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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 00:00

Francesca Romana

1384-1440

 

Francesca naquit à Rome, d'une famille très ancienne et non moins illustre. Son père était Paolo de Bussi, et sa mère Giacobella de Roffredeschi. Mais on ne connaît Francesca que par son surnom de Romana, romaine.

Son enfance, passée dans le recueillement et dans l'union avec Dieu, l'avait disposée à se consacrer à Jésus-Christ ; elle aimait déjà se mortifier, affectionnant les légumes cuits à l’eau. Elle aimait parcourir les rues de Rome pour visiter les églises. 

Sa mère la confia à un bon prêtre, qui la dirigea pendant trente-cinq années. Francesca se confessait chaque mercredi, et obéissait pleinement et joyeusement aux conseils qu’elle recevait. A onze ans, sa décision était prise d’entrer au cloître, mais Dieu permit que ses parents l'engageassent, malgré ses goûts et son jeune âge, dans le mariage, pour donner aux personnes mariées un admirable modèle à imiter.

Son père lui avait destiné un certain Lorenzo Ponziani, de noble famille. Francesca fit tout son possible, mais en vain, pour faire revenir de sa décision son père : elle obéit.

Elle accepta le train de vie que lui imposait sa position d’épouse de noble famille, mais portait sous ses riches vêtements un cilice ; elle savait trouver le temps de se confesser chaque mercredi comme avant ; elle écoutait la prédication du samedi. Son mari l’adorait, tandis que les connaissances la critiquaient à l’envi et suggéraient à Lorenzo de lui faire cesser ces «extravagances».

Francesca tomba malade gravement ; on la crut à la mort. Saint Alexius lui apparut et la guérit en lui imposant son manteau (voir au 17 juillet ; il est biein probable que Francesca ne mettait pas en doute l’existence et l’histoire de saint Alexius). 

Sa maison fut l'école de toutes les vertus chrétiennes. Aimable pour tous, on ne sait laquelle fut la plus parfaite, de l'épouse, de la mère, de la maîtresse ; époux, enfants, domestiques la vénéraient et l'aimaient. Les obligations de son état n'étaient jamais sacrifiées au bonheur de prier Dieu, et elle en reçut la récompense ; car, un jour qu'elle avait été obligée de s'interrompre quatre fois pendant la récitation du même verset de son office, elle retrouva le verset écrit en lettres d'or.

Avec Vanozza, sa belle-sœur, elle conçut le désir de renoncer aux divertissements trop mondains, et de se consacrer davantage à la prière et à toutes sortes d’occupations au profit des bisogneux. Le confesseur de Francesca leur suggéra de ne rien modifier à leur habillement, mais leur permit de se mortifier par le jeûne, l’abstinence, la discipline (la flagellation). D’autres dames vinrent se joindre à elles.

Le diable l’éprouva visiblement : de passage le long du Tibre, elle fut précipitée par un bras invisible dans l’eau, avec sa belle-sœur, et elles n’en sortirent miraculeusement qu’en invoquant la puissance de Dieu.

Parmi toutes les choses étonnantes de sa vie, on peut signaler surtout la présence ordinaire et visible de son ange gardien, et les luttes terribles qu'elle eut à soutenir contre le démon. Outre son ange gardien, Dieu lui avait donné un ange chargé de la punir ; cet ange était sévère ; car, à la moindre faute, il la frappait, même en public. L'ange restait invisible, mais les coups étaient entendus de tous. Ainsi, quelques personnes tenant un jour devant elle une conversation frivole, Dieu inspira à la Sainte de les interrompre, et comme elle hésitait, elle reçut sur la joue un rude soufflet. Souvent, alors qu'elle était à genoux devant une statue de la Sainte Vierge, son ange s'approchait et continuait avec elle la prière.

On représente généralement sainte Francesca avec un ange à côté d'elle. Plus d'une fois l'ange dévoué eut à chasser les démons, qui ne cessaient de harceler la Servante de Dieu. Une nuit, pendant qu'elle priait, le diable la prit par les cheveux, et, la portant sur la terrasse de la maison, la suspendit au-dessus de la rue ; mais Dieu la remit en sûreté dans sa cellule. En reconnaissance, elle coupa ses beaux cheveux.

D'autres fois, elle était traînée violemment ; l'ennemi du salut prenait toutes les formes pour la tromper ou l'épouvanter ; le calme de Francesca excitait son dépit et le mettait en fuite.

 

Un jour, par fausse humilité, Francesca pensa cacher une partie de ces faveurs extraordinaires à son confesseur ; aussitôt, elle fut renversée à terre, et n’eut plus qu’à reconnaître devant le prêtre son erreur et à promettre, désormais, de lui exposer toutes les grâces mystiques qu’elles recevait de Dieu.

Les nombreux miracles et prodiges que Francesca accomplit sont diversement rapportés, suivant les sources ; il est vrai que sa sainte vie et ses prières obtenaient des prodiges : multiplication du grain dans le grenier, du vin dans le tonneau, guérisons, conversions…

Un jour qu’un prêtre jugeait qu’elle ne pouvait avoir les dispositions nécessaires pour communier aussi souvent (trois fois par semaine, chose rare à l’époque), lui remit une hostie non consacrée ; elle en fut intérieurement informée, le révéla à son confesseur qui, à son tour, alla prévenir le prêtre fautif : celui-ci demanda humblement pardon, et comprit la gravité du jugement téméraire.

Elle eut son premier enfant en 1400 (Giambattista) et son second en 1404 (Evangelista), puis une fille en 1407 (Agnès). Evangelista fut un enfant «spécial» : à trois ans, il prophétisait que son père serait sérieusement blessé (ce qui arriva en 1409) et mourut en 1410 ; un an après il apparaissait à sa mère pour lui montrer la gloire dont il jouissait au ciel, mais aussi pour lui annoncer la prochaine mort d’Agnès.

On vient de parler de la blessure du mari de Francesca. En effet, Lorenzo fut violemment poignardé par un ennemi de l’Eglise, qui s’en prenait à tous ceux qui protégeaient la papauté. Puis l’ennemi prit en otage Giambattista et menaça de l’emmener ou de mettre à mort son oncle. Mais quand il voulut partir, son cheval resta immobile : épouvanté, il dut céder et rendre l’enfant à sa mère.

En 1410, nouvelle invasion de Rome. Lorenzo dut fuir. Francesca dut aller ramasser des fagots pour en distribuer aux pauvres. Ce n’est que vers 1414 que la mort de l’envahisseur mit fin aux épreuves de Lorenzo et Francesca.

C’est aussi vers cette époque qu’elle écrivit ses terribles visions de l’Enfer. On les trouve dans diverses éditions : lecture salutaire !

Francesca obtint que Lorenzo se réconciliât avec son ennemi. Ils retrouvèrent alors leurs biens et vécurent dans une vie de profonde piété. Francesca obtint aussi la conversion de l’épouse de Giambattista.

Elle obtint de son mari, au bout de quelques années de mariage, de vivre en sa maison comme une véritable religieuse. Ce fut le début des Oblates de Saint-Benoît. Dans une vision elle s’entendit dire : Ton sentier est semé d’épines, plusieurs obstacles se rencontrent avant que ton petit troupeau puisse être réuni. Mais souviens-toi que la grêle ne suit pas toujours le tonnerre et que le plus brillant soleil resplendit souvent à travers les plus sombres nuages.

La nouvelle famille s’installa à Tor di Specchi, dans Rome. Francesca en rédigea toutes les constitutions dans les moindres détails, illuminée en cela par des visions de la Sainte Vierge, de saint Jean-Baptiste, de saint Paul apôtre. Les Oblates s’installèrent le 25 mars 1433.

Francesca n’habitait pas avec elles, obligée d’assister son cher mari malade. Quand il mourut, elle se présenta à Tor di Specchi comme une humble novice, mais la supérieure lui remit sa charge, qu’elle dut accepter sur l’ordre de leur directeur spirituel.

Au début de 1440, elle vint assister son fils Giambattista qui était très malade. Très faible elle-même, elle ne put revenir à Tor di Specchi. Elle eut encore une vision qui lui annonça sa prochaine mort. 

Le matin de sa mort, elle fut à son tour visitée par son fils. Elle lui lança un regard scrutateur et lui reprocha ses erreurs : il venait de se quereller avec de pauvres bergers et de surcroît, avait osé consulter une sorcière sur la possible guérison de sa mère. Le garçon avoua ses deux péchés.

Elle remuait encore les lèvres, pour réciter «les vêpres de la Sainte Vierge». Puis elle dit à son confesseur ce qu’elle voyait : Le ciel s’ouvre, les anges descendent, l’archange a fini sa tâche, il est debout devant moi et me fait signe de le suivre.

 

Francesca Romana mourut le 9 mars 1440. Elle a été canonisée en 1608 ; les miracles ne manquaient pas pour cette célébration. 

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