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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 00:05

Elisabeth Catez

1880-1906

 

Elisabeth était la première fille de parents chrétiens qui habitaient à Farges-en-Septaine (Bourges), et qui déménageront à Auxonne puis Dijon. Là naîtra leur deuxième fille, Marguerite.

Elisabeth, née à Farges-en-Septaine, avait un caractère naturel très marqué, colérique et volontaire.

Dans son enfance, elle vit mourir successivement chez elle la grand-mère (1882), le grand-père (1887) et son père aussi (octobre 1887), subitement. Elle avait alors sept ans.

Avant sa Première Communion, elle se confessa plusieurs fois. Dès 1888 elle parla de sa vocation religieuse.

Elisabeth grandit, étudia, prit des leçons particulières pour l’orthographe qu’elle ne dominait pas bien, et apprit le piano. Coquette, elle aimait les gants et les bijoux.

En 1891, lors de sa Première Communion, elle sentit que Notre-Seigneur avait pris possession de son cœur. Elle comprit qu’elle devrait désormais lutter contre son tempérament. 

Très sensible et très musicale, elle obtint son premier prix de piano au conservatoire de Dijon (1893). Ses auteurs préférés étaient Chopin, Liszt, Schumann.

Le Carmel l’attirait, elle fit intérieurement le vœu de chasteté en 1894. Elle participait aux œuvres paroissiales, fit le catéchisme, monta à la chorale, convainquit des jeunes de fréquenter l’église pendant le Mois de Marie (mai).

Durant ses vacances, elle voyageait ; avec ses amis, elle dansait, jouait, partait en montagne. Dans son journal, elle notait ses victoires et ses défaites ; elle combattait ses faiblesses.

Tandis que sa mère lui proposait un bon parti en vue d’un mariage, Elisabeth répondit fermement qu’elle désirait entrer au Carmel, ce qu’elle ne pourra faire qu’à sa majorité, vingt-et-un ans à l’époque.

Dès 1899, elle imitait les carmélites dans leurs mortifications, mais elle fit des excès. La supérieure du Carmel l’invita à se modérer, car la mortification ne consiste pas seulement en privations physiques, mais aussi en l’acceptation intérieure des épreuves que Dieu nous donne.

Elle faillit être envoyée parmi les fondatrices d’un nouveau Carmel à Paray-le-Monial, mais sa mère s’y opposa. Elle entra donc au Carmel de Dijon en 1901. Elle portera le nom religieux de Elisabeth de la Trinité et prendra le voile en 1903.

Son ascension spirituelle ne se fera pas d’un jet. Elisabeth goûtera des périodes de réelles aridités intérieures, de doutes même, qui se dissiperont par ses élévations dans le silence, dans la méditation des épîtres de saint Paul ; elle goûtera bien sûr les Auteurs du Carmel, Thérèse d’Avila et Jean de la Croix (v. 15 octobre et 14 décembre), mais aussi le flamand mystique Ruisbroek et la franciscaine italienne Angela de Foligno (v. 2 décembre et 4 janvier), et tout près d’elle, Thérèse de Lisieux qui venait de mourir (1897, v. 30 septembre).

Sa dévotion mariale s’intensifia dans la contemplation de l’Incarnation du Verbe divin dans le sein de Marie, au jour de l’Annonciation : de l’Annonciation à Noël, le sein de Marie est la demeure de la Trinité, et ainsi le modèle des âmes intérieures, en qui Dieu habite. Elle invoquait Marie comme la Janua cæli, la Porte du Ciel.

Elle écrira beaucoup de lettres, à sa sœur et à ses amis, mais aussi des poèmes et des opuscules spirituels, notamment sur la Sainte Trinité, ce mystère fondamental du christianisme dans lequel elle s’abîmait de plus en plus profondément. Sa prière Ô mon Dieu, Trinité que j’adore, est maintenant extrêmement connue. Reprenant l’expression de saint Paul, elle désirait devenir Louange de Gloire (Eph 1:12).

En 1906 apparurent les symptômes de la maladie d’Addison, pour laquelle il n’y avait pas de remèdes à l’époque, et Elisabeth sentit sa mort prochaine. Elle écrivit : Avant de mourir je rêve d’être transformée en Jésus crucifié.

La maladie empira beaucoup en octobre. Elisabeth reçut l’Eucharistie le jour de la Toussaint, agonisa encore pendant neuf jours et mourut le 9 novembre 1906.

Très vite les éditions des écrits d’Elisabeth s’épuiseront ; la vie et le message d’Elisabeth passionnent un grand nombre d’âmes.

Sœur Elisabeth (Catez) de la Trinité fut béatifiée en 1984 et canonisée en 2016.

 

Voici le texte de la très belle prière dont il a été question plus haut.

 

O mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre Action créatrice.

O mon Christ aimé crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre Cœur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer... jusqu'à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me «revêtir de vous même», d'identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie. Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme Sauveur.

O Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable, afin d'apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière ; ô mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

O Feu consumant, Esprit d'amour, «survenez en moi» afin qu'il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je Lui sois une humanité de surcroît en laquelle Il renouvelle tout son Mystère. Et vous, ô Père, penchez-vous vers votre pauvre petite créature, «couvrez-la de votre ombre», ne voyez en elle que le «Bien-Aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances».

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, Immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m'ensevelisse en vous, en attendant d'aller contempler en votre lumière l'abîme de vos grandeurs.

 

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