. 

Arrivées au Caire, elles furent mal reçues par le nouvel évêque, qui craignait une concurrence avec d'autres religieuses déjà présentes. Pour bien affirmer leur vocation différente, elles ouvrirent immédiatement une école au Caire : les familles purent témoigner de leur satisfaction de cette œuvre, et l'évêque s'inclina.

Or,  la maladie contraignit l'abbesse à se décharger des responsabilités sur Caterina, qui de fait fut élue supérieure de la communauté en 1863. L'évêque dispensa Caterina de son vœu et elle obéit par obéissance. Les Sœurs reçurent le nom de Tertiaires Franciscaines du Caire (et en 1950 prendront le nom de Franciscaines Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie).

Durant son supériorat, Caterina ouvrit sept nouvelles maisons en Egypte, pour l'assistance et l'éducation des orphelines. Elle dut surmonter beaucoup de difficultés, résoudre beaucoup de problèmes (de ressources, de personnel, le choléra en 1863). Elle sut trouver des appuis auprès du vice-roi d'Egypte, put agrandir la maison, construire une église, maintenir l'orphelinat et le pensionnat. 

Mais la maison du Caire devenait bien différente de celle de Ferentino. Les Religieuses de Ferentino voulurent se séparer de Caterina. Finalement, cette dernière obtint du pape l'érection de la maison du Caire en Institut Missionnaire indépendent, agrégé au Tiers-Ordre franciscain. 

En 1890, c’est le couvent de Ferentino qui finira par demander à y être rattaché, car elles n'avaient plus de vocations. 

Deux maisons s'ouvrirent en Italie pour les postulantes.

En Egypte, l'œuvre se développa de façon intense : une école à Bolacco, une autre à Mansura, à Dannata, à Kafr el Zayat, à Ismailia (avec l'aide de Ferdinand de Lesseps). 

Caterina eut particulièrement à cœur l'œuvre de rachat des petites noires, et l'orphelinat. Grâce à l'argent que lui envoyait un prêtre installé à Marseille, elle rachetait les petites filles sur les marchés et les envoyait à Marseille : elle sauva ainsi de la prostitution plus de sept cents petites filles. Les bébés trouvés dans les coins de rues, fruit de la prostitution, furent environ quinze cents.

Caterina visitait toutes les maisons, exhortant les Sœurs à la sainteté. Elles recevaient la communion trois fois par semaine, et elle chaque jour : elle était littéralement amoureuse de l'Eucharistie et proposait de faire l'Adoration perpétuelle chaque premier vendredi du mois, ainsi qu'en la solennité du Sacré-Cœur et de la Fête-Dieu. Si elle ne pouvait aller visiter le Saint Sacrement, elle demandait à son Ange gardien ou à saint Joseph de la remplacer. Elle faisait le Chemin de Croix chaque vendredi et chaque dimanche. Pour obtenir telle grâce de conversion, elle mettait les mains sous ses genoux (!).

Il arriva souvent que les aumôniers ne comprenaient pas quelle sainteté se cachait derrière une telle personnalité. Certains pensèrent se mêler de l'administration, imposer à la pauvre Caterina des humiliations honteuses, comme d'embrasser les pieds de qui l'avait accusée injustement ou de se prosterner en travers de la porte du réfectoire pour que les religieuses lui passent dessus.

L'évêque pensa même un moment dissoudre la communauté, mais celui qu'il envoya faire l'enquête le convainquit du contraire. Au chapitre général, mère Troiani fut élue à l'unanimité des voix.

La nouvelle difficulté fut en 1882, quand l'insurrection arabe contraignit la communauté à se diviser en trois, à Jérusalem, à Marseille et à Naples. Elle put tout de même les rassembler au bout d'un an.

De nouveau élue en 1883, mais déjà très fatiguée, Caterina ouvrit des maisons en Italie, à Malte, à Jérusalem.

A Pâques de 1887, ne pouvant plus marcher, elle s'alita, écrivit son testament, remit les clefs à ses secrétaires. Le 6 mai 1887, elle mourut en disant : Jésus m'appelle !

Même les musulmans dirent alors : Nous n'aurons plus une maman comme celle-ci.

 

Elle a été béatifiée en 1985.


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