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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 23:00

Ezequiel Huerta Gutiérrez

1876-1927

Salvador Huerta Gutiérrez

1880-1927

 

Ces frères étaient deux des cinq enfants de Isaac Huerta et Florencia Gutiérrez Oliva. Le papa descendait d’une famille d’Andalousie, émigrée au Mexique ; son épouse était une femme forte, active, qui savait ce qu’elle voulait et qui menait son monde avec une autorité quasi virile. Ils habitaient à Magdalena.

Les cinq enfants étaient José Refugio, Ezequiel, Eduardo, Salvador et María Carmen. José Refugio ainsi qu’Eduardo devinrent prêtres. Nous allons parler des deux futurs Martyrs, Ezequiel et Salvador. 

Les deux garçons firent leurs études à Magdalena, puis au lycée de Guadalajara, où les parents finirent par s’installer eux aussi. 

Ezequiel était né le 7 janvier 1876 et fut confirmé l’année suivante, selon la coutume. Un jour que le papa l’avait pris avec lui pour aller à Guadalajara, une roue de la charrette se cassa. Tout le monde et tout le chargement par-terre : mais Ezequiel sortit de dessous la charrette sans une égratignure, tandis que l’unique compagnon qui avait refusé de prier le chapelet pendant le voyage, était blessé et mort de peur… Depuis, la famille priait toujours le chapelet en se déplaçant.

De plus, Ezequiel avait une magnifique voix de ténor. Il suivit des cours et organisa toute une chorale qui chantait aux fêtes. Un jour, un homme jaloux de lui tenta de le blesser au ventre, mais la blessure ne fut pas profonde. Ezequiel refusa de le dénoncer, parce que c’était un pauvre père de famille.

Salvador était né le 18 mars 1880, fut baptisé le 22 suivant. C’était un garçon sérieux, obéissant et affectueux. La maman lui faisait faire plus de choses qu’aux autres, parce qu’elle voyait qu’elle pouvait en attendre plus de lui. Et lui ne se plaignait jamais.

Il s’orienta plutôt vers la mécanique. Puis il se transféra à Zacatecas comme technicien de bombes dans une mine. Plusieurs fois il échappa à la mort dans divers accidents. Dieu lui réservait une autre sorte de mort…

Ezequiel se maria en 1904 avec María Eugenia García, et ils eurent dix enfants.

Salvador, lui, se maria en 1907 avec Adelina Jiménez, et eurent douze enfants. Il préféra gagner un peu moins, mais rester proche de ses parents pour les aider. C’était le meilleur mécanicien de Guadalajara.

Ces foyers chrétiens vécurent en paix jusqu’en 1926, l’année où la persécution fit fermer les églises.

Ezequiel se fit spontanément le gardien de l’église Saint Filippo Neri ; ses deux aînés entrèrent dans l’Union Populaire. Quand l’un d’eux fut blessé, sa mère voulut aller le trouver pour le soigner ; ne l’ayant pas trouvé, elle se mit à soigner les autres blessés comme s’ils étaient eux ses fils.

Un soir de la fin du mois de mars 1927, la femme d’Ezequiel se rendit à une célébration clandestine, avec ses deux filles María Carmen et Teresa. Juste après la consécration, un jeune vint avertir que la police était dehors : le célébrant consomma l’Eucharistie, et alla se cacher. La maman se saisit du calice, l’emballa dans le châle de la petite Teresa (de neuf ans) en lui disant : Même s’ils te battent, ne le lâche pas. Donne-le seulement à papa. La police arrêta une dizaine de personnes, parmi lesquelles la maman, María Eugenia. Elle fut ensuite relâchée.

L’autre fille, María del Carmen, força le passage par la porte en se pliant sous la jambe du policier qui lui barrait le chemin, et alla prévenir son père. 

Ezequiel vint chercher sa petite Teresa, que personne n’avait vue, avec son Trésor.

Le soir du 1er avril Ezequiel alla veiller auprès du Martyr Anacleto Gonzáles Flores, son ami inoubliable. Le 2 avril au matin, vinrent frapper des policiers. Ils mirent à sac toute la maison, et emmenèrent Ezequiel au commissariat. Les deux époux se regardèrent en pleurant : N’aie pas peur, Ezequiel, lui dit son épouse, si nous ne nous revoyons pas en cette vie, nous nous reverrons au ciel.

Ce même 2 avril, des policiers vinrent chercher Salvador pour réparer une voiture de la police. Salvador prit ses outils et les suivit. Au commissariat, il n’y avait aucune voiture à réparer, mais seulement un interrogatoire et des tortures qui attendaient Salvador : celui-ci ne dit pas un mot.

Ezequiel non plus ne dit mot. Il fut frappé. Le visage en sang, il se mit à chanter le plus fort qu’il put : Vive mon Christ, vive mon Roi ! Il reçut une nouvelle décharge de coups et fut emmené au cachot.

La nuit du 2 au 3 avril, tandis que les deux frères Ezequiel et Salvador grelottaient de fièvre, on vint les chercher. On les fit monter dans une voiture de la police pour les conduire au cimetière.

Ezequiel dit à Salvador : Nous leur pardonnons, n’est-ce pas ? Une décharge l’abattit.

Salvador retira sa casquette en disant : Je me découvre devant toi, mon frère, qui es déjà un martyr. Puis, prenant la bougie du fossoyeur et éclairant sa poitrine, il dit aux soldats : Je vous éclaire ma poitrine pour que vous ne manquiez pas ce cœur, disposé à mourir pour le Christ. Ultime décharge.

Pour les ensevelir, le général réclamait six mille pesos, une somme invraisemblable. Les deux corps furent donc mis dans une même fosse.

La Providence pourvut amplement à l’assistance des nombreux enfants de ces deux Martyrs : les voisins, les Religieux de tous Ordres, leur fournirent des vêtements, des bourses d’étude. Tous obtinrent de très bonnes situations, sans compter les nombreuses vocations sacerdotales et religieuses.

Ezequiel et Salvador Huerta Gutiérrez ont leur dies natalis commun le 3 avril. Ils ont été béatifiés en 2005.

 

Note. On a lu que ce dimanche 3 avril 1927 était le dimanche des Rameaux. Or, après vérifications, les Rameaux de cette année-là étaient le 10 avril, Pâques étant le 17 avril (calendrier grégorien catholique).

 

Nos Martyrs tombèrent donc le dimanche de la Passion.

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