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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 00:00

Grégoire Ier

540-604

 

Un pasteur d’âme est certainement prédestiné à porter le nom de Grégoire (du latin grex, troupeau), mais le premier pape qui porta ce nom le reçut dès le baptême. 

Gregorius Æmilius naquit vers 540, de Gordianus Æmilius et de Silvia (voir au 3 novembre), dans une famille romaine assez en vue à Rome. Un de leurs ancêtres était le pape Félix III (voir au 1er mars). Grégoire devait hériter de son père une assez grande fortune et des propriétés jusqu’en Sicile.

Sa formation intellectuelle fut soignée et complète : latin, grec, grammaire, rhétorique, dialectique, philosophie et droit. 

Vers 573, il était préfet de Rome.

Mais il avait une attirance particulière pour la vie monastique. Il commença par transformer en monastères plusieurs propriétés, dont la maison familiale de Rome au Clivus Scauri (mont Cælius). Finalement, en 575, il résigna sa charge civile et entra au monastère de Saint-André.

En 579, il dut accepter d’être ordonné cardinal-diacre et nommé apocrisiaire (légat papal) du pape, qui avait besoin d’un homme capable de le représenter dans les difficiles conditions politiques du moment : il fallait traiter avec les Lombards envahisseurs, et avec l’empereur Tibère II. Grégoire réussit même à convertir à la foi catholique le patriarche Eutychios.

En 584, il obtint de retrouver son cloître mais fut aussi nommé secrétaire du pape.

En 588, on l’élut abbé à Saint-André. C’est durant cette période qu’il décréta qu’on aurait offert trente jours de suite le Saint-Sacrifice pour un moine défunt : ce dernier avait caché de son vivant quelques pièces et, vivement consterné, Grégoire avait d’abord ordonné de le laisser mourir sans assistance, de l’abandonner plusieurs jours dans un cloaque avec ses pièces de monnaie, avant de l’enterrer. Après cette sévérité, Grégoire fit donc prier pour son salut, et, au terme des trente jours, l’âme du pauvre moine avare apparut à un autre moine pour lui annoncer sa délivrance. Voilà l’origine du Trentin Grégorien, encore en pratique de nos jours. C’est en même temps une confirmation que les âmes sont “purifiées” après leur mort, dans ce lieu immatériel qu’on appelle le Purgatoire.

En 590, le pape Pélage II mourut de la peste, et Grégoire fut acclamé pour lui succéder. Il y mit beaucoup d’opposition, préférant rester moine. Il tenta même de demander à l’empereur de ne pas ratifier cette élection. Entre-temps, il organisa à Rome une liturgie de pénitence pour demander la cessation de l’épidémie de la peste. Ce serait au terme de ces prières qu’un ange serait apparu, remettant son épée au fourreau, au-dessus du môle d’Adrien, qui reçut plus tard le nom de Château-Saint-Ange. 

Quand la confirmation impériale arriva, Grégoire s’était rendu invisible. On le retrouva enfin là où il se cachait et il fut sacré évêque de Rome le 3 septembre 590 : c’était le soixante-quatrième pape.

Ses responsabilités précédentes lui avaient valu des contacts très utiles pour son activité pastorale.

Au lendemain des invasions barbares en Italie, Grégoire réussit à gagner au catholicisme les ariens Lombards et Wisigoths. En Espagne, la conversion du roi Récarède aboutit au retournement de tout le clergé ibérique, grâce aussi à son amitié avec l’évêque Léonard de Séville. 

Mais c’est surtout en Angleterre, que Grégoire se montra le plus intéressé : il eut d’abord l’occasion, comme abbé, de racheter à Rome des esclaves d’origine britannique ; ce fut lui qui, le premier, donna le nom d’angéliques à ces jeunes esclaves, tant il avait été frappé par leur teint ; de là vient le nom d’anglais. Il aurait voulu partir tout de suite pour évangéliser l’île, mais le pape Pélage s’y était opposé. Devenu pape lui-même, il décida d’envoyer sur l’île des missionnaires : ce fut Augustin, prieur de Saint-André, avec quarante moines. Grâce à une recommandation à la reine Brunehaut, il en obtint des compagnons pour seconder le travail des moines, en particulier pour la langue. A la suite des “conquêtes” d’Augustin, Grégoire le fit consacrer évêque de Canterbury et créa les évêchés de Londres et Rochester.

En Italie, Grégoire s’occupa de la situation des paysans, créant une organisation administrative agricole et fiscale pour protéger leurs intérêts. Il organisa un service de distribution de vivres pour venir en aide aux populations affamées. Il recevait lui-même chaque jour douze étrangers auxquels il lavait les mains.

De même qu’auparavant il avait favorisé l’implantation de nombreux monastères, de même, une fois pape, il s’employa à diffuser partout la règle de saint Benoît.

Grégoire eut aussi le soin de recueillir les mélodies les plus belles du chant liturgique ; il les codifia, les compléta, les organisa, et les imposa dans tous les monastères puis dans les basiliques. Le Chant Grégorien gagna ensuite l’ensemble de la chrétienté. 

C’est serait depuis ce pontificat que la prière du Notre Père aurait été introduite à la suite de la Prière eucharistique de la Messe.

Grégoire veilla sur la sainteté du clergé ; il rappela la règle du célibat et veilla sur l’élection des évêques.

Saint Grégoire écrivit aussi d’importants ouvrages, pour lesquels l’Église l’a proclamé Docteur. Déjà avant d’être pape, il avait rédigé les Morales sur Job, trente-cinq livres de commentaires sur le saint patriarche ; comme pape il écrivit le Pastoral, un important traité sur les responsabilités et les qualités nécessaires aux papes et aux évêques ; vingt-deux Homélies sur le prophète Ezéchiel ; soixante Homélies sur les Évangiles ; un commentaire (Exposition) sur le Cantique des cantiques ; beaucoup de lettres.

Humble moine, Grégoire le fut aussi comme pape. S’il pensa bien faire de rappeler au patriarche de Constantinople que seul l’évêque de Rome était évêque œcuménique, c’est lui le premier qui se donna le titre de serviteur des serviteurs de Dieu.

Le pontificat de Grégoire dura quatorze années. Les trois dernières furent pénibles, car il n’avait presque plus la force de se lever, fortement attaqué par la goutte. 

Grégoire Ier mourut le 12 mars 604. Il eut pour successeur Sabinien.

Le dies natalis de Grégoire Ier est au 12 mars, et c’est à cette date qu’il est au Martyrologe, mais en période de carême, aussi sa fête liturgique a-t-elle été placée au 3 septembre, anniversaire de son élection au siège de Saint-Pierre.

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