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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 09:55

Ianuarius de Bénévent

† 305

 

S’il y a une occasion où le mot “légende” doit être pris au sens propre de “ce qu’il faut dire”, c’est bien le cas pour saint Janvier. Malgré quelques approximations, ce Saint peut être situé historiquement d’après des témoignages authentiques. Mais ses reliques ont été l’objet de beaucoup de vicissitudes.

Ianuarius a été simplement traduit Gennaro en italien, et Janvier en français.

Janvier, un descendant de la Gens Ianuari, était né à Naples vers 270. Prêtre, il fut élu en 302 évêque de Bénévent, près de Naples. 

Vers 303-304, au début de la grande persécution de Dioclétien, deux de ses diacres, Sosius, diacre de Misène, et Proculus, diacre de Pouzzoles, furent arrêtés avec deux gentilshommes, Eutychès et Acutius et jetés dans les prisons de Cumes par Dragontius, proconsul de Campanie.

En 305, lorsque Constance et Galère succédèrent à Dioclétien et Maximilien, Dragontius fut rappelé à Rome et remplacé par Timothée ; les chrétiens emprisonnés à Cumes furent relâchés.

Apprenant cette libération, saint Janvier, qui avait partagé la douleur des prisonniers, quitta son diocèse accompagné du diacre Festus et du lecteur Desiderius pour venir partager leur joie. Ils se rejoignirent dans une église aux environs de Pouzzoles et l'évêque, assisté de Sosius et Proculus y célébrait la messe quand il se fit au-dehors un grand bruit, suivi d'un long silence : une voix lisait le décret de persécution de Dioclétien que Timothée avait remis en vigueur.

A la sortie de l'église, Janvier guérit une de ses parentes paralytique et lui confia les deux burettes qui lui servaient à célébrer la messe ; alors, avec ses compagnons et la foule, il se rendit à Nola lors d'une marche qui parut un triomphe. Mais Timothée l'attendait sur la place de Nola et l'interrogea. Condamné à mort à l'issue de cet interrogatoire, saint Janvier sortit indemne du bûcher où on l'avait précipité ; il fut alors fouetté jusqu’au sang et jeté en prison avec Sosius, Proculus, Eutychès, Acutius, Festus et Desiderius. Puis les sept condamnés furent menés à l'amphithéâtre de Pouzzoles pour être donnés en pâture aux fauves mais les lions, les tigres et les hyènes, bien qu'affamés, se couchèrent à leurs pieds.

Timothée, fortement énervé, en perdit la vue mais Janvier la lui rendit. Devant ce miracle, cinq mille des trente mille spectateurs présents demandèrent à être baptisés par le saint ; mais Timothée, éperdument vexé, ordonna la décapitation immédiate de Janvier, Proculus et Sosius et rentra dans son palais à Nola.

Les deux diacres furent ainsi décapités le 19 septembre 305 dans le forum proche du volcan Vulcano de Pouzzoles, puis ce fut le tour de Janvier, mais le bourreau ne trouvait plus de forces  ; Janvier le pria instamment d’aller au bout de sa besogne et l’y encouragea : revigoré, le bourreau coupa la tête du saint, mais également un de ses doigts. A partir de ce moment, on ne parle plus des autres Compagnons de Janvier.

La nuit suivant le martyre, la parente paralytique que Janvier avait soignée recueillit du sang de l'évêque martyr avec une éponge, comme il était d'usage à l'époque, et en remplit les deux fioles qui avaient servi à Janvier à célébrer sa dernière messe puis elle emmena les ampoules chez elle, à Antignano à Naples. Un aveugle de Pouzzoles à qui saint Janvier avait rendu la vue à l'issue de son martyre récupéra la tête, le corps et le doigt du martyr et les plaça dans un coffre qu'il emmena à l'Agro Marciano (Fuorigrotta) à Naples ; puis, le corps fut ultérieurement transféré dans la catacombe dite de saint Janvier, toujours à Naples.

Pour certains, cela se serait passé le samedi précédant un premier jour de mai au début du IVe siècle. Ce jour-là, sur le chemin de Capodimonte, lorsque la relique passa à Antignano, la femme plaça les ampoules près du corps et le sang desséché du saint se liquéfia. 

Selon d’autres sources, ce ne serait qu’entre 413 et 431 que les reliques du martyr furent transportées dans la banlieue de Naples à la catacombe qui porte son nom et qui est, sans conteste, le plus important des cimetières paléo-chrétiens en dehors de Rome. Dès cette époque, saint Janvier était honoré comme le protecteur de la ville de Naples qui, à travers les âges, a toujours recouru à lui aux heures de dangers, spécialement lors des éruptions dévastatrices du Vésuve. 

Vers 831, un prince de Bénévent s’empara des reliques du saint et les emporta, pour les déposer au siège même où saint Janvier avait été évêque, mais en 1497 on les rapporta à Naples, où elles sont vénérées dans la cathédrale. A cette date il y avait déjà un siècle qu’on faisait état du célèbre “miracle” du sang de saint Janvier, attesté depuis 1389 (voir plus bas).

En 1964, on procéda à un examen des reliques de saint Janvier, dont il résulte que le Saint devait être assez grand, et surtout qu’il pouvait avoir environ trente-cinq ans, ce qui confirme pleinement les données historiques de sa naissance et de son martyre. 

Dès le haut moyen âge, le culte du saint martyr avait largement dépassé les frontières de la Campanie. Il a gagné tous les continents. L’un des plus beaux sites du monde, la baie de Rio de Janeiro (= Janvier), atteste sa popularité en Amérique latine.

 

A propos du Miracle de saint Janvier

 

Dans la notice ci-dessus, il est fait allusion au Miracle dont saint Janvier est le protagoniste depuis le XIVe siècle. 

La cathédrale de Naples abrite depuis fort longtemps, à part une éclipse à Bénévent, les reliques de saint Janvier : d’une part son Chef, car le Saint fut décapité ; d’autre part une ou deux ampoules où l’on avait pieusement recueilli un peu de son sang au moment de son martyre.

Des documents anciens prétendent - mais on ne peut le vérifier - que lors du premier transfert des reliques de saint Janvier, peu de temps après son martyre, le sang des ampoules se liquéfia au moment où passa à proximité le saint corps du Martyr, un premier samedi de mai. Ce qui est sûr, est que depuis 1389, lorsque l’évêque du lieu approche l’ampoule du reliquaire contenant le Chef de saint Janvier, le sang contenu dans l’ampoule se liquéfie, parfois instantanément, parfois au bout de quelque temps, parfois même quelques heures.

Le Miracle se reproduit trois fois dans l’année : le 19 septembre, jour anniversaire du martyre ; le premier samedi de mai, anniversaire de la première translation ; le 16 décembre, anniversaire d’une autre translation (durant laquelle cessa l’éruption du Vésuve).

On dit que, au moment du Miracle,  les pierres sur lesquelles furent décapités Janvier et ses deux Diacres, rougissent aussi. Ceci supposerait qu’on ait conservé aussi les pierres en question et qu’il s’y trouve des témoins pour observer la réalité du fait, ce que malheureusement il ne nous a pas encore été possible de vérifier.

Au cours des sept siècles écoulés depuis l’attestation de ce Miracle si étonnant, il y eut des exceptions, ou bien le Miracle se produisit à d’autres dates ; chaque fois ce fut le prélude à quelque calamité grave. 

C’est pourquoi les fidèles attendent avec une impatience non dissimulée que se produise le Miracle au moment voulu. Quand celui-ci se fait attendre, les prières et les chants des Napolitains se font plus intenses, les lamentations aussi, bientôt les cris et même, quelque part dans la foule, quelque menace à l’adresse du pauvre Saint en retard…

Mais mille ans sont aux yeux de Dieu comme un jour (cf.2P 2:8), et bientôt arrive - d’habitude - le Miracle, salué par les ovations retentissantes et victorieuses de la foule en liesse, agitant les mouchoirs blancs et chantant son action de grâce.

On se pose parfois la question de la signification à donner à ce Miracle. Sans aller chercher “midi à quatorze heures”, on peut très bien affirmer, sans risquer de se tromper beaucoup, que Dieu manifeste ainsi Sa présence au milieu de nous, par un signe inexplicable et répété qui, loin de devenir pour nous une habitude banale, doit susciter chaque fois en nous un regain de foi.

Le 19 septembre 2010, le Miracle a eu lieu précisément à 9 heures 22, répercuté au moins localement par les journalistes et les photographes. Il faut reconnaître que, sans Internet, nous serions bien embarrassés pour trouver cette nouvelle, même dans nos meilleurs journaux en langue française.

En 2013, le miracle s’est produit à 9h41 ; en 2014, à 10h11.

Le 22 mars 2015, lors de la visite de François à Naples, le pape a béni les fidèles avec cette Relique et le sang de saint Janvier s’est partiellement liquéfié ; le pape a commenté ainsi : Le sang s’est liquéfié à moitié, parce que nous ne sommes convertis qu’à moitié !

19 septembre 2016 : le miracle s’est reproduit à 10h38.

19 septembre 2018 : le miracle a été constaté à 10h05 ; le sang était déjà liquéfié quand le Cardinal Archevêque de Naples a soulevé l'ampoule pour la montrer aux fidèles.

19 septembre 2018 : le miracle a eu lieu à 10h.04

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