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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 00:00

Giovanni Bosco

1815-1888

 

Giovanni Melchior Bosco naquit dans le petit hameau des Becchi, près de Castelnuovo d’Asti (Piémont, Italie), le 16 août 1815. Cette commune s’appelle aujourd’hui Castelnuovo Don Bosco

Les parents, Francesco et Margherita Occhiena, étaient très pauvres. Le papa était veuf d’un premier mariage (avec Margherita Cagliero) dont il avait eu deux enfants, Antonio et une petite fille morte deux jours après la naissance. Du second mariage naquirent Giuseppe et notre Giovanni. Giovanni avait donc deux frères.

Avec le demi-frère, aîné, les relations ne furent pas bonnes, car Antonio était jaloux. 

Quand le papa mourut, Giovanni n’avait que deux ans. Sa maman prit vaillamment en charge, outre ses trois garçons, sa belle-mère (Margherita elle aussi), âgée et infirme.

Très intelligent, très adroit et bon camarade, Giovanni eut très vite un réel ascendant sur ses camarades. 

A neuf ans, il fit un rêve, que lui-même racontera à ses jeunes et définira «prophétique» : 

A neuf ans, j’ai fait un rêve. Je me trouvais au milieu d’un tas de garçons, les uns riaient, les autres jouaient, beaucoup blasphémaient ; ce qu’entendant, je me précipitai au milieu d’eux à coups de poings et d’invectives, pour les faire taire. Alors apparut un homme majestueux, tout blanc, qui me dit : Giovanni, tu devras être le chef de ces garçons, pas avec les coups, mais par la douceur. Explique-leur ce qu’est le péché. Je répondis que je ne savais rien, que je ne pouvais pas leur parler. Alors, les garçons se calmèrent et entourèrent ce Monsieur… Je lui demandai : Mais qui êtes-vous donc ? Il me répondit : 

- Je suis le fils de celle dont ta mère t’a appris à la saluer trois fois par jour (C’est la prière de l’Angelus, ndr).

- Mais Maman m’a toujours dit de ne pas rester avec des gens que je ne connais pas, sans sa permission.

- Mon nom, demande-le à ma mère.

Alors j’ai vu une grande Dame, qui me fit signe d’approcher… Alors tous ces garçons avaient disparu, à leur place il y avait des tas de bêtes, moutons, chats, chiens, ours, etc. Alors toutes les bêtes méchantes devinrent de doux agneaux, qui entouraient ce Monsieur et cette Dame. 

En se réveillant, il avait mal aux mains d’avoir cogné contre les garçons, et aux joues pour les baffes qu’il avait reçues à son tour ! Bien sûr, il alla raconter ce rêve aux siens. Giuseppe lui dit qu’il deviendrait sans doute berger ; Antonio, qu’il serait chef de brigands ; la maman, qu’il serait peut-être prêtre, et la grand-mère, qu’il ne faut pas croire aux rêves, ce que pensait aussi le petit Giovanni, qui toutefois ne put jamais oublier ce rêve.

Ce ne sera pas l’unique rêve que fera Giovanni dans sa vie ; il en eut beaucoup, dont lui-même restera parfois stupéfait. Par exemple, lorsqu’il vit toute la Patagonie de l’Amérique du Sud, où il devait envoyer plus tard des prêtres.

Giovanni voulut aller dans la petite école du pays voisin, gérée par le curé. Mais celui-ci ne voulait pas recevoir un garçon d’un autre village ; il finit toutefois par le prendre, sur les instances de sa bonne de cure, la propre tante de Giovanni. Les premiers contacts avec les copains ne furent pas faciles, justement parce qu’entre garçons de villages différents, il y a toujours des frictions, des moqueries. Mais le curé prit la défense de Giovanni.

C’est Giovanni qui eut le premier geste de pacification : il s’amusa à distraire ses camarades avec des tours de prestidigitation, des acrobaties de saltimbanque, de petites compétitions, et quand il les avait autour de lui, il les invitait à prier le chapelet, à écouter un texte de l’Evangile, jusqu’à les inviter à l’accompagner à la messe.

En 1826, mourut la grand-mère. Cette année-là, Giovanni put recevoir la Première communion (un an avant les douze ans habituels requis à l’époque). La même année, maman Margherita se vit contrainte d’éloigner Giovanni du village, car son demi-frère ne cessait pas de l’invectiver et même de le frapper. Giovanni fut donc à Moncucco Torinese, comme garçon dans une ferme, jusqu’en 1829.

Giovanni fit connaissance du chapelain de Morialdo, qui l’aida à commencer l’étude du latin, une des premières «conditions» nécessaires pour la préparation au sacerdoce. Mais le prêtre mourut l’année suivante : en mourant, il donnait à Giovanni ses économies (6000 lires de l’époque), que Giovanni cependant laissa à la famille du prêtre. Geste généreux, que Dieu récompensera non moins généreusement. 

Bientôt après, le demi-frère Antonio se maria (1831) et maman Margherita partagea le patrimoine : parti Antonio, Giovanni pouvait revenir à la maison. Il étudia à Castelnuovo, en demi-pension chez un tailleur musicien qui lui enseigna son métier. On sait que Giovanni savait jouer du violon. Puis il alla étudier à Chieri, et passa l’été chez son frère Giuseppe à Castelnuovo.

Giovanni étudia très vite, mais le brave curé fut muté à Mondonio et son successeur ne sut continuer l’enseignement. Giovanni en profita alors pour apprendre aussi le métier de forgeron. Finalement, Dieu préparait Giovanni à connaître beaucoup de choses, pour pouvoir un jour les enseigner à son tour aux jeunes qu’il rencontrerait.

Pour payer ses études à Chieri, il se fit domestique, garçon d’écurie, etc. Déjà il fonda une «Société de la Joie» (Società dell’Allegria), pour regrouper des compagnons et leur parler de Dieu. Il prit énergiquement la défense d’un très gentil garçon, Luigi Comollo, la tête de turc de plusieurs copains. Luigi et Giovanni devinrent de grands amis, et Giovanni put écrire qu’il apprit de Luigi à être un vrai chrétien, par la prière, le pardon des offenses, la patience et la douceur. On retrouvera bientôt ce Luigi.

De 1832 à 1835, Giovanni put achever les études secondaires, laissant aux professeurs une réputation d’élève particulièrement studieux, aimant passionnément lire et surtout doté d’une mémoire exceptionnelle.

Giovanni pensait entrer chez les Franciscains, mais un saint prêtre, Giuseppe Cafasso (voir au 23 juin) eut l’inspiration de l’orienter vers le séminaire diocésain, où il entra en 1835. 

Il faut signaler ici ce que lui dit sa mère au moment où il fut admis au Grand séminaire : Souviens-toi que ce qui honore un clerc, ce n’est pas l’habit, mais la vertu. Quand tu es venu au monde je t’ai consacré à la Madonne ; au début de tes études je t’ai recommandé d’être Son enfant ; sois à Elle plus que jamais, et fais-La aimer autour de toi.

Giovanni fut fidèle et obéissant.

En 1837 il commença la théologie, et reçut l’ordination sacerdotale en 1841.

Au séminaire, il retrouva son très cher ami, Luigi Comollo, qui cependant mourut peu après, à vingt-deux ans. La nuit qui suivait sa mort, Giovanni et tous les autres séminaristes l’entendirent appeler : Bosco, Bosco, Bosco ! Je suis sauvé ! C’est Giovanni qui raconta lui-même l’événement, dont furent témoins les autres confrères. On pourra voir là une preuve de plus de l’existence de l’Au-delà.

Il est bon de rappeler ici que, une fois prêtre, don Bosco refusa catégoriquement certaines «places» qu’on lui offrait, avantageuses socialement et économiquement ; outre que son humilité s’y opposait, sa chère maman aussi l’avait bien prévenu : Si jamais tu deviens riche, je ne remettrai jamais plus les pieds chez toi !

Au contraire, avant de se lancer dans l’activité, il prit le temps de mûrir son sacerdoce, et entra, pour trois années, dans un «cercle» que don Cafasso avait ouvert à Turin, pour aider de jeunes prêtres à approfondir leur vie spirituelle et surtout à se préparer à rencontrer la société de cette époque.

Puis don Bosco commença à aller à la rencontre des gamins et des jeunes, dans les rues, dans les prisons infectes ; il s’attira l’amitié de ces malheureux, les réunit autour de lui. En peu de temps, ils étaient des centaines. Il leur montrait une réelle amitié, les aidait à s’instruire, et les rapprochait de l’Eglise.

En 1846 notre jeune prêtre fut gravement malade, d’une fluxion de poitrine qu’on désespéra de guérir ; il s’en sortit «miraculeusement» et reprit toute son activité. 

En 1854, don Bosco institua la Société salésienne, avec des prêtres qui partageaient son idéal, pour former toute cette jeunesse, y compris pour préparer au sacerdoce ceux qui en auraient la vocation. Le nom de salésienne s’inspirait de saint François de Sales, dont la douceur conquit et ramena à l’Eglise beaucoup d’hérétiques, mais aussi dont l’activité inlassable fit publier beaucoup d’ouvrages (voir au 28 décembre).

Dans cette petite notice, il n’est pas possible de reprendre tous les épisodes de la longue et épuisante vie de don Bosco. Un fait est resté mémorable : sa confiance absolue en la Providence et en la Sainte Vierge pour obtenir l’argent nécessaire à son œuvre grandissante. Un jour qu’il s’ouvrait d’un nouveau projet à sa pieuse mère, celle-ci s’exclama : Quoi ! Mais tu n’as pas même un sou en poche ! et Giovanni de répondre gentiment à sa mère : Voyons  ! Si vous aviez de l’argent, m’en donneriez-vous ? Eh bien, Maman, croyez-vous que la Providence, qui est infiniment riche, soit moins bonne que vous ?

En 1856, mourut Mamma Margherita, sa pieuse mère qui l’aida de tout son cœur. 

En 1864, il posa la première pierre de l’église de Marie Auxiliatrice, et en 1872 fonda la branche féminine des Filles de Marie Auxiliatrice, avec sainte Maria Domenica Mazzarello (voir au 14 mai).

Le pape Pie IX approuva les constitutions de l’œuvre dès 1874. Déjà plusieurs maisons existaient en Italie. Ce même pape dit un jour : Si vous désirez un miracle, adressez-vous à don Bosco, prêtre de Turin ; il accomplit des miracles de charité, et je ne m’étonnerais point qu’il en fît d’autres encore. Ce pape consultait volontiers don Bosco pour le choix des évêques en Italie.

En 1875, l’œuvre salésienne était déjà connue en Argentine, où l’évêque demandait des missionnaires : don Bosco y envoya des prêtres et des religieuses ; à Buenos Aires, ils s’occupèrent d’une paroisse où vivaient de nombreux émigrés italiens, ils ouvrirent une Ecole de métiers. Peu à peu leurs activités gagnèrent toute la Patagonie, dont Giovanni avait rêvé autrefois. La présence des Salésiens fut providentielle pour protéger les Indios de la Pampa.

En Italie, don Bosco était d’une activité incroyable. On a du mal à expliquer comment il trouvait le temps de rédiger et de publier à peu près chaque année tel ou tel opuscule ou ouvrage. Pendant plus de quarante ans, don Bosco écrivit des manuels de piété, des livres d’histoire, des monographies hagiographiques, des pièces de théâtre, des études apologétiques, et plus de deux milles courriers qu’on a reliés en quatre volumes.

Les miracles et les intuitions de don Bosco sont célèbres : avertissements, prophéties, guérisons, lecture dans les âmes…

En 1884, don Bosco fut sérieusement malade, mais se remit encore. Fin 1887, il confessa encore vers Noël. En janvier 1888 le mal augmenta : don Giovanni s’éteignit à ce monde le 31 janvier 1888. Le pape Léon XIII dit alors : Don Bosco est un saint, un saint, un saint !

Saint Giovanni Bosco a été béatifié en 1929, et canonisé en 1934.

 

 

 

 

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