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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 23:00

Géraud d’Aurillac

850-909

 

Le seigneur Géraud d'Aurillac et son épouse Adaltrude, probables parents des Carolingiens,  avaient dans leurs ascendants saint Césaire d’Arles et saint Yrieix (voir aux 27 et 25 août).

 

Leur fils Géraud commençait son apprentissage de futur seigneur, quand une mystérieuse maladie le couvrit de pustules jusqu’à faire craindre pour sa vie future. Mais l’enfant guérit et se fortifia.

Il fit de très bonnes études, et se trouva à la tête d’un immense domaine à la mort de ses parents. 

Il songea bientôt à épouser une très jolie jeune fille qu’il avait rencontrée ; mais en voulant aller rendre visite à ses parents, il ne la reconnut pas, Dieu lui permettant de remarquer en elle des défauts inaperçus précédemment ; en «punition» de sa précipitation, Dieu le rendit aveugle pendant une année. Mais Géraud ne voulait pas laisser cette demoiselle et sa famille dans la nécessité : il accorda à la jeune fille une dot pour qu’elle pût se marier honorablement. Toute sa vie fut une succession d’actes de générosité.

Géraud organisa sa vie sous le regard de Dieu : il vivait et s’habillait simplement ; il étudiait beaucoup ; il prenait comme serviteurs des laïques honnêtes ainsi que des clercs renommés, avec lesquels il priait chaque jour l’office divin et assistait à la messe ; il prenait un repas par jour, s’abstenait de viande trois fois par semaine, jeûnait souvent, entendait une bonne lecture avant et après le repas, dont il discutait ensuite avec son entourage.

Il se rendit sept fois en pèlerinage à Rome, distribuant sur son passage de larges aumônes à droite et à gauche, au point qu’on l’attendait là ou il passerait : le Mont-Joux, Aoste, Pavie, Plaisance, Lucques, Sutri…

Géraud administrait son domaine très sagement, mais aussi très efficacement, visiblement aidé par la grâce de Dieu. Un jour que ses subordonnés crurent qu’il les laisseraient piller ses terres, il essaya d’abord tous les moyens pacifiques pour les contraindre, en vain, et se décida à prendre les armes ; mais il ordonna à ses soldats de tenir leurs épées à l’envers : les hommes obéirent, quoiqu'à contre-cœur, comme on peut l’imaginer, mais remportèrent si vite la victoire, qu’ils comprirent que c’était Dieu qui combattait avec eux.

Géraud ne chercha jamais à étendre son domaine, se contentant d’y faire régner la justice. Il pardonnait volontiers des injustices, des erreurs, des révoltes même.

Devant prendre les armes contre un petit seigneur brigand, un certain Arlaldus, Géraud réussit à s’en saisir sans le blesser et se contenta de lui dire : Tu n’es pas le plus fort, cesse de faire le mal ; je te relâche sans te demander ni otage, ni serment, ni réparation».

S’il laissait faire la justice humaine à l’encontre de brigands endurcis condamnés à mort, il relâchait facilement les pécheurs occasionnels : il envoya deux malfaiteurs, condamnés à mort, chercher dans la forêt des lianes et leur ordonna de les rapporter pour se faire pendre ; ils ne revinrent jamais, d’autant plus qu’il n'y avait pas de lianes dans la forêt.

Frappé un jour de voir une pauvre paysanne pousser la charrue, parce que son mari était fort malade, il lui donna de quoi embaucher des domestiques pour l’aider.

Géraud n’allait pas aux réunions bruyantes de seigneurs, préférant les pèlerinages aux tombeaux de saint Martial ou de saint Martin.

Son grand désir aurait été de tout donner à l’Eglise et de devenir moine, mais l’évêque l’en dissuada. Géraud obtint tout de même d’être tonsuré comme les clercs, et ne se vêtit que comme eux, sans plus porter lui-même son épée. 

Il faut rappeler ici que la tonsure de l’époque, comme on le voit sur toutes les miniatures, ne laissait sur la tête qu’une couronne de cheveux, rappelant ainsi la couronne d’épines du Christ ; c’était le signe de l’appartenance au clergé. Mais Géraud, d’une part, était déjà partiellement chauve, et de plus portait habituellement sa coiffe de comte, pour dissimuler discrètement cette tonsure.

C’est Géraud qui est à l’origine de l’abbaye d’Aurillac (890 environ). qui grandit vite et fut consacrée en 962. C’est là que fut formé un certain Gerbert, le futur pape Sylvestre II. L’abbaye fut saccagée par les Huguenots en 1569.

Géraud perdit définitivement la vue pendant les sept dernières années de sa vie, et passa son temps à entendre de saintes lectures.

En septembre 909, Géraud dicta son testament, léguant la quasi totalité de ses domaines à l’abbaye d’Aurillac, rendant la liberté à cent serfs (le maximum fixé par la loi).

Il tomba malade à Saint-Cirgues (Lot), récita encore l’office le vendredi 13 octobre, dit encore Subvenite, sancti Dei (Venez, vous les saints de Dieu), et put recevoir l’Eucharistie.

Un clerc de Rodez eut la vision de saint Pierre, saint André, saint Paul et saint Martial, qui disaient : Il a pu faire le mal et ne l’a pas fait, et accompagnaient Géraud jusqu’au Ciel au chant du Te Deum.

Saint Odon de Cluny, qui a rédigé la vie de Géraud, en raconte une foule de miracles, déjà opérés du vivant de ce comte, et qui se multiplièrent encore après sa mort. 

Saint Géraud est le patron de la Haute Auvergne.

Son culte s’est vite répandu, d’abord dans l’ordre de Cluny, puis dans toute l’Eglise. La fête de saint Géraud est au 13 octobre.      

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