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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 23:00

Grégoire VII

1073-1085

 

Ce cent-cinquante-septième pape, qui devait succéder à Alexandre II, était le fils d’un humble charpentier de Toscane. Ildebrando - c’était son prénom de baptême - grandit et étudia à Rome, où il entra dans le clergé.

Ildebrando, devenu abbé de Saint-Paul-hors-les-Murs, réforma ce monastère avec succès, au point que le pape Léon IX l’envoya comme légat pontifical en France pour lutter contre la simonie et le nicolaïsme (la simonie était la pratique d’acheter des charges ecclésiastiques ; le nicolaïsme, celle de certains clercs qui vivaient maritalement). C’est lui aussi qui obtint la rétractation de Bérenger, qui niait la présence réelle dans l’Eucharistie, et le fit réadmettre dans la communion. En outre, il avait procédé à une première révision des lois de l’Eglise, qui devait être reprise ensuite par s.Pietro Damiano pour aboutir à la constitution du droit canonique.

Six papes s’étaient succédé sur le siège de Saint-Pierre durant seulement un quart de siècle. A la mort d’Alexandre II, il fallait quelqu’un qui achevât l’œuvre de ces papes trop éphémères. Ildebrando, qui avait été leur conseiller, fut l’élu ; il n’avait pas soixante ans (cinquante-trois ou cinquante-huit, suivant la datation incertaine de sa naissance).

Grégoire VII eut d’abord deux soucis, mais là il ne put réaliser ses projets : il aurait voulu mettre fin au schisme d’Orient, et reprendre Jérusalem tombée tout récemment aux mains des Turcs.

Le nouveau pape fut plus efficace dans l’œuvre de la réforme intérieure de l’Eglise. Il s’appuya fortement sur ses légats pour s’informer validement des faits en divers pays et pour y prendre en son nom toutes mesures qu’ils auraient jugées nécessaires. Il y eut parmi eux Hugues de Die, Hugues de Cluny.

Contre la simonie, il intervint énergiquement : toute personne ayant obtenu à prix d’argent une quelconque charge, devenait par le fait-même inhabile à la remplir. Sur ce problème se greffa celui de la querelle des Investitures : le nouvau pape réaffirma son autorité pour nommer ou déposer les évêques ; pour créer les évêchés ; pour convoquer un concile et même pour déposer un souverain.

Contre le nicolaïsme, il était interdit aux clercs indisciplinés de célébrer la messe ; interdit aux fidèles d’y assister. Des évêques furent suspendus. Grégoire VII écrivit à l’archevêque de Cologne : “Sans la chasteté, les autres vertus ne valent rien, de même que la chasteté perd son prix si elle n’est accompagnée des autres vertus.”

Le conflit s’exacerba entre le pape et l’empereur germanique. Henri IV se permit de nommer et de faire sacrer son propre partisan comme archevêque à Milan, puis un autre à Fermo, puis à Spolète. Le pape le lui reprocha sévèrement, à quoi l’empereur répondit en réunissant une assemblée à Worms, où vingt-cinq évêques déclarèrent refuser obéissance au pape, et envoyaient au pape une injonction à abdiquer. Le pape ne pouvait accepter et délia les sujets de l’empereur de leur devoir d’obéissance.

La Thuringe se déclara contre l’empereur, qui intervint en exterminant toute la population. A Rome, le préfet Censius, ami de l’empereur, fit arrêter le pape en pleine célébration de la messe de Noël (1075). La foule l’obligea à le libérer. Henri IV écrivit même au pape cette lettre grossière : “Descends, descends, descends ! Tu es maudit pour les siècles des siècles.”

Le prince Rodolphe de Souabe menaça Henri ; celui-ci fit semblant de s’adoucir, et finit par être conduit à Canossa, où se trouvait le pape et à qui il implora son pardon (janvier 1077).

Après s’être “rendu à Canossa”, Henri chercha à reprendre le contrôle de la situation, tandis que le pape regagnait Rome. Là, après quelques années d’incertitude, un concile finit par excommunier l’empereur (1080).  Ce dernier se vengea en faisant élire un antipape, Clément III, mais il fut vaincu en octobre 1080 par les troupes de Rodolphe.

Henri réussit à rentrer dans Rome en 1084, à se faire couronner par son pape Clément III, mais dut quitter la Ville rapidement, menacé par Robert Guiscard, le duc de Pouille et de Calabre, qui arrivait avec ses troupes normandes. Henri remonta en Germanie et put encore imposer son autorité pendant de longues années, jusqu’à ce que ses propres fils l’obligent à abdiquer ; il finit misérablement ses jours à Liège en 1105.

 

Pendant ce temps, le pauvre Grégoire VII s’était réfugié à Salerne, ne se sentant plus en sécurité à Rome. Fatigué et brisé par tant de luttes, il s’éteignit là le 25 mai 1085, après douze années de pontificat. Il fut canonisé en 1606, et eut pour successeur Victor III.

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