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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 23:00

Elena Aiello

1895-1961

 

Elena naquit le 10 avril 1895 à Montalto (Uffugo, Calabre, Italie sud), le Mercredi Saint, troisième enfant de Pasquale et Teresa Paglilla, qui en eurent neuf (la dernière mourut à la naissance).

La maman, enceinte d’Elena, demandait à Dieu une petite fille qu’elle aurait appelée Elena en souvenir de sainte Hélène, l’impératrice qui découvrit la Sainte Croix à Jérusalem. Elena fut aussi appelée Santa parce qu’elle vit le jour durant la Semaine Sainte. Elena fut baptisée rapidement car elle semblait en mauvaise santé ; les parents durent même payer une taxe spéciale, car le sacrement fut conféré en-dehors du temps habituel (!).

Ces petits détails montrent combien les parents étaient de bons chrétiens. Pasquale était un tailleur, très honnête ; Teresa était une excellente épouse et mère chrétienne ; elle mourut en 1905, peu après la naissance de sa dernière. Cette année-là, Elena avait dix ans.

La petite fille avait déjà reçu à la maison une bonne instruction, et les Sœurs du Précieux Sang lui firent faire l’école primaire. Elena apprenait et assimilait si bien, qu’elle fut chargée, à huit ans, d’enseigner le catéchisme aux plus petits.

Tous les jours, elle assistait à la Messe, avec empressement. Elle reçut la Première communion à neuf ans. Quelques jours avant, durant le retraite, le prêtre avait invité les enfants à porter un petit cilice autour de la taille, en pénitence pour les péchés qui attristent Jésus, mais à condition d’en faire la demande au prêtre, car il faut toujours demander conseil au prêtre pour se livrer à ces «pénitences». En sortant de la maison, la barre de bois qui tenait la porte fermée, tomba sur la petite Elena, qui en perdit deux dents : ces deux dents repoussèrent, alors que ce n’étaient déjà plus des dents de lait… Puis elle obtint la permission demandée.

Elena reçut la Confirmation en 1905, peu avant la mort de la maman. La vie chrétienne continua à la maison : chaque matin on participait à l’Eucharistie, chaque soir on priait le Chapelet.

Après un incident qui lui avait causé des désagréments continuels à sa voix, elle promit à Notre-Dame de Pompei d’être religieuse dans ce sanctuaire, si elle guérissait : le lendemain matin, elle était toute guérie.

En attendant de pouvoir entrer chez les Dominicaines, qui tenaient le sanctuaire de Pompei, Elena fréquentait les Sœurs du Précieux Sang, participait à l’Apostolat de la prière, visitait les malades, les pauvres, les mourants, enseignait le catéchisme. 

Le médecin la surprit un jour en train de coiffer une malade gravement contagieuse ; une autre fois, elle alla prier un moribond, franc-maçon connu, de se convertir avant de mourir : ce dernier la reçut d’abord en lui envoyant une bouteille qui lui ouvrit le cou, puis, celle-ci insistant encore malgré le sang qui coulait, se reprit et accepta de se confesser. Quand l’épidémie de grippe espagnole sévit durant la Première guerre mondiale, elle courut aider le curé et la Mère supérieure des Religieuses pour assister les malades ; elle fabriqua même des cercueils tout simples pour ensevelir dignement les morts.

En 1920, Elena fut opérée de l’appendicite. Le 18 août 1920 (fête de sainte Hélène), elle put enfin être religieuse à Nocera dei Pagani, où on lui confia très vite la formation des jeunes vocations.

Pour aider une autre Sœur à déplacer un meuble très lourd, Elena se fit une déchirure musculaire à l’épaule, qui dégénéra en gangraine : on dut l’opérer sans anesthésie, en lui sectionnant même des nerfs. En mai 1921, elle fit un séjour en famille pour se reposer : elle ne pesait plus que vingt-cinq kilogrammes, avec son bras paralysé, la bouche quasi fermée, et l’épaule envahie par la gangrène.

En août 1921, on lui diagnostiqua un cancer à l’estomac. Elle prophétisa au chirurgien : Docteur, vous-même, vous en mourrez, mais pas moi, car sainte Rita va me guérir. Le médecin souffrait en effet d’un identique cancer. Sainte Rita apparut à Elena et la guérit bientôt. La famille fut témoin de la lumière qui apparut durant ces apparitions.

A partir de septembre 1921, Elena fut invitée par Notre-Seigneur à participer intensément à Sa Passion. Ce fut d’abord la sueur de sang qui se vérifia chaque Vendredi Saint, jusqu’à sa mort. Plus tard, elle reçut l’impression des stigmates de la Passion de Notre-Seigneur : ses mains et ses pieds saignaient abondamment aux heures de cette Passion, le vendredi. On remarqua que les pieds étaient perforés de part en part, comme par les Clous de la Croix Le médecin consulté, incroyant, affirma qu’il y avait là quelque chose de surnaturel. Sœur Elena fut aussi observée en état de lévitation.

Sœur Elena annonça que, le jour de la Sainte-Rita (22 mai), elle serait guérie de son épaule, ce qui arriva.

En 1927, avec la permission de l’Archevêque, Elena voulut ouvrir à Cosenza une maison pour une œuvre que devait lui confier le Sacré-Cœur. Une mystérieuse Sœur - très certainement Thérèse de l’Enfant-Jésus, récemment canonisée en 1925 et qu’elle avait prié spécialement) - lui apparut et lui indiqua où trouver cette maison. La maison sera dédiée à sainte Thérèse.

Avec une compagne, elle commença à inviter les enfants et les adolescents pour les préparer à la Première communion et les aider dans leur vie personnelle. Puis elle s’occupa d’apporter de l’ordre dans les familles, dans les couples non encore mariés. Elena n’hésita pas à entrer même dans la salle de réunion où un pasteur protestant prêchait, invitant au contraire toute l’assistance à rester dans la foi catholique. Elle se porta spécialement au chevet de francs-maçons mourants. Sa compagne l’aidait partout, elle faisaient à elles deux un travail apostolique extrêmement fructueux.

La maison abritait maintenant un atelier de couture, de broderie, un jardin d’enfants ; on projetait un pensionnat pour jeunes filles… Il fallut même déménager en 1928. Cette année-là, sœur Elena a trente-trois ans.

Des signes providentiels firent comprendre à Elena et à son amie Gigia que l’œuvre devait prendre soin d’abord des orphelines ; la première qu’elles reçurent s’appelait justement Rita !

Les petites filles devaient être formées, instruites, et guidées soit pour être adoptées légitimement, soit pour être mariées régulièrement, sinon elles restaient dans l’Institut.

Des Sœurs passèrent le diplôme en couture, en broderie. En 1940 l’Institut sera reconnu officiellement par les Autorités et récompensé par l’octroi de plusieurs machines. 

Sœur Elena comprit que l’idéal de cet Institut était la Charité, et prit ce mot comme emblême, en même temps que les signes de la Passion du Christ ; l’Institut prit le nom de Sœurs Minimes de la Passion de Notre-Seigneur-Jésus-Christ.

Le nombre des vocations s’amplifia rapidement. De nouveaux locaux furent occupés à partir de 1932, puis d’autres encore en 1937, toujours sur mystérieuses indications de la Providence. Sœur Elena ouvrit jusqu’à une vingtaine de maisons.

On a vu comment la vie d’Elena fut marquée par la souffrance dès le début. Ces souffrances continuèrent encore : en 1939, la malaria ; en 1943, durant un bombardement, fracture du pied droit et du nez ; fibromes ; coliques hépatiques ; spondylarthrite. Elle dut passer beaucoup de temps alitée, supportant avec joie, et même avec ironie, toutes ces douleurs. Elle s’arrachait elle-même une dent malade, se retirait les oncles incarnés, et si on lui demandait si elle ne souffrait pas, elle répondait : Hé, qu’est-ce qu’on offre à Jésus ? 

La prière confiante de Sœur Elena obtint encore de sainte Thérèse d’autres grâces : quand on manqua d’argent pour acheter la nourriture, deux jours de suite, Elena trouva dans son livre de prières un billet de cinquante lires (des années trente) ; la deuxième fois, il y avait même une inscription : 50+50=100). 

Sœur Elena reçut aussi d’importantes prophéties, sur l’affliction du Cœur Sacré de Jésus à cause des innombrables péchés qui se commettent partout dans le monde. Elle signala ainsi les âmes des jeunes, qui se donnent aux plaisirs du monde, les parents qui scandalisent leurs enfants, les graves responsabilités des gouvernants : il s’ensuivrait des guerres, des catastrophes, des punitions célestes… Elle informa, inutilement, Mussolini, des graves conséquences qu’aurait son alliance avec Hitler. Des publications en ont été faites, qu’on peut se procurer très facilement.

L’institut de Sœur Elena fut reconnu officiellement de droit pontifical en janvier 1948, ainsi qu’au Journal officiel en août 1949.

C’est cette année-là que Sœur Elena fit les vœux de religion.

Humblement, Sœur Elena cherchait à masquer ses stigmates, les effusions de sang, mais trop de signes apparaissaient. On l’appelait la sainte moniale, ce qu’elle n’appréciait pas du tout.

Le pape Pie XII la consulta plusieurs fois, et en reconnut les dons d’abnégation, de charité et de prophétie.

Elle fut hospitalisée en juin 1961 et les consœurs pensaient qu’elle serait guérie par l’intercession de saint Antoine de Padoue, le 13 juin, car on avait remarqué dans la chambre un intense parfum mystérieux. Mais Sœur Elena précisa : Demain, ni saint Antoine, ni sainte Rita, ni la Sainte Vierge ne feront de miracle. Elle mourut en effet quelques jours plus tard, le 19 juin 1961.

 

Elle a été béatifiée le 14 septembre 2011, en la fête de la Sainte Croix.

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