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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 23:00

Jacques Berthieu

1838-1896

 

Né le 27 novembre 1838 à Polminhac (Cantal), Jacques était fils de paysans, aîné de sept enfants, l’aînée étant morte deux semaines après la naissance.

Il fit ses études secondaires au petit séminaire de Pleaux, passa au grand séminaire de Saint-Flour et fut ordonné prêtre en 1864.

Nommé vicaire à Roannes-Saint-Mary, il vit patiemment dans une situation plutôt conflictuelle avec le curé, qui ne l’attendait pas.

Au moment où l’évêque pensait le nommer curé, Jacques demanda à entrer chez les Jésuites. A trente-cinq ans, il fut novice à Pau (1873). L’année suivante il fut au scolasticat à Vals-près-le-Puy, où il fut gagné par la dévotion au Sacré-Cœur.

En 1875, il fut envoyé à l’île de La Réunion, puis à Sainte-Marie (auj. Nosy Boraha), au nord-ouest de Madagascar, pour y apprendre la langue.

En 1880, quand les jésuites furent exclus de tous les territoires français, Jacques passa à Madagascar.

Dans un premier temps, le père Berthieu travailla au milieu des Betsileos (sud de Antananarivo), de 1881 à 1883. Un de ses points forts était d’insister sur l’unité et l’indissolubilité du mariage.

Survent la première guerre franco-malgache, durant laquelle les français furent rassemblés dans des camps de concentration : le père Berthieu se porta volontaire pour être aumônier militaire, à Tamatave.

Une fois libéré, il travailla activement autour de Ambositra, surtout dans le domaine de l’éducation scolaire ; il soignait aussi les lépreux (1886-1891).

De 1891 à 1894, il futt en charge à Andrainarivo (Anjozorofady, nord de Antananarivo), où il rencontre de fortes rivalités entre Protestants et Catholiques.

Plein d’un zèle infatigable, le père Berthieu était toujours en prière, avec son bréviaire ou son chapelet ; comme tous les saints prêtres, il avait une grande dévotion au Sacré-Cœur, à saint Joseph et à la Vierge Marie. Pour les mourants, il était toujours prêt à tout suspendre pour aller les assister, de jour et de nuit.

Une deuxième guerre franco-malgache éclata, durant laquelle le père Berthieu repartit sur La Réunion.

Revenu sur Madagascar, le père Berthieu se trouva malgré lui au milieu des agitations anti-françaises (et donc anti-chrétiennes). Cherchant l’appui des troupes françaises pour protéger son village chrétien, il fut «lâché» par le colonel français. Tout le village fut arrêté avec le père Berthieu ; c’est alors que commencèrent les mauvais traitements.

On lui arracha son crucifix et on lui assena un coup de machette au front ; tombant à genoux, le Père saignait ; il demanda : Lâchez-moi les mains, que je prenne mon mouchoir dans ma poche pour essuyer le sang au-dessus de mes yeux, car je ne vois pas le chemin.

Les insurgés firent marcher le père Berthieu jusqu’au camp de leur chef, à quinze kilomètres. On lui proposa la vie sauve s’il abandonnait sa religion : refus du prêtre.

On repartit. Passant à Ambohitra, où il y avait des chrétiens, le père demanda un vêtement, car on l’avait dépouillé, mais personne n’osait l’aider, par crainte des représailles des insurgés ; il demanda à entrer dans l’église pour prier un instant : on ne lui laissa que le temps de dire un Notre Père à genoux devant la porte ; on lui jetta des pierres, il tomba à terre. Un Menalamba lui trempa son mouchoir dans de la boue et de l’eau souillée, lui en ceignit la tête et cria : Voici le roi des Européens. Certains iront jusqu’à l’émasculer, ce qui provoqua une forte perte de sang qui épuisait le Père. On arriva finalement à Ambiatibé : le père Berthieu était à bout de forces.

Signalons qu’en cours de route, un enfant s’approcha du père Berthieu. Il lui demanda s’il était baptisé. Comme il ne l’était pas encore, le père lui remit une croix et deux médailles qu’il avait dans sa poche en lui conseillant de prier Jésus tous les jours, d’apprendre la religion chrétienne et de demander la baptême au prochain prêtre qu’il verrait, car maintenant ils ne se reverraient plus.

A Ambiatibé, donc, les insurgés le conduisirent à l’extérieur du village et décidèrent de le fusiller : au premier coup, les bourreaux manquèrent leur cible ; un deuxième coup atteignit le père dans le dos, sans le tuer. Alors le capitaine lui tira un coup à la nuque. A terre, le père semblait encore les regarder, aussi on lui assena un formidable coup de gourdin sur la tête. Son corps, tiré dans la rivière de Mananara, ne fut jamais retrouvé.

Des six bourreaux, trois seront fusillés par les Français. Les trois autres auront reçu du père Weber, autre missionnaire, un sort bien différent : l’un se confessera peu avant de mourir, les deux autres seront baptisés.

Le père Jacques Berthieu fut martyrisé le 8 juin 1896.

 

Il a été béatifié en 1965, et canonisé en 2012.

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