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26 août 2014 2 26 /08 /août /2014 23:00

 

Domenico Barberi

1792-1849

 

Quand il naît, le 22 juin 1792, Domenico est le onzième (et dernier) enfant de Giuseppe et de Maria Antonia Pacelli. Dans cette belle famille, on est de bons chrétiens : quand la petite Margherita, de dix ans, est sur le point de mourir, en 1797, elle dit à Domenico : Quand je serai morte, tu me mettras un voile tout blanc avec des roses blanches.

Le papa va bientôt mourir à son tour, en 1798 ; la maman aussi, en 1803. Les plus jeunes enfants sont recueillis chez leurs grands frères et sœurs, mais Domenico est hébergé par l’oncle maternel Bartolomeo, paysan, chez lequel il garde les moutons et apprend le métier des champs.

Petit, il avait un peu fréquenté les pères Capucins chez lesquels il avait appris les premiers éléments de l’instruction “avec une grande ardeur pour l’étude”. Mais chez son oncle, il doit laisser les livres. L’adolescent grandit, connaît les difficultés de son âge, les rencontres occasionnelles. Il s’éprend d’une jeune fille. Il fréquente maintenant les Passionistes de Vetralla, qui l’aident dans son instruction et dans sa vie spirituelle.

Quand le bruit court que Napoléon recrute tous les jeunes gens pour son expédition en Russie, Domenico voit en songe sa chère Maman qui l’assure qu’il n’aura pas à partir, et lui recommande de bien prier son chapelet.

Après avoir combattu intérieurement - et victorieusement, il entre à vingt-deux ans chez les Passionistes de Paliano (près de Frosinone) en 1814. Ses études sont trop pauvres pour songer au sacerdoce : il n’y pense même pas et on lui confie la cuisine. Mais pendant qu’il prie devant l’image de la Sainte Vierge, une “voix” lui dit clairement qu’il deviendra prêtre dans six ans, et apôtre dans le nord de l’Europe, et particulièrement en Angleterre.

Effectivement, ses dons particuliers pour l’étude le font remarquer, et de frère religieux il devient candidat au sacerdoce. Il prie avec ferveur pour l’Angleterre : il fait le vœu de renoncer à toute consolation spirituelle et corporelle pour le retour à l’Eglise catholique des frères séparés, qu’il aime d’un amour tout spécial.

En 1815, il fait la profession religieuse ; en 1818 il sera ordonné prêtre, après avoir vécu au Monte Argentario (près de Grosseto) puis à la maison généralice de Rome. 

Le petit paysan qui ne savait pas grand-chose va être maintenant pendant dix ans professeur de philosophie, de théologie, d’éloquence sacrée, à Vetralla, puis à Rome, puis à Ceccano, près de Frosinone. Que de couvents avaient les Passionistes à cette époque ! Domenico enseigne, confesse, conseille, écrit. On lui propose l’épiscopat, qu’il refuse immédiatement.

Il devient supérieur de couvent, conseiller provincial, père provincial. Il est toujours occupé. Il fait imprimer un traité de mariologie en français, un commentaire au Cantique des Cantiques, un traité de philosophie (en six volumes), un autre de théologie, des biographies de confrères, et aussi - par obéissance - sa propre autobiographie.

Un premier “signe” providentiel se manifeste, quand on lui demande d’aider un anglais converti, Sir Henry Trelawney.

Arrive le moment du départ pour le “nord”, selon la mystérieuse voix : en 1840, il se trouve à la tête du premier groupe de religieux en partance pour la Belgique, à Ere près de Tournai, première maison de Passionistes hors d’Italie. Domenico se montrait tellement effacé, que l’évêque cru bon de le soumettre à un examen en règle avant de lui donner les pouvoirs pour confesser. En plus, Domenico ne savait pas grand-chose de français !

La même année, Domenico va prospecter en Angleterre pour une autre fondation : il s’y rend définitivement en septembre 1841. La maison s’ouvre à Aston Hall (Stone). 

Le fondateur de la congrégation, saint Paul de la Croix

 , avait eu une vision extatique après laquelle il s’était exclamé : Qu’est-ce que j’ai vu ? Qu’est-ce que j’ai vu ? Mes fils en Angleterre !

Les débuts de la langue anglaise ne sont pas faciles, l’accueil humain est plutôt froid ; mais Domenico est un travailleur acharné. Il est à la fois curé, supérieur, maître des novices, professeur. Il parle, il rencontre, il convainc : les vocations arrivent, on le recherche, catholiques et anglicans. Il prêche à Manchester, à Liverpool, à Birmingham ; il passe aussi en Irlande.

Il y a tant de conversions à Stone, qu’il faut construire une nouvelle église. Le 10 juin 1844 eut lieu la première procession de la Fête-Dieu en Angleterre.

Et il y a tant de vocations, qu’il faut ouvrir un nouveau couvent de Passionistes à Woodchester (Gloucestershire) en 1846, et encore un autre à Londres en 1848.

Parmi les rencontres de Domenico, il faut parler de James Ford, de John Dobree Dalgairns, des professeurs d’Oxford. Il déclenche tout un mouvement de dialogue avec les Anglicans, fraternel, profond, respectueux, fécond. Il fait prier les Anglicans pour les Catholiques. De son côté, il sait reconnaître les faux pas des Catholiques ; il rencontre aussi George Spencer, un anglican qui, converti, entrera sous peu chez les Passionistes sous le nom de Ignazio de Saint-Paul. Une autre “conquête” sera celle d’Elizabeth Prout, qui fondera la Congrégation des Sœurs de la Croix et de la Passion.

Tout ne va pas sans heurts, bien sûr. Un jour, des garnements lui jettent un caillou : Dominique le ramasse, le baise et le garde dans sa poche : ébahis, les garçons se convertiront au catholicisme.

Mais sa plus célèbre “prise” est incontestablement celle de John Henry Newman

 , qui était un chef de file des anglicans en Angleterre, par sa science et sa position. Or, plus de trois-cents personnalités d’Oxford suivront l’exemple de Newman. Domenico est écouté, on dit que c’est un enfant pour sa simplicité, et un lion pour son intelligence.

Dans les archives d’un couvent de religieuses, on peut lire cette anecdote qui montre bien son humour : les braves religieuses craignaient de devoir parler à des hommes (récemment convertis), car la réserve et la clôture imposaient normalement la distance. Domenico les rassura : Vous êtes trop vieilles et trop laides, n’ayez pas peur !

Infatigable, il sentira brutalement des douleurs à la tête et au cœur durant un voyage en 1849, justement entre les deux maisons de Londres et Woodchester. C’est l’infarctus : on le dépose à la gare de Reading, où il expire le 27 août 1849. Il a cinquante-sept ans.

Il est béatifié en 1963 par Paul VI qui le déclara apôtre de l’unité.

Le martyrologe le mentionne le 27 août ; les Passionistes anticipent cette fête au 26 août, pour célébrer le lendemain celle de sainte Monique.

 

 

1 Saint Paolo de la Croix est mentionné le 18 octobre au Martyrologe, et fêté le 19 octobre.

2 Le cardinal John Henry Newman a été béatifié en 2010 ; sa fête est au 11 août.

 

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Published by samuelephrem - dans Hagiographie D
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