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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 00:00

Genoveva Torres Morales

1870-1956

 

Née le 3 janvier 1870 à Almenara (Castille, Espagne), Genoveva reçut le nom de la Sainte du jour : Geneviève. Elle fut baptisée le lendemain.

Elle était la dernière de six enfants et, à l’âge de huit ans, perdit et ses parents (José et Vicenta) et quatre de ses frères et sœurs ; elle n’avait plus que son grand frère José, qu’elle entoura d’affection, mais qui vivait mal cette douloureuse situation. Tous deux grandirent dans la solitude et le repli sur eux-mêmes.

Devant s’occuper de la maison, Genoveva ne put continuer l’école, mais elle fut assidue à l’église, au catéchisme, à la messe du dimanche.

A dix ans, elle reçut la Première communion ; elle se plaisait à lire les livres de spiritualité de sa mère défunte, où elle découvrit que le secret de la vraie joie est de faire la volonté de Dieu ; ce devait désormais être le secret de sa vie.

A treize ans, Genoveva dut supporter une pénible opération : l’amputation de sa jambe gauche, gagnée par la gangrène. L’opération se fit à la maison, sans anesthésie suffisante, et fut horriblement douloureuse. `Toute sa vie elle dut ensuite utiliser des béquilles.

Elle s’occupa pleinement de la maison, une fois que son frère resta veuf. Tout était bien propre, bien tenu. Mais en 1885, la pauvre Genoveva eut le corps couvert de plaies douloureuses, qui l’empêchaient de bouger. Il fallait trouver où la soigner, d’autant plus que José s’était remarié et son épouse n’avait pas bien envie de s’occuper de cette malade.

De 1885 à 1894, Genoveva fut donc reçue à la Maison de la Miséricorde de Valencia, tenue par les Carmélites de la Charité. Pendant ces neuf années, elle approfondit sa vie intérieure et aussi l’art de la broderie. Elle rencontra un bon prêtre, Carlos Ferrís (plus tard fondateur de la léproserie de Fontilles), qui l’accompagna saintement ; Genoveva centra sa piété sur l’Eucharistie, le Sacré-Cœur de Jésus, la Vierge Marie et les Saints Anges. Elle offrit toutes ses souffrances pour les pécheurs.

Elle découvrit ce qu’est la «liberté spirituelle» : J’aimais particulièrement la liberté du cœur, je travaillais et je travaille encore à y parvenir pleinement… Cela fait tant de bien à l’âme que tout effort n’est rien, comparé à l’état de liberté du cœur.

Genoveva aurait probablement voulu entrer dans la Congrégation des Carmélites, mais ses conditions physiques l’en auraient empêché. Elle se consacra néanmoins à Dieu.

En 1894, elle alla vivre avec deux autres pieuses dames, Isabel et Amparo, et toutes trois commencèrent une vie discrète faite de pauvreté et de solitude. Peu à peu germa dans l’âme de Genoveva l’idée d’une nouvelle famille religieuse, qui se serait occupée des femmes en difficulté, mettant en commun leurs maigres ressources et s’entraidant ensemble. 

Il n’y avait pas de maisons pour de telles situations. Le chanoine Barbarrós encouragea Genoveva dans son idée et c’est ainsi qu’avec l’aide d’un autre père jésuite, Martín Sánchez, elle ouvrit une première maison à Valencia : la Société Angélique (1911). Très vite se regroupèrent d’autres femmes, soit en quête d’aide, soit désireuses d’aider les autres, toutes avides de vivre dans le même idéal. Genoveva n’oubliait pas pour autant le soutien de toute sa spiritualité : l’adoration eucharistique nocturne.

En 1912 elles prirent l’habit et émirent privément les vœux de religion à partir de 1915. 

En 1925, l’archevêque de Saragosse reconnut officiellement le nouvel Institut et reçut la profession religieuse de Genoveva et de dix-huit autres Compagnes. Genoveva devint la Mère Générale de cet Institut, qui aura son siège principal avec le noviciat à Saragosse, aux pieds de la Vierge du Pilar.

D’autres maisons s’ouvrirent dans les grandes villes d’Espagne, au milieu de bien des difficultés cependant. Tant que ce fut possible, elles reçurent durant la persécution de 1936-1937 d’autres Religieuses ou personnes laïques. Puis les maisons furent confisquées et, après la tourmente de la guerre civile, il faudra toute la persévérance de Genoveva pour les récupérer. 

Cette grande activité obligeait Genoveva à sortir de sa solitude, mais elle y voyait la volonté de Dieu et ne se laissait pas abattre par ses souffrances physiques ou intérieures. Elle puisait sa force dans l’adoration du Saint-Sacrement, s’offrant en expiation pour les péchés, dans l’humilité et la simplicité, l’oubli de soi et la charité ouverte aux autres.

Toujours aimable, usant de l’humour même pour ses douloureuses infirmités, qui allaient s’intensifiant, elle persévéra ainsi jusqu’à l’approbation officielle pontificale de la Congrégation du Sacré-Cœur de Jésus et des Saints Anges, en 1953.

En 1955, sa santé périclita sérieusement. Le 8 décembre à Saragosse, elle put assister une dernière fois à la messe ; le 30 survint une attaque d’apoplexie. Recevant l’Onction des Malades, Mère Genoveva dit encore : Seigneur, que ta Volonté soit faite ! Elle entra dans le coma le 5 janvier 1956 au matin et mourut le soir, deux jours après la fête de sainte Geneviève et son quatre-vingt-sixième anniversaire.

Le peuple l’appela désormais L’ange de la solitude.

 

Genoveva Torres Morales fut béatifiée en 1995 et canonisée en 2003.


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