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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 00:00

Henri Cormier

1832-1916

 

Cette grande figure de l’Ordre dominicain eut le «privilège» de naître le 8 décembre 1832, le jour où l’on fêterait plus tard la fête de l’Immaculée Conception (cette fête fut en effet instituée en 1854, quand en fut proclamé le dogme).

Henri naquit à Orléans (Loiret). Lui et son frère Eugène seront très tôt orphelins de père. Eugène mourra à son tour en 1848.

Après de bonnes études chez les Frères de la Doctrine chrétienne, Henri passera au Grand séminaire d’Orléans.

Durant ses études, Henri manifesta des dons particuliers pour la littérature ; il s’enthousiasma pour Lamartine, dont il apprendra par-cœur des poésies. Mais Il fut aussi un excellent musicien, passionné pour le chant et pour l’orgue : même Liszt l’admirera !

Tout en se préparant au sacerdoce, Henri songeait à l’Ordre dominicain ; un premier avis, nettement négatif, lui vint du père Lacordaire en personne ; mais la rencontre avec un autre Dominicain de Rome aboutit au contraire à un net encouragement.

Aussi, après son ordination sacerdotale, Henri entra en 1856 au noviciat dominicain de Charmille (Flavigny-sur-Ozerain, Côte d’Or), le fameux Saulchoir, y prenant le nom de Hyacinthe-Marie, par référence au grand Dominicain qui prêcha dans l’est de l’Europe (voir au 15 août) et, bien sûr, à la Sainte Vierge.

Le novice était déjà prêtre : il célébrait donc chaque jour la Messe, mais si pieusement que les autres novices voulaient tous la lui servir.

En 1857 se déclara une vilaine laryngite : le fr. Hyacinthe crachait le sang ; il ne pouvait plus chanter, mais surtout on hésita à l’accepter à la profession solennelle. On envisagea de l’envoyer se «refaire» en Orient, sa mère voulut le récupérer : finalement, il fit la profession en juin 1857, pour deux ans.

Cette même année, le Frère Cormier fut invité par le Supérieur général de l’Ordre à l’accompagner à Rome, comme sous-maître des novices et comme secrétaire. A ce moment-là, il fallait redonner vigueur à l’Ordre en lui faisant retrouver son idéal primitif.

La profession solennelle de Hyacinthe aura quelque chose de pathétique : sa mauvaise santé posait un problème. Le pape, interrogé, proposa cette «épreuve» : si Hyacinthe passait un mois sans crise, il pourrait faire la profession. Toute la communauté se mit en prière : au trentième jour, nouveau crachement de sang. Informé, le pape, ému de pitié… accorda la dispense demandée pour la profession solennelle. Celle-ci aura lieu le 23 mai 1859.

Le père Cormier sera d’abord maître des novices et prieur en Corse, puis provincial dans la nouvelle province de Toulouse : à trente-trois ans, il devait diriger trente-six pères et sept convers.

Il sera provincial pour trois mandats et sera vraiment le restaurateur de l’Ordre dominicain en France.

Parmi ses réalisation, il y eut le monastère féminin de Sainte-Marie-Madeleine de Saint-Maximin (Var), celui de Prouille (Aude, le premier fondé en France par saint Dominique, détruit sous la Révolution).

En 1891, il fut nommé procureur général de l’Ordre (pour les relations avec le Vatican) ; on hésita même à l’élire Maître général.

C’est à ce moment-là que, comme procureur, il fut amené à se créer un blason et une devise, pour respecter la tradition. Il choisit un pélican donnant son sang à ses petits, symbole du Christ qui verse son sang pour nos âmes, avec la devise Caritas veritatis, «la charité de la vérité» : il faut manifester notre charité aux frères en leur donnant la vérité.

Le pape voulut le créer cardinal, mais l’Etat français s’y opposa.

En 1904, on n’hésita plus à le nommer Maître de l’Ordre. Le novice en «mauvaise santé» était désormais un vétéran de soixante-douze ans. Il faillit démissionner en 1906, mais fut reconfirmé.

Supérieur général, il voulut visiter tous les couvents. Il fonda l’université romaine Angelicum. Il soutint le travail du père Lagrange, fondateur de l’Ecole Biblique de Jérusalem.

Son mandat de Supérieur fut agité par la crise moderniste de l’époque. Même au sein de l’Eglise fusaient les accusations, les dénonciations, plus ou moins fondées. Le père Cormier se montra à la fois ferme, lucide, patient et bon envers tous et chacun.

En août 1916, il put enfin céder sa place à un nouveau Maître et se retirer. Il demeura au couvent de Saint-Clément à Rome et s’y éteignit, le 17 décembre 1916.

Henri Cormier - Hyacinthe, fut béatifié en 1994.

 

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