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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 23:00

Daudi Okello

1902 env.-1918

Jildo Irwa

1906 env.-1918

 

Okello était né en 1902 environ. Ses parents s’appelaient Lodi et Amona, de la tribu de Ongon Payira (Ouganda).

Irwa était né en 1906 environ. Ses parents s’appelaient Tongpfur Okeny et Atoo, de Labongo Bar, tribu de Kitoba, province de Acholi (Ouganda). Okeny devint plus tard chrétien, et reçut le nom de Daniele (sans doute en souvenir du père Daniele Comboni, voir au 10 octobre). 

En juin 1916, les jeunes garçons furent baptisés et confirmés. Okello reçut le nom de Daudi (David), Irwa celui de Jildo (abréviation de Erménégilde).

Le baptême eut lieu le 1 (ou le 6) juin, grâce au missionnaire combonien Cesare Gambaretto, qui appartenait à la mission catholique de Kitgum, récemment fondée. Le parrain de Okello fut Firmino Mugenyi, de Masindi. Juste après le baptême, les deux jeunes reçurent leur Première Communion.

La confirmation leur fut conférée le 15 octobre suivant.

C’étaient deux garçons fidèles, attachés à l’Evangile et à Jésus-Christ, dont ils parlaient avec ferveur à leurs compagnons. Après une formation adéquate, Daudi devint catéchiste.

Au début de 1917, le catéchiste de Paimol, Antonio, mourut. Daudi se proposa immédiatement pour le remplacer. Spontanément Jildo s’offrit pour accompagner Daudi dans la prédication de la Parole de Dieu à Paimol. 

Il fallait faire les quatre-vingt kilomètres de Kitgum à Paimol, et le frère Cesare avertit Daudi du danger que cela pouvait présenter, car il y avait de fréquents épisodes de luttes entre gangs, pour le trafic d’esclaves ou d’or. A tout cela, Daudi répondit courageusement qu’il n’était pas effrayé de mourir, car Jésus aussi était mort pour nous.

C’est ainsi qu’avec le bénédiction du fr. Cesare, le premier catéchiste en charge, Boniface, accompagna en novembre-décembre 1917 les deux amis Daudi et Jildo jusqu’à Paimol, où Daudi commença immédiatement à rassembler les enfants qui voulaient recevoir l’instruction religieuse.

Daudi a été décrit comme un jeune homme pacifique, modeste, assidu dans ses obligations de catéchiste et jouissant d’une estime unanime de la part de tous.

Du jeune Jildo, le frère Cesare écrivit que Jildo était beaucoup plus jeune que Daudi. Il était de nature vive et aimable, comme tous les jeunes de Acholi, très intelligent, et à l’occasion servait de secrétaire au vice-chef Ogal. Il aidait beaucoup Daudi dans le rassemblement des enfants, grâce à sa façon gentille et enfantine d’insister pour les faire venir. Il savait leur faire faire des jeux amusants, dans des rencontres assez tapageuses et joyeuses. Il venait de recevoir le baptême, dont il conserva la grâce dans son cœur et le laissait clairement apercevoir dans son gracieux comportement.

Là, tout le monde l’aimait, car il était toujours disponible, et exemplaire dans ses obligations de catéchiste assistant.

Dès le matin, Daudi donnait du tambour pour appeler ses catéchumènes à la prière du matin, ainsi que pour le rosaire, qu’il priait avec Jildo. Puis il leur répétait les prières, les questions et réponses du catéchisme avec une petite mélodie mnémotechnique pour mieux retenir la leçon. Cette façon de faire s’appelait Lok-odiku (paroles du matin), la partie le plus importante de la catéchèse. A cette activité, Daudi ajouta bientôt celle d’aller visiter dans les environs les parents de leurs “élèves”, les aidant dans leurs travaux de soin du bétail ou des champs.

Le soir, Daudi donnait le signal de la prière commune et du chapelet, qui s’achevait toujours par un chant à Notre-Dame. Le dimanche, il tenait un long office, avec la vive participation des catéchumènes et des catéchistes de tout l’endroit.

Jamais Daudi ne se mêla à quelque différend d’ordre tribal ou politique, comme cela arrivait fréquemment alors, car la soumission au gouvernement britannique donnait souvent lieu à des mouvements d’intolérance. C’est ainsi qu’une malheureuse décision du district local aboutit à une sérieuse tension. Des partisans, des voleurs, des éléments musulmans profitèrent de la situation pour s’opposer ouvertement à l’activité de Daudi.

Au matin de leur martyre, Jildo répondit à Daudi, qui l’avertissait sur leur possible mort violente : Et pourquoi devrions-nous avoir peur ? Nous n’avons rien fait de mal à personne, nous ne sommes ici que parce que le frère Cesare nous a envoyés pour enseigner la Parole de Dieu. N’aie pas peur !

Le dimanche 18 octobre 1918, très tôt le matin, cinq hommes se retrouvèrent autour de la hutte où étaient Daudi et Jildo, avec la claire intention de les tuer. Un ancien vint déclarer aux arrivants qu’ils n’avaient pas le droit de tuer les catéchistes, car ceux-ci étaient leurs invités. Daudi se présenta sur le seuil de sa hutte et supplia cet ancien de ne pas se mêler de la situation. Puis les hommes entrèrent dans la hutte de Daudi en lui demandant explicitement de cesser de catéchiser. Daudi ne cédait pas à leurs demandes, de sorte qu’ils le tirèrent dehors, le jetèrent à terre et le transpercèrent de leurs lances.

Jildo répéta alors à ces assassins ce qu’il avait dit avant à Daudi : Nous n’avons rien fait de mal, dit-il avec des larmes. Pour la même raison que vous avez tué Daudi, vous devez aussi me tuer, parce que nous sommes venus ici ensemble, et ensemble nous avons enseigné la Parole de Dieu. Alors l’un d’eux l’empoigna, le jeta en-dehors de la hutte et, le mettant à deux pas de distance, le transperça de sa lance. Puis un des assassins détacha la tête de Jildo avec un couteau.

Daudi avait entre seize et dix-huit ans. Jildo, entre douze et quatorze ans.

Le corps de Daudi resta ainsi sans sépulture quelques jours, puis quelques personnes lui attachèrent une corde autour du cou et le tirèrent vers un nid de fourmis vide. Plus tard, en 1926, les restes de Daudi furent placés au pied de l’autel du Sacré-Cœur à la mission de Kitgum. 

Ce qu’on dit ici des restes de Daudi vaut peut-être aussi pour ceux de Jildo.

Béatifiés en 2002, Daudi et Jildo sont les patrons des catéchistes.

Le Martyrologe les mentionne le 18 septembre, mais c’est apparemment une erreur. Il faudrait les mettre au 18 octobre, leur dies natalis.

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