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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 00:00

Dysmas, le Bon Larron

1er siècle

 

 

Note préliminaire.

Le texte qui suit est entièrement repris des Visions de la Bienheureuse Anna Katharina Emmerick (1774-1924). Nous savons que cette révélation privée n’engage pas la responsabilité de la Sainte Eglise sur la vérité des visions dont la Bienheureuse a parlé à son secrétaire, M. Clemens Brentano.

Voici ce qu’écrivait le cardinal José Saraiva Martins, préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints lors de la béatification d'Anne-Catherine Emmerich en octobre 2004 par le Pape Jean-Paul II. "La bienheureuse Anne-Catherine Emmerick, ne nous a laissé que trois lettres dont l’authenticité soit sûre. Les autres écrits, qui lui sont attribués par erreur, ont des origines diverses: les “visions” de la Passion du Christ ont été annotées, réélaborées très librement et sans contrôle par l’écrivain allemand Clemens Brentano et ont été publiées en 1833 sous le titre ''La douloureuse passion de Notre Seigneur Jésus-Christ''. […] Les œuvres en discussion ne peuvent donc pas être considérées comme des œuvres écrites ou dictées par Anne-Catherine Emmerick ni comme des transcriptions fidèles de ses déclarations et de ses récits, mais comme une œuvre littéraire de Brentano qui a procédé à de telles amplifications et manipulations qu’il est impossible d’établir quel est le véritable noyau attribuable à la bienheureuse"

On sait que le travail de M. Brentano a consisté à assembler entre eux différents textes pour les reliers entre eux selon leur thème et au fur et à mesure que la Bienheureuse s’exprimait. Clemens Brentano n’a pas à proprement parler “inventé” de faits. Le texte qui suit présente des traits impressionnants et touchants, qui ne manqueront pas d’animer en l’âme des lecteurs des sentiments de compassion, de miséricorde, et de les unir à ceux qu’a pu ressentir notre Rédempteur Divin dans les derniers moments qu’Il vécut sur la Croix.

 

Nous sommes durant la fuite en Egypte de la Sainte Famille

 

Je vis, par une belle nuit, la Sainte Famille traverser un désert sablonneux, couvert de broussailles. Il me semblait marcher avec elle. Le passage était très dangereux, car une foule de serpents, d’abord cachés sous le feuillage, s’approchaient en sifflant, et dressaient la tête contre la Sainte Famille. Mais la lumière dont elle était entourée la préservait du péril. Il se trouvait aussi, dans ce lieu, d’autres animaux malfaisants qui avaient un long corps noirâtre, des pieds très courts et des ailes sans plumes, semblables à de grandes nageoires. Ils rasaient la terre dans leur course rapide, comme s’ils eussent volé : la forme de leur tête tenait du poisson. Je vis la Sainte Famille arriver au bord d’un ravin où il y avait des buissons, sous lesquels ils voulurent se reposer.

J’avais grand-peur pour eux. Joseph et Marie entrèrent ensuite dans un grand désert sauvage où, faute de chemins, ils ne savaient où tourner leurs pas. Après s’être quelque peu avancés, ils virent se dresser devant eux une sombre et effrayante chaîne de montagnes escarpées. Ils étaient très abattus, et se mirent à genoux pour implorer le secours de Dieu. Alors plusieurs animaux se rassemblèrent autour d’eux ; je crus à un grand danger ; cependant ces animaux n’étaient pas méchants. Au contraire, ils les regardèrent avec une sorte de douceur, comme le faisait le vieux chien de mon confesseur quand il venait à moi. Ces animaux étaient envoyés pour leur tracer la route à suivre . Ils regardaient du côté de la montagne, puis revenaient à eux, comme fait un chien qui veut conduire son maître. Je vis enfin la Sainte Famille les suivre, et arriver, à travers les montagnes, dans un pays désolé et sinistre.

Il faisait déjà nuit lorsque, s’avançant le long d’un bois, ils rencontrèrent, à quelque distance du chemin, une cabane de mauvaise apparence. Pour y attirer les voyageurs, des brigands avaient suspendu, tout auprès à un arbre, une lanterne qu’on apercevait de très loin. On y abordait par un mauvais chemin, coupé de plusieurs fossés, et tout le long de ses parties faciles, des fils cachés étaient tendus. Lorsque les voyageurs venaient à les toucher, ils faisaient tinter des sonnettes placées dans la cabane, et appelaient ainsi les brigands qui accouraient les dévaliser. Cette cabane ne restait pas toujours au même lieu ; elle était transportable, et les brigands l’établissaient ça et là, suivant les circonstances.

Dès que la Sainte Famille se fut approchée de la lanterne, elle fut aussitôt entourée par six brigands, y compris leur chef, tous animés d’abord d’intentions mauvaises. Mais à la vue de l’Enfant-Jésus, un rayon de lumière frappa soudain le cœur du chef qui ordonna à ses compagnons de ne faire aucun mal à de telles gens.

La nuit était venue. Cet homme conduisit alors la Sainte Famille dans sa cabane, où se trouvaient ses deux enfants et sa femme ; il leur raconta l’impression extraordinaire qu’il avait éprouvée à la vue de l’Enfant. Sa femme accueillit, avec une bonté mêlée de timidité, les saints voyageurs, qui s’assirent par terre, dans un coin, et se mirent à manger des provisions qu’ils avaient apportées. Leurs hôtes, d’abord timides et honteux, ce qui semblait assez contraire à leurs habitudes, peu à peu se  rapprochèrent. Il en vint d’autres qui, pendant ce temps, avaient abrité l’âne de saint Joseph. Ces gens s’enhardirent et, s’étant assis tout autour de la Sainte Famille, ils engagèrent l’entretien. La femme du chef servit à Marie des petits pains, du miel et des fruits, lui donna à boire, sépara pour elle, par des tentures, une partie de la cabane, et lui apporta, sur sa demande, un vase plein d’eau pour baigner l’Enfant-Jésus. Enfin, elle lava les langes et les fit sécher devant le feu.

Pendant que Marie baignait l’enfant sous un linge, le chef des brigands était si ému qu’il dit à sa femme : “Cet enfant juif n’est pas un enfant ordinaire ; c’est un saint enfant. Prie la mère de permettre que nous plongions notre enfant lépreux dans l’eau où elle l’a baigné ; il en sera guéri, peut-être.” La femme s’approcha donc de Marie ; mais avant qu’elle eût parlé, la Sainte Vierge lui dit de laver son enfant lépreux dans cette eau. Alors la femme apporta un petit garçon d’environ trois ans, tout blanc de lèpre. L’eau du bain de Jésus paraissait plus claire qu’auparavant ; la femme y mit son enfant lépreux : à l’instant même les croûtes de la lèpre se détachèrent et tombèrent ; la guérison était complète (…)

La Sainte Famille partit à l’aube du jour, bien pourvue de vivres. Le chef et sa femme les accompagnèrent jusqu’au bon chemin. Ils prirent congé des saints voyageurs avec beaucoup d’émotion, et l’homme dit du fond du cœur : “Souvenez-vous de nous en quelque lieu que vous vous trouviez”. A ces paroles j’eus, tout à coup, une vision du crucifiement, et j’entendis le bon larron dire à Jésus : “Souviens-toi de moi, quand tu seras dans ton royaume.” Je reconnus que c’était l’enfant guéri de la lèpre. La femme du chef des brigands quitta plus tard sa vie coupable.

 

Le Martyrologe Romain mentionne le Bon Larron au 25 mars, probablement une des dates possibles du jour exact de la mort du Christ, suivant les calculs des historiens.

 

 

 

 

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