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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 23:00

Francesc Carceller Galindo

1901-1936

 

Né le 3 octobre 1901, de Joaquin et Manuela, le troisième des neuf enfants de cette famille reçut au baptême le nom de François, qui est fêté le 4 octobre. 

A part le frère aîné, Joaquin, tous ces enfants furent Religieux : Jaume, Francesc et Pere, piaristes ; Josep, Domingo et Manuel, augustins récollets ; María, l’unique fille, dominicaine. 

En 1914, le jeune Francesc eut au genou droit une tumeur blanche, qui ne put jamais guérir, au point qu’on finit même par le surnommer gentiment le petit boîteux. Après un pélerinage à Lourdes, il y eut une brève amélioration. A Saragosse, on hésita à l’opérer à cause de sa faiblesse. Francesc cependant n’y accordait pas plus d’attention, jouant et courant comme il pouvait, avec ses camarades.

Il fut enfant de chœur et, malgré sa jambe paralysée, s’efforça de s’agenouiller. Sa mère voulait demander aux Pères piaristes qu’il pût servir la messe debout, mais le garçon répondit : Je préfère alors ne pas servir la messe ! 

Après sa première Communion, il alla recevoir chaque dimanche l’Eucharistie, et se mettait en tout dernier, pour pouvoir s’agenouiller avec sa jambe raide sans déranger les autres (rappelons qu’à cette époque on communiait toujours à genoux, par respect pour l’Hôte divin qu’on recevait). Mais un jour de l’Assomption, en 1913 ou 1914, il vint se mettre en plein milieu des communiants, à genoux comme les autres : il était guéri ! Sa mère n’en croyait pas ses yeux.

C’est en signe de gratitude que Francesc voulut porter en religion le nom de la Vierge de Lourdes et aussi qu’après son ordination sacerdotale, il vint remercier la Vierge de Lourdes avec son père.

Toujours est-il qu’à quatorze ans, en 1914, il voulut suivre le même chemin que ses aînés, et entrer chez les Pères de Saint-Joseph-Calasanz, dits des Ecoles Pies ou Piaristes (voir au 25 août), à Morella. Il prit l’habit en 1918 et commença alors le noviciat.

Ce fut un novice extrêmement appliqué à sa règle, au silence, à l’ordre. Il affectionna particulièrement la liturgie et le chant grégorien. Il fit la profession solennelle en 1922 à Alella, et fut ordonné prêtre à Lleida en 1925.

Son activité se déroula ensuite à Barcelone, à l’école Saint-André de 1924 à 1930, puis celle de Notre-Dame, de 1930 à 1936, où il fut un maître de chant remarquable. Il communiqua à ses élèves l’amour enthousiaste de la Liturgie, et leur apprit à chanter le chant grégorien. Il réunit particulièrement un groupe de ses élèves en une Fédération de Jeunes Gens ou Travailleurs Chrétiens.

A la fin de l’année, il fut envoyé à Caldes de Montbui, pour un traitement aux thermes. Peu avant de quitter le collège de Barcelone, il confia à un étudiant qu’il avait le pressentiment qu’ils ne se reverraient plus.

Après cette cure à Caldes, il rejoignit son pays natal, Forcall, le 17 juillet 1936, pensant passer ce temps de vacances chez ses parents.

Mais la révolution éclata peu de jours après, et il tenta vainement de regagner Barcelone, car on lui refusa le laisser-passer.

A Forcall, furent arrêtés les prêtres. Un ami proposa l’hospitalité à Francesc pour le cacher ; Francesc lui en fut très reconnaissant, mais refusa, de peur qu’à sa place fussent arrêtés son père et son frère Joaquin, tandis que s’ils m’arrêtent, que Dieu soit béni ; je veux mourir pour mon pays et pour Dieu.

Cet été-là, il le passa à participer aux corvées habituelles, à la maison, aux champs. Quand on l’avertissait d’être prudent et de ne pas (trop) se montrer, il répondait : L’Eglise ne manquera jamais de prêtres, parce que le sang des martyrs est une semence de Chrétiens.

Le 28 août, il confiait : S’ils me tuent, ce sera la fin de mes rhumatismes ! En plus de ça, la plus grande gloire que Dieu pourra m’accorder, sera le martyre, parce que ainsi je serai sûr de posséder le ciel.

Cette grâce allait lui être accordée à partir du lendemain, 29 août. A six heures du matin, un envoyé de la mairie vint convoquer le Frère Francesc. Le papa dormait encore ; c’est sa sœur qui l’avertit : après avoir prié, elle vint réveiller son frère et lui dit qu’on l’attendait. Francesc demanda : Et maman, elle pleure ? 

Il descendit, embrassa son père, sa chère mère, tous ses proches et, accompagné de son frère Joaquin, se rendit à la municipalité, où il retrouva quatre autres prêtres de Forcall.

Ils furent d’abord enfermés à Morella, puis à Castellón de la Plana, jusqu’au 2 octobre, jour où on leur adjoignit une trentaine d’autres prêtres.

Un des laïcs prisonniers, qui put échapper - on ne sait comment - et raconter ce qu’il vit, témoigna que les prêtres se confessèrent les uns aux autres ; que Francesc, qui souffrait énormément des rhumatismes, ne pouvait certains jours pas même sortir dans la cour.

Le 2 octobre 1936 fut le jour du martyre. A quatre heures de l’après-midi, survinrent des miliciens de la Colonne de Feu, qui appelèrent vingt noms : ils furent menottés et conduits à Almazara pour être fusillés. 

A vingt-deux heures, dix autres furent appelés et fusillés au cimetière de Castellón. A vingt-trois heures trente, furent appelés tous les autres, parmi lesquels le Fr. Francesc Carceller. Dans une pièce voisine, avait été dressé une sorte de tribunal, où on leur demanda leurs noms, prénoms, profession. Pour les prêtres, il n’y eut pas d’autre question…

Les militiens leur ligotèrent les mains derrière le dos, les contrôlèrent et leur prirent tout ce qu’ils avaient ; on les força à monter dans un camion, non sans un flot d’insultes et de coups, frappant leurs visages avec les chapelets qu’on leur avait trouvés.

On les conduisit au cimetière, où gisaient à terre les cadavres du groupe précédent, éclairés seulement par la pâle lueur de la lune. On les mit sur deux rangs ; le silence fut rompu par la voix ferme d’un prêtre qui interpella ses Confrères : Répétons les paroles de Calvo Sotelo : Vous pouvez nous prendre nos vies, mais rien de plus ! Vive le Christ Roi ! Vive l’Espagne.

Tous répondirent Viva ! juste avant de tomber sous les balles.

Le lendemain, 3 octobre, les corps furent mis dans des cercueils individuels et brûlés. Francesc avait ce jour-là trente-cinq ans.

Il fut béatifié en 1995.

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