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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 23:00

Francisco Solís Pedrajas

1877-1937

 

Francisco naquit le 9 juillet 1877 à Marmolejo, premier des quatre enfants de Miguel Solís Padilla, un charpentier, et de Antonia Pedrajas Rodríguez.

Ils s’étaient mariés en 1875 et eurent, après Francisco, Manuel, María Rosario et Miguel.

La maman mourut en 1915 (le 22 janvier), le papa en 1921.

Francisco fréquenta le séminaire et fut ordonné prêtre en 1900.

Il fut vicaire à Santiago Apóstol de Valdepeñas (Jaén), puis curé à Baños en la Encina (1906), ensuite à Santisteban del Puerto (1913) et prépara un diplôme de théologie. Puis il fut nommé à Mancha Real, avec le titre d’archiprêtre.

A Mancha Real, il fut curé de 1914 à sa mort, en 1937.

Dans cette paroisse, il se montra réellement préoccupé du bien de tous, des ouvriers et des pauvres, et encouragea un Syndicat Catholique. Quand l’instruction religieuse fut interdite dans les écoles, il sollicita la SADEL (Société Anonyme D’Enseignement Libre) pour ouvrir un collège libre à Mancha Real (1934).

Ce curé se montra en tout un vrai pasteur, pieux, dévot de l’Eucharistie et de la Sainte Vierge, soucieux des âmes, excellent théologien et prédicateur, directeur spirituel avisé. Il vivait très pauvrement ; quand on voulut le retrouver dans la fosse commune, on ne le reconnut que par les initiales brodées sur ses habits : c’étaient en réalité celles d’un cousin, dont il avait reçu les effets déjà usés.

Il fonda dans la paroisse l’Action Catholique et suscita maintes vocations sacerdotales et religieuses, dont un fut martyrisé en 1936.

Peu avant les piteux événements de la guerre civile, le vicaire de la paroisse appela un séminariste, dont les parents habitaient sur la paroisse, à consommer les hosties du Tabernacle, pour qu’elles ne fussent pas profanées ; le jeune homme le fit en présence de ses pieux parents, tout émus. Le vicaire, quant à lui, s’était enfermé chez lui et évitait de sortir. Il fut bientôt arrêté et assassiné.

En juillet 1936, lors de la guerre civile, le curé resta dans son presbytère : ce furent quelques-uns parmi ses propres fidèles qui vinrent l’arrêter pour le mettre dans la prison municipale, où il fut malmené, torturé, interrogé sur l’éventuelle présence d’armes (!) dans son presbytère. De là, il fut conduit à la «prison» de Jaén, cette prison étant la cathédrale, réquisitionnée à cet effet, car la prison municipale était déjà trop pleine. Là aussi fut détenu l’évêque de Jaén.

Ces jours-là, les images saintes, les livres de chant, les archives, les vases sacrés, tout fut retiré de l’église paroissiale, brûlé, détruit, confisqué ; on fit une procession burlesque avec les ornements sacerdotaux, qui furent ensuite brûlés aussi.

Durant les jours où il fut prisonnier dans cette cathédrale, don Francisco y retrouva son évêque, ses confrères, dont certains déjà blessés après tant de mauvais traitements, quelques-uns très âgés aussi, et tant de braves gens arrêtés à cause de leur foi. Arriva le Jeudi Saint, 25 mars, où tout ce peuple saint se trouva réuni pour célébrer la Dernière Cène et adorer devant le Reposoir.

Cette fois-ci, ils étaient tous véritablement autour de l’Agneau, proches de l’immolation, de la Croix, mais aussi de la Résurrection.

Don Francisco fut le prêtre qui célébra pour tous les autres, consacra les Hosties pour donner la Communion à tous les prêtres et fidèles présents.

Au matin du 4 avril, on vint annoncer aux «prisonniers» les noms de ceux qui avaient été «choisis». Ils furent ligotés, on les fit monter dans des camions qui partirent en direction de Grenade, puis se dirigèrent vers Mancha Real, la propre paroisse de Don Francisco.

Avec sa voix d’orateur, le prêtre exhorta ses compagnons à ne pas craindre ceux qui peuvent faire du mal au corps, mais pas à l’âme (cf. Mt 10:28) ; il leur fit répéter les invocations Dieu soit béni, Béni soit son saint Nom… Il sut tellement bien les exhorter qu’ils entonnèrent ensemble des chants ; leurs chants continuèrent pendant les vingt kilomètres qui séparaient Jaén de Mancha Real, et jusqu’au moment suprême. Quand les fusils se pointèrent en face d’eux, ils chantaient encore, jusqu’au moment où ils tombèrent l’un après l’autre.

Juste avant le sacrifice, Don Francisco adressa encore la parole aux bourreaux : Nous, en échange de la vie que vous allez interrompre, nous allons recevoir la vie éternelle. Vous, en revanche, vous allez éprouver les plus profonds remords d’avoir commis ces crimes ; sachez bien que ceux qui vont mourir entre vos mains, n’auront aucune rancœur contre vous ; au contraire, ils vont demander pardon pour vous au Christ Crucifié.

Aucun des soldats ne voulait tuer ce saint prêtre. Il y en eut cependant un qui était davantage déterminé que les autres, et qui l’abattit. Don Francisco était le dernier debout.

 

Don Francisco Solís y Pedrajas reçut ainsi la palme du martyre le 4 avril 1937, et fut béatifié en 2013.

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