Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 00:00

Giuseppina Nicoli

1863-1924

 

Cinquième des dix enfants de Carlo Nicoli, avocat à Casatisma (Oltrepò Pavese, Italie nord), Giuseppina fit de brillantes études à Voghera et eut son diplôme de maîtresse.

Elle avait un caractère ferme, décidé, que sa foi et sa vocation complétèrent pour en faire une femme forte, toute au service de Dieu.

Elle entra en 1883 chez les Filles de la Charité à Turin, reçut l’habit à Paris (la fameuse «Rue du Bac» où apparut Notre-Dame à sainte Catherine Labouré en 1830). 

A partir de 1885 elle fut envoyée en Sardaigne, pour un apostolat destiné particulièrement aux pauvres ; elle allait s’y donner entièrement, sans compter, même quand apparaîtront les premiers symptômes de la tuberculose, à partir de 1893.

Elle fut d’abord à Cagliari, où elle prononça ses vœux en 1888, puis à Sassari à partir de 1899.

Elle montrera une activité infatigable à s’occuper du catéchisme, des études des jeunes étudiants et des ouvriers, des orphelins, des prisonniers, des malades, multipliant les œuvres sociales en faveur des moins fortunés. D’abord à Cagliari, mais surtout à Sassari (où elle fut supérieure de l’Orphelinat), son apostolat se démultipliait en faveur des petits : chaque dimanche elle réunit jusqu’à huit cents enfants pour le catéchisme ; elle y ouvrit une école de Religion, pour aider les jeunes filles à compléter leur formation intellectuelle et universitaire et les aider à contrer les idées laïques que la Franc-maçonnerie tentait de répandre à Sassari. Elle collabora ainsi vaillamment avec don Manzella.

C’est elle qui lança l’association des Fils de Marie, qu’elle appela les Luigini, du nom de saint Louis de Gonzague, leur patron (voir au 21 juin), puis celle des Filles de Marie.

Ses dons d’organisatrice la rappelèrent à Turin pour être économe provinciale, puis pour diriger les plus jeunes novices. Mais sa santé déclinait déjà : on la renvoya en Sardaigne, dont le climat était meilleur que l’humidité de Turin.

Mais Sassari l’accueillit mal cette fois-ci, malgré le souvenir qu’elle y avait laissé. Les anti-cléricaux s’étaient déchaînés. Ainsi elle se vit contrainte de repartir pour Cagliari, comme Supérieure de l’Ecole préparatoire de la Marine (1914) : la population vivait là dans des conditions misérables, les enfants n’avaient pas le droit d’étudier… Et voilà la guerre… Misère matérielle, misère morale, misère spirituelle.

Giuseppina se remit au travail. Elle regroupa les jeunes filles venues de la campagne pour servir dans les familles aisées, elle leur enseigna le catéchisme, leur fit apprendre à lire et écrire ; elle les encadra dans l’association des Zitines, sous la protection de sainte Zita (voir au 27 avril).

L’évêque la mit aussi à la tête des Dorothées, femmes laïques consacrées, mal organisées et qui ne suffisaient pas à la tâche. Giuseppina regroupa les plus aptes pour s’occuper des enfants handicapés : elle ouvrit pour eux la Colonie Marine al Poetto.

La popularité de Sœur Giuseppina allait toucher à son comble lorsqu’elle s’attacha à s’occuper des petits gamins de la ville, les gamins à l’écuelle (en sarde : is piccioccus de crobi), qui n’avaient d’autre occupation que d’errer près du marché, ou de la gare, mal vêtus, pieds nus, maigrelets, gagnant à peine de quoi manger en portant les bagages des voyageurs ou des dames qui faisaient leur marché. La bonté et la patience maternelles de Giuseppina sut dominer les habitudes rudes et peu civiles de ces pauvres enfants. Elle gagna leur confiance, les instruisit, les appela les Marianelli (moinillons de Marie) en les consacrant à la Sainte Vierge, et les aida à accéder à un métier, à une place dans la société.

Giuseppina n’avait pas achevé son calvaire. La dernière année de sa vie, une pénible calomnie l’atteignit, elle et ses Compagnes, et nourrit les colonnes de la presse locale. Elle resta silencieuse dans l’épreuve. Ce fut le président de l’administration qui dut faire marche arrière, reconnaissant son erreur : il vint lui demander pardon sur son lit de mort et elle lui répondit par un large sourire.

Elle mourut le 31 décembre 1924, son dies natalis, le même jour que sainte Catherine Labouré, morte en 1876.

Elle a été béatifiée en 2008.

Partager cet article

Repost0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de samuelephrem
  • : Plus de 9000 notices de Bienheureux et Saints. Ont été successivement illustrés : - Les personnages bibliques de l'ancien et du nouveau Testaments. - Tous les Saints et Bienheureux reconnus, depuis les débuts de l'Eglise jusqu'aux derniers récemment proclamés. En outre, des commentaires pour tous les dimanches et grandes fêtes (certains devant être très améliorés). Sur demande, nous pourrons vous faire parvenir en plusieurs fichiers pdf l'intégralité du Bréviaire romain latin, "LITURGIA HORARUM", qui vous permettront d'éviter beaucoup de renvois fastidieux, notamment pour les périodes de Noël et Pâques. Les textes sont maintenant mis à jour selon le nouveau texte de la Nova Vulgata (ed. 2005). Nous avons aussi le Lectionnaire latin pour toutes les fêtes du Sanctoral, sans renvois, également mis à jour selon le texte de la Nova Vulgata. Bienvenue à nos Lecteurs, à nos abonnés, avec lesquels nous entamerons volontiers des échanges. Bonne visite !
  • Contact

Recherche

Pages

Liens