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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 00:00

Cuthbert

637-687

 

Cuthbert naquit vers 637, bien probablement en Irlande. On ne sait rien de lui jusqu’à ce qu’on le voie berger aux confins actuels de l’Ecosse et de l’Angleterre, gardant les troupeaux de différents maîtres.

L’historien Bède (v. 25 mai), qui a beaucoup travaillé à recueillir une immense quantité de documents anciens sur les ancêtres anglais, dit que Cuthbert montrait une activité exubérante et une piété précoce.

Cuthbert, donc, apprit dans une vision la mort d’Aidan, le saint évêque de Lindisfarne, et se détermina à entrer dans la vie monastique.

Il avait quinze ans à peine quand il alla frapper à la porte du monastère de Melrose. Il y fut reçu par deux grands docteurs de l’Eglise celtique, l’abbé Eata et le prieur Boisil (v. 26 octobre et 7 juillet). 

Notre adolescent montra dès le premier moment une rare aptitude pour les missions qui constituaient la principale occupation des moines à cette époque. Dans la région où il se trouvait, il s’efforça d’extirper dans la population du voisinage les derniers vestiges de la superstition païenne. Ses courses se faisaient à cheval ou en bateau, mais le plus souvent à pied, sans que les intempéries des saisons fussent capables de l’arrêter. On l’écoutait avec une affectueuse confiance, les plus récalcitrants venaient se prosterner à ses pieds pour avouer leurs péchés, et accepter les pénitences qu’il imposait. Il se préparait lui-même à son œuvre d’apôtre par des austérités extraordinaires, passant la nuit dans une eau glacée suivant l’usage celtique ou se plongeant dans la mer pour chanter les vigiles. La mémoire du peuple a conservé le souvenir des loutres compatissantes qui, d’après la légende, venaient après ce bain froid, lécher et réchauffer ses membres glacés.

Après quelques années à Melrose, l’abbé Eata emmena Cuthbert et quelques autres moines avec lui pour la fondation du monastère de Ripon, dû à la générosité du roi Alchfrid. Chargé des fonctions d’hôtelier, le jeune moine montra dans l’exercice de cette charge le même zèle que dans les missions. Quand les voyageurs arrivaient à travers la neige, affamés et transis de froid, il leur lavait lui-même les pieds, courait ensuite au four pour faire cuire le pain. 

Quant aux autres moines de Melrose, ils durent quitter Ripon lorsque l’évêque Wilfrid entreprit sa campagne en faveur du rite romain (v. 24 avril ; il s’agissait vraisemblablement de la fameuse «date de Pâques», qui divise encore l’Orient et l’Occident). 

Cuthbert rentra ensuite dans le monastère où il avait fait ses débuts et reprit sa vie de prédicateur. Le prieur Boisil, son maître et son ami, étant mort de la peste en 664, Cuthbert fut élu pour le remplacer ; il fut lui-même atteint de la contagion et s’en releva, grâce aux prières de la communauté. 

Après le triomphe de Wilfrid et du rite romain à la conférence de Whitby, une révolution se produisit à Lindisfarne dont dépendait Melrose. L’évêque Colman était retourné à Iona, emportant avec lui les ossements d’Aidan, son prédécesseur, et emmenant les religieux qui voulaient garder les traditions celtiques. Pour conserver Lindisfarne, l’abbé Eata, de Melrose, en prit le gouvernement avec Cuthbert comme prieur : tous deux adoptèrent sans réserve les décisions de Whitby et s’efforcèrent de les faire prévaloir. Cuthbert avec son énergie et son invincible douceur employa toutes les ressources de son cœur et de son esprit. Il restait encore à Lindisfarne des récalcitrants, il s’agissait de les ramener, et en même temps de faire régner parmi eux la régularité et l’uniformité de la vie religieuse. Le saint moine s’employa à évangéliser les populations ; on connaissait sa dévotion à l’Eucharistie, qu’il ne célébrait pas sans verser des larmes. 

Après un priorat de douze années, Cuthbert, qui n’avait pas encore quarante ans, voulut se retirer sur une île stérile en vue de Lindisfarne, l’île de Farne, que l’on croyait hantée. Il s’y fixa en vaillant soldat du Christ, y creusant dans le rocher une demeure d’où il ne voyait que le ciel, et s’y adonna à la contemplation. Une peau de bœuf tendue devant l’entrée de sa caverne le protégeait un peu contre les intempéries ; il vivait d’un petit champ d’orge cultivé par ses soins. Parmi les faits extraordinaires qu’on rapporte de lui, il aurait su appeler à lui certains oiseaux aquatiques pour les caresser avant de les renvoyer.

Cuthbert resta sur son île pendant huit ans. Il ne resta pas incognito, et l’on vint même de loin pour le consulter, depuis les religieux de Lindisfarne jusqu’aux habitants de tous les coins de Grande-Bretagne.

Il fut alors appelé à la dignité épiscopale, pour le siège de Lindisfarne, qu’il n’accepta qu’en pleurant, mais dont il accomplit les charges avec la même ardeur missionnaire d’autrefois. 

Cuthbert a fait beaucoup de miracles. Un jour qu’on lui avait porté à boire de l’eau, les moines se rendirent compte que l’eau qui restait s’était changée en un vin excellent. Mais Cuthbert était surtout un mystique, un vrai moine contemplatif. Invité un jour à la table d’une abbesse, celle-ci put voir comment Cuthbert pouvait être totalement absorbé par une contemplation au point de laisser tomber son couteau.

Après la fête de Noël 686, Cuthbert abdiqua l’épiscopat et retourna sur son îlot de Farne pour se préparer à la mort qu’il savait prochaine. Pendant deux mois il redoubla ses pénitences, exhortant ceux qui venaient encore le consulter à rester dans l’union avec Rome.

Les derniers jours, il perdit la parole et s’endormit du dernier sommeil le 20 mars 687.

Un détail touchant concerne le moment de la mort de saint Cuthbert : un autre prêtre, anachorète près du lac de Derwentwater (Cumberland), venait chaque année passer quelques jours en compagnie de Cuthbert, et une profonde amitié les liait. Cet anachorète, Herbert de son nom, avait obtenu par la prière de Cuthbert, de pouvoir mourir au même moment que lui. Or cela arriva effectivement. Herbert mourut le même jour, à la même heure que son cher ami Cuthbert : il est pour cela honoré en Angleterre comme “Saint” au même jour, quoiqu’il ne soit plus mentionné dans l’actuel Martyrologe Romain.

De Lindisfarne, le corps de Cuthbert fut transporté à Durham, lors de l’attaque des Vikings envahisseurs.

Une magnifique châsse abritant le corps incorrompu de Cuthbert était vénérée dans la cathédrale de Durham jusqu’à l’époque de la “Réforme”. On l’aurait ensuite cachée, et jamais retrouvée.

Saint Cuthbert, fêté le 20 mars, est le patron des marins.

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